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3921 résultats

  • Communication scientifique

    Faut-il vraiment parler de « tri »?

    Do we really need to talk about ‘triage’?

    Les auteurs déclarent ne pas avoir de liens d’intérêts.

    Dans cet article, nous défendons trois idées. Bien que l’on parle souvent de « tri » en médecine, et même parfois d’une « médecine du tri », le terme de tri (qui renvoie à l’idée d’élimination et d’élection) est impropre pour décrire l’activité ordinaire de la médecine, qui relève à nos yeux d’un triage, c’est-à-dire d’une orientation différenciée des patients dans le système de santé. En deuxième lieu, ce triage médical, cette orientation différenciée, s’opère à la fois sur une base individuelle (afin de donner à chaque patient le traitement le plus approprié à sa situation) et sur une base populationnelle (pour répartir au mieux les ressources de santé disponibles). Enfin, le triage populationnel peut prendre des formes très différentes, qui vont du simple report de soins à l’annulation pure et simple de procédures ou d’interventions, en passant par le fait de proposer des prises en charge plus ou moins suboptimales, pendant un temps plus ou moins long, ce qui peut avoir des conséquences plus ou moins graves, tant d’un point de vue médical que d’un point de vue éthique. Si certaines formes de triage populationnel ont, jusqu’à présent, fait l’objet de nombreux travaux et réflexions, d’autres sont mises en œuvre de manière large, sans recevoir toute l’attention éthique qu’elles méritent.

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  • Rapport

    Rapport 25-06. De l’origine du SARS-CoV-2 aux risques de zoonoses et de manipulations dangereuses de virus

    From the Origin of SARS-CoV-2 to the Risks of Zoonoses and Dangerous Virus Manipulation

    Christine ROUZIOUX, Patrick BERCHE, Patrice BINDER, François BRICAIRE, Yves BUISSON, Bernard CHARPENTIER, Etienne DECROLY ne déclarent aucun lien ni conflit d’intérêt ; Jean-François DELFRAISSY déclare être Président actuellement du Comité consultation national d’éthique et ancien Président du Conseil scientifique covid-19 auprès du gouvernement.

    Cinq ans après le début de la pandémie de COVID-19, l’origine du virus SARS-CoV-2 reste une énigme. L’hypothèse de l’origine naturelle est opposée à celle d’un virus manipulé dans un laboratoire à Wuhan en Chine, point de départ de la pandémie. Connaître l’histoire de la pandémie permet une analyse des risques. Les risques zoonotiques restent majeurs et persistent voire augmentent ; il est donc nécessaire d’établir des recommandations en matière de surveillance épidémiologique.  Les risques liés aux manipulations génétiques de virus sont également croissant et il faut sensibiliser les chercheurs et les étudiants face à leurs responsabilités scientifiques et éthiques liées à la finalité de leurs travaux et face aux risques d’accidents/incidents de laboratoire. Le contexte actuel de développement technologique en biologie incluant l’IA peut induire de graves conséquences en l’absence de contrôle et de réflexion sur leurs impacts possibles, notamment sur en matière de biosécurité.

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  • Communication scientifique

    L’exoscopie 3D-4K en chirurgie de la tête et du cou : simple évolution ou révolution ?

    3D-4K exoscopy in head and neck surgery: Simple evolution or revolution?

    Thierry Van Den Abbeele : conférences, invité en tant que conférencier pour Storz®.

    Les autres auteurs déclarent ne pas avoir de liens d’intérêts.

    Introduction
    Les dispositifs chirurgicaux d’agrandissement, comme les microscopes opératoires et les endoscopes couplés à des caméras HD, ont transformé la chirurgie de la tête et du cou. Récemment, les exoscopes 3D-4K sont apparus, offrant des avantages significatifs en termes de profondeur de champ et d’ergonomie. Cette étude vise à évaluer l’apport de ces nouveaux instruments en oto-rhino-laryngologie pédiatrique et à examiner leurs avantages et inconvénients.

    Matériels et méthodes
    Une étude rétrospective (2019–2023) a inclus 3055 interventions pédiatriques utilisant des exoscopes, microscopes ou loupes. Les chirurgies ont été classées en procédures otologiques, laryngées, transorales et cervicales ouvertes. Par ailleurs, au sein de cette période, une évaluation prospective sur près de 200 cas a été menée de juin 2021 à juin 2022 pour comparer les techniques à l’aide de questionnaires.

    Résultats
    Entre 2019 et 2023, 2418 des 3055 chirurgies ont utilisé un exoscope. Lors des procédures d’otologie (1482 interventions), des avantages nets de l’exoscopie en termes d’ergonomie, de qualité d’image notamment couplée avec l’endoscopie, et de partage entre opérateurs ont été mis en évidence, bien que des limitations soient notées à fort grossissement. En chirurgie laryngée (566 interventions), l’exoscope a offert une meilleure maniabilité que le microscope. Pour les chirurgies transorales (329 interventions), l’exoscope a surpassé les loupes chirurgicales en termes de confort, d’ergonomie et d’enseignement. Aucune complication liée à l’équipement n’a été signalée.

    Discussion
    L’exoscopie 3D-4K présente des avantages pédagogiques et ergonomiques certains, facilitant le travail d’équipe et améliorant le confort opératoire. La courbe d’apprentissage s’est avérée rapide. Les limites comportent notamment la dégradation de l’image à fort grossissement, mais celles-ci peuvent être atténuées avec l’expérience, les améliorations technologiques en cours et le couplage avec la chirurgie endoscopique.

    Conclusion
    L’exoscopie 3D-4K représente une avancée significative en chirurgie ORL et pourrait rapidement surpasser la microscopie opératoire qui était jusqu’à présent la technique de référence pour les interventions les plus complexes.

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  • Communication scientifique

    Réalité augmentée pour la laparoscopie en chirurgie gynécologique oncologique. Assistance numérique et robotique interactive au bloc opératoire

    Augmented reality for laparoscopy in gynaecological oncological surgery. Digital assistance and interactive robotics in the operating room

    Lise Lecointre déclare ne pas avoir de liens d’intérêts.
    Laurent Goffin est président de la société Computational Surgery SAS qui propose des solutions algorithmiques et logicielles pour la chirurgie robotique et endoscopique.

    Objectifs
    Le cancer de l’endomètre est le plus fréquent des cancers gynécologiques dans les pays développés. Le traitement repose sur une chirurgie mini-invasive comprenant l’exérèse de la tumeur primitive et la biopsie du ganglion sentinelle (GS) pelvien afin d’obtenir l’ensemble des informations pronostiques pour définir une prise en charge adaptée et personnalisée. La technique du GS comme outil d’évaluation de l’atteinte ganglionnaire s’inscrit parfaitement dans le contexte de désescalade thérapeutique dans une population avec une survie sans maladie élevée et pour laquelle la qualité de vie est un élément majeur à prendre en compte. La problématique de cette pathologie réside principalement dans des difficultés de détection du GS en peropératoire dues aux limites des techniques de détection standards.

    Méthode
    Pour permettre une identification plus fiable et reproductible du GS chez ces patientes, nous avons développé un système de navigation en réalité augmentée basé sur l’utilisation d’un bras collaboratif robotique permettant la localisation spatiale de l’endoscope en temps réel et en continu.

    Résultats
    Un premier système de guidage opératoire fondé sur un recalage extrinsèque a été évalué et a permis de montrer des résultats satisfaisants, lors d’expérimentations animales, en termes de détection et de précision. Cependant, en raison de la nécessité de réaliser une imagerie peropératoire, son application a été jugée incompatible avec la pratique clinique courante. C’est pourquoi un système de recalage intrinsèque a été conçu.

    Conclusion
    Les résultats du système de recalage intrinsèque apparaissent très prometteurs sur modèle fantôme artériel humain mais nécessitent d’être confirmés par une étude clinique.

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  • Communication scientifique

    Rôle des lymphocytes T résidents mémoires dans les maladies inflammatoires du système nerveux central

    Contribution of tissue-resident T cells to inflammatory diseases of the central nervous system

    L’auteur déclare ne pas avoir de liens d’intérêts.

    Les mécanismes immunitaires responsables de la chronicité et des rechutes des affections inflammatoires demeurent mal connus. Leur identification précise permettrait cependant d’élaborer de nouvelles stratégies thérapeutiques. Une population de lymphocytes T mémoires, récemment identifiée, appelée lymphocytes T résidents mémoires, présente la singularité de résider en permanence et de façon prolongée dans les tissus non lymphoïdes, notamment le système nerveux central (SNC). Cette population contribue, parfois de manière essentielle, à la protection des tissus vis-à-vis des agents infectieux précédemment rencontrés. Nous présentons ici l’état des connaissances concernant ce type particulier de lymphocytes mémoires et discutons de leur implication dans différentes affections inflammatoires neurologiques. S’il est établi que les lymphocytes T résidents mémoires permettent une protection anti-infectieuse dans le SNC, celle-ci peut se faire au prix de dommages structuraux. La présence de lymphocytes T résidents mémoires dans de nombreuses maladies inflammatoires, auto-immunes ou dégénératives du SNC, ainsi que leur accumulation avec l’âge, soulève la question de leur pertinence physiopathologique. Les modèles animaux permettent d’aborder cette question en évaluant l’effet de modifications expérimentales, quantitatives ou qualitatives, de ces cellules sur le processus pathogène et au cours du vieillissement. L’importance physiopathologique des lymphocytes T résidents mémoires dans de nombreux modèles d’affections inflammatoires du SNC invite à concevoir des approches thérapeutiques ciblant sélectivement ces cellules. Des pistes raisonnables pour atteindre cet objectif sont proposées.

