Articles du bulletin

Le Bulletin est édité avec Elsevier-Masson. Les rapports de l'Académie sont disponibles intégralement sur le site internet de l'Académie. L'accès aux autres textes peut être obtenu sur Em-Consulte. Les archives du Bulletin sont disponibles en accès libre sur le site Gallica de la BNF (numéros de de 1836 à 2017) et sur le site de l'Académie (de 2001 à 2018).

Accès au Bulletin électronique sur Em-Consulte

Consulter les instructions aux auteurs




3935 résultats

  • Éditorial

    Xénogreffe : le serpent de mer ressort la tête

    The sea serpent's head popping up again

    L'auteur déclare n'avoir aucun lien d'intérêt.

    Lire la suite >
  • Communication scientifique

    Pénurie d’organes : État des lieux et estimation des besoins à venir

    Organ shortage: Current situation and estimate of future needs

    L'auteur déclare n'avoir aucun lien d'intérêt.

    La réponse à la pénurie d’organes destinés à la transplantation est un défi majeur pour les systèmes de santé à travers le monde. En France, malgré des efforts significatifs pour améliorer le prélèvement, le don et la transplantation d’organes et de tissus, un écart persiste entre les besoins des patients et le nombre de greffons prélevés. Cet article explore les tendances actuelles de l’épidémiologie des maladies chroniques et les projections des besoins en organes pour les cinq prochaines années, en s’appuyant sur des données récentes et des analyses prospectives. Les principaux facteurs influençant cette pénurie, ainsi que les stratégies potentielles pour y remédier, sont également discutés, en intégrant les objectifs du Plan Greffe Organes-Tissus 2022–2026.

    Lire la suite >
  • Communication scientifique

    Espoirs et déceptions de la xénotransplantation au vingtième siècle

    Hopes and disappointments of twentieth-century xenotransplantation

    L'auteur déclare n'avoir aucun lien d'intérêt.

    L’histoire de la xénotransplantation au vingtième siècle a évolué par vagues successives apportant espoirs et déceptions. La première est celle des pionniers lyonnais de la transplantation, Alexis Carrel et Mathieu Jaboulay qui, ayant mis au point une technique permettant de réaliser des anastomoses vasculaires, ont fait les premières xénogreffes de reins de porc et de chèvre, décrivant sans le savoir le rejet hyperaigu avec thrombose et nécrose du greffon. Les premiers succès de l’allogreffe de rein et la pénurie de greffons ont déclenché une seconde vague dans les années soixante avec des xénogreffes d’organes de primates proches de l’homme mais avec une survie des greffons qui ne dépassait pas quelques semaines, faute d’une immunosuppression efficace. La découverte de nouveaux immunosuppresseurs à la fin du vingtième siècle et l’identification des mécanismes du rejet hyperaigu a suscité de nouveau de grands espoirs avec des xénogreffes d’organes de porcs. Malheureusement la découverte de rétrovirus porcins dans le génome des porcs et la possibilité de déclencher une pandémie mondiale a imposé un moratoire d’une vingtaine d’années avant que les progrès de la biotechnologie ne permettent de franchir un nouveau cap, peut être décisif cette fois, en 2021.

    Lire la suite >
  • Communication scientifique

    Problématiques et avancées de la xénotransplantation

    Issues and advances in Xenotransplantation

    L'auteur déclare n'avoir aucun lien d'intérêt.

    La xénotransplantation a été dès le début du XX e siècle, la première preuve de concept de la faisabilité technique de la transplantation d’organe, par la mise au point des anastomoses vasculaires. Mais jusque peu, elle a bien entendu toujours été confrontée à la problématique de la discordance d’espèce menant à des rejets immédiats ou très précoces. La meilleure compréhension des phénomènes engagés, combinée d’une part à l’accès aux techniques de modification génétique chez les grands animaux et en particulier le porc et d’autre part à de nouvelles immunosuppressions, ont permis de franchir de nouvelles étapes dans les modèles précliniques porcs sur primates non humains avec des prolongations de survies, telles que l’avancée majeure du passage chez l’homme s’est produite depuis l’année 2021. À ce stade, les expérimentations humaines demeurent exceptionnelles et pilotes, essentiellement aux États-Unis et à un moindre niveau en Chine et l’observation de leurs résultats sera d’un grand enseignement. Ces « premières » montrent certainement la voie pour le redémarrage d’autres dynamiques, notamment françaises et européennes.

    Lire la suite >
  • Conférence invitée

    Une seule santé et gouvernance des données : le rôle de l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail

    One Health and data governance: The role of the French Agency for Food, Environmental and Occupational Health & Safety

    Les auteurs déclarent ne pas avoir de liens d’intérêts.

    L’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) déploie une approche intégrée « Une seule santé (One Health) » articulant santé humaine, animale, végétale et environnementale. Cette revue présente ses quatre missions — évaluer les risques, produire des connaissances, surveiller et alerter, et examiner les autorisations de mise sur le marché de produits règlementés — en montrant comment cette stratégie sert des objectifs scientifiques et politiques. D’un point de vue opérationnel, l’Anses incarne une gouvernance interministérielle des questions de santé et une approche interdisciplinaire adossée à des collectifs d’expertise indépendants et à des laboratoires de recherche et de référence. Sur le plan politique, l’approche One Health constitue un cadre d’action privilégié pour répondre à des défis systémiques : zoonoses, antibiorésistance, polluants persistants, changement climatique et justice environnementale. En appui de la montée en puissance de ce cadre, l’Anses s’implique dans l’exploitation des données numériques au profit des politiques publiques de santé au travers du Green Data for Health (GD4H), plateforme nationale visant l’interopérabilité et la valorisation des données environnementales et sanitaires au service de l’exposome, de la surveillance et de l’évaluation des risques. Le GD4H crée des ponts entre données d’air, d’eau, de sols, d’alimentation et de santé, au bénéfice des décideurs et des territoires (plans d’action, prévention, aménagement). Cette revue propose des repères pour relier excellence scientifique, transparence et participation des parties prenantes, au service d’une sécurité sanitaire élargie et d’une action publique plus efficace.

    Lire la suite >
  • Communication scientifique

    Anticorps monoclonaux anti-amyloïde Beta contre la maladie d’Alzheimer en 2025 : prudence ou scepticisme ?

    Anti-amyloid monoclonal antibodies: cautions or skepticism?

    G. Bouvenot déclare des liens ponctuels avec GSK, Sanofi, Vifor Pharma, Sage Therapeutics, Steba Biotech, Alnylam, Tesaro Bio France, Insmed, GenSight, Pierre Fabre Médicaments, Lupin, Dyne.

    La prise en charge de la maladie d’Alzheimer constitue l’un des problèmes majeurs de santé publique dans nos sociétés. Or, il faut se résoudre à constater que l’histoire des médicaments de la maladie d’Alzheimer n’a été jusqu’à ce jour qu’une suite de déceptions et de désillusions face aux attentes de la communauté des soignants, des associations de patients, des aidants et des Sociétés savantes. Les leçons du passé à propos de tacrine, puis des autres inhibiteurs de l’acétylcholine estérase et d’un antagoniste des récepteurs N-méthyl-D-aspartate, invitent à se garder de tout excès d’optimisme pour les médicaments à venir. Les anticorps monoclonaux antiamyloïde Beta, considérés comme « prometteurs » et dont l’efficacité attendue repose sur le « paradigme » discuté de la responsabilité du développement de plaques amyloïdes dans la genèse de la maladie, justifient un regard critique. Les performances actuellement connues du lecanemab (Leqembi® Autorisation de mise sur le marché USA 2023) et du donanemab (Kisunla® AMM USA 2024), après le retrait de l’aducanumab (Aduhelm® USA 2022) et les échecs du développement de plusieurs autres anticorps, font en effet débat. Leur efficacité, qualifiée dans la littérature de modeste quand ce n’est pas de marginale ou même de discutable, n’est reconnue que dans les formes débutantes et pour des durées limitées, tandis que leurs effets indésirables, principalement un œdème ou des d’hémorragies encéphaliques visualisés par imagerie, de survenue non exceptionnelle, ne laissent pas d’inquiéter, même quand ils ne sont pas cliniquement symptomatiques. La balance bénéfices/risques de ces produits, considérée comme encore incertaine par nombre de spécialistes, mérite donc d’être affinée. Et, indépendamment des questions éthiques posées par leur prescription, leur arrêt et leur financement, il y a de sérieuses raisons d’en limiter strictement l’usage à la population cible véritablement atteinte de la maladie (de plus en plus reconnue comme hétérogène) et précisée par l’Agence Européenne des médicaments pour en améliorer la sécurité d’emploi.

    Lire la suite >
  • Communication scientifique

    Étiopathogénie des malformations vasculaires. Quel lien avec le cancer ?

    New insights in genetic mechanisms of vascular malformations; Is there a link with cancer?

    Les auteurs déclarent ne pas avoir de liens d’intérêts.

