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Séance du 11 mars 2025
Communication scientifique
Prise en charge actuelle de l’insuffisance cardiaque : dispositifs implantablesCurrent management of heart failure: Implantable devices
Les auteurs déclarent ne pas avoir de liens d’intérêts.
La place des dispositifs implantables dans le traitement de l’insuffisance cardiaque chronique a connu un essor considérable au cours des vingt dernières années, principalement dans le contexte de l’insuffisance cardiaque à fraction d’éjection du ventricule gauche altérée. À côté du défibrillateur automatique implantable, dont la mise en œuvre et les indications ne seront pas abordées ici, les systèmes de stimulation permettent d’optimiser l’hémodynamique avec un double objectif, amélioration fonctionnelle et réduction de la morbi-mortalité. Seront successivement envisagées la resynchronisation cardiaque, réservée aux patients présentant un asynchronisme électromécanique, la modulation de la contractilité et la stimulation du système nerveux autonome. Seule la stimulation biventriculaire, évaluée dans le cadre de nombreuses études prospectives randomisées, a démontré un bénéfice sur la morbi-mortalité, sous-tendu par un remodelage du ventricule gauche, et associé à une amélioration fonctionnelle. C’est la seule technique avec un niveau de recommandation élevé. Les autres modalités de stimulation nécessitent d’être plus largement évaluées afin de mieux définir leur positionnement dans la stratégie thérapeutique.
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Communication scientifique
L’insuffisance cardiaque sévère : assistance circulatoire mécanique ou transplantation ?Mechanical circulatory support or transplantation for severe heart failure?
J.-N. Trochu est consultant pour Abbott, AstraZeneca, Bayer, Boehringer Ingelheim, Bristol Myers Squibb, Novartis ; bourse par Boston Scientific ; partenariat institutionnel avec Novartis. J.-C. Roussel est consultant pour Medtronic et Terumo Aortic.
Malgré des progrès majeurs dans le traitement médical de l’IC (IC) au cours des 20 dernières années, le pronostic des patients atteints d’IC avancée reste très sombre et les données épidémiologiques suggèrent que leur proportion devrait augmenter dans les années à venir. En l’absence de contre-indications, la prise en charge de ces patients nécessite le recours à des thérapeutiques lourdes telles que la transplantation, l’assistance circulatoire ou le cœur artificiel total. Les innovations technologiques réalisées depuis les années 2000 grâce à la miniaturisation des pompes et le développement de dispositifs à lévitation magnétique, ont permis une amélioration de la survie, une réduction des principales complications associées à ces systèmes et une amélioration significative de la qualité de vie. La transplantation reste encore le traitement de référence de l’IC sévère, mais elle est limitée par l’accès restreint aux greffons cardiaques. Un des défis majeurs est l’identification précoce des patients qui échapperont au traitement médical afin de ne pas retarder leur orientation vers des équipes spécialisées. Le parcours de soins doit être donc être structuré dans le cadre d’un réseau de centres d’IC primaires, secondaires et tertiaires animés par des unités médico-chirurgicales spécialisées dans l’IC avancée.
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Communication scientifique
Prise en charge actuelle de l’insuffisance cardiaque : outils connectés, télésurveillance et réseaux de soinsCurrent management of heart failure: Connected tools, remote monitoring and healthcare networks
L’auteur signale des liens d’intérêts avec les laboratoires ABBOTT qui développent le CardioMems.
Essais cliniques : en qualité de co-investigateur.
Conférences : invitations en qualité d’intervenant.
Interventions ponctuelles : activités de conseil.
Éducation thérapeutique, réseaux de soins et télésurveillance font partie de l’arsenal thérapeutique de l’insuffisance cardiaque (IC). L’éducation thérapeutique a débuté dans les années 1990, rapidement intégrée aux réseaux de soins, qui se sont modernisés ces dernières années avec le développement des outils connectés de surveillance. En France, la télésurveillance est remboursée depuis 2023 par l’Assurance maladie. Cette prise en charge non médicamenteuse repose sur un paradoxe. La majorité des équipes spécialisées dans l’IC est persuadée que cette prise en charge est efficace malgré une démonstration scientifique insuffisante. Les résultats contradictoires des études peuvent s’expliquer par la grande difficulté à les concevoir (étude ouverte, prise en charge variable des patients par les centres, technologies de surveillance différentes, sévérité des patients…). Dans le futur, l’évolution de la technologie permettra sans doute d’améliorer l’interprétation des informations recueillies par les outils de télésurveillance.
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Communication scientifique
L’innovation thérapeutique ne saurait tenir lieu de progrès médical. Plaidoyer contre l’abus de la dénomination de médicament innovantUse and abuse of the word innovative medicine
P. Le Coz déclare ne pas avoir de liens d’intérêts. G. Bouvenot déclare des liens ponctuels (conseils en développement) avec : GSK, Sanofi, Sage-Therapeutics, Steba Biotech, TesaroBio France, Insmed, GenSight, Pierre Fabre médicaments.
Notre société désenchantée semble avoir fait son deuil de la notion de progrès qui avait soulevé l’enthousiasme de générations de chercheurs et de médecins au cours du siècle dernier. Contesté au nom des méfaits de la société industrielle, le progrès est un mot qui se démode et cède sa place à la notion plus extensive d’« innovation ». Mot-clé du vocabulaire de la communication et du marketing, l’innovation s’est répandue au-delà de l’univers de la consommation et de la publicité, jusque dans l’espace public et le discours politique. Innover est devenu le nouvel impératif catégorique de notre temps. Le domaine du bien-être et de la santé n’y échappe pas. Le fait est que le mot innovation est de plus en plus utilisé dans les congrès médicaux. Cette puissance séductrice peut conduire à abuser les médecins et surtout les patients qui réclameront un « droit d’essayer », quitte à sous-estimer la question sécuritaire du respect des exigences méthodologiques. Face à cette pente glissante, le présent article entend rappeler que ce qui est important pour les malades n’est pas la nouveauté mais l’efficacité et la sécurité d’emploi des produits qui leur sont administrés. Si nous voulons maintenir une cloison étanche entre « produit de santé » et « produit marchand », entre le « patient » et le « client », il faut rappeler la portée scientifique incontournable et la valeur éthique inestimable de la notion de progrès médical.
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Rapport
Rapport 25-04. La formation médicale initialeMedical initial training
Les auteurs du rapport déclarent n’avoir aucun lien d’intérêt.
L’évolution rapide des sciences et des technologies médicales impose aux universités une adaptation constante pour former efficacement les futurs médecins. En 2025 la médecine ne se limite plus aux disciplines traditionnelles : de nouvelles spécialités émergent, comme la médecine de proximité, l’infectiologie ou la médecine interventionnelle, entraînant une diversification et une surspécialisation des pratiques.
Si l’université transmet un savoir scientifique et médical, elle ne prépare pas les étudiants à l’exercice réel du métier. Les stages hospitaliers ne couvrent pas tous les aspects de la profession, notamment la gestion quotidienne du cabinet et la coordination avec d’autres professionnels de santé.
Les réformes successives des études médicales, notamment le passage de la PACES au système PASS/LAS, s’avèrent des échecs expliquant la fuite massive des étudiants à l’étranger pour se former.
L’académie de médecine propose de : simplifier, raccourcir, professionnaliser, humaniser et apprendre à partager, impliquant les transformations suivantes :
– créer une Licence santé (3 ans) commune aux professions médicales ;
– un Master médecine (2 ans) suivi des EDN + ecos ouvrant à l’internat ;
– un Doctorat en médecine (4 ou 5 ans ) selon les spécialités (desc).
Elle précise l’urgence à : introduire ou augmenter le temps de formation concernant l’économie de santé, l’organisation du système de santé, les sciences numériques et la cybersécurité, l’art de l’écoute et du partage, les techniques de management.
Elle propose de :
– Généraliser les facultés de santé à toutes les universités concernées.
– D’établir un oral sous la forme d’un entretien pour les étudiants ayant réussi leur examen écrit de première année.
– Augmenter le service sanitaire, par des stages de découverte et débuter le Contrat d’engagement de service public (CESP) dès la 2° année.
– Supprimer le classement des ECOS.
– Introduire un entretien en fin de deuxième cycle (motivation, orientation) et régionaliser une partie de l’internat.
– Accroître les moyens matériels et humains dans les UFR, CHU et autres structures de formation.
– Proposer un clinicat de deux ans renouvelable en fin de cursus pour ceux souhaitant poursuivre une carrière hospitalo-universitaire.