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  • Communication scientifique

    Imagerie moléculaire pour l’étude des répercussions pharmacocinétiques des transporteurs hépatiques

    Molecular imaging to study the pharmacokinetic impact of hepatic transporters

    Les auteurs déclarent ne pas avoir de liens d’intérêts.

    La distribution des médicaments du sang vers les tissus, où ils exercent leurs effets pharmacologiques et/ou toxiques, implique des transporteurs qui régulent leur passage membranaire. Chaque interface biologique présente un profil spécifique d’expression des transporteurs. Les Organic Anion-Transporting Polypeptides (OATP) sont majoritairement exprimés dans le foie où ils participent à l’élimination hépatique de nombreux médicaments, avec d’autres transporteurs hépatocytaires. Certains OATP sont exprimés dans d’autres organes où leurs répercussions pharmacocinétiques restent mal connues. Des méthodes d’imagerie moléculaire permettent l’étude non invasive de ces transporteurs grâce à la détection de sondes pouvant être quantifiées au niveau tissulaire. Deux exemples sont présentés ici, permettant de mesurer sélectivement l’importance du transport OATP à l’interface sang-tissu : (i) la [99mTc]mébrofénine, un radiopharmaceutique de scintigraphie hépatobiliaire qui a été employé chez le rat afin de valider un protocole d’inhibition pharmacologique ciblé, transposable chez l’Homme, permettant de distinguer l’activité OATP sinusoïdale de l’activité d’excrétion biliaire, de manière non invasive ; (ii) le [11C]glyburide, une nouvelle sonde OATP développée pour l’imagerie tomographie par émission de positons (TEP) utilisée pour la première fois chez l’Homme. Une approche d’acquisition corps-entier dynamique a permis de quantifier l’activité OATP dans les tissus hépatiques et extra-hépatiques afin d’évaluer in vivo l’importance pharmacocinétique de ces transporteurs. L’imagerie translationnelle ouvre des perspectives d’études pharmacocinétiques originales, jusqu’alors inenvisageables chez l’Homme. Le développement de radiopharmaceutiques dédiés à la mesure de l’activité des transporteurs et l’optimisation de l’analyse des données d’imagerie qui en sont issues permettent d’en apprécier les répercussions fonctionnelles sur les étapes de distribution et d’élimination.

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  • Communication scientifique

    Homéostasie endothéliale au cours du vieillissement artériel : quelles perspectives thérapeutiques ?

    Endothelial homeostasis during arterial ageing: What therapeutic perspectives?

    Les auteurs déclarent de pas avoir de liens d’intérêts.

    Le vieillissement endothélial est un processus complexe caractérisé par un déclin progressif de la fonction vasculaire, contribuant aux maladies cardiovasculaires telles que l’athérosclérose. Ces dernières années, de nombreuses études ont exploré les mécanismes impliqués dans le maintien de l’homéostasie endothéliale. Parmi ceux-ci, l’autophagie est apparue comme un processus crucial pour la régulation de la fonction endothéliale, sa dérégulation étant impliquée dans la détérioration de la barrière endothéliale liée à l’âge. D’un point de vue moléculaire, la modulation du complexe mTORC1, un régulateur central de l’homéostasie des protéines en réponse au stress, est prometteuse pour préserver l’autophagie et maintenir l’intégrité endothéliale au cours du vieillissement. La rapamycine et ses dérivés présentent un potentiel thérapeutique intéressant ; cependant, leur application nécessite une optimisation minutieuse afin de minimiser les effets indésirables. Cette revue synthétise la littérature actuelle sur l’autophagie dans le vieillissement vasculaire et les perspectives thérapeutiques de la rapamycine, en soulignant son potentiel pour atténuer le vieillissement vasculaire et soutenir la santé cardiovasculaire chez les personnes âgées.

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  • Communication scientifique

    La cellule musculaire lisse dans l’athérosclérose : un maître du déguisement

    The smooth muscle cell in atherosclerosis: A master of disguis

    Les auteurs déclarent ne pas avoir de liens d’intérêts.

    L’athérosclérose est une pathologie vasculaire qui se développe dans l’intima des grandes et moyennes artères. Elle est responsable de la plupart des maladies cardiovasculaires et de leur issue fatale. Les cellules musculaires lisses jouent un rôle crucial lors de la formation et la progression de la plaque athérosclérotique. Elles ont la capacité de retenir un certain degré de plasticité, et subissent une transition d’un phénotype contractile à synthétique lorsqu’elles s’accumulent dans l’intima. Cette transition s’accompagne de processus tels que la migration, prolifération, dédifférenciation cellulaire et production de matrice extracellulaire. Jusqu’à récemment, les cellules musculaires lisses étaient considérées comme bénéfiques dans le développement de la plaque athérosclérotique en participant principalement à la formation de la chape fibreuse, protégeant ainsi la plaque de la rupture. De manière inattendue, des approches novatrices ont démontré que les cellules musculaires lisses pouvaient avoir un rôle délétère et contribuer à l’évolution défavorable de la plaque athérosclérotique vers son instabilité. Cette plasticité importante des cellules musculaires lisses peut entraîner une perte totale de bon nombre de leurs marqueurs contractiles, de sorte que les cellules musculaires lisses de la plaque athérosclérotique ne sont plus identifiables comme telles et acquièrent des caractéristiques d’autres types cellulaires comme celles des cellules inflammatoires. Il est donc essentiel d’étudier le comportement des cellules musculaires lisses afin de pouvoir cibler sélectivement des phénotypes spécifiques et moduler leur plasticité dans un but thérapeutique de stabilisation des plaques athérosclérotiques.

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  • Communication scientifique

    La résolution de l’inflammaging et le processus du vieillissement vasculaire

    The resolution of cardiovascular inflammaging

    L’auteur déclare ne pas avoir de liens d’intérêts.

    L’inflammation chronique est bien établie en tant que risque résiduel de maladie cardiovasculaire athéroscléreuse et en tant que possible cible thérapeutique. Les processus inflammatoires cardiovasculaires évoluent avec l’âge vers un état inflammatoire persistant, appelé inflammaging, et pouvant être le résultat de l’exposition à des facteurs de risque cardiovasculaires pro-inflammatoires. Un décalage immuno-inflammatoire est cependant observé, car l’inflammation chronique s’accrue en parallèle avec un déclin de la fonction immunitaire avec l’âge. Cela indique que l’inflammation cardiovasculaire chronique est causée par une défaillance de la résolution de l’inflammation. Les médiateurs lipidiques bioactifs dérivés des acides gras polyinsaturés qui régulent les processus inflammatoires comprennent la classe des médiateurs pro-résolutifs spécialisés (SPM comme accronym de Specialized Proresolving Mediators), qui, par exemple, exercent des mécanismes de nettoyage pour éliminer des cellules immunitaires apoptotiques. L’augmentation de la sénescence des cellules immunitaires et la diminution de la SPM avec l’âge peuvent aggraver ce décalage immono-inflammatoire et déséquilibrer l’homéostasie de la paroi vasculaire. La stimulation d’une résolution active de l’inflammation en interférant avec les médiateurs lipidiques peut contrebalancer l’hyperinflammation cardiovasculaire associée au vieillissement en améliorant les fonctions immunitaires vers la guérison et en même temps en prévenant l’immunosuppression.

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  • Communication scientifique

    Segmentation dans le champ de l’insuffisance cardiaque : apport de l’apprentissage automatique pour la prédiction, l’évaluation pronostique et la personnalisation des traitements en prévention et en prise en charg

    Segmentation in the field of heart failure: Contribution of machine learning for prediction, prognostic assessment, and personalization of treatments in prevention and management

    NG déclare avoir reçu des honoraires d'AstraZeneca, Bayer, Boehringer, Cardiostory, Lilly, Echosens, NP medical, Novartis, Novo Nordisk et Roche diagnostics. Les autres auteurs ne déclarent pas de liens d'intérets.