    Objectifs
    Les anomalies vasculaires recouvrent une gamme étendue de troubles cutanés, de lésions bénignes à des affections potentiellement graves. Un diagnostic précis est essentiel pour leur prise en charge efficace, et une approche multidisciplinaire est indispensable. La classification établie par l’ISSVA distingue les anomalies vasculaires entre tumeurs vasculaires prolifératives et malformations vasculaires non prolifératives. Ce système permet une communication unifiée entre pathologistes, cliniciens et chercheurs, et facilite l’évaluation, le diagnostic et le traitement des malformations, selon leur composante vasculaire prédominante, leur flux (lent ou rapide), et leur nature familiale ou sporadique. La recherche génétique, avec l’analyse des voies de signalisation PI3K/AKT/mTOR et RAS/MAPK/ERK, a également permis de clarifier l’étiopathogénie et d’orienter vers des traitements ciblés. Cette avancée permet d’envisager en sus des thérapeutiques interventionnelles (sclérothérapie, embolisation ou chirurgie) des thérapies pharmacologiques basées sur des inhibiteurs moléculaires ciblant les mutations spécifiques, dont certaines sont partagées avec l’oncologie.

    Étiopathogénie
    Les mutations germinales et somatiques dans les gènes TEK, PIK3CA, RASA1 et EPHB4 sont fréquemment retrouvées dans des malformations spécifiques. Les études montrent que ces mutations affectent les voies PI3K/AKT/mTOR et RAS/MAPK/ERK, entraînant une prolifération anormale des cellules endothéliales et des anomalies de morphogenèse vasculaire. Les techniques de séquençage génétique NGS permettent d’identifier des mutations somatiques responsables des cas sporadiques de malformations, et de déterminer ainsi un traitement médicamenteux ciblé. Les traitements actuels incluent des inhibiteurs de mTOR, des inhibiteurs de PIK3CA et des inhibiteurs de MEK. Ces traitements peuvent être administrés en adjuvant ou en néoadjuvant. L’existence d’un second hit dans les malformations vasculaires pour l’expression clinique de la maladie permettrait de créer un parallèle avec l’exposome, permettant l’expression d’un cancer.

    Similitudes et différence avec les cancers
    Les malformations vasculaires partagent certaines caractéristiques biologiques avec les tumeurs oncologiques, notamment des voies de prolifération communes, telles que PI3K/AKT/mTOR et RAS/MAPK/ERK. Cependant, des différences significatives subsistent : les anomalies vasculaires ne montrent pas d’atypies histologiques, de mitoses anormales, ni de prolifération cellulaire rapide, contrairement aux tumeurs. De plus, l’apparition des malformations vasculaires est liée à des mutations germinales et somatiques spécifiques au tissu, alors que les cancers dépendent de mutations acquises influencées par des facteurs environnementaux. Cette distinction explique que les traitements puissent être similaires dans certains cas, mais que les approches thérapeutiques restent différentes, les patients atteints de malformations étant souvent plus jeunes et devant éviter des effets secondaires lourds.

    Lire la suite >
  • Communication scientifique

    Les effets des comportements sédentaires (temps assis) sur la santé. Quelle prévention ?

    The effects of sedentary behaviour (sitting time) on health. What prevention?

    L’auteur déclare ne pas avoir de liens d’intérêts.

    Les comportements sédentaires (temps passé assis en période éveillée) sont reconnus comme un comportement distinct du comportement d’activité physique avec leurs effets propres sur la santé et ils ne peuvent pas être uniquement définis par le manque d’activité physique. Les comportements sédentaires sont associés à une augmentation du risque de décès prématurés et de morbidité (diabète de type 2, obésité, maladies cardiovasculaires, cancers, dépression, démence…). Les effets de l’activité physique sont le plus souvent insuffisants pour contrer les conséquences d’un temps de sédentarité élevé, surtout si le niveau d’activité physique est peu important. Les mécanismes physiopathologiques de la sédentarité sont multiples et intriqués. La valeur du seuil de sédentarité « délétère » pour la santé n’est pas définie, car elle dépend de tous les comportements d’activité physique des 24h (incluant le sommeil, la position debout, l’activité physique d’intensité légère, modérée et vigoureuse). Trois types d’actions sont efficaces pour lutter contre les effets de la sédentarité : (1) substituer du temps de sédentarité par de l’activité physique c’est-à-dire remplacer une partie – 30minutes à 1heure – du temps de sédentarité par de l’activité physique, quelle que soit son intensité ; (2) interrompre régulièrement le temps assis par des pauses actives ; (3) pratiquer une activité physique de faible intensité pendant les temps assis (bureaux actifs). Compte-tenu de l’importance du temps de sédentarité (7 à 12h/jour), la diminution des comportements sédentaires est un objectif de santé publique majeur et doit être associée aux messages favorisant l’activité physique.

    Lire la suite >
  • Avis

    Avis inter-académique. Amélioration de l’évaluation des projets utilisant des animaux à des fins scientifiques

    Improving the assessment of projects using animals for scientific purposes

    Lire la suite >
  • Communiqué

    La légalisation de l’usage « récréatif » du cannabis causerait de graves problèmes en termes de santé publique

    Legalizing “recreational” cannabis use would cause serious public health problems

    Lire la suite >
  • Éditorial

    Le triage médical : une expérience en pédiatrie

    Medical triage: An experience in pediatrics

    Les auteurs déclarent n'avoir aucun lien d'intérêt.

    Lire la suite >
  • Communication scientifique

    De l’état d’exception au rationnement invisible et retour : penser le triage en continuum ?

    From a state of exception to invisible rationing…and back: Rethinking triage as a continuum?

    L'auteur déclare n'avoir aucun lien d'intérêt.

    Le tri médical est une pratique d’allocation des ressources médicales en contexte de tension visant à maximiser le bénéfice collectif. Non sans malentendus sur sa signification, la pandémie de Covid-19 a révélé son extension bien au-delà des services de réanimation, affectant l’ensemble du système de soins et mettant en lumière un rationnement structurel souvent invisible. Des situations d’exception où les protocoles engagent directement qui vivra et qui mourra, aux arbitrages budgétaires ordinaires en santé ou en recherche, faut-il penser le tri le long d’un continuum où les enjeux sacrificiels apparaissent plus ou moins nets ou flous ? Prendre conscience du tri même là où il ne se voit pas a le mérite d’éclairer ses angles morts. Mais réinjecter du tragique dans la vie ordinaire comporte aussi des risques. Cet article explore la pertinence et les limites d’une pensée du tri en continuum, interrogeant les critères de priorisation à l’articulation entre logiques d’expertise médicale et philosophies de la justice distributive, l’impact des décisions collectives sur la médecine individuelle et la nécessité d’un débat démocratique sur la gestion des ressources en santé. Face aux tensions croissantes sur le système de soins, il plaide pour une prise de conscience collective et une régulation explicite du rationnement, afin d’en assurer l’équité et la légitimité tout en préservant les valeurs fondamentales du soin.

    Lire la suite >
  • Communication scientifique

    Triage et urgences pédiatriques. Expérience de l’hôpital Necker-Enfants–Malades

    Pediatric emergency triage systems. A universitary emergency department's experience

    L'auteur déclare n'avoir aucun lien d'intérêt.

    Le triage est un outil fonctionnel nécessaire à la gestion quantitative et qualitative des services d’urgences. Les échelles pédiatriques de triage ne sont pas satisfaisantes. Elles doivent être complétées par une évaluation médicale simultanée première étape de la démarche diagnostic. Le triage doit donc être le fruit d’un travail conjoint de l’infirmière d’accueil et du pédiatre.

    Lire la suite >
  • Communication scientifique

    Le triage en néonatologie

    Medical triage in neonatology

    L'auteur déclare n'avoir aucun lien d'intérêt.

    Le triage médical en réanimation médicale comme dans d’autres spécialités, ne se réalise pas qu’en situation de crise, ou de manque de ressources, mais peut être vécu au quotidien de façon conscient ou inconscient. En prenant l’exemple de 4 situations, cet article souhaite attirer l’attention des professionnels de la périnatalité sur la nécessité d’anticiper les choix difficiles en se basant sur la médecine fondée sur les preuves et d’éviter toute discrimination.

    Lire la suite >
  • Communication scientifique

    Faut-il vraiment parler de « tri »?

    Do we really need to talk about ‘triage’?

    Les auteurs déclarent ne pas avoir de liens d’intérêts.

    Dans cet article, nous défendons trois idées. Bien que l’on parle souvent de « tri » en médecine, et même parfois d’une « médecine du tri », le terme de tri (qui renvoie à l’idée d’élimination et d’élection) est impropre pour décrire l’activité ordinaire de la médecine, qui relève à nos yeux d’un triage, c’est-à-dire d’une orientation différenciée des patients dans le système de santé. En deuxième lieu, ce triage médical, cette orientation différenciée, s’opère à la fois sur une base individuelle (afin de donner à chaque patient le traitement le plus approprié à sa situation) et sur une base populationnelle (pour répartir au mieux les ressources de santé disponibles). Enfin, le triage populationnel peut prendre des formes très différentes, qui vont du simple report de soins à l’annulation pure et simple de procédures ou d’interventions, en passant par le fait de proposer des prises en charge plus ou moins suboptimales, pendant un temps plus ou moins long, ce qui peut avoir des conséquences plus ou moins graves, tant d’un point de vue médical que d’un point de vue éthique. Si certaines formes de triage populationnel ont, jusqu’à présent, fait l’objet de nombreux travaux et réflexions, d’autres sont mises en œuvre de manière large, sans recevoir toute l’attention éthique qu’elles méritent.