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Communication scientifique
La déplétion totale des lymphocytes B : un espoir de guérison des maladies auto-immunes ?Total B-cell depletion of B-lymphocytes: Towards cure of autoimmune diseases
Le rôle majeur des lymphocytes B dans la physiopathologie des maladies auto-immunes systémiques a été mis en exergue depuis le début des années 2000 seulement. Depuis, différents traitements entraînant, soit une déplétion des lymphocytes B, soit une diminution de leur activation ont été développés. Beaucoup de ces traitements viennent de l’hématologie où ils sont utilisés pour traiter les hémopathies malignes B. Dans cette revue, nous décrivons ces différents traitements et leur mode d’action. S’ils ont permis des avancées importantes, ils n’ont le plus souvent qu’un effet suspensif et doivent être administrés de façon chronique, ce qui peut entraîner à terme des effets indésirables. La principale raison de l’effet uniquement suspensif des traitements classiques déplétant les lymphocytes B est que, si la déplétion B sanguine est totale, la déplétion B tissulaire est minime voire inexistante. Pour pallier cette insuffisance, certaines équipes ont commencé à utiliser dans les maladies systémiques auto-immunes réfractaires des stratégies thérapeutiques issues aussi de l’hématologie et ayant une action de déplétion totale des lymphocytes B à la fois sanguine et tissulaire : les cellules CAR-T anti-CD19 ou anti-BCMA et les anticorps bispécifiques anti-CD3/CD19 ou anti-CD3/BCMA engageant les cellules T. Quelques dizaines de patients ont été traités avec l’une ou l’autre stratégie. La tolérance a été excellente avec une déplétion B totale mais une réapparition des lymphocytes B à 3 mois sous la forme de lymphocytes B naïfs. Beaucoup de ces malades sont restés en rémission complète de la maladie sans traitement plus de 2 ans après la procédure. Ainsi ces stratégies de déplétion totale des lymphocytes B peuvent permettre une réinitialisation des lymphocytes B avec disparition des lymphocytes auto-immuns pathologiques, ce qui pourrait permettre ainsi une rémission prolongée sans traitement. Les cellules CAR-T et les anticorps bispécifiques recruteurs de cellules T ont fait évoluer le paradigme du traitement des maladies auto-immunes systémiques d’un simple traitement d’entretien à une guérison potentielle.
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Communication scientifique
Le risque médico-judiciaire en anesthésie réanimationLegal issues in medecine, specific considerations for anesthesia
L’auteur déclare ne pas avoir de liens d’intérêts.
Le risque d’une procédure médico judiciaire est actuellement fréquent dans la pratique des professionnels de santé. En fonction des spécialités médicales, un praticien exerçant en libéral est confronté à une procédure tous les trois à cinq ans en fonction de sa spécialité. Il existe deux types de responsabilité médicale : pénale (répressive) et (civile) (indemnitaire), des juridictions différentes instruisent les demandes. Parallèlement aux procédures judiciaires les commissions de conciliation et d’indemnisation des accidents médicaux, créées en 2002, instaurent une procédure amiable d’indemnisation des dommages causés non seulement par une faute des acteurs de santé, mais également des dommages sans faute. En France, alors que le nombre de procédures indemnitaires n’augmente que très modérément depuis 5 ans, on remarque une envolée des coûts des réclamations. En raison du nombre de médecins anesthésistes réanimateurs en exercice, l’anesthésie est avec la médecine générale et la chirurgie une des trois spécialités qui fait l’objet du plus grand nombre de poursuites. Les responsabilités du médecin anesthésiste réanimateur s’étendent sur les périodes pré, per et postopératoires. L’anesthésie réanimation est une spécialité sans finalité thérapeutique. De ce fait une information très spécifique sur les risques auxquels elle expose doit être donnée à la consultation d’anesthésie. La pratique de l’anesthésie est régie par le décret du 5 décembre 1994 relatif aux conditions techniques de fonctionnement des établissements de santé en ce qui concerne la pratique de l’anesthésie.
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Communication scientifique
Toxoplasma gondii, un parasite protozoaire responsable d’une zoonose, la toxoplasmose, dans la problématique « Une seule santé » (One Health)Toxoplasma gondii, a protozoan parasite responsible for the zoonotic disease toxoplasmosis, as part of the “One Health” approach
L’auteur déclare ne pas avoir de liens d’intérêts.
Toxoplasma gondii est un parasite protozoaire responsable d’une zoonose, la toxoplasmose, qui existe sous trois formes dont deux sont présentes chez tous les mammifères homéothermes ; la forme sexuée est retrouvée uniquement chez l’hôte définitif (les Félidés sauvages et domestiques). Ce parasite est largement répandu à la surface du globe avec des prévalences de la toxoplasmose observées très variables d’un pays à l’autre dépendant de nombreux facteurs (dont les facteurs climatiques, les habitudes alimentaires, des facteurs sociologiques…). Ce parasite présente une grande diversité génomique avec de très nombreux isolats se regroupant actuellement en 16 haplogroupes avec des virulences variables. Asymptomatique chez les personnes immunocompétentes, les formes cliniques de l’infection sont dépendantes du statut immunitaire de l’hôte avec essentiellement deux tableaux de complications : la toxoplasmose congénitale et la toxoplasmose de réactivation chez l’immunodéprimé. Les méthodes diagnostiques ont considérablement évolué durant les dernières années avec l’apport de la biologie moléculaire. Deux approches diagnostiques peuvent être proposées : par sérologie (diagnostic indirect) ou par détection directe de l’ADN du parasite dans les prélèvements biologiques. Ces méthodes sont diversement employées selon les pays, pouvant expliquer aussi les différences de prévalence. En France métropolitaine, le diagnostic et le traitement sont bien codifiés et la maladie ne représente pas un problème majeur de santé publique, situation différente dans les départements ou territoires ultramarins. Néanmoins, les traitements sont limités et la découverte de nouvelles cibles thérapeutiques paraît nécessaire.
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Rapport
Rapport 25-03. Les effets néfastes retardés du sport intensif. Partie 1 : les commotions cérébrales dans le sportThe delayed effects of intensive sport. Part 1: Concussions in sport
Les auteurs ne déclarent aucun lien d’intérêt.
Les commotions cérébrales (CC) représentent 5 à 9 % de tous les traumatismes liés à la pratique du sport, mais avec une grande variabilité suivant le type de sport. Compte tenu des politiques mises en place afin de développer la pratique du sport amateur et de loisir, il est fort probable que ces données de prévalence soient très largement sous-estimées.
De nombreux arguments épidémiologiques existent pour considérer que les CC peuvent être à l’origine de maladies neurodégénératives, encéphalopathie chronique traumatique, sclérose latérale amyotrophique ou maladie d’Alzheimer. Il en est de même pour les impacts crâniens sous-commotionnels dont la répétition à l’entrainement ou en compétition est à l’origine d’une mortalité par sclérose latérale amyotrophique (SLA) ou maladie d’Alzheimer plus importante que dans la population générale.
C’est la raison pour laquelle la mise en place de stratégies de prévention est essentielle afin de réduire le risque de développement de ces pathologies neurodégénératives. De telles stratégies doivent reposer à la fois sur une amélioration des équipements de protection (casques, protections intra-buccales dans certains sports), une meilleure préparation physique et technique des sportifs et l’adaptation de règlements sportifs.
Du côté médical, une meilleure sensibilisation des professionnels de santé à la reconnaissance des CC, à leur diagnostic précoce, à la mise en place de programmes adaptés de récupération des fonctions neurologiques (en utilisant les ressources de télémédecine) et à l’application de critères stricts de retour en compétition sont indispensables pour réduire les effets à long terme des CC. Enfin, la formation des cadres sportifs non-professionnels de santé à la reconnaissance de signes suspects de CC tient une place importante pour la prévention des effets à long-terme des CC répétées.
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Communication scientifique
Les allergies respiratoires, un problème d’environnementRespiratory allergies, an environmental issue
Les auteurs déclarent ne pas avoir de liens d’intérêts.
L’asthme est une maladie chronique des voies respiratoires inférieures, marqué par des crises aiguës et des symptômes intermittents tels que l’essoufflement, la toux et une respiration sifflante. Elle résulte d’une inflammation de la muqueuse bronchique, d’une hyperréactivité bronchique et d’une hypersécrétion de mucus, provoquant une obstruction variable mais réversible des voies aériennes. Cette pathologie, qui altère la qualité de vie des malades, peut nécessiter une hospitalisation dans ses formes graves. La prévalence de l’asthme a fortement augmenté au cours du XXe siècle dans les pays industrialisés, mais tend à se stabiliser voire à diminuer dans ces régions, alors qu’elle progresse toujours dans les pays à faible revenu. En France, plus de 4 millions de personnes sont asthmatiques, avec une prévalence chez les enfants estimée à 10–15 %, et chez les adultes à environ 9 %. Bien que survenant majoritairement pendant l’enfance, l’asthme peut survenir à tout âge. Il persiste toute la vie, avec des phases possibles de rémission. Il n’existe pas de traitement pour guérir de l’asthme, mais une prise en charge adaptée, comprenant des traitements quotidiens, des traitements de crise et l’évitement des facteurs déclenchants, permet un bon contrôle de la maladie. L’asthme est une maladie multifactorielle, résultant d’interactions entre des facteurs génétiques et environnementaux. Cette revue propose une mise au point sur les facteurs environnementaux (mode de vie, expositions professionnelles, facteurs de l’environnement intérieur puis extérieur) impliqués dans le développement de l’asthme et souligne plus particulièrement ceux pour lesquels des travaux récents ont permis de préciser leur rôle.
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Communication scientifique
Les allergies alimentaires de l’enfant en 2025Pediatric food allergies in 2025
D.C. Rapports d’expertise et invitations en qualité d’intervenant pour AImmune et Stallergènes.