    L’insuffisance cardiaque (IC) est une pathologie hétérogène dont la classification traditionnelle ne permet pas une stratification optimale des patients. Le machine learning (ML) apporte une approche innovante en segmentant les patients en sous-groupes homogènes à partir de données multidimensionnelles (clinique, biologique, imagerie). Le processus de segmentation assistée par ML passe par les étapes suivantes : acquisition et préparation des données : intégration de données hétérogènes (dossiers médicaux, biomarqueurs, imagerie). Clustering non supervisé : identification de phénotypes cliniques via des algorithmes adaptés aux données médicales (latent class model, K-Prototypes, etc.). Validation des clusters : comparaison aux classifications existantes et évaluation pronostique via des métriques comme le c-index. Prédiction des clusters : développement de modèles supervisés (random forest, réseaux de neurones) pour assigner de nouveaux patients à ces groupes. Application clinique : intégration dans les outils cliniques pour améliorer la personnalisation des traitements et la prévention de l’IC. Les défis incluent la validation externe, l’interopérabilité avec les dossiers médicaux électroniques et l’explicabilité des modèles pour favoriser leur adoption clinique. Le ML révolutionne la segmentation en IC en permettant une stratification plus précise des patients, ouvrant la voie à une médecine de précision pour une meilleure prédiction, prise en charge et personnalisation des traitements.

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  • Éditorial

    Les hémorragies cérébrales spontanées : parent pauvre de la neurologie vasculaire ?

    Spontaneous intracerebral haemorrhages: The poor guy in the neurovascular field?

    Les auteurs déclarent ne pas avoir de liens d’intérêts.

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  • Éloge

    Éloge du Professeur Claude Jaffiol (1933–2024)

    L'auteur déclare n'avoir aucun lien d'intérêt.

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  • Communication scientifique

    Épidémiologie des hémorragies cérébrales spontanées : évolutions depuis 40 ans

    Epidemiology of spontaneous intracerebral hemorrhage: Changes over the past 40 years

    Y.B. : honoraires pour présentation orale de la part de BMS, Pfizer, Medtronic, Amgen, Servier, Novartis, et Argenx ; activités de consultant pour NovoNordisk, Medtronic, Boehringer-Ingelheim et Novartis. Sans relation avec cet article.

    Les hémorragies cérébrales spontanées, représentant 15 à 25 % des accidents vasculaires cérébraux (AVC), causent 2,9 millions de décès dans le monde chaque année. Pour la période 2017–2022, le taux d’attaque annuel standardisé était de 24,3/100 000 au sein du Registre dijonnais des AVC. Ce taux augmentait avec l’âge. On estimait à 16 400 le nombre de cas chaque année en France. L’incidence a augmenté entre 1985 et 2016 avec une plus grande proportion de patients âgés de plus de 75 et 85 ans. Cette augmentation fut attribuée à davantage d’hémorragies lobaires chez les sujets âgés, probablement en lien avec une augmentation de l’utilisation des antithrombotiques et la prévalence élevée de l’angiopathie amyloïde cérébrale. Une légère diminution des taux d’attaque fut notée durant la période 2017–2022, pouvant traduire des modifications dans l’usage des types d’anticoagulants. Le pronostic vital après une hémorragie cérébrale spontanée reste sombre, avec une létalité à un mois de 38,8 %. Une baisse des taux fut observée entre 1985 et 2011 avant une ré-ascension au cours des années suivantes. Aucune amélioration n’avait été notée concernant la mortalité précoce des 48 premières heures, soulignant l’absence de progrès thérapeutique de phase aiguë. Avec le vieillissement de la population, le nombre de cas annuels pourrait dépasser 24 000 en France en 2050. Cette urgence épidémiologique appelle à améliorer le dépistage et le contrôle de l’hypertension artérielle, facteur de risque principal de la maladie, redéfinir et optimiser les stratégies d’anticoagulation chez les sujets avec fibrillation atriale, et développer de nouvelles approches thérapeutiques multidisciplinaires ciblant les différents acteurs physiopathologiques.

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  • Communication scientifique

    Apports de l’imagerie dans le diagnostic et le suivi des hémorragies cérébrales

    Imaging contributions to the diagnosis and follow-up of cerebral hemorrhage

    Honoraires pour présentation orale de la part de Siemens Healthlineers.

    La neuroradiologie joue un rôle essentiel dans la prise en charge des hémorragies intracérébrales (HIC) spontanées, pour confirmer rapidement la nature hémorragique d’un accident vasculaire cérébral (AVC) chez un patient présentant un déficit neurologique, préciser l’étiologie de l’HIC, évaluer le risque de croissance de l’hématome et de dégradation neurologique, guider les stratégies thérapeutiques et assurer un suivi adéquat. Cette revue propose une synthèse sur l’apport et le rôle des différentes techniques d’imagerie (scanner, angioscanner, IRM, angiographie conventionnelle) dans le diagnostic positif, la pronostication, le bilan étiologique initial et le suivi des hémorragies cérébrales. Elle met l’accent sur la stratégie d’imagerie pour l’identification des causes d’HIC spontanées, de cause microvasculaire (artériolosclérose et angiopathie amyloïde cérébrale) ou secondaire (anévrisme intracrânien, malformation artérioveineuse, tumeur, etc.), l’analyse des marqueurs d’imagerie prédictifs d’une dégradation et les éléments de surveillance à moyen terme. Enfin, une emphase est mise sur les pistes d’innovation dans ce domaine.

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  • Communication scientifique

    Hémorragies cérébrales spontanées : cibles thérapeutiques d’avenir en phase aiguë

    Spontaneous intracerebral hemorrhage: Therapeutic targets in the acute phase for the future

    Essais cliniques : membre du comité exécutif international d’études de phase III dans l’infarctus cérébral (Biogen, Bayer).
    Interventions ponctuelles : Boehringer-Ingelheim, Amgen, Novartis.

    La compréhension de la physiopathologie et des facteurs prédictifs de mauvais pronostic des hémorragies cérébrales a beaucoup évolué au cours des 10 dernières années. Le développement de modèles animaux et la recherche translationnelle ont montré qu’une intervention sur une seule cible thérapeutique n’est pas suffisante pas améliorer le pronostic vital et fonctionnel des patients ayant subi cette forme grave d’accident vasculaire cérébral. Les différentes étapes clés de la physiopathologie des hémorragies cérébrales, qui se succèdent dans le temps, doivent être ciblées par des approches thérapeutiques complémentaires et innovantes. Les stratégies thérapeutiques en cours de développement se concentrent sur trois cibles principales : (i) limiter l’expansion de l’hémorragie, (ii) favoriser l’évacuation de l’hématome, et (iii) réduire l’œdème péri-hémorragique et optimiser la résorption de l’hématome. Dans l’attente du développement de ces stratégies innovantes, la prise en charge des hémorragies cérébrales s’ancre dans le concept appliqué depuis plus de 20 ans dans l’infarctus cérébral : agir vite car « le temps, c’est du cerveau ».

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  • Communication scientifique

    Place de la chirurgie dans la prise en charge des hémorragies intracérébrales spontanées en 2025

    Role of surgery in the management of spontaneous intracerebral hemorrhages in 2025

    L’auteur déclare ne pas avoir de liens d’intérêts.

    Les hématomes cérébraux (HC) sont une pathologie grave avec un fort risque de décès ou de handicap séquellaire lourd. La présence de sang en intracérébral va entraîner diverses cascades métaboliques ayant un effet toxique sur le cerveau. La chirurgie d’évacuation pourrait être intéressante pour limiter cette toxicité. Plusieurs stratégies chirurgicales d’évacuation des HC ont été décrites, dont certaines évalué dans des essais randomisés comparant leur impact par rapport à l’absence de chirurgie. La microchirurgie standard, les stratégies utilisant un cathéter neuronavigué, puis une fibrinolyse in situ, la crâniectomie décompressive ont été évalués dans des essais randomisés et il n’a pas été montré de bénéfice sur le pronostic fonctionnel. Les stratégies endoscopiques n’ont pour le moment pas été étudiées par un essai randomisé, tout comme l’évacuation des hématomes cérébelleux. En revanche, un essai évaluant l’intérêt des stratégies microchirurgicales transtubulaires a montré un bénéfice sur le pronostic fonctionnel chez des patients avec un hématome lobaire, un volume de l’HC compris entre 30 et 80mL, un score de Glasgow compris entre 5 et 14. Cette étude montre pour la première fois un bénéfice de la chirurgie sur le pronostic fonctionnel dans la prise en charge des HC lobaire. Reste maintenant à savoir si ce bénéfice est lié à la technique ou peut être reproduit avec d’autres stratégies, par exemple endoscopique. Pour ce qui est des HC profonds, il n’y a aucune preuve d’un bénéfice de la chirurgie, et un traitement médical bien conduit reste la meilleure option.

