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3885 résultats

  • Rapport

    Intelligence artificielle et responsabilité médicale. Quels enjeux ?

    Artificial Intelligence and medical liability. What are the issues ?

    Les auteurs du rapport déclarent n’avoir aucun lien d’intérêt.

    L’intelligence artificielle (IA) révolutionne le domaine médical, offrant des avancées indéniables pour le diagnostic, le traitement et le suivi du patient. L’exercice professionnel est très encadré, pour garantir la qualité et la sécurité des soins. Ce rapport présente les conséquences de l’utilisation de l’IA par les médecins sur leur responsabilité. De nouvelles obligations naissent de la législation française : code de la santé publique, code de déontologie médicale, loi « informatique et libertés » (1978), loi relative à la bioéthique du 3 août 2021, auxquels s’ajoutent la transposition en droit français de la règlementation de l’Union européenne (UE), notamment, le « Règlement général de protection des données » (RGPD, 2018), le règlement européen sur l’IA (RIA) (« EU AI ACT ») adopté le 13/6/2024 par le parlement européen. Ce dernier texte met l’accent sur les obligations respectives et le partage éventuel de responsabilité entre le « fournisseur » du dispositif utilisant l’IA (développeur, concepteur, fabricant, …) et le « déployeur », qui est le professionnel de santé face à la « personne affectée » (le patient) mettant en cause les conséquences de l’utilisation de l’IA.
    L’information délivrée par le médecin à son patient et la relation qui se noue entre eux dans le cadre de l’utilisation de ces nouvelles technologies est la pièce maitresse de la responsabilité médicale (article L-4001-3 du CSP).
    Aucune décision de justice concernant l’utilisation de l’IA dans le domaine médical n’existe à ce jour (juridictions judiciaires, administratives, disciplinaires, ou commission de règlement amiable). Toutefois la mise en application, en cours, de la réglementation européenne comme française, conduira sans aucun doute à faire évoluer la législation. Le RIA entrera complétement en vigueur le 2 aout 2027.

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  • Rapport

    Rapport 25-11. La natalité en France : mythes et réalités de la crise démographique française. Les Français ont-ils le nombre d’enfants qu’ils désirent ?

    The birth rate in France : Myths and realities of the French demographic crisis Do the French have the number of children they want ?

    Les auteurs déclarent n’avoir aucun lien ni conflit d’intérêt

    La France, comme de nombreux pays développés, connaît un recul durable de la natalité. En 2024, malgré un solde naturel encore positif (+17 000), les naissances continuent de diminuer, atteignant un niveau historiquement bas, avec un indice conjoncturel de fécondité de 1,59 enfant par femme, le plus faible depuis un siècle. Cette tendance reflète un vieillissement généralisé de la population, couplé à un report important des maternités vers un âge plus avancé (31 ans en moyenne contre 26,5 ans dans les années 1970). La fécondité après 40 ans progresse, mais ne compense pas le recul global. Les raisons sont multiples. Médicalement, l’infertilité touche environ 15% des couples, souvent aggravée par l’âge croissant des projets parentaux. Si l’Assistance Médicale à la Procréation constitue une réponse, son efficacité diminue avec l’âge, son accès est inégal, et les délais sont souvent dissuasifs. La hausse de la mortalité néonatale et la saturation des services de néonatologie illustrent une crise des moyens hospitaliers. Sociologiquement, l’instabilité économique, le chômage, la crise du logement et les incertitudes géopolitiques ou environnementales freinent les intentions de parentalité. L’éco-anxiété, particulièrement marquée chez les jeunes femmes, alimente le doute sur la pertinence d’avoir des enfants. Dans ce contexte, le modèle familial évolue : recul du mariage, hausse de la monoparentalité, naissance hors union, recul du désir d’enfants nombreux, voire de tout enfant. Pourtant, le nombre d’enfants souhaités reste en moyenne de 2,27 : un écart significatif persiste donc entre désir et réalité. Politiquement, les dispositifs actuels sont jugés inadaptés. Les aides sont complexes, parfois conditionnées aux ressources, les modes de garde sont saturés, le congé parental peu attractif pour les pères. La baisse des investissements publics (de 3,6 % à 2,2 % du PIB entre 2017 et 2021) compromet l’efficacité d’une politique familiale historiquement ambitieuse. La génération née entre 2000 et 2012, issue d’un mini-rebond de natalité représente un espoir de redressement. À l’horizon 2030-2040, elle représentera une cohorte nombreuse d’individus en âge de procréer. Si les conditions sont réunies – emploi stable, logement accessible, égalité femmes-hommes réelle, soutien à la parentalité, prise en compte de l’éco-anxiété – cette génération pourrait inverser la tendance. Elle cristallise un espoir : celui d’un renouveau démographique possible, à condition de comprendre ses aspirations profondes et de répondre à ses doutes. Ce pari nécessite un projet politique cohérent, intergénérationnel et transversal. Le rapport insiste sur un nécessaire changement de paradigme : réformer en profondeur les politiques familiales, renforcer l’accès aux soins de reproduction, garantir une garde d’enfants universelle et stable, et intégrer les dimensions écologiques dans les choix de société. La baisse de la natalité n’est pas encore une fatalité, mais un signal d’alerte exigeant une réponse ambitieuse, adaptée aux réalités contemporaines et centrée sur la confiance à redonner à la jeunesse.

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  • Communication scientifique

    Enjeux de santé publique du vieillissement de la population : les nonagénaires

    Nonagenarians: A challenge for the public health

    L’auteur déclare ne pas avoir de liens d’intérêts.

    Les nonagénaires vont voir un fort accroissement de leur nombre sans que notre société se soit préparée à cette progression. La littérature sur le sujet est éparse et les données souvent insuffisantes. Avec la compression de la morbidité aux âges les plus avancés de la vie nous allons être confrontés à de nombreux problèmes de prise en charge, à des problèmes socio-économiques et éthiques. Il est essentiel que la recherche se développe depuis la génétique jusqu’aux aux sciences humaines et sociales en passant par la clinique et l’épidémiologie. Cette population est laissée pour compte dans la recherche thérapeutique et l’évaluation des médicaments. Tous ces travaux sont nécessaires pour répondre le mieux possible à ces défis de santé publique que nous lancent les nonagénaires. Toutes nos actions ne peuvent pas s’exclure de la dimension environnementale (de l’habitat, de la cité mais aussi de la pollution et du climat) ni de la réflexion éthique d’autant que cette population aborde sa dernière décennie.

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  • Communication scientifique

    Intérêt de la détection de l’ADN tumoral circulant dans les cancers colorectaux en 2025

    Interest in circulating tumor DNA detection in colorectal cancer in 2025

    Pierre Laurent-Puig est un des fondateurs de MethysDx avec une participation au capital de l'entreprise. Il a reçu des honnaires à titre personnel pour des formations, des participations à des conseils auprès de Biocartis, BMS, Pierre Fabre, Merck, Servier.

    Cette revue explore l’intérêt de l’ADN tumoral circulant (ADNtc) dans la prise en charge des cancers colorectaux. La biopsie liquide, méthode non invasive basée sur l’analyse de l’ADN libre dans le plasma, permet de détecter des altérations tumorales et d’adapter les stratégies thérapeutiques. L’ADNtc est utilisé pour le dépistage, l’évaluation de la maladie résiduelle post-opératoire et la prédiction de la réponse aux traitements dans les cancers métastatiques. Dans le dépistage, bien que les tests basés sur l’ADNtc affichent une meilleure sensibilité que les tests de recherche de sang dans les selles, leur coût reste élevé. De plus, la détection des adénomes avancés reste limitée. Après une intervention d’exérèse d’un cancer colique la détection de l’ADNtc permet d’identifier précocement une maladie résiduelle, avec une spécificité supérieure à 80 %. Cette approche pourrait guider la désescalade thérapeutique chez les patients sans trace résiduelle et intensifier le suivi pour ceux positifs. Dans les cancers métastatiques, l’ADNtc facilite le profilage moléculaire, la surveillance de la réponse thérapeutique et la détection des résistances. Contrairement aux biopsies tissulaires, l’ADNtc reflète l’hétérogénéité tumorale globale. Des études ont montré que la diminution précoce des taux d’ADNtc est un marqueur prédictif positif de réponse. En cas de rechute, l’ADNtc aide à ajuster les traitements, notamment les re-challenges anti-EGFR. Malgré ses avantages, des essais cliniques sont encore nécessaires pour valider l’intégration de l’ADNtc en pratique courante, notamment pour les stratégies d’escalade et de désescalade thérapeutiques.

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  • Communication scientifique

    Géographie de la pénurie de médecins spécialistes en France

    Geography of the shortage of specialist doctors in France

    L’auteur déclare ne pas avoir de liens d’intérêts.

    Cet article est un travail original reposant sur l’analyse de données publiques disponibles. En lien avec les travaux en cours du groupe de travail sur la « Pénurie de médecins spécialistes » de l’Académie nationale de médecine, un tableau préalable de la situation contemporaine est ici présenté, envisagé sous un angle particulier, celui de la géographie médicale et mobilisant des statistiques descriptives univariées et multivariées. Sur cette base, sont décrites les principales caractéristiques géographiques de la médecine spécialisée : évolution dans le temps très liée à l’histoire de la médecine, inégalités qui se renforcent dans l’espace géographique, évolution vers de nouvelles formes d’exercice mixte au détriment du secteur libéral exclusif, spécialités différemment atteintes par la pénurie, rôle du service public hospitalier dans l’équilibrage de l’offre, boucle de rétroaction avec l’aménagement du territoire. Pour finir sont évoqués quelques principes d’aménagement du territoire, de financement, et d’estimation des besoins.