    Lire la suite >
  • Rapport

    Rapport 25-06. De l’origine du SARS-CoV-2 aux risques de zoonoses et de manipulations dangereuses de virus

    From the Origin of SARS-CoV-2 to the Risks of Zoonoses and Dangerous Virus Manipulation

    Christine ROUZIOUX, Patrick BERCHE, Patrice BINDER, François BRICAIRE, Yves BUISSON, Bernard CHARPENTIER, Etienne DECROLY ne déclarent aucun lien ni conflit d’intérêt ; Jean-François DELFRAISSY déclare être Président actuellement du Comité consultation national d’éthique et ancien Président du Conseil scientifique covid-19 auprès du gouvernement.

    Cinq ans après le début de la pandémie de COVID-19, l’origine du virus SARS-CoV-2 reste une énigme. L’hypothèse de l’origine naturelle est opposée à celle d’un virus manipulé dans un laboratoire à Wuhan en Chine, point de départ de la pandémie. Connaître l’histoire de la pandémie permet une analyse des risques. Les risques zoonotiques restent majeurs et persistent voire augmentent ; il est donc nécessaire d’établir des recommandations en matière de surveillance épidémiologique.  Les risques liés aux manipulations génétiques de virus sont également croissant et il faut sensibiliser les chercheurs et les étudiants face à leurs responsabilités scientifiques et éthiques liées à la finalité de leurs travaux et face aux risques d’accidents/incidents de laboratoire. Le contexte actuel de développement technologique en biologie incluant l’IA peut induire de graves conséquences en l’absence de contrôle et de réflexion sur leurs impacts possibles, notamment sur en matière de biosécurité.

    Lire la suite >
  • Communication scientifique

    L’exoscopie 3D-4K en chirurgie de la tête et du cou : simple évolution ou révolution ?

    3D-4K exoscopy in head and neck surgery: Simple evolution or revolution?

    Thierry Van Den Abbeele : conférences, invité en tant que conférencier pour Storz®.

    Les autres auteurs déclarent ne pas avoir de liens d’intérêts.

    Introduction
    Les dispositifs chirurgicaux d’agrandissement, comme les microscopes opératoires et les endoscopes couplés à des caméras HD, ont transformé la chirurgie de la tête et du cou. Récemment, les exoscopes 3D-4K sont apparus, offrant des avantages significatifs en termes de profondeur de champ et d’ergonomie. Cette étude vise à évaluer l’apport de ces nouveaux instruments en oto-rhino-laryngologie pédiatrique et à examiner leurs avantages et inconvénients.

    Matériels et méthodes
    Une étude rétrospective (2019–2023) a inclus 3055 interventions pédiatriques utilisant des exoscopes, microscopes ou loupes. Les chirurgies ont été classées en procédures otologiques, laryngées, transorales et cervicales ouvertes. Par ailleurs, au sein de cette période, une évaluation prospective sur près de 200 cas a été menée de juin 2021 à juin 2022 pour comparer les techniques à l’aide de questionnaires.

    Résultats
    Entre 2019 et 2023, 2418 des 3055 chirurgies ont utilisé un exoscope. Lors des procédures d’otologie (1482 interventions), des avantages nets de l’exoscopie en termes d’ergonomie, de qualité d’image notamment couplée avec l’endoscopie, et de partage entre opérateurs ont été mis en évidence, bien que des limitations soient notées à fort grossissement. En chirurgie laryngée (566 interventions), l’exoscope a offert une meilleure maniabilité que le microscope. Pour les chirurgies transorales (329 interventions), l’exoscope a surpassé les loupes chirurgicales en termes de confort, d’ergonomie et d’enseignement. Aucune complication liée à l’équipement n’a été signalée.

    Discussion
    L’exoscopie 3D-4K présente des avantages pédagogiques et ergonomiques certains, facilitant le travail d’équipe et améliorant le confort opératoire. La courbe d’apprentissage s’est avérée rapide. Les limites comportent notamment la dégradation de l’image à fort grossissement, mais celles-ci peuvent être atténuées avec l’expérience, les améliorations technologiques en cours et le couplage avec la chirurgie endoscopique.

    Conclusion
    L’exoscopie 3D-4K représente une avancée significative en chirurgie ORL et pourrait rapidement surpasser la microscopie opératoire qui était jusqu’à présent la technique de référence pour les interventions les plus complexes.

    Lire la suite >
  • Communication scientifique

    Réalité augmentée pour la laparoscopie en chirurgie gynécologique oncologique. Assistance numérique et robotique interactive au bloc opératoire

    Augmented reality for laparoscopy in gynaecological oncological surgery. Digital assistance and interactive robotics in the operating room

    Lise Lecointre déclare ne pas avoir de liens d’intérêts.
    Laurent Goffin est président de la société Computational Surgery SAS qui propose des solutions algorithmiques et logicielles pour la chirurgie robotique et endoscopique.

    Objectifs
    Le cancer de l’endomètre est le plus fréquent des cancers gynécologiques dans les pays développés. Le traitement repose sur une chirurgie mini-invasive comprenant l’exérèse de la tumeur primitive et la biopsie du ganglion sentinelle (GS) pelvien afin d’obtenir l’ensemble des informations pronostiques pour définir une prise en charge adaptée et personnalisée. La technique du GS comme outil d’évaluation de l’atteinte ganglionnaire s’inscrit parfaitement dans le contexte de désescalade thérapeutique dans une population avec une survie sans maladie élevée et pour laquelle la qualité de vie est un élément majeur à prendre en compte. La problématique de cette pathologie réside principalement dans des difficultés de détection du GS en peropératoire dues aux limites des techniques de détection standards.

    Méthode
    Pour permettre une identification plus fiable et reproductible du GS chez ces patientes, nous avons développé un système de navigation en réalité augmentée basé sur l’utilisation d’un bras collaboratif robotique permettant la localisation spatiale de l’endoscope en temps réel et en continu.

    Résultats
    Un premier système de guidage opératoire fondé sur un recalage extrinsèque a été évalué et a permis de montrer des résultats satisfaisants, lors d’expérimentations animales, en termes de détection et de précision. Cependant, en raison de la nécessité de réaliser une imagerie peropératoire, son application a été jugée incompatible avec la pratique clinique courante. C’est pourquoi un système de recalage intrinsèque a été conçu.

    Conclusion
    Les résultats du système de recalage intrinsèque apparaissent très prometteurs sur modèle fantôme artériel humain mais nécessitent d’être confirmés par une étude clinique.

    Lire la suite >
  • Communication scientifique

    Rôle des lymphocytes T résidents mémoires dans les maladies inflammatoires du système nerveux central

    Contribution of tissue-resident T cells to inflammatory diseases of the central nervous system

    L’auteur déclare ne pas avoir de liens d’intérêts.

    Les mécanismes immunitaires responsables de la chronicité et des rechutes des affections inflammatoires demeurent mal connus. Leur identification précise permettrait cependant d’élaborer de nouvelles stratégies thérapeutiques. Une population de lymphocytes T mémoires, récemment identifiée, appelée lymphocytes T résidents mémoires, présente la singularité de résider en permanence et de façon prolongée dans les tissus non lymphoïdes, notamment le système nerveux central (SNC). Cette population contribue, parfois de manière essentielle, à la protection des tissus vis-à-vis des agents infectieux précédemment rencontrés. Nous présentons ici l’état des connaissances concernant ce type particulier de lymphocytes mémoires et discutons de leur implication dans différentes affections inflammatoires neurologiques. S’il est établi que les lymphocytes T résidents mémoires permettent une protection anti-infectieuse dans le SNC, celle-ci peut se faire au prix de dommages structuraux. La présence de lymphocytes T résidents mémoires dans de nombreuses maladies inflammatoires, auto-immunes ou dégénératives du SNC, ainsi que leur accumulation avec l’âge, soulève la question de leur pertinence physiopathologique. Les modèles animaux permettent d’aborder cette question en évaluant l’effet de modifications expérimentales, quantitatives ou qualitatives, de ces cellules sur le processus pathogène et au cours du vieillissement. L’importance physiopathologique des lymphocytes T résidents mémoires dans de nombreux modèles d’affections inflammatoires du SNC invite à concevoir des approches thérapeutiques ciblant sélectivement ces cellules. Des pistes raisonnables pour atteindre cet objectif sont proposées.

    Lire la suite >
  • Communication scientifique

    Imagerie moléculaire pour l’étude des répercussions pharmacocinétiques des transporteurs hépatiques

    Molecular imaging to study the pharmacokinetic impact of hepatic transporters

    Les auteurs déclarent ne pas avoir de liens d’intérêts.

