Articles du bulletin Le Bulletin est édité avec Elsevier-Masson. Les rapports de l'Académie sont disponibles intégralement sur le site internet de l'Académie. L'accès aux autres textes peut être obtenu sur Em-Consulte. Les archives du Bulletin sont disponibles en accès libre sur le site Gallica de la BNF (numéros de de 1836 à 2017) et sur le site de l'Académie (de 2001 à 2018).
Accès au Bulletin électronique sur Em-Consulte
Consulter les instructions aux auteurs
Séance du 14 avril 2026
Rapport
Dépistage, prévention et prise en charge de la Maladie Rénale ChroniqueScreening, prevention and management of Chronic Kidney Disease
Liens d’intérêt concernant le contenu de ce rapport :
Ziad Massy déclare avoir reçu des subventions pour CKD REIN et d'autres projets de recherche de la part d'Amgen, Baxter, Fresenius Medical Care, GlaxoSmithKline, Merck Sharp and Dohme-Chibret, Sanofi-Genzyme, Lilly, Otsuka, Astra Zeneca, Vifor et du gouvernement français, ainsi que des honoraires et des subventions à des œuvres caritatives de la part Boehringer Ingelheim et NovoNordisk sans lien direct avec le contenu de ce travail.
Luc Frimat déclare avoir reçu des honoraires pour une activité de conseil : VIFOR, ASCENDIS et SOBI, pour l'achat de matériel pour l'éducation thérapeutique : ASTELLAS sans lien direct avec le contenu de ce travail.
Jean Michel Halimi déclare avoir reçu des honoraires : Alexion, Astra-Zeneca, Bayer, Boehringer Ingelheim France, Lilly, Novo Nordisk, Servier, Sobi, Vifor Fresenius.
Bernard Bauduceau déclare avoir reçu des honoraires pour des interventions ponctuelles (travaux scientifiques, activité de conseil, conférence ou colloque) de la part des laboratoires Abbott, Astra-Zeneca, Boehringer Ingelheim, GSK, Merck Sharp & Dohme, Novartis, Novo Nordisk, Pfizer, Eli Lilly.
B.Stengel, P. Ronco, F. Vrtovsnik, T. Hauet, R. Ardaillou, D. Vasmant, J.Halimi déclarent aucun conflit d’intérêt.
La maladie rénale chronique (MRC), définie par des anomalies de structure ou de fonction rénale > 3 mois, est fréquente et associée au risque de défaillance rénale et de maladie cardiovasculaire. Souvent silencieuse et considérée inéluctable, la progression de la MRC peut aujourd’hui être ralentie par de nouvelles molécules à visée cardio- et néphroprotectrice, inhibiteurs du SGLT-2 et analogues du GLP-1, qui changent le pronostic incitant à revoir la stratégie de prévention. Le rapport de l’ANM vise à améliorer le dépistage de la MRC et le parcours de soins post-dépistage, et à proposer des modalités d’évaluation.
- Le dépistage s’adresse aux personnes à risque, incluant les enfants et les femmes enceintes ; le RAC (rapport albuminurie/créatininurie) et le DFG (débit de filtration glomérulaire) estimé sont rendus par le laboratoire avec un score de risque rénal (S2R).
- Le suivi post-dépistage requiert la collaboration de divers professionnels de santé, la coordination étant assurée par le médecin généraliste ; le S2R est l’outil-clé pour identifier les personnes nécessitant un avis néphrologique ; le DMP peut faciliter le partage d’information ; le pharmacien peut contribuer à prévenir la iatrogénie.
- La formation initiale des étudiants et continue des médecins est essentielle pour une approche de santé publique de la MRC et sa prise en charge précoce ; sensibiliser la population au risque de la MRC est également souhaitable.
- L’évaluation de cette stratégie nécessite le développement d’une base de données chainant les données de laboratoire au système national des données de santé (SNDS).
Séance du 17 mars 2026
Rapport
LE SOMMEIL DE L’ENFANT ET DE L’ADOLESCENTCHILD AND ADOLESCENT SLEEP
Les auteurs déclarent n’avoir aucun lien ni conflit d’intérêt
Le sommeil est un élément essentiel du développement physique, cognitif et émotionnel de l’enfant et de l’adolescent. Chez l’enfant, un sommeil suffisant et régulier soutient l’apprentissage, la concentration et l’équilibre émotionnel. À l’inverse, un manque de sommeil entraîne irritabilité, troubles de l’humeur, difficultés d’attention et comportements impulsifs ou hyperactifs, souvent liés à une somnolence diurne excessive.
Les causes du déficit de sommeil sont multiples et intimement liées au mode de vie moderne. L’exposition excessive aux écrans, la diminution de l’activité physique, une alimentation déséquilibrée et des horaires irréguliers perturbent profondément le rythme veille-sommeil. Chez les adolescents, le décalage de phase – tendance biologique à s’endormir et se réveiller plus tard – accentue cette privation, provoquant fatigue, baisse des performances scolaires et difficultés relationnelles. Par ailleurs, certaines pathologies spécifiques, telles que l’insomnie, le syndrome d’apnées obstructives du sommeil, la narcolepsie et autres hypersomnolences, contribuent à aggraver la somnolence diurne. Ces troubles demeurent souvent sous-diagnostiqués malgré leurs effets délétères sur la santé physique et mentale. Les enfants présentant des troubles du neurodéveloppement, comme le TDAH ou les troubles du spectre de l’autisme, sont particulièrement vulnérables, leurs difficultés de sommeil renforçant leurs troubles comportementaux et cognitifs. Enfin, le sommeil joue un rôle essentiel sur le plan de la chrono-pharmacologie et dans l’aggravation de différentes pathologies, somatiques ou psychiques.
La prévention et l’éducation jouent un rôle crucial pour préserver un sommeil de qualité. Il est nécessaire d’informer les enfants/adolescents, les parents, les enseignants et les professionnels de santé sur les besoins de sommeil selon l’âge, de maintenir la sieste à l’école maternelle, de limiter l’usage des écrans le soir et de dépister précocement les troubles. L’Académie recommande ainsi d’intégrer le suivi du sommeil dans le carnet de santé dès la naissance, de sensibiliser la population à travers des campagnes nationales et d’inclure l’éducation au sommeil dans les programmes scolaires. Enfin, la feuille de route interministérielle 2025-2026, inscrite dans la Grande Cause Nationale « Santé mentale », vise à améliorer la prévention, la formation et l’accès aux soins, reconnaissant ainsi le sommeil comme un pilier majeur de la santé publique, au même titre que la nutrition et l’activité physique.
Séance du 3 mars 2026
Rapport
PHOTOGRAPHIE ET VIDEO MEDICALES, ELEMENTS ESSENTIELS DU DOSSIER MEDICAL, DES SOINS, DE L’ENSEIGNEMENT ET DE LA RECHERCHEMedical photography and video recording, essential elements for medical records, patient care, teaching and research
Les auteurs déclarent ne pas avoir de liens d’intérêt autres que scientifiques avec le sujet du rapport
La photographie (et vidéo) médicale (PVM) est par définition « la captation d’images de l’enveloppe corporelle externe, ou de cavités anatomiques accessibles de l’extérieur ou de plaies traumatiques ou chirurgicales, sans dispositif interposé ». La PVM n’est pas inscrite « nominalement » dans les listes institutionnelles décrivant la composition du dossier médical du patient (DMP). Elle est pourtant indispensable, quotidienne et recommandée dans de nombreuses spécialités et situations médicales. C’est un outil incontournable du diagnostic, du suivi, de la coordination des soins, des avis à distance et de la documentation médico-légale. Ce rapport a pour objectif de préciser le statut de la PVM, son organisation, son utilisation et sa sécurisation. Il analyse les usages dans les établissements hospitaliers et la pratique libérale. Les sources ont inclus les recommandations indiquant de réaliser des PVM (HAS, fiches techniques de la Classification Commune des Actes Médicaux, Sociétés savantes… etc.) et les pratiques des spécialités. Il existe une grande hétérogénéité organisationnelle liée au déficit de laboratoires, à la raréfaction des photographes médicaux et/ou des personnes dédiées, à l’usage massif des smartphones, à la dispersion des données, et à l’intégration insuffisante dans les dossiers patients informatisés (DPI). Les solutions dépendent du volume d’images et des protocoles de soins et reposent, selon les cas, sur des appareils photos dédiés, des laboratoires aménagés, des référents formés dont le photographe médical, l’intégration au système d’information hospitalier, des applications sécurisées et certifiées. La PVM doit être reconnue comme une donnée médicale à part entière, soumise aux mêmes règles que les autres données de santé (Règlement général sur la protection des données (RGPD), Loi informatique et libertés (LIL), secret médical, accès des patients à leur dossier). La sécurisation et la valorisation de la PVM nécessitent un engagement fort des institutions et des directions d’établissements afin de garantir la qualité, la traçabilité, un stockage certifié, une conformité réglementaire. En pratique libérale les mêmes exigences de qualité et sécurité s’imposent, bien que les moyens techniques et organisationnels diffèrent. Dans tous les cas il est indispensable d’améliorer les moyens humains et techniques dédiés, la reconnaissance dans le DPI, la valorisation financière et l’harmonisation entre secteurs public et privé. La valeur pédagogique de la PVM est reconnue. Son utilisation pour l’enseignement et la recherche impose des règles dont un consentement écrit spécifique et une anonymisation. Ces éléments soulignent l’urgence d’une réponse institutionnelle coordonnée, articulée autour des directions d’établissement et des instances nationales. Sept recommandations sont formulées au sujet de la PVM : 1. Reconnaissance officielle dans le dossier médical. 2. Application du cadre juridique commun aux données de santé numériques. 3. Dotation en moyens humains et techniques adaptés. 4. Valorisation institutionnelle. 5. Reconnaissance du métier de photographe médical. 6. Formation initiale et continue des médecins et odontologistes. 7. Encadrement de l’utilisation dans l’enseignement et la recherche.