Les allergies alimentaires sont devenues un problème de santé publique au cours des dernières années, avec une augmentation de leur incidence et de leur sévérité. Elles intéressent 5 à 10 % des enfants et affectent de façon significative la qualité de vie des patients et de leur entourage. Des mesures de prévention primaire existent, mais ont encore une place limitée dans la diminution de l’incidence des allergies. Un diagnostic de certitude, qui passe souvent par la réalisation d’un test de provocation orale, est essentiel pour une prise en charge efficace, qui inclut tout d’abord l’éviction des aliments auxquels l’enfant est allergique, la mise en place d’une trousse d’urgence, la rédaction d’un plan d’action écrit en cas d’accident allergique par exposition à l’allergène, et la prescription d’un projet d’accueil individualisé. Établir ce dernier signifie aussi interagir avec le personnel des écoles, qui parfois ne se sent pas suffisamment formé pour comprendre la maladie de l’enfant et pour agir de façon adaptée en cas d’accident. L’éducation thérapeutique en cas d’allergie alimentaire doit donc inclure non seulement le patient et son entourage, mais aussi les médecins de l’éducation nationale et le personnel des écoles. En tout cas, malgré toutes les mesures de préventions, les enfants allergiques risquent de présenter des réactions inattendues et aujourd’hui il est indispensable de pouvoir proposer aussi des approches thérapeutiques, telle que l’induction de tolérance orale, pour essayer de traiter l’allergie ou au moins réduire la possibilité d’accident, en augmentant la dose de l’aliment tolérée par le patient.
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Communication scientifique
Les hypersensibilités médicamenteuses : primum non nocere mais agirDrug hypersensitivity: Primum non nocere but act
L’auteur déclare ne pas avoir de liens d’intérêts.
Les hypersensibilités médicamenteuses se manifestent par des réactions très hétérogènes pouvant toucher tous les organes, avec une prédilection pour la peau. Leurs causes et mécanismes sont multiples. On parle d’allergies médicamenteuses quand le mécanisme est immunologique spécifique, sinon d’hypersensibilités non allergiques. Elles peuvent engager le pronostic vital et être responsables de retrait du marché d’un médicament ou de précautions particulières à sa prescription. Bien que les véritables hypersensibilités aux médicaments soient relativement rares, de nombreux sujets, parfois dès l’enfance, sont étiquetés comme étant « allergiques », en particulier aux antibiotiques. Ils sont alors susceptibles d’être traités avec d’autres médicaments, qui peuvent être moins efficaces, plus toxiques, plus coûteux et conduire à des échecs et en ce qui concerne les antibiotiques au développement de certains types de bactéries résistantes. Le diagnostic des hypersensibilités médicamenteuses s’est considérablement amélioré au cours de la dernière décennie grâce à quelques découvertes immunologiques, aux échanges et standardisations entre équipes et à l’utilisation de bases de données plus importantes analysées avec des outils mathématiques modernes. Il nous reste à convaincre la communauté des non-allergologues que ce bilan est moins préjudiciable que la simple éviction, source de pertes de chance des patients qui ne reçoivent pas le traitement de première intention en raison d’une possible allergie/hypersensibilité médicamenteuse. C’est à travers la réponse à quelques questions cliniques que cet article survolera ce vaste domaine.
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Communication scientifique
Le diagnostic des allergies chez l’atopique, vers l’utilisation de l’intelligence artificielleThe use of artificial intelligence in the diagnosis of allergies in atopic patients: An exploration of the future of precision medicine
Les auteurs déclarent ne pas avoir de liens d’intérêts.
L’étude et les applications de l’intelligence artificielle (IA) en santé se sont rapidement développées au cours de la dernière décennie. En allergologie, domaine marqué par l’hétérogénéité des pathologies et le rôle de facteurs immunologiques et environnementaux complexes nécessitent des outils capables de traiter des données volumineuses et multidimensionnelles. L’IA, notamment par le biais du machine learning, du deep learning et du traitement du langage naturel, facilite l’analyse de ces données. Les allergies ayant une prévalence élevée (30 % de la population en 2025 et 50 % en 2050), l’IA offre des opportunités majeures pour améliorer et personnaliser le diagnostic. Ces technologies, intégrées au sein de systèmes d’aide à la décision clinique peuvent notamment soutenir les professionnels dans le diagnostic, la définition des endotypes et la recherche de biomarqueurs. Cette revue de littérature du groupe de travail e-santé et intelligence artificielle (GTESIA) de la Société française d’allergologie (SFA) expose les questions et propositions actuelles sur l’IA spécifiques à la spécialité. Nous présentons une sélection des méthodes les plus prometteuses et précisons comment l’IA peut s’intégrer dans le parcours de soin complexe et multidisciplinaire des patients allergiques.
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Rapport
Rapport 25-02. Prise en charge des facteurs de risque cardiovasculaire des personnes âgées de 75 ans et plusManagement of cardiovascular risk factors in people aged 75 and over
Les maladies cardiovasculaires sont la première cause de morbidité et de mortalité chez les sujets âgés de 75 ans et plus, en raison des altérations structurelles et fonctionnelles du cœur et des vaisseaux liées à l’âge, ainsi que de l’exposition cumulative aux facteurs de risque cardiovasculaire. Cette population présente une très forte croissance démographique ainsi qu’une hétérogénéité importante au niveau de l’état de santé et des capacités fonctionnelles : c’est à partir de cet âge qu’un pourcentage important de sujets présentent une fragilité croissante avec un déclin important des capacités physiques et mentales, et de plus en plus de maladies chroniques. Les sujets âgés les plus fragiles sont souvent à très haut risque de complications cardiovasculaires graves, et nécessitent donc des traitements médicamenteux préventifs et curatifs ; cependant, cette même population étant la plus vulnérable aux effets indésirables des traitements, cela peut conduire à des stratégies médicamenteuses moins agressives.
L’objectif de ce rapport est de contribuer à une prise en charge personnalisée, coordonnée et holistique des facteurs de risque cardiovasculaire chez les sujets âgés de 75 ans et plus en fonction de leur niveau de fragilité et de leur état fonctionnel, et non de leur âge chronologique, afin d’éviter un surtraitement des plus fragiles, ou un sous-traitement des plus robustes.
Le groupe de travail de l’Académie, créé en Mars 2024 et composé de 14 membres, a rédigé ce rapport après avoir auditionné 14 experts.
Ce rapport souligne l’importance du dépistage systématique de la fragilité et des capacités fonctionnelles des personnes âgées pour l’évaluation du rapport bénéfice/risque des différentes stratégies de prise en charge des facteurs de risque cardiovasculaire (FdR CV). La généralisation de cette approche innovante nécessite une formation de tous les professionnels de santé en contact avec des patients âgés aux notions gériatriques de base, et en particulier aux méthodes de dépistage des capacités fonctionnelles et de la fragilité. Le rapport insiste également sur l’intérêt de la décroissance thérapeutique chez les plus fragiles, chez qui les effets indésirables des traitements sont les plus fréquents et les plus graves. L’intervention de professionnels de santé et l’utilisation de nouvelles technologies peuvent aider au suivi du contrôle des FdR CV et à la diminution des erreurs de la prise médicamenteuse. Ce rapport met également l’accent sur la nécessité d’améliorer la prise en charge des résidents d’EHPAD à haut risque CV en proposant l’intervention d’équipes mobiles externes qui pourront suivre de façon régulière l’évolution de leur état clinique. Enfin, il est urgent de promouvoir des études cliniques de qualité en y incluant les patients âgés fragiles qui en sont actuellement le plus souvent exclus.
Les recommandations proposées s’adressent aux autorités politiques, aux universités, aux médecins et autres professionnels de santé, ainsi qu’aux patients et leurs aidants. Une action commune de tous ces acteurs est nécessaire afin de faire rentrer la sensibilisation et les pratiques gériatriques dans la vie quotidienne.
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Communication scientifique
L’évolution des dépenses hospitalières en France (2014–2023)The evolution of hospital expenses in France
L'auteur déclare n'avoir aucun lien d'intérêt.
La France est le deuxième pays européen après l’Allemagne pour la part de son PIB consacrée à la santé (11,8 % en 2022). La Dépense Courante de Santé au sens international (DCSi) s’élève à 325 milliards d’euros, soit 4600 euros par habitant en 2023. Depuis la tarification à l’activité, les dépenses hospitalières n’ont cessé de croître pour atteindre 122 milliards en 2023. Cette progression des dépenses hospitalières est très corrélée à l’ensemble des dépenses de santé du pays mais également à plusieurs décisions prises dans la période pour adapter l’offre de soins à la survenue de l’épidémie COVID: garantie de financement à l’hôpital, prise en charge du dépistage et de la vaccination, accords du Ségur de la Santé. Selon la DREES, les comptes financiers des hôpitaux publics se sont dégradés très fortement en 2022. Après un déficit de 415 millions en 2021, le déficit des hôpitaux publics s’élève à 1,3 milliards d’euros en 2022 et entre 1,7 et 1,9 milliards d’euros en 2023. La réforme des modalités de financement devient inévitable. Sont apparues récemment des innovations comme le financement sur objectifs de santé publique, le financement à la qualité et le paiement au forfait des parcours de soins.
