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Séance du 28 janvier 2025
Rapport
Rapport 25-02. Prise en charge des facteurs de risque cardiovasculaire des personnes âgées de 75 ans et plusManagement of cardiovascular risk factors in people aged 75 and over
Les maladies cardiovasculaires sont la première cause de morbidité et de mortalité chez les sujets âgés de 75 ans et plus, en raison des altérations structurelles et fonctionnelles du cœur et des vaisseaux liées à l’âge, ainsi que de l’exposition cumulative aux facteurs de risque cardiovasculaire. Cette population présente une très forte croissance démographique ainsi qu’une hétérogénéité importante au niveau de l’état de santé et des capacités fonctionnelles : c’est à partir de cet âge qu’un pourcentage important de sujets présentent une fragilité croissante avec un déclin important des capacités physiques et mentales, et de plus en plus de maladies chroniques. Les sujets âgés les plus fragiles sont souvent à très haut risque de complications cardiovasculaires graves, et nécessitent donc des traitements médicamenteux préventifs et curatifs ; cependant, cette même population étant la plus vulnérable aux effets indésirables des traitements, cela peut conduire à des stratégies médicamenteuses moins agressives.
L’objectif de ce rapport est de contribuer à une prise en charge personnalisée, coordonnée et holistique des facteurs de risque cardiovasculaire chez les sujets âgés de 75 ans et plus en fonction de leur niveau de fragilité et de leur état fonctionnel, et non de leur âge chronologique, afin d’éviter un surtraitement des plus fragiles, ou un sous-traitement des plus robustes.
Le groupe de travail de l’Académie, créé en Mars 2024 et composé de 14 membres, a rédigé ce rapport après avoir auditionné 14 experts.
Ce rapport souligne l’importance du dépistage systématique de la fragilité et des capacités fonctionnelles des personnes âgées pour l’évaluation du rapport bénéfice/risque des différentes stratégies de prise en charge des facteurs de risque cardiovasculaire (FdR CV). La généralisation de cette approche innovante nécessite une formation de tous les professionnels de santé en contact avec des patients âgés aux notions gériatriques de base, et en particulier aux méthodes de dépistage des capacités fonctionnelles et de la fragilité. Le rapport insiste également sur l’intérêt de la décroissance thérapeutique chez les plus fragiles, chez qui les effets indésirables des traitements sont les plus fréquents et les plus graves. L’intervention de professionnels de santé et l’utilisation de nouvelles technologies peuvent aider au suivi du contrôle des FdR CV et à la diminution des erreurs de la prise médicamenteuse. Ce rapport met également l’accent sur la nécessité d’améliorer la prise en charge des résidents d’EHPAD à haut risque CV en proposant l’intervention d’équipes mobiles externes qui pourront suivre de façon régulière l’évolution de leur état clinique. Enfin, il est urgent de promouvoir des études cliniques de qualité en y incluant les patients âgés fragiles qui en sont actuellement le plus souvent exclus.
Les recommandations proposées s’adressent aux autorités politiques, aux universités, aux médecins et autres professionnels de santé, ainsi qu’aux patients et leurs aidants. Une action commune de tous ces acteurs est nécessaire afin de faire rentrer la sensibilisation et les pratiques gériatriques dans la vie quotidienne.
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Communication scientifique
L’évolution des dépenses hospitalières en France (2014–2023)The evolution of hospital expenses in France
L'auteur déclare n'avoir aucun lien d'intérêt.
La France est le deuxième pays européen après l’Allemagne pour la part de son PIB consacrée à la santé (11,8 % en 2022). La Dépense Courante de Santé au sens international (DCSi) s’élève à 325 milliards d’euros, soit 4600 euros par habitant en 2023. Depuis la tarification à l’activité, les dépenses hospitalières n’ont cessé de croître pour atteindre 122 milliards en 2023. Cette progression des dépenses hospitalières est très corrélée à l’ensemble des dépenses de santé du pays mais également à plusieurs décisions prises dans la période pour adapter l’offre de soins à la survenue de l’épidémie COVID: garantie de financement à l’hôpital, prise en charge du dépistage et de la vaccination, accords du Ségur de la Santé. Selon la DREES, les comptes financiers des hôpitaux publics se sont dégradés très fortement en 2022. Après un déficit de 415 millions en 2021, le déficit des hôpitaux publics s’élève à 1,3 milliards d’euros en 2022 et entre 1,7 et 1,9 milliards d’euros en 2023. La réforme des modalités de financement devient inévitable. Sont apparues récemment des innovations comme le financement sur objectifs de santé publique, le financement à la qualité et le paiement au forfait des parcours de soins.
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Communication scientifique
Le financement des hôpitaux publics. Approche conceptuelle en France : Du prix de journée à la tarification à l’activitéFinancing public hospitals. A conceptual approach in France: From the daily charge to activity-based pricing
L'auteur déclare n'avoir aucun lien d'intérêt.
Le choix des modes de financement de l’hôpital, dans les systèmes de santé développés, est assumé par un tiers payeur, public ou privé en fonction de l’organisation de la protection sociale du pays. Depuis 1950, en France, plusieurs stratégies ont été proposées pour déterminer les ressources nécessaires à la prise en charge des patients hospitalisés. Trois mécanismes se sont suivis pour établir le budget hospitalier : le prix de journée, la dotation globale de financement et enfin la tarification à l’activité, avec deux caractéristiques que l’on a cherché à améliorer, d’une part, un financement prospectif et non rétrospectif, d’autre part, un niveau de connaissance des soins nécessaires pour une pathologie. Le premier a consisté en un forfait à la journée calculé sur les coûts totaux annuels de l’établissement divisés par le nombre de journées effectué pendant cette même année. Le second a consisté à utiliser le budget de l’année N en lui appliquant un taux directeur (pourcentage d’augmentation) pour obtenir le budget de l’année N+1. Le troisième est issu d’un mécanisme mis en place aux USA c’est à dire un système de classement des patients selon leurs besoins dans des groupes homogènes de malades ou iso-ressources : le financier sait ainsi ce qu’il rémunère. Une comparaison succincte avec le financement des hôpitaux privés à but, lucratif, ex-objectif quantifié national y est introduite. Mais le financement n’est qu’un élément participant à l’efficience du système de soins hospitaliers, la qualité des soins, la planification et le concours de la médecine ambulatoire de premier recours.
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Communication scientifique
Les nouvelles approches du financement des soins hospitaliersNew approaches to financing hospital care
L'auteur déclare n'avoir aucun lien d'intérêt.
Mise en place progressivement à partir de 2004, la tarification à l’activité ou T2A est devenue la principale modalité de financement des établissements de santé pour le secteur court séjour dans ses composantes médecine, chirurgie et obstétrique (MCO). De 2004 à 2024, la T2A a cependant connu de nombreuses évolutions et adaptations pour tenter de parvenir à une meilleure description clinique des patients hospitalisés, une meilleure caractérisation des types d’activités réalisées et une tarification des groupes homogènes de séjours optimale. Après deux décennies de financement par la T2A, le bilan contrasté porté sur cette modalité de financement ainsi que les difficultés rencontrées par le système de santé et notamment le secteur hospitalier ont amené les pouvoirs publics à proposer et engager une évolution des modalités de financement des établissements de santé MCO. Il s’agit d’atteindre une diversification des modalités de financement et de diminuer la part de la T2A dans le financement des hôpitaux de court séjour. Il est fait l’hypothèse que chaque modalité de financement pourra avoir un impact positif sur les organisations et les pratiques de soins en complémentarité des impacts liés aux autres modalités de financement. Les nouvelles modalités de financement introduites ou renforcées visent à accroître le niveau de qualité des prises en charge, à favoriser la continuité des soins et à mieux répondre aux besoins de santé des populations des différents territoires. Ainsi, de nouvelles modalités de financements sont déployées : financement à la qualité, dotation populationnelle, financement à l’épisode de soins ou au parcours de santé, financement d’objectifs de santé publique. La balance entre complexité des mécanismes d’implémentation et résultats attendus ainsi que l’impact de la coexistence de différentes modalités de financement seront deux enjeux riches d’enseignement. Les objectifs ambitieux poursuivis au travers de ces évolutions du financement devront faire l’objet d’une évaluation.
