Articles du bulletin

Depuis 2019 le Bulletin est édité en collaboration avec Elsevier-Masson. Les rapports de l'Académie sont disponibles intégralement sur le site internet de l'Académie. L'accès aux autres textes peut être obtenu sur le site Em-Consulte. Pour soumettre un article, merci de consulter nos instructions aux auteurs.



3601 résultats

  • Rapport

    Maltraitance physique chez l’enfant. Améliorer le repérage, le diagnostic et la prise en charge dans le secteur de la santé

    Physical abuse in children Improving identification, diagnosis and management in the health sector

    Les auteurs déclarent ne pas avoir de liens d’intérêt autres que scientifiques avec le sujet du rapport.

    La maltraitance à enfants a longtemps été ignorée. Les récents plans ministériels prévoient de nombreuses mesures de protection dont le déploiement d’unités d’accueil pédiatriques des enfants en danger (UAPED). Malgré toutes ces avancées, le diagnostic reste sous-estimé dans le secteur de la santé avec une prévalence de l’ordre de 1 enfant sur 10 dans les pays à hauts revenus, toutes catégories de maltraitance confondues. La fréquence de décès serait de 1 enfant tous les 5 jours en France. Les violences subies durant l’enfance représentent une lourde perte de chance en termes d’espérance de vie, de santé, de développement et d’insertion. Le rapport est limité aux Maltraitances Physiques chez l’Enfant (MPE) et n’aborde donc pas les maltraitances sexuelles. Le maître-mot est la nécessité d’hospitaliser l’enfant pour une protection immédiate, une évaluation multidisciplinaire, les soins et l’alerte des autorités en temps utile. Les résultats de l’étude montrent une réelle prise de conscience de la MPE dans le secteur pédiatrique. Toutefois, le diagnostic peut être sous-estimé et banalisé chez l’enfant, ce qui signifie que l’étiologie « traumatisme infligé » doit être évoquée largement par le médecin quel que soit son lieu d’intervention. Il y a une amélioration nette de la formation dans ce domaine. Toutefois, le rapport met en évidence une insuffisance persistante des moyens humains dans les secteurs des UAPED, de médecine scolaire, de PMI et de pédopsychiatrie. Le psycho-traumatisme doit être pris en charge à court, moyen et long terme. Le diagnostic différentiel permet d’éliminer toutes les étiologies confondantes tels que traumatisme accidentel, maladie rare ou autres. Tout médecin doit pouvoir être guidé, accompagné et protégé pour les situations de MPE. Les médecins référents « Violences » des conseils départementaux de l’ordre des médecins (CDOM) doivent avoir une compétence dans le domaine de la MPE. L’académie nationale de médecine propose 6 recommandations : une hospitalisation prioritaire de tout enfant victime ou suspect de MPE jusqu’à ce que tous les éléments du diagnostic soient établis ; un renforcement des moyens humains des UAPED en y intégrant un temps de pédopsychiatrie ; un renforcement du repérage des situations à risque dès la maternité ; un renforcement de la protection et de l’accompagnement des médecins afin que ceux-ci n’hésitent plus à signaler les situations de MPE ; l’extension du périmètre du numéro 119 aux médecins et personnels de santé ; la création d’un registre national pour suivre l’épidémiologie et juger de l’efficacité des mesures prises

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  • Rapport

    Lever les freins au développement de la Recherche clinique en France

    Les auteurs déclarent ne pas avoir de liens d’intérêts avec le sujet abordé.

    La recherche clinique correspond aux études scientifiques réalisées sur la personne humaine, en vue du développement des connaissances biologiques ou médicales. Afin d‘améliorer la compétitivité et l’attractivité de la France dans ce domaine, nous avons identifié un certain nombre de freins : lourdeurs administratives, capacités réduites à inclure rapidement, absence de disponibilité des investigateurs pour la recherche, difficultés à obtenir des financements académiques et à en disposer, difficultés d’adaptation rapide aux nouvelles technologies de santé et aux nouvelles méthodologies, prise en compte insuffisante des attentes des patients au regard de la recherche clinique. A la suite de ces constats, nous avons identifié 20 pistes de réflexion et émis 5 recommandations fortes : 1-Limiter et mesurer les délais règlementaires et surtout post- règlementaires en simplifiant les démarches administratives pour s’adapter à la compétition internationale. 2-Structurer, financer et recenser des réseaux, registres, cohortes et centres de ressources biologiques pour inclure rapidement. 3-Réuniversitariser et remédicaliser la gouvernance des CHU et des DRCI. 4-Restructurer l’organisation des CHU autour de pôles Hospitalo-universitaires intégrant des services de soins, des laboratoires et des équipes de recherche et disposant de moyens pour remettre la recherche au cœur des CHU et redonner du sens et de l’attractivité au métier d’hospitalo-universitaire. 5-Instituer au sein du ministère de la Santé une gouvernance médicale (le COHR) de la recherche hospitalière financée par les MERRI en réformant profondément la procédure d’allocation des moyens en la fondant sur des critères objectifs de qualité scientifique et de besoin médical

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  • Rapport

    Pour une éducation des jeunes citoyens à la prévention en santé

    Educating young citizens about preventive health care

    Les auteurs déclarent ne pas avoir de liens d’intérêts

    En France où la qualité des soins est reconnue, la prévention en santé est insuffisante. Il en résulte d’importantes inégalités de santé, et les valeurs médiocres de certains indicateurs comme l’espérance de vie en bonne santé ou la prévalence de d’obésité. Dans ce contexte, renforcer la prévention est un enjeu majeur pour la santé des français, et un objectif prioritaire à développer par les pouvoirs publics. C’est également un enjeu pour la maîtrise des dépenses liées aux soins, et donc pour la pérennité de notre système de santé.

     

    La méconnaissance, par les citoyens, des principaux enjeux sanitaires et des déterminants de la santé représente un handicap au déploiement d’une politique de prévention. En effet, pour être efficace, une politique de prévention doit être acceptée et comprise par tous. Ceci rend indispensable d’inculquer à la population française une culture de la prévention en santé, qui passe par l’éducation de tous à la compréhension des enjeux et déterminants de santé.

     

    Faisant le constat que l’éducation est un déterminant essentiel de la santé, et que dans notre pays les pouvoirs publics font de l’école le pivot de l’éducation à la santé, il apparaît que si la biologie, la physiologie et la santé sont présentes dans les programmes scolaires, leur lien avec la prévention y est insuffisamment formalisé. D’autre part, le « parcours éducatif de santé » mis en place en 2016 pour mettre en œuvre des actions de prévention hors programmes scolaires, est déployé de façon hétérogène sur le territoire national. Les volumes d’enseignement consacrés aux thématiques de santé et prévention dans les programmes scolaires sont insuffisants au regard d’autres disciplines importantes.

     

    Compte tenu de ces éléments, l’Académie nationale de médecine appelle à une nouvelle alliance entre le monde éducatif et le monde de la santé, et recommande l’inscription dans les programmes scolaires d’une « éducation des jeunes citoyens à la prévention en santé » graduée de la maternelle au lycée. C’est l’école de la république qui doit assurer cette mission, pour ancrer dès l’enfance les connaissances et comportements qui permettront aux futurs citoyens d’adhérer aux politiques de prévention. Une éducation de la jeunesse à la prévention en santé est aussi indispensable à l’école que l’enseignement moral et civique. Parce-que prendre soin de sa santé, c’est aussi protéger les autres et agir de façon responsable pour la société.

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  • Rapport

    Comprendre la place de l’irrationalité dans le soin : quelles conséquences pour la pratique et la formation des soignants ?

    Understanding the place of irrationality in care: what consequences for the practice and training of carers?

    Les membres du groupe de travail déclarent l’absence de liens d’intérêt.

    Un nombre important de personnes se tournent vers des thérapies non conventionnelles, parfois au détriment de leur santé. Les motivations sont nombreuses : insatisfaction vis à vis du système de santé et de ses acteurs notamment du fait d’une perte de sens dans le soin, sentiment de méfiance envers la science, informations fallacieuses et complotisme étalés sur les réseaux sociaux. Dans un tel contexte, les soignants peuvent se sentir démunis face à des comportements qu’ils jugeront comme manifestement irrationnels. L’irrationalité d’un comportement est cependant un concept délicat à manier et qu’il faut considérer avec prudence dans le cadre de la relation médecin malade. Lors de la rencontre avec un patient la question de la finitude de la vie n’est jamais totalement absente. Construire une alliance thérapeutique implique souvent de prendre en compte une telle réalité. L’Académie nationale de médecine se doit de rappeler que la pratique clinique repose sur la maîtrise d’un savoir hautement scientifique et technique mobilisé dans le contexte d’un dialogue entre deux êtres humains, chacun empreint de sa propre subjectivité. Des pistes concrètes sont proposées dans ce rapport, dans les domaines de l’exercice clinique, de la formation des soignants, de l’information des patients et plus généralement des citoyens. Il s’agit d’un enjeu de toute première importance pour garantir un système de soin à la fois bienveillant et efficace, conditions nécessaires pour éviter le recours à certains soins alternatifs potentiellement délétères.  C’est à ces conditions que notre système de soin sera véritablement « rationnel ».