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Communication scientifique
Le financement des hôpitaux publics. Approche conceptuelle en France : Du prix de journée à la tarification à l’activitéFinancing public hospitals. A conceptual approach in France: From the daily charge to activity-based pricing
L'auteur déclare n'avoir aucun lien d'intérêt.
Le choix des modes de financement de l’hôpital, dans les systèmes de santé développés, est assumé par un tiers payeur, public ou privé en fonction de l’organisation de la protection sociale du pays. Depuis 1950, en France, plusieurs stratégies ont été proposées pour déterminer les ressources nécessaires à la prise en charge des patients hospitalisés. Trois mécanismes se sont suivis pour établir le budget hospitalier : le prix de journée, la dotation globale de financement et enfin la tarification à l’activité, avec deux caractéristiques que l’on a cherché à améliorer, d’une part, un financement prospectif et non rétrospectif, d’autre part, un niveau de connaissance des soins nécessaires pour une pathologie. Le premier a consisté en un forfait à la journée calculé sur les coûts totaux annuels de l’établissement divisés par le nombre de journées effectué pendant cette même année. Le second a consisté à utiliser le budget de l’année N en lui appliquant un taux directeur (pourcentage d’augmentation) pour obtenir le budget de l’année N+1. Le troisième est issu d’un mécanisme mis en place aux USA c’est à dire un système de classement des patients selon leurs besoins dans des groupes homogènes de malades ou iso-ressources : le financier sait ainsi ce qu’il rémunère. Une comparaison succincte avec le financement des hôpitaux privés à but, lucratif, ex-objectif quantifié national y est introduite. Mais le financement n’est qu’un élément participant à l’efficience du système de soins hospitaliers, la qualité des soins, la planification et le concours de la médecine ambulatoire de premier recours.
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Communication scientifique
Les nouvelles approches du financement des soins hospitaliersNew approaches to financing hospital care
L'auteur déclare n'avoir aucun lien d'intérêt.
Mise en place progressivement à partir de 2004, la tarification à l’activité ou T2A est devenue la principale modalité de financement des établissements de santé pour le secteur court séjour dans ses composantes médecine, chirurgie et obstétrique (MCO). De 2004 à 2024, la T2A a cependant connu de nombreuses évolutions et adaptations pour tenter de parvenir à une meilleure description clinique des patients hospitalisés, une meilleure caractérisation des types d’activités réalisées et une tarification des groupes homogènes de séjours optimale. Après deux décennies de financement par la T2A, le bilan contrasté porté sur cette modalité de financement ainsi que les difficultés rencontrées par le système de santé et notamment le secteur hospitalier ont amené les pouvoirs publics à proposer et engager une évolution des modalités de financement des établissements de santé MCO. Il s’agit d’atteindre une diversification des modalités de financement et de diminuer la part de la T2A dans le financement des hôpitaux de court séjour. Il est fait l’hypothèse que chaque modalité de financement pourra avoir un impact positif sur les organisations et les pratiques de soins en complémentarité des impacts liés aux autres modalités de financement. Les nouvelles modalités de financement introduites ou renforcées visent à accroître le niveau de qualité des prises en charge, à favoriser la continuité des soins et à mieux répondre aux besoins de santé des populations des différents territoires. Ainsi, de nouvelles modalités de financements sont déployées : financement à la qualité, dotation populationnelle, financement à l’épisode de soins ou au parcours de santé, financement d’objectifs de santé publique. La balance entre complexité des mécanismes d’implémentation et résultats attendus ainsi que l’impact de la coexistence de différentes modalités de financement seront deux enjeux riches d’enseignement. Les objectifs ambitieux poursuivis au travers de ces évolutions du financement devront faire l’objet d’une évaluation.
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Communication scientifique
Un statut privé non lucratif permettant d’assurer le service publicA private status allowing public service to be provided
L'auteur déclare n'avoir aucun lien d'intérêt.
Majoritaires à l’étranger, les hôpitaux privés à but non lucratif représentent 10 % du nombre des hôpitaux publics français. Supportés par des associations, des fondations ou des mutuelles, ils pratiquent presque exclusivement le secteur 1. Les médecins y sont, sauf exception le plus souvent due à l’histoire, salariés. Les centres anti-cancéreux sont intégrés dans cette catégorie d’établissements. Autonomes dans leur gestion, ils sont plus souples mais aussi plus fragiles. La plupart participent aux missions de service public et à l’enseignement des sciences médicales et paramédicales. Ils développent des projets et des promotions de recherche. Certains de leurs praticiens sont professeurs d’université. Leur tarification, élaborée sur les mêmes bases que celle des hôpitaux publics a été cependant, depuis presque dix ans, inférieure de plus de 1 % à la leur. Les charges de personnels sont majorées par des cotisations salariales plus importantes. Des efforts de gestion sont donc déployés pour rester en équilibre financier et permettre leur pérennité. L’investissement et la recherche de qualité sont également indispensables à la satisfaction des patients.
Lire la suite >Séance du 21 janvier 2025
Communication scientifique
Angioplastie coronaire dans le syndrome coronaire chronique : un changement de paradigme ?Coronary percutaneous intervention for chronic coronary syndrome: A change in paradigm?
Les auteurs déclarent ne pas avoir de liens d’intérêts.
L’angioplastie percutanée est la méthode de revascularisation coronaire la plus utilisée. Son bénéfice reste indiscutable dans les syndromes coronaires aigus avec une diminution de la morbi-mortalité et justifie la mise en place de réseaux de prise en charge des urgences coronaires. À l’inverse, la prise en charge du syndrome coronaire chronique par l’angioplastie coronaire a connu des modifications importantes avec une diminution des indications de coronarographie et d’angioplastie. L’angioscanner coronaire permet un diagnostic rapide et non invasif des lésions coronaires et son utilisation est en croissance rapide. Plusieurs études randomisées à grande échelle ont remis en cause le bénéfice de l’angioplastie coronaire dans le syndrome coronaire chronique en démontrant une réduction de la fréquence des douleurs angineuses mais une absence de bénéfice en termes de morbi-mortalité. L’indication d’une angioplastie coronaire chez un patient porteur d’un syndrome coronaire chronique doit donc être précédée d’une évaluation soigneuse du terrain, des symptômes, de la morphologie et localisation des lésions coronaires. La diminution des indications d’angioplastie coronaire dans le syndrome coronaire chronique aura des implications sur le volume d’actes réalisés dans les centres d’angioplastie et sur leur répartition géographique.
Lire la suite >Séance du 21 janvier 2025
Communication scientifique
Innovations thérapeutiques dans la prise en charge de la schizophrénieTherapeutic innovations in the management of schizophrenia
L’auteur déclare ne pas avoir de liens d’intérêts.
Depuis quelques années le développement de nouvelles thérapeutiques et prises en charge offrent un grand espoir pour les patients souffrant de troubles du spectre schizophrénique. Le traitement de fond des troubles schizophréniques repose sur les antipsychotiques dont l’action pharmacologique principale est de bloquer les récepteurs dopaminergiques. Or de nouvelles molécules sont actuellement en développement. Leur originalité est d’agir sur d’autres systèmes de neurotransmission, ouvrant ainsi de nouvelles perspectives thérapeutiques. Les innovations portent aussi sur l’organisation des soins et les thérapeutiques non médicamenteuses. Ainsi, une détection précoce des troubles et des interventions précoces voire en amont des troubles sans attendre l’installation de la schizophrénie, est l’apanage de nouvelles prises en charge. Ces prises en charge précoces en appui avec les nouvelles technologies numériques et les interventions non médicamenteuses deviennent dès lors optimales et permettent d’infléchir la chronicité des troubles. Parmi ces interventions, les techniques de neurostimulation ouvrent de nouvelles perspectives dans le traitement des symptômes résistant au traitement antipsychotique comme les hallucinations auditives verbales et les symptômes négatifs. L’activité physique est aussi devenue incontournable compte tenu de ses bienfaits sur la santé physique et psychique et des travaux récents rapportant une fréquence élevée de sédentarité, de comorbidités métaboliques et cardiovasculaires ainsi qu’une longévité réduite de 20ans chez ces patients. L’intérêt de ces interventions est illustré par les résultats de nos travaux de recherche sur la neurostimulation et l’activité physique.
Lire la suite >Séance du 21 janvier 2025
Communication scientifique
Le baclofène à fortes doses dans le trouble de l’usage de l’alcool 20 ans aprèsHigh-dose baclofen for alcohol use disorder 20 years after
L’auteur déclare ne pas avoir de liens d’intérêts.
En 2004 paraissait une auto-observation d’un cardiologue français soulignant l’intérêt du baclofène à hautes doses dans le trouble de l’usage de l’alcool. L’intérêt thérapeutique de cet agoniste GABA-B avait déjà été repéré mais uniquement à des doses n’excédant pas 30mg par jour, contre 270mg par jour dans l’observation de 2004. Au cours des 20 ans qui ont suivi, le repositionnement du baclofène dans l’indication du trouble de l’usage de l’alcool a été l’objet de travaux scientifiques ayant précisé son efficacité et sa tolérance, mais aussi de polémiques médicales et de rebondissements réglementaires retracés dans cet article.