Lire la suite >Séance du 10 février 2026
Communication scientifique
Fragilité et cardiologie interventionnelle : quelles sont les limites ?Frailty and interventional cardiology: What are the limits?
L'auteur déclare n'avoir aucun lien d'intérêt.
Le pronostic de l’athérosclérose coronaire a été amélioré essentiellement par la prévention primaire et secondaire, et par les progrès des techniques de l’angioplastie coronaire transluminale percutanée (ATL). Depuis 20 ans, en raison du vieillissement de la population, l’ATC est réalisée chez des sujets de plus en plus âgés. Ces patients sont plus fragiles, avec des comorbidités fréquentes. Ils sont le plus souvent exclus des études randomisées et il n’existe pas de consensus sur l’évaluation du bénéfice risque de la revascularisation coronaire dans cette population. L’évaluation de la fragilité peut se faire par des scores simples complétés éventuellement par une évaluation plus spécialisée. Dans les syndromes coronaires chroniques, l’ATL a pour but d’améliorer la qualité de vie. L’évaluation de la fragilité doit faire partie du bilan et de la décision thérapeutique. Dans les syndromes coronaires aigus, il est difficile voire impossible d’évaluer la fragilité en raison de l’urgence, d’où l’intérêt d’une évaluation préalable, systématique à partir de 70 ans, accessible par le dossier médical commun. Un renforcement de la collaboration entre cardiologues et gériatres, une meilleure prise de conscience chez les cardiologues interventionnels des problèmes liés à la fragilité, un enseignement pour médecins et paramédicaux sur l’évaluation de la fragilité par des scores simples, et une évaluation systématique annuelle à partir de 70 ans peuvent conduire à une meilleure prise en charge de cette population à risque.
Lire la suite >Séance du 10 février 2026
Communication scientifique
Les anomalies oculaires congénitales multiples du cheval comme modèle en pathologie comparativeMultiple congenital ocular anomalies in horses: A comparative medicine approach
L'auteur déclare n'avoir aucun lien d'intérêt.
Certaines affections congénitales du segment antérieur de l’œil sont décrites chez l’homme et sont regroupées sous le terme de dysgénésies du segment antérieur. Dans l’espèce équine, des anomalies oculaires congénitales ont été découvertes chez le cheval des montagnes rocheuses, puis caractérisées chez le cheval Comtois sur le plan clinique, échographique, histologique, épidémiologique et génétique. Elles présentent certains points comparables à celles rapportées chez l’homme et en font donc, pour partie, un champ d’étude en ophtalmologie comparative.
Lire la suite >Séance du 3 février 2026
Chronique historique
Adélaïde Hautval (1906–1988) Médecin psychiatre Juste parmi les Nations (1965)Adélaïde Hautval (1906–1988) Psychiatrist Righteous among the Nations (1965)
L'auteur déclare n'avoir aucun lien d'intérêt.
Lire la suite >Publié le 23 janvier 2026
Communiqué
Communiqué : Pour une régionalisation de l’internat en médecineFor a regionalized medical internship
Lire la suite >Séance du 20 janvier 2026
Rapport
APPORT DE L’INTELLIGENCE ARTIFICIELLE EN IMAGERIE MEDICALECONTRIBUTION OF ARTIFICIAL INTELLIGENCE IN MEDICAL IMAGING
Les auteurs du rapport déclarent :
Jean-Denis LAREDO : Consultant Gleamer, Start-up d’intelligence artificielle en Imagerie médicale
Nathalie LASSAU :
- partenaire du Projet France 2030 « Oncology Assistant AI » porté par Guerbet
- co-inventeur de brevet avec Guerbet (produits de contraste et applications d’intelligence artificielle)
- co-auteur d’articles avec Guerbet (produits de contraste et applications d’intelligence artificielle)
- co-auteur d’articles avec Avicenn, Start-up d’intelligence artificielle en Imagerie médicale
Valérie Vilgrain :
Consulting fees and Board member :
•Canon Medical (Fabricant d’appareils d’imagerie médicale et d’applications d’intelligence artificielle)
•Guerbet (produits de contraste et applications d’intelligence artificielle)
•Siemens Healthinners (Fabricant d’appareils d’imagerie médicale et d’applications d’intelligence artificielle)
•Bayer (produits de contraste et applications d’intelligence artificielle)
•Bracco (produits de contraste et applications d’intelligence artificielle)
ISS : Guerbet (produits de contraste et applications d’intelligence artificielle)
Industry/academic project :
•Siemens Healthinners (Fabricant d’appareils d’imagerie médicale et d’applications d’intelligence artificielle)
•Pixyl Start-up d’intelligence artificielle en Imagerie
Catherine Adamsbaum, Cécile Badoual, Vincent Delmas, Denis Le Bihan, Charles-Henri Malbert
Arnold Migus, Gérard Morvan, Maria Argyropoulou, Jacques Hubert, Jacques Marescaux déclarent n'avoir aucun lien ni conflit d'intérêt avec le sujet traité.
L’intelligence artificielle (IA) impacte fortement la médecine et particulièrement la radiologie. L’IA a la capacité de fournir jour et nuit une aide au radiologue ou au médecin clinicien dans l’interprétation diagnostique des images radiologiques en limitant les risques d’erreur, d’inattention ou de méconnaissance et de faciliter la décision médicale. L’IA permet aussi d’améliorer la qualité des images, de segmenter des zones d’intérêt et d’effectuer des mesures.
Les applications de l’IA en imagerie comportent de nombreuses limites et risques qu’il est nécessaire de prévenir : les performances d’un algorithme dépendent de la qualité des données qui ont servi à l’entraîner. Les domaines de compétence et les champs d’application d’une application d’IA donnée sont dépendants de son « apprentissage » et sont très étroits. Elles ne doivent pas être utilisées hors de ce cadre. Leurs performances ne sont pas extrapolables à des populations différentes de celles qui ont servi à son apprentissage ou dans un environnement nouveau. Les fabricants d’application d’IA doivent respecter une charte de responsabilité garantissant la qualité des applications. Une utilisation non conforme et l’absence de validation de ses résultats par un médecin font courir un risque au patient.
Les structures d’imagerie doivent localement, et à leur échelle, veiller au maintien des performances des applications d’IA, à l’absence de dérive, au recensement et à la communication aux constructeurs de ses erreurs, et à la protection des données des patients.
La compréhension du potentiel de l’outil IA en imagerie, mais également de ses biais, de ses limites, de ses risques, de la nécessité de son actualisation continue et des questions éthiques que son usage pose, doit faire partie intégrante de la formation initiale et continue des professionnels de santé.
Lire la suite >Publié le 14 janvier 2026
Communication scientifique
Les microtubes tumoraux dans les gliomes : mécanismes, implications dans le développement tumoral et perspectives de rechercheTumor microtubes in gliomas: Mechanisms, implications in tumor development, and research perspectives
Les auteurs déclarent ne pas avoir de liens d’intérêts.
Les gliomes de haut grade, en particulier les glioblastomes (GBM), figurent parmi les tumeurs cérébrales primitives les plus agressives, caractérisées par une récidive inévitable et un pronostic sombre malgré les stratégies thérapeutiques multimodales actuelles. Des études récentes ont mis en évidence le rôle crucial de protrusions membranaires spécialisées appelées microtubes tumoraux (MT), qui interconnectent les cellules gliales tumorales en réseaux multicellulaires robustes. Ces MT permettent une communication intercellulaire directe via des jonctions communicantes, facilitant l’échange d’ions et de petites molécules, et contribuant significativement à la progression tumorale, à la résistance thérapeutique, à l’invasion et à la récidive. Alors que les tunneling nanotubes (TNT), structures plus courtes et transitoires également observées dans les gliomes, ont été clairement démontrés capables de transférer des organites et des microARNs (miRs), l’implication potentielle des MT dans le transfert de miRs reste à confirmer expérimentalement. Les miRs sont de petits ARN non codants qui régulent l’expression génique post-transcriptionnelle et jouent un rôle clé dans l’oncogenèse des gliomes, influençant la prolifération, l’invasion et la résistance thérapeutique. Cette revue synthétise les avancées récentes concernant la structure, les fonctions et les implications cliniques des MT dans les gliomes, en mettant particulièrement l’accent sur leur rôle potentiel dans le transfert intercellulaire de miRs. Nous discutons des lacunes actuelles dans les connaissances et soulignons la nécessité d’études expérimentales rigoureuses sur le transfert de miRs médié par les MT. Une meilleure compréhension de ces mécanismes pourrait ouvrir de nouvelles pistes thérapeutiques, incluant des stratégies visant à perturber les réseaux basés sur les MT ou à exploiter les MT comme vecteurs innovants pour la délivrance ciblée de miRs thérapeutiques dans la niche tumorale.