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Communication scientifique
Un statut privé non lucratif permettant d’assurer le service publicA private status allowing public service to be provided
L'auteur déclare n'avoir aucun lien d'intérêt.
Majoritaires à l’étranger, les hôpitaux privés à but non lucratif représentent 10 % du nombre des hôpitaux publics français. Supportés par des associations, des fondations ou des mutuelles, ils pratiquent presque exclusivement le secteur 1. Les médecins y sont, sauf exception le plus souvent due à l’histoire, salariés. Les centres anti-cancéreux sont intégrés dans cette catégorie d’établissements. Autonomes dans leur gestion, ils sont plus souples mais aussi plus fragiles. La plupart participent aux missions de service public et à l’enseignement des sciences médicales et paramédicales. Ils développent des projets et des promotions de recherche. Certains de leurs praticiens sont professeurs d’université. Leur tarification, élaborée sur les mêmes bases que celle des hôpitaux publics a été cependant, depuis presque dix ans, inférieure de plus de 1 % à la leur. Les charges de personnels sont majorées par des cotisations salariales plus importantes. Des efforts de gestion sont donc déployés pour rester en équilibre financier et permettre leur pérennité. L’investissement et la recherche de qualité sont également indispensables à la satisfaction des patients.
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Éloge
Éloge du professeur Christian Chatelain (1932–2023)L'auteur déclare n'avoir aucun lien d'intérêt.
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Communication scientifique
Angioplastie coronaire dans le syndrome coronaire chronique : un changement de paradigme ?Coronary percutaneous intervention for chronic coronary syndrome: A change in paradigm?
Les auteurs déclarent ne pas avoir de liens d’intérêts.
L’angioplastie percutanée est la méthode de revascularisation coronaire la plus utilisée. Son bénéfice reste indiscutable dans les syndromes coronaires aigus avec une diminution de la morbi-mortalité et justifie la mise en place de réseaux de prise en charge des urgences coronaires. À l’inverse, la prise en charge du syndrome coronaire chronique par l’angioplastie coronaire a connu des modifications importantes avec une diminution des indications de coronarographie et d’angioplastie. L’angioscanner coronaire permet un diagnostic rapide et non invasif des lésions coronaires et son utilisation est en croissance rapide. Plusieurs études randomisées à grande échelle ont remis en cause le bénéfice de l’angioplastie coronaire dans le syndrome coronaire chronique en démontrant une réduction de la fréquence des douleurs angineuses mais une absence de bénéfice en termes de morbi-mortalité. L’indication d’une angioplastie coronaire chez un patient porteur d’un syndrome coronaire chronique doit donc être précédée d’une évaluation soigneuse du terrain, des symptômes, de la morphologie et localisation des lésions coronaires. La diminution des indications d’angioplastie coronaire dans le syndrome coronaire chronique aura des implications sur le volume d’actes réalisés dans les centres d’angioplastie et sur leur répartition géographique.
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Communication scientifique
Innovations thérapeutiques dans la prise en charge de la schizophrénieTherapeutic innovations in the management of schizophrenia
L’auteur déclare ne pas avoir de liens d’intérêts.
Depuis quelques années le développement de nouvelles thérapeutiques et prises en charge offrent un grand espoir pour les patients souffrant de troubles du spectre schizophrénique. Le traitement de fond des troubles schizophréniques repose sur les antipsychotiques dont l’action pharmacologique principale est de bloquer les récepteurs dopaminergiques. Or de nouvelles molécules sont actuellement en développement. Leur originalité est d’agir sur d’autres systèmes de neurotransmission, ouvrant ainsi de nouvelles perspectives thérapeutiques. Les innovations portent aussi sur l’organisation des soins et les thérapeutiques non médicamenteuses. Ainsi, une détection précoce des troubles et des interventions précoces voire en amont des troubles sans attendre l’installation de la schizophrénie, est l’apanage de nouvelles prises en charge. Ces prises en charge précoces en appui avec les nouvelles technologies numériques et les interventions non médicamenteuses deviennent dès lors optimales et permettent d’infléchir la chronicité des troubles. Parmi ces interventions, les techniques de neurostimulation ouvrent de nouvelles perspectives dans le traitement des symptômes résistant au traitement antipsychotique comme les hallucinations auditives verbales et les symptômes négatifs. L’activité physique est aussi devenue incontournable compte tenu de ses bienfaits sur la santé physique et psychique et des travaux récents rapportant une fréquence élevée de sédentarité, de comorbidités métaboliques et cardiovasculaires ainsi qu’une longévité réduite de 20ans chez ces patients. L’intérêt de ces interventions est illustré par les résultats de nos travaux de recherche sur la neurostimulation et l’activité physique.
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Communication scientifique
Le baclofène à fortes doses dans le trouble de l’usage de l’alcool 20 ans aprèsHigh-dose baclofen for alcohol use disorder 20 years after
L’auteur déclare ne pas avoir de liens d’intérêts.
En 2004 paraissait une auto-observation d’un cardiologue français soulignant l’intérêt du baclofène à hautes doses dans le trouble de l’usage de l’alcool. L’intérêt thérapeutique de cet agoniste GABA-B avait déjà été repéré mais uniquement à des doses n’excédant pas 30mg par jour, contre 270mg par jour dans l’observation de 2004. Au cours des 20 ans qui ont suivi, le repositionnement du baclofène dans l’indication du trouble de l’usage de l’alcool a été l’objet de travaux scientifiques ayant précisé son efficacité et sa tolérance, mais aussi de polémiques médicales et de rebondissements réglementaires retracés dans cet article.
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Communication scientifique
La boucle fermée hybride : évolution ou révolution dans la prise en charge du diabète de type 1The hybrid closed loop: Evolution or revolution in the management of type 1 diabetes
C.T. déclare avoir bénéficié d’aides financières pour des réunions, des communications ou des protocoles de recherche de la part d’Abbott Diabetes Care, Glooko, Lilly, Novo-Nordisk, Medtronic, et Sanofi et a des activités de conseils pour Insulet et Medtronic.
Le traitement du diabète de type 1 nécessite une administration continue d’insuline dès le diagnostic pour répondre aux besoins physiologiques en insuline et prévenir les complications liées à l’hyperglycémie chronique tout en réduisant le risque quotidien d’hypoglycémies. L’introduction de la mesure continue du glucose a permis de modéliser les besoins en insuline et permettre une automatisation partielle du traitement avec l’aide de pompe à insuline pilotée par un algorithme approprié. Cette nouvelle prise en charge est l’aboutissement d’une série de progrès techniques, mais est une révolution pour les personnes qui l’adoptent en atteignant des niveaux de contrôle jamais obtenus auparavant, tout en allégeant la charge mentale. C’est aussi une transformation des pratiques et la nécessité d’une formation des professionnels de santé à cette innovation.
Lire la suite >Publié le 16 janvier 2025
Communiqué
Quand l’obésité devient une maladieWhen obesity becomes a disease
Lire la suite >Séance du 14 janvier 2025
Rapport
Rapport 25-01. L’inégalité de prise en charge de l’infarctus du myocarde chez les femmes en FranceInequality in the management of myocardial infarction in Women in France
Les auteurs du rapport déclarent n’avoir aucun lien d’intérêt
Les maladies cardiovasculaires sont la première cause de mortalité dans le monde. Des registres nationaux ont démontré une inégalité dans la prise en charge de l’infarctus du myocarde chez la femme entrainant une surmortalité. L’objectif de ce rapport est de sensibiliser la population et l’ensemble des acteurs de santé à cette problématique cruciale et de formuler 4 recommandations concrètes pour améliorer la prévention, le diagnostic, la gestion et surtout le pronostic de cette maladie chez la femme.
Lire la suite >Publié le 14 janvier 2025
Communiqué
Confidentialité de l’évaluation éthique dans le cadre de l’utilisation des animaux à des fins scientifiquesConfidentiality of ethical assessment in the context of animal use for scientific purposes
Lire la suite >Séance du 14 janvier 2025
Éditorial
Cellules-souches et organoïdes en endocrinologieStem cells and organoids in endocrinology
L’auteur déclare ne pas avoir de liens d’intérêts.