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  • Éditorial

    La xénogreffe : un défi médical autant qu’un enjeu sociétal

    Xenotransplantation: A medical challenge as well as a societal issue

    Les auteurs déclarent ne pas avoir de liens d’intérêts.

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  • Chronique historique

    « La Leçon de Claude Bernard », une page d’histoire de la IIIe République

    L’auteur déclare ne pas avoir de liens d’intérêts.

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  • Communiqué

    Natalité : comprendre le déclin, lever les freins, redonner confiance aux jeunes générations

    Birth rate: understanding the decline, removing the obstacles, restoring confidence among younger generations

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  • Rapport

    Rapport 25-10. Les pénuries en médecins spécialistes, hors médecine générale. Pour une territorialisation, de la formation initiale à l’organisation du système de santé

    Shortages of specialist physicians, excluding general medicine Towards a territorial approach, from initial training to the organization of the health system

    Les auteurs déclarent n’avoir aucun lien ni conflit d’intérêt.

    La pénurie en médecins spécialistes est une réalité vécue au quotidien très négativement par les Français. Très inégalement répartie sur le territoire national, et fonction des spécialités, cette pénurie est en relation avec quatre phénomènes : un nombre encore insuffisant de spécialistes formés, eu égard aux besoins d’une population vieillissante et à la démographie médicale, une organisation des soins largement fondée sur l’offre et non sur une approche populationnelle, une répartition dans les territoires très déséquilibrée et insuffisamment adaptée aux réalités sanitaires locales, une prise en compte insuffisante des facteurs d’attractivité avec un impact particulièrement préoccupant pour l’exercice libéral.

    Le groupe de travail a auditionné un nombre important de parties prenantes en les réunissant sous forme d’ateliers de travail consacrés aux principales difficultés rencontrées. Il a concentré ses interrogations sur les mesures pratiques qui pourraient améliorer la situation actuelle. Ainsi des recommandations ont-elles été élaborées sur :

    –      la planification des besoins en formation et son organisation en développant une universitarisation territoriale pour l’enseignement théorique et les stages,

    –      l’organisation des soins et les évolutions à apporter en facilitant le décloisonnement du système de santé et en assouplissant les conditions d’exercice tout en prenant en compte les nouvelles technologies, en particulier l’intelligence artificielle (IA),

    –      la prise en compte des enjeux de l’aménagement du territoire en intégrant le rôle des collectivités locales et du territoire à l’échelon local et régional, en coordination avec les services de l’état (Agences Régionales de Santé),

    –      le développement des facteurs d’attractivité territoriale incitant les jeunes spécialistes à faire le choix d’une installation locale.

    Compte tenu de la complexité et de la diversité des situations locales, une amélioration pratique des pénuries constatées ne pourra être obtenue que grâce à une gestion régionale intégrée adaptée à la situation constatée.

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  • Communication scientifique

    Réémergence en Amérique du Sud du virus Oropouche dont le principal vecteur est un culicoïde : faut-il s’inquiéter ?

    Re-emergence in South America of the Oropouche virus, whose main vector is a Culicoid: Is there cause for concern?

    Les auteurs déclarent ne pas avoir de liens d’intérêts.
    Texte accepté en Conseil d’administration de l’ANM le 28 avril 2024. Non présenté en séance.

    L’expansion récente du virus Oropouche (OROV) responsable d’une maladie fébrile ressemblant à la dengue chez l’Homme en Amérique Centrale, en Amérique du Sud et dans les Caraïbes dans des zones auparavant non endémiques, l’identification d’une transmission materno-fœtale et les premiers signalements de décès dus à la maladie causée par cet arbovirus ont suscité des inquiétudes quant à la menace plus forte que cet agent représente pour les pays voisins (territoires français des Caraïbes), les Amériques, y compris les États-Unis. Le risque d’expansion concerne également l’espace européen dans la mesure où le portage du virus a été documenté en 2024 chez des cas humains importés au retour de séjour au Brésil ou à Cuba. Le virus OROV présente par ailleurs la particularité d’être transmis par différents vecteurs, principalement par des culoicoïdes ou moucherons piqueurs. Par analogie et au cours des deux dernières décennies, trois arbovirus exotiques (dont un Orthobunyavirus, de la même famille que l’OROV) transmis par des culicoïdes, introduits puis implantés en Europe ont été responsables d’émergences épizootiques chez des animaux de rente. Il s’agit des agents responsables de la fièvre catarrhale ovine, de la maladie de Schmallenberg et de la maladie hémorragique épizootique des bovins. Ces évènements ont démontré la possibilité d’un relais vectoriel autochtone chez des ruminants. En termes d’anticipation, le risque d’installation du virus OROV en Europe ne peut être formellement exclu à la faveur de la prochaine période saisonnière d’activité des moucherons piqueurs. Il importe aussi de mieux connaître les possibilités d’introduction ou d’extension dans un pays de ces virus émergents transmis par des culicoïdes tant en médecine vétérinaire qu’en médecine humaine.

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  • Rapport

    Rapport 25-09. Handicaps moteurs, sensoriels, et parentalité

    Motor, sensory disabilities and parenthood

    Les auteurs déclarent n’avoir aucun lien ni conflit d’intérêt.

    Si la prise en charge médicale des personnes handicapées a connu des progrès considérables depuis la loi « handicap » de 2005, des difficultés certaines persistent en ce qui concerne les soins gynécologiques et andrologiques, la vie affective, la sexualité et la parentalité. Ce travail, limité aux handicaps moteurs et sensoriels, permet de faire le point de la situation en France et de formuler des propositions d’amélioration.

     

    Les dispositifs existants permettant le suivi et le dépistage gynécologique doivent être maintenus et soutenus. Une coordination plus étroite entre les dispositifs et acteurs existants est souhaitable, afin d’en améliorer la lisibilité, l’efficacité et de réduire les inégalités territoriales. Ce rôle de coordination pourrait être assuré par les Dispositifs Spécifiques Régionaux en Périnatalité.

    Concernant la parentalité, il est fondamental d’anticiper les projets de grossesse, de repérer les difficultés médicales, matérielles et sociales prévisibles, au cours d’une consultation multidisciplinaire préconceptionnelle. Celle-ci devra envisager toutes les étapes de la prise en soins (y compris, si nécessaire, assistance médicale à la procréation (AMP) et diagnostic prénatal). Les conséquences du handicap sur la fertilité masculine doivent être évoquées très tôt, même en l’absence de projet de paternité.

    Le suivi de la grossesse et l’accouchement doivent être effectués par une équipe multidisciplinaire expérimentée, dans un établissement organisé pour l’accueil des personnes en situation de handicap. Des consultations médico-psycho-sociales permettront d’optimiser l’accompagnement et de préparer le retour à domicile. La désignation d’un référent « handicap » dans chaque établissement permettra de jouer un rôle facilitant.

    L’Académie Nationale de Médecine formule des recommandations concernant non seulement l’organisation des soins mais aussi la formation des personnels soignants.

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  • Communication scientifique

    Endométriose : un nouveau paradigme pour le diagnostic et le traitement

    Endometriosis: A new paradigm for diagnosis and treatment

    L’endométriose, maladie inflammatoire chronique définie par la présence de tissu endométrial en dehors de l’utérus, est responsable de douleurs pelviennes et d’infertilité. Observée chez 10 à 15 % des femmes, cette maladie ayant un impact majeur sur la qualité de vie des patientes avec un coût socio-économique important doit être considérée comme un véritable problème de santé publique. Les progrès considérables de l’imagerie (échographie pelvienne par voie vaginale et imagerie par résonance magnétique) ont révolutionné les modalités diagnostiques de l’endométriose. La cœlioscopie à simple visée diagnostique n’a aujourd’hui plus d’indications. Ce changement de paradigme sur le plan du diagnostic impacte la prise en charge thérapeutique. Trois options peuvent être proposées : les traitements hormonaux, la chirurgie et l’assistance médicale à la procréation (AMP). Dans la mesure où le diagnostic est aujourd’hui non chirurgical et qu’il est possible de débuter un traitement sans preuve histologique, le traitement médical est l’option thérapeutique de première intention pour les patientes souffrant de douleurs pelviennes et n’ayant pas de désir de grossesse immédiat. En cas de désir de grossesse, le choix se pose entre la chirurgie et l’AMP. Il est possible d’effectuer une AMP sans exérèse préalable des lésions endométriosiques. La chirurgie ne doit plus être considérée comme le traitement systématique de première intention des patientes infertiles. La prise en charge moderne de l’endométriose doit être individualisée grâce à une approche intégrée, multimodale et multidisciplinaire centrée sur la patiente.

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  • Communication scientifique

    Développer la culture de prévention : solution face à une crise systémique ?

    Developing a culture of prevention: A solution to a systemic crisis?