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  • Autre

    Compte rendu de la Première journée nationale de prévention des chutes des seniors

    Report on the First national Journey on prevention of falls in older people

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  • Communiqué

    Les récentes mesures des États-Unis : des conséquences délétères pour la santé mondiale et la recherche médicale internationale

    Recent US measures: harmful consequences for global health and international medical research

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  • Rapport

    Rapport 25-05. Vaccination des femmes enceintes: répondre aux enjeux actuels

    Vaccination during pregnancy: addressing the challenges

    Les auteurs déclarent n’avoir aucun conflit d’intérêt

    La vaccination pendant la grossesse est désormais un outil important de prévention pour protéger la mère et/ou le nouveau-né et le jeune nourrisson contre des maladies potentiellement graves. Elle s’inscrit dans une stratégie globale de prévention pour la femme et pour l’enfant à naître qui commence avant la grossesse et se poursuit en post-partum en vue d’une grossesse ultérieure, en complément de l’hygiène et des gestes barrière.

    Actuellement en France, quatre vaccinations sont recommandées aux femmes enceintes, à chaque grossesse contre la coqueluche et de façon saisonnière contre la grippe, la Covid-19 et plus récemment contre le virus respiratoire syncytial (VRS), en alternative à l’immunothérapie passive du nouveau-né. L’efficacité et la tolérance sont clairement démontrées pour chacun de ces vaccins. Face au constat d’une couverture

    vaccinale insuffisante chez les femmes enceintes, l’objectif du présent rapport est d’analyser les obstacles afin de proposer des mesures pour améliorer la prévention vaccinale dans le contexte de la grossesse.

    Le premier motif de non-vaccination des femmes enceintes est l’absence de proposition par les professionnels de santé. Les autres facteurs sont la peur d’effets défavorables pour le bébé, l’absence de crainte de la maladie, et la méfiance envers les vaccins. La principale motivation des mères pour se vacciner est de protéger l’enfant à naître.

    Ainsi, pour améliorer la protection vaccinale, les mesures à prendre doivent toucher à la fois les professionnels de santé, les pouvoirs publics et la population.

    L’Académie nationale de médecine rappelle que la vaccination est une mission prioritaire de santé publique. Elle recommande : 1) d’inscrire les vaccinations dans le suivi prénatal usuel, en fournissant à chaque femme enceinte une information claire, cohérente et individualisée, en respectant son autonomie ; 2) de rendre la vaccination facilement accessible à toutes les femmes enceintes dans des lieux diversifiés : maternités, cabinets de médecins et de sages-femmes, PMI, pharmacies et assurer la coordination avec le carnet de vaccination numérique; 3) de former et de mobiliser les professionnels de santé impliqués dans la prise en charge des femmes enceintes, et mener des actions dans les régions où la vaccination est la plus faible ; 4) de développer la recherche en vaccinologie adaptée à la grossesse ; 5) d’analyser périodiquement l’évolution des pratiques et des couvertures vaccinales.

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  • Avis

    Avis. Monoxyde de carbone, tabac et femme enceinte

    Carbon monoxide, tobacco and pregnant women

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  • Communication scientifique

    Traitement pharmacologique de l’insuffisance cardiaque

    Pharmacological treatment of heart failure

    Durant les 3 dernières années, Damien Logeart a perçu des honoraires (activités de conseil, de formation et conférences) de Abbott, Alnylam, Astra Zeneca, Bayer, Boehringer Ingelheim, Novartis et NovoNordisk.

    Le traitement pharmacologique de l’insuffisance cardiaque (IC) s’est considérablement amélioré au cours des 3 dernières décennies, en particulier dans le cas d’une IC avec fraction d’éjection du ventricule gauche (FEVG) réduite. Le traitement de base repose sur quatre piliers : les inhibiteurs de l’enzyme de conversion de l’angiotensine ou les antagonistes des récepteurs de l’angiotensine II et de la neprilysine, les bêta-bloquants, les antagonistes des récepteurs aux minéralocorticoïdes et les inhibiteurs du cotransporteur sodium glucose de type 2. Chacune de ces thérapies réduit de manière indépendante la mortalité et les hospitalisations pour IC chez les patients présentant une FEVG réduite. Les inhibiteurs du sodium-glucose cotransporteur-2 et les antagonistes des récepteurs aux minéralocorticoïdes sont également efficaces quelle que soit la catégorie de FEVG. D’autres médicaments, tels que le traitement de la carence martiale par fer injectable, le vericiguate ou l’omecamtiv, sont également efficaces en fonction des caractéristiques du patient. L’optimisation de ces traitements est fortement recommandée lors de chaque consultation. Enfin, des unités d’IC dotées d’une équipe multidisciplinaire et proposant un système de télésurveillance devraient être mises en place partout afin d’assurer la meilleure prise en charge possible pour ces patients.

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  • Communication scientifique

    Prise en charge actuelle de l’insuffisance cardiaque : dispositifs implantables

    Current management of heart failure: Implantable devices

    Les auteurs déclarent ne pas avoir de liens d’intérêts.

    La place des dispositifs implantables dans le traitement de l’insuffisance cardiaque chronique a connu un essor considérable au cours des vingt dernières années, principalement dans le contexte de l’insuffisance cardiaque à fraction d’éjection du ventricule gauche altérée. À côté du défibrillateur automatique implantable, dont la mise en œuvre et les indications ne seront pas abordées ici, les systèmes de stimulation permettent d’optimiser l’hémodynamique avec un double objectif, amélioration fonctionnelle et réduction de la morbi-mortalité. Seront successivement envisagées la resynchronisation cardiaque, réservée aux patients présentant un asynchronisme électromécanique, la modulation de la contractilité et la stimulation du système nerveux autonome. Seule la stimulation biventriculaire, évaluée dans le cadre de nombreuses études prospectives randomisées, a démontré un bénéfice sur la morbi-mortalité, sous-tendu par un remodelage du ventricule gauche, et associé à une amélioration fonctionnelle. C’est la seule technique avec un niveau de recommandation élevé. Les autres modalités de stimulation nécessitent d’être plus largement évaluées afin de mieux définir leur positionnement dans la stratégie thérapeutique.

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  • Communication scientifique

    Prise en charge actuelle de l’insuffisance cardiaque : outils connectés, télésurveillance et réseaux de soins

    Current management of heart failure: Connected tools, remote monitoring and healthcare networks

    L’auteur signale des liens d’intérêts avec les laboratoires ABBOTT qui développent le CardioMems.
    Essais cliniques : en qualité de co-investigateur.
    Conférences : invitations en qualité d’intervenant.
    Interventions ponctuelles : activités de conseil.

    Éducation thérapeutique, réseaux de soins et télésurveillance font partie de l’arsenal thérapeutique de l’insuffisance cardiaque (IC). L’éducation thérapeutique a débuté dans les années 1990, rapidement intégrée aux réseaux de soins, qui se sont modernisés ces dernières années avec le développement des outils connectés de surveillance. En France, la télésurveillance est remboursée depuis 2023 par l’Assurance maladie. Cette prise en charge non médicamenteuse repose sur un paradoxe. La majorité des équipes spécialisées dans l’IC est persuadée que cette prise en charge est efficace malgré une démonstration scientifique insuffisante. Les résultats contradictoires des études peuvent s’expliquer par la grande difficulté à les concevoir (étude ouverte, prise en charge variable des patients par les centres, technologies de surveillance différentes, sévérité des patients…). Dans le futur, l’évolution de la technologie permettra sans doute d’améliorer l’interprétation des informations recueillies par les outils de télésurveillance.

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  • Communication scientifique

    L’insuffisance cardiaque sévère : assistance circulatoire mécanique ou transplantation ?

    Mechanical circulatory support or transplantation for severe heart failure?

    J.-N. Trochu est consultant pour Abbott, AstraZeneca, Bayer, Boehringer Ingelheim, Bristol Myers Squibb, Novartis ; bourse par Boston Scientific ; partenariat institutionnel avec Novartis. J.-C. Roussel est consultant pour Medtronic et Terumo Aortic.

    Malgré des progrès majeurs dans le traitement médical de l’IC (IC) au cours des 20 dernières années, le pronostic des patients atteints d’IC avancée reste très sombre et les données épidémiologiques suggèrent que leur proportion devrait augmenter dans les années à venir. En l’absence de contre-indications, la prise en charge de ces patients nécessite le recours à des thérapeutiques lourdes telles que la transplantation, l’assistance circulatoire ou le cœur artificiel total. Les innovations technologiques réalisées depuis les années 2000 grâce à la miniaturisation des pompes et le développement de dispositifs à lévitation magnétique, ont permis une amélioration de la survie, une réduction des principales complications associées à ces systèmes et une amélioration significative de la qualité de vie. La transplantation reste encore le traitement de référence de l’IC sévère, mais elle est limitée par l’accès restreint aux greffons cardiaques. Un des défis majeurs est l’identification précoce des patients qui échapperont au traitement médical afin de ne pas retarder leur orientation vers des équipes spécialisées. Le parcours de soins doit être donc être structuré dans le cadre d’un réseau de centres d’IC primaires, secondaires et tertiaires animés par des unités médico-chirurgicales spécialisées dans l’IC avancée.