Lire la suite >Séance du 14 janvier 2025
Communication scientifique
Organoïdes hypothalamohypophysaires comme modèles pathologiquesHypothalamo-pituitary organoids as disease models for hypopituitarism
Les auteurs déclarent ne pas avoir de liens d’intérêts.
Les déficits hypophysaires, ou hypopituitarismes, sont définis comme une insuffisance de production d’une ou de plusieurs hormones antéhypophysaires (hormone de croissance, TSH, ACTH, LH-FSH et prolactine). Les hypopituitarismes congénitaux, maladies rares aux conséquences invalidantes, se présentent souvent sous la forme de déficits hormonaux isolés, tels que les déficits isolés en hormone de croissance (GHD) ou en ACTH (ACTHD) ou les déficits combinés en hormones hypophysaires, lorsque plusieurs hormones hypophysaires sont affectées. Ils résultent majoritairement de mutations génétiques ou de l’action nocive de facteurs environnementaux au cours du développement fœtal. Les deux dernières décennies ont vu l’apparition de nouveaux modèles in vitro appelés organoïdes, qui permettent de recréer partiellement le développement d’un organe à partir de cellules pluripotentes. À partir de cellules-souches humaines embryonnaires (hESCs) ou induites (hiPSCs), il a été possible de reproduire diverses étapes du développement hypothalamohypophysaire, mécanique complexe qui nécessite l’interaction entre deux structures embryonnaires d’origines différentes, jusqu’à la production de cellules endocrines hypophysaires fonctionnelles. Ces organoïdes ont permis au groupe japonais qui a initialement mis au point cette technique de comprendre les mécanismes cellulaires et moléculaires conduisant à la pathogénicité d’une mutation du gène OTX2, identifiée comme étant responsable de déficits combinés en hormones hypophysaires. Grâce à la technique d’édition génique CRISPR-CAS9, les organoïdes ont permis à notre groupe de démontrer que le phénotype endocrinien des patients souffrant du syndrome DAVID (déficit en ACTH associé à un déficit immunitaire commun variable) était bien lié à une mutation du gène NFKB2, identifiant ainsi ce gène comme un élément central du développement hypophysaire. Enfin, la capacité de ces organoïdes à présenter une réponse sécrétoire à une stimulation hypothalamique ainsi que la possibilité de moduler ces signaux en mimant le rétrocontrôle par les organes cibles laisse envisager dans le futur leur utilisation sous un angle thérapeutique dans le cadre de la médecine dite « régénérative ».
Lire la suite >Séance du 14 janvier 2025
Communication scientifique
Des cellules souches aux cellules sécrétrices d’insuline : perspectives pour comprendre et traiter les diabètesFrom stem cells to insulin-secreting cells: Perspectives for understanding and treating diabetes
L’auteur est co-fondateur et consultant pour Human Cell Design, qui distribue et commercialise les lignées de cellules bêta humaines.
Le diabète de type 1 est dû à la destruction des cellules bêta-pancréatiques (les cellules qui produisent l’insuline) par le système immunitaire. Les approches thérapeutiques du futur pourraient donc être basées sur des stratégies de protection des cellules bêta vis-à-vis de leur destruction et/ou de remplacement des cellules bêta détruites. Il y a 25 ans, la communauté scientifique ne disposait que de peu d’outils permettant progresser dans ces approches innovantes : pas d’accès à des cellules bêta-pancréatiques humaines en quantité illimitée pour disséquer les mécanismes de destruction des cellules bêta par le système immunitaire ; pas de modèle robuste de différenciation de cellules bêta à partir de cellules souches. Toutefois, les progrès de la recherche (particulièrement en biologie du développement), ont été la base, ces dernières années, de la réalisation de progrès majeurs : (i) le développement de lignées de cellules bêta fonctionnelles et donc l’accès à des cellules bêta en quantité illimitée qui permettent de mieux comprendre les mécanismes de destruction/protection des cellules bêta ; (ii) le développement de protocoles robustes de production de cellules bêta humaines fonctionnelles à partir de cellules souches qui permettent le lancement de plusieurs essais cliniques dont les premiers résultats s’avèrent remarquables. En conclusion, je suis impressionné par les progrès réalisés pendant les 25 dernières années sur cette thématique.
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Présentation ouvrage
Bruniaux P. Louis Pasteur, l’artiste. Éditions du SékoyaBesançon (2024) Lire la suite >Séance du 7 janvier 2025
Discours
Allocution de bilan de Présidence pour l’année 2024L'auteur déclare n'avoir aucun lien d'intérêt.
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Discours
Allocution de présidence pour l’année 2025 Lire la suite >Publié le 1 janvier 2025
Communication scientifique
L’intérêt du repérage des étapes du développement intersubjectif précoce pour le dépistage et l’intervention précoce dans les troubles neuro-développementauxThe value of identifying stages of early intersubjective development for screening and early intervention in neurodevelopmental disorders
L’auteur déclare ne pas avoir de liens d’intérêts.
Les données récentes sur le développement psychologique entre 0 et 3 ans ont révolutionné nos conceptions de l’origine des troubles du développement et de la psychopathologie précoce. Ces avancées ont conduit à tenter de rendre plus précoce le dépistage des troubles du développement, conduisant à des essais de prévention et d’intervention précoce. Ce travail retrace les apports récents sur les capacités du nouveau-né et du jeune enfant, et sur les aspects théoriques les plus pertinents. La psychopathologie précoce s’éclaire à la lumière de la synchronisation entre l’enfant et des ‘caregivers’, de la sensibilité du bébé humain à la violation de ses attentes dans le cadre des interactions précoces, du rôle clef de la spirale transactionnelle initiale, et de l’interaction gène-environnement. Il souligne l’intérêt de l’identification d’une dimension développementale relativement méconnue, qui va du plaisir partagé dans la synchronisation entre parents et bébé au retrait relationnel clinique, et qui participe au développement intersubjectif. Le développement intersubjectif précoce reste encore peu exploré. Ses étapes sont le sourire social, vers 2 mois, l’accordage affectif et le début de l’attention conjointe vers 9 mois (‘Pointing’) et le début de la capacité de symbolisation et du « faire semblant » vers 18 mois. On sait encore mal comment la prématurité et le retard de croissance influencent ces étapes, ni de quelle manière chaque étape prédit la suivante. Une meilleure connaissance de ces données, par des mises en situation parents-enfant lors de suivis longitudinaux, guiderait une application préventive de la guidance interactive assistée par la vidéo. Cette guidance préventive reste encore peu testée dans le domaine des troubles neuro-développementaux, qu’il s’agisse de la prématurité ou du trouble autistique.
Lire la suite >Séance du 17 décembre 2024
Discours
Discours de la lauréate du Prix littéraire 2024 de l’Académie nationale de médecineL'auteur déclare n'avoir aucun lien d'intérêt.
Lire la suite >Séance du 10 décembre 2024
Rapport
Rapport 24-13. La culture générale, pilier d’une médecine humanisteGeneral knowledge as the mainstay of an humanist medicine
Les auteurs ne déclarent aucun lien ni conflit d’intérêt.
La déshumanisation de la médecine de soins, amplement démontrée, a partie liée avec le déclin de la culture générale et un enseignement trop centré sur les matières scientifiques à caractère universel. Les objectifs visant à développer le sentiment empathique chez les médecins en formation, doivent être fondés sur la stimulation de l’intérêt pour la culture générale et, notamment, sur l’incitation à la lecture et l’interprétation d’œuvres d’art pictural. Dans cet esprit, il paraît nécessaire de mettre en place, dans chaque faculté de médecine, un « Département de Philosophie et Pédagogie de la Santé » dirigé par un philosophe de profession, afin de créer un véritable accompagnement culturel des étudiants, tout au long de leur cursus, dans le but ultime d’améliorer la relation médecin-patient et, partant, de restituer la dimension humaine du soin.
Lire la suite >Séance du 10 décembre 2024
Éloge
Éloge du professeur Claude-Pierre Giudicelli (1934–2023) Lire la suite >Séance du 10 décembre 2024
Éditorial
Des maladies autoimmunes aux syndromes autoinflammatoiresFrom autoimmune diseases to autoinflammatory syndromes
Les auteurs déclarent ne pas avoir de liens d’intérêts.