    La prévention est apparue récemment dans les politiques publiques de santé au point d’être introduite dans l’intitulé du ministère en 2022. Cette appellation, qui disparaîtra en 2024, traduisait la volonté de la France à engager une évolution de son système de santé. Les différents ministres de la santé ont fait le diagnostic d’une crise qui s’aggrave progressivement au point de devenir systémique. La population française vieillit et le taux de dépendance démographique augmente progressivement interrogeant la soutenabilité du système. Malgré des dépenses atteignant 12 % du PIB, l’espérance de vie en bonne santé n’a que très peu augmenté en 20 ans, le nombre de patients porteurs de maladies chroniques est supérieur à 24 millions soit 35 % de la population française et les inégalités en santé progressent avec un gradient social très marqué. Une part importante de ces maladies chroniques est accessible à des actions de prévention permettant de diminuer l’incidence ou de retarder leur apparition. Pour être efficaces, ces interventions doivent respecter un certain nombre de conditions : reposer sur un cadre théorique, mobiliser des modèles de changement, agir simultanément sur les individus et les environnements, être évaluées. Ce sont les conditions pour mettre en œuvre une réelle politique de prévention cohérente susceptible d’augmenter l’espérance de vie en bonne santé, soulager le système de soins et assurer la soutenabilité du système de santé français.

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  • Communication scientifique

    Physiologie et physiopathologie moléculaire de la rigidité artérielle

    Molecular physiology and physiopathology of arterial stiffness

    Les auteurs déclarent ne pas avoir de liens d’intérêts.

    Les propriétés élastiques des artères de conductance constituent l’une des fonctions hémodynamiques les plus importantes de l’organisme. Des données nouvelles continuent d’émerger sur l’importance de leurs dysfonctionnements dans le vieillissement vasculaire et la plupart des maladies cardiovasculaires communes. Nous examinerons les progrès réalisés sur les mécanismes biologiques qui apparaissent aujourd’hui comme d’importants déterminants fondamentaux de la rigidité artérielle, en particulier ceux qui interviennent dans la contractilité, la plasticité et la rigidité des cellules musculaires lisses vasculaires (CMLVs). Nous nous concentrerons sur la mécanotransduction membranaire et nucléaire, la fonction de phagocytose et les stimuli immuno-inflammatoires. Enfin, nous discuterons des avancées au plan méthodologique, diagnostique et thérapeutique en insistant sur les questions de co-morbidité et la prise en charge individuelle des sujets.

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  • Communication scientifique

    Les nombreuses pistes thérapeutiques de la maladie de Charcot-Marie-Tooth

    The therapeutic strategies for Charcot-Marie-Tooth disease

    L’auteur déclare ne pas avoir de liens d’intérêts.

    La maladie de Charcot-Marie-Tooth (CMT) est la plus fréquente des maladies neuromusculaires héréditaires. Elle présente un large éventail phénotypique, une hétérogénéité génétique et une évolution variable de la maladie. Les divers mécanismes génétiques et moléculaires de la CMT ont été découverts au cours des trois dernières décennies. Ceci a permis la classification des différents types de CMT selon les gènes mutés ou la vitesse de conduction nerveuse. Nous nous concentrerons dans cette revue sur la forme majeure de la CMT, la CMT1A, due à la duplication du gène de la myéline PMP22. Malgré l’identification de cibles thérapeutiques intéressantes, il n’existe, à l’heure actuelle, aucune thérapie efficace de la maladie. La rééducation, les orthèses et la chirurgie sont les seuls traitements disponibles pour atténuer les symptômes. La plupart des traitements qui atteignent les essais cliniques sont des traitements pharmacologiques. Malheureusement, aucun n’a prouvé son efficacité. Une nouvelle ère thérapeutique s’ouvre avec l’avènement des thérapies ciblées par silençage des gènes. Dans cette revue, nous discuterons des approches thérapeutiques prometteuses de la CMT1A.

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  • Éditorial

    Le chirurgien du XXIe siècle entre tradition et modernité

    The surgeon of the XXIth century between tradition and modernity

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  • Rapport

    Rapport 25-08. Handicaps sévères de l’enfant, passage à l’âge adulte. Améliorer le parcours de santé afin d’accomplir ses projets de vie.

    Transition to adulthood for children with severe disabilities : Improving their health care pathway to accomplish their life projects

    L’adolescent, puis le jeune adulte en situation de handicaps sévères, présente une double vulnérabilité, celle de ses handicaps et celle de l’adolescence, période à risques dont ceux de comorbidités psychiques. Or, il est confronté au changement complet des équipes médicales, avec une spécialisation accrue et un changement de la relation médecin – patient ainsi que d’établissement médicosocial de vie qui lui sont imposés.

    Il y a ainsi, pour cet adulte en construction et pour ses parents, des risques graves de rupture de soins, de détresse psychologique et de rupture du parcours éducatif.

    Les questions traitées par ce rapport sont celles des enfants en situation de handicaps sévères, définis par le recours indispensable à une aide humaine pour leur autonomie au moins une partie du temps : paralysies cérébrales, troubles du spectre de l’autisme, maladies neuro-musculaires, troubles du développement intellectuel et polyhandicaps.

    Les points communs entre toutes ces situations, apparemment si différentes, sont nombreux et permettent de proposer des recommandations : considérer que l’âge n’est pas le seul facteur déterminant de la transition ; faciliter l’accès aux établissements médicaux sociaux pour adultes par une simplification de leur financement, anticiper et coordonner le processus ; fonder le projet sur les compétences et les potentialités de la personne en s’appuyant sur des évaluations précoces, tracées, actualisées, détaillées et renouvelées ; prendre en compte la double vulnérabilité de la personne ; promouvoir la communication entre tous les acteurs.

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  • Communication scientifique

    L’espace au service de la santé

    Space for health

    Les auteurs déclarent ne pas avoir de liens d’intérêts.

    L’exploration spatiale dépasse la simple conquête de nouveaux territoires, elle représente aussi un levier majeur d’innovation dans le domaine médical. L’environnement spatial, caractérisé par la microgravité, les radiations et l’isolement, impose des défis physiologiques, psychologiques et biologiques aux astronautes. Pour préserver leur santé, des solutions technologiques avancées sont développées, allant de la télémédecine aux systèmes de surveillance physiologique ou plus généralement à des systèmes d’assistance pour l’aide au diagnostic et aux soins. Les défis que posent les missions spatiales permettent ainsi d’accélérer des innovations pour répondre à la fois aux besoins spatiaux et à des applications sur Terre, notamment pour le suivi médical en environnements isolés ou extrêmes où l’accès aux soins est limité. Par ailleurs, les technologies ou données issues du spatial, notamment grâce aux satellites d’observation, de communication ou aux services de géolocalisation, peuvent jouer un rôle crucial en santé publique. Elles permettent de contribuer à la surveillance sanitaire, de détecter des risques environnementaux affectant la santé humaine et d’améliorer l’accès aux soins à distance, notamment dans les zones reculées. En France, le Centre national d’études spatiales (CNES) et l’Institut de médecine et de physiologie spatiales (MEDES) sont des acteurs clés dans ces avancées. En collaboration avec les communautés scientifiques et industrielles, ils participent activement à la recherche et au développement de nouvelles technologies médicales adaptées aux défis de l’exploration spatiale et transposables aux besoins terrestres. Grâce à ces efforts, l’espace devient un laboratoire d’innovation médicale, dont les retombées bénéficient aussi bien aux astronautes qu’aux populations terrestres confrontées à des défis similaires en matière de santé.

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  • Communiqué

    Communiqué. Débat sur l’aide à mourir : distinguer euthanasie et suicide assisté

    Debate on assisted dying: distinguishing between euthanasia and assisted suicide

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  • Rapport

    Rapport 25-07. Les xénogreffes d’organes, de tissus et de cellules : un plan xénogreffe est nécessaire en France

    Organ, tissue and cell xenografts: France needs a xenograftplan

    Les auteurs déclarent n’avoir aucun conflit d’intérêt.

    La pénurie croissante de greffons et les progrès de la biologie moléculaire ont remis en lumière l’intérêt des xénogreffes de porcs génétiquement modifiés. Les résultats encourageants des premières xénogreffes réalisées chez l’Homme depuis 2021 aux Etats Unis et en Chine ont incité le groupe de travail à identifier les étapes à franchir pour faire bénéficier les patients français de cette innovation de rupture. Si les obstacles immunologiques, infectieux, physiologiques, réglementaires, éthiques et sociétaux sont nombreux, ils sont tous surmontables. Aussi, pour éviter  un décrochage de la France en Transplantation et, plus globalement, en sciences biomédicales, l’Académie nationale de Médecine appelle à la mise en place d’urgence d’un plan Xénogreffes et recommande : 1- d’investir massivement dans la recherche fondamentale, en particulier dans l’identification des mécanismes des rejets dans lesquels la France dispose d’une expertise internationalement reconnue.2- de créer en France ou en Europe des porcs transgéniques basés sur l’analyse de ces mécanismes.3- de créer une ferme « pharmaceutique » capable d’élever ces porcs transgéniques.4- d’élaborer les règles de bonne pratique complétant la loi de 1998 permettant la production et de distribution de ces organes.5- de définir un cadre éthique et sociétal pour utiliser ces organes pour que leur utilisation soit une chance nouvelle pour les patients.

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  • Communication scientifique

    Anticorps monoclonaux anti-amyloïde Beta contre la maladie d’Alzheimer en 2025 : prudence ou scepticisme ?

    Anti-amyloid monoclonal antibodies: cautions or skepticism?

    G. Bouvenot déclare des liens ponctuels avec GSK, Sanofi, Vifor Pharma, Sage Therapeutics, Steba Biotech, Alnylam, Tesaro Bio France, Insmed, GenSight, Pierre Fabre Médicaments, Lupin, Dyne.