Lire la suite >Séance du 21 janvier 2025
Communication scientifique
La boucle fermée hybride : évolution ou révolution dans la prise en charge du diabète de type 1The hybrid closed loop: Evolution or revolution in the management of type 1 diabetes
C.T. déclare avoir bénéficié d’aides financières pour des réunions, des communications ou des protocoles de recherche de la part d’Abbott Diabetes Care, Glooko, Lilly, Novo-Nordisk, Medtronic, et Sanofi et a des activités de conseils pour Insulet et Medtronic.
Le traitement du diabète de type 1 nécessite une administration continue d’insuline dès le diagnostic pour répondre aux besoins physiologiques en insuline et prévenir les complications liées à l’hyperglycémie chronique tout en réduisant le risque quotidien d’hypoglycémies. L’introduction de la mesure continue du glucose a permis de modéliser les besoins en insuline et permettre une automatisation partielle du traitement avec l’aide de pompe à insuline pilotée par un algorithme approprié. Cette nouvelle prise en charge est l’aboutissement d’une série de progrès techniques, mais est une révolution pour les personnes qui l’adoptent en atteignant des niveaux de contrôle jamais obtenus auparavant, tout en allégeant la charge mentale. C’est aussi une transformation des pratiques et la nécessité d’une formation des professionnels de santé à cette innovation.
Lire la suite >Publié le 16 janvier 2025
Communiqué
Quand l’obésité devient une maladieWhen obesity becomes a disease
Lire la suite >Séance du 14 janvier 2025
Rapport
Rapport 25-01. L’inégalité de prise en charge de l’infarctus du myocarde chez les femmes en FranceInequality in the management of myocardial infarction in Women in France
Les auteurs du rapport déclarent n’avoir aucun lien d’intérêt
Les maladies cardiovasculaires sont la première cause de mortalité dans le monde. Des registres nationaux ont démontré une inégalité dans la prise en charge de l’infarctus du myocarde chez la femme entrainant une surmortalité. L’objectif de ce rapport est de sensibiliser la population et l’ensemble des acteurs de santé à cette problématique cruciale et de formuler 4 recommandations concrètes pour améliorer la prévention, le diagnostic, la gestion et surtout le pronostic de cette maladie chez la femme.
Lire la suite >Publié le 14 janvier 2025
Communiqué
Confidentialité de l’évaluation éthique dans le cadre de l’utilisation des animaux à des fins scientifiquesConfidentiality of ethical assessment in the context of animal use for scientific purposes
Lire la suite >Séance du 14 janvier 2025
Éditorial
Cellules-souches et organoïdes en endocrinologieStem cells and organoids in endocrinology
L’auteur déclare ne pas avoir de liens d’intérêts.
Lire la suite >Séance du 14 janvier 2025
Communication scientifique
Organoïdes hypothalamohypophysaires comme modèles pathologiquesHypothalamo-pituitary organoids as disease models for hypopituitarism
Les auteurs déclarent ne pas avoir de liens d’intérêts.
Les déficits hypophysaires, ou hypopituitarismes, sont définis comme une insuffisance de production d’une ou de plusieurs hormones antéhypophysaires (hormone de croissance, TSH, ACTH, LH-FSH et prolactine). Les hypopituitarismes congénitaux, maladies rares aux conséquences invalidantes, se présentent souvent sous la forme de déficits hormonaux isolés, tels que les déficits isolés en hormone de croissance (GHD) ou en ACTH (ACTHD) ou les déficits combinés en hormones hypophysaires, lorsque plusieurs hormones hypophysaires sont affectées. Ils résultent majoritairement de mutations génétiques ou de l’action nocive de facteurs environnementaux au cours du développement fœtal. Les deux dernières décennies ont vu l’apparition de nouveaux modèles in vitro appelés organoïdes, qui permettent de recréer partiellement le développement d’un organe à partir de cellules pluripotentes. À partir de cellules-souches humaines embryonnaires (hESCs) ou induites (hiPSCs), il a été possible de reproduire diverses étapes du développement hypothalamohypophysaire, mécanique complexe qui nécessite l’interaction entre deux structures embryonnaires d’origines différentes, jusqu’à la production de cellules endocrines hypophysaires fonctionnelles. Ces organoïdes ont permis au groupe japonais qui a initialement mis au point cette technique de comprendre les mécanismes cellulaires et moléculaires conduisant à la pathogénicité d’une mutation du gène OTX2, identifiée comme étant responsable de déficits combinés en hormones hypophysaires. Grâce à la technique d’édition génique CRISPR-CAS9, les organoïdes ont permis à notre groupe de démontrer que le phénotype endocrinien des patients souffrant du syndrome DAVID (déficit en ACTH associé à un déficit immunitaire commun variable) était bien lié à une mutation du gène NFKB2, identifiant ainsi ce gène comme un élément central du développement hypophysaire. Enfin, la capacité de ces organoïdes à présenter une réponse sécrétoire à une stimulation hypothalamique ainsi que la possibilité de moduler ces signaux en mimant le rétrocontrôle par les organes cibles laisse envisager dans le futur leur utilisation sous un angle thérapeutique dans le cadre de la médecine dite « régénérative ».
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Communication scientifique
Des cellules souches aux cellules sécrétrices d’insuline : perspectives pour comprendre et traiter les diabètesFrom stem cells to insulin-secreting cells: Perspectives for understanding and treating diabetes
L’auteur est co-fondateur et consultant pour Human Cell Design, qui distribue et commercialise les lignées de cellules bêta humaines.
Le diabète de type 1 est dû à la destruction des cellules bêta-pancréatiques (les cellules qui produisent l’insuline) par le système immunitaire. Les approches thérapeutiques du futur pourraient donc être basées sur des stratégies de protection des cellules bêta vis-à-vis de leur destruction et/ou de remplacement des cellules bêta détruites. Il y a 25 ans, la communauté scientifique ne disposait que de peu d’outils permettant progresser dans ces approches innovantes : pas d’accès à des cellules bêta-pancréatiques humaines en quantité illimitée pour disséquer les mécanismes de destruction des cellules bêta par le système immunitaire ; pas de modèle robuste de différenciation de cellules bêta à partir de cellules souches. Toutefois, les progrès de la recherche (particulièrement en biologie du développement), ont été la base, ces dernières années, de la réalisation de progrès majeurs : (i) le développement de lignées de cellules bêta fonctionnelles et donc l’accès à des cellules bêta en quantité illimitée qui permettent de mieux comprendre les mécanismes de destruction/protection des cellules bêta ; (ii) le développement de protocoles robustes de production de cellules bêta humaines fonctionnelles à partir de cellules souches qui permettent le lancement de plusieurs essais cliniques dont les premiers résultats s’avèrent remarquables. En conclusion, je suis impressionné par les progrès réalisés pendant les 25 dernières années sur cette thématique.
Lire la suite >Séance du 14 janvier 2025
Présentation ouvrage
Bruniaux P. Louis Pasteur, l’artiste. Éditions du SékoyaBesançon (2024) Lire la suite >Séance du 7 janvier 2025
Discours
Allocution de présidence pour l’année 2025 Lire la suite >Publié le 1 janvier 2025
Communication scientifique
L’intérêt du repérage des étapes du développement intersubjectif précoce pour le dépistage et l’intervention précoce dans les troubles neuro-développementauxThe value of identifying stages of early intersubjective development for screening and early intervention in neurodevelopmental disorders
L’auteur déclare ne pas avoir de liens d’intérêts.
Les données récentes sur le développement psychologique entre 0 et 3 ans ont révolutionné nos conceptions de l’origine des troubles du développement et de la psychopathologie précoce. Ces avancées ont conduit à tenter de rendre plus précoce le dépistage des troubles du développement, conduisant à des essais de prévention et d’intervention précoce. Ce travail retrace les apports récents sur les capacités du nouveau-né et du jeune enfant, et sur les aspects théoriques les plus pertinents. La psychopathologie précoce s’éclaire à la lumière de la synchronisation entre l’enfant et des ‘caregivers’, de la sensibilité du bébé humain à la violation de ses attentes dans le cadre des interactions précoces, du rôle clef de la spirale transactionnelle initiale, et de l’interaction gène-environnement. Il souligne l’intérêt de l’identification d’une dimension développementale relativement méconnue, qui va du plaisir partagé dans la synchronisation entre parents et bébé au retrait relationnel clinique, et qui participe au développement intersubjectif. Le développement intersubjectif précoce reste encore peu exploré. Ses étapes sont le sourire social, vers 2 mois, l’accordage affectif et le début de l’attention conjointe vers 9 mois (‘Pointing’) et le début de la capacité de symbolisation et du « faire semblant » vers 18 mois. On sait encore mal comment la prématurité et le retard de croissance influencent ces étapes, ni de quelle manière chaque étape prédit la suivante. Une meilleure connaissance de ces données, par des mises en situation parents-enfant lors de suivis longitudinaux, guiderait une application préventive de la guidance interactive assistée par la vidéo. Cette guidance préventive reste encore peu testée dans le domaine des troubles neuro-développementaux, qu’il s’agisse de la prématurité ou du trouble autistique.