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  • Avis

    Risques zoonotiques et traumatiques liés aux contacts des enfants avec les animaux de compagnie non traditionnels (ACNT)

    Zoonotic and traumatic risks linked to children's contact with non-traditional companion animal (NTCA)

    Cet avis a pour objectif de présenter les risques occasionnés par des contacts de l’enfant avec des animaux autres que le chien et le chat (animaux de compagnie non traditionnels ou ACNT). L’engouement pour ces ACNT est en progression constante qu’il s’agisse du domicile familial (reptiles, amphibiens, petits rongeurs…) ou dans des lieux publics (fermes pédagogiques, mini-fermes, zoos, animaleries, aquariums…). Ces risques sont accrus chez le jeune enfant âgé de moins de 5 ans du fait de sa plus grande vulnérabilité, de son inconscience du risque traumatique ou infectieux ainsi que son comportement naturel de mettre toujours ses mains à la bouche, la recommandation de lui laver les mains étant inadéquate dans ce cas.

    À la différence de certaines zoonoses considérées comme très fréquentes comme la teigne observable simultanément chez l’animal et son propriétaire, il existe certainement une sous-estimation voire l’ignorance de certains risques pour l’enfant quand il s’agit d’un ACNT apparemment en bonne santé mais excréteur d’un agent pathogène. Les exemples sont nombreux : rat et hantavirus de Séoul, hamster et chorioméningite lymphocytaire, oiseau et Chlamydia psittaci, ruminants et colibacillose entérohémorragique, rongeurs, volailles ou reptiles et salmonellose …. Ceci peut expliquer une sous-estimation voire l’ignorance de ces risques pour l’enfant à son domicile ou dans un lieu public où l’on oubliera d’appliquer les mesures de biosécurité permettant d’éviter une contamination directe ou indirecte.

    Par conséquent, il importe

    • d’avertir le public de ces risques ;
    • d’afficher les mesures de biosécurité nécessaires dans les établissements accueillant enfants et animaux ;
    • de renforcer le contrôle sanitaire du commerce de ces ACNT ;
    • de créer une plateforme d’épidémiosurveillance regroupant tous les acteurs concernés (laboratoires de diagnostic, médecins, vétérinaires…) et en favorisant le partage des données informatives ;
    • de déconseiller tout contact étroit entre l’enfant âgé de moins de 5 ans et certains ACNT au domicile (reptiles, amphibiens, oiseaux) comme dans les lieux publics (ruminants…)
    • d’éviter l’implantation des zones de restauration près des mini-fermes destinées aux enfants.
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  • Rapport

    Systèmes d’IA générative en santé : enjeux et perspectives

    La santé est un des domaines majeurs d’application des technologies dites d’Intelligence Artificielle. Tous les domaines de la santé et toutes les spécialités sont concernés. Les systèmes d’intelligence artificielle générative (SIAgen) impressionnent par leur capacité à produire en quelques secondes des textes souvent pertinents, mais aussi parfois erronés. Leurs champs d’applications dans le domaine de la santé sont vastes et peuvent aller de l’aide à la rédaction de notes d’information à la rédaction de thèses ou de projets de programme de recherche. Pour les utiliser à bon escient il est important d’en connaitre les principes de fonctionnement. Les SIAgen fonctionnent à partir d’auto-apprentissage basé sur un nombre extrêmement élevé d’exemples, ce qui est très différent de l’approche humaine, qui s’appuie sur l’expérience, le contexte et un système de valeurs. Ils génèrent des textes avec une grande rapidité mais ne sont pas entrainés à rechercher ou à dire la vérité. Une validation humaine est donc toujours nécessaire. Par ce rapport, l’Académie nationale de médecine explicite plusieurs de ces avancées pour la santé, décrit les enjeux d’éthique associés et recommande des points d’actions à mettre en œuvre sans délai.

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  • Rapport

    L’exposome, une contribution majeure pour la prévention

    Exposome, a major contribution for prevention

    Les rapporteurs déclarent ne pas avoir de liens d’intérêt en relation avec le contenu de ce rapport.

    L’exposome correspond à l’ensemble des expositions, notamment à des agents chimiques, biologiques, physiques, des stress psycho-sociaux subies par un individu tout au long de sa vie. Il a été conçu dès le départ comme étant le complément du génome et comme un facteur majeur influençant la santé et l’état de bien-être des individus et des populations. Les expositions regroupées dans l’exposome sont, pour certaines d’entre elles, évitables et, dans ce sens, une meilleure compréhension de l’exposome va permettre de jouer un rôle majeur en prévention. Différentes propositions et initiatives ont contribué à mieux préciser certains aspects de l’exposome pour le rendre plus opérationnel, notamment concernant l’exposome chimique. Pour mieux cibler ce rapport, nous avons exclu les maladies infectieuses et parasitaires, les effets des médicaments et autres accidents thérapeutiques.

    L’Académie nationale de médecine émet, dans ce rapport, des recommandations pour contribuer à une meilleure prise en compte des effets de l’exposome sur la Santé. Elles visent à ancrer la notion d’exposome dans le quotidien des populations et à prévenir les impacts sanitaires de la crise environnementale. Des recommandations précises sont faites pour améliorer les capacités de mesurer des expositions, développer les services sanitaires capables d’explorer et d’interpréter les impacts des expositions, intégrer la prise en compte de l’exposome dans les évolutions de la réglementation, et développer une prévention à l’échelle populationnelle et personnalisée tenant compte notamment du sexe et du stade de développement. La prise en compte de l’exposome dans la pratique clinique est aussi recommandée. Enfin, un programme ambitieux de recherche sur l’exposome est proposé notamment par le développement des infrastructures et des méthodes adéquates et de projets d’étude des impacts de l’exposome sur les maladies.

    Une meilleure compréhension de la nature des expositions environnementales et de leurs impacts est une étape cruciale dans le développement d’une médecine préventive de qualité.

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  • Rapport

    Comment réformer les financements de la recherche hospitalière par les MERRI du ministère de la Santé et de la Prévention. Document complémentaire au Rapport « Réformer la recherche en sciences biologiques et en santé : Partie I, le financement et Partie II, l’organisation »

    Nous présentons les principes et la méthodologie d’un projet de réforme du financement de la recherche par le ministère chargé de la santé. L’objectif est d’aligner l’attribution de ces fonds, appelés MERRI, sur les pratiques internationales en la fondant sur des critères objectifs de qualité scientifique et de besoin médical. Une minorité de ces fonds serait attribuée aux hôpitaux sur une base concurrentielle et le reste sur une base contractuelle pluriannuelle, en utilisant des canaux de distribution sûrs et transparents. Un préciput substantiel serait alloué aux établissements. Cette réforme, qui vise à améliorer l’efficacité du financement de la recherche hospitalière en France, est très attendue par l’ensemble des chercheurs et des cliniciens.

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  • Communiqué

    Avis de l’Académie nationale de médecine concernant les praticiens à diplômes hors Union Européenne (Padhue)

    Notice of the French National Academy of Medicine on practitioners qualified outside the European Union (Padhue)

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  • Rapport

    L’innovation en santé. Une action volontariste de l’Etat face à la complexité de son organisation

    Health Innovation. A continuous national policy facing organisational complexity

    Les auteurs déclarent ne pas avoir de liens d’intérêts

    Comme l’innovation en général, l’innovation en santé répond à des critères de nouveauté associée à un saut d’inventivité qui ne pouvait pas être prévu par l’état de l’art. Sa spécificité repose sur les fortes contraintes propres à son application, notamment le respect des principes de la bioéthique et la réglementation spécifique à la recherche et à l’innovation sur la personne humaine. Le soutien public à l’innovation s’est renforcé de manière continue au cours des vingt dernières années, notamment via les Programmes d’investissement d’avenir (PIA) à partir de 2010. Cependant, la multiplication des agences, des organismes de valorisation et des appels à proposition a induit une désorganisation du système, au détriment de son efficience. De plus, l’augmentation des financements via les PIA est incohérente avec l’affaiblissement constant des moyens alloués à la recherche fondamentale en biologie-santé qui est à l’origine de l’innovation. Pour que l’innovation arrive au lit du malade et concoure à la souveraineté de la France en matière de santé, il est indispensable de (i) coordonner le continuum du financement de la recherche fondamentale vers l’amorçage de projets d’innovation, et jusqu’au capital développement, tout en renforçant l’évaluation ; (ii) de simplifier, notamment en réduisant le nombre d’organismes nationaux et locaux de transfert de technologie ; (iii) d’encourager l’investissement privé en biologie-santé, notamment via des incitations fiscales ; (iv) de réduire les délais de contractualisation ; et (v) de soutenir les infrastructures de recherche ouvertes au start-ups et aux projets à risque.

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  • Communiqué

    Le protocole de Rio 2023 : vers des politiques vaccinales optimisées

    The Rio 2023 protocol: towards optimized vaccination policies

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  • Rapport

    COVID-19 et SYSTÈME NERVEUX : Formes aiguës et COVID long

    COVID-19 and NERVOUS SYSTEM: acute forms and long COVID

    Les auteurs déclarent ne pas avoir de liens d’intérêt en relation avec le contenu de ce rapport.

    Les données disponibles montrent que le virus SARS-CoV-2 présente un potentiel neuro-invasif, que son neurotropisme est relativement limité mais qu’il peut être neuro-virulent chez certains patients. L’atteinte du système nerveux associée à la COVID-19 en phase aigüe, se manifeste sous la forme d’encéphalopathies, d’accidents vasculaires cérébraux et d’une possible atteinte du système nerveux périphérique.