Lire la suite >Publié le 14 janvier 2026
Communication scientifique
L’information en santé est la meilleure arme pour lutter contre la désinformationHealth information is the best weapon in the fight against health misinformation
Déclaration de liens d’intérêts :
HM est rédacteur du blog Revues et Intégrité ( www.redactionmedicale.fr/ ).
LG déclare ne pas avoir de liens d’intérêts.
MM : président du groupe communication de la Société française de pharmacologie et thérapeutique, pas de lien avec l’industrie pharmaceutique en rapport avec cet article. Cet article a été soumis avant que deux des auteurs ne soient missionnés par le ministre de la Santé pour une mission dont le rapport, rendu public le 5 janvier 2026, est intitulé : « Information en santé. Bilan des forces et des faiblesses Recommandations pour une stratégie nationale d’information et de lutte contre la désinformation en santé ».
La manipulation de l’opinion est un enjeu de pouvoir ancien ; la désinformation en santé est exacerbée par les réseaux sociaux et le manque d’éducation scientifique, menant à des comportements dangereux. Il faut distinguer la mésinformation (fausse, non intentionnelle), la désinformation (fausse, intentionnelle, pour manipuler) et la mal-information (vraie mais utilisée pour nuire). Ces informations s’opposent aux données probantes de la science. Selon le ‘Global Risks Report’, la désinformation est le premier risque mondial jusqu’en 2027. Ses motivations sont complexes, allant du gain financier à l’érosion de la confiance dans les institutions. Pour contrer ce phénomène, l’approche D.E.F.I.S. est proposée : (1) détection et diagnostic : nécessité d’outils pour anticiper les infodémies, avec une veille active et la modération des contenus, notamment via le Règlement européen sur les services numériques. L’intelligence artificielle générative pose de nouveaux défis pour la diffusion d’informations fiables ; (2) éducation : améliorer la littératie en santé et l’esprit critique dès le plus jeune âge, en apprenant à distinguer faits et opinions et à gérer les émotions qui peuvent altérer le jugement ; (3) formation : développer les compétences en vulgarisation et communication scientifique des professionnels de santé et des chercheurs ; (4) information : diffuser des informations fiables et accessibles par des sources officielles comme Sante.fr ou les sociétés savantes, tout en comprenant les mécanismes psychologiques de l’acceptation ou du rejet des informations ; (5) sanctions : renforcer l’application des lois existantes contre le charlatanisme et responsabiliser les plateformes numériques. L’inaction n’étant pas une option, une coordination et une visibilité accrues des nombreuses initiatives existantes sont impératives pour lutter efficacement contre la désinformation.
Lire la suite >Publié le 14 janvier 2026
Communication scientifique
Expertise scientifique, débat public et décisions de sécurité sanitaireScientific expertise, public debate, and health safety decision-making
Déclaration de liens d’intérêts :
Les auteurs déclarent ne pas avoir de liens d’intérêts.
Les décisions en matière de sécurité sanitaire reposent sur l’expertise scientifique, mais leur impact dépend de leur compréhension et de leur acceptation par l’ensemble de la société. Cet article, issu des travaux du Conseil scientifique (CS) de l’ANSM, examine les conditions qui favorisent une meilleure appropriation de ces décisions par le public. Il met en lumière les tensions entre la production de connaissances, leur synthèse, les exigences politiques et les attentes sociales, notamment dans les contextes de crises sanitaires qui peuvent exacerber les incertitudes et leur perception. La transparence ne suffit pas par elle-même. Elle doit être accompagnée d’une communication claire sur l’incertitude inhérente aux données scientifiques. Deux axes de réflexion sont ainsi proposés: renforcer la visibilité et la crédibilité de la parole scientifique dans l’espace public, et mieux comprendre les perceptions citoyennes. L’article insiste également sur l’intérêt d’un dialogue plus précoce et étroit entre expertise scientifique et société, appuyé sur les sciences sociales et une éducation aux savoirs scientifiques.
Lire la suite >Publié le 14 janvier 2026
Communication scientifique
Hypothyroïdie congénitale et pollution : comment l’IA et le Big Data transforment la détection des signaux épidémiquesCongenital hypothyroidism and pollution: How AI and Big Data are transforming epidemic signal detection
Les auteurs déclarent ne pas avoir de liens d’intérêts.
Objectif
Étudier comment l’intégration des données massives (Big Data) de santé (Système National des Données de Santé [SNDS] et données des Centres Régionaux de Dépistage Néonatal [CRDN]) et environnementales (Système d’Information en Santé-Environnement sur les Eaux, SISE-Eaux et Cartothèque de la Qualité de l’Air) permet d’explorer les associations entre pollution environnementale et hypothyroïdie congénitale, et de détecter précocement des signaux épidémiques à grande échelle.
Méthodes
Ce travail de synthèse s’appuie sur trois études publiées par notre équipe. Le premier analyse les tendances spatiales et temporelles de l’incidence de l’hypothyroïdie congénitale et acquise en France entre 2014 et 2019 grâce au SNDS, base médico-administrative couvrant l’ensemble de la population française. Le second évalue, à l’échelle régionale (Picardie), l’association entre les concentrations de TSH néonatale et l’exposition prénatale à divers polluants de l’air et de l’eau, via un croisement entre données de dépistage néonatal et données environnementales locales. Le troisième examine, à l’échelle nationale, le lien entre exposition prénatale à certains polluants (perchlorate, nitrates, PM) et la survenue de l’hypothyroïdie congénitale à partir d’une cohorte issue du SNDS.
Résultats
Les analyses mettent en évidence une association entre plusieurs polluants environnementaux et des anomalies de la fonction thyroïdienne néonatale. L’exploitation conjointe du SNDS et de données environnementales massives permet une détection fine de signaux épidémiques émergents sur l’ensemble du territoire.
Conclusions
L’intégration des données massives de santé et d’environnement ouvre de nouvelles perspectives pour la surveillance épidémiologique automatisée et la compréhension des liens entre pollution et maladies thyroïdiennes.
Publié le 14 janvier 2026
Communication scientifique
Cannabis et mort inattendue du nourrisson : que révèlent les cheveux ?Cannabis and sudden infant death: What does a hair test indicate?
Les auteurs n’ont pas précisé leurs éventuels liens d’intérêts.
Objectif
Le syndrome de mort inattendue du nourrisson (MIN) demeure une cause majeure de mortalité infantile. Cette étude explore la présence de cannabinoïdes dans les cheveux de nourrissons décédés de manière soudaine et inexpliquée, afin d’évaluer une possible exposition au cannabis. L’analyse capillaire permet de détecter une exposition prolongée, fournissant des informations précieuses sur l’environnement toxique de l’enfant.
Méthodes
Une analyse toxicologique des cheveux a été menée chez 15 enfants (27 jours à 24 mois), décédés dans un contexte de MIN entre 2017 et 2025. Lorsque disponibles, les échantillons de sang, d’urine et de contenu gastrique ont également été analysés. Après décontamination, les marqueurs du cannabis (THC, CBN, CBD) ont été recherchés dans les cheveux.
Résultats
14 des 15 enfants présentaient des concentrations détectables de cannabinoïdes dans les cheveux : THC (< 5 à 9097 pg/mg), CBN (13 à 1348 pg/mg), CBD ( < 5 à 2800 pg/mg). Les autres matrices étaient négatives pour le cannabis. Ces résultats indiquent une forte prévalence d’exposition au cannabis. Cependant, la différenciation entre absorption systémique, contamination externe et exposition prénatale reste complexe, en raison de la porosité capillaire accrue chez les très jeunes enfants et des variations biologiques de cette population.
Conclusion
L’étude met en évidence une exposition au cannabis chez les nourrissons décédés dans un contexte de MIN, soulignant l’importance de l’environnement domestique comme facteur de risque. La complexité de l’interprétation toxicologique capillaire chez les très jeunes enfants nécessite prudence dans l’interprétation des résultats, en particulier pour les implications médico-légales.
Séance du 13 janvier 2026
Communication scientifique
Impact de l’évaluation gériatrique dans la décision thérapeutique du sujet âgé atteint de cancerImpact of geriatric assessment on therapeutic decision in elderly patients with cancer
Introduction
L’évaluation gériatrique étudie le sujet âgé dans sa globalité afin de déterminer son type de vieillissement et sa capacité à faire face ou pas à un traitement antinéoplasique.
Objectif
L’objectif était de rechercher l’influence de l’évaluation gériatrique sur la prise de décision thérapeutique.
Méthode
Deux cents patients âgés de 65 ans et plus atteints de néoplasies pulmonaires et digestives ont bénéficié d’une évaluation gériatrique globale (EGG). La stratégie thérapeutique a été décidée sans les résultats de l’évaluation gériatrique, nous avons comptabilisé les changements de décision thérapeutique suite à cette évaluation. Une analyse univariée et multivariée a identifié les facteurs associés aux modifications de décisions thérapeutiques.
Résultats
La moyenne d’âge était de 74,3±6,2. L’échantillon était composé dans 33,5 % de cancers colorectaux. Au total, 45,5 % des patients étaient en OMS1 ; 45,5 % des patients avaient un G8≤14. La moitié des patients avait 1 à 3 dépendances aux activités de la vie quotidienne et 34,5 % 1 à 2 dépendances aux activités instrumentales de la vie quotidienne. Un total de 28,5 % avait un déficit cognitif modéré ; 47,5 % étaient en dénutrition avérée ; 15,5 % des patients étaient fragiles ; 24,5 % des décisions ont été modifiées, en intensification thérapeutique dans 63,2 % et 36,8 % en réduction de l’intensité thérapeutique. Les changements de décisions thérapeutiques étaient corrélés en analyse univariée avec l’âge et les dépendances aux ADL.