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  • Communication scientifique

    L’innovation thérapeutique ne saurait tenir lieu de progrès médical. Plaidoyer contre l’abus de la dénomination de médicament innovant

    Use and abuse of the word innovative medicine

    P. Le Coz déclare ne pas avoir de liens d’intérêts. G. Bouvenot déclare des liens ponctuels (conseils en développement) avec : GSK, Sanofi, Sage-Therapeutics, Steba Biotech, TesaroBio France, Insmed, GenSight, Pierre Fabre médicaments.

    Notre société désenchantée semble avoir fait son deuil de la notion de progrès qui avait soulevé l’enthousiasme de générations de chercheurs et de médecins au cours du siècle dernier. Contesté au nom des méfaits de la société industrielle, le progrès est un mot qui se démode et cède sa place à la notion plus extensive d’« innovation ». Mot-clé du vocabulaire de la communication et du marketing, l’innovation s’est répandue au-delà de l’univers de la consommation et de la publicité, jusque dans l’espace public et le discours politique. Innover est devenu le nouvel impératif catégorique de notre temps. Le domaine du bien-être et de la santé n’y échappe pas. Le fait est que le mot innovation est de plus en plus utilisé dans les congrès médicaux. Cette puissance séductrice peut conduire à abuser les médecins et surtout les patients qui réclameront un « droit d’essayer », quitte à sous-estimer la question sécuritaire du respect des exigences méthodologiques. Face à cette pente glissante, le présent article entend rappeler que ce qui est important pour les malades n’est pas la nouveauté mais l’efficacité et la sécurité d’emploi des produits qui leur sont administrés. Si nous voulons maintenir une cloison étanche entre « produit de santé » et « produit marchand », entre le « patient » et le « client », il faut rappeler la portée scientifique incontournable et la valeur éthique inestimable de la notion de progrès médical.

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  • Rapport

    Rapport 25-04. La formation médicale initiale

    Medical initial training

    Les auteurs du rapport déclarent n’avoir aucun lien d’intérêt.

    L’évolution rapide des sciences et des technologies médicales impose aux universités une adaptation constante pour former efficacement les futurs médecins. En 2025 la médecine ne se limite plus aux disciplines traditionnelles : de nouvelles spécialités émergent, comme la médecine de proximité, l’infectiologie ou la médecine interventionnelle, entraînant une diversification et une surspécialisation des pratiques.

    Si l’université transmet un savoir scientifique et médical, elle ne prépare pas les étudiants à l’exercice réel du métier. Les stages hospitaliers ne couvrent pas tous les aspects de la profession, notamment la gestion quotidienne du cabinet et la coordination avec d’autres professionnels de santé.

    Les réformes successives des études médicales, notamment le passage de la PACES au système PASS/LAS, s’avèrent des échecs expliquant la fuite massive des étudiants à l’étranger pour se former.

    L’académie de médecine propose de : simplifier, raccourcir, professionnaliser, humaniser et apprendre à partager, impliquant les transformations suivantes :

    – créer une Licence santé (3 ans) commune aux professions médicales ;

    – un Master médecine (2 ans) suivi des EDN + ecos ouvrant à l’internat ;

    – un Doctorat en médecine (4 ou 5 ans ) selon les spécialités (desc).

    Elle précise l’urgence à : introduire ou augmenter le temps de formation concernant l’économie de santé, l’organisation du système de santé, les sciences numériques et la cybersécurité, l’art de l’écoute et du partage, les techniques de management.

    Elle propose de :

    – Généraliser les facultés de santé à toutes les universités concernées.

    – D’établir un oral sous la forme d’un entretien pour les étudiants ayant réussi leur examen écrit de première année.

    – Augmenter le service sanitaire, par des stages de découverte et débuter le Contrat d’engagement de service public (CESP) dès la 2° année.

    – Supprimer le classement des ECOS.

    – Introduire un entretien en fin de deuxième cycle (motivation, orientation) et régionaliser une partie de l’internat.

    – Accroître les moyens matériels et humains dans les UFR, CHU et autres structures de formation.

    – Proposer un clinicat de deux ans renouvelable en fin de cursus pour ceux souhaitant poursuivre une carrière hospitalo-universitaire.

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  • Communication scientifique

    La déplétion totale des lymphocytes B : un espoir de guérison des maladies auto-immunes ?

    Total B-cell depletion of B-lymphocytes: Towards cure of autoimmune diseases

    Le rôle majeur des lymphocytes B dans la physiopathologie des maladies auto-immunes systémiques a été mis en exergue depuis le début des années 2000 seulement. Depuis, différents traitements entraînant, soit une déplétion des lymphocytes B, soit une diminution de leur activation ont été développés. Beaucoup de ces traitements viennent de l’hématologie où ils sont utilisés pour traiter les hémopathies malignes B. Dans cette revue, nous décrivons ces différents traitements et leur mode d’action. S’ils ont permis des avancées importantes, ils n’ont le plus souvent qu’un effet suspensif et doivent être administrés de façon chronique, ce qui peut entraîner à terme des effets indésirables. La principale raison de l’effet uniquement suspensif des traitements classiques déplétant les lymphocytes B est que, si la déplétion B sanguine est totale, la déplétion B tissulaire est minime voire inexistante. Pour pallier cette insuffisance, certaines équipes ont commencé à utiliser dans les maladies systémiques auto-immunes réfractaires des stratégies thérapeutiques issues aussi de l’hématologie et ayant une action de déplétion totale des lymphocytes B à la fois sanguine et tissulaire : les cellules CAR-T anti-CD19 ou anti-BCMA et les anticorps bispécifiques anti-CD3/CD19 ou anti-CD3/BCMA engageant les cellules T. Quelques dizaines de patients ont été traités avec l’une ou l’autre stratégie. La tolérance a été excellente avec une déplétion B totale mais une réapparition des lymphocytes B à 3 mois sous la forme de lymphocytes B naïfs. Beaucoup de ces malades sont restés en rémission complète de la maladie sans traitement plus de 2 ans après la procédure. Ainsi ces stratégies de déplétion totale des lymphocytes B peuvent permettre une réinitialisation des lymphocytes B avec disparition des lymphocytes auto-immuns pathologiques, ce qui pourrait permettre ainsi une rémission prolongée sans traitement. Les cellules CAR-T et les anticorps bispécifiques recruteurs de cellules T ont fait évoluer le paradigme du traitement des maladies auto-immunes systémiques d’un simple traitement d’entretien à une guérison potentielle.

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  • Communication scientifique

    Le risque médico-judiciaire en anesthésie réanimation

    Legal issues in medecine, specific considerations for anesthesia

    L’auteur déclare ne pas avoir de liens d’intérêts.

    Le risque d’une procédure médico judiciaire est actuellement fréquent dans la pratique des professionnels de santé. En fonction des spécialités médicales, un praticien exerçant en libéral est confronté à une procédure tous les trois à cinq ans en fonction de sa spécialité. Il existe deux types de responsabilité médicale : pénale (répressive) et (civile) (indemnitaire), des juridictions différentes instruisent les demandes. Parallèlement aux procédures judiciaires les commissions de conciliation et d’indemnisation des accidents médicaux, créées en 2002, instaurent une procédure amiable d’indemnisation des dommages causés non seulement par une faute des acteurs de santé, mais également des dommages sans faute. En France, alors que le nombre de procédures indemnitaires n’augmente que très modérément depuis 5 ans, on remarque une envolée des coûts des réclamations. En raison du nombre de médecins anesthésistes réanimateurs en exercice, l’anesthésie est avec la médecine générale et la chirurgie une des trois spécialités qui fait l’objet du plus grand nombre de poursuites. Les responsabilités du médecin anesthésiste réanimateur s’étendent sur les périodes pré, per et postopératoires. L’anesthésie réanimation est une spécialité sans finalité thérapeutique. De ce fait une information très spécifique sur les risques auxquels elle expose doit être donnée à la consultation d’anesthésie. La pratique de l’anesthésie est régie par le décret du 5 décembre 1994 relatif aux conditions techniques de fonctionnement des établissements de santé en ce qui concerne la pratique de l’anesthésie.

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  • Communication scientifique

    Toxoplasma gondii, un parasite protozoaire responsable d’une zoonose, la toxoplasmose, dans la problématique « Une seule santé » (One Health)

    Toxoplasma gondii, a protozoan parasite responsible for the zoonotic disease toxoplasmosis, as part of the “One Health” approach

    L’auteur déclare ne pas avoir de liens d’intérêts.