    L’implication du système nerveux est importante dans les formes prolongées. Désormais reconnu par les autorités de santé, le « COVID long » est identifié comme une affection fréquente compliquant l’évolution de l’infection par le SARS-CoV-2. Son expression clinique, polymorphe et parfois déroutante, interroge sur son mécanisme. Les modes d’expression clinique suggèrent une large participation du système nerveux au-delà d’une plainte cognitive quasi-omniprésente.

    La réalité de patients victimes d’atteintes neurologiques aigües et de patients atteints de COVID long invite : – à un effort de recherche coordonné pour identifier les différents mécanismes impliqués, – un dépistage de déficit cognitif devant une plainte cognitive, – la recherche systématique d’un trouble dépressif et/ou anxieux, -une prise en charge spécialisée multidisciplinaire au sein de laquelle le médecin traitant doit jouer un rôle clé.

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  • Rapport

    Transplantation pulmonaire de l’adulte en France, état des lieux

    Lung transplantation in France, state of play

    Les auteurs déclarent ne pas avoir de liens d’intérêts avec le sujet abordé.

    La transplantation pulmonaire (TxP) constitue le traitement ultime de l’insuffisance respiratoire terminale et concerne environ 400 patients par an en France. Les indications de TxP restent dominées par la fibrose pulmonaire et la bronchopneumopathie chronique obstructive. La TxP est une activité complexe qui fait appel à de nombreuses expertises et soulève plusieurs problématiques menaçant potentiellement son efficience et sa pérennité. Parmi celles-ci, l’adéquation entre l’offre et la demande de greffons pulmonaires, l’organisation du prélèvement et de la greffe, la vitalité de la recherche clinique et translationnelle en TxP.

     

    L’Académie Nationale de Médecine souhaite dans ce rapport : 1) faire un état des lieux de l’activité de TxP en France et de la recherche clinique et fondamentale adossée à cette activité, en appréciant les points forts et les points faibles de chaque item ; 2) proposer des recommandations pour optimiser l’activité et des pistes d’amélioration.

    Ce rapport, qui couvre les données actuelles connues dans la thématique de la TxP en France, met en lumière les principales problématiques en relation avec cette activité parmi lesquelles la lourde organisation de la TxP, la préservation limitée du greffon et la fragilisation des équipes. Il avance des propositions portant sur le soin et la recherche visant à optimiser et garantir la poursuite et le développement de cette pratique pour les années à venir, avec notamment l’encouragement l’ouverture de plateforme mutualisée de conditionnement des greffons ou la création d’un réseau réunissant les centres de transplantation pulmonaires français.

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  • Rapport

    Vaccination des seniors

    Vaccination of seniors

    Bernard Bauduceau intervient comme consultant pour GSK et Pfizer ; Jean-Pierre Michel intervient comme consultant ou orateur pour GSK, Moderna et Pfizer. Les autres auteurs déclarent ne pas avoir de lien d’intérêt avec le sujet abordé.

    En France, la politique nationale de vaccination s’applique en priorité à l’immunisation des nourrissons avec un calendrier comportant 11 vaccinations obligatoires avant l’âge de 18 mois. Au-delà, y compris pour le grand âge, les recommandations concernant les vaccinations de routine sont souvent perdues de vue, à l’exception des vaccinations obligatoires (soignants, militaires…). Chez les sujets de 65 ans et plus, qui représentent plus de 20 % de la population, l’insuffisance des couvertures vaccinales vis-à-vis de 4 maladies infectieuses parmi les plus sévères pour cette tranche d’âge (grippe, Covid-19, pneumococcies et zona) crée un fardeau médical et économique de plus en plus lourd dans une population qui vieillit. Pour ces raisons, la vaccination des seniors devrait devenir un objectif prioritaire de santé publique. La protection vaccinale des personnes âgées doit être améliorée en impliquant tous les professionnels de santé, et en première ligne les médecins traitants, en mettant à profit les nouvelles avancées de la vaccinologie, en tirant le meilleur parti des technologies numériques et en intégrant ces mesures dans un programme ambitieux de maintien des couvertures vaccinales tout au long de la vie.

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  • Rapport

    Drogues : éducation et prévention

    Drugs of abuse : education and prevention

    Les auteurs déclarent ne pas avoir de liens d’intérêt en relation avec le contenu de cet article

    La consommation de drogues licites et illicites est responsable de la perte annuelle de près de 130.000 vies humaines en France à laquelle s’ajoutent des coûts sanitaires et sociaux considérables. La dépense directe des finances publiques s’élève à 22,1 milliards d’euros, soit près de 1% du PIB. Le niveau élevé d’usage de ces substances à l’âge adulte dans la population française s’explique par un début très précoce de leurs consommations, puis par des progressions régulières au cours de la vie, comme le montrent les études de prévalence. Si les enquêtes les plus récentes affichent une baisse sensible de la fréquence d’usage de ces drogues chez les adolescents, ces consommations demeurent importantes et constituent un problème majeur de santé publique auquel il faut apporter des réponses prioritaires. En effet, l’adolescence est une période de vulnérabilité toute particulière aux addictions du fait de l’absence   de maturité    neuropsychologique.  De nombreux   facteurs peuvent  faciliter  la transition vers l’addiction, qu’ils soient génétiques, environnementaux, liés à une vulnérabilité psychiatrique ou aux traits de la personnalité. D’une manière générale, la consommation de drogues à l’adolescence est susceptible d’induire de nombreux troubles. Pour sa prévention, il est indispensable d’assurer précocement, dès l’école primaire, une éducation spécifique sur les dangers de cette consommation, et de la poursuivre dans le cadre de programmes adaptés à toutes les étapes du parcours éducatif jusqu’à l’université. Des actions systémiques visant à une meilleure formation des professionnels de santé et à une véritable coordination des départements ministériels concernés doivent également être mises en place. L’Académie nationale de médecine propose des recommandations pour répondre à ces questions.

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  • Avis

    Avis conjoint des Académies nationales de Médecine et de Pharmacie sur l’Errance diagnostique dans les maladies rares

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  • Rapport

    Médicaments anti cancéreux onéreux : disponibilité et soutenabilité économique

    Expensive cancer drugs: availability and economic sustainability

    Jacques ROUËSSE : aucun ; Jean-Yves BLAY : Roche, GSK, Novartis, MSD, Deciphera, Bayer, pharmamar ; Brigitte DRENO : BMS, Fabre, Almirall, Regeneron ; Gilles BOUVENOT : conseils ponctuels en développement (GSK, Sanofi, Vifor Pharma, Sage-Therapeutics, Steba Biotech, Alnylan, TesaroBio France, Insmed, GenSight, Pierre Fabre médicaments, Lupin) ; Thierry FACON :aucun ; Norbert Claude GORIN : Airinspace », Hemolux consulting et ZHIJIAHUA internationalHK; François GUILHOT :Novartis ;Claude HURIET : aucun ;Yves JUILLET :aucun; Pierre LE COZ : aucun ; Richard VILLET :aucun ;Jean Paul TILLEMENT :aucun ;Pierre COCHAT : aucun ;Francis MEGERLIN :aucun; Jean SASSARD : aucun ;Jean-Pierre TRIBOULET :aucun.

    Le traitement des cancers vient de connaitre en 20 ans une révolution médicale liée à la mise au point de nouveaux médicaments tels les thérapeutiques ciblées, les inhibiteurs de points de jonction immunologiques et les cellules lymphocytaires génétiquement modifiées (cellules CAR- T).  Ces traitements, qui ont des coûts de production élevés, sont prescrits parfois longtemps, et la durée des prises en charge des patients cancéreux se prolonge liée à l’utilisation de ces produits en 3 -ème et plus de lignes de traitement. La prévalence du nombre de cancers a augmenté et donc leur coût de prise en charge sur le long terme aussi. Le développement des médicaments anticancéreux en deux phases, d’innovation au sein de jeunes pousses souvent issues de l’Université, puis de production et de commercialisation gérées par les grands groupes pharmaceutiques contribuent à proposer des prix d’un niveau inconnu jusqu’alors. La rapidité de leur autorisation de mise sur le marché interpelle aussi surtout lorsque manquent les preuves de l’efficacité sur l’augmentation significative de la survie. Il est donc justifié de recommander une certaine vigilance sur l’interprétation de résultats d’essais précoces. Cependant il ne convient pas de négliger l’intérêt de l’apport de médicaments anticancéreux pour des patients atteints de sous-types rares de cancers. Face à ce retard de la France dans le domaine il importe de soutenir fortement, financièrement, les jeunes pousses et l’industrie française du médicament anticancéreux. Il est recommandé la mise en place d’une structure sans but lucratif avec un partenariat public-privé pour fournir les volumes nécessaires de médicaments aux hôpitaux et cliniques à un prix fixe.

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  • Communication scientifique

    Origine de la notion de « Une seule santé »

    Origin of the notion of “One health”

    L’auteur déclare ne pas avoir de liens d’intérêts.

    La gravité et l’émergence en quelques années de plusieurs épidémies humaines récentes — la Covid-19, la « variole du singe » — confirment l’importance du concept « Une seule santé ». Cette conception synthétique est fondée sur la santé publique, la santé publique vétérinaire et la qualité de l’environnement. Au cours du 18e siècle, plusieurs hommes influents ont contribué à l’émergence de la notion « Une seule santé » : François Quesnay (économiste), Claude Bourgelat (vétérinaire) et Félix Vicq d’Azyr (médecin).

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  • Rapport

    Intelligence artificielle appliquée à la rythmologie cardiaque. Perspectives et propositions

    Artificial intelligence in cardiac Arrhythmology

    Les auteurs de ce rapport n’ont aucun lien d’intérêt avec le sujet.