Lire la suite >Séance du 10 décembre 2024
Communication scientifique
Maladies auto-inflammatoires : aspects physiopathologiquesAutoinflammatory diseases: Pathophysiological aspects
A Belot révèle des honoraires de consultation d'Abbvie, Kabi, Boehringer Ingelheim, GlaxoSmithKline.
Les maladies auto-inflammatoires sont causées par une hyperactivation des voies immunitaires innées, sans spécificité d’antigène, contrairement aux maladies auto-immunes, qui impliquent une réaction immunitaire contre les antigènes du soi par le système immunitaire adaptatif. Les maladies auto-inflammatoires ont été reconnues récemment, avec l’identification de formes génétiques comme la fièvre méditerranéenne familiale (FMF) et le syndrome périodique associé au récepteur du TNF (TRAPS), dès la fin des années 1990. Au cours des deux dernières décennies, plus de 40 maladies auto-inflammatoires monogéniques distinctes ont été identifiées. Celles-ci incluent les inflammasomopathies, les interféronopathies et les anomalies de la signalisation du TNFα ou de l’activation du facteur transcriptionnel NF-κB. L’exploration des mécanismes des maladies auto-inflammatoires est cruciale pour le développement de thérapies ciblées et leur caractérisation bénéficie au-delà des formes monogéniques à la compréhension générale des maladies inflammatoires.
Lire la suite >Séance du 10 décembre 2024
Communication scientifique
Les maladies auto-inflammatoires chez l’enfantAutoinflammatory diseases in children
L'auteur déclare des interventions ponctuelles et avis d’expertise pour SOBI, Novartis, Pfizer, LFB, Zydus, Amgen, Chugai. Essais cliniques en qualité de co-investigatrice pour Lilly, Sanofi, Abbvie, Roche.
Les maladies auto-inflammatoires (MAI) se caractérisent par un début précoce, parfois dès la période néonatale, et par des manifestations systémiques traduisant l’inflammation. Le modèle historique est la fièvre méditerranéenne familiale (FMF), qui est la plus fréquente des MAI, et comporte des crises de courte durée accompagnées de douleurs abdominales et thoraciques intenses traduisant une polysérite. L’étroite collaboration entre les cliniciens et les généticiens ainsi que le développement des techniques de séquençage à haut débit ont permis d’identifier un nombre croissant de MAI dont la classification repose aujourd’hui sur leur physiopathologie. Cinq grands groupes de MAI sont abordés dans ce chapitre. Globalement, on pense à une MAI chez un enfant devant des fièvres récurrentes inexpliquées associées à d’autres signes cliniques et biologiques d’inflammation notamment une élévation de la protéine C réactive lors des crises. S’agissant de maladies Mendéliennes, des antécédents familiaux peuvent être présents mais ils ne sont pas obligatoires. L’appartenance à une ethnie à risque est un élément essentiel pour envisager le diagnostic de FMF. Le diagnostic génétique peut confirmer la suspicion clinique en mettant en évidence des mutations pathogènes dans le gène concerné. Le traitement vise à faire disparaître l’inflammation en ciblant la voie pathogénique en cause. Par exemple pour la FMF, on cible la voie de l’interleukine 1 en utilisant la colchicine au long cours, et les anti-IL-1 dans les cas rares de résistance ou d’intolérance à ce traitement.
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Communication scientifique
Maladie de BehçetBehçet's disease
PC et MV déclarent ne pas avoir de liens d’intérêt.
BB : consultant pour AbbVie, Alimera, Horus, Novartis, Pharma, Thea et Roche.
DS : consultant pour Abbvie, Amgen, Roche Chugai, Janssen, Sanofi, Galapagos, Viatris, Celltrion, Hifibio, Fresenius et GSK.
La maladie de Behçet est une maladie chronique systémique inflammatoire d’origine inconnue, qui a bénéficié de nombreuses avancées durant les deux dernières décennies. Deux phénotypes cliniques majeurs ont été identifiés : des patients présentant un syndrome auto-inflammatoire avec aphtes buccaux récurrents, ulcères génitaux, uvéites et lésions cutanées, et ceux avec des manifestations artérielles, veineuses et plus rarement cardiaques (angio-Behçet). Cette classification a eu un impact sur les critères diagnostiques révisés. Ces manifestations sont associées à une morbidité importante et à une sur-mortalité. D’un point de vue physiopathologique, la maladie de Behçet apparaît aujourd’hui à la croisée des maladies auto-immunes et auto-inflammatoires. De nombreux mécanismes pathogéniques sont impliqués tels qu’une susceptibilité génétique (HLA-B5101, HLA-A26, IL10, IL23R, IL12RB2), la perturbation de l’homéostasie des lymphocytes T (polarisation Th1 et Th17, diminution des T régulateurs mémoires activés), rôle critique de l’IL21 dans la modulation de l’homéostasie des lymphocytes T et rôle des lymphocytes T cytotoxiques et des neutrophiles dans les lésions inflammatoires tissulaires. Les modalités de traitement ont longtemps reposé sur la colchicine, les corticoïdes et les immunosuppresseurs conventionnels (azathioprine, cyclophosphamide, ciclosporine…). Grâce à une meilleure compréhension des mécanismes pathogéniques sous-jacents, une nouvelle ère s’est ouverte avec l’utilisation des anti-TNF alpha et de l’interféron alpha, et plus récemment des biothérapies ciblées dont les anti-PDE4, les anti-IL12/IL23 et les anti-IL 6.
Lire la suite >Séance du 10 décembre 2024
Communication scientifique
Aspects cliniques diagnostiques et thérapeutiques du syndrome VEXASClinical, diagnostic and therapeutic aspects of VEXAS syndrome
Paul Breillat déclare ne pas avoir de conflit d'intérêt. Benjamin Terrier a reçu des honoraires pour du conseil ou des interventions auprès d'AstraZeneca, GlaxoSmithKline, Novartis, Boehringer Ingelheim et CSL Vifor.
VEXAS est un acronyme (vacuoles, enzyme E1, lié à l’X, auto-inflammatoire, somatique) qui désigne un syndrome auto-inflammatoire décrit pour la première fois en 2020. Le syndrome VEXAS touche, sauf de très rares exceptions, des hommes de plus de 50 ans. Il est lié à la survenue de mutations somatiques acquises du gène UBA1 (ubiquitin-activating enzyme E1) lié à l’X au sein des progéniteurs hématopoïétiques à l’âge adulte. Ces mutations entraînent la formation d’une isoforme cytoplasmique dysfonctionnelle sur le plan catalytique de l’enzyme E1, enzyme majeure de l’initiation de l’ubiquitination protéique. Il en résulte un défaut d’ubiquitination des protéines et, par des mécanismes encore mal élucidés, une inflammation systémique et des anomalies hématologiques allant de cytopénies isolées à un syndrome myélodysplasique. Remarquable par la sévérité des manifestations inflammatoires et leur caractère réfractaire ou résistant aux thérapeutiques habituelles, ce syndrome représente un défi thérapeutique autant qu’un changement de paradigme dans le domaine des maladies auto-inflammatoires de l’adulte.
Lire la suite >Séance du 3 décembre 2024
Communication scientifique
Diabète « néonatal » : une maladie neuro-endocrine, au-delà de la cellule à insuline. De la maladie rare à la maladie fréquente“Neonatal” diabetes: A neuroendocrine disease, beyond the insulin cell. From rare to common disease
Michel Polak est conseiller scientifique pour AMMTEK société qui a mis au point la suspension de glibenclamide AMGLIDIA (développée aussi sous le nom de GLIBENTEK).