Conclusions
L’EGG a un impact sur la décision thérapeutique des patients âgés atteints de cancer. Les changements de décisions thérapeutiques étaient corrélés avec l’âge, l’indice de performance et les dépendances aux ADL.
Séance du 13 janvier 2026
Communication scientifique
Lupus cutané, dépression et anxiétéL'auteur déclare n'avoir aucun lien d'intérêt.
Les troubles psychiatriques ou neuropsychiatriques sont fréquemment décrits chez les patients souffrant de lupus érythémateux systémique. La littérature concernant le lupus strictement cutané est plus limitée. Les rares articles sur le sujet sont récents et rapportent tous une prévalence accrue de la dépression et de l’anxiété, qu’il s’agisse de symptômes ou des troubles diagnostiqués. Plusieurs mécanismes peuvent favoriser le développement de troubles dépressifs et anxieux. Tout d’abord, le lupus cutané lui-même affecte la qualité de vie, le sommeil et l’estime de soi. De plus, comme dans d’autres maladies inflammatoires chroniques, l’inflammation pourrait jouer un rôle. L’association de troubles dépressifs et anxieux avec le lupus cutané, fréquente, nécessite d’être explorée systématiquement. En cas de symptômes dépressifs ou anxieux, un diagnostic précis des troubles psychiatriques doit être recherché et une prise en charge proposée si besoin. De plus, la présence de symptômes anxieux doit être considérée comme un signe d’alerte nécessitant d’être vigilant quant à la survenue de troubles psychiatriques ultérieurs chez ces patients.
Lire la suite >Séance du 13 janvier 2026
Communication scientifique
Obésité maternelle pendant la grossesse et devenir de l’enfant : un problème de santé publique sous-estiméMaternal obesity during pregnancy and child outcome: An underestimated public health issue
L'auteur déclare n'avoir aucun lien d'intérêt.
De plus en plus de femmes débutent leur grossesse en situation d’obésité. Le diabète et une prise de poids gestationnel excessive sont souvent associés. Ces perturbations métaboliques et nutritionnelles modifient la physiologie placentaire et l’environnement du fœtus avec des conséquences sur son développement. L’analyse de la littérature montre que nouveau-né de mère en situation d’obésité présente, entre autres, un risque augmenté de mortalité périnatale, de malformations et d’excès de croissance. Plus tard, l’enfant est lui-même exposé à un risque élevé d’obésité, de complications cardio-métaboliques et d’anomalies du neurodéveloppement. Des interventions pour l’amélioration de la nutrition et l’augmentation de l’activité physique pendant la grossesse n’ont pas fait la preuve de leur efficacité pour réduire les risques chez l’enfant, ni la chirurgie bariatrique avant la grossesse. Seul l’allaitement maternel a un effet bénéfique sur la santé de l’enfant à plus long terme. Cette situation représente un enjeu majeur de santé publique et doit être considérée comme une priorité dans les politiques de prévention.
Lire la suite >Séance du 2 décembre 2025
Communication scientifique
Formes juvéniles et pédiatriques de sclérose latérale amyotrophique : une urgence diagnostiqueJuvenile and pediatric forms of amyotrophic lateral sclerosis: A diagnostic emergency
L'auteur déclare n'avoir aucun lien d'intérêt.
Les maladies du motoneurone de l’enfant sont dominées par l’amyotrophie spinale infantile liée à une délétion homozygote du gène SMN1 alors que la sclérose latérale amyotrophique est la plus fréquente des maladies du motoneurone de l’adulte. La forme juvénile de SLA débute, par définition, avant l’âge de 25 ans, mais elle reste anecdotique comme en témoigne le faible nombre de publications qui y est consacré. Des formes pédiatriques, débutant avant 15 ans, sont également décrites, et font l’objet de plusieurs publications récentes de cas isolés ou de courtes séries. Ces cas sont très souvent diagnostiqués tardivement en raison du dogme selon lequel la SLA est une maladie de l’adulte, et parce que leur phénotype dépasse le système motoneuronal. Le diagnostic est porté le plus souvent grâce à l’analyse génétique qui révèle une mutation du gène FUS, un des principaux gènes liés à la SLA. Le principal objectif de cette revue est de faire une mise au point sur la SLA pédiatrique et notamment sur les formes avec mutation FUS car un traitement potentiellement efficace est actuellement en développement.
Lire la suite >Séance du 2 décembre 2025
Communication scientifique
L’« évaluation clinique commune » des produits de santé selon le nouveau droit européen : quelles perspectives ?Health technologies ‘Joint Clinical Assesment’ under the new European law: What prospects?
L'auteur déclare n'avoir aucun lien d'intérêt.
Le règlement européen sur l’évaluation des technologies de santé entre en vigueur à partir de 2025. Son but est de défragmenter l’évaluation clinique comparative de certains produits de santé commercialisés dans l’Union, pour fluidifier l’accès des patients, alléger la charge des autorités nationales, et favoriser l’innovation en facilitant la vie des développeurs. Pour cela, il enjoint notamment aux États membres de « tenir dûment compte » de l’évaluation clinique commune comparative qu’il organise. Notre article distingue le but des évaluations, réarticulées dans un cadre nouveau. Il analyse la nature et portée d’obligations inédites, puis esquisse, de façon prospective, considérant le cas français, la réception nationale de cette évaluation clinique commune et ses conséquences sur les décisions qui devront l’incorporer, quant à l’accès des patients aux nouvelles technologies de santé.
Lire la suite >Séance du 2 décembre 2025
Communication scientifique
Réflexions sur les demandes de restitution de pièces anatomiquesInsights into the requests for the return of anatomical specimens
L'auteur déclare n'avoir aucun lien d'intérêt.
Des demandes inédites sont apparues au cours des dernières années en milieu hospitalier et notamment au sein des hôpitaux de l’Assistance Publique–Hôpitaux de Paris : des patients sollicitent la restitution de pièces anatomiques détachées de leur corps à l’occasion d’actes de soins, à savoir notamment des membres, des organes et des tissus. Ces demandes, certes exceptionnelles en nombre, ne sont pas si extravagantes qu’il n’y paraît : elles résultent le plus souvent de pratiques culturelles et rituelles respectables. Les prescriptions du droit sanitaire relatif à l’élimination des déchets d’activités de soins, mais également celles du droit funéraire rendent aujourd’hui difficile d’y répondre favorablement. Certains établissements de santé procèdent cependant à cette restitution, dans un cadre réglementaire incertain, en prenant différentes précautions. Il importe en tout état de cause qu’elle ne s’inscrive pas dans des pratiques commerciales.
Lire la suite >Séance du 2 décembre 2025
Communication scientifique
Envenimation ophidienne : le retour des antidotes ?Are antidotes being used to treat snakebite again?
L'auteur déclare n'avoir aucun lien d'intérêt.
Chaque année dans le monde, 5 millions de morsures de serpent entraînent 3,5 millions d’envenimations (EMS), 150 000 décès et autant d’invalidités définitives. Les EMS se présentent selon 4 syndromes cliniques : inflammatoire, hémorragique, neurotoxique et nécrotique, ce dernier potentiellement responsable de lourdes séquelles. Le venin disparaît spontanément de l’organisme en 5 à 7 jours. Cependant, l’inflammation, la coagulopathie et la nécrose sont entretenues par la réponse immunitaire innée, même après l’élimination du venin. La prise en charge de l’EMS consiste à neutraliser le venin et soulager les symptômes. L’antivenin est actuellement le seul traitement étiologique. Il élimine le venin de l’organisme afin d’en stopper les effets délétères. Peu efficace sur l’œdème, il arrête les saignements et les effets neurotoxiques en 2 à 12 heures chez la plupart des patients. Les recherches s’orientent vers des antidotes accessibles et d’administration plus simple. Il s’agit, notamment, d’inhibiteurs d’enzymes présents dans les venins ou de chélateurs d’ions métalliques. Certains, déjà sur le marché (varespladib, marimastat), sont repositionnés pour le traitement de l’EMS. Le traitement symptomatique, second volet de la prise en charge, fait l’objet de trop peu d’études. La paralysie respiratoire est traitée par ventilation assistée. Il n’existe pas de protocole standardisé du traitement de l’inflammation et de la coagulopathie. Le bénéfice clinique des diurétiques sur l’œdème n’a pas été évalué. Les substituts sanguins (transfusion, plasma frais congelé) sont peu accessibles. Les antihémorragiques n’ont pas fait la preuve de leur utilité clinique.
Lire la suite >Publié le 1 décembre 2025
Autre
Un Académicien à l’honneur à la SorbonneL'auteur déclare n'avoir aucun lien d'intérêt.
Lire la suite >Séance du 4 novembre 2025
Communication scientifique
Histoire, actualités et perspectives du pancréas artificielArtificial pancreas: History, update and perspectives
L'aiteur a reçu des invitations et honoraires de Abbott, Dexcom, Medtronic, Insulet, Tandem, Eli Lilly, Novo-Nordisk, Sanofi, Isis, et a participé à des groupes d’experts pour Diabeloop, Medtronic, Insulet.