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Éloge
Éloge du professeur Claude-Pierre Giudicelli (1934–2023) Lire la suite >Séance du 10 décembre 2024
Rapport
Rapport 24-13. La culture générale, pilier d’une médecine humanisteGeneral knowledge as the mainstay of an humanist medicine
Les auteurs ne déclarent aucun lien ni conflit d’intérêt.
La déshumanisation de la médecine de soins, amplement démontrée, a partie liée avec le déclin de la culture générale et un enseignement trop centré sur les matières scientifiques à caractère universel. Les objectifs visant à développer le sentiment empathique chez les médecins en formation, doivent être fondés sur la stimulation de l’intérêt pour la culture générale et, notamment, sur l’incitation à la lecture et l’interprétation d’œuvres d’art pictural. Dans cet esprit, il paraît nécessaire de mettre en place, dans chaque faculté de médecine, un « Département de Philosophie et Pédagogie de la Santé » dirigé par un philosophe de profession, afin de créer un véritable accompagnement culturel des étudiants, tout au long de leur cursus, dans le but ultime d’améliorer la relation médecin-patient et, partant, de restituer la dimension humaine du soin.
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Éditorial
Des maladies autoimmunes aux syndromes autoinflammatoiresFrom autoimmune diseases to autoinflammatory syndromes
Les auteurs déclarent ne pas avoir de liens d’intérêts.
Lire la suite >Séance du 10 décembre 2024
Communication scientifique
Maladies auto-inflammatoires : aspects physiopathologiquesAutoinflammatory diseases: Pathophysiological aspects
A Belot révèle des honoraires de consultation d'Abbvie, Kabi, Boehringer Ingelheim, GlaxoSmithKline.
Les maladies auto-inflammatoires sont causées par une hyperactivation des voies immunitaires innées, sans spécificité d’antigène, contrairement aux maladies auto-immunes, qui impliquent une réaction immunitaire contre les antigènes du soi par le système immunitaire adaptatif. Les maladies auto-inflammatoires ont été reconnues récemment, avec l’identification de formes génétiques comme la fièvre méditerranéenne familiale (FMF) et le syndrome périodique associé au récepteur du TNF (TRAPS), dès la fin des années 1990. Au cours des deux dernières décennies, plus de 40 maladies auto-inflammatoires monogéniques distinctes ont été identifiées. Celles-ci incluent les inflammasomopathies, les interféronopathies et les anomalies de la signalisation du TNFα ou de l’activation du facteur transcriptionnel NF-κB. L’exploration des mécanismes des maladies auto-inflammatoires est cruciale pour le développement de thérapies ciblées et leur caractérisation bénéficie au-delà des formes monogéniques à la compréhension générale des maladies inflammatoires.
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Communication scientifique
Les maladies auto-inflammatoires chez l’enfantAutoinflammatory diseases in children
L'auteur déclare des interventions ponctuelles et avis d’expertise pour SOBI, Novartis, Pfizer, LFB, Zydus, Amgen, Chugai. Essais cliniques en qualité de co-investigatrice pour Lilly, Sanofi, Abbvie, Roche.
Les maladies auto-inflammatoires (MAI) se caractérisent par un début précoce, parfois dès la période néonatale, et par des manifestations systémiques traduisant l’inflammation. Le modèle historique est la fièvre méditerranéenne familiale (FMF), qui est la plus fréquente des MAI, et comporte des crises de courte durée accompagnées de douleurs abdominales et thoraciques intenses traduisant une polysérite. L’étroite collaboration entre les cliniciens et les généticiens ainsi que le développement des techniques de séquençage à haut débit ont permis d’identifier un nombre croissant de MAI dont la classification repose aujourd’hui sur leur physiopathologie. Cinq grands groupes de MAI sont abordés dans ce chapitre. Globalement, on pense à une MAI chez un enfant devant des fièvres récurrentes inexpliquées associées à d’autres signes cliniques et biologiques d’inflammation notamment une élévation de la protéine C réactive lors des crises. S’agissant de maladies Mendéliennes, des antécédents familiaux peuvent être présents mais ils ne sont pas obligatoires. L’appartenance à une ethnie à risque est un élément essentiel pour envisager le diagnostic de FMF. Le diagnostic génétique peut confirmer la suspicion clinique en mettant en évidence des mutations pathogènes dans le gène concerné. Le traitement vise à faire disparaître l’inflammation en ciblant la voie pathogénique en cause. Par exemple pour la FMF, on cible la voie de l’interleukine 1 en utilisant la colchicine au long cours, et les anti-IL-1 dans les cas rares de résistance ou d’intolérance à ce traitement.
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Communication scientifique
Maladie de BehçetBehçet's disease
PC et MV déclarent ne pas avoir de liens d’intérêt.
BB : consultant pour AbbVie, Alimera, Horus, Novartis, Pharma, Thea et Roche.
DS : consultant pour Abbvie, Amgen, Roche Chugai, Janssen, Sanofi, Galapagos, Viatris, Celltrion, Hifibio, Fresenius et GSK.
La maladie de Behçet est une maladie chronique systémique inflammatoire d’origine inconnue, qui a bénéficié de nombreuses avancées durant les deux dernières décennies. Deux phénotypes cliniques majeurs ont été identifiés : des patients présentant un syndrome auto-inflammatoire avec aphtes buccaux récurrents, ulcères génitaux, uvéites et lésions cutanées, et ceux avec des manifestations artérielles, veineuses et plus rarement cardiaques (angio-Behçet). Cette classification a eu un impact sur les critères diagnostiques révisés. Ces manifestations sont associées à une morbidité importante et à une sur-mortalité. D’un point de vue physiopathologique, la maladie de Behçet apparaît aujourd’hui à la croisée des maladies auto-immunes et auto-inflammatoires. De nombreux mécanismes pathogéniques sont impliqués tels qu’une susceptibilité génétique (HLA-B5101, HLA-A26, IL10, IL23R, IL12RB2), la perturbation de l’homéostasie des lymphocytes T (polarisation Th1 et Th17, diminution des T régulateurs mémoires activés), rôle critique de l’IL21 dans la modulation de l’homéostasie des lymphocytes T et rôle des lymphocytes T cytotoxiques et des neutrophiles dans les lésions inflammatoires tissulaires. Les modalités de traitement ont longtemps reposé sur la colchicine, les corticoïdes et les immunosuppresseurs conventionnels (azathioprine, cyclophosphamide, ciclosporine…). Grâce à une meilleure compréhension des mécanismes pathogéniques sous-jacents, une nouvelle ère s’est ouverte avec l’utilisation des anti-TNF alpha et de l’interféron alpha, et plus récemment des biothérapies ciblées dont les anti-PDE4, les anti-IL12/IL23 et les anti-IL 6.
Lire la suite >Séance du 10 décembre 2024
Communication scientifique
Aspects cliniques diagnostiques et thérapeutiques du syndrome VEXASClinical, diagnostic and therapeutic aspects of VEXAS syndrome
Paul Breillat déclare ne pas avoir de conflit d'intérêt. Benjamin Terrier a reçu des honoraires pour du conseil ou des interventions auprès d'AstraZeneca, GlaxoSmithKline, Novartis, Boehringer Ingelheim et CSL Vifor.
VEXAS est un acronyme (vacuoles, enzyme E1, lié à l’X, auto-inflammatoire, somatique) qui désigne un syndrome auto-inflammatoire décrit pour la première fois en 2020. Le syndrome VEXAS touche, sauf de très rares exceptions, des hommes de plus de 50 ans. Il est lié à la survenue de mutations somatiques acquises du gène UBA1 (ubiquitin-activating enzyme E1) lié à l’X au sein des progéniteurs hématopoïétiques à l’âge adulte. Ces mutations entraînent la formation d’une isoforme cytoplasmique dysfonctionnelle sur le plan catalytique de l’enzyme E1, enzyme majeure de l’initiation de l’ubiquitination protéique. Il en résulte un défaut d’ubiquitination des protéines et, par des mécanismes encore mal élucidés, une inflammation systémique et des anomalies hématologiques allant de cytopénies isolées à un syndrome myélodysplasique. Remarquable par la sévérité des manifestations inflammatoires et leur caractère réfractaire ou résistant aux thérapeutiques habituelles, ce syndrome représente un défi thérapeutique autant qu’un changement de paradigme dans le domaine des maladies auto-inflammatoires de l’adulte.
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Communication scientifique
Diabète « néonatal » : une maladie neuro-endocrine, au-delà de la cellule à insuline. De la maladie rare à la maladie fréquente“Neonatal” diabetes: A neuroendocrine disease, beyond the insulin cell. From rare to common disease
Michel Polak est conseiller scientifique pour AMMTEK société qui a mis au point la suspension de glibenclamide AMGLIDIA (développée aussi sous le nom de GLIBENTEK).
