Résumé
Les chirurgies robot-assistées abdomino-pelviennes présentent des avantages techniques majeurs mais imposent des contraintes physiopathologiques peropératoires pouvant modifier profondément les fonctions cardiovasculaires, respiratoires et neurologiques. Une connaissance détaillée de ces modifications est indispensable pour les anesthésistes, de manière à ajuster leurs stratégies de prise en charge. L’élévation de la pression intra-abdominale peut provoquer des troubles du rythme et une altération de la précharge et postcharge cardiaque, avec globalement une baisse du débit cardiaque. Sur le plan respiratoire, la compliance pulmonaire diminue, les pressions ventilatoires augmentent et les échanges gazeux sont perturbés, nécessitant une ventilation protectrice adaptée. Les répercussions neurologiques, notamment l’augmentation de la pression intracrânienne et intraoculaire, sont à maîtriser. Ces interventions exigent une préparation rigoureuse, une surveillance continue et une adaptation fine des techniques anesthésiques. La coordination entre l’anesthésiste et le chirurgien est essentielle pour garantir la sécurité du patient. Le terme « robot » peut prêter à confusion pour les patients, et doit être clairement explicité lors des échanges patient-médecins. Il ne s’agit pas seulement ici d’informer, mais de créer un lien de confiance, d’humaniser la technologie.
Summary
Robot-assisted abdominopelvic surgeries offer major technical advantages but impose significant intraoperative pathophysiological constraints that can profoundly alter cardiovascular, respiratory, and neurological functions. A detailed knowledge of these changes is essential for anaesthesiologists to tailor their management strategies appropriately. Increased intra-abdominal pressure can lead to rhythm disturbances and impair both cardiac preload and afterload, resulting in an overall decrease in cardiac output. From a respiratory standpoint, pulmonary compliance decreases, ventilatory pressures rise, and gas exchange is impaired, necessitating the use of an appropriate lung-protective ventilation strategy. Neurologically, there are repercussions such as increased intracranial and intraocular pressures, which must be carefully managed. These procedures require meticulous preparation, continuous monitoring, and precise adaptation of anaesthetic techniques. Coordination between the anaesthesiologist and the surgeon is crucial to ensure patient safety. The term “robot” can be confusing for patients and must be clearly explained during patient-physician discussions. The goal here is not only to inform, but also to create a bond of trust and humanize the technology.
a. Service d’anesthésie et bloc opératoire, Hôpital Riviera-Chablais, Rennaz, Suisse
b. Hôpital d’instruction des Armées Bégin, Saint-Mandé, France
c. Fondation de Nant, Corsier-sur-Vevey, Suisse
Bull Acad Natl Med 2026;210:158-63. [En ligne] Disponible sur : https://doi.org/10.1016/j.banm.2025.12.010