    La distribution des médicaments du sang vers les tissus, où ils exercent leurs effets pharmacologiques et/ou toxiques, implique des transporteurs qui régulent leur passage membranaire. Chaque interface biologique présente un profil spécifique d’expression des transporteurs. Les Organic Anion-Transporting Polypeptides (OATP) sont majoritairement exprimés dans le foie où ils participent à l’élimination hépatique de nombreux médicaments, avec d’autres transporteurs hépatocytaires. Certains OATP sont exprimés dans d’autres organes où leurs répercussions pharmacocinétiques restent mal connues. Des méthodes d’imagerie moléculaire permettent l’étude non invasive de ces transporteurs grâce à la détection de sondes pouvant être quantifiées au niveau tissulaire. Deux exemples sont présentés ici, permettant de mesurer sélectivement l’importance du transport OATP à l’interface sang-tissu : (i) la [99mTc]mébrofénine, un radiopharmaceutique de scintigraphie hépatobiliaire qui a été employé chez le rat afin de valider un protocole d’inhibition pharmacologique ciblé, transposable chez l’Homme, permettant de distinguer l’activité OATP sinusoïdale de l’activité d’excrétion biliaire, de manière non invasive ; (ii) le [11C]glyburide, une nouvelle sonde OATP développée pour l’imagerie tomographie par émission de positons (TEP) utilisée pour la première fois chez l’Homme. Une approche d’acquisition corps-entier dynamique a permis de quantifier l’activité OATP dans les tissus hépatiques et extra-hépatiques afin d’évaluer in vivo l’importance pharmacocinétique de ces transporteurs. L’imagerie translationnelle ouvre des perspectives d’études pharmacocinétiques originales, jusqu’alors inenvisageables chez l’Homme. Le développement de radiopharmaceutiques dédiés à la mesure de l’activité des transporteurs et l’optimisation de l’analyse des données d’imagerie qui en sont issues permettent d’en apprécier les répercussions fonctionnelles sur les étapes de distribution et d’élimination.

    Lire la suite >
  • Communication scientifique

    Homéostasie endothéliale au cours du vieillissement artériel : quelles perspectives thérapeutiques ?

    Endothelial homeostasis during arterial ageing: What therapeutic perspectives?

    Les auteurs déclarent de pas avoir de liens d’intérêts.

    Le vieillissement endothélial est un processus complexe caractérisé par un déclin progressif de la fonction vasculaire, contribuant aux maladies cardiovasculaires telles que l’athérosclérose. Ces dernières années, de nombreuses études ont exploré les mécanismes impliqués dans le maintien de l’homéostasie endothéliale. Parmi ceux-ci, l’autophagie est apparue comme un processus crucial pour la régulation de la fonction endothéliale, sa dérégulation étant impliquée dans la détérioration de la barrière endothéliale liée à l’âge. D’un point de vue moléculaire, la modulation du complexe mTORC1, un régulateur central de l’homéostasie des protéines en réponse au stress, est prometteuse pour préserver l’autophagie et maintenir l’intégrité endothéliale au cours du vieillissement. La rapamycine et ses dérivés présentent un potentiel thérapeutique intéressant ; cependant, leur application nécessite une optimisation minutieuse afin de minimiser les effets indésirables. Cette revue synthétise la littérature actuelle sur l’autophagie dans le vieillissement vasculaire et les perspectives thérapeutiques de la rapamycine, en soulignant son potentiel pour atténuer le vieillissement vasculaire et soutenir la santé cardiovasculaire chez les personnes âgées.

    Lire la suite >
  • Communication scientifique

    La cellule musculaire lisse dans l’athérosclérose : un maître du déguisement

    The smooth muscle cell in atherosclerosis: A master of disguis

    Les auteurs déclarent ne pas avoir de liens d’intérêts.

    L’athérosclérose est une pathologie vasculaire qui se développe dans l’intima des grandes et moyennes artères. Elle est responsable de la plupart des maladies cardiovasculaires et de leur issue fatale. Les cellules musculaires lisses jouent un rôle crucial lors de la formation et la progression de la plaque athérosclérotique. Elles ont la capacité de retenir un certain degré de plasticité, et subissent une transition d’un phénotype contractile à synthétique lorsqu’elles s’accumulent dans l’intima. Cette transition s’accompagne de processus tels que la migration, prolifération, dédifférenciation cellulaire et production de matrice extracellulaire. Jusqu’à récemment, les cellules musculaires lisses étaient considérées comme bénéfiques dans le développement de la plaque athérosclérotique en participant principalement à la formation de la chape fibreuse, protégeant ainsi la plaque de la rupture. De manière inattendue, des approches novatrices ont démontré que les cellules musculaires lisses pouvaient avoir un rôle délétère et contribuer à l’évolution défavorable de la plaque athérosclérotique vers son instabilité. Cette plasticité importante des cellules musculaires lisses peut entraîner une perte totale de bon nombre de leurs marqueurs contractiles, de sorte que les cellules musculaires lisses de la plaque athérosclérotique ne sont plus identifiables comme telles et acquièrent des caractéristiques d’autres types cellulaires comme celles des cellules inflammatoires. Il est donc essentiel d’étudier le comportement des cellules musculaires lisses afin de pouvoir cibler sélectivement des phénotypes spécifiques et moduler leur plasticité dans un but thérapeutique de stabilisation des plaques athérosclérotiques.

    Lire la suite >
  • Communication scientifique

    La résolution de l’inflammaging et le processus du vieillissement vasculaire

    The resolution of cardiovascular inflammaging

    L’auteur déclare ne pas avoir de liens d’intérêts.

    L’inflammation chronique est bien établie en tant que risque résiduel de maladie cardiovasculaire athéroscléreuse et en tant que possible cible thérapeutique. Les processus inflammatoires cardiovasculaires évoluent avec l’âge vers un état inflammatoire persistant, appelé inflammaging, et pouvant être le résultat de l’exposition à des facteurs de risque cardiovasculaires pro-inflammatoires. Un décalage immuno-inflammatoire est cependant observé, car l’inflammation chronique s’accrue en parallèle avec un déclin de la fonction immunitaire avec l’âge. Cela indique que l’inflammation cardiovasculaire chronique est causée par une défaillance de la résolution de l’inflammation. Les médiateurs lipidiques bioactifs dérivés des acides gras polyinsaturés qui régulent les processus inflammatoires comprennent la classe des médiateurs pro-résolutifs spécialisés (SPM comme accronym de Specialized Proresolving Mediators), qui, par exemple, exercent des mécanismes de nettoyage pour éliminer des cellules immunitaires apoptotiques. L’augmentation de la sénescence des cellules immunitaires et la diminution de la SPM avec l’âge peuvent aggraver ce décalage immono-inflammatoire et déséquilibrer l’homéostasie de la paroi vasculaire. La stimulation d’une résolution active de l’inflammation en interférant avec les médiateurs lipidiques peut contrebalancer l’hyperinflammation cardiovasculaire associée au vieillissement en améliorant les fonctions immunitaires vers la guérison et en même temps en prévenant l’immunosuppression.

    Lire la suite >
  • Communication scientifique

    Segmentation dans le champ de l’insuffisance cardiaque : apport de l’apprentissage automatique pour la prédiction, l’évaluation pronostique et la personnalisation des traitements en prévention et en prise en charg

    Segmentation in the field of heart failure: Contribution of machine learning for prediction, prognostic assessment, and personalization of treatments in prevention and management

    NG déclare avoir reçu des honoraires d'AstraZeneca, Bayer, Boehringer, Cardiostory, Lilly, Echosens, NP medical, Novartis, Novo Nordisk et Roche diagnostics. Les autres auteurs ne déclarent pas de liens d'intérets.

    L’insuffisance cardiaque (IC) est une pathologie hétérogène dont la classification traditionnelle ne permet pas une stratification optimale des patients. Le machine learning (ML) apporte une approche innovante en segmentant les patients en sous-groupes homogènes à partir de données multidimensionnelles (clinique, biologique, imagerie). Le processus de segmentation assistée par ML passe par les étapes suivantes : acquisition et préparation des données : intégration de données hétérogènes (dossiers médicaux, biomarqueurs, imagerie). Clustering non supervisé : identification de phénotypes cliniques via des algorithmes adaptés aux données médicales (latent class model, K-Prototypes, etc.). Validation des clusters : comparaison aux classifications existantes et évaluation pronostique via des métriques comme le c-index. Prédiction des clusters : développement de modèles supervisés (random forest, réseaux de neurones) pour assigner de nouveaux patients à ces groupes. Application clinique : intégration dans les outils cliniques pour améliorer la personnalisation des traitements et la prévention de l’IC. Les défis incluent la validation externe, l’interopérabilité avec les dossiers médicaux électroniques et l’explicabilité des modèles pour favoriser leur adoption clinique. Le ML révolutionne la segmentation en IC en permettant une stratification plus précise des patients, ouvrant la voie à une médecine de précision pour une meilleure prédiction, prise en charge et personnalisation des traitements.

    Lire la suite >
  • Éditorial

    Les hémorragies cérébrales spontanées : parent pauvre de la neurologie vasculaire ?