Le pancréas artificiel ou système de délivrance automatisé de l’insuline ou boucle fermée, conceptualisé depuis de nombreuses années, est devenu une réalité accessible pour les personnes vivant avec un diabète de type 1 depuis quelques années. Le niveau de preuve de l’efficacité et de la sécurité de l’utilisation de ce système est maintenant élevé pour le diabète de type 1, et s’enrichit de jour en jour dans des situations particulières telles que les différents âges de la vie, la grossesse, les autres types de diabète. Cette revue retrace les éléments qui ont conduit à la construction de cette prouesse technologique, les modalités du fonctionnement des systèmes de boucle fermée, et les données scientifiques des études contrôlées et en vie réelle. Elle aborde les pistes d’améliorations possibles des systèmes actuellement disponibles, dans l’objectif d’optimiser leur performance et d’améliorer la qualité de vie des patients en allégeant le fardeau liée au diabète. Elle aborde les aspects d’organisation nécessaire pour permettre un accès facilité des patients aux technologies du diabète et les perspectives d’élargissement des indications des boucles fermées.
Lire la suite >Séance du 7 octobre 2025
Rapport
Rapport 25-12. Intelligence artificielle et responsabilité médicale. Quels enjeux ?Artificial Intelligence and medical liability. What are the issues ?
Les auteurs du rapport déclarent n’avoir aucun lien d’intérêt.
L’intelligence artificielle (IA) révolutionne le domaine médical, offrant des avancées indéniables pour le diagnostic, le traitement et le suivi du patient. L’exercice professionnel est très encadré, pour garantir la qualité et la sécurité des soins. Ce rapport présente les conséquences de l’utilisation de l’IA par les médecins sur leur responsabilité. De nouvelles obligations naissent de la législation française : code de la santé publique, code de déontologie médicale, loi « informatique et libertés » (1978), loi relative à la bioéthique du 3 août 2021, auxquels s’ajoutent la transposition en droit français de la règlementation de l’Union européenne (UE), notamment, le « Règlement général de protection des données » (RGPD, 2018), le règlement européen sur l’IA (RIA) (« EU AI ACT ») adopté le 13/6/2024 par le parlement européen. Ce dernier texte met l’accent sur les obligations respectives et le partage éventuel de responsabilité entre le « fournisseur » du dispositif utilisant l’IA (développeur, concepteur, fabricant, …) et le « déployeur », qui est le professionnel de santé face à la « personne affectée » (le patient) mettant en cause les conséquences de l’utilisation de l’IA.
L’information délivrée par le médecin à son patient et la relation qui se noue entre eux dans le cadre de l’utilisation de ces nouvelles technologies est la pièce maitresse de la responsabilité médicale (article L-4001-3 du CSP).
Aucune décision de justice concernant l’utilisation de l’IA dans le domaine médical n’existe à ce jour (juridictions judiciaires, administratives, disciplinaires, ou commission de règlement amiable). Toutefois la mise en application, en cours, de la réglementation européenne comme française, conduira sans aucun doute à faire évoluer la législation. Le RIA entrera complétement en vigueur le 2 aout 2027.
Séance du 7 octobre 2025
Communication scientifique
Épidémies virales émergentes et persistance du virus dans le sperme : un risque latent de transmission sexuelle ?Emerging epidemics and persistence of the virus in semen: A latent risk of sexual transmission?
L'auteur déclare n'avoir aucun lien d'intérêt.
Alors que l’élimination virale après affection aiguë était la règle classique, il est désormais reconnu que le tractus génital mâle peut être un compartiment particulier comme en témoigne la persistance, à distance de l’épisode aigu, de plusieurs virus responsables d’épidémies émergentes dans le sperme humain. La présence de génome viral, de virus compétent, i.e., infectieux, dans le sperme expose à un risque de transmission sexuelle retardée parfois de plusieurs semaines ou mois après l’épisode infectieux chez les patients guéris. Ce risque est démontré pour certains virus comme par exemple les virus Zika ou Ebola et soupçonné pour d’autres. Au-delà des conséquences éventuelles de l’infection sur la spermatogenèse, la persistance du virus dans le sperme a des implications en procréation naturelle mais également pour l’assistance médicale à la procréation où la sécurité virologique doit être assurée. Ce manuscrit passe en revue l’état des connaissances sur ce sujet et souligne les lacunes existantes pour certains virus. La recherche dans ce domaine doit être développée notamment pour décrire les mécanismes impliqués dans cette persistance et mieux identifier les périodes d’excrétion prolongée. Les politiques de santé publique doivent intégrer le nouveau cadre conceptuel d’une possible transmission sexuelle différée de certains virus et donc prendre en compte la présence du virus dans le sperme en tant que facteur critique dans les algorithmes de décision ayant pour objectif le conseil et l’accompagnement des patients infectés, les mesures de prévention individuelle, les recommandations en assistance médicale à la procréation et les mesures à mettre en place au niveau collectif.
Lire la suite >Publié le 1 octobre 2025
Éditorial
De Platon à l’Académie nationale de médecine : la continuité d’un idéalFrom Plato to the National Academy of medicine: The continuity of an ideal
L'auteur déclare n'avoir aucun lien d'intérêt.
Lire la suite >Publié le 23 septembre 2025
Rapport
Rapport 25-11. La natalité en France : mythes et réalités de la crise démographique française. Les Français ont-ils le nombre d’enfants qu’ils désirent ?The birth rate in France : Myths and realities of the French demographic crisis Do the French have the number of children they want ?
Les auteurs déclarent n’avoir aucun lien ni conflit d’intérêt
La France, comme de nombreux pays développés, connaît un recul durable de la natalité. En 2024, malgré un solde naturel encore positif (+17 000), les naissances continuent de diminuer, atteignant un niveau historiquement bas, avec un indice conjoncturel de fécondité de 1,59 enfant par femme, le plus faible depuis un siècle. Cette tendance reflète un vieillissement généralisé de la population, couplé à un report important des maternités vers un âge plus avancé (31 ans en moyenne contre 26,5 ans dans les années 1970). La fécondité après 40 ans progresse, mais ne compense pas le recul global. Les raisons sont multiples. Médicalement, l’infertilité touche environ 15% des couples, souvent aggravée par l’âge croissant des projets parentaux. Si l’Assistance Médicale à la Procréation constitue une réponse, son efficacité diminue avec l’âge, son accès est inégal, et les délais sont souvent dissuasifs. La hausse de la mortalité néonatale et la saturation des services de néonatologie illustrent une crise des moyens hospitaliers. Sociologiquement, l’instabilité économique, le chômage, la crise du logement et les incertitudes géopolitiques ou environnementales freinent les intentions de parentalité. L’éco-anxiété, particulièrement marquée chez les jeunes femmes, alimente le doute sur la pertinence d’avoir des enfants. Dans ce contexte, le modèle familial évolue : recul du mariage, hausse de la monoparentalité, naissance hors union, recul du désir d’enfants nombreux, voire de tout enfant. Pourtant, le nombre d’enfants souhaités reste en moyenne de 2,27 : un écart significatif persiste donc entre désir et réalité. Politiquement, les dispositifs actuels sont jugés inadaptés. Les aides sont complexes, parfois conditionnées aux ressources, les modes de garde sont saturés, le congé parental peu attractif pour les pères. La baisse des investissements publics (de 3,6 % à 2,2 % du PIB entre 2017 et 2021) compromet l’efficacité d’une politique familiale historiquement ambitieuse. La génération née entre 2000 et 2012, issue d’un mini-rebond de natalité représente un espoir de redressement. À l’horizon 2030-2040, elle représentera une cohorte nombreuse d’individus en âge de procréer. Si les conditions sont réunies – emploi stable, logement accessible, égalité femmes-hommes réelle, soutien à la parentalité, prise en compte de l’éco-anxiété – cette génération pourrait inverser la tendance. Elle cristallise un espoir : celui d’un renouveau démographique possible, à condition de comprendre ses aspirations profondes et de répondre à ses doutes. Ce pari nécessite un projet politique cohérent, intergénérationnel et transversal. Le rapport insiste sur un nécessaire changement de paradigme : réformer en profondeur les politiques familiales, renforcer l’accès aux soins de reproduction, garantir une garde d’enfants universelle et stable, et intégrer les dimensions écologiques dans les choix de société. La baisse de la natalité n’est pas encore une fatalité, mais un signal d’alerte exigeant une réponse ambitieuse, adaptée aux réalités contemporaines et centrée sur la confiance à redonner à la jeunesse.
Lire la suite >Séance du 23 septembre 2025
Conférence invitée
La néphropathie diabétique : qu’est-elle devenue en 2025 ?Diabetic Nephropathy: Its transformation by 2025
L'auteur déclare n'avoir aucun lien d'intérêt.