Le diabète sucré « néonatal » se définit par l’existence d’une hyperglycémie liée à l’absence ou à l’insuffisance d’insuline circulante. C’est une maladie génétique rare (1 naissance vivante sur 100 000 en France). Il survient principalement avant six mois, et rarement entre six mois et un an. Cette maladie est liée à deux grands groupes de mécanisme : malformation du pancréas avec altération du développement et/ou de la survie des cellules sécrétant l’insuline (cellule β), ou anomalie fonctionnelle de la cellule β pancréatique existante, comme dans les mutations des gènes ABCC8, KCNJ11 codant pour le canal potassique de la cellule β pancréatique. Tous les patients porteurs d’une mutation des gènes ABCC8 ou KCNJ11, exprimés aussi dans le système nerveux central, présentent à minima des troubles neurologiques et/ou neuropsychologiques. Ces derniers sont susceptibles de pouvoir passer avec succès d’injections d’insuline à des sulfonylurées par voie orale. Il a également été démontré récemment que les sulfamides hypoglycémiants (le glibenclamide en particulier) étaient capables d’améliorer les déficits neurologiques, neuropsychologiques et visuomoteurs s’ils étaient introduits tôt dans la vie de l’enfant atteint. L’élucidation moléculaire de cette maladie rare a permis de valider l’importance de gènes codant pour des protéines impliquées dans le développement et la fonction des cellules à insuline. Cette compréhension génétique a aussi permis de mieux expliquer l’implication de ces gènes dans la pathogénie de diabètes sucrés de l’enfant et de l’adulte, illustrant le bénéfice d’un travail sur une maladie rare pour irriguer la compréhension d’une maladie fréquente, le diabète sucré.
Lire la suite >Séance du 3 décembre 2024
Communication scientifique
De la découverte de la ventilation liquidienne à son application en soins intensifs : un exemple d’interaction entre recherches animale, humaine et technologiqueFrom the discovery of liquid ventilation to its application in intensive care: An example of interaction between animal, human, and technological researches
En lien avec la présente publication, M. Tissier déclare être co-inventeurs de brevets relatifs à la ventilation liquidienne et apporter son Concours Scientifique en tant que coordinateur médical de l’entreprise Orixha et en participant à son capital, en application des articles L. 531-8, L. 531-9, L. 531-14, et L. 531-17 du Code de la recherche.
Cet article a pour but d’exposer les principaux développements de la recherche sur la ventilation liquidienne. Cette méthode de respiration artificielle consiste à administrer des liquides respirables, les perfluorocarbures, dans les voies aériennes. Leurs propriétés physicochimiques et leur forte solubilité pour l’oxygène et le dioxyde de carbone permettent le maintien d’échanges gazeux. Cette technique a été étudiée dans l’espoir de développer une nouvelle option thérapeutique pour les services de réanimation, en particulier pour le traitement du syndrome de détresse respiratoire aiguë (SDRA) et l’induction d’une hypothermie rapide chez les patients réanimés après un arrêt cardiaque. L’approche la plus étudiée, intitulée « ventilation liquidienne partielle » (VLP), consiste à administrer les perfluorocarbures dans la trachée au cours d’une ventilation mécanique gazeuse traditionnelle. Cette méthode requiert des volumes pulmonaires élevés ayant conduit, lors des expériences cliniques, à l’apparition de volotraumatismes chez certains patients et à l’interruption des recherches sur cette modalité de ventilation. En parallèle, l’intérêt pour l’autre approche de ventilation liquidienne, la ventilation liquidienne totale (VLT), a été renforcé. Cette méthode consiste à échanger un volume courant de liquide à chaque cycle respiratoire à l’aide d’un dispositif dédié. Cela présente l’avantage de contrôler le volume de liquide et de maitriser le risque de volotraumatisme. En revanche, cela nécessite le développement d’une technologie dédiée, ayant soulevé des défis en terme d’ingénierie et de recherche biomédicale. Après une quinzaine d’année de recherche, nous préparons un transfert clinique de cette approche thérapeutique à des fins d’induction d’une hypothermie ultra-rapide après un arrêt cardiaque.
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Communication scientifique
Traitements du glioblastome – Trente années de progrès et rôle de l’immunothérapieTreatments of glioblastoma – Thirty years of progress and the role of immunotherapy
L’auteur déclare ne pas avoir de liens d’intérêts.
Le glioblastome multiforme (GBM), tumeur maligne du cerveau, d’après la classification de l’OMS de 2016, est défini comme le glioblastome, faisant partie des gliomes diffus. Le GBM, avec une incidence de 3 à 15 cas pour 100 000 personnes et le pronostic de survie généralement inférieur à un an, a incité à la recherche de nouveaux traitements. Les thérapies mises à jour comportent principalement la résection chirurgicale, la radiothérapie, la chimiothérapie, l’immunothérapie et les vaccins ciblant les facteurs de croissance et leurs récepteurs, i.e. EGF-R ou VEGF. Les nouveaux traitements comprennent surtout des stratégies soit d’immunothérapie de cellules T adoptives (ACT), soit d’immunothérapies géniques. La dernière approche étant en général de type antigène, visant les gènes de l’oncogenèse des IGF-I ou TGF-beta. Les deux stratégies d’immunothérapies, et particulièrement thérapie génique anti-IGF-I, ont donné des résultats très encourageants : l’augmentation de la survie a atteint deux ans, et dans certains cas trois ans. Le progrès clinique lié au développement de nouvelles techniques, comme l’utilisation de produits phytochimiques ou de la nanotechnologie, est prometteur.
Lire la suite >Publié le 1 décembre 2024
Communication scientifique
The price of doubt: Consequences of vaccine hesitancy on the incidence of infectious diseases in BrazilLe prix du doute : conséquences de l'hésitation vaccinale sur l'incidence des maladies infectieuses au Brésil
The authors declare that they have no competing interest.
Lire la suite >Publié le 28 novembre 2024
Autre
Compte rendu du colloque « Maladies cardiométaboliques, tous concernés » Lire la suite >Séance du 26 novembre 2024
Rapport
Rapport 24-12. Déterminants et impacts de la qualité sanitaire de l’alimentation sur la nutrition et la santé humainesDeterminants and impacts of food safety on human nutrition and health
Absence de conflit d’intérêt – pour tous les auteurs du rapport
Les composés potentiellement toxiques de l’alimentation font l’objet de de larges débats contradictoires pour leurs effets sur la santé. Ils regroupent les xénobiotiques provenant de la pollution et des traitements de l’agriculture, les mycotoxines et les additifs utilisés dans la transformation des aliments. Le marché agroalimentaire européen est soumis à des réglementations plus contraignantes que les marchés américains et asiatiques, avec cependant une ouverture de plus en plus grande à la mondialisation des échanges. Un groupe de travail (GT) a auditionné des experts et acteurs du domaine pour approfondir trois questions : quels sont les enseignements et les limites de la toxicologie alimentaire? La traçabilité des sources et des modes de productions est-elle une réponse à l’enjeu de sécurité alimentaire face à la mondialisation ? Les labels de qualité alimentaire sont-ils suffisants pour assurer une information objective du consommateur sur la prévention du risque? Le GT constate une politique très volontariste de la France en matière d’affichage de la qualité qui contraste notablement avec l’insuffisance de contrôle du respect des règlementations européenne et nationale. Le GT a retenu 6 recommandations : 1- Inscrire le droit à l’alimentation dans le Droit français et européen pour garantir un accès à une alimentation saine, sûre, digne et durable. 2- Reconnaître une exception agro-alimentaire, notamment dans le cadre des échanges commerciaux. 3- Renforcer la fréquence des contrôles par l’Etat, avec l’obligation de contrôles élargies pour les gros acteurs de l’industrie agro-alimentaires. 4- Instaurer une réglementation et des mesures assurant au consommateur un accès aux produits avec label AB équivalent à l’accès aux productions conventionnelles. 5- Soumettre les produits transformés et ultra transformés à une obligation de contrôles en fin de chaine de production. 6 – Interdire l’utilisation non réglementée de composés chimiques non évalués par les agences européennes par application du principe de précaution.
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Communication scientifique
Physiopathologie de l’obésitéPhysiopathology of obesity
L’auteur déclare ne pas avoir de liens d’intérêts.