    Spontaneous intracerebral haemorrhages: The poor guy in the neurovascular field?

    Les auteurs déclarent ne pas avoir de liens d’intérêts.

    Lire la suite >
  • Éloge

    Éloge du Professeur Claude Jaffiol (1933–2024)

    L'auteur déclare n'avoir aucun lien d'intérêt.

    Lire la suite >
  • Communication scientifique

    Épidémiologie des hémorragies cérébrales spontanées : évolutions depuis 40 ans

    Epidemiology of spontaneous intracerebral hemorrhage: Changes over the past 40 years

    Y.B. : honoraires pour présentation orale de la part de BMS, Pfizer, Medtronic, Amgen, Servier, Novartis, et Argenx ; activités de consultant pour NovoNordisk, Medtronic, Boehringer-Ingelheim et Novartis. Sans relation avec cet article.

    Les hémorragies cérébrales spontanées, représentant 15 à 25 % des accidents vasculaires cérébraux (AVC), causent 2,9 millions de décès dans le monde chaque année. Pour la période 2017–2022, le taux d’attaque annuel standardisé était de 24,3/100 000 au sein du Registre dijonnais des AVC. Ce taux augmentait avec l’âge. On estimait à 16 400 le nombre de cas chaque année en France. L’incidence a augmenté entre 1985 et 2016 avec une plus grande proportion de patients âgés de plus de 75 et 85 ans. Cette augmentation fut attribuée à davantage d’hémorragies lobaires chez les sujets âgés, probablement en lien avec une augmentation de l’utilisation des antithrombotiques et la prévalence élevée de l’angiopathie amyloïde cérébrale. Une légère diminution des taux d’attaque fut notée durant la période 2017–2022, pouvant traduire des modifications dans l’usage des types d’anticoagulants. Le pronostic vital après une hémorragie cérébrale spontanée reste sombre, avec une létalité à un mois de 38,8 %. Une baisse des taux fut observée entre 1985 et 2011 avant une ré-ascension au cours des années suivantes. Aucune amélioration n’avait été notée concernant la mortalité précoce des 48 premières heures, soulignant l’absence de progrès thérapeutique de phase aiguë. Avec le vieillissement de la population, le nombre de cas annuels pourrait dépasser 24 000 en France en 2050. Cette urgence épidémiologique appelle à améliorer le dépistage et le contrôle de l’hypertension artérielle, facteur de risque principal de la maladie, redéfinir et optimiser les stratégies d’anticoagulation chez les sujets avec fibrillation atriale, et développer de nouvelles approches thérapeutiques multidisciplinaires ciblant les différents acteurs physiopathologiques.

    Lire la suite >
  • Communication scientifique

    Apports de l’imagerie dans le diagnostic et le suivi des hémorragies cérébrales

    Imaging contributions to the diagnosis and follow-up of cerebral hemorrhage

    Honoraires pour présentation orale de la part de Siemens Healthlineers.

    La neuroradiologie joue un rôle essentiel dans la prise en charge des hémorragies intracérébrales (HIC) spontanées, pour confirmer rapidement la nature hémorragique d’un accident vasculaire cérébral (AVC) chez un patient présentant un déficit neurologique, préciser l’étiologie de l’HIC, évaluer le risque de croissance de l’hématome et de dégradation neurologique, guider les stratégies thérapeutiques et assurer un suivi adéquat. Cette revue propose une synthèse sur l’apport et le rôle des différentes techniques d’imagerie (scanner, angioscanner, IRM, angiographie conventionnelle) dans le diagnostic positif, la pronostication, le bilan étiologique initial et le suivi des hémorragies cérébrales. Elle met l’accent sur la stratégie d’imagerie pour l’identification des causes d’HIC spontanées, de cause microvasculaire (artériolosclérose et angiopathie amyloïde cérébrale) ou secondaire (anévrisme intracrânien, malformation artérioveineuse, tumeur, etc.), l’analyse des marqueurs d’imagerie prédictifs d’une dégradation et les éléments de surveillance à moyen terme. Enfin, une emphase est mise sur les pistes d’innovation dans ce domaine.

    Lire la suite >
  • Communication scientifique

    Hémorragies cérébrales spontanées : cibles thérapeutiques d’avenir en phase aiguë

    Spontaneous intracerebral hemorrhage: Therapeutic targets in the acute phase for the future

    Essais cliniques : membre du comité exécutif international d’études de phase III dans l’infarctus cérébral (Biogen, Bayer).
    Interventions ponctuelles : Boehringer-Ingelheim, Amgen, Novartis.

    La compréhension de la physiopathologie et des facteurs prédictifs de mauvais pronostic des hémorragies cérébrales a beaucoup évolué au cours des 10 dernières années. Le développement de modèles animaux et la recherche translationnelle ont montré qu’une intervention sur une seule cible thérapeutique n’est pas suffisante pas améliorer le pronostic vital et fonctionnel des patients ayant subi cette forme grave d’accident vasculaire cérébral. Les différentes étapes clés de la physiopathologie des hémorragies cérébrales, qui se succèdent dans le temps, doivent être ciblées par des approches thérapeutiques complémentaires et innovantes. Les stratégies thérapeutiques en cours de développement se concentrent sur trois cibles principales : (i) limiter l’expansion de l’hémorragie, (ii) favoriser l’évacuation de l’hématome, et (iii) réduire l’œdème péri-hémorragique et optimiser la résorption de l’hématome. Dans l’attente du développement de ces stratégies innovantes, la prise en charge des hémorragies cérébrales s’ancre dans le concept appliqué depuis plus de 20 ans dans l’infarctus cérébral : agir vite car « le temps, c’est du cerveau ».

    Lire la suite >
  • Communication scientifique

    Place de la chirurgie dans la prise en charge des hémorragies intracérébrales spontanées en 2025

    Role of surgery in the management of spontaneous intracerebral hemorrhages in 2025

    L’auteur déclare ne pas avoir de liens d’intérêts.

    Les hématomes cérébraux (HC) sont une pathologie grave avec un fort risque de décès ou de handicap séquellaire lourd. La présence de sang en intracérébral va entraîner diverses cascades métaboliques ayant un effet toxique sur le cerveau. La chirurgie d’évacuation pourrait être intéressante pour limiter cette toxicité. Plusieurs stratégies chirurgicales d’évacuation des HC ont été décrites, dont certaines évalué dans des essais randomisés comparant leur impact par rapport à l’absence de chirurgie. La microchirurgie standard, les stratégies utilisant un cathéter neuronavigué, puis une fibrinolyse in situ, la crâniectomie décompressive ont été évalués dans des essais randomisés et il n’a pas été montré de bénéfice sur le pronostic fonctionnel. Les stratégies endoscopiques n’ont pour le moment pas été étudiées par un essai randomisé, tout comme l’évacuation des hématomes cérébelleux. En revanche, un essai évaluant l’intérêt des stratégies microchirurgicales transtubulaires a montré un bénéfice sur le pronostic fonctionnel chez des patients avec un hématome lobaire, un volume de l’HC compris entre 30 et 80mL, un score de Glasgow compris entre 5 et 14. Cette étude montre pour la première fois un bénéfice de la chirurgie sur le pronostic fonctionnel dans la prise en charge des HC lobaire. Reste maintenant à savoir si ce bénéfice est lié à la technique ou peut être reproduit avec d’autres stratégies, par exemple endoscopique. Pour ce qui est des HC profonds, il n’y a aucune preuve d’un bénéfice de la chirurgie, et un traitement médical bien conduit reste la meilleure option.

    Lire la suite >
  • Autre

    Compte rendu de la Première journée nationale de prévention des chutes des seniors

    Report on the First national Journey on prevention of falls in older people

    Lire la suite >
  • Communiqué

    Les récentes mesures des États-Unis : des conséquences délétères pour la santé mondiale et la recherche médicale internationale

    Recent US measures: harmful consequences for global health and international medical research

    Lire la suite >
  • Rapport

    Rapport 25-05. Vaccination des femmes enceintes: répondre aux enjeux actuels

    Vaccination during pregnancy: addressing the challenges

    Les auteurs déclarent n’avoir aucun conflit d’intérêt

    La vaccination pendant la grossesse est désormais un outil important de prévention pour protéger la mère et/ou le nouveau-né et le jeune nourrisson contre des maladies potentiellement graves. Elle s’inscrit dans une stratégie globale de prévention pour la femme et pour l’enfant à naître qui commence avant la grossesse et se poursuit en post-partum en vue d’une grossesse ultérieure, en complément de l’hygiène et des gestes barrière.

    Actuellement en France, quatre vaccinations sont recommandées aux femmes enceintes, à chaque grossesse contre la coqueluche et de façon saisonnière contre la grippe, la Covid-19 et plus récemment contre le virus respiratoire syncytial (VRS), en alternative à l’immunothérapie passive du nouveau-né. L’efficacité et la tolérance sont clairement démontrées pour chacun de ces vaccins. Face au constat d’une couverture

    vaccinale insuffisante chez les femmes enceintes, l’objectif du présent rapport est d’analyser les obstacles afin de proposer des mesures pour améliorer la prévention vaccinale dans le contexte de la grossesse.