    Toxoplasma gondii est un parasite protozoaire responsable d’une zoonose, la toxoplasmose, qui existe sous trois formes dont deux sont présentes chez tous les mammifères homéothermes ; la forme sexuée est retrouvée uniquement chez l’hôte définitif (les Félidés sauvages et domestiques). Ce parasite est largement répandu à la surface du globe avec des prévalences de la toxoplasmose observées très variables d’un pays à l’autre dépendant de nombreux facteurs (dont les facteurs climatiques, les habitudes alimentaires, des facteurs sociologiques…). Ce parasite présente une grande diversité génomique avec de très nombreux isolats se regroupant actuellement en 16 haplogroupes avec des virulences variables. Asymptomatique chez les personnes immunocompétentes, les formes cliniques de l’infection sont dépendantes du statut immunitaire de l’hôte avec essentiellement deux tableaux de complications : la toxoplasmose congénitale et la toxoplasmose de réactivation chez l’immunodéprimé. Les méthodes diagnostiques ont considérablement évolué durant les dernières années avec l’apport de la biologie moléculaire. Deux approches diagnostiques peuvent être proposées : par sérologie (diagnostic indirect) ou par détection directe de l’ADN du parasite dans les prélèvements biologiques. Ces méthodes sont diversement employées selon les pays, pouvant expliquer aussi les différences de prévalence. En France métropolitaine, le diagnostic et le traitement sont bien codifiés et la maladie ne représente pas un problème majeur de santé publique, situation différente dans les départements ou territoires ultramarins. Néanmoins, les traitements sont limités et la découverte de nouvelles cibles thérapeutiques paraît nécessaire.

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  • Éditorial

    Hommage à Alain Cribier

    L'auteur déclare n'avoir aucun lien d'intérêt.

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  • Rapport

    Rapport 25-03. Les effets néfastes retardés du sport intensif. Partie 1 : les commotions cérébrales dans le sport

    The delayed effects of intensive sport. Part 1: Concussions in sport

    Les auteurs ne déclarent aucun lien d’intérêt.

    Les commotions cérébrales (CC) représentent 5 à 9 % de tous les traumatismes liés à la pratique du sport, mais avec une grande variabilité suivant le type de sport. Compte tenu des politiques mises en place afin de développer la pratique du sport amateur et de loisir, il est fort probable que ces données de prévalence soient très largement sous-estimées.

    De nombreux arguments épidémiologiques existent pour considérer que les CC peuvent être à l’origine de maladies neurodégénératives, encéphalopathie chronique traumatique, sclérose latérale amyotrophique ou maladie d’Alzheimer. Il en est de même pour les impacts crâniens sous-commotionnels dont la répétition à l’entrainement ou en compétition est à l’origine d’une mortalité par sclérose latérale amyotrophique (SLA) ou maladie d’Alzheimer plus importante que dans la population générale.

    C’est la raison pour laquelle la mise en place de stratégies de prévention est essentielle afin de réduire le risque de développement de ces pathologies neurodégénératives. De telles stratégies doivent reposer à la fois sur une amélioration des équipements de protection (casques, protections intra-buccales dans certains sports), une meilleure préparation physique et technique des sportifs et l’adaptation de règlements sportifs.

    Du côté médical, une meilleure sensibilisation des professionnels de santé à la reconnaissance des CC, à leur diagnostic précoce, à la mise en place de programmes adaptés de récupération des fonctions neurologiques (en utilisant les ressources de télémédecine) et à l’application de critères stricts de retour en compétition sont indispensables pour réduire les effets à long terme des CC. Enfin, la formation des cadres sportifs non-professionnels de santé à la reconnaissance de signes suspects de CC tient une place importante pour la prévention des effets à long-terme des CC répétées.

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  • Éloge

    Éloge du Professeur Jean-Marie Mantz (1926–2023)

    L'auteur déclare n'avoir aucun lien d'intérêt.

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  • Communication scientifique

    Les allergies respiratoires, un problème d’environnement

    Respiratory allergies, an environmental issue

    Les auteurs déclarent ne pas avoir de liens d’intérêts.

    L’asthme est une maladie chronique des voies respiratoires inférieures, marqué par des crises aiguës et des symptômes intermittents tels que l’essoufflement, la toux et une respiration sifflante. Elle résulte d’une inflammation de la muqueuse bronchique, d’une hyperréactivité bronchique et d’une hypersécrétion de mucus, provoquant une obstruction variable mais réversible des voies aériennes. Cette pathologie, qui altère la qualité de vie des malades, peut nécessiter une hospitalisation dans ses formes graves. La prévalence de l’asthme a fortement augmenté au cours du XXe siècle dans les pays industrialisés, mais tend à se stabiliser voire à diminuer dans ces régions, alors qu’elle progresse toujours dans les pays à faible revenu. En France, plus de 4 millions de personnes sont asthmatiques, avec une prévalence chez les enfants estimée à 10–15 %, et chez les adultes à environ 9 %. Bien que survenant majoritairement pendant l’enfance, l’asthme peut survenir à tout âge. Il persiste toute la vie, avec des phases possibles de rémission. Il n’existe pas de traitement pour guérir de l’asthme, mais une prise en charge adaptée, comprenant des traitements quotidiens, des traitements de crise et l’évitement des facteurs déclenchants, permet un bon contrôle de la maladie. L’asthme est une maladie multifactorielle, résultant d’interactions entre des facteurs génétiques et environnementaux. Cette revue propose une mise au point sur les facteurs environnementaux (mode de vie, expositions professionnelles, facteurs de l’environnement intérieur puis extérieur) impliqués dans le développement de l’asthme et souligne plus particulièrement ceux pour lesquels des travaux récents ont permis de préciser leur rôle.

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  • Communication scientifique

    Les allergies alimentaires de l’enfant en 2025

    Pediatric food allergies in 2025

    D.C. Rapports d’expertise et invitations en qualité d’intervenant pour AImmune et Stallergènes.

    Les allergies alimentaires sont devenues un problème de santé publique au cours des dernières années, avec une augmentation de leur incidence et de leur sévérité. Elles intéressent 5 à 10 % des enfants et affectent de façon significative la qualité de vie des patients et de leur entourage. Des mesures de prévention primaire existent, mais ont encore une place limitée dans la diminution de l’incidence des allergies. Un diagnostic de certitude, qui passe souvent par la réalisation d’un test de provocation orale, est essentiel pour une prise en charge efficace, qui inclut tout d’abord l’éviction des aliments auxquels l’enfant est allergique, la mise en place d’une trousse d’urgence, la rédaction d’un plan d’action écrit en cas d’accident allergique par exposition à l’allergène, et la prescription d’un projet d’accueil individualisé. Établir ce dernier signifie aussi interagir avec le personnel des écoles, qui parfois ne se sent pas suffisamment formé pour comprendre la maladie de l’enfant et pour agir de façon adaptée en cas d’accident. L’éducation thérapeutique en cas d’allergie alimentaire doit donc inclure non seulement le patient et son entourage, mais aussi les médecins de l’éducation nationale et le personnel des écoles. En tout cas, malgré toutes les mesures de préventions, les enfants allergiques risquent de présenter des réactions inattendues et aujourd’hui il est indispensable de pouvoir proposer aussi des approches thérapeutiques, telle que l’induction de tolérance orale, pour essayer de traiter l’allergie ou au moins réduire la possibilité d’accident, en augmentant la dose de l’aliment tolérée par le patient.

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  • Communication scientifique

    Les hypersensibilités médicamenteuses : primum non nocere mais agir

    Drug hypersensitivity: Primum non nocere but act

    L’auteur déclare ne pas avoir de liens d’intérêts.

    Les hypersensibilités médicamenteuses se manifestent par des réactions très hétérogènes pouvant toucher tous les organes, avec une prédilection pour la peau. Leurs causes et mécanismes sont multiples. On parle d’allergies médicamenteuses quand le mécanisme est immunologique spécifique, sinon d’hypersensibilités non allergiques. Elles peuvent engager le pronostic vital et être responsables de retrait du marché d’un médicament ou de précautions particulières à sa prescription. Bien que les véritables hypersensibilités aux médicaments soient relativement rares, de nombreux sujets, parfois dès l’enfance, sont étiquetés comme étant « allergiques », en particulier aux antibiotiques. Ils sont alors susceptibles d’être traités avec d’autres médicaments, qui peuvent être moins efficaces, plus toxiques, plus coûteux et conduire à des échecs et en ce qui concerne les antibiotiques au développement de certains types de bactéries résistantes. Le diagnostic des hypersensibilités médicamenteuses s’est considérablement amélioré au cours de la dernière décennie grâce à quelques découvertes immunologiques, aux échanges et standardisations entre équipes et à l’utilisation de bases de données plus importantes analysées avec des outils mathématiques modernes. Il nous reste à convaincre la communauté des non-allergologues que ce bilan est moins préjudiciable que la simple éviction, source de pertes de chance des patients qui ne reçoivent pas le traitement de première intention en raison d’une possible allergie/hypersensibilité médicamenteuse. C’est à travers la réponse à quelques questions cliniques que cet article survolera ce vaste domaine.