    La prise en charge de la maladie d’Alzheimer constitue l’un des problèmes majeurs de santé publique dans nos sociétés. Or, il faut se résoudre à constater que l’histoire des médicaments de la maladie d’Alzheimer n’a été jusqu’à ce jour qu’une suite de déceptions et de désillusions face aux attentes de la communauté des soignants, des associations de patients, des aidants et des Sociétés savantes. Les leçons du passé à propos de tacrine, puis des autres inhibiteurs de l’acétylcholine estérase et d’un antagoniste des récepteurs N-méthyl-D-aspartate, invitent à se garder de tout excès d’optimisme pour les médicaments à venir. Les anticorps monoclonaux antiamyloïde Beta, considérés comme « prometteurs » et dont l’efficacité attendue repose sur le « paradigme » discuté de la responsabilité du développement de plaques amyloïdes dans la genèse de la maladie, justifient un regard critique. Les performances actuellement connues du lecanemab (Leqembi® Autorisation de mise sur le marché USA 2023) et du donanemab (Kisunla® AMM USA 2024), après le retrait de l’aducanumab (Aduhelm® USA 2022) et les échecs du développement de plusieurs autres anticorps, font en effet débat. Leur efficacité, qualifiée dans la littérature de modeste quand ce n’est pas de marginale ou même de discutable, n’est reconnue que dans les formes débutantes et pour des durées limitées, tandis que leurs effets indésirables, principalement un œdème ou des d’hémorragies encéphaliques visualisés par imagerie, de survenue non exceptionnelle, ne laissent pas d’inquiéter, même quand ils ne sont pas cliniquement symptomatiques. La balance bénéfices/risques de ces produits, considérée comme encore incertaine par nombre de spécialistes, mérite donc d’être affinée. Et, indépendamment des questions éthiques posées par leur prescription, leur arrêt et leur financement, il y a de sérieuses raisons d’en limiter strictement l’usage à la population cible véritablement atteinte de la maladie (de plus en plus reconnue comme hétérogène) et précisée par l’Agence Européenne des médicaments pour en améliorer la sécurité d’emploi.

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  • Communication scientifique

    Étiopathogénie des malformations vasculaires. Quel lien avec le cancer ?

    New insights in genetic mechanisms of vascular malformations; Is there a link with cancer?

    Les auteurs déclarent ne pas avoir de liens d’intérêts.

    Objectifs
    Les anomalies vasculaires recouvrent une gamme étendue de troubles cutanés, de lésions bénignes à des affections potentiellement graves. Un diagnostic précis est essentiel pour leur prise en charge efficace, et une approche multidisciplinaire est indispensable. La classification établie par l’ISSVA distingue les anomalies vasculaires entre tumeurs vasculaires prolifératives et malformations vasculaires non prolifératives. Ce système permet une communication unifiée entre pathologistes, cliniciens et chercheurs, et facilite l’évaluation, le diagnostic et le traitement des malformations, selon leur composante vasculaire prédominante, leur flux (lent ou rapide), et leur nature familiale ou sporadique. La recherche génétique, avec l’analyse des voies de signalisation PI3K/AKT/mTOR et RAS/MAPK/ERK, a également permis de clarifier l’étiopathogénie et d’orienter vers des traitements ciblés. Cette avancée permet d’envisager en sus des thérapeutiques interventionnelles (sclérothérapie, embolisation ou chirurgie) des thérapies pharmacologiques basées sur des inhibiteurs moléculaires ciblant les mutations spécifiques, dont certaines sont partagées avec l’oncologie.

    Étiopathogénie
    Les mutations germinales et somatiques dans les gènes TEK, PIK3CA, RASA1 et EPHB4 sont fréquemment retrouvées dans des malformations spécifiques. Les études montrent que ces mutations affectent les voies PI3K/AKT/mTOR et RAS/MAPK/ERK, entraînant une prolifération anormale des cellules endothéliales et des anomalies de morphogenèse vasculaire. Les techniques de séquençage génétique NGS permettent d’identifier des mutations somatiques responsables des cas sporadiques de malformations, et de déterminer ainsi un traitement médicamenteux ciblé. Les traitements actuels incluent des inhibiteurs de mTOR, des inhibiteurs de PIK3CA et des inhibiteurs de MEK. Ces traitements peuvent être administrés en adjuvant ou en néoadjuvant. L’existence d’un second hit dans les malformations vasculaires pour l’expression clinique de la maladie permettrait de créer un parallèle avec l’exposome, permettant l’expression d’un cancer.

    Similitudes et différence avec les cancers
    Les malformations vasculaires partagent certaines caractéristiques biologiques avec les tumeurs oncologiques, notamment des voies de prolifération communes, telles que PI3K/AKT/mTOR et RAS/MAPK/ERK. Cependant, des différences significatives subsistent : les anomalies vasculaires ne montrent pas d’atypies histologiques, de mitoses anormales, ni de prolifération cellulaire rapide, contrairement aux tumeurs. De plus, l’apparition des malformations vasculaires est liée à des mutations germinales et somatiques spécifiques au tissu, alors que les cancers dépendent de mutations acquises influencées par des facteurs environnementaux. Cette distinction explique que les traitements puissent être similaires dans certains cas, mais que les approches thérapeutiques restent différentes, les patients atteints de malformations étant souvent plus jeunes et devant éviter des effets secondaires lourds.

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  • Communication scientifique

    Les effets des comportements sédentaires (temps assis) sur la santé. Quelle prévention ?

    The effects of sedentary behaviour (sitting time) on health. What prevention?

    L’auteur déclare ne pas avoir de liens d’intérêts.

    Les comportements sédentaires (temps passé assis en période éveillée) sont reconnus comme un comportement distinct du comportement d’activité physique avec leurs effets propres sur la santé et ils ne peuvent pas être uniquement définis par le manque d’activité physique. Les comportements sédentaires sont associés à une augmentation du risque de décès prématurés et de morbidité (diabète de type 2, obésité, maladies cardiovasculaires, cancers, dépression, démence…). Les effets de l’activité physique sont le plus souvent insuffisants pour contrer les conséquences d’un temps de sédentarité élevé, surtout si le niveau d’activité physique est peu important. Les mécanismes physiopathologiques de la sédentarité sont multiples et intriqués. La valeur du seuil de sédentarité « délétère » pour la santé n’est pas définie, car elle dépend de tous les comportements d’activité physique des 24h (incluant le sommeil, la position debout, l’activité physique d’intensité légère, modérée et vigoureuse). Trois types d’actions sont efficaces pour lutter contre les effets de la sédentarité : (1) substituer du temps de sédentarité par de l’activité physique c’est-à-dire remplacer une partie – 30minutes à 1heure – du temps de sédentarité par de l’activité physique, quelle que soit son intensité ; (2) interrompre régulièrement le temps assis par des pauses actives ; (3) pratiquer une activité physique de faible intensité pendant les temps assis (bureaux actifs). Compte-tenu de l’importance du temps de sédentarité (7 à 12h/jour), la diminution des comportements sédentaires est un objectif de santé publique majeur et doit être associée aux messages favorisant l’activité physique.

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  • Avis

    Avis inter-académique. Amélioration de l’évaluation des projets utilisant des animaux à des fins scientifiques

    Improving the assessment of projects using animals for scientific purposes

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  • Communiqué

    La légalisation de l’usage « récréatif » du cannabis causerait de graves problèmes en termes de santé publique

    Legalizing “recreational” cannabis use would cause serious public health problems

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  • Rapport

    Rapport 25-06. De l’origine du SARS-CoV-2 aux risques de zoonoses et de manipulations dangereuses de virus

    From the Origin of SARS-CoV-2 to the Risks of Zoonoses and Dangerous Virus Manipulation

    Christine ROUZIOUX, Patrick BERCHE, Patrice BINDER, François BRICAIRE, Yves BUISSON, Bernard CHARPENTIER, Etienne DECROLY ne déclarent aucun lien ni conflit d’intérêt ; Jean-François DELFRAISSY déclare être Président actuellement du Comité consultation national d’éthique et ancien Président du Conseil scientifique covid-19 auprès du gouvernement.

    Cinq ans après le début de la pandémie de COVID-19, l’origine du virus SARS-CoV-2 reste une énigme. L’hypothèse de l’origine naturelle est opposée à celle d’un virus manipulé dans un laboratoire à Wuhan en Chine, point de départ de la pandémie. Connaître l’histoire de la pandémie permet une analyse des risques. Les risques zoonotiques restent majeurs et persistent voire augmentent ; il est donc nécessaire d’établir des recommandations en matière de surveillance épidémiologique.  Les risques liés aux manipulations génétiques de virus sont également croissant et il faut sensibiliser les chercheurs et les étudiants face à leurs responsabilités scientifiques et éthiques liées à la finalité de leurs travaux et face aux risques d’accidents/incidents de laboratoire. Le contexte actuel de développement technologique en biologie incluant l’IA peut induire de graves conséquences en l’absence de contrôle et de réflexion sur leurs impacts possibles, notamment sur en matière de biosécurité.

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  • Communication scientifique

    L’exoscopie 3D-4K en chirurgie de la tête et du cou : simple évolution ou révolution ?

    3D-4K exoscopy in head and neck surgery: Simple evolution or revolution?

    Thierry Van Den Abbeele : conférences, invité en tant que conférencier pour Storz®.

    Les autres auteurs déclarent ne pas avoir de liens d’intérêts.

    Introduction
    Les dispositifs chirurgicaux d’agrandissement, comme les microscopes opératoires et les endoscopes couplés à des caméras HD, ont transformé la chirurgie de la tête et du cou. Récemment, les exoscopes 3D-4K sont apparus, offrant des avantages significatifs en termes de profondeur de champ et d’ergonomie. Cette étude vise à évaluer l’apport de ces nouveaux instruments en oto-rhino-laryngologie pédiatrique et à examiner leurs avantages et inconvénients.