    Le premier motif de non-vaccination des femmes enceintes est l’absence de proposition par les professionnels de santé. Les autres facteurs sont la peur d’effets défavorables pour le bébé, l’absence de crainte de la maladie, et la méfiance envers les vaccins. La principale motivation des mères pour se vacciner est de protéger l’enfant à naître.

    Ainsi, pour améliorer la protection vaccinale, les mesures à prendre doivent toucher à la fois les professionnels de santé, les pouvoirs publics et la population.

    L’Académie nationale de médecine rappelle que la vaccination est une mission prioritaire de santé publique. Elle recommande : 1) d’inscrire les vaccinations dans le suivi prénatal usuel, en fournissant à chaque femme enceinte une information claire, cohérente et individualisée, en respectant son autonomie ; 2) de rendre la vaccination facilement accessible à toutes les femmes enceintes dans des lieux diversifiés : maternités, cabinets de médecins et de sages-femmes, PMI, pharmacies et assurer la coordination avec le carnet de vaccination numérique; 3) de former et de mobiliser les professionnels de santé impliqués dans la prise en charge des femmes enceintes, et mener des actions dans les régions où la vaccination est la plus faible ; 4) de développer la recherche en vaccinologie adaptée à la grossesse ; 5) d’analyser périodiquement l’évolution des pratiques et des couvertures vaccinales.

    Lire la suite >
  • Avis

    Avis. Monoxyde de carbone, tabac et femme enceinte

    Carbon monoxide, tobacco and pregnant women

    Lire la suite >
  • Communication scientifique

    Traitement pharmacologique de l’insuffisance cardiaque

    Pharmacological treatment of heart failure

    Durant les 3 dernières années, Damien Logeart a perçu des honoraires (activités de conseil, de formation et conférences) de Abbott, Alnylam, Astra Zeneca, Bayer, Boehringer Ingelheim, Novartis et NovoNordisk.

    Le traitement pharmacologique de l’insuffisance cardiaque (IC) s’est considérablement amélioré au cours des 3 dernières décennies, en particulier dans le cas d’une IC avec fraction d’éjection du ventricule gauche (FEVG) réduite. Le traitement de base repose sur quatre piliers : les inhibiteurs de l’enzyme de conversion de l’angiotensine ou les antagonistes des récepteurs de l’angiotensine II et de la neprilysine, les bêta-bloquants, les antagonistes des récepteurs aux minéralocorticoïdes et les inhibiteurs du cotransporteur sodium glucose de type 2. Chacune de ces thérapies réduit de manière indépendante la mortalité et les hospitalisations pour IC chez les patients présentant une FEVG réduite. Les inhibiteurs du sodium-glucose cotransporteur-2 et les antagonistes des récepteurs aux minéralocorticoïdes sont également efficaces quelle que soit la catégorie de FEVG. D’autres médicaments, tels que le traitement de la carence martiale par fer injectable, le vericiguate ou l’omecamtiv, sont également efficaces en fonction des caractéristiques du patient. L’optimisation de ces traitements est fortement recommandée lors de chaque consultation. Enfin, des unités d’IC dotées d’une équipe multidisciplinaire et proposant un système de télésurveillance devraient être mises en place partout afin d’assurer la meilleure prise en charge possible pour ces patients.

    Lire la suite >
  • Communication scientifique

    Prise en charge actuelle de l’insuffisance cardiaque : dispositifs implantables

    Current management of heart failure: Implantable devices

    Les auteurs déclarent ne pas avoir de liens d’intérêts.

    La place des dispositifs implantables dans le traitement de l’insuffisance cardiaque chronique a connu un essor considérable au cours des vingt dernières années, principalement dans le contexte de l’insuffisance cardiaque à fraction d’éjection du ventricule gauche altérée. À côté du défibrillateur automatique implantable, dont la mise en œuvre et les indications ne seront pas abordées ici, les systèmes de stimulation permettent d’optimiser l’hémodynamique avec un double objectif, amélioration fonctionnelle et réduction de la morbi-mortalité. Seront successivement envisagées la resynchronisation cardiaque, réservée aux patients présentant un asynchronisme électromécanique, la modulation de la contractilité et la stimulation du système nerveux autonome. Seule la stimulation biventriculaire, évaluée dans le cadre de nombreuses études prospectives randomisées, a démontré un bénéfice sur la morbi-mortalité, sous-tendu par un remodelage du ventricule gauche, et associé à une amélioration fonctionnelle. C’est la seule technique avec un niveau de recommandation élevé. Les autres modalités de stimulation nécessitent d’être plus largement évaluées afin de mieux définir leur positionnement dans la stratégie thérapeutique.

    Lire la suite >
  • Communication scientifique

    Prise en charge actuelle de l’insuffisance cardiaque : outils connectés, télésurveillance et réseaux de soins

    Current management of heart failure: Connected tools, remote monitoring and healthcare networks

    L’auteur signale des liens d’intérêts avec les laboratoires ABBOTT qui développent le CardioMems.
    Essais cliniques : en qualité de co-investigateur.
    Conférences : invitations en qualité d’intervenant.
    Interventions ponctuelles : activités de conseil.

    Éducation thérapeutique, réseaux de soins et télésurveillance font partie de l’arsenal thérapeutique de l’insuffisance cardiaque (IC). L’éducation thérapeutique a débuté dans les années 1990, rapidement intégrée aux réseaux de soins, qui se sont modernisés ces dernières années avec le développement des outils connectés de surveillance. En France, la télésurveillance est remboursée depuis 2023 par l’Assurance maladie. Cette prise en charge non médicamenteuse repose sur un paradoxe. La majorité des équipes spécialisées dans l’IC est persuadée que cette prise en charge est efficace malgré une démonstration scientifique insuffisante. Les résultats contradictoires des études peuvent s’expliquer par la grande difficulté à les concevoir (étude ouverte, prise en charge variable des patients par les centres, technologies de surveillance différentes, sévérité des patients…). Dans le futur, l’évolution de la technologie permettra sans doute d’améliorer l’interprétation des informations recueillies par les outils de télésurveillance.

    Lire la suite >
  • Communication scientifique

    L’insuffisance cardiaque sévère : assistance circulatoire mécanique ou transplantation ?

    Mechanical circulatory support or transplantation for severe heart failure?

    J.-N. Trochu est consultant pour Abbott, AstraZeneca, Bayer, Boehringer Ingelheim, Bristol Myers Squibb, Novartis ; bourse par Boston Scientific ; partenariat institutionnel avec Novartis. J.-C. Roussel est consultant pour Medtronic et Terumo Aortic.

    Malgré des progrès majeurs dans le traitement médical de l’IC (IC) au cours des 20 dernières années, le pronostic des patients atteints d’IC avancée reste très sombre et les données épidémiologiques suggèrent que leur proportion devrait augmenter dans les années à venir. En l’absence de contre-indications, la prise en charge de ces patients nécessite le recours à des thérapeutiques lourdes telles que la transplantation, l’assistance circulatoire ou le cœur artificiel total. Les innovations technologiques réalisées depuis les années 2000 grâce à la miniaturisation des pompes et le développement de dispositifs à lévitation magnétique, ont permis une amélioration de la survie, une réduction des principales complications associées à ces systèmes et une amélioration significative de la qualité de vie. La transplantation reste encore le traitement de référence de l’IC sévère, mais elle est limitée par l’accès restreint aux greffons cardiaques. Un des défis majeurs est l’identification précoce des patients qui échapperont au traitement médical afin de ne pas retarder leur orientation vers des équipes spécialisées. Le parcours de soins doit être donc être structuré dans le cadre d’un réseau de centres d’IC primaires, secondaires et tertiaires animés par des unités médico-chirurgicales spécialisées dans l’IC avancée.

    Lire la suite >
  • Communication scientifique

    L’innovation thérapeutique ne saurait tenir lieu de progrès médical. Plaidoyer contre l’abus de la dénomination de médicament innovant

    Use and abuse of the word innovative medicine

    P. Le Coz déclare ne pas avoir de liens d’intérêts. G. Bouvenot déclare des liens ponctuels (conseils en développement) avec : GSK, Sanofi, Sage-Therapeutics, Steba Biotech, TesaroBio France, Insmed, GenSight, Pierre Fabre médicaments.

    Notre société désenchantée semble avoir fait son deuil de la notion de progrès qui avait soulevé l’enthousiasme de générations de chercheurs et de médecins au cours du siècle dernier. Contesté au nom des méfaits de la société industrielle, le progrès est un mot qui se démode et cède sa place à la notion plus extensive d’« innovation ». Mot-clé du vocabulaire de la communication et du marketing, l’innovation s’est répandue au-delà de l’univers de la consommation et de la publicité, jusque dans l’espace public et le discours politique. Innover est devenu le nouvel impératif catégorique de notre temps. Le domaine du bien-être et de la santé n’y échappe pas. Le fait est que le mot innovation est de plus en plus utilisé dans les congrès médicaux. Cette puissance séductrice peut conduire à abuser les médecins et surtout les patients qui réclameront un « droit d’essayer », quitte à sous-estimer la question sécuritaire du respect des exigences méthodologiques. Face à cette pente glissante, le présent article entend rappeler que ce qui est important pour les malades n’est pas la nouveauté mais l’efficacité et la sécurité d’emploi des produits qui leur sont administrés. Si nous voulons maintenir une cloison étanche entre « produit de santé » et « produit marchand », entre le « patient » et le « client », il faut rappeler la portée scientifique incontournable et la valeur éthique inestimable de la notion de progrès médical.