Cette revue explore les mécanismes physiopathologiques fondamentaux de l’obésité à travers plusieurs axes complémentaires. Elle commence par analyser les théories de la prise de poids, notamment le modèle de la balance énergétique et le modèle glucidique-insulinique, qui montrent comment un déséquilibre entre apport et dépense énergétique, ou l’influence des glucides sur la sécrétion d’insuline, favorisent l’accumulation de graisse. Elle aborde ensuite la prédisposition génétique, en distinguant les formes rares d’obésité monogénique et syndromique, où la génétique joue un rôle prédominant, des formes polygéniques courantes, dans lesquelles des variations génétiques interagissent avec l’environnement pour moduler le risque d’obésité. La dimension multi-organe de l’obésité est examinée à travers le rôle central du tissu adipeux, considéré non seulement comme un réservoir de stockage lipidique, mais aussi comme un organe endocrine actif. L’hypertrophie, l’inflammation et la fibrose de ce tissu contribuent aux complications métaboliques, telles que l’insulinorésistance et le diabète de type 2. L’étude se penche également sur le microbiote intestinal, en soulignant les interactions entre certaines compositions microbiennes et le métabolisme énergétique, avec des données suggérant que certains profils microbiens pourraient favoriser le développement de l’obésité. Enfin, la revue traite des altérations des hormones intestinales, en particulier les incrétines (GIP et GLP-1), qui régulent la sécrétion d’insuline et l’appétit. Ensemble, ces mécanismes mettent en évidence la complexité et l’hétérogénéité de l’obésité, soulignant la nécessité d’approches thérapeutiques personnalisées et adaptées aux spécificités de chaque patient.
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Communication scientifique
État des lieux de l’endoscopie bariatriqueState of the art of bariatric endoscopy
L’auteur déclare ne pas avoir de liens d’intérêts.
L’endoscopie bariatrique est une discipline en plein essor qui offre des alternatives moins invasives à la chirurgie traditionnelle pour le traitement de l’obésité. L’avenir de l’endoscopie bariatrique semble prometteuse en raison de plusieurs avancées technologiques et de la demande croissante de traitements moins invasifs de l’obésité. Voici un aperçu de l’endoscopie bariatrique, des tendances et des perspectives d’avenir de cette discipline.
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Communication scientifique
Nouveaux médicaments de l’obésité : quelle pertinence ?New drugs for obesity: What is their relevance?
L’auteur déclare ne pas avoir de liens d’intérêts.
L’obésité est une maladie chronique induite par des facteurs génétiques, environnementaux et comportementaux qui s’associe avec un grand nombre de comorbidités incluant le diabète de type 2, les maladies cardio- et cérébro-vasculaires, la maladie rénale, les hépatopathies stéatosiques, les dysfonctions respiratoires, l’arthrose, la dépression et autres. Ces comorbidités ont un lourd impact sur la mortalité et la qualité de vie. Les approches nutritionnelles, l’exercice, les programmes comportementaux, les médicaments et la chirurgie bariatrique obtiennent, indépendamment ou en les combinant, des résultats bénéfiques démontrés par les études cliniques. Les agonistes du récepteur du Glucagon-Like peptide 1 (AR-GLP1), dans les essais cliniques, ont apporté la preuve d’une efficacité sur la perte de poids, l’équilibre glycémique, la protection cardiaque, cérébrovasculaire et rénale, ainsi que sur la réduction des hépatopathies stéatosiques et des apnées du sommeil. Tout récemment, les doubles et triples agonistes des récepteurs des incrétines ont obtenu une perte pondérale similaire à celle induite par la chirurgie bariatrique.
Cette classe de médicaments agit par intermédiaire de leurs récepteurs localisés dans le tube digestif, le cœur, les vaisseaux, le système nerveux central, les nerfs, les lymphocytes impliqués dans l’effet anti-inflammatoire. Cette revue synthétise la balance bénéfices-risques liés aux effets secondaires des agonistes de récepteurs des incrétines afin de préciser les bonnes indications, leurs précautions et leurs limites chez les personnes en situation d’obésité avec ou sans diabète. La soutenabilité financière d’une prise en charge par la couverture universelle de l’Assurance Maladie nécessite de sélectionner attentivement les patients en accord avec les résultats et recommandations issues des essais cliniques contrôlés.
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Communication scientifique
Réflexions sur l’évaluation des médicaments et leur mise à disposition face aux évolutions sociétalesDrug evaluation faced with current societal developments: Are new marketing authorizations still reliable?
L’auteur déclare à la date de rédaction de l’article des liens ponctuels (conseils en développement) avec : GSK, Sanofi, GenSight, Pierre Fabre Médicaments, MundiPharma, Medi Qualité Omega.
Les annonces, parfois relayées par un tapage médiatique, de futures mises à disposition de médicaments des cancers et des maladies rares présumés très efficaces, associées au souhait des patients et de leurs associations de disposer de ces produits « prometteurs » le plus vite possible, créent une situation nouvelle en matière de revendications d’autorisations de mise sur le marché et en France de prise en charge par la solidarité nationale. Cette situation, faite d’espoirs et d’impatience face à des promesses souvent inconsidérées, est propice à un accommodement préoccupant avec les exigences méthodologiques d’une évaluation rigoureuse de ces candidats-médicaments. Il peut en résulter des mises sur le marché de médicaments insuffisamment évalués, de balance bénéfices/risques incertaine ou même défavorable, comme en témoignent des retraits ultérieurs du marché qui font se poser, surtout s’ils sont tardifs, la question des risques que l’on a fait courir aux patients. À cette évolution, des mentalités s’ajoutent les demandes de plus en plus pressantes de chercheurs et de sociétés savantes d’utiliser des méthodes plus appropriées que l’essai comparatif randomisé conduit à l’aveugle pour évaluer les nouveaux traitements ciblés des cancers, les thérapies cellulaires ou géniques. Les revendications sociétales, prises en compte et relayées par les pouvoirs publics, sont donc de deux ordres : évaluer plus vite quitte à évaluer moins bien et savoir parfois changer de paradigme en matière d’évaluation quitte à se satisfaire d’un niveau de preuve dégradé. La Food and Drug Administration et l’European Medicines Agency donnent des droits à ces désidératas et ne font pas obstacle à la prise en compte des résultats d’études non comparatives ou même d’essais « basket » pour octroyer des autorisations conditionnelles. Toutefois, les enjeux sécuritaires de ces évolutions étant considérables, on ne doit pas s’étonner qu’à l’inverse, de nombreuses prises de position dans la littérature stigmatisent nombre d’autorisations octroyées comme inappropriées.
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Communication scientifique
Vieillissement et cancersCancers in elderly population
L’incidence des cancers augmente avec l’âge et aujourd’hui dans les pays industrialisés, l’augmentation la plus importante des cancers est chez les patients de plus de 80 ans. Le cancer du sein reste une des causes les plus importantes de mortalité chez les femmes de 90–100 ans, alors que le cancer de la prostate et le cancer colorectal sont les principales causes de mortalité par cancer chez les hommes dans cette tranche d’âge. La mortalité par cancer du poumon, en revanche, diminue après 85 ans. Le principal mécanisme expliquant l’augmentation du nombre de cancers chez la personne âgée est l’immunosénescence, c’est-à-dire le vieillissement qualitatif et quantitatif du système immunitaire, associant aussi bien les fonctions humorales que les fonctions cellulaires. Dans le domaine du dépistage, on manque d’études pour évaluer l’intérêt d’un dépistage organisé des cancers dans cette population, en particulier pour définir une borne haute au-delà de laquelle il n’est pas licite de dépister. Sur le plan thérapeutique, les enjeux concernent l’efficacité des traitements dans cette population mais aussi la tolérance. Les personnes de plus de 75 ans sont largement sous représentées dans les essais cliniques d’enregistrement des innovations thérapeutiques et les essais spécifiques aux personnes âgées sont peu nombreux. Des études spécifiques sont nécessaires pour évaluer les modalités de prise en charge dans cette population, avec en particulier l’utilisation d’évaluation gériatrique standardisé permettant au-delà de l’âge de mieux sélectionner cette population. Une attention particulière est nécessaire pour prédire la survenue d’effets secondaires. En conclusion : il s’agit d’un important problème de santé publique qui impose le développement de prises en charges spécifiques.