Néphropathie diabétique est un terme générique qui désigne une atteinte rénale glomérulaire (marquée par une albuminurie) due au diabète, c’est-à-dire à une hyperglycémie chronique. Les techniques immunologiques ont permis d’améliorer la sensibilité de son diagnostic en quantifiant de faibles élévations de l’albumine dans les urines (communément nommée microalbuminurie), mais ont entraîné une perte de sa spécificité, puisque l’utilisation de cette technique a été étendue du diabète de type 1, insulinodépendant, au diabète de type 2 et à d’autres maladies générales en dehors du diabète. La nature du risque d’atteinte rénale est multifactorielle, et des variants innés y contribuent. La possibilité de quantifier ce biomarqueur (l’albumine urinaire) a permis d’éprouver l’utilité de médicaments ciblant les mécanismes de la maladie glomérulaire chez les personnes diabétiques. L’importance du risque prédit par l’albumine urinaire (l’insuffisance rénale, les événements cardiovasculaires et la mort prématurée) est proportionnelle au taux du marqueur, et sa réduction s’accompagne d’une réduction proportionnelle du risque d’événement clinique. Plusieurs stratégies thérapeutiques ont prouvé leur utilité pour réduire le taux d’albumine urinaire et les événements cliniques associés, dont l’utilisation des bloquants du système rénine-angiotensine-aldostérone et des inhibiteurs de la réabsorption tubulaire du glucose. Aujourd’hui, la détection simple d’une atteinte rénale et l’utilisation précoce des médicaments à l’utilité démontrée ont très largement amélioré le pronostic d’une atteinte rénale chez les personnes diabétiques.
Lire la suite >Séance du 23 septembre 2025
Communication scientifique
Enjeux de santé publique du vieillissement de la population : les nonagénairesNonagenarians: A challenge for the public health
L’auteur déclare ne pas avoir de liens d’intérêts.
Les nonagénaires vont voir un fort accroissement de leur nombre sans que notre société se soit préparée à cette progression. La littérature sur le sujet est éparse et les données souvent insuffisantes. Avec la compression de la morbidité aux âges les plus avancés de la vie nous allons être confrontés à de nombreux problèmes de prise en charge, à des problèmes socio-économiques et éthiques. Il est essentiel que la recherche se développe depuis la génétique jusqu’aux aux sciences humaines et sociales en passant par la clinique et l’épidémiologie. Cette population est laissée pour compte dans la recherche thérapeutique et l’évaluation des médicaments. Tous ces travaux sont nécessaires pour répondre le mieux possible à ces défis de santé publique que nous lancent les nonagénaires. Toutes nos actions ne peuvent pas s’exclure de la dimension environnementale (de l’habitat, de la cité mais aussi de la pollution et du climat) ni de la réflexion éthique d’autant que cette population aborde sa dernière décennie.
Lire la suite >Séance du 23 septembre 2025
Communication scientifique
Intérêt de la détection de l’ADN tumoral circulant dans les cancers colorectaux en 2025Interest in circulating tumor DNA detection in colorectal cancer in 2025
Pierre Laurent-Puig est un des fondateurs de MethysDx avec une participation au capital de l'entreprise. Il a reçu des honnaires à titre personnel pour des formations, des participations à des conseils auprès de Biocartis, BMS, Pierre Fabre, Merck, Servier.
Cette revue explore l’intérêt de l’ADN tumoral circulant (ADNtc) dans la prise en charge des cancers colorectaux. La biopsie liquide, méthode non invasive basée sur l’analyse de l’ADN libre dans le plasma, permet de détecter des altérations tumorales et d’adapter les stratégies thérapeutiques. L’ADNtc est utilisé pour le dépistage, l’évaluation de la maladie résiduelle post-opératoire et la prédiction de la réponse aux traitements dans les cancers métastatiques. Dans le dépistage, bien que les tests basés sur l’ADNtc affichent une meilleure sensibilité que les tests de recherche de sang dans les selles, leur coût reste élevé. De plus, la détection des adénomes avancés reste limitée. Après une intervention d’exérèse d’un cancer colique la détection de l’ADNtc permet d’identifier précocement une maladie résiduelle, avec une spécificité supérieure à 80 %. Cette approche pourrait guider la désescalade thérapeutique chez les patients sans trace résiduelle et intensifier le suivi pour ceux positifs. Dans les cancers métastatiques, l’ADNtc facilite le profilage moléculaire, la surveillance de la réponse thérapeutique et la détection des résistances. Contrairement aux biopsies tissulaires, l’ADNtc reflète l’hétérogénéité tumorale globale. Des études ont montré que la diminution précoce des taux d’ADNtc est un marqueur prédictif positif de réponse. En cas de rechute, l’ADNtc aide à ajuster les traitements, notamment les re-challenges anti-EGFR. Malgré ses avantages, des essais cliniques sont encore nécessaires pour valider l’intégration de l’ADNtc en pratique courante, notamment pour les stratégies d’escalade et de désescalade thérapeutiques.
Lire la suite >Séance du 23 septembre 2025
Communication scientifique
Géographie de la pénurie de médecins spécialistes en FranceGeography of the shortage of specialist doctors in France
L’auteur déclare ne pas avoir de liens d’intérêts.
Cet article est un travail original reposant sur l’analyse de données publiques disponibles. En lien avec les travaux en cours du groupe de travail sur la « Pénurie de médecins spécialistes » de l’Académie nationale de médecine, un tableau préalable de la situation contemporaine est ici présenté, envisagé sous un angle particulier, celui de la géographie médicale et mobilisant des statistiques descriptives univariées et multivariées. Sur cette base, sont décrites les principales caractéristiques géographiques de la médecine spécialisée : évolution dans le temps très liée à l’histoire de la médecine, inégalités qui se renforcent dans l’espace géographique, évolution vers de nouvelles formes d’exercice mixte au détriment du secteur libéral exclusif, spécialités différemment atteintes par la pénurie, rôle du service public hospitalier dans l’équilibrage de l’offre, boucle de rétroaction avec l’aménagement du territoire. Pour finir sont évoqués quelques principes d’aménagement du territoire, de financement, et d’estimation des besoins.
Lire la suite >Séance du 23 septembre 2025
Communication scientifique
Mémoire de l’immunité innée macrophagique. Application à la modulation des maladies inflammatoires et infectieusesMacrophage innate immune memory. Application to the modulation of inflammatory and infectious diseases
Les auteurs déclarent ne pas avoir de liens d’intérêts.
De plus en plus d’arguments expérimentaux suggèrent la présence d’une mémoire rudimentaire de l’immunité innée. Cette mémoire, induite après exposition à des composés principalement infectieux conduisent à des modifications métaboliques et épigénétiques qui vont rendre les cellules myéloïdes plus ou moins réactives lors d’une seconde stimulation, qu’elle soit ou non de même nature. La possibilité de manipuler cette mémoire de l’immunité innée, soit en la renforçant par le biais d’agent stimulant comme le BCG ou le β-Glucan soit, au contraire en l’inhibant comme en utilisant de faible dose de LPS, est donc en mesure d’immuno-moduler la réponse immunitaire innée et d’orienter la réponse adaptative, permettant ainsi de renforcer nos défenses contre les maladies infectieuses ou au contraire de diminuer les processus inflammatoires chroniques dans un contexte immuno-pathologique. Dans cet article, nous présentons les grands principes de l’immunité innée entraînée et de l’immunotolérance et donnons quelques exemples de sa manipulation dans le contrôle de maladies fibro-inflammatoires chroniques et dans l’immunité infectieuse anti-pneumococcique.
Lire la suite >Publié le 17 juillet 2025
Chronique historique
« La Leçon de Claude Bernard », une page d’histoire de la IIIe RépubliqueL’auteur déclare ne pas avoir de liens d’intérêts.
Lire la suite >Publié le 17 juillet 2025
Éditorial
La xénogreffe : un défi médical autant qu’un enjeu sociétalXenotransplantation: A medical challenge as well as a societal issue
Les auteurs déclarent ne pas avoir de liens d’intérêts.
Lire la suite >Publié le 30 juin 2025
Communiqué
Natalité : comprendre le déclin, lever les freins, redonner confiance aux jeunes générationsBirth rate: understanding the decline, removing the obstacles, restoring confidence among younger generations
Lire la suite >Séance du 24 juin 2025
Rapport
Rapport 25-10. Les pénuries en médecins spécialistes, hors médecine générale. Pour une territorialisation, de la formation initiale à l’organisation du système de santéShortages of specialist physicians, excluding general medicine Towards a territorial approach, from initial training to the organization of the health system
Les auteurs déclarent n’avoir aucun lien ni conflit d’intérêt.
La pénurie en médecins spécialistes est une réalité vécue au quotidien très négativement par les Français. Très inégalement répartie sur le territoire national, et fonction des spécialités, cette pénurie est en relation avec quatre phénomènes : un nombre encore insuffisant de spécialistes formés, eu égard aux besoins d’une population vieillissante et à la démographie médicale, une organisation des soins largement fondée sur l’offre et non sur une approche populationnelle, une répartition dans les territoires très déséquilibrée et insuffisamment adaptée aux réalités sanitaires locales, une prise en compte insuffisante des facteurs d’attractivité avec un impact particulièrement préoccupant pour l’exercice libéral.
Le groupe de travail a auditionné un nombre important de parties prenantes en les réunissant sous forme d’ateliers de travail consacrés aux principales difficultés rencontrées. Il a concentré ses interrogations sur les mesures pratiques qui pourraient améliorer la situation actuelle. Ainsi des recommandations ont-elles été élaborées sur :
– la planification des besoins en formation et son organisation en développant une universitarisation territoriale pour l’enseignement théorique et les stages,
– l’organisation des soins et les évolutions à apporter en facilitant le décloisonnement du système de santé et en assouplissant les conditions d’exercice tout en prenant en compte les nouvelles technologies, en particulier l’intelligence artificielle (IA),
– la prise en compte des enjeux de l’aménagement du territoire en intégrant le rôle des collectivités locales et du territoire à l’échelon local et régional, en coordination avec les services de l’état (Agences Régionales de Santé),
– le développement des facteurs d’attractivité territoriale incitant les jeunes spécialistes à faire le choix d’une installation locale.