Le diabète sucré « néonatal » se définit par l’existence d’une hyperglycémie liée à l’absence ou à l’insuffisance d’insuline circulante. C’est une maladie génétique rare (1 naissance vivante sur 100 000 en France). Il survient principalement avant six mois, et rarement entre six mois et un an. Cette maladie est liée à deux grands groupes de mécanisme : malformation du pancréas avec altération du développement et/ou de la survie des cellules sécrétant l’insuline (cellule β), ou anomalie fonctionnelle de la cellule β pancréatique existante, comme dans les mutations des gènes ABCC8, KCNJ11 codant pour le canal potassique de la cellule β pancréatique. Tous les patients porteurs d’une mutation des gènes ABCC8 ou KCNJ11, exprimés aussi dans le système nerveux central, présentent à minima des troubles neurologiques et/ou neuropsychologiques. Ces derniers sont susceptibles de pouvoir passer avec succès d’injections d’insuline à des sulfonylurées par voie orale. Il a également été démontré récemment que les sulfamides hypoglycémiants (le glibenclamide en particulier) étaient capables d’améliorer les déficits neurologiques, neuropsychologiques et visuomoteurs s’ils étaient introduits tôt dans la vie de l’enfant atteint. L’élucidation moléculaire de cette maladie rare a permis de valider l’importance de gènes codant pour des protéines impliquées dans le développement et la fonction des cellules à insuline. Cette compréhension génétique a aussi permis de mieux expliquer l’implication de ces gènes dans la pathogénie de diabètes sucrés de l’enfant et de l’adulte, illustrant le bénéfice d’un travail sur une maladie rare pour irriguer la compréhension d’une maladie fréquente, le diabète sucré.
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Communication scientifique
De la découverte de la ventilation liquidienne à son application en soins intensifs : un exemple d’interaction entre recherches animale, humaine et technologiqueFrom the discovery of liquid ventilation to its application in intensive care: An example of interaction between animal, human, and technological researches
En lien avec la présente publication, M. Tissier déclare être co-inventeurs de brevets relatifs à la ventilation liquidienne et apporter son Concours Scientifique en tant que coordinateur médical de l’entreprise Orixha et en participant à son capital, en application des articles L. 531-8, L. 531-9, L. 531-14, et L. 531-17 du Code de la recherche.
Cet article a pour but d’exposer les principaux développements de la recherche sur la ventilation liquidienne. Cette méthode de respiration artificielle consiste à administrer des liquides respirables, les perfluorocarbures, dans les voies aériennes. Leurs propriétés physicochimiques et leur forte solubilité pour l’oxygène et le dioxyde de carbone permettent le maintien d’échanges gazeux. Cette technique a été étudiée dans l’espoir de développer une nouvelle option thérapeutique pour les services de réanimation, en particulier pour le traitement du syndrome de détresse respiratoire aiguë (SDRA) et l’induction d’une hypothermie rapide chez les patients réanimés après un arrêt cardiaque. L’approche la plus étudiée, intitulée « ventilation liquidienne partielle » (VLP), consiste à administrer les perfluorocarbures dans la trachée au cours d’une ventilation mécanique gazeuse traditionnelle. Cette méthode requiert des volumes pulmonaires élevés ayant conduit, lors des expériences cliniques, à l’apparition de volotraumatismes chez certains patients et à l’interruption des recherches sur cette modalité de ventilation. En parallèle, l’intérêt pour l’autre approche de ventilation liquidienne, la ventilation liquidienne totale (VLT), a été renforcé. Cette méthode consiste à échanger un volume courant de liquide à chaque cycle respiratoire à l’aide d’un dispositif dédié. Cela présente l’avantage de contrôler le volume de liquide et de maitriser le risque de volotraumatisme. En revanche, cela nécessite le développement d’une technologie dédiée, ayant soulevé des défis en terme d’ingénierie et de recherche biomédicale. Après une quinzaine d’année de recherche, nous préparons un transfert clinique de cette approche thérapeutique à des fins d’induction d’une hypothermie ultra-rapide après un arrêt cardiaque.
Lire la suite >Séance du 3 décembre 2024
Communication scientifique
Traitements du glioblastome – Trente années de progrès et rôle de l’immunothérapieTreatments of glioblastoma – Thirty years of progress and the role of immunotherapy
L’auteur déclare ne pas avoir de liens d’intérêts.
Le glioblastome multiforme (GBM), tumeur maligne du cerveau, d’après la classification de l’OMS de 2016, est défini comme le glioblastome, faisant partie des gliomes diffus. Le GBM, avec une incidence de 3 à 15 cas pour 100 000 personnes et le pronostic de survie généralement inférieur à un an, a incité à la recherche de nouveaux traitements. Les thérapies mises à jour comportent principalement la résection chirurgicale, la radiothérapie, la chimiothérapie, l’immunothérapie et les vaccins ciblant les facteurs de croissance et leurs récepteurs, i.e. EGF-R ou VEGF. Les nouveaux traitements comprennent surtout des stratégies soit d’immunothérapie de cellules T adoptives (ACT), soit d’immunothérapies géniques. La dernière approche étant en général de type antigène, visant les gènes de l’oncogenèse des IGF-I ou TGF-beta. Les deux stratégies d’immunothérapies, et particulièrement thérapie génique anti-IGF-I, ont donné des résultats très encourageants : l’augmentation de la survie a atteint deux ans, et dans certains cas trois ans. Le progrès clinique lié au développement de nouvelles techniques, comme l’utilisation de produits phytochimiques ou de la nanotechnologie, est prometteur.
Lire la suite >Publié le 1 décembre 2024
Communication scientifique
The price of doubt: Consequences of vaccine hesitancy on the incidence of infectious diseases in BrazilLe prix du doute : conséquences de l'hésitation vaccinale sur l'incidence des maladies infectieuses au Brésil
The authors declare that they have no competing interest.
Lire la suite >Publié le 28 novembre 2024
Autre
Compte rendu du colloque « Maladies cardiométaboliques, tous concernés » Lire la suite >Séance du 26 novembre 2024
Rapport
Rapport 24-12. Déterminants et impacts de la qualité sanitaire de l’alimentation sur la nutrition et la santé humainesDeterminants and impacts of food safety on human nutrition and health
Absence de conflit d’intérêt – pour tous les auteurs du rapport
Les composés potentiellement toxiques de l’alimentation font l’objet de de larges débats contradictoires pour leurs effets sur la santé. Ils regroupent les xénobiotiques provenant de la pollution et des traitements de l’agriculture, les mycotoxines et les additifs utilisés dans la transformation des aliments. Le marché agroalimentaire européen est soumis à des réglementations plus contraignantes que les marchés américains et asiatiques, avec cependant une ouverture de plus en plus grande à la mondialisation des échanges. Un groupe de travail (GT) a auditionné des experts et acteurs du domaine pour approfondir trois questions : quels sont les enseignements et les limites de la toxicologie alimentaire? La traçabilité des sources et des modes de productions est-elle une réponse à l’enjeu de sécurité alimentaire face à la mondialisation ? Les labels de qualité alimentaire sont-ils suffisants pour assurer une information objective du consommateur sur la prévention du risque? Le GT constate une politique très volontariste de la France en matière d’affichage de la qualité qui contraste notablement avec l’insuffisance de contrôle du respect des règlementations européenne et nationale. Le GT a retenu 6 recommandations : 1- Inscrire le droit à l’alimentation dans le Droit français et européen pour garantir un accès à une alimentation saine, sûre, digne et durable. 2- Reconnaître une exception agro-alimentaire, notamment dans le cadre des échanges commerciaux. 3- Renforcer la fréquence des contrôles par l’Etat, avec l’obligation de contrôles élargies pour les gros acteurs de l’industrie agro-alimentaires. 4- Instaurer une réglementation et des mesures assurant au consommateur un accès aux produits avec label AB équivalent à l’accès aux productions conventionnelles. 5- Soumettre les produits transformés et ultra transformés à une obligation de contrôles en fin de chaine de production. 6 – Interdire l’utilisation non réglementée de composés chimiques non évalués par les agences européennes par application du principe de précaution.
Lire la suite >Séance du 26 novembre 2024
Communication scientifique
Physiopathologie de l’obésitéPhysiopathology of obesity
L’auteur déclare ne pas avoir de liens d’intérêts.
Cette revue explore les mécanismes physiopathologiques fondamentaux de l’obésité à travers plusieurs axes complémentaires. Elle commence par analyser les théories de la prise de poids, notamment le modèle de la balance énergétique et le modèle glucidique-insulinique, qui montrent comment un déséquilibre entre apport et dépense énergétique, ou l’influence des glucides sur la sécrétion d’insuline, favorisent l’accumulation de graisse. Elle aborde ensuite la prédisposition génétique, en distinguant les formes rares d’obésité monogénique et syndromique, où la génétique joue un rôle prédominant, des formes polygéniques courantes, dans lesquelles des variations génétiques interagissent avec l’environnement pour moduler le risque d’obésité. La dimension multi-organe de l’obésité est examinée à travers le rôle central du tissu adipeux, considéré non seulement comme un réservoir de stockage lipidique, mais aussi comme un organe endocrine actif. L’hypertrophie, l’inflammation et la fibrose de ce tissu contribuent aux complications métaboliques, telles que l’insulinorésistance et le diabète de type 2. L’étude se penche également sur le microbiote intestinal, en soulignant les interactions entre certaines compositions microbiennes et le métabolisme énergétique, avec des données suggérant que certains profils microbiens pourraient favoriser le développement de l’obésité. Enfin, la revue traite des altérations des hormones intestinales, en particulier les incrétines (GIP et GLP-1), qui régulent la sécrétion d’insuline et l’appétit. Ensemble, ces mécanismes mettent en évidence la complexité et l’hétérogénéité de l’obésité, soulignant la nécessité d’approches thérapeutiques personnalisées et adaptées aux spécificités de chaque patient.