    Le recueil numérisé de l’activité électrique myocardique autorise son analyse par Intelligence Artificielle (IA) à partir de trois sources que sont les outils d’intervention en rythmologie, les registres de la mort subite et les dispositifs médicaux connectés.

    Le traitement des arythmies atriales fait appel à l’IA afin d’identifier les zones de rotors ou de fibrose arythmogène dans le but d’améliorer la qualité de l’ablation de la fibrillation atriale (FA). La création, à partir de données d’imagerie, d’une chambre ventriculaire virtuelle personnalisée, permet à l’IA de guider l’ablation et d’évaluer le pronostic.

    Lors des morts subites, c’est moins l’analyse des données de l’activité électrique myocardique et de la délivrance du choc électrique salvateur que celle des données de santé de la population dans son ensemble, qui pourraient contribuer à identifier les meilleurs prédicteurs de risque.

    Les données recueillies lors d’examens électrocardiographiques banaux ou par les objets portables, dont les « montres connectées », permettent grâce à l’IA de prédire la survenue ultérieure ou la récidive de troubles du rythme. L’IA est aussi omniprésente dans l’analyse de l’électrocardiogramme en rythme sinusal permettant d’en tirer des conclusions dépassant largement son utilisation habituelle.

    L’utilisation de ces données ne va pas sans soulever des problèmes éthiques et juridiques qui sont encore incomplètement réglés. L’appropriation en rythmologie cardiaque de l’outil nouveau qu’est l’IA suggère aux médecins rythmologues d’approfondir leurs connaissances mathématiques et d’intégrer les propositions des apprentissages automatiques et profonds dans leur démarche diagnostique et thérapeutique.

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  • Correspondance

    Syndrome post-Covid-19 : correspondance

    Post-COVID-19 syndrome: Correspondence

    Les auteurs déclarent ne pas avoir de liens d’intérêts.

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  • Rapport

    Rapport 23-20. Prise en charge des urgences coronaires par angioplastie percutanée transluminale : le présent, l’avenir et propositions concrètes

    Urgent treatment of acute coronary syndromes by percutaneous coronary intervention in France: Current status, the future and concrete proposals

    Les auteurs déclarent n’avoir aucun lien d’intérêt en relation avec le contenu de ce rapport.

    Les urgences coronaires regroupent un ensemble de situations où le pronostic vital est mis en jeu à court terme par le rétrécissement ou l’occlusion aiguë d’une artère coronaire. Elles sont traitées au mieux par la réalisation urgente par un cardiologue interventionnel d’une coronarographie suivie immédiatement par une angioplastie coronaire. Cette prise en charge est actuellement assurée de façon satisfaisante en France grâce à un maillage du territoire adéquat et un nombre de cardiologues interventionnels suffisant. Cependant, la prise en charge des urgences coronaires traitées par angioplastie coronaire est menacée : le nombre de cardiologues interventionnels en formation ne permettra pas le remplacement des départs en retraite, et l’attractivité de la cardiologie interventionnelle auprès des jeunes générations décroît. Face à cette situation, l’Académie nationale de médecine émet six recommandations : (1) adapter le nombre de cardiologues interventionnels en formation au nombre de départs en retraite et aux modifications de pratique médicale ; (2) assouplir les modalités de formation en cardiologie interventionnelle ; (3) créer une commission d’équivalence pour reconnaître les formations en cardiologie interventionnelle obtenus en dehors du troisième cycle des études médicales ; (4) développer les passerelles pour la formation des cardiologues en exercice et étrangers ; (5) rendre plus attractif l’exercice de la cardiologie interventionnelle; (6) engager une réflexion avec tous les acteurs impliqués dans la prise en charge des urgences coronaires, en particulier les urgentistes et la médecine préhospitalière.

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  • Présentation ouvrage

    Santé et Société par André Vacheron. Paris : PUF, 2022

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  • Éditorial

    Récepteur sensible au calcium (CaSR) et troubles minéraux et osseux de la maladie rénale chronique (TMO-MRC) : cibler seulement le CaSR parathyroïdien, est-ce suffisant ?

    Calcium Sensitive Receptor (CaSR) and Chronic Kidney Disease–Bone and Mineral Disorder (CKD-BMD): Is it sufficient to target parathyroid CaSR alone?

    Z.A.M rapporte avoir reçu des subventions pour le projet CKD REIN et d’autres projets de recherche d’Amgen, Baxter, Fresenius Medical Care, GlaxoSmithKline, Merck Sharp et Dohme-Chibret, Sanofi-Genzyme, Lilly, Otsuka, Astra Zeneca, Vifor et le gouvernement français, ainsi que frais et subventions aux organismes de bienfaisance d’Astra Zeneca, Boehringer Ingelheim et GlaxoSmithKline. T.B.D rapporte avoir reçu des honoraires des sociétés Kyowa Hakko Kirin, Astellas et Glaxo Smith Kline.

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  • Communication scientifique

    Remettre les chercheurs et la science au cœur de l’organisation de la recherche en santé

    Putting researchers and science back at the heart of the organization of health research

    A. B est professeur d’université à Sorbonne-Université, praticien hospitalier à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière, AP–HP.
    B. C est directeur de recherche à l’Inserm.

    Pour enrayer le déclin de la recherche dont celle en biologie et santé, l’Académie nationale de médecine a proposé plusieurs scénarii s’appuyant sur une politique de site renforcée et une refonte structurelle des organismes nationaux de recherche et des agences de financement. Cependant, il serait illusoire de croire qu’une réforme basée uniquement sur une réorganisation des structures administratives puisse résoudre le problème de l’efficience de la recherche et de son attractivité. Toute réforme de simplification de l’organisation de la recherche doit remettre en priorité le chercheur et son équipe au cœur du dispositif, faciliter la mise en œuvre des projets et alléger son environnement administratif. Cet article reprend plusieurs recommandations antérieures de l’Académie nationale de médecine pour une réforme de la recherche en biologie et santé.

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  • Avis

    Avis 23-17. Favoriser une fin de vie digne et apaisée : répondre à la souffrance inhumaine et protéger les personnes les plus vulnérables

    Promoting a dignified and peaceful end to life: Responding to inhuman suffering and protecting the most vulnerable people

    Les auteurs déclarent ne pas avoir de liens d’intérêts avec le sujet abordé

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  • Rapport

    Rapport 23-18. Pénuries de médicaments, stocks de sécurité, indépendance nationale et législation de l’Union européenne

    Drug shortages, safety stocks, national independence and EU legislation

    Les auteurs déclarent ne pas avoir de liens d’intérêts.

    Signalé régulièrement depuis plusieurs années, le manque de médicaments de prescription s’est amplifié pour deux raisons principales, l’augmentation régulière de la demande mondiale, d’environ 13 % par an, et ponctuellement par la multiplication des besoins liée à la pandémie de Covid-19. Or, nous ne fabriquons plus nos médicaments, la production nationale ne couvre que 6 % de nos besoins, l’Union européenne y ajoute 3 %, et nous importons le reste nécessaire dans des conditions qui sont aléatoires et difficiles à gérer. Les tensions voire des ruptures d’approvisionnement touchent une catégorie particulière de médicaments. Il s’agit de médicaments anciens, dits matures, exploités au-delà de leur temps d’exclusivité (brevet échu), de forte prescription sous leur forme initiale, le princeps, mais aussi largement copiés sous forme de génériques. Leurs prix de fabrication sont bas, seuls quelques industriels, parfois un seul, les fabriquent à moindre coût pour le monde entier dans des pays où leur volume de production est rentable, principalement en Chine et en Inde. Cette production se fait à flux tendu, le marché est compétitif. L’achat au producteur dépend du prix de vente final au patient, pour nous à l’assurance maladie. Nos prix sont bas ce qui rend notre approvisionnement plus difficile par rapport à d’autres pays, en particulier de l’Union Européenne, où les prix de dispensation sont plus élevés. Leur fabrication est complexe. Elle se réalise à partir de plusieurs étapes souvent délocalisées avant l’étape finale. Chacune d’elles est strictement encadrée, soumise à des procédures bien définies ; l’ensemble est fragile, difficilement contrôlable et donc vulnérable. Le problème posé est celui d’obtenir un apport régulier, pérenne et suffisant des médicaments dont nous avons besoin. Quels sont ces médicaments ? Une première liste réglementaire groupe les médicaments d’intérêt thérapeutique majeur (MITM) : elle est indicative mais longue, trop longue — environ 6000 médicaments — pour être utilisable. Il faut la restreindre d’où une sélection de médicaments critiques choisis parce qu’ils sont essentiels au plan médical et que la solidité (ou non) de leur approvisionnement doit être évaluée. Celle liste est en cours d’élaboration. Prévoir et anticiper un éventuel défaut de disponibilité suggèrent des interventions immédiates et à terme. La première est de constituer des stocks de sécurité lesquels, s’ils sont légitimes, se doivent d’entrer dans le cadre de la législation européenne. Celle-ci, en effet, impose la libre circulation des biens à l’intérieur de l’Union européenne et donc limite le stockage au strict besoin d’un membre pour ne pas en priver un autre. La seconde est celle de la relocalisation à l’intérieur de l’Union européenne des chaînes de production des médicaments qui lui sont indispensables. L’Académie nationale de médecine propose différents niveaux d’intervention. Le premier est, en complément de celui des MITM, de relever et d’étudier le statut des médicaments essentiels et sans alternative au plan thérapeutique et qui sont les plus exposés au risque de pénurie. Le second est de constituer des stocks de matières premières (ou de principes actifs) composants des médicaments critiques : on y voit comme avantages, la possibilité de fabriquer en urgence une forme pharmaceutique manquante (une préparation pédiatrique par exemple alors que d’autres sont disponibles), tout en respectant la législation européenne — ce n’est pas un médicament mais un moyen d’en faire — et une excellente façon de faire appel au tissu industriel français, en particulier à ses chimistes et à ses façonniers tout à fait capables de fabriquer les médicaments manquants. On peut imaginer qu’à l’intérieur de l’Union européenne, un certain partage prévisionnel des tâches puisse couvrir les besoins de tous ses membres. La conclusion de ce rapport est claire, il est et sera difficile à chaque État membre de l’Union européenne de résoudre seul le problème national de ses propres pénuries car la tâche est trop lourde et les investissements très importants. D’où la troisième proposition : seules des décisions européennes coordonnées pourront résoudre le problème globalement. Des décisions politiques en ce sens sont annoncées, elles seront à appliquer.