    Matériels et méthodes
    Une étude rétrospective (2019–2023) a inclus 3055 interventions pédiatriques utilisant des exoscopes, microscopes ou loupes. Les chirurgies ont été classées en procédures otologiques, laryngées, transorales et cervicales ouvertes. Par ailleurs, au sein de cette période, une évaluation prospective sur près de 200 cas a été menée de juin 2021 à juin 2022 pour comparer les techniques à l’aide de questionnaires.

    Résultats
    Entre 2019 et 2023, 2418 des 3055 chirurgies ont utilisé un exoscope. Lors des procédures d’otologie (1482 interventions), des avantages nets de l’exoscopie en termes d’ergonomie, de qualité d’image notamment couplée avec l’endoscopie, et de partage entre opérateurs ont été mis en évidence, bien que des limitations soient notées à fort grossissement. En chirurgie laryngée (566 interventions), l’exoscope a offert une meilleure maniabilité que le microscope. Pour les chirurgies transorales (329 interventions), l’exoscope a surpassé les loupes chirurgicales en termes de confort, d’ergonomie et d’enseignement. Aucune complication liée à l’équipement n’a été signalée.

    Discussion
    L’exoscopie 3D-4K présente des avantages pédagogiques et ergonomiques certains, facilitant le travail d’équipe et améliorant le confort opératoire. La courbe d’apprentissage s’est avérée rapide. Les limites comportent notamment la dégradation de l’image à fort grossissement, mais celles-ci peuvent être atténuées avec l’expérience, les améliorations technologiques en cours et le couplage avec la chirurgie endoscopique.

    Conclusion
    L’exoscopie 3D-4K représente une avancée significative en chirurgie ORL et pourrait rapidement surpasser la microscopie opératoire qui était jusqu’à présent la technique de référence pour les interventions les plus complexes.

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  • Communication scientifique

    Réalité augmentée pour la laparoscopie en chirurgie gynécologique oncologique. Assistance numérique et robotique interactive au bloc opératoire

    Augmented reality for laparoscopy in gynaecological oncological surgery. Digital assistance and interactive robotics in the operating room

    Lise Lecointre déclare ne pas avoir de liens d’intérêts.
    Laurent Goffin est président de la société Computational Surgery SAS qui propose des solutions algorithmiques et logicielles pour la chirurgie robotique et endoscopique.

    Objectifs
    Le cancer de l’endomètre est le plus fréquent des cancers gynécologiques dans les pays développés. Le traitement repose sur une chirurgie mini-invasive comprenant l’exérèse de la tumeur primitive et la biopsie du ganglion sentinelle (GS) pelvien afin d’obtenir l’ensemble des informations pronostiques pour définir une prise en charge adaptée et personnalisée. La technique du GS comme outil d’évaluation de l’atteinte ganglionnaire s’inscrit parfaitement dans le contexte de désescalade thérapeutique dans une population avec une survie sans maladie élevée et pour laquelle la qualité de vie est un élément majeur à prendre en compte. La problématique de cette pathologie réside principalement dans des difficultés de détection du GS en peropératoire dues aux limites des techniques de détection standards.

    Méthode
    Pour permettre une identification plus fiable et reproductible du GS chez ces patientes, nous avons développé un système de navigation en réalité augmentée basé sur l’utilisation d’un bras collaboratif robotique permettant la localisation spatiale de l’endoscope en temps réel et en continu.

    Résultats
    Un premier système de guidage opératoire fondé sur un recalage extrinsèque a été évalué et a permis de montrer des résultats satisfaisants, lors d’expérimentations animales, en termes de détection et de précision. Cependant, en raison de la nécessité de réaliser une imagerie peropératoire, son application a été jugée incompatible avec la pratique clinique courante. C’est pourquoi un système de recalage intrinsèque a été conçu.

    Conclusion
    Les résultats du système de recalage intrinsèque apparaissent très prometteurs sur modèle fantôme artériel humain mais nécessitent d’être confirmés par une étude clinique.

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  • Communication scientifique

    Rôle des lymphocytes T résidents mémoires dans les maladies inflammatoires du système nerveux central

    Contribution of tissue-resident T cells to inflammatory diseases of the central nervous system

    L’auteur déclare ne pas avoir de liens d’intérêts.

    Les mécanismes immunitaires responsables de la chronicité et des rechutes des affections inflammatoires demeurent mal connus. Leur identification précise permettrait cependant d’élaborer de nouvelles stratégies thérapeutiques. Une population de lymphocytes T mémoires, récemment identifiée, appelée lymphocytes T résidents mémoires, présente la singularité de résider en permanence et de façon prolongée dans les tissus non lymphoïdes, notamment le système nerveux central (SNC). Cette population contribue, parfois de manière essentielle, à la protection des tissus vis-à-vis des agents infectieux précédemment rencontrés. Nous présentons ici l’état des connaissances concernant ce type particulier de lymphocytes mémoires et discutons de leur implication dans différentes affections inflammatoires neurologiques. S’il est établi que les lymphocytes T résidents mémoires permettent une protection anti-infectieuse dans le SNC, celle-ci peut se faire au prix de dommages structuraux. La présence de lymphocytes T résidents mémoires dans de nombreuses maladies inflammatoires, auto-immunes ou dégénératives du SNC, ainsi que leur accumulation avec l’âge, soulève la question de leur pertinence physiopathologique. Les modèles animaux permettent d’aborder cette question en évaluant l’effet de modifications expérimentales, quantitatives ou qualitatives, de ces cellules sur le processus pathogène et au cours du vieillissement. L’importance physiopathologique des lymphocytes T résidents mémoires dans de nombreux modèles d’affections inflammatoires du SNC invite à concevoir des approches thérapeutiques ciblant sélectivement ces cellules. Des pistes raisonnables pour atteindre cet objectif sont proposées.

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  • Communication scientifique

    Imagerie moléculaire pour l’étude des répercussions pharmacocinétiques des transporteurs hépatiques

    Molecular imaging to study the pharmacokinetic impact of hepatic transporters

    Les auteurs déclarent ne pas avoir de liens d’intérêts.

    La distribution des médicaments du sang vers les tissus, où ils exercent leurs effets pharmacologiques et/ou toxiques, implique des transporteurs qui régulent leur passage membranaire. Chaque interface biologique présente un profil spécifique d’expression des transporteurs. Les Organic Anion-Transporting Polypeptides (OATP) sont majoritairement exprimés dans le foie où ils participent à l’élimination hépatique de nombreux médicaments, avec d’autres transporteurs hépatocytaires. Certains OATP sont exprimés dans d’autres organes où leurs répercussions pharmacocinétiques restent mal connues. Des méthodes d’imagerie moléculaire permettent l’étude non invasive de ces transporteurs grâce à la détection de sondes pouvant être quantifiées au niveau tissulaire. Deux exemples sont présentés ici, permettant de mesurer sélectivement l’importance du transport OATP à l’interface sang-tissu : (i) la [99mTc]mébrofénine, un radiopharmaceutique de scintigraphie hépatobiliaire qui a été employé chez le rat afin de valider un protocole d’inhibition pharmacologique ciblé, transposable chez l’Homme, permettant de distinguer l’activité OATP sinusoïdale de l’activité d’excrétion biliaire, de manière non invasive ; (ii) le [11C]glyburide, une nouvelle sonde OATP développée pour l’imagerie tomographie par émission de positons (TEP) utilisée pour la première fois chez l’Homme. Une approche d’acquisition corps-entier dynamique a permis de quantifier l’activité OATP dans les tissus hépatiques et extra-hépatiques afin d’évaluer in vivo l’importance pharmacocinétique de ces transporteurs. L’imagerie translationnelle ouvre des perspectives d’études pharmacocinétiques originales, jusqu’alors inenvisageables chez l’Homme. Le développement de radiopharmaceutiques dédiés à la mesure de l’activité des transporteurs et l’optimisation de l’analyse des données d’imagerie qui en sont issues permettent d’en apprécier les répercussions fonctionnelles sur les étapes de distribution et d’élimination.

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  • Communication scientifique

    Homéostasie endothéliale au cours du vieillissement artériel : quelles perspectives thérapeutiques ?

    Endothelial homeostasis during arterial ageing: What therapeutic perspectives?

    Les auteurs déclarent de pas avoir de liens d’intérêts.

    Le vieillissement endothélial est un processus complexe caractérisé par un déclin progressif de la fonction vasculaire, contribuant aux maladies cardiovasculaires telles que l’athérosclérose. Ces dernières années, de nombreuses études ont exploré les mécanismes impliqués dans le maintien de l’homéostasie endothéliale. Parmi ceux-ci, l’autophagie est apparue comme un processus crucial pour la régulation de la fonction endothéliale, sa dérégulation étant impliquée dans la détérioration de la barrière endothéliale liée à l’âge. D’un point de vue moléculaire, la modulation du complexe mTORC1, un régulateur central de l’homéostasie des protéines en réponse au stress, est prometteuse pour préserver l’autophagie et maintenir l’intégrité endothéliale au cours du vieillissement. La rapamycine et ses dérivés présentent un potentiel thérapeutique intéressant ; cependant, leur application nécessite une optimisation minutieuse afin de minimiser les effets indésirables. Cette revue synthétise la littérature actuelle sur l’autophagie dans le vieillissement vasculaire et les perspectives thérapeutiques de la rapamycine, en soulignant son potentiel pour atténuer le vieillissement vasculaire et soutenir la santé cardiovasculaire chez les personnes âgées.