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Rapport
Rapport 24-11. Offre de soins en cancérologie adulteAdult cancer care
Les auteurs ne déclarent pas de conflits d’intérêts
La fréquence des cancers en France a doublé depuis trente ans. Malgré une organisation très structurée, il existe des difficultés et des inégalités territoriales de prise en charge tout au long du parcours de soins. Concernant la prévention, une analyse des besoins avec la recherche des populations concernées, une planification des offres et une évaluation des résultats sont indispensables. Les réunions de concertation pluridisciplinaire (RCP) doivent être inter établissements évitant des décisions « monolithiques » et facilitant l’accès aux techniques innovantes, aux protocoles de recherche clinique et aux RCP de recours. La caractéristique génomique des tumeurs est indispensable et repose sur la détection d’anomalies du génome effectuée de façon ciblée (test compagnon) ou de préférence d’une manière plus globale (séquençage haut débit : NGS). Une interaction entre pathologiste et biologiste moléculaire est indispensable avec des comptes rendus unifiés et standardisés. Pour la chirurgie pour lesquels des seuils d’activité et une gradation de soins ont été définis, la radiothérapie où une forfaitisation tarifaire par traitement, identique entre le public et le privé est en cours de mise en place et l’oncologie médicale, il est indispensable de créer des parcours territoriaux de soins équilibrés avec un engagement opposable entres centres de référence et centres de proximité. Une politique nationale incitant aux métiers orientés vers la cancérologie doit être largement proposée avec une qualification spécifique des chirurgiens oncologues et une amélioration des parcours professionnels pour les personnels paramédicaux. Les soins de support doivent débuter dès la prise en charge avec une articulation hôpital-ville
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Communication scientifique
Le dépistage du cancer pulmonaire par scanner thoracique faible dose chez des populations à risqueScreening for lung cancer with low dose CT in population at risk
PA Grenier a reçu des honoraires de la part de Siemens Healthineers pour des présentations orales à des congrès.
L’analyse de la littérature fait apparaître les résultats de deux essais randomisés et contrôlés réalisés chez des sujets fumeurs ou anciens fumeurs qui montrent une réduction significative de la mortalité par cancer du poumon dans le groupe dépisté par scanner faible dose, comparée à un groupe contrôle. Un programme non randomisé de grande ampleur, multinational et prospectif chez des fumeurs à risque, a montré qu’après 10 scanners de dépistage annuels, le taux de survie spécifique au cancer dépisté était de 81 %. Des recommandations concernant la sélection des candidats au dépistage en fonction de l’âge et du tabagisme cumulé ont pu être établies. Des modèles standardisés d’interprétation des scanners permettent de classer les nodules en fonction de leur typologie et de leurs dimensions. L’absence de lésion suspecte conduit à répéter le scanner à un an ; les lésions hautement suspectes font l’objet d’examens complémentaires, voire de résection chirurgicale, et les lésions indéterminées sont contrôlées par un nouveau scanner à 3 mois ou à 6 mois en fonction de leur taille et du contexte clinique. Un programme organisé de dépistage est déjà mis en place en Angleterre. En Europe, des essais cliniques suivis de recommandations ont été menés dans différents pays. En France, une étude clinique non randomisé est en cours (2400 femmes, fumeuses ou ex fumeuses, entre 50 et 74 ans) afin d’évaluer les comorbidités liées au tabac, les modalités de lecture des scanners et le rôle potentiel de l’intelligence artificielle. L’Institut national du cancer (INCa) est en charge de déployer un programme national au terme d’une étude pilote.
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Communication scientifique
Actualités dans le cancer broncho-pulmonaire : traitements médicauxUpdate in lung cancer medical treatments
L’auteur déclare avoir participé au cours des 10 dernières années, en qualité d’investigateur principal ou co-investigateur à des essais cliniques promus par les laboratoires ROCHE, ASTRA-ZENECA, PFIZER, MSD, BMS, TAKEDA, AMGEN, SANOFI, GSK, PHARMAMAR.
Il déclare avoir bénéficié d’hospitalité (voyages, hôtel, inscription) pour assister à des congrès internationaux au cours des cinq dernières années : ASCO, ESMO, ERS des laboratoires ROCHE, ASTRA-ZENECA, PFIZER, BMS, AMGEN, PHARMAMAR.
Il déclare avoir perçu à titre personnel des honoraires pour participation à des conseils scientifiques organisés par les laboratoires ROCHE, ASTRA-ZENECA, PFIZER, BMS, INVENTIVA, PAREDOX Therapeutics, PHARMAMAR au cours des 10 dernières années, la totalité des sommes perçues n’excédant pas 10 000 euros.
F.W. : Interventions ponctuelles : rapports d’expertise pour EFS Associated.
M.D. : Interventions ponctuelles : activités de conseil pour SFC.
C.G. : conférences : invitations en qualité d’intervenant pour KKS & Son.
M.S. : conférences : invitations en qualité d’auditeur (frais de déplacement et d’hébergement pris en charge par une entreprise) pour Régis SA.
C.-A.S. : versements substantiels au budget d’une institution dont vous êtes responsable Aphelion.
M.F. : proches parents salariés dans les entreprises visées ci-dessus.
Les cancers broncho-pulmonaires (CBP) constituent la première de cause mortalité par cancer en France et dans le monde occidental. Si leur pronostic global reste sombre, avec un taux de survie net standardisé de 20 % à 5 ans, il a été révolutionné, en ce qui concerne les cancers non à petites cellules (CBNPC), par l’émergence des thérapeutiques ciblées pour 15 % des patients, jamais fumeurs (rôle de la pollution atmosphérique), petits fumeurs ou ex-fumeurs sevrés depuis plus de 10 ans, dont la tumeur contient une mutation oncogénique addictive (EGFR, ALK), que ce soit en situation métastatique, localisée ou localement avancée, seules ou en association avec des traitements locorégionaux (chirurgie ou radiothérapie), respectivement. L’émergence de mécanismes moléculaires de résistance, de mieux en mieux compris, a permis la conception d’inhibiteurs de 2e, 3e et désormais 4e génération, ou de stratégies alternatives de première ou deuxième ligne, basées sur des anticorps bi-spécifiques, souvent en association à chimiothérapie ou un inhibiteur ciblé oral de 3e génération, l’ensemble de ces lignes thérapeutiques successives aboutissant à des survies très prolongées de plusieurs années en situation métastatique, là où la seule chimiothérapie n’offrait, en début de siècle, qu’une médiane de 12 mois de survie. La majorité des patients, souvent gros fumeurs, dont la tumeur est dépourvue de mutation addictive, bénéficient quant à eux des immunothérapies, ces anticorps ciblant les points de contrôle inhibiteurs de la réponse immune anti-tumorale, seuls ou en association avec la chimiothérapie. Là encore 20 à 40 % de ces patients ont des réponses complètes ou quasi-complètes, avec des survies atteignant 5 ans ou plus, avec pour certains, pourtant initialement métastatiques, la question d’une potentielle guérison. Des associations de différents anticorps d’immunothérapies ou anticorps conjugués sont en développement, des objectifs survie à 10 ans, qui ne paraissent plus utopiques, au moins pour une fraction de ces patients, à l’instar de ce qui a été rapporté pour les patients avec mélanome métastatique.
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Communication scientifique
Chirurgie du cancer bronchique non à petites cellules de stade précoceSurgery for early-stage non-small-cell lung cancer
L’auteur déclare ne pas avoir de liens d’intérêts.
Le cancer bronchique est la première cause de décès par cancer dans les pays développés. Le cancer bronchique non à petites cellules de stade 1 ou stade précoce correspond à une tumeur de moins de 4cm de diamètre sans atteinte ganglionnaire visible. La chirurgie est le traitement de référence des patients atteints de cancer bronchique non à petites cellules de stade précoce fonctionnellement opérables. L’objectif de cet article est de décrire l’évolution récente de la prise en charge chirurgicale des cancers bronchiques de stade précoce. Concernant le bilan préopératoire, les patients doivent bénéficier d’un bilan d’extension complet et récent, avant de bénéficier d’une biopsie sous anesthésie locale qui permet le plus souvent d’obtenir un diagnostic histologique préopératoire. Concernant les voies d’abord, les thoracotomies conventionnelles ont progressivement été remplacées par la chirurgie mini-invasive (mini-invasive surgery [MIS]), qu’elle soit vidéo-assistée (video assisted thoracic surgery [VATS]) ou robot-assistée (robot-assisted thoracic surgery [RATS]), avec un vrai bénéfice sur les douleurs et le risque de complications postopératoires. Concernant l’étendue de la résection parenchymateuse, la lobectomie est progressivement remplacée par la réalisation d’une segmentectomie qui pourrait donner des résultats carcinologiques comparables à la lobectomie pour les tumeurs de moins de 2cm. Enfin, l’ensemble de la prise en charge chirurgicale doit être réalisée dans des centres disposant d’un programme de récupération améliorée après chirurgie et surveillant régulièrement l’efficacité et la sécurité de la prise en charge chirurgicale.