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  • Rapport

    Rapport 23-19. Rapport sur la demande de l’établissement thermal de Saint-Jean d’Angély (Charente-Maritime) en vue de l’obtention de l’orientation thérapeutique « RHUMATOLOGIE-RH »

    Report on the application of the Saint-Jean d’Angély spa-therapy care facility to obtain the agreement for musculoskeletal and rheumatic conditions “RHUMATOLOGIE-RH”

    Les auteurs de ce rapport et les membres de la commission 3 n’ont pas de lien d’intérêt.

    L’académie doit examiner l’étude par analogie et l’étude clinique réalisées en vue de l’obtention de l’agrément de « Rhumatologie » par l’établissement thermal de Saint-Jean d’Angély (eau minérale naturelle, chaude, sulfatée, calcique, sodique, magnésienne, ferrugineuse). Les eaux sulfatées sont utilisées en rhumatologie. Vingt et un stations thermales françaises agréées en rhumatologie utilisent des eaux minérales de ce type. Des études contrôlées et randomisées, parues dans la littérature internationale anglophone avec facteur d’impact, attestent d’un bénéfice clinique dans la lombalgie chronique, l’arthrose du genou, l’arthrose généralisée, les tendinopathies chroniques de l’épaule. L’étude clinique réalisée, conformément aux critères de 2020, est une étude interventionnelle, prospective ayant enrôlé 173 patients dans le cadre d’un essai contrôlé randomisé de supériorité. Quatre-vingt-six patients ont mené à bien le traitement thermal ; 87 constituaient le groupe témoins recevant les soins usuels. Les critères d’inclusion et d’exclusion étaient précisés. Les critères de jugement sont définis. L’étude satisfait aux critères de l’Académie. Tous les sujets étaient porteurs d’une gonarthrose symptomatique. La douleur était mesurée par l’échelle visuelle analogique 100mm, la fonction par l’échelle de Womac, la qualité de vie par le EuroQoL5D, les médicaments analgésiques pris ont été relevés. L’évaluation au 6e mois montrait une amélioration statistiquement significative dans le groupe thermal de la douleur, de l’incapacité, de la qualité de vie, de l’état clinique acceptable, de l’amélioration cliniquement pertinente et de la satisfaction des patients. Tous ces éléments étaient statistiquement supérieurs dans le groupe thermal par comparaison avec le groupe témoin. Le dossier du pétitionnaire satisfait aux réquisitions légales. L’eau sulfatée peut être utilisée en rhumatologie. L’étude interventionnelle réalisée, en conformité avec les critères 2020 de l’Académie, permet la vérification de la qualité des soins en termes de mise en œuvre, de bénéfice sanitaire, de sécurité pour les patients et les personnels. L’Académie a donné un avis favorable à la demande de l’établissement thermal de Saint-Jean d’Angély.

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  • Communication scientifique

    Pollution lumineuse : intérêt du modèle félin comme animal sentinelle

    Light pollution: Interests of feline model as a sentinelle

    L’auteur déclare ne pas avoir de liens d’intérêts.

    La pollution lumineuse présente des risques pour la santé humaine, animale et environnementale. La chronodisruption liée à l’allongement de la durée de l’éclairage domestique a une incidence sur l’obésité et le diabète de type 2 chez l’Homme, mais aussi chez le chat domestique, vivant dans le même environnement et soumis aux mêmes impacts environnementaux. Exprimant cliniquement la maladie humaine homologue, le modèle félin pourrait constituer un modèle animal de diabète de type 2, tant recherché par la communauté scientifique. Par ailleurs, l’éclairement de l’espace public permet au chat nomade, prédateur carnivore diurne et opportuniste crépusculaire, d’augmenter son territoire et son temps de chasse, occasion de rencontrer des animaux de la faune sauvage eux-mêmes perturbés par la lumière nocturne. D’où un risque zoonotique majeur. Le chat doit donc être considéré comme un animal-sentinelle. Le modèle félin est d’autant plus intéressant qu’il existe plus de 75 millions de chats médicalisés en Europe.

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  • Communication scientifique

    Quelle relation existe-t-il entre l’importance fonctionnelle d’un gène et son degré de polymorphisme? Un point de vue intra- et interespèces

    What is the relationship between the functional importance of a gene and its degree of polymorphism? A within- and between-species perspective

    L’auteur déclare ne pas avoir de liens d’intérêts.

    Un gène est considéré comme essentiel ou important d’un point de vue fonctionnel lorsque sa perte de fonction entraîne un phénotype morbide ou létal, selon la symptomatologie clinique chez l’homme, et/ou en fonction des conséquences d’une mutation naturelle ou d’une invalidation chez l’animal. Selon cette définition, ces gènes dits importants devraient a priori être très conservés et laisser peu de place à une variabilité génétique. Cependant, le lien entre l’importance fonctionnelle d’un gène et son degré de polymorphisme est plus complexe qu’il n’y paraît. Dans cette revue, nous montrons qu’il y a de la place pour un certain degré de variabilité pour les gènes essentiels. Tout d’abord chez l’homme, la prévalence de certaines maladies génétiques plutôt très invalidantes reste élevée car les porteurs à l’état hétérozygotes semblent être protégés de maladies infectieuses ou parasitaires. L’environnement peut également provoquer une adaptation des espèces à travers l’évolution de certains gènes, dans des séquences codantes ou non codantes. La sélection positive des gènes peut aussi jouer un rôle dans la spéciation, en particulier sur les gènes des systèmes immunitaire, reproducteur et nerveux. Enfin les séquences régulatrices des gènes jouent souvent un rôle crucial dans les différences de morphologie entre espèces et l’adaptation à l’environnement au sein des espèces.

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  • Communication scientifique

    L’algologie interventionnelle : une nouvelle voie au service de la douleur du patient

    Interventional pain treatment: A new path for the patient suffering from pain

    L’auteur déclare ne pas avoir de liens d’intérêts.

    Les maladies, aiguës, chroniques ou en phase terminale sont fréquemment accompagnées de douleurs. Cette souffrance des patients est souvent difficile à contrôler, en particulier dans les maladies chroniques ou malignes, malgré des traitements appropriés spécifiques. La douleur passe alors au premier plan, dégradant fortement la qualité de vie des patients. Les médecins de la douleur ont mis au point des thérapies interventionnelles, comme les blocs nerveux, les sympatholyses ou les neurolyses, utiles aussi bien pour affirmer le diagnostic que pour soulager la douleur. Avec la complexification, la miniaturisation et la diversification des procédures, la variété des cibles anatomiques, la nécessité d’associer un guidage précis millimétrique par tomodensitométrie s’est imposée. Il permet un placement optimal des instruments et assure la sécurité et l’efficacité des procédures. Nous présenterons des techniques percutanées mises au point pour traiter une variété de syndromes douloureux réfractaires bénins et malins : infiltrations et neurolyses (neurolyse par radiofréquence ou alcool) dans les douleurs craniofaciales, la névralgie d’Arnold, les algies vasculaires de la face, l’algodystrophie/SDRC de type 1, les névralgies pudendale, inguinofémorales, les douleurs pelviennes chroniques, les douleurs abdominales malignes. Enfin nous décrirons les techniques de consolidation (cimentations, vissages osseux), de thermoablations osseuses par la chaleur (radiofréquences et micro-ondes) ou le froid (cryoablations) qui peuvent être associées dans les douleurs tumorales osseuses.

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  • Présentation ouvrage

    Triboulet J.-P. L’œil et la charge, la caricature, les Arts, l’Académie nationale de médecine. Éditions FiacreMontceaux-lès-Meaux (2022)

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  • Rapport

    Rapport 23-16. La coopération sanitaire de la France avec les Pays à Ressources Limitées

    Health cooperation between France and countries with limited resources

    Les auteurs n’ont pas de liens d’intérêt avec le contenu du rapport.

    La France a un long passé de coopération sanitaire avec les pays à ressources limitées. Malgré des financements importants et une expertise reconnue, son engagement n’est plus reconnu à la hauteur des attentes de ces pays.

    Ce recul s’explique par des choix stratégiques privilégiant les activités multilatérales aux dépens des actions bilatérales insuffisamment financées, à leur défaut de programmation, de coordination, de suivi, et d’évaluation de leur efficacité. Le soutien aux maladies chroniques non transmissibles est insuffisant, ainsi que la lutte contre la morbidité liée aux carences de recours à la chirurgie.  Le continuum entre les activités de soins et la recherche, (dont la recherche clinique), n’est plus assuré.