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  • Communication scientifique

    La cellule musculaire lisse dans l’athérosclérose : un maître du déguisement

    The smooth muscle cell in atherosclerosis: A master of disguis

    Les auteurs déclarent ne pas avoir de liens d’intérêts.

    L’athérosclérose est une pathologie vasculaire qui se développe dans l’intima des grandes et moyennes artères. Elle est responsable de la plupart des maladies cardiovasculaires et de leur issue fatale. Les cellules musculaires lisses jouent un rôle crucial lors de la formation et la progression de la plaque athérosclérotique. Elles ont la capacité de retenir un certain degré de plasticité, et subissent une transition d’un phénotype contractile à synthétique lorsqu’elles s’accumulent dans l’intima. Cette transition s’accompagne de processus tels que la migration, prolifération, dédifférenciation cellulaire et production de matrice extracellulaire. Jusqu’à récemment, les cellules musculaires lisses étaient considérées comme bénéfiques dans le développement de la plaque athérosclérotique en participant principalement à la formation de la chape fibreuse, protégeant ainsi la plaque de la rupture. De manière inattendue, des approches novatrices ont démontré que les cellules musculaires lisses pouvaient avoir un rôle délétère et contribuer à l’évolution défavorable de la plaque athérosclérotique vers son instabilité. Cette plasticité importante des cellules musculaires lisses peut entraîner une perte totale de bon nombre de leurs marqueurs contractiles, de sorte que les cellules musculaires lisses de la plaque athérosclérotique ne sont plus identifiables comme telles et acquièrent des caractéristiques d’autres types cellulaires comme celles des cellules inflammatoires. Il est donc essentiel d’étudier le comportement des cellules musculaires lisses afin de pouvoir cibler sélectivement des phénotypes spécifiques et moduler leur plasticité dans un but thérapeutique de stabilisation des plaques athérosclérotiques.

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  • Communication scientifique

    La résolution de l’inflammaging et le processus du vieillissement vasculaire

    The resolution of cardiovascular inflammaging

    L’auteur déclare ne pas avoir de liens d’intérêts.

    L’inflammation chronique est bien établie en tant que risque résiduel de maladie cardiovasculaire athéroscléreuse et en tant que possible cible thérapeutique. Les processus inflammatoires cardiovasculaires évoluent avec l’âge vers un état inflammatoire persistant, appelé inflammaging, et pouvant être le résultat de l’exposition à des facteurs de risque cardiovasculaires pro-inflammatoires. Un décalage immuno-inflammatoire est cependant observé, car l’inflammation chronique s’accrue en parallèle avec un déclin de la fonction immunitaire avec l’âge. Cela indique que l’inflammation cardiovasculaire chronique est causée par une défaillance de la résolution de l’inflammation. Les médiateurs lipidiques bioactifs dérivés des acides gras polyinsaturés qui régulent les processus inflammatoires comprennent la classe des médiateurs pro-résolutifs spécialisés (SPM comme accronym de Specialized Proresolving Mediators), qui, par exemple, exercent des mécanismes de nettoyage pour éliminer des cellules immunitaires apoptotiques. L’augmentation de la sénescence des cellules immunitaires et la diminution de la SPM avec l’âge peuvent aggraver ce décalage immono-inflammatoire et déséquilibrer l’homéostasie de la paroi vasculaire. La stimulation d’une résolution active de l’inflammation en interférant avec les médiateurs lipidiques peut contrebalancer l’hyperinflammation cardiovasculaire associée au vieillissement en améliorant les fonctions immunitaires vers la guérison et en même temps en prévenant l’immunosuppression.

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  • Communication scientifique

    Segmentation dans le champ de l’insuffisance cardiaque : apport de l’apprentissage automatique pour la prédiction, l’évaluation pronostique et la personnalisation des traitements en prévention et en prise en charg

    Segmentation in the field of heart failure: Contribution of machine learning for prediction, prognostic assessment, and personalization of treatments in prevention and management

    NG déclare avoir reçu des honoraires d'AstraZeneca, Bayer, Boehringer, Cardiostory, Lilly, Echosens, NP medical, Novartis, Novo Nordisk et Roche diagnostics. Les autres auteurs ne déclarent pas de liens d'intérets.

    L’insuffisance cardiaque (IC) est une pathologie hétérogène dont la classification traditionnelle ne permet pas une stratification optimale des patients. Le machine learning (ML) apporte une approche innovante en segmentant les patients en sous-groupes homogènes à partir de données multidimensionnelles (clinique, biologique, imagerie). Le processus de segmentation assistée par ML passe par les étapes suivantes : acquisition et préparation des données : intégration de données hétérogènes (dossiers médicaux, biomarqueurs, imagerie). Clustering non supervisé : identification de phénotypes cliniques via des algorithmes adaptés aux données médicales (latent class model, K-Prototypes, etc.). Validation des clusters : comparaison aux classifications existantes et évaluation pronostique via des métriques comme le c-index. Prédiction des clusters : développement de modèles supervisés (random forest, réseaux de neurones) pour assigner de nouveaux patients à ces groupes. Application clinique : intégration dans les outils cliniques pour améliorer la personnalisation des traitements et la prévention de l’IC. Les défis incluent la validation externe, l’interopérabilité avec les dossiers médicaux électroniques et l’explicabilité des modèles pour favoriser leur adoption clinique. Le ML révolutionne la segmentation en IC en permettant une stratification plus précise des patients, ouvrant la voie à une médecine de précision pour une meilleure prédiction, prise en charge et personnalisation des traitements.

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  • Éditorial

    Les hémorragies cérébrales spontanées : parent pauvre de la neurologie vasculaire ?

    Spontaneous intracerebral haemorrhages: The poor guy in the neurovascular field?

    Les auteurs déclarent ne pas avoir de liens d’intérêts.

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  • Communication scientifique

    Épidémiologie des hémorragies cérébrales spontanées : évolutions depuis 40 ans

    Epidemiology of spontaneous intracerebral hemorrhage: Changes over the past 40 years

    Y.B. : honoraires pour présentation orale de la part de BMS, Pfizer, Medtronic, Amgen, Servier, Novartis, et Argenx ; activités de consultant pour NovoNordisk, Medtronic, Boehringer-Ingelheim et Novartis. Sans relation avec cet article.

    Les hémorragies cérébrales spontanées, représentant 15 à 25 % des accidents vasculaires cérébraux (AVC), causent 2,9 millions de décès dans le monde chaque année. Pour la période 2017–2022, le taux d’attaque annuel standardisé était de 24,3/100 000 au sein du Registre dijonnais des AVC. Ce taux augmentait avec l’âge. On estimait à 16 400 le nombre de cas chaque année en France. L’incidence a augmenté entre 1985 et 2016 avec une plus grande proportion de patients âgés de plus de 75 et 85 ans. Cette augmentation fut attribuée à davantage d’hémorragies lobaires chez les sujets âgés, probablement en lien avec une augmentation de l’utilisation des antithrombotiques et la prévalence élevée de l’angiopathie amyloïde cérébrale. Une légère diminution des taux d’attaque fut notée durant la période 2017–2022, pouvant traduire des modifications dans l’usage des types d’anticoagulants. Le pronostic vital après une hémorragie cérébrale spontanée reste sombre, avec une létalité à un mois de 38,8 %. Une baisse des taux fut observée entre 1985 et 2011 avant une ré-ascension au cours des années suivantes. Aucune amélioration n’avait été notée concernant la mortalité précoce des 48 premières heures, soulignant l’absence de progrès thérapeutique de phase aiguë. Avec le vieillissement de la population, le nombre de cas annuels pourrait dépasser 24 000 en France en 2050. Cette urgence épidémiologique appelle à améliorer le dépistage et le contrôle de l’hypertension artérielle, facteur de risque principal de la maladie, redéfinir et optimiser les stratégies d’anticoagulation chez les sujets avec fibrillation atriale, et développer de nouvelles approches thérapeutiques multidisciplinaires ciblant les différents acteurs physiopathologiques.

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  • Communication scientifique

    Apports de l’imagerie dans le diagnostic et le suivi des hémorragies cérébrales

    Imaging contributions to the diagnosis and follow-up of cerebral hemorrhage

    Honoraires pour présentation orale de la part de Siemens Healthlineers.

    La neuroradiologie joue un rôle essentiel dans la prise en charge des hémorragies intracérébrales (HIC) spontanées, pour confirmer rapidement la nature hémorragique d’un accident vasculaire cérébral (AVC) chez un patient présentant un déficit neurologique, préciser l’étiologie de l’HIC, évaluer le risque de croissance de l’hématome et de dégradation neurologique, guider les stratégies thérapeutiques et assurer un suivi adéquat. Cette revue propose une synthèse sur l’apport et le rôle des différentes techniques d’imagerie (scanner, angioscanner, IRM, angiographie conventionnelle) dans le diagnostic positif, la pronostication, le bilan étiologique initial et le suivi des hémorragies cérébrales. Elle met l’accent sur la stratégie d’imagerie pour l’identification des causes d’HIC spontanées, de cause microvasculaire (artériolosclérose et angiopathie amyloïde cérébrale) ou secondaire (anévrisme intracrânien, malformation artérioveineuse, tumeur, etc.), l’analyse des marqueurs d’imagerie prédictifs d’une dégradation et les éléments de surveillance à moyen terme. Enfin, une emphase est mise sur les pistes d’innovation dans ce domaine.