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  • Communication scientifique

    Le diagnostic des allergies chez l’atopique, vers l’utilisation de l’intelligence artificielle

    The use of artificial intelligence in the diagnosis of allergies in atopic patients: An exploration of the future of precision medicine

    Les auteurs déclarent ne pas avoir de liens d’intérêts.

    L’étude et les applications de l’intelligence artificielle (IA) en santé se sont rapidement développées au cours de la dernière décennie. En allergologie, domaine marqué par l’hétérogénéité des pathologies et le rôle de facteurs immunologiques et environnementaux complexes nécessitent des outils capables de traiter des données volumineuses et multidimensionnelles. L’IA, notamment par le biais du machine learning, du deep learning et du traitement du langage naturel, facilite l’analyse de ces données. Les allergies ayant une prévalence élevée (30 % de la population en 2025 et 50 % en 2050), l’IA offre des opportunités majeures pour améliorer et personnaliser le diagnostic. Ces technologies, intégrées au sein de systèmes d’aide à la décision clinique peuvent notamment soutenir les professionnels dans le diagnostic, la définition des endotypes et la recherche de biomarqueurs. Cette revue de littérature du groupe de travail e-santé et intelligence artificielle (GTESIA) de la Société française d’allergologie (SFA) expose les questions et propositions actuelles sur l’IA spécifiques à la spécialité. Nous présentons une sélection des méthodes les plus prometteuses et précisons comment l’IA peut s’intégrer dans le parcours de soin complexe et multidisciplinaire des patients allergiques.

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  • Rapport

    Rapport 25-02. Prise en charge des facteurs de risque cardiovasculaire des personnes âgées de 75 ans et plus

    Management of cardiovascular risk factors in people aged 75 and over

    Les maladies cardiovasculaires sont la première cause de morbidité et de mortalité chez les sujets âgés de 75 ans et plus, en raison des altérations structurelles et fonctionnelles du cœur et des vaisseaux liées à l’âge, ainsi que de l’exposition cumulative aux facteurs de risque cardiovasculaire. Cette population présente une très forte croissance démographique ainsi qu’une hétérogénéité importante au niveau de l’état de santé et des capacités fonctionnelles : c’est à partir de cet âge qu’un pourcentage important de sujets présentent une fragilité croissante avec un déclin important des capacités physiques et mentales, et de plus en plus de maladies chroniques. Les sujets âgés les plus fragiles sont souvent à très haut risque de complications cardiovasculaires graves, et nécessitent donc des traitements médicamenteux préventifs et curatifs ; cependant, cette même population étant la plus vulnérable aux effets indésirables des traitements, cela peut conduire à des stratégies médicamenteuses moins agressives.

    L’objectif de ce rapport est de contribuer à une prise en charge personnalisée, coordonnée et holistique des facteurs de risque cardiovasculaire chez les sujets âgés de 75 ans et plus en fonction de leur niveau de fragilité et de leur état fonctionnel, et non de leur âge chronologique, afin d’éviter un surtraitement des plus fragiles, ou un sous-traitement des plus robustes.

    Le groupe de travail de l’Académie, créé en Mars 2024 et composé de 14 membres, a rédigé ce rapport après avoir auditionné 14 experts.

    Ce rapport souligne l’importance du dépistage systématique de la fragilité et des capacités fonctionnelles des personnes âgées pour l’évaluation du rapport bénéfice/risque des différentes stratégies de prise en charge des facteurs de risque cardiovasculaire (FdR CV). La généralisation de cette approche innovante nécessite une formation de tous les professionnels de santé en contact avec des patients âgés aux notions gériatriques de base, et en particulier aux méthodes de dépistage des capacités fonctionnelles et de la fragilité.  Le rapport insiste également sur l’intérêt de la décroissance thérapeutique chez les plus fragiles, chez qui les effets indésirables des traitements sont les plus fréquents et les plus graves. L’intervention de professionnels de santé et l’utilisation de nouvelles technologies peuvent aider au suivi du contrôle des FdR CV et à la diminution des erreurs de la prise médicamenteuse. Ce rapport met également l’accent sur la nécessité d’améliorer la prise en charge des résidents d’EHPAD à haut risque CV en proposant l’intervention d’équipes mobiles externes qui pourront suivre de façon régulière l’évolution de leur état clinique. Enfin, il est urgent de promouvoir des études cliniques de qualité en y incluant les patients âgés fragiles qui en sont actuellement le plus souvent exclus.

    Les recommandations proposées s’adressent aux autorités politiques, aux universités, aux médecins et autres professionnels de santé, ainsi qu’aux patients et leurs aidants. Une action commune de tous ces acteurs est nécessaire afin de faire rentrer la sensibilisation et les pratiques gériatriques dans la vie quotidienne.

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  • Communication scientifique

    L’évolution des dépenses hospitalières en France (2014–2023)

    The evolution of hospital expenses in France

    L'auteur déclare n'avoir aucun lien d'intérêt.

    La France est le deuxième pays européen après l’Allemagne pour la part de son PIB consacrée à la santé (11,8 % en 2022). La Dépense Courante de Santé au sens international (DCSi) s’élève à 325 milliards d’euros, soit 4600 euros par habitant en 2023. Depuis la tarification à l’activité, les dépenses hospitalières n’ont cessé de croître pour atteindre 122 milliards en 2023. Cette progression des dépenses hospitalières est très corrélée à l’ensemble des dépenses de santé du pays mais également à plusieurs décisions prises dans la période pour adapter l’offre de soins à la survenue de l’épidémie COVID: garantie de financement à l’hôpital, prise en charge du dépistage et de la vaccination, accords du Ségur de la Santé. Selon la DREES, les comptes financiers des hôpitaux publics se sont dégradés très fortement en 2022. Après un déficit de 415 millions en 2021, le déficit des hôpitaux publics s’élève à 1,3 milliards d’euros en 2022 et entre 1,7 et 1,9 milliards d’euros en 2023. La réforme des modalités de financement devient inévitable. Sont apparues récemment des innovations comme le financement sur objectifs de santé publique, le financement à la qualité et le paiement au forfait des parcours de soins.

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  • Communication scientifique

    Le financement des hôpitaux publics. Approche conceptuelle en France : Du prix de journée à la tarification à l’activité

    Financing public hospitals. A conceptual approach in France: From the daily charge to activity-based pricing

    L'auteur déclare n'avoir aucun lien d'intérêt.

    Le choix des modes de financement de l’hôpital, dans les systèmes de santé développés, est assumé par un tiers payeur, public ou privé en fonction de l’organisation de la protection sociale du pays. Depuis 1950, en France, plusieurs stratégies ont été proposées pour déterminer les ressources nécessaires à la prise en charge des patients hospitalisés. Trois mécanismes se sont suivis pour établir le budget hospitalier : le prix de journée, la dotation globale de financement et enfin la tarification à l’activité, avec deux caractéristiques que l’on a cherché à améliorer, d’une part, un financement prospectif et non rétrospectif, d’autre part, un niveau de connaissance des soins nécessaires pour une pathologie. Le premier a consisté en un forfait à la journée calculé sur les coûts totaux annuels de l’établissement divisés par le nombre de journées effectué pendant cette même année. Le second a consisté à utiliser le budget de l’année N en lui appliquant un taux directeur (pourcentage d’augmentation) pour obtenir le budget de l’année N+1. Le troisième est issu d’un mécanisme mis en place aux USA c’est à dire un système de classement des patients selon leurs besoins dans des groupes homogènes de malades ou iso-ressources : le financier sait ainsi ce qu’il rémunère. Une comparaison succincte avec le financement des hôpitaux privés à but, lucratif, ex-objectif quantifié national y est introduite. Mais le financement n’est qu’un élément participant à l’efficience du système de soins hospitaliers, la qualité des soins, la planification et le concours de la médecine ambulatoire de premier recours.

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  • Communication scientifique

    Les nouvelles approches du financement des soins hospitaliers

    New approaches to financing hospital care

    L'auteur déclare n'avoir aucun lien d'intérêt.

    Mise en place progressivement à partir de 2004, la tarification à l’activité ou T2A est devenue la principale modalité de financement des établissements de santé pour le secteur court séjour dans ses composantes médecine, chirurgie et obstétrique (MCO). De 2004 à 2024, la T2A a cependant connu de nombreuses évolutions et adaptations pour tenter de parvenir à une meilleure description clinique des patients hospitalisés, une meilleure caractérisation des types d’activités réalisées et une tarification des groupes homogènes de séjours optimale. Après deux décennies de financement par la T2A, le bilan contrasté porté sur cette modalité de financement ainsi que les difficultés rencontrées par le système de santé et notamment le secteur hospitalier ont amené les pouvoirs publics à proposer et engager une évolution des modalités de financement des établissements de santé MCO. Il s’agit d’atteindre une diversification des modalités de financement et de diminuer la part de la T2A dans le financement des hôpitaux de court séjour. Il est fait l’hypothèse que chaque modalité de financement pourra avoir un impact positif sur les organisations et les pratiques de soins en complémentarité des impacts liés aux autres modalités de financement. Les nouvelles modalités de financement introduites ou renforcées visent à accroître le niveau de qualité des prises en charge, à favoriser la continuité des soins et à mieux répondre aux besoins de santé des populations des différents territoires. Ainsi, de nouvelles modalités de financements sont déployées : financement à la qualité, dotation populationnelle, financement à l’épisode de soins ou au parcours de santé, financement d’objectifs de santé publique. La balance entre complexité des mécanismes d’implémentation et résultats attendus ainsi que l’impact de la coexistence de différentes modalités de financement seront deux enjeux riches d’enseignement. Les objectifs ambitieux poursuivis au travers de ces évolutions du financement devront faire l’objet d’une évaluation.