    L’expertise française n’est pas en mesure de contribuer suffisamment aux enjeux de gouvernance des organismes internationaux, à la formation en santé mondiale, à la coordination des actions de terrain et à une interaction avec les autres partenaires européens. Pour permettre une politique cohérente, efficace, et visible, répondant à ces enjeux, ce rapport formule des recommandations, en particulier la mise en place d’un Haut Conseil en Santé mondiale, en vue de la définition, de l’élaboration, du suivi et de l’évaluation d’une stratégie d’ensemble de la coopération sanitaire de la France avec les pays à ressources limitées.

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  • Communication scientifique

    Activité et organisation des interventions médicales héliportées en France

    Activity and organization of helicopter emergency medical services in France

    L’auteur déclare ne pas avoir de liens d’intérêts.

    L’utilisation des hélicoptères dans le cadre de l’Aide médicale urgente contribue au juste soin. Ils potentialisent l’action des équipes Smur. La régulation médicale des Samu est incontournable, elle est au cœur du dispositif opérationnel. Le transport sanitaire héliporté démontre tout son intérêt lorsqu’il y a une indication médicale ou chirurgicale, un gain de temps d’accès au patient par rapport à tout autre moyen de transport, la nécessité d’un accès rapide à une équipe médicale spécialisée en soins d’urgence et vers un plateau technique de référence. Le transport sanitaire héliporté améliore alors la qualité et la sécurité des soins d’urgence. Il participe à l’organisation territoriale des soins, en diminuant le temps d’accès au plateau technique hospitalier et optimise l’utilisation du temps médical des Smur en permettant une meilleure disponibilité des Smur terrestres au profit de nos concitoyens.

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  • Communication scientifique

    Mise en condition et surveillance du patient pour le vol héliporté

    Conditioning and monitoring the patient for the helicopter flight

    Les auteurs déclarent ne pas avoir de liens d’intérêts.

    Le service mobile d’urgence héliporté (SMUH) est une unité opérationnelle associant une équipe médicale, un lot de matériel technique et médical de soins et de réanimation autorisant la prise en charge de patients en état critique à l’aide d’un hélicoptère équipé et adapté pour ces missions. En réduisant les délais d’intervention des équipes médicale, le SMUH permet à une victime de bénéficier au plus vite des soins justifiés par son état et améliore ainsi son pronostic. Il est complémentaire du secours médical terrestre. Cependant, pour être parfaitement efficient et remplir un vaste éventail de missions plus ou moins complexes, il doit s’inscrire dans un système sanitaire coordonné. Cette revue synthétique explique l’organisation complexe des SMUH et les contraintes auxquelles ils sont soumis. Elle donne des indications sur les bases fondamentales indispensables aux médecins et soignants amenés à utiliser ce vecteur. Elle permet d’aborder les conditions de sécurité nécessaires à ces missions, les conséquences de l’altitude et de la voilure tournante sur la prise en charge du patient, l’usage du matériel et la formation minimale indispensable ainsi que les connaissances essentielles pour intégrer un SMUH. Pour le praticien, elle reprend les indications de ces missions, de la préparation du patient avant transport jusqu’au relais hospitalier, des modalités de prise en charge liées à l’utilisation du treuil et des contraintes physiologiques liées au vol. Enfin, les situations particulières liées à la typologie de patient mais également à la présentation clinique sont abordées afin de délivrer un panorama complet de la pratique de la médecine d’urgence héliportée.

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  • Communication scientifique

    Service médical d’urgences héliporté (SMUH) en conditions « extrêmes », mer et montagne

    Helicopter emergency medical services (HEMS) in “extreme” conditions, sea, and mountain

    L’auteur déclare ne pas avoir de liens d’intérêts.

    Cet article est une présentation rapide des spécificités du SMUH en zone maritime et en zone de montagne. Atout indéniable pour notre système préhospitalier, l’utilisation de l’hélicoptère en mer et en montagne s’appuie pour faire face à ces conditions particulières sur : une organisation humaine très structurée, une organisation de la cellule sanitaire adaptée à ces milieux, la mise en œuvre de techniques ou de procédures adaptées à la prise en charge médicale dans ces conditions.

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  • Communication scientifique

    Catastrophes, situations sanitaires exceptionnelles et hélicoptères

    Disasters, exceptional health situations and helicopters

    Les auteurs déclarent ne pas avoir de liens d’intérêts.

    En situation de catastrophe sanitaire, les soins à apporter aux blessés et aux malades deviennent rapidement complexes et saturants. Une organisation de flux et de transferts massifs est l’une des solutions mise en œuvre par les services de secours et de santé pour l’adaptation des besoins aux moyens. L’utilisation en nombre d’hélicoptères médicalisés permet de créer des norias et gérer les évacuations. Ce fut le cas dans des crises récentes comme la pandémie COVID-19 ou lors des attaques terroristes. Pour augmenter les capacités lors de ces situations de catastrophe, les héliSMUR ont bénéficié du renfort d’hélicoptères d’État non sanitaires (moyens de la sécurité civile, de la gendarmerie et des Armées). Cette mutualisation des moyens offre une capacité d’évacuation sanitaire de masse particulièrement agile dans un contexte dégradé. Ces moyens offrent aussi la possibilité de projeter des équipes médicales et des moyens logistiques sur des zones de catastrophe sanitaire. L’isolement des populations lors de nombreuses catastrophes est un argument majeur de l’atout d’une flotte d’hélicoptères dédiés aux missions de secours et sanitaires. Cela doit être intégré dans tous les plans de réponse à la catastrophe. Il est important de réfléchir aux limites actuelles de ce déploiement pour poursuivre des travaux afin d’optimiser l’utilisation de la ressource EVASAN NOVI par hélicoptère en cas de catastrophe métropolitaine.

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  • Communication scientifique

    Facteurs histopronostiques et biomarqueurs pour une prise en charge personnalisée du cancer colorectal

    Histopronostic factors and biomarkers for personalized management of colorectal cancer

    L’auteur déclare ne pas avoir de liens d’intérêts.

    Résumé

    Le cancer colorectal représente actuellement la 3e cause de cancer dans le monde et la 2e cause de mortalité par cancer. Sa prise en charge repose largement sur la classification TNM (tumeur, ganglions, métastases). Afin d’améliorer sa précision, notamment dans la définition de sous-groupes de patients plus pertinents d’un point de vue pronostique, il est essentiel d’identifier de nouveaux marqueurs histologiques. Un certain nombre de ces facteurs histopronostiques permettent désormais d’adapter au mieux le choix du type de traitement adjuvant et sa durée (3 mois versus 6 mois) chez les malades atteints de cancer colique avec métastases ganglionnaires. Dans cette revue, nous aborderons plus particulièrement trois d’entre eux, qui sont les groupes bas risque et haut risque, définis à partir de la classification TNM, les dépôts tumoraux (ou « tumor deposits ») et le « tumor budding » (ou « bourgeonnement tumoral). Dans le cancer colorectal métastatique (CCRm) la caractérisation moléculaire de la tumeur est également devenue un critère déterminant dans le choix de la stratégie thérapeutique. Parmi ces biomarqueurs, le phénotype MMR déficient/MicroSatellite Instable (dMMR/MSI), qui est observé dans environ 4 à 5 % des CCRm, est apparu comme un biomarqueur prédictif majeur de l’efficacité des immunothérapies, en particulier des molécules anti-PD-1, qui sont devenues très récemment la norme européenne de soins dans cette indication. Ainsi, dans une seconde partie, nous ferons une synthèse des biomarqueurs utilisés pour une prise en charge personnalisée des CCRm, en insistant plus particulièrement sur les nouveaux enjeux de la détermination du statut dMMR/MSI.

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  • Communication scientifique

    Le cancer colorectal à l’ère de la médecine de précisionColorectal cancer in the era of precision medicine

    Colorectal cancer in the era of precision medicine

    L’auteur déclare ne pas avoir de liens d’intérêts.

    Les cancers colorectaux sont un enjeu majeur de santé publique. L’incidence augmente chez les individus de moins de 50 ans. Le traitement de ces cancers constitue un modèle où l’intégration d’une médecine ciblant les altérations moléculaires des cancers à la chimiothérapie a permis des progrès considérables. La prise en charge de ces cancers représente également un défi pour l’organisation des soins compte tenu de la nécessité pour les patients d’accéder, dès le début de leur prise en charge, à des centres experts dotés d’équipes médicales compétentes en médecine de précision et d’équipes chirurgicales spécialisées dans la chirurgie des métastases. La caractérisation génomique des cancers colorectaux permet aujourd’hui de considérer cette maladie en fonction des anomalies moléculaires qui caractérisent son pronostic et prédisent l’efficacité des différentes thérapies. La prise en charge des cancers colorectaux est ainsi entrée dans l’ère de la médecine de précision. Vingt pour cent des cancers colorectaux localisés et 5 % des maladies métastatiques présentent un déficit dans la réparation des mésappariements de l’ADN. Ces cancers s’avèrent ainsi instables génétiquement et accumulent dans leur génome un grand nombre d’altérations source de néoantigènes. L’utilisation d’immunothérapies est aujourd’hui la première option thérapeutique pour ces patients. Dix pour cent des cancers colorectaux sont associés à la présence de mutations activatrices du gène Braf. La présence d’une mutation de Braf confère un pronostic défavorable aux cancers colorectaux. Les protéines BRAF produites en présence d’une telle mutation sont activées constitutivement et soutiennent la prolifération, l’invasion et la survie des cellules tumorales. Des inhibiteurs spécifiques (thérapies ciblées) sont actuellement utilisés pour le traitement de cette entité et permettent d’obtenir de meilleurs résultats que la chimiothérapie. Les enzymes de la famille RAS peuvent également être activés par des mutations spécifiques. De telles anomalies sont identifiées dans 40 % des cancers colorectaux et soutiennent également la progression des cancers et un pronostic péjoratif. Des inhibiteurs spécifiques des protéines RAS activées sont en cours de développement. En l’absence d’instabilité génique, la chimiothérapie reste le traitement de première intention. Des anticorps neutralisant les facteurs de croissance épithéliaux (en l’absence de mutations des gènes Ras ou BRaf) ou neutralisant l’angiogenèse sont utilisés en combinaison à la chimiothérapie. La prescription d’un traitement optimal dès le début de la prise en charge des cancers colorectaux métastatiques revêt un enjeu majeur. En effet, il est aujourd’hui possible d’obtenir des réponses thérapeutiques importantes dans plus de 60 % des cas lorsque le traitement est adapté. Pour certains de ces patients, des équipes médicochirurgicales peuvent procéder à la chirurgie des métastases résiduelles et permettre la guérison de cancers au stade métastatique.