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  • Communication scientifique

    Hémorragies cérébrales spontanées : cibles thérapeutiques d’avenir en phase aiguë

    Spontaneous intracerebral hemorrhage: Therapeutic targets in the acute phase for the future

    Essais cliniques : membre du comité exécutif international d’études de phase III dans l’infarctus cérébral (Biogen, Bayer).
    Interventions ponctuelles : Boehringer-Ingelheim, Amgen, Novartis.

    La compréhension de la physiopathologie et des facteurs prédictifs de mauvais pronostic des hémorragies cérébrales a beaucoup évolué au cours des 10 dernières années. Le développement de modèles animaux et la recherche translationnelle ont montré qu’une intervention sur une seule cible thérapeutique n’est pas suffisante pas améliorer le pronostic vital et fonctionnel des patients ayant subi cette forme grave d’accident vasculaire cérébral. Les différentes étapes clés de la physiopathologie des hémorragies cérébrales, qui se succèdent dans le temps, doivent être ciblées par des approches thérapeutiques complémentaires et innovantes. Les stratégies thérapeutiques en cours de développement se concentrent sur trois cibles principales : (i) limiter l’expansion de l’hémorragie, (ii) favoriser l’évacuation de l’hématome, et (iii) réduire l’œdème péri-hémorragique et optimiser la résorption de l’hématome. Dans l’attente du développement de ces stratégies innovantes, la prise en charge des hémorragies cérébrales s’ancre dans le concept appliqué depuis plus de 20 ans dans l’infarctus cérébral : agir vite car « le temps, c’est du cerveau ».

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  • Communication scientifique

    Place de la chirurgie dans la prise en charge des hémorragies intracérébrales spontanées en 2025

    Role of surgery in the management of spontaneous intracerebral hemorrhages in 2025

    L’auteur déclare ne pas avoir de liens d’intérêts.

    Les hématomes cérébraux (HC) sont une pathologie grave avec un fort risque de décès ou de handicap séquellaire lourd. La présence de sang en intracérébral va entraîner diverses cascades métaboliques ayant un effet toxique sur le cerveau. La chirurgie d’évacuation pourrait être intéressante pour limiter cette toxicité. Plusieurs stratégies chirurgicales d’évacuation des HC ont été décrites, dont certaines évalué dans des essais randomisés comparant leur impact par rapport à l’absence de chirurgie. La microchirurgie standard, les stratégies utilisant un cathéter neuronavigué, puis une fibrinolyse in situ, la crâniectomie décompressive ont été évalués dans des essais randomisés et il n’a pas été montré de bénéfice sur le pronostic fonctionnel. Les stratégies endoscopiques n’ont pour le moment pas été étudiées par un essai randomisé, tout comme l’évacuation des hématomes cérébelleux. En revanche, un essai évaluant l’intérêt des stratégies microchirurgicales transtubulaires a montré un bénéfice sur le pronostic fonctionnel chez des patients avec un hématome lobaire, un volume de l’HC compris entre 30 et 80mL, un score de Glasgow compris entre 5 et 14. Cette étude montre pour la première fois un bénéfice de la chirurgie sur le pronostic fonctionnel dans la prise en charge des HC lobaire. Reste maintenant à savoir si ce bénéfice est lié à la technique ou peut être reproduit avec d’autres stratégies, par exemple endoscopique. Pour ce qui est des HC profonds, il n’y a aucune preuve d’un bénéfice de la chirurgie, et un traitement médical bien conduit reste la meilleure option.

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  • Autre

    Compte rendu de la Première journée nationale de prévention des chutes des seniors

    Report on the First national Journey on prevention of falls in older people

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  • Communiqué

    Les récentes mesures des États-Unis : des conséquences délétères pour la santé mondiale et la recherche médicale internationale

    Recent US measures: harmful consequences for global health and international medical research

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  • Rapport

    Rapport 25-05. Vaccination des femmes enceintes: répondre aux enjeux actuels

    Vaccination during pregnancy: addressing the challenges

    Les auteurs déclarent n’avoir aucun conflit d’intérêt

    La vaccination pendant la grossesse est désormais un outil important de prévention pour protéger la mère et/ou le nouveau-né et le jeune nourrisson contre des maladies potentiellement graves. Elle s’inscrit dans une stratégie globale de prévention pour la femme et pour l’enfant à naître qui commence avant la grossesse et se poursuit en post-partum en vue d’une grossesse ultérieure, en complément de l’hygiène et des gestes barrière.

    Actuellement en France, quatre vaccinations sont recommandées aux femmes enceintes, à chaque grossesse contre la coqueluche et de façon saisonnière contre la grippe, la Covid-19 et plus récemment contre le virus respiratoire syncytial (VRS), en alternative à l’immunothérapie passive du nouveau-né. L’efficacité et la tolérance sont clairement démontrées pour chacun de ces vaccins. Face au constat d’une couverture

    vaccinale insuffisante chez les femmes enceintes, l’objectif du présent rapport est d’analyser les obstacles afin de proposer des mesures pour améliorer la prévention vaccinale dans le contexte de la grossesse.

    Le premier motif de non-vaccination des femmes enceintes est l’absence de proposition par les professionnels de santé. Les autres facteurs sont la peur d’effets défavorables pour le bébé, l’absence de crainte de la maladie, et la méfiance envers les vaccins. La principale motivation des mères pour se vacciner est de protéger l’enfant à naître.

    Ainsi, pour améliorer la protection vaccinale, les mesures à prendre doivent toucher à la fois les professionnels de santé, les pouvoirs publics et la population.

    L’Académie nationale de médecine rappelle que la vaccination est une mission prioritaire de santé publique. Elle recommande : 1) d’inscrire les vaccinations dans le suivi prénatal usuel, en fournissant à chaque femme enceinte une information claire, cohérente et individualisée, en respectant son autonomie ; 2) de rendre la vaccination facilement accessible à toutes les femmes enceintes dans des lieux diversifiés : maternités, cabinets de médecins et de sages-femmes, PMI, pharmacies et assurer la coordination avec le carnet de vaccination numérique; 3) de former et de mobiliser les professionnels de santé impliqués dans la prise en charge des femmes enceintes, et mener des actions dans les régions où la vaccination est la plus faible ; 4) de développer la recherche en vaccinologie adaptée à la grossesse ; 5) d’analyser périodiquement l’évolution des pratiques et des couvertures vaccinales.

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  • Avis

    Avis. Monoxyde de carbone, tabac et femme enceinte

    Carbon monoxide, tobacco and pregnant women

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  • Communication scientifique

    Traitement pharmacologique de l’insuffisance cardiaque

    Pharmacological treatment of heart failure

    Durant les 3 dernières années, Damien Logeart a perçu des honoraires (activités de conseil, de formation et conférences) de Abbott, Alnylam, Astra Zeneca, Bayer, Boehringer Ingelheim, Novartis et NovoNordisk.

    Le traitement pharmacologique de l’insuffisance cardiaque (IC) s’est considérablement amélioré au cours des 3 dernières décennies, en particulier dans le cas d’une IC avec fraction d’éjection du ventricule gauche (FEVG) réduite. Le traitement de base repose sur quatre piliers : les inhibiteurs de l’enzyme de conversion de l’angiotensine ou les antagonistes des récepteurs de l’angiotensine II et de la neprilysine, les bêta-bloquants, les antagonistes des récepteurs aux minéralocorticoïdes et les inhibiteurs du cotransporteur sodium glucose de type 2. Chacune de ces thérapies réduit de manière indépendante la mortalité et les hospitalisations pour IC chez les patients présentant une FEVG réduite. Les inhibiteurs du sodium-glucose cotransporteur-2 et les antagonistes des récepteurs aux minéralocorticoïdes sont également efficaces quelle que soit la catégorie de FEVG. D’autres médicaments, tels que le traitement de la carence martiale par fer injectable, le vericiguate ou l’omecamtiv, sont également efficaces en fonction des caractéristiques du patient. L’optimisation de ces traitements est fortement recommandée lors de chaque consultation. Enfin, des unités d’IC dotées d’une équipe multidisciplinaire et proposant un système de télésurveillance devraient être mises en place partout afin d’assurer la meilleure prise en charge possible pour ces patients.

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  • Communication scientifique

    Prise en charge actuelle de l’insuffisance cardiaque : dispositifs implantables

    Current management of heart failure: Implantable devices

    Les auteurs déclarent ne pas avoir de liens d’intérêts.

    La place des dispositifs implantables dans le traitement de l’insuffisance cardiaque chronique a connu un essor considérable au cours des vingt dernières années, principalement dans le contexte de l’insuffisance cardiaque à fraction d’éjection du ventricule gauche altérée. À côté du défibrillateur automatique implantable, dont la mise en œuvre et les indications ne seront pas abordées ici, les systèmes de stimulation permettent d’optimiser l’hémodynamique avec un double objectif, amélioration fonctionnelle et réduction de la morbi-mortalité. Seront successivement envisagées la resynchronisation cardiaque, réservée aux patients présentant un asynchronisme électromécanique, la modulation de la contractilité et la stimulation du système nerveux autonome. Seule la stimulation biventriculaire, évaluée dans le cadre de nombreuses études prospectives randomisées, a démontré un bénéfice sur la morbi-mortalité, sous-tendu par un remodelage du ventricule gauche, et associé à une amélioration fonctionnelle. C’est la seule technique avec un niveau de recommandation élevé. Les autres modalités de stimulation nécessitent d’être plus largement évaluées afin de mieux définir leur positionnement dans la stratégie thérapeutique.