Lire la suite >Séance du 5 novembre 2024
Communication scientifique
Radiothérapie des cancers bronchiques non à petites cellules non métastatiquesRadiotherapy for non-metastatic non-small cell lung cancers
Les auteurs déclarent ne pas avoir de liens d’intérêts.
La chirurgie, éventuellement encadrée par une chimio-immunothérapie, est le traitement de référence pour les cancers pulmonaires primitifs non à petites cellules (NSCLC) localisés. La radiothérapie stéréotaxique est une alternative validée chez les patients présentant une contre-indication opératoire (20 à 50 % des cas). Pour les lésions localement évoluées non chirurgicales (> 80 % des diagnostics), le traitement est basé sur des associations chimiothérapie-radiothérapie et immunothérapie. L’immunothérapie de consolidation après chimioradiothérapie concomitante est devenue la nouvelle norme. Les résultats de survie à cinq ans se sont considérablement améliorés mais la majorité des patients finit par développer une progression de la maladie. L’amélioration constante des techniques de radiothérapie dans cette population devrait améliorer le contrôle de la maladie sans augmenter la toxicité cardiorespiratoire.
Lire la suite >Séance du 22 octobre 2024
Communication scientifique
Ego surdimensionné : de l’estime légitime de soi aux pathologies de la personnalitéOversized ego: From legitimate self-esteem to personality pathologies
Les auteurs déclarent ne pas avoir de liens d’intérêts.
L’ego caractérise un des aspects de la personnalité en lien avec l’estime de soi et les capacités relationnelles. Un ego bien équilibré donne une force dans l’existence. Les personnalités narcissiques montrent un exemple des anomalies de l’ego et se caractérisent par deux dimensions : une estime grandiose d’elles-mêmes et une vulnérabilité aux critiques. Ces anomalies de la personnalité font partie de la « triade noire » avec le Machiavélisme et la psychopathie. Le narcissisme s’explique aussi par des données hormonales, par le rôle de circuits neuronaux de Salience ou de mode par défaut, par des conditions affectives, éducatives, des dimensions sociales. Des dimensions du narcissisme comme une vision grandiose tendent à être plus fréquentes dans les jeunes années. Elles se réduisent ensuite. Les traitements biologiques réduisent l’impulsivité, l’agressivité, la dépression. Les traitements psychothérapeutiques assouplissent les défenses de caractère, la tolérance, les relations à autrui.
Lire la suite >Séance du 22 octobre 2024
Communication scientifique
L’optimisation du parcours de soin en cancérologieClinical pathway optimization in oncology
L’auteur déclare ne pas avoir de liens d’intérêts.
Le parcours de soin et son évaluation ont pris une place essentielle en cancérologie depuis une dizaine d’année. Un parcours va correspondre à la coordination d’acteurs du soin, internes ou externes à un établissement de santé, permettant une optimisation de la prise en charge. L’adhésion du patient, de ses proches-aidants et des acteurs du parcours va nécessiter une coordination, un partage d’informations et la présence d’acteurs nouveaux au cœur de ces dispositifs.
Lire la suite >Séance du 22 octobre 2024
Communication scientifique
Connectivité fonctionnelle du cerveau fœtal et néonatal : de la technique à l’applicationFunctional connectivity of the fetal and neonatal brain: From technique to application
Objectifs
Les méthodologies d’étude du connectome fonctionnel sont mises en avant. La trajectoire de développement du connectome fonctionnel cérébral aux stades fœtal et infantile est examinée, ainsi que les implications des lésions cérébrales sur le développement.
Méthodes
La méthodologie et les principaux résultats des études utilisant l’imagerie par résonance magnétique fonctionnelle au repos ont été passés en revue. Des techniques analytiques, telles que la connectivité basée sur des régions d’intérêt, l’analyse en composantes indépendantes et la théorie des graphes pour l’analyse des réseaux sont explorées pour fournir une compréhension globale de l’organisation fonctionnelle du cerveau en développement.
Résultats
Le développement précoce du cerveau est marqué par des changements significatifs dans la connectivité fonctionnelle. Des études sur les fœtus ont démontré une augmentation de la connectivité inter-hémisphérique avec l’âge gestationnel, tandis que des recherches sur les nouveau-nés ont identifié la maturation progressive de réseaux tels que celui du sensorimoteur et du mode par défaut. Des schémas de connectivité altérés, notamment chez les nourrissons prématurés, ont été révélés.
Conclusion
Les avancées des technologies de neuroimagerie ont fourni des informations cruciales sur le connectome précoce, offrant ainsi un potentiel de diagnostic précoce et d’interventions ciblées pour les troubles neurodéveloppementaux. Comprendre ces premières étapes de la connectivité cérébrale est essentiel pour influencer les résultats du développement et améliorer les soins de santé pédiatrique.
Séance du 22 octobre 2024
Communication scientifique
Quatre-vingts ans après : évolution et nature des symptômes post-traumatiques chez des civils exposés à la Bataille de NormandieEighty years later: Evolution and nature of post-traumatic symptoms in civilians exposed to the Battle of Normandy
Les auteurs déclarent ne pas avoir de liens d’intérêts.
Les personnes ayant vécu un événement majeur pendant leur enfance peuvent présenter des symptômes ou stigmates de trouble de stress post-traumatique (TSPT) de nombreuses années plus tard. Cette étude se concentre sur la présence de symptômes de TSPT, 80 ans après la Bataille de Normandie, à travers l’analyse des récits de cinq civils survivants. Les résultats mettent en évidence que des symptômes ou stigmates de TSPT influencent le quotidien des personnes ayant vécu ces événements. Deux trajectoires symptomatologiques se dégagent : certaines personnes manifestent des stigmates de manière constante depuis les événements, tandis que d’autres voient leurs symptômes apparaître ou réapparaître avec l’avancée en âge. Des facteurs contextuels spécifiques à la Bataille de Normandie et des mécanismes plus universels ont été identifiés et peuvent avoir contribué à la longévité de ces symptômes. Parmi ces facteurs, l’évolution des représentations collectives, le silence social autour des événements, les ruminations persistantes découlant de difficultés à donner du sens à certains aspects traumatiques de l’expérience sont retrouvés. Ces résultats mettent en lumière l’impact durable d’événements traumatiques vécus pendant l’enfance sur la mémoire des personnes âgées et montrent que le souvenir d’événements négatifs majeurs peut persister ou ressurgir après plusieurs décennies et s’accompagner de conséquences cliniques importantes.
Lire la suite >Séance du 17 octobre 2024
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Synthèse du colloque « Quels médecins pour demain ? » Lire la suite >Séance du 17 octobre 2024
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Pour le retour des médecins dans les provincesBringing doctors back to the provinces
Les inégalités d’accès aux soins en France ont des conséquences graves sur la santé de nos concitoyens et sont devenues inacceptables. Le nombre de médecins formés a longtemps été très insuffisant, du fait de l’application irrationnelle du numerus clausus, mais le problème aujourd’hui est plus une question de répartition et de rôle des médecins dans le système de santé, qu’une question de nombre. Cette situation est le constat d’échec d’une politique des quotas, appliquée sans discontinuer depuis une cinquantaine d’années. À l’image de la politique menée aux Pays-Bas, il importe de définir un véritable projet de santé, incluant la prévention, à échéance de 10 à 15 ans. Cette réflexion de fond doit être l’occasion de redéfinir le rôle du médecin, coordonnateur d’un réseau de soins. Pour améliorer la prospective quant aux besoins de formation, il faut renforcer l’ONDPS et le transformer en un Institut qui s’appuie pleinement sur les régions et les organisations professionnelles. La réforme de l’entrée dans les études de santé doit permettre la diversification des profils des futurs médecins. Pour accompagner ce progrès, l’ouverture des contrats d’engagement de service public (CESP) dès la deuxième année d’études médicales serait probablement bénéfique. Les conditions d’entrée dans le troisième cycle devraient être pour partie régionalisées. Le nombre de postes réservés à la médecine générale pour l’internat doit être augmenté. À court terme, pour secourir les zones les plus démunies, la mise en place d’un service médical à la nation devrait être réfléchie en lien avec les associations représentatives des jeunes médecins.
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