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  • Communication scientifique

    Impact du microbiote intestinal dans les cancers colorectaux

    Impact of the intestinal microbiota in colorectal cancer

    L.Z. est salariée de Gustave Roussy et de l’Université Paris Saclay. L.Z. est la fondatrice de la spin-off de Gustave Roussy « everImmune » et préside son conseil scientifique. L.Z. est aussi au conseil scientifique de l’INCA et à la présidence de l’IHU Méditerranée Infections. L.Z. reçoit ou a reçu le sponsoring financier de Pileje, 9 meters, Transgene, Daichi Sankyo, Kaleido, Merck, GSK, Tusk Pharma, Incyte. L.Z. a siégée au conseil d’administration de Transgene pendant 8 ans. G.K. est un employé de l’Université Paris Descartes, Assistance publique–Hôpitaux de Paris, et de Gustave Roussy Cancer Campus. G.K. est fondateur de Samsara Therapeutics, et Osasuna. G.K. reçoit des sponsors de recherche de la part de Bayer Healthcare, Biomérieux, Glaxo Smyth Kline, Eleor, Kaleido, Lytix Pharma, PharmaMar, Sotio, Vasculox/Tioma. GK est au conseil scientifique de Bristol Meyers Squibb Foundation (France). G.K. a reçu des honoraires de Roche Diagnostics. G.K. est consultant pour Bayer Healthcare, Lytix Ltd, Macrophage Pharma Ltd.

    La dernière décennie a pu constater les démonstrations soutenant la pertinence physiopathologique du microbiote intestinal dans le domaine de l’immuno-oncologie, non seulement comme biomarqueur de résistance à l’immunothérapie mais aussi comme potentiel traitement préventif ou curatif du cancer colorectal (CCR). De par sa localisation, le CCR est intimement lié à l’écosystème microbien résidant de notre intestin. De nombreuses études basées sur la métagénomique des selles démontrent les déviations taxonomiques de la flore et de ses produits métaboliques du stade de polypose au stade de carcinogenèse. Malgré les liens épidémiologiques forts entre la présence de biofilms épithéliaux et le CCR, une preuve de causalité entre la présence de certains pathobiontes exprimant des génotoxines ou des toxines métaboliques et les dommages à l’ADN de l’épithélium intestinal n’est pas encore claire, alors qu’il est évident que ces pathobiontes coopèrent et participent à l’instabilité génétique, la signalisation dans la transduction oncogénique, l’inflammation, et l’échappement au système immunitaire pour accélérer la carcinogenèse et concourir à la formation de métastases. En revanche, certaines bactéries sont immunogènes, activant des lymphocytes T folliculaires et des cellules B qui forment des structures lymphoïdes tertiaires et concourent à la réponse au blocage des points de contrôle du système immunitaire, comme aux anticorps anti-PD-1/PD-L1. Cette revue résume les interactions hôte-microbes gérant la genèse du ou les défenses contre le CCR.

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  • Présentation ouvrage

    Masquelet A.C. On n’est jamais trop humain. Préceptes de savoir-vivre à l’usage des jeunes chirurgiens. Sauramps Médical (2022)

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  • Communication scientifique

    État de l’art et perspectives d’avenir des biopsies cérébrales pour les maladies neurologiques oncologiques et cryptogéniques

    State of the art and future prospects for brain biopsies in brain tumors and neurological cryptogenic diseases

    L’auteur déclare ne pas avoir de liens d’intérêts.

    La biopsie cérébrale est une intervention fréquente et essentielle en neurochirurgie. Les progrès constants des techniques de biologie moléculaire réalisées sur les prélèvements de biopsie renforcent, plus que jamais, son rôle dans le diagnostic des tumeurs cérébrales et des pathologies neurologiques cryptogéniques. Des travaux récents mettant en évidence le délai de survenue des éventuelles complications après la biopsie et les facteurs de risque qui y sont associés ont permis d’optimiser la prise en charge des patients et la réalisation de cette intervention dans le cadre de la chirurgie ambulatoire, diminuant ainsi le coût des soins tout en améliorant la satisfaction des patients. Le rendement diagnostique de la biopsie cérébrale s’est également amélioré grâce à l’augmentation de la précision des techniques stéréotaxiques et de l’imagerie et au développement de nouveaux outils de diagnostic peropératoire. Dans le but d’obtenir un diagnostic histologique sans engendrer de complication, de nouvelles tendances émergent. Les futures avancées de la réalité augmentée et de l’intelligence artificielle pourraient améliorer à la fois la planification préopératoire de la trajectoire de la biopsie et sa visualisation peropératoire en temps réel. Certaines technologies, telles que le 5-ALA pour augmenter le rendement diagnostique, la fluorescence pour éviter les lésions vasculaires, ou les systèmes stéréotaxiques robotisés, peuvent plus facilement être mis en œuvre. La décision d’implémenter un nouvel instrument dans le flux de travail chirurgical doit également dépendre du nombre de procédures par an, de l’équipement stéréotaxique existant et de l’expérience de chaque centre.

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  • Communication scientifique

    Quel est le rôle de l’environnement dans la progression métastatique du cancer du sein ?

    What is the impact of the environment on breast cancer metastatic progression?

    Les auteurs déclarent ne pas avoir de liens d’intérêts.

    Le cancer du sein est la cinquième cause de mortalité dans le monde avec plus de 600 000 décès tous les ans. Dans les stades précoces, le cancer du sein a un relativement bon pronostic ; néanmoins, en cas de forme métastatique (atteinte ganglionnaire ou métastase à distance), la survie chute drastiquement. Les facteurs de risque d’incidence sont relativement bien connus. À l’inverse, les facteurs de risque de progression métastatique demeurent peu établis. Des travaux de recherche cliniques et expérimentaux récents suggèrent que l’exposition à des polluants environnementaux pourrait être associée à une plus grande agressivité tumorale dans le cancer du sein. Cette revue synthétise l’état actuel des connaissances sur le rôle des polluants environnementaux dans l’agressivité du cancer du sein.

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  • Conférence invitée

    Du XVIe au XXe siècle, quatre médecins de Rouen face aux épidémies

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  • Rapport

    Rapport 23-13. Rapport sur la demande de l’établissement thermal de Castéra-Verduzan (Gers) en vue de l’obtention de l’orientation thérapeutique « RHUMATOLOGIE-RH ».

    Report on the application of the Castéra-Verduzan balneotherapy care facility to obtain the agreement to treat patients with rheumatic conditions “RHEUMATOLOGY-RH”.

    Les auteurs de ce rapport et les membres de la commission 3 n’ont pas de lien d’intérêt.

    L’académie doit examiner l’étude par analogie et l’étude clinique réalisées en vue de l’obtention de l’agrément de « Rhumatologie » par l’établissement thermal de Castéra-Verduzan. L’eau de Castéra est une eau minérale naturelle, froide, sulfatée. De telles eaux sont utilisées largement en rhumatologie. 21 stations thermales françaises agréées en Rhumatologie utilisent des eaux minérales de ce type. 18 études contrôlées et randomisées, parues dans la littérature internationale anglophone avec facteur d’impact attestent d’un bénéfice clinique dans la lombalgie chronique, l’arthrose du genou, l’arthrose généralisée, les tendinopathies chroniques de l’épaule. L’étude clinique réalisée, conformément aux critères de 2020, est une étude interventionnelle, prospective ayant enrôlé 62 patients qui ont été comparés à une population témoin d’essai contrôlé randomisé dans le cadre d’une MAIC. 61 patients ont mené à bien le traitement thermal. Les critères d’inclusion et d’exclusion étaient précisés. Les critères de jugement sont définis. L’étude satisfait aux critères de l’Académie. Tous les sujets étaient porteurs d’une gonarthrose symptomatique. La douleur était mesurée par l’échelle visuelle analogique 100 mm, la fonction par l’échelle de Womac et l’index de Lequesne, la qualité de vie par le SF 12, le niveau d’activité physique par l’IPAQ, les médicaments analgésiques pris ont été relevés. L’évaluation au 6ème mois montrait une amélioration significative, comparable à ce que l’on avait mesuré à la fin de la cure, de la douleur, de l’incapacité, de la qualité de vie (score somatique) et une diminution de la consommation médicamenteuse. La comparaison, dans le cadre d’une MAIC avec pondération IPTW, avec les données de l’étude «Thermarthrose» a montré une différence significative en faveur des curistes pour parvenir à une amélioration cliniquement pertinente (MCII : minimum clinical important improvement).