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  • Communication scientifique

    Prise en charge actuelle de l’insuffisance cardiaque : outils connectés, télésurveillance et réseaux de soins

    Current management of heart failure: Connected tools, remote monitoring and healthcare networks

    L’auteur signale des liens d’intérêts avec les laboratoires ABBOTT qui développent le CardioMems.
    Essais cliniques : en qualité de co-investigateur.
    Conférences : invitations en qualité d’intervenant.
    Interventions ponctuelles : activités de conseil.

    Éducation thérapeutique, réseaux de soins et télésurveillance font partie de l’arsenal thérapeutique de l’insuffisance cardiaque (IC). L’éducation thérapeutique a débuté dans les années 1990, rapidement intégrée aux réseaux de soins, qui se sont modernisés ces dernières années avec le développement des outils connectés de surveillance. En France, la télésurveillance est remboursée depuis 2023 par l’Assurance maladie. Cette prise en charge non médicamenteuse repose sur un paradoxe. La majorité des équipes spécialisées dans l’IC est persuadée que cette prise en charge est efficace malgré une démonstration scientifique insuffisante. Les résultats contradictoires des études peuvent s’expliquer par la grande difficulté à les concevoir (étude ouverte, prise en charge variable des patients par les centres, technologies de surveillance différentes, sévérité des patients…). Dans le futur, l’évolution de la technologie permettra sans doute d’améliorer l’interprétation des informations recueillies par les outils de télésurveillance.

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  • Communication scientifique

    L’insuffisance cardiaque sévère : assistance circulatoire mécanique ou transplantation ?

    Mechanical circulatory support or transplantation for severe heart failure?

    J.-N. Trochu est consultant pour Abbott, AstraZeneca, Bayer, Boehringer Ingelheim, Bristol Myers Squibb, Novartis ; bourse par Boston Scientific ; partenariat institutionnel avec Novartis. J.-C. Roussel est consultant pour Medtronic et Terumo Aortic.

    Malgré des progrès majeurs dans le traitement médical de l’IC (IC) au cours des 20 dernières années, le pronostic des patients atteints d’IC avancée reste très sombre et les données épidémiologiques suggèrent que leur proportion devrait augmenter dans les années à venir. En l’absence de contre-indications, la prise en charge de ces patients nécessite le recours à des thérapeutiques lourdes telles que la transplantation, l’assistance circulatoire ou le cœur artificiel total. Les innovations technologiques réalisées depuis les années 2000 grâce à la miniaturisation des pompes et le développement de dispositifs à lévitation magnétique, ont permis une amélioration de la survie, une réduction des principales complications associées à ces systèmes et une amélioration significative de la qualité de vie. La transplantation reste encore le traitement de référence de l’IC sévère, mais elle est limitée par l’accès restreint aux greffons cardiaques. Un des défis majeurs est l’identification précoce des patients qui échapperont au traitement médical afin de ne pas retarder leur orientation vers des équipes spécialisées. Le parcours de soins doit être donc être structuré dans le cadre d’un réseau de centres d’IC primaires, secondaires et tertiaires animés par des unités médico-chirurgicales spécialisées dans l’IC avancée.

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  • Communication scientifique

    L’innovation thérapeutique ne saurait tenir lieu de progrès médical. Plaidoyer contre l’abus de la dénomination de médicament innovant

    Use and abuse of the word innovative medicine

    P. Le Coz déclare ne pas avoir de liens d’intérêts. G. Bouvenot déclare des liens ponctuels (conseils en développement) avec : GSK, Sanofi, Sage-Therapeutics, Steba Biotech, TesaroBio France, Insmed, GenSight, Pierre Fabre médicaments.

    Notre société désenchantée semble avoir fait son deuil de la notion de progrès qui avait soulevé l’enthousiasme de générations de chercheurs et de médecins au cours du siècle dernier. Contesté au nom des méfaits de la société industrielle, le progrès est un mot qui se démode et cède sa place à la notion plus extensive d’« innovation ». Mot-clé du vocabulaire de la communication et du marketing, l’innovation s’est répandue au-delà de l’univers de la consommation et de la publicité, jusque dans l’espace public et le discours politique. Innover est devenu le nouvel impératif catégorique de notre temps. Le domaine du bien-être et de la santé n’y échappe pas. Le fait est que le mot innovation est de plus en plus utilisé dans les congrès médicaux. Cette puissance séductrice peut conduire à abuser les médecins et surtout les patients qui réclameront un « droit d’essayer », quitte à sous-estimer la question sécuritaire du respect des exigences méthodologiques. Face à cette pente glissante, le présent article entend rappeler que ce qui est important pour les malades n’est pas la nouveauté mais l’efficacité et la sécurité d’emploi des produits qui leur sont administrés. Si nous voulons maintenir une cloison étanche entre « produit de santé » et « produit marchand », entre le « patient » et le « client », il faut rappeler la portée scientifique incontournable et la valeur éthique inestimable de la notion de progrès médical.

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  • Rapport

    Rapport 25-04. La formation médicale initiale

    Medical initial training

    Les auteurs du rapport déclarent n’avoir aucun lien d’intérêt.

    L’évolution rapide des sciences et des technologies médicales impose aux universités une adaptation constante pour former efficacement les futurs médecins. En 2025 la médecine ne se limite plus aux disciplines traditionnelles : de nouvelles spécialités émergent, comme la médecine de proximité, l’infectiologie ou la médecine interventionnelle, entraînant une diversification et une surspécialisation des pratiques.

    Si l’université transmet un savoir scientifique et médical, elle ne prépare pas les étudiants à l’exercice réel du métier. Les stages hospitaliers ne couvrent pas tous les aspects de la profession, notamment la gestion quotidienne du cabinet et la coordination avec d’autres professionnels de santé.

    Les réformes successives des études médicales, notamment le passage de la PACES au système PASS/LAS, s’avèrent des échecs expliquant la fuite massive des étudiants à l’étranger pour se former.

    L’académie de médecine propose de : simplifier, raccourcir, professionnaliser, humaniser et apprendre à partager, impliquant les transformations suivantes :

    – créer une Licence santé (3 ans) commune aux professions médicales ;

    – un Master médecine (2 ans) suivi des EDN + ecos ouvrant à l’internat ;

    – un Doctorat en médecine (4 ou 5 ans ) selon les spécialités (desc).

    Elle précise l’urgence à : introduire ou augmenter le temps de formation concernant l’économie de santé, l’organisation du système de santé, les sciences numériques et la cybersécurité, l’art de l’écoute et du partage, les techniques de management.

    Elle propose de :

    – Généraliser les facultés de santé à toutes les universités concernées.

    – D’établir un oral sous la forme d’un entretien pour les étudiants ayant réussi leur examen écrit de première année.

    – Augmenter le service sanitaire, par des stages de découverte et débuter le Contrat d’engagement de service public (CESP) dès la 2° année.

    – Supprimer le classement des ECOS.

    – Introduire un entretien en fin de deuxième cycle (motivation, orientation) et régionaliser une partie de l’internat.

    – Accroître les moyens matériels et humains dans les UFR, CHU et autres structures de formation.

    – Proposer un clinicat de deux ans renouvelable en fin de cursus pour ceux souhaitant poursuivre une carrière hospitalo-universitaire.

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  • Communication scientifique

    La déplétion totale des lymphocytes B : un espoir de guérison des maladies auto-immunes ?

    Total B-cell depletion of B-lymphocytes: Towards cure of autoimmune diseases

    Le rôle majeur des lymphocytes B dans la physiopathologie des maladies auto-immunes systémiques a été mis en exergue depuis le début des années 2000 seulement. Depuis, différents traitements entraînant, soit une déplétion des lymphocytes B, soit une diminution de leur activation ont été développés. Beaucoup de ces traitements viennent de l’hématologie où ils sont utilisés pour traiter les hémopathies malignes B. Dans cette revue, nous décrivons ces différents traitements et leur mode d’action. S’ils ont permis des avancées importantes, ils n’ont le plus souvent qu’un effet suspensif et doivent être administrés de façon chronique, ce qui peut entraîner à terme des effets indésirables. La principale raison de l’effet uniquement suspensif des traitements classiques déplétant les lymphocytes B est que, si la déplétion B sanguine est totale, la déplétion B tissulaire est minime voire inexistante. Pour pallier cette insuffisance, certaines équipes ont commencé à utiliser dans les maladies systémiques auto-immunes réfractaires des stratégies thérapeutiques issues aussi de l’hématologie et ayant une action de déplétion totale des lymphocytes B à la fois sanguine et tissulaire : les cellules CAR-T anti-CD19 ou anti-BCMA et les anticorps bispécifiques anti-CD3/CD19 ou anti-CD3/BCMA engageant les cellules T. Quelques dizaines de patients ont été traités avec l’une ou l’autre stratégie. La tolérance a été excellente avec une déplétion B totale mais une réapparition des lymphocytes B à 3 mois sous la forme de lymphocytes B naïfs. Beaucoup de ces malades sont restés en rémission complète de la maladie sans traitement plus de 2 ans après la procédure. Ainsi ces stratégies de déplétion totale des lymphocytes B peuvent permettre une réinitialisation des lymphocytes B avec disparition des lymphocytes auto-immuns pathologiques, ce qui pourrait permettre ainsi une rémission prolongée sans traitement. Les cellules CAR-T et les anticorps bispécifiques recruteurs de cellules T ont fait évoluer le paradigme du traitement des maladies auto-immunes systémiques d’un simple traitement d’entretien à une guérison potentielle.

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