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  • Communication scientifique

    Un statut privé non lucratif permettant d’assurer le service public

    A private status allowing public service to be provided

    L'auteur déclare n'avoir aucun lien d'intérêt.

    Majoritaires à l’étranger, les hôpitaux privés à but non lucratif représentent 10 % du nombre des hôpitaux publics français. Supportés par des associations, des fondations ou des mutuelles, ils pratiquent presque exclusivement le secteur 1. Les médecins y sont, sauf exception le plus souvent due à l’histoire, salariés. Les centres anti-cancéreux sont intégrés dans cette catégorie d’établissements. Autonomes dans leur gestion, ils sont plus souples mais aussi plus fragiles. La plupart participent aux missions de service public et à l’enseignement des sciences médicales et paramédicales. Ils développent des projets et des promotions de recherche. Certains de leurs praticiens sont professeurs d’université. Leur tarification, élaborée sur les mêmes bases que celle des hôpitaux publics a été cependant, depuis presque dix ans, inférieure de plus de 1 % à la leur. Les charges de personnels sont majorées par des cotisations salariales plus importantes. Des efforts de gestion sont donc déployés pour rester en équilibre financier et permettre leur pérennité. L’investissement et la recherche de qualité sont également indispensables à la satisfaction des patients.

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  • Éloge

    Éloge du professeur Christian Chatelain (1932–2023)

    L'auteur déclare n'avoir aucun lien d'intérêt.

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  • Communication scientifique

    Angioplastie coronaire dans le syndrome coronaire chronique : un changement de paradigme ?

    Coronary percutaneous intervention for chronic coronary syndrome: A change in paradigm?

    Les auteurs déclarent ne pas avoir de liens d’intérêts.

    L’angioplastie percutanée est la méthode de revascularisation coronaire la plus utilisée. Son bénéfice reste indiscutable dans les syndromes coronaires aigus avec une diminution de la morbi-mortalité et justifie la mise en place de réseaux de prise en charge des urgences coronaires. À l’inverse, la prise en charge du syndrome coronaire chronique par l’angioplastie coronaire a connu des modifications importantes avec une diminution des indications de coronarographie et d’angioplastie. L’angioscanner coronaire permet un diagnostic rapide et non invasif des lésions coronaires et son utilisation est en croissance rapide. Plusieurs études randomisées à grande échelle ont remis en cause le bénéfice de l’angioplastie coronaire dans le syndrome coronaire chronique en démontrant une réduction de la fréquence des douleurs angineuses mais une absence de bénéfice en termes de morbi-mortalité. L’indication d’une angioplastie coronaire chez un patient porteur d’un syndrome coronaire chronique doit donc être précédée d’une évaluation soigneuse du terrain, des symptômes, de la morphologie et localisation des lésions coronaires. La diminution des indications d’angioplastie coronaire dans le syndrome coronaire chronique aura des implications sur le volume d’actes réalisés dans les centres d’angioplastie et sur leur répartition géographique.

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  • Communication scientifique

    Innovations thérapeutiques dans la prise en charge de la schizophrénie

    Therapeutic innovations in the management of schizophrenia

    L’auteur déclare ne pas avoir de liens d’intérêts.

    Depuis quelques années le développement de nouvelles thérapeutiques et prises en charge offrent un grand espoir pour les patients souffrant de troubles du spectre schizophrénique. Le traitement de fond des troubles schizophréniques repose sur les antipsychotiques dont l’action pharmacologique principale est de bloquer les récepteurs dopaminergiques. Or de nouvelles molécules sont actuellement en développement. Leur originalité est d’agir sur d’autres systèmes de neurotransmission, ouvrant ainsi de nouvelles perspectives thérapeutiques. Les innovations portent aussi sur l’organisation des soins et les thérapeutiques non médicamenteuses. Ainsi, une détection précoce des troubles et des interventions précoces voire en amont des troubles sans attendre l’installation de la schizophrénie, est l’apanage de nouvelles prises en charge. Ces prises en charge précoces en appui avec les nouvelles technologies numériques et les interventions non médicamenteuses deviennent dès lors optimales et permettent d’infléchir la chronicité des troubles. Parmi ces interventions, les techniques de neurostimulation ouvrent de nouvelles perspectives dans le traitement des symptômes résistant au traitement antipsychotique comme les hallucinations auditives verbales et les symptômes négatifs. L’activité physique est aussi devenue incontournable compte tenu de ses bienfaits sur la santé physique et psychique et des travaux récents rapportant une fréquence élevée de sédentarité, de comorbidités métaboliques et cardiovasculaires ainsi qu’une longévité réduite de 20ans chez ces patients. L’intérêt de ces interventions est illustré par les résultats de nos travaux de recherche sur la neurostimulation et l’activité physique.

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  • Communication scientifique

    La boucle fermée hybride : évolution ou révolution dans la prise en charge du diabète de type 1

    The hybrid closed loop: Evolution or revolution in the management of type 1 diabetes

    C.T. déclare avoir bénéficié d’aides financières pour des réunions, des communications ou des protocoles de recherche de la part d’Abbott Diabetes Care, Glooko, Lilly, Novo-Nordisk, Medtronic, et Sanofi et a des activités de conseils pour Insulet et Medtronic.

    Le traitement du diabète de type 1 nécessite une administration continue d’insuline dès le diagnostic pour répondre aux besoins physiologiques en insuline et prévenir les complications liées à l’hyperglycémie chronique tout en réduisant le risque quotidien d’hypoglycémies. L’introduction de la mesure continue du glucose a permis de modéliser les besoins en insuline et permettre une automatisation partielle du traitement avec l’aide de pompe à insuline pilotée par un algorithme approprié. Cette nouvelle prise en charge est l’aboutissement d’une série de progrès techniques, mais est une révolution pour les personnes qui l’adoptent en atteignant des niveaux de contrôle jamais obtenus auparavant, tout en allégeant la charge mentale. C’est aussi une transformation des pratiques et la nécessité d’une formation des professionnels de santé à cette innovation.

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  • Communication scientifique

    Le baclofène à fortes doses dans le trouble de l’usage de l’alcool 20 ans après

    High-dose baclofen for alcohol use disorder 20 years after

    L’auteur déclare ne pas avoir de liens d’intérêts.

    En 2004 paraissait une auto-observation d’un cardiologue français soulignant l’intérêt du baclofène à hautes doses dans le trouble de l’usage de l’alcool. L’intérêt thérapeutique de cet agoniste GABA-B avait déjà été repéré mais uniquement à des doses n’excédant pas 30mg par jour, contre 270mg par jour dans l’observation de 2004. Au cours des 20 ans qui ont suivi, le repositionnement du baclofène dans l’indication du trouble de l’usage de l’alcool a été l’objet de travaux scientifiques ayant précisé son efficacité et sa tolérance, mais aussi de polémiques médicales et de rebondissements réglementaires retracés dans cet article.

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  • Communiqué

    Quand l’obésité devient une maladie

    When obesity becomes a disease

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  • Rapport

    Rapport 25-01. L’inégalité de prise en charge de l’infarctus du myocarde chez les femmes en France

    Inequality in the management of myocardial infarction in Women in France

    Les auteurs du rapport déclarent n’avoir aucun lien d’intérêt

    Les maladies cardiovasculaires sont la première cause de mortalité dans le monde. Des registres nationaux ont démontré une inégalité dans la prise en charge de l’infarctus du myocarde chez la femme entrainant une surmortalité. L’objectif de ce rapport est de sensibiliser la population et l’ensemble des acteurs de santé à cette problématique cruciale et de formuler 4 recommandations concrètes pour améliorer la prévention, le diagnostic, la gestion et surtout le pronostic de cette maladie chez la femme.

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  • Communiqué

    Confidentialité de l’évaluation éthique dans le cadre de l’utilisation des animaux à des fins scientifiques

    Confidentiality of ethical assessment in the context of animal use for scientific purposes

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  • Éditorial

    Cellules-souches et organoïdes en endocrinologie

    Stem cells and organoids in endocrinology

    L’auteur déclare ne pas avoir de liens d’intérêts.

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