    Le pétitionnaire a satisfait aux obligations légales. L’eau sulfatée peut être utilisée en rhumatologie. L’étude interventionnelle réalisée, en conformité avec les critères 2020 de l’Académie, permet la vérification de la qualité des soins en termes de mise en œuvre, de bénéfice sanitaire, de sécurité pour les patients et les personnels. L’Académie a donné un avis favorable à la demande de l’établissement thermal de Castéra-Verduzan.

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  • Communication scientifique

    Trouble de l’odorat et SARS-CoV2

    Olfactory dysfunction and SARS-CoV2

    L’auteur déclare ne pas avoir de liens d’intérêts.

    L’infection par un nouveau coronavirus (SARS-CoV-2), dont le premier cas fut décrit le 8 décembre 2019 à Wuhan, conduisit l’OMS à reconnaître le développement d’une considérable pandémie (COVID-19) marquée par l’importance des troubles de l’odorat. La prévalence et le profil évolutif des troubles de l’odorat varient en fonction du type de variant SARS-CoV-2. Avec la première mutation D614G (Wuhan), la prévalence des dysosmies a été évaluée entre 48 % et 61 %, chutant à moins de 15 % avec le variant omicron. L’évolution de la perte olfactive est favorable dans près de 95 % des cas après deux ans d’évolution. Les séquelles sont marquées, outre l’anosmie, par la fréquence des parosmies. Aucun traitement n’a réellement fait preuve d’une quelconque efficacité. La physiopathologie est dominée par une atteinte du neuroépithélium olfactif. Le profil clinique des dysosmies liées au SARS-CoV-2 est voisin de celui des classiques anosmies post-virales connues avant la COVID-19

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  • Communication scientifique

    Diagnostic précoce des altérations de la fonction auditive

    Early diagnosis of hearing impairment

    Les auteurs ont eu des liens d’intérêts avec le Contrat de collaboration de recherche AB science/Université de Montpellier # UM200760).

    Les tests électrophysiologiques couramment utilisés en clinique (électrocochléographie et potentiels évoqués du nerf auditif et du tronc cérébral) pour évaluer la fonction auditive capturent uniquement le premier potentiel d’action généré de manière synchrone par les fibres du nerf auditif en début de la stimulation acoustique. Malheureusement, aucune information sur l’activité spontanée et les constantes temporelles (adaptation rapide et lente) des fibres du nerf auditif ne peut être obtenue à partir de ces potentiels en champ lointain. En combinant des enregistrements à la fenêtre ronde chez la gerbille et des algorithmes de traitement du signal, nous avons pu enregistrer des potentiels présentant les mêmes caractéristiques temporelles que les fibres du nerf auditif. Le modèle prédictif dérivé des gerbilles a ensuite été validé chez des souris et finalement chez l’homme. Cette étude offre un outil de diagnostic prometteur pour cartographier le nerf auditif humain, ouvrant ainsi de nouvelles voies pour mieux comprendre les neuropathies auditives, les acouphènes et l’hyperacousie.

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  • Communication scientifique

    Déficit audio- (ou) visuel et plasticité de la modalité épargnée

    Audio- or visual disability and plasticity of the spared modality

    L’auteur déclare ne pas avoir de liens d’intérêts.

    Il est d’observation très ancienne que des personnes atteintes de cécité utilisent l’audition pour se situer dans l’espace avec une précision qui leur confère une grande autonomie au quotidien même dans des lieux inconnus. Cette capacité principalement basée sur l’écholocalisation n’est pas universelle, mais elle n’est pas non plus réservée qu’aux aveugles de naissance. Réciproquement, les personnes sourdes notamment signeuses font preuve de performances visuelles périphériques dynamiques, supérieures à la norme. Les mesures en laboratoire permettent de quantifier les performances par rapport à celles d’individus sans handicap sensoriel, de confirmer leur supériorité, mais celle-ci n’est pas spectaculaire. Dans la problématique de la plasticité sensorielle, ces observations soulèvent plusieurs questions d’actualité détaillées dans la présente revue : les ressources requises sont-elles développées à partir de l’existant, c’est-à-dire présentes chez la personne non handicapée, mais peu exploitées ? Faut-il allouer des ressources computationnelles supplémentaires existantes, mais gourmandes en charge attentionnelle ? Et surtout, les situations non écologiques créées en laboratoire sont-elles adéquates pour évaluer la performance dans la vraie vie ?

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  • Présentation ouvrage

    J.L. Michaux, Souvenirs, chez l’auteur, 2023, Belgique

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  • Rapport

    Rapport 23-12. Enjeux médicaux et sociétaux de la transplantation hépatique (TH) en France

    Liver transplantation medical and societal issues in France

    Les auteurs déclarent ne pas avoir de liens d’intérêt en relation avec le contenu de ce rapport

    La transplantation hépatique est un traitement très efficace des formes les plus graves de cirrhose, ainsi que des petits carcinomes hépatocellulaires localisés. Après la greffe, l’espérance de vie à 10 ans est d’environ 70%. Ces résultats exceptionnels pour une maladie mortelle à très court terme sont altérés par la rareté des greffons qui explique une mortalité de 10 à 15% en attente de la greffe, et conduit à utiliser des organes dits marginaux source de complications postopératoires graves. Mais surtout, avec le long terme les malades greffés développent, sous l’effet du terrain qui les a amenés à la transplantation ou des traitements immunosuppresseurs, une véritable “maladie post-greffe”, faite de manifestations somatiques et de troubles psychiques parfois graves dont la prise en charge fait désormais l’essentiel de l’activité et de l’expertise des centres de greffe hépatique. Les enjeux de la transplantation hépatique, d’abord essentiellement médicaux et techniques, deviennent sociétaux et imposent de réviser l’organisation de cette thérapeutique.

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  • Communication scientifique

    Ebola et la maladie à filovirus : enjeux et perspectives à l’horizon 2030

    Ebola and filovirus disease: Challenges and prospects for 2030

    L’auteur déclare intervenir ou être intervenu au cours de 5 dernières années comme investigateur coordinateur ou co-coordinateur d’études cliniques sous promotion académique dans le domaine d’Ebola : cohorte : étude EVISTA, République démocratique du Congo, 2018 (à compter de) ; essais thérapeutiques : essai JIKI, Guinée, 2014–2015, essai PREVAIL II, 2015–2016 ; étude interépidémique IMOVA, Guinée, 2022 (à compter de) ; dans le domaine de la Fièvre de Lassa : cohorte : étude LASCOPE, Nigeria, 2019 (à compter de) ; essai thérapeutique : étude SAFARI, Nigéria, 2020 (à compter de) ; dans le domaine de la Covid-19 : en France : essai plateforme national COVERAGE, 2020–2022 : en Afrique : cohorte : étude EVOL-COV long, Guinée, Burkina Faso, République de Côte d’Ivoire ; essai thérapeutique : essai plateforme international COVERAGE-AFRICA, Guinée, Burkina Faso, 2020 (à compter de). L’auteur déclare sa nomination en qualité de membre du comité de scientifiques constitué au titre de l’état d’urgence sanitaire déclaré pour faire face à l’épidémie de Covid-19, décret du 3 avril 2020, NOR : SSAX2008862D, 12 mars 2020-31 juillet 2022. L’auteur déclare sa nomination en qualité de membre du comité de veille et d’anticipation des risques sanitaires institué à l’article D.1413-92 du Code de la santé publique, Arrêté du 29 septembre 2022. NOR : SPRZ22237174A, à compter du 28 septembre 2022.

    Le virus Ebola représente une des principales espèces de la famille Filoviridae dans l’ordre Mononegavirales et fait partie des quatre espèces du genre Ebolavirus identifiées et épizootiques en Afrique occidentale ou équatoriale. Ces agents pathogènes sont associés à une maladie systémique grave, potentiellement mortelle, chez l’homme et les grands singes. Une fois que les formes les plus virulentes pénètrent dans la population humaine, les épisodes de transmission se font principalement par contact avec des fluides ou excrétas corporels infectés et peuvent donner lieu à des foyers de propagation épidémiques majeurs. Les virus Ebola et Marburg représentent un risque et un fardeau important pour la santé publique locale en Afrique et peuvent avoir un impact mondial par le biais d’infections importées. Les maladies à virus Ebola et Marburg se caractérisent par d’importantes pertes liquidiennes et d’électrolytes, une immunosuppression, des lésions cellulaires d’origine immune et une réaction inflammatoire systémique qui provoquent une altération des systèmes vasculaire, immunitaire et de la coagulation, entraînant une défaillance multiviscérale, un choc et une mortalité élevée. À la suite des épidémies dévastatrices de maladie à virus Ebola survenues en Afrique de l’Ouest (2013–2016) et à l’est de la République démocratique du Congo (2018–2020), épidémies classées par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) comme des urgences de santé publique de portée internationale, des progrès considérables ont été réalisés en matière de diagnostic, de traitement et de prophylaxie vaccinale de la maladie à filovirus. Néanmoins, de nombreuses incertitudes persistent dans la prévention et la prise en charge de ces maladies ré-émergentes menaçantes et à propension épidémique qui surviennent en situation de ressources sanitaires limitées et de contextes géopolitiques critiques, notamment en raison de la recrudescence de conflits et de déplacements massifs des populations affectées.

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