Compte tenu de la complexité et de la diversité des situations locales, une amélioration pratique des pénuries constatées ne pourra être obtenue que grâce à une gestion régionale intégrée adaptée à la situation constatée.
Lire la suite >Séance du 17 juin 2025
Conférence invitée
Les médias face au CovidL'auteur déclare n'avoir aucun lien d'intérêt.
Lire la suite >Publié le 13 juin 2025
Communication scientifique
Réémergence en Amérique du Sud du virus Oropouche dont le principal vecteur est un culicoïde : faut-il s’inquiéter ?Re-emergence in South America of the Oropouche virus, whose main vector is a Culicoid: Is there cause for concern?
Les auteurs déclarent ne pas avoir de liens d’intérêts.
Texte accepté en Conseil d’administration de l’ANM le 28 avril 2024. Non présenté en séance.
L’expansion récente du virus Oropouche (OROV) responsable d’une maladie fébrile ressemblant à la dengue chez l’Homme en Amérique Centrale, en Amérique du Sud et dans les Caraïbes dans des zones auparavant non endémiques, l’identification d’une transmission materno-fœtale et les premiers signalements de décès dus à la maladie causée par cet arbovirus ont suscité des inquiétudes quant à la menace plus forte que cet agent représente pour les pays voisins (territoires français des Caraïbes), les Amériques, y compris les États-Unis. Le risque d’expansion concerne également l’espace européen dans la mesure où le portage du virus a été documenté en 2024 chez des cas humains importés au retour de séjour au Brésil ou à Cuba. Le virus OROV présente par ailleurs la particularité d’être transmis par différents vecteurs, principalement par des culoicoïdes ou moucherons piqueurs. Par analogie et au cours des deux dernières décennies, trois arbovirus exotiques (dont un Orthobunyavirus, de la même famille que l’OROV) transmis par des culicoïdes, introduits puis implantés en Europe ont été responsables d’émergences épizootiques chez des animaux de rente. Il s’agit des agents responsables de la fièvre catarrhale ovine, de la maladie de Schmallenberg et de la maladie hémorragique épizootique des bovins. Ces évènements ont démontré la possibilité d’un relais vectoriel autochtone chez des ruminants. En termes d’anticipation, le risque d’installation du virus OROV en Europe ne peut être formellement exclu à la faveur de la prochaine période saisonnière d’activité des moucherons piqueurs. Il importe aussi de mieux connaître les possibilités d’introduction ou d’extension dans un pays de ces virus émergents transmis par des culicoïdes tant en médecine vétérinaire qu’en médecine humaine.
Lire la suite >Séance du 3 juin 2025
Communication scientifique
Maternité et sclérose en plaques. Évolution des concepts et des prises en chargeMaternity and multiple sclerosis. Evolution of concepts and care
Sandra Vukusic déclare avoir reçu des honoraires et un soutien à son activité de recherche des laboratoires Biogen, Janssen, Merck, Novartis, Roche, Sandoz, Sanofi Genzyme et Teva Pharma.
La sclérose en plaques (SEP) est une maladie inflammatoire, démyélinisante et neuro-dégénérative du système nerveux central, touchant préférentiellement les femmes. Elle est le plus souvent diagnostiquée à un âge où beaucoup ont des projets de maternité. Jusqu’au début des années 2000, la grossesse était déconseillée, car suspectée d’aggraver la maladie ; elle était considérée comme une « grossesse à risque » ; la péridurale était fréquemment refusée, par crainte de déclencher des poussées. L’arrivée des traitements immuno-actifs, modifiant le cours de la maladie, à partir de 1996, a totalement changé le pronostic de la maladie, laissant espérer, quand un traitement efficace est mis en place précocement, une vie sans handicap. Las, le manque d’information au moment de la commercialisation des nouveaux traitements incite, par précaution, à les arrêter avant la conception, ce qui conduit à de longues périodes sans traitement. Il en va de même pour l’allaitement, qui souvent est mis en compétition avec la reprise du traitement de fond. Pourtant, nous avons accumulé de nombreuses données scientifiques qui devraient permettre aujourd’hui de concilier le projet de maternité avec un bon contrôle évolutif de la maladie, et de vivre une grossesse « normale ». De nouveaux parcours de soins sont proposés, qui permettent aux femmes vivant avec une SEP de mieux anticiper leur projet de maternité, en ayant les informations nécessaires, avec une meilleure communication entre les professionnels de santé, et la possibilité d’avoir un accompagnement personnalisé dans cette période et dans les premières années de l’enfant.
Lire la suite >Séance du 27 mai 2025
Rapport
Rapport 25-09. Handicaps moteurs, sensoriels, et parentalitéMotor, sensory disabilities and parenthood
Les auteurs déclarent n’avoir aucun lien ni conflit d’intérêt.
Si la prise en charge médicale des personnes handicapées a connu des progrès considérables depuis la loi « handicap » de 2005, des difficultés certaines persistent en ce qui concerne les soins gynécologiques et andrologiques, la vie affective, la sexualité et la parentalité. Ce travail, limité aux handicaps moteurs et sensoriels, permet de faire le point de la situation en France et de formuler des propositions d’amélioration.
Les dispositifs existants permettant le suivi et le dépistage gynécologique doivent être maintenus et soutenus. Une coordination plus étroite entre les dispositifs et acteurs existants est souhaitable, afin d’en améliorer la lisibilité, l’efficacité et de réduire les inégalités territoriales. Ce rôle de coordination pourrait être assuré par les Dispositifs Spécifiques Régionaux en Périnatalité.
Concernant la parentalité, il est fondamental d’anticiper les projets de grossesse, de repérer les difficultés médicales, matérielles et sociales prévisibles, au cours d’une consultation multidisciplinaire préconceptionnelle. Celle-ci devra envisager toutes les étapes de la prise en soins (y compris, si nécessaire, assistance médicale à la procréation (AMP) et diagnostic prénatal). Les conséquences du handicap sur la fertilité masculine doivent être évoquées très tôt, même en l’absence de projet de paternité.
Le suivi de la grossesse et l’accouchement doivent être effectués par une équipe multidisciplinaire expérimentée, dans un établissement organisé pour l’accueil des personnes en situation de handicap. Des consultations médico-psycho-sociales permettront d’optimiser l’accompagnement et de préparer le retour à domicile. La désignation d’un référent « handicap » dans chaque établissement permettra de jouer un rôle facilitant.
L’Académie Nationale de Médecine formule des recommandations concernant non seulement l’organisation des soins mais aussi la formation des personnels soignants.
Lire la suite >Séance du 27 mai 2025
Communication scientifique
Endométriose : un nouveau paradigme pour le diagnostic et le traitementEndometriosis: A new paradigm for diagnosis and treatment
L’endométriose, maladie inflammatoire chronique définie par la présence de tissu endométrial en dehors de l’utérus, est responsable de douleurs pelviennes et d’infertilité. Observée chez 10 à 15 % des femmes, cette maladie ayant un impact majeur sur la qualité de vie des patientes avec un coût socio-économique important doit être considérée comme un véritable problème de santé publique. Les progrès considérables de l’imagerie (échographie pelvienne par voie vaginale et imagerie par résonance magnétique) ont révolutionné les modalités diagnostiques de l’endométriose. La cœlioscopie à simple visée diagnostique n’a aujourd’hui plus d’indications. Ce changement de paradigme sur le plan du diagnostic impacte la prise en charge thérapeutique. Trois options peuvent être proposées : les traitements hormonaux, la chirurgie et l’assistance médicale à la procréation (AMP). Dans la mesure où le diagnostic est aujourd’hui non chirurgical et qu’il est possible de débuter un traitement sans preuve histologique, le traitement médical est l’option thérapeutique de première intention pour les patientes souffrant de douleurs pelviennes et n’ayant pas de désir de grossesse immédiat. En cas de désir de grossesse, le choix se pose entre la chirurgie et l’AMP. Il est possible d’effectuer une AMP sans exérèse préalable des lésions endométriosiques. La chirurgie ne doit plus être considérée comme le traitement systématique de première intention des patientes infertiles. La prise en charge moderne de l’endométriose doit être individualisée grâce à une approche intégrée, multimodale et multidisciplinaire centrée sur la patiente.
Lire la suite >Séance du 27 mai 2025
Communication scientifique
Développer la culture de prévention : solution face à une crise systémique ?Developing a culture of prevention: A solution to a systemic crisis?