    Lire la suite >
  • Rapport

    Rapport 25-04. La formation médicale initiale

    Medical initial training

    Les auteurs du rapport déclarent n’avoir aucun lien d’intérêt.

    L’évolution rapide des sciences et des technologies médicales impose aux universités une adaptation constante pour former efficacement les futurs médecins. En 2025 la médecine ne se limite plus aux disciplines traditionnelles : de nouvelles spécialités émergent, comme la médecine de proximité, l’infectiologie ou la médecine interventionnelle, entraînant une diversification et une surspécialisation des pratiques.

    Si l’université transmet un savoir scientifique et médical, elle ne prépare pas les étudiants à l’exercice réel du métier. Les stages hospitaliers ne couvrent pas tous les aspects de la profession, notamment la gestion quotidienne du cabinet et la coordination avec d’autres professionnels de santé.

    Les réformes successives des études médicales, notamment le passage de la PACES au système PASS/LAS, s’avèrent des échecs expliquant la fuite massive des étudiants à l’étranger pour se former.

    L’académie de médecine propose de : simplifier, raccourcir, professionnaliser, humaniser et apprendre à partager, impliquant les transformations suivantes :

    – créer une Licence santé (3 ans) commune aux professions médicales ;

    – un Master médecine (2 ans) suivi des EDN + ecos ouvrant à l’internat ;

    – un Doctorat en médecine (4 ou 5 ans ) selon les spécialités (desc).

    Elle précise l’urgence à : introduire ou augmenter le temps de formation concernant l’économie de santé, l’organisation du système de santé, les sciences numériques et la cybersécurité, l’art de l’écoute et du partage, les techniques de management.

    Elle propose de :

    – Généraliser les facultés de santé à toutes les universités concernées.

    – D’établir un oral sous la forme d’un entretien pour les étudiants ayant réussi leur examen écrit de première année.

    – Augmenter le service sanitaire, par des stages de découverte et débuter le Contrat d’engagement de service public (CESP) dès la 2° année.

    – Supprimer le classement des ECOS.

    – Introduire un entretien en fin de deuxième cycle (motivation, orientation) et régionaliser une partie de l’internat.

    – Accroître les moyens matériels et humains dans les UFR, CHU et autres structures de formation.

    – Proposer un clinicat de deux ans renouvelable en fin de cursus pour ceux souhaitant poursuivre une carrière hospitalo-universitaire.

    Lire la suite >
  • Communication scientifique

    La déplétion totale des lymphocytes B : un espoir de guérison des maladies auto-immunes ?

    Total B-cell depletion of B-lymphocytes: Towards cure of autoimmune diseases

    Le rôle majeur des lymphocytes B dans la physiopathologie des maladies auto-immunes systémiques a été mis en exergue depuis le début des années 2000 seulement. Depuis, différents traitements entraînant, soit une déplétion des lymphocytes B, soit une diminution de leur activation ont été développés. Beaucoup de ces traitements viennent de l’hématologie où ils sont utilisés pour traiter les hémopathies malignes B. Dans cette revue, nous décrivons ces différents traitements et leur mode d’action. S’ils ont permis des avancées importantes, ils n’ont le plus souvent qu’un effet suspensif et doivent être administrés de façon chronique, ce qui peut entraîner à terme des effets indésirables. La principale raison de l’effet uniquement suspensif des traitements classiques déplétant les lymphocytes B est que, si la déplétion B sanguine est totale, la déplétion B tissulaire est minime voire inexistante. Pour pallier cette insuffisance, certaines équipes ont commencé à utiliser dans les maladies systémiques auto-immunes réfractaires des stratégies thérapeutiques issues aussi de l’hématologie et ayant une action de déplétion totale des lymphocytes B à la fois sanguine et tissulaire : les cellules CAR-T anti-CD19 ou anti-BCMA et les anticorps bispécifiques anti-CD3/CD19 ou anti-CD3/BCMA engageant les cellules T. Quelques dizaines de patients ont été traités avec l’une ou l’autre stratégie. La tolérance a été excellente avec une déplétion B totale mais une réapparition des lymphocytes B à 3 mois sous la forme de lymphocytes B naïfs. Beaucoup de ces malades sont restés en rémission complète de la maladie sans traitement plus de 2 ans après la procédure. Ainsi ces stratégies de déplétion totale des lymphocytes B peuvent permettre une réinitialisation des lymphocytes B avec disparition des lymphocytes auto-immuns pathologiques, ce qui pourrait permettre ainsi une rémission prolongée sans traitement. Les cellules CAR-T et les anticorps bispécifiques recruteurs de cellules T ont fait évoluer le paradigme du traitement des maladies auto-immunes systémiques d’un simple traitement d’entretien à une guérison potentielle.

    Lire la suite >
  • Communication scientifique

    Le risque médico-judiciaire en anesthésie réanimation

    Legal issues in medecine, specific considerations for anesthesia

    L’auteur déclare ne pas avoir de liens d’intérêts.

    Le risque d’une procédure médico judiciaire est actuellement fréquent dans la pratique des professionnels de santé. En fonction des spécialités médicales, un praticien exerçant en libéral est confronté à une procédure tous les trois à cinq ans en fonction de sa spécialité. Il existe deux types de responsabilité médicale : pénale (répressive) et (civile) (indemnitaire), des juridictions différentes instruisent les demandes. Parallèlement aux procédures judiciaires les commissions de conciliation et d’indemnisation des accidents médicaux, créées en 2002, instaurent une procédure amiable d’indemnisation des dommages causés non seulement par une faute des acteurs de santé, mais également des dommages sans faute. En France, alors que le nombre de procédures indemnitaires n’augmente que très modérément depuis 5 ans, on remarque une envolée des coûts des réclamations. En raison du nombre de médecins anesthésistes réanimateurs en exercice, l’anesthésie est avec la médecine générale et la chirurgie une des trois spécialités qui fait l’objet du plus grand nombre de poursuites. Les responsabilités du médecin anesthésiste réanimateur s’étendent sur les périodes pré, per et postopératoires. L’anesthésie réanimation est une spécialité sans finalité thérapeutique. De ce fait une information très spécifique sur les risques auxquels elle expose doit être donnée à la consultation d’anesthésie. La pratique de l’anesthésie est régie par le décret du 5 décembre 1994 relatif aux conditions techniques de fonctionnement des établissements de santé en ce qui concerne la pratique de l’anesthésie.

    Lire la suite >
  • Communication scientifique

    Toxoplasma gondii, un parasite protozoaire responsable d’une zoonose, la toxoplasmose, dans la problématique « Une seule santé » (One Health)

    Toxoplasma gondii, a protozoan parasite responsible for the zoonotic disease toxoplasmosis, as part of the “One Health” approach

    L’auteur déclare ne pas avoir de liens d’intérêts.

    Toxoplasma gondii est un parasite protozoaire responsable d’une zoonose, la toxoplasmose, qui existe sous trois formes dont deux sont présentes chez tous les mammifères homéothermes ; la forme sexuée est retrouvée uniquement chez l’hôte définitif (les Félidés sauvages et domestiques). Ce parasite est largement répandu à la surface du globe avec des prévalences de la toxoplasmose observées très variables d’un pays à l’autre dépendant de nombreux facteurs (dont les facteurs climatiques, les habitudes alimentaires, des facteurs sociologiques…). Ce parasite présente une grande diversité génomique avec de très nombreux isolats se regroupant actuellement en 16 haplogroupes avec des virulences variables. Asymptomatique chez les personnes immunocompétentes, les formes cliniques de l’infection sont dépendantes du statut immunitaire de l’hôte avec essentiellement deux tableaux de complications : la toxoplasmose congénitale et la toxoplasmose de réactivation chez l’immunodéprimé. Les méthodes diagnostiques ont considérablement évolué durant les dernières années avec l’apport de la biologie moléculaire. Deux approches diagnostiques peuvent être proposées : par sérologie (diagnostic indirect) ou par détection directe de l’ADN du parasite dans les prélèvements biologiques. Ces méthodes sont diversement employées selon les pays, pouvant expliquer aussi les différences de prévalence. En France métropolitaine, le diagnostic et le traitement sont bien codifiés et la maladie ne représente pas un problème majeur de santé publique, situation différente dans les départements ou territoires ultramarins. Néanmoins, les traitements sont limités et la découverte de nouvelles cibles thérapeutiques paraît nécessaire.

    Lire la suite >
  • Éditorial

    Hommage à Alain Cribier

    L'auteur déclare n'avoir aucun lien d'intérêt.