Lire la suite >Séance du 26 novembre 2024
Communication scientifique
État des lieux de l’endoscopie bariatriqueState of the art of bariatric endoscopy
L’auteur déclare ne pas avoir de liens d’intérêts.
L’endoscopie bariatrique est une discipline en plein essor qui offre des alternatives moins invasives à la chirurgie traditionnelle pour le traitement de l’obésité. L’avenir de l’endoscopie bariatrique semble prometteuse en raison de plusieurs avancées technologiques et de la demande croissante de traitements moins invasifs de l’obésité. Voici un aperçu de l’endoscopie bariatrique, des tendances et des perspectives d’avenir de cette discipline.
Lire la suite >Séance du 26 novembre 2024
Communication scientifique
Nouveaux médicaments de l’obésité : quelle pertinence ?New drugs for obesity: What is their relevance?
L’auteur déclare ne pas avoir de liens d’intérêts.
L’obésité est une maladie chronique induite par des facteurs génétiques, environnementaux et comportementaux qui s’associe avec un grand nombre de comorbidités incluant le diabète de type 2, les maladies cardio- et cérébro-vasculaires, la maladie rénale, les hépatopathies stéatosiques, les dysfonctions respiratoires, l’arthrose, la dépression et autres. Ces comorbidités ont un lourd impact sur la mortalité et la qualité de vie. Les approches nutritionnelles, l’exercice, les programmes comportementaux, les médicaments et la chirurgie bariatrique obtiennent, indépendamment ou en les combinant, des résultats bénéfiques démontrés par les études cliniques. Les agonistes du récepteur du Glucagon-Like peptide 1 (AR-GLP1), dans les essais cliniques, ont apporté la preuve d’une efficacité sur la perte de poids, l’équilibre glycémique, la protection cardiaque, cérébrovasculaire et rénale, ainsi que sur la réduction des hépatopathies stéatosiques et des apnées du sommeil. Tout récemment, les doubles et triples agonistes des récepteurs des incrétines ont obtenu une perte pondérale similaire à celle induite par la chirurgie bariatrique.
Cette classe de médicaments agit par intermédiaire de leurs récepteurs localisés dans le tube digestif, le cœur, les vaisseaux, le système nerveux central, les nerfs, les lymphocytes impliqués dans l’effet anti-inflammatoire. Cette revue synthétise la balance bénéfices-risques liés aux effets secondaires des agonistes de récepteurs des incrétines afin de préciser les bonnes indications, leurs précautions et leurs limites chez les personnes en situation d’obésité avec ou sans diabète. La soutenabilité financière d’une prise en charge par la couverture universelle de l’Assurance Maladie nécessite de sélectionner attentivement les patients en accord avec les résultats et recommandations issues des essais cliniques contrôlés.
Lire la suite >Séance du 20 novembre 2024
Communication scientifique
Réflexions sur l’évaluation des médicaments et leur mise à disposition face aux évolutions sociétalesDrug evaluation faced with current societal developments: Are new marketing authorizations still reliable?
L’auteur déclare à la date de rédaction de l’article des liens ponctuels (conseils en développement) avec : GSK, Sanofi, GenSight, Pierre Fabre Médicaments, MundiPharma, Medi Qualité Omega.
Les annonces, parfois relayées par un tapage médiatique, de futures mises à disposition de médicaments des cancers et des maladies rares présumés très efficaces, associées au souhait des patients et de leurs associations de disposer de ces produits « prometteurs » le plus vite possible, créent une situation nouvelle en matière de revendications d’autorisations de mise sur le marché et en France de prise en charge par la solidarité nationale. Cette situation, faite d’espoirs et d’impatience face à des promesses souvent inconsidérées, est propice à un accommodement préoccupant avec les exigences méthodologiques d’une évaluation rigoureuse de ces candidats-médicaments. Il peut en résulter des mises sur le marché de médicaments insuffisamment évalués, de balance bénéfices/risques incertaine ou même défavorable, comme en témoignent des retraits ultérieurs du marché qui font se poser, surtout s’ils sont tardifs, la question des risques que l’on a fait courir aux patients. À cette évolution, des mentalités s’ajoutent les demandes de plus en plus pressantes de chercheurs et de sociétés savantes d’utiliser des méthodes plus appropriées que l’essai comparatif randomisé conduit à l’aveugle pour évaluer les nouveaux traitements ciblés des cancers, les thérapies cellulaires ou géniques. Les revendications sociétales, prises en compte et relayées par les pouvoirs publics, sont donc de deux ordres : évaluer plus vite quitte à évaluer moins bien et savoir parfois changer de paradigme en matière d’évaluation quitte à se satisfaire d’un niveau de preuve dégradé. La Food and Drug Administration et l’European Medicines Agency donnent des droits à ces désidératas et ne font pas obstacle à la prise en compte des résultats d’études non comparatives ou même d’essais « basket » pour octroyer des autorisations conditionnelles. Toutefois, les enjeux sécuritaires de ces évolutions étant considérables, on ne doit pas s’étonner qu’à l’inverse, de nombreuses prises de position dans la littérature stigmatisent nombre d’autorisations octroyées comme inappropriées.
Lire la suite >Séance du 12 novembre 2024
Communication scientifique
Vieillissement et cancersCancers in elderly population
L’incidence des cancers augmente avec l’âge et aujourd’hui dans les pays industrialisés, l’augmentation la plus importante des cancers est chez les patients de plus de 80 ans. Le cancer du sein reste une des causes les plus importantes de mortalité chez les femmes de 90–100 ans, alors que le cancer de la prostate et le cancer colorectal sont les principales causes de mortalité par cancer chez les hommes dans cette tranche d’âge. La mortalité par cancer du poumon, en revanche, diminue après 85 ans. Le principal mécanisme expliquant l’augmentation du nombre de cancers chez la personne âgée est l’immunosénescence, c’est-à-dire le vieillissement qualitatif et quantitatif du système immunitaire, associant aussi bien les fonctions humorales que les fonctions cellulaires. Dans le domaine du dépistage, on manque d’études pour évaluer l’intérêt d’un dépistage organisé des cancers dans cette population, en particulier pour définir une borne haute au-delà de laquelle il n’est pas licite de dépister. Sur le plan thérapeutique, les enjeux concernent l’efficacité des traitements dans cette population mais aussi la tolérance. Les personnes de plus de 75 ans sont largement sous représentées dans les essais cliniques d’enregistrement des innovations thérapeutiques et les essais spécifiques aux personnes âgées sont peu nombreux. Des études spécifiques sont nécessaires pour évaluer les modalités de prise en charge dans cette population, avec en particulier l’utilisation d’évaluation gériatrique standardisé permettant au-delà de l’âge de mieux sélectionner cette population. Une attention particulière est nécessaire pour prédire la survenue d’effets secondaires. En conclusion : il s’agit d’un important problème de santé publique qui impose le développement de prises en charges spécifiques.
Lire la suite >Séance du 5 novembre 2024
Rapport
Rapport 24-11. Offre de soins en cancérologie adulteAdult cancer care
Les auteurs ne déclarent pas de conflits d’intérêts
La fréquence des cancers en France a doublé depuis trente ans. Malgré une organisation très structurée, il existe des difficultés et des inégalités territoriales de prise en charge tout au long du parcours de soins. Concernant la prévention, une analyse des besoins avec la recherche des populations concernées, une planification des offres et une évaluation des résultats sont indispensables. Les réunions de concertation pluridisciplinaire (RCP) doivent être inter établissements évitant des décisions « monolithiques » et facilitant l’accès aux techniques innovantes, aux protocoles de recherche clinique et aux RCP de recours. La caractéristique génomique des tumeurs est indispensable et repose sur la détection d’anomalies du génome effectuée de façon ciblée (test compagnon) ou de préférence d’une manière plus globale (séquençage haut débit : NGS). Une interaction entre pathologiste et biologiste moléculaire est indispensable avec des comptes rendus unifiés et standardisés. Pour la chirurgie pour lesquels des seuils d’activité et une gradation de soins ont été définis, la radiothérapie où une forfaitisation tarifaire par traitement, identique entre le public et le privé est en cours de mise en place et l’oncologie médicale, il est indispensable de créer des parcours territoriaux de soins équilibrés avec un engagement opposable entres centres de référence et centres de proximité. Une politique nationale incitant aux métiers orientés vers la cancérologie doit être largement proposée avec une qualification spécifique des chirurgiens oncologues et une amélioration des parcours professionnels pour les personnels paramédicaux. Les soins de support doivent débuter dès la prise en charge avec une articulation hôpital-ville
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