La prévention est apparue récemment dans les politiques publiques de santé au point d’être introduite dans l’intitulé du ministère en 2022. Cette appellation, qui disparaîtra en 2024, traduisait la volonté de la France à engager une évolution de son système de santé. Les différents ministres de la santé ont fait le diagnostic d’une crise qui s’aggrave progressivement au point de devenir systémique. La population française vieillit et le taux de dépendance démographique augmente progressivement interrogeant la soutenabilité du système. Malgré des dépenses atteignant 12 % du PIB, l’espérance de vie en bonne santé n’a que très peu augmenté en 20 ans, le nombre de patients porteurs de maladies chroniques est supérieur à 24 millions soit 35 % de la population française et les inégalités en santé progressent avec un gradient social très marqué. Une part importante de ces maladies chroniques est accessible à des actions de prévention permettant de diminuer l’incidence ou de retarder leur apparition. Pour être efficaces, ces interventions doivent respecter un certain nombre de conditions : reposer sur un cadre théorique, mobiliser des modèles de changement, agir simultanément sur les individus et les environnements, être évaluées. Ce sont les conditions pour mettre en œuvre une réelle politique de prévention cohérente susceptible d’augmenter l’espérance de vie en bonne santé, soulager le système de soins et assurer la soutenabilité du système de santé français.
Lire la suite >Séance du 27 mai 2025
Communication scientifique
Physiologie et physiopathologie moléculaire de la rigidité artérielleMolecular physiology and physiopathology of arterial stiffness
Les auteurs déclarent ne pas avoir de liens d’intérêts.
Les propriétés élastiques des artères de conductance constituent l’une des fonctions hémodynamiques les plus importantes de l’organisme. Des données nouvelles continuent d’émerger sur l’importance de leurs dysfonctionnements dans le vieillissement vasculaire et la plupart des maladies cardiovasculaires communes. Nous examinerons les progrès réalisés sur les mécanismes biologiques qui apparaissent aujourd’hui comme d’importants déterminants fondamentaux de la rigidité artérielle, en particulier ceux qui interviennent dans la contractilité, la plasticité et la rigidité des cellules musculaires lisses vasculaires (CMLVs). Nous nous concentrerons sur la mécanotransduction membranaire et nucléaire, la fonction de phagocytose et les stimuli immuno-inflammatoires. Enfin, nous discuterons des avancées au plan méthodologique, diagnostique et thérapeutique en insistant sur les questions de co-morbidité et la prise en charge individuelle des sujets.
Lire la suite >Séance du 27 mai 2025
Communication scientifique
Les nombreuses pistes thérapeutiques de la maladie de Charcot-Marie-ToothThe therapeutic strategies for Charcot-Marie-Tooth disease
L’auteur déclare ne pas avoir de liens d’intérêts.
La maladie de Charcot-Marie-Tooth (CMT) est la plus fréquente des maladies neuromusculaires héréditaires. Elle présente un large éventail phénotypique, une hétérogénéité génétique et une évolution variable de la maladie. Les divers mécanismes génétiques et moléculaires de la CMT ont été découverts au cours des trois dernières décennies. Ceci a permis la classification des différents types de CMT selon les gènes mutés ou la vitesse de conduction nerveuse. Nous nous concentrerons dans cette revue sur la forme majeure de la CMT, la CMT1A, due à la duplication du gène de la myéline PMP22. Malgré l’identification de cibles thérapeutiques intéressantes, il n’existe, à l’heure actuelle, aucune thérapie efficace de la maladie. La rééducation, les orthèses et la chirurgie sont les seuls traitements disponibles pour atténuer les symptômes. La plupart des traitements qui atteignent les essais cliniques sont des traitements pharmacologiques. Malheureusement, aucun n’a prouvé son efficacité. Une nouvelle ère thérapeutique s’ouvre avec l’avènement des thérapies ciblées par silençage des gènes. Dans cette revue, nous discuterons des approches thérapeutiques prometteuses de la CMT1A.
Lire la suite >Séance du 20 mai 2025
Éloge
Éloge du professeur Marie-Odile Rethoré (1929–2023)L'auteur déclare n'avoir aucun lien d'intérêt.
Lire la suite >Publié le 15 mai 2025
Éditorial
Le chirurgien du XXIe siècle entre tradition et modernitéThe surgeon of the XXIth century between tradition and modernity
Lire la suite >Séance du 13 mai 2025
Rapport
Rapport 25-08. Handicaps sévères de l’enfant, passage à l’âge adulte. Améliorer le parcours de santé afin d’accomplir ses projets de vie.Transition to adulthood for children with severe disabilities : Improving their health care pathway to accomplish their life projects
L’adolescent, puis le jeune adulte en situation de handicaps sévères, présente une double vulnérabilité, celle de ses handicaps et celle de l’adolescence, période à risques dont ceux de comorbidités psychiques. Or, il est confronté au changement complet des équipes médicales, avec une spécialisation accrue et un changement de la relation médecin – patient ainsi que d’établissement médicosocial de vie qui lui sont imposés.
Il y a ainsi, pour cet adulte en construction et pour ses parents, des risques graves de rupture de soins, de détresse psychologique et de rupture du parcours éducatif.
Les questions traitées par ce rapport sont celles des enfants en situation de handicaps sévères, définis par le recours indispensable à une aide humaine pour leur autonomie au moins une partie du temps : paralysies cérébrales, troubles du spectre de l’autisme, maladies neuro-musculaires, troubles du développement intellectuel et polyhandicaps.
Les points communs entre toutes ces situations, apparemment si différentes, sont nombreux et permettent de proposer des recommandations : considérer que l’âge n’est pas le seul facteur déterminant de la transition ; faciliter l’accès aux établissements médicaux sociaux pour adultes par une simplification de leur financement, anticiper et coordonner le processus ; fonder le projet sur les compétences et les potentialités de la personne en s’appuyant sur des évaluations précoces, tracées, actualisées, détaillées et renouvelées ; prendre en compte la double vulnérabilité de la personne ; promouvoir la communication entre tous les acteurs.
Lire la suite >Séance du 13 mai 2025
Communication scientifique
L’espace au service de la santéSpace for health
Les auteurs déclarent ne pas avoir de liens d’intérêts.
L’exploration spatiale dépasse la simple conquête de nouveaux territoires, elle représente aussi un levier majeur d’innovation dans le domaine médical. L’environnement spatial, caractérisé par la microgravité, les radiations et l’isolement, impose des défis physiologiques, psychologiques et biologiques aux astronautes. Pour préserver leur santé, des solutions technologiques avancées sont développées, allant de la télémédecine aux systèmes de surveillance physiologique ou plus généralement à des systèmes d’assistance pour l’aide au diagnostic et aux soins. Les défis que posent les missions spatiales permettent ainsi d’accélérer des innovations pour répondre à la fois aux besoins spatiaux et à des applications sur Terre, notamment pour le suivi médical en environnements isolés ou extrêmes où l’accès aux soins est limité. Par ailleurs, les technologies ou données issues du spatial, notamment grâce aux satellites d’observation, de communication ou aux services de géolocalisation, peuvent jouer un rôle crucial en santé publique. Elles permettent de contribuer à la surveillance sanitaire, de détecter des risques environnementaux affectant la santé humaine et d’améliorer l’accès aux soins à distance, notamment dans les zones reculées. En France, le Centre national d’études spatiales (CNES) et l’Institut de médecine et de physiologie spatiales (MEDES) sont des acteurs clés dans ces avancées. En collaboration avec les communautés scientifiques et industrielles, ils participent activement à la recherche et au développement de nouvelles technologies médicales adaptées aux défis de l’exploration spatiale et transposables aux besoins terrestres. Grâce à ces efforts, l’espace devient un laboratoire d’innovation médicale, dont les retombées bénéficient aussi bien aux astronautes qu’aux populations terrestres confrontées à des défis similaires en matière de santé.
Lire la suite >Publié le 6 mai 2025
Communiqué
Communiqué. Débat sur l’aide à mourir : distinguer euthanasie et suicide assistéDebate on assisted dying: distinguishing between euthanasia and assisted suicide
Lire la suite >Séance du 6 mai 2025
Rapport
Rapport 25-07. Les xénogreffes d’organes, de tissus et de cellules : un plan xénogreffe est nécessaire en FranceOrgan, tissue and cell xenografts: France needs a xenograftplan
Les auteurs déclarent n’avoir aucun conflit d’intérêt.
La pénurie croissante de greffons et les progrès de la biologie moléculaire ont remis en lumière l’intérêt des xénogreffes de porcs génétiquement modifiés. Les résultats encourageants des premières xénogreffes réalisées chez l’Homme depuis 2021 aux Etats Unis et en Chine ont incité le groupe de travail à identifier les étapes à franchir pour faire bénéficier les patients français de cette innovation de rupture. Si les obstacles immunologiques, infectieux, physiologiques, réglementaires, éthiques et sociétaux sont nombreux, ils sont tous surmontables. Aussi, pour éviter un décrochage de la France en Transplantation et, plus globalement, en sciences biomédicales, l’Académie nationale de Médecine appelle à la mise en place d’urgence d’un plan Xénogreffes et recommande : 1- d’investir massivement dans la recherche fondamentale, en particulier dans l’identification des mécanismes des rejets dans lesquels la France dispose d’une expertise internationalement reconnue.2- de créer en France ou en Europe des porcs transgéniques basés sur l’analyse de ces mécanismes.3- de créer une ferme « pharmaceutique » capable d’élever ces porcs transgéniques.4- d’élaborer les règles de bonne pratique complétant la loi de 1998 permettant la production et de distribution de ces organes.5- de définir un cadre éthique et sociétal pour utiliser ces organes pour que leur utilisation soit une chance nouvelle pour les patients.
Lire la suite >Séance du 29 avril 2025
Éloge
Éloge du Professeur Jacques Barbier (1933–2023)L'auteur déclare n'avoir aucun lien d'intérêt.
Lire la suite >