    Lire la suite >
  • Rapport

    Rapport 25-03. Les effets néfastes retardés du sport intensif. Partie 1 : les commotions cérébrales dans le sport

    The delayed effects of intensive sport. Part 1: Concussions in sport

    Les auteurs ne déclarent aucun lien d’intérêt.

    Les commotions cérébrales (CC) représentent 5 à 9 % de tous les traumatismes liés à la pratique du sport, mais avec une grande variabilité suivant le type de sport. Compte tenu des politiques mises en place afin de développer la pratique du sport amateur et de loisir, il est fort probable que ces données de prévalence soient très largement sous-estimées.

    De nombreux arguments épidémiologiques existent pour considérer que les CC peuvent être à l’origine de maladies neurodégénératives, encéphalopathie chronique traumatique, sclérose latérale amyotrophique ou maladie d’Alzheimer. Il en est de même pour les impacts crâniens sous-commotionnels dont la répétition à l’entrainement ou en compétition est à l’origine d’une mortalité par sclérose latérale amyotrophique (SLA) ou maladie d’Alzheimer plus importante que dans la population générale.

    C’est la raison pour laquelle la mise en place de stratégies de prévention est essentielle afin de réduire le risque de développement de ces pathologies neurodégénératives. De telles stratégies doivent reposer à la fois sur une amélioration des équipements de protection (casques, protections intra-buccales dans certains sports), une meilleure préparation physique et technique des sportifs et l’adaptation de règlements sportifs.

    Du côté médical, une meilleure sensibilisation des professionnels de santé à la reconnaissance des CC, à leur diagnostic précoce, à la mise en place de programmes adaptés de récupération des fonctions neurologiques (en utilisant les ressources de télémédecine) et à l’application de critères stricts de retour en compétition sont indispensables pour réduire les effets à long terme des CC. Enfin, la formation des cadres sportifs non-professionnels de santé à la reconnaissance de signes suspects de CC tient une place importante pour la prévention des effets à long-terme des CC répétées.

    Lire la suite >
  • Éloge

    Éloge du Professeur Jean-Marie Mantz (1926–2023)

    L'auteur déclare n'avoir aucun lien d'intérêt.

    Lire la suite >
  • Communication scientifique

    Les allergies respiratoires, un problème d’environnement

    Respiratory allergies, an environmental issue

    Les auteurs déclarent ne pas avoir de liens d’intérêts.

    L’asthme est une maladie chronique des voies respiratoires inférieures, marqué par des crises aiguës et des symptômes intermittents tels que l’essoufflement, la toux et une respiration sifflante. Elle résulte d’une inflammation de la muqueuse bronchique, d’une hyperréactivité bronchique et d’une hypersécrétion de mucus, provoquant une obstruction variable mais réversible des voies aériennes. Cette pathologie, qui altère la qualité de vie des malades, peut nécessiter une hospitalisation dans ses formes graves. La prévalence de l’asthme a fortement augmenté au cours du XXe siècle dans les pays industrialisés, mais tend à se stabiliser voire à diminuer dans ces régions, alors qu’elle progresse toujours dans les pays à faible revenu. En France, plus de 4 millions de personnes sont asthmatiques, avec une prévalence chez les enfants estimée à 10–15 %, et chez les adultes à environ 9 %. Bien que survenant majoritairement pendant l’enfance, l’asthme peut survenir à tout âge. Il persiste toute la vie, avec des phases possibles de rémission. Il n’existe pas de traitement pour guérir de l’asthme, mais une prise en charge adaptée, comprenant des traitements quotidiens, des traitements de crise et l’évitement des facteurs déclenchants, permet un bon contrôle de la maladie. L’asthme est une maladie multifactorielle, résultant d’interactions entre des facteurs génétiques et environnementaux. Cette revue propose une mise au point sur les facteurs environnementaux (mode de vie, expositions professionnelles, facteurs de l’environnement intérieur puis extérieur) impliqués dans le développement de l’asthme et souligne plus particulièrement ceux pour lesquels des travaux récents ont permis de préciser leur rôle.

    Lire la suite >
  • Communication scientifique

    Les allergies alimentaires de l’enfant en 2025

    Pediatric food allergies in 2025

    D.C. Rapports d’expertise et invitations en qualité d’intervenant pour AImmune et Stallergènes.

    Les allergies alimentaires sont devenues un problème de santé publique au cours des dernières années, avec une augmentation de leur incidence et de leur sévérité. Elles intéressent 5 à 10 % des enfants et affectent de façon significative la qualité de vie des patients et de leur entourage. Des mesures de prévention primaire existent, mais ont encore une place limitée dans la diminution de l’incidence des allergies. Un diagnostic de certitude, qui passe souvent par la réalisation d’un test de provocation orale, est essentiel pour une prise en charge efficace, qui inclut tout d’abord l’éviction des aliments auxquels l’enfant est allergique, la mise en place d’une trousse d’urgence, la rédaction d’un plan d’action écrit en cas d’accident allergique par exposition à l’allergène, et la prescription d’un projet d’accueil individualisé. Établir ce dernier signifie aussi interagir avec le personnel des écoles, qui parfois ne se sent pas suffisamment formé pour comprendre la maladie de l’enfant et pour agir de façon adaptée en cas d’accident. L’éducation thérapeutique en cas d’allergie alimentaire doit donc inclure non seulement le patient et son entourage, mais aussi les médecins de l’éducation nationale et le personnel des écoles. En tout cas, malgré toutes les mesures de préventions, les enfants allergiques risquent de présenter des réactions inattendues et aujourd’hui il est indispensable de pouvoir proposer aussi des approches thérapeutiques, telle que l’induction de tolérance orale, pour essayer de traiter l’allergie ou au moins réduire la possibilité d’accident, en augmentant la dose de l’aliment tolérée par le patient.

    Lire la suite >
  • Communication scientifique

    Les hypersensibilités médicamenteuses : primum non nocere mais agir

    Drug hypersensitivity: Primum non nocere but act

    L’auteur déclare ne pas avoir de liens d’intérêts.

    Les hypersensibilités médicamenteuses se manifestent par des réactions très hétérogènes pouvant toucher tous les organes, avec une prédilection pour la peau. Leurs causes et mécanismes sont multiples. On parle d’allergies médicamenteuses quand le mécanisme est immunologique spécifique, sinon d’hypersensibilités non allergiques. Elles peuvent engager le pronostic vital et être responsables de retrait du marché d’un médicament ou de précautions particulières à sa prescription. Bien que les véritables hypersensibilités aux médicaments soient relativement rares, de nombreux sujets, parfois dès l’enfance, sont étiquetés comme étant « allergiques », en particulier aux antibiotiques. Ils sont alors susceptibles d’être traités avec d’autres médicaments, qui peuvent être moins efficaces, plus toxiques, plus coûteux et conduire à des échecs et en ce qui concerne les antibiotiques au développement de certains types de bactéries résistantes. Le diagnostic des hypersensibilités médicamenteuses s’est considérablement amélioré au cours de la dernière décennie grâce à quelques découvertes immunologiques, aux échanges et standardisations entre équipes et à l’utilisation de bases de données plus importantes analysées avec des outils mathématiques modernes. Il nous reste à convaincre la communauté des non-allergologues que ce bilan est moins préjudiciable que la simple éviction, source de pertes de chance des patients qui ne reçoivent pas le traitement de première intention en raison d’une possible allergie/hypersensibilité médicamenteuse. C’est à travers la réponse à quelques questions cliniques que cet article survolera ce vaste domaine.

    Lire la suite >
  • Communication scientifique

    Le diagnostic des allergies chez l’atopique, vers l’utilisation de l’intelligence artificielle

    The use of artificial intelligence in the diagnosis of allergies in atopic patients: An exploration of the future of precision medicine

    Les auteurs déclarent ne pas avoir de liens d’intérêts.

    L’étude et les applications de l’intelligence artificielle (IA) en santé se sont rapidement développées au cours de la dernière décennie. En allergologie, domaine marqué par l’hétérogénéité des pathologies et le rôle de facteurs immunologiques et environnementaux complexes nécessitent des outils capables de traiter des données volumineuses et multidimensionnelles. L’IA, notamment par le biais du machine learning, du deep learning et du traitement du langage naturel, facilite l’analyse de ces données. Les allergies ayant une prévalence élevée (30 % de la population en 2025 et 50 % en 2050), l’IA offre des opportunités majeures pour améliorer et personnaliser le diagnostic. Ces technologies, intégrées au sein de systèmes d’aide à la décision clinique peuvent notamment soutenir les professionnels dans le diagnostic, la définition des endotypes et la recherche de biomarqueurs. Cette revue de littérature du groupe de travail e-santé et intelligence artificielle (GTESIA) de la Société française d’allergologie (SFA) expose les questions et propositions actuelles sur l’IA spécifiques à la spécialité. Nous présentons une sélection des méthodes les plus prometteuses et précisons comment l’IA peut s’intégrer dans le parcours de soin complexe et multidisciplinaire des patients allergiques.

    Lire la suite >