Journal articles

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3641 résultats

  • Communiqué

    Denial of abuse puts the child in danger

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  • Rapport

    Patients Partenaires

    Patient partners

    Le concept de patient partenaire est une étape importante sur le long chemin de l’évolution sociétale en médecine. Il repose sur la reconnaissance de l’existence d’un savoir fondé sur l’expérience de leur maladie développée par les patients ayant une pathologie chronique. Les patients partenaires peuvent faire profiter de ce savoir les autres patients (rôle de pair-aidant), les étudiants en santé (rôle de patient-enseignant), les chercheurs (rôle de co-chercheur) et les instances décisionnelles (rôle des Associations de patients). Dans ce rapport, nous privilégions le terme de patient partenaire, par rapport à celui de patient expert. Le concept de patient partenaire doit être vu comme un moyen d’améliorer l’efficacité des soins en général et la relation thérapeutique en particulier. Une co-construction précise de sa mise en œuvre est indispensable. Des garde-fous doivent être mis en place pour éviter des démarches illégitimes pouvant aboutir à des non-sens médicaux ou des dérives mercantiles, voire sectaires. Pour éviter ces dérives, les patients partenaires doivent pouvoir avoir bénéficié d’une formation, actuellement délivrée dans plusieurs universités et/ou par des Associations de patients elles-mêmes. Le développement à côté de la médecine de précision (pour les patients) d’une médecine participative (avec les patients) contribue au développement d’une médecine apportant en même temps les meilleurs traitements médicaux et les meilleurs soins humains.

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  • Rapport

    Maltraitance physique chez l’enfant. Améliorer le repérage, le diagnostic et la prise en charge dans le secteur de la santé

    Physical abuse in children Improving identification, diagnosis and management in the health sector

    Les auteurs déclarent ne pas avoir de liens d’intérêt autres que scientifiques avec le sujet du rapport.

    La maltraitance à enfants a longtemps été ignorée. Les récents plans ministériels prévoient de nombreuses mesures de protection dont le déploiement d’unités d’accueil pédiatriques des enfants en danger (UAPED). Malgré toutes ces avancées, le diagnostic reste sous-estimé dans le secteur de la santé avec une prévalence de l’ordre de 1 enfant sur 10 dans les pays à hauts revenus, toutes catégories de maltraitance confondues. La fréquence de décès serait de 1 enfant tous les 5 jours en France. Les violences subies durant l’enfance représentent une lourde perte de chance en termes d’espérance de vie, de santé, de développement et d’insertion. Le rapport est limité aux Maltraitances Physiques chez l’Enfant (MPE) et n’aborde donc pas les maltraitances sexuelles. Le maître-mot est la nécessité d’hospitaliser l’enfant pour une protection immédiate, une évaluation multidisciplinaire, les soins et l’alerte des autorités en temps utile. Les résultats de l’étude montrent une réelle prise de conscience de la MPE dans le secteur pédiatrique. Toutefois, le diagnostic peut être sous-estimé et banalisé chez l’enfant, ce qui signifie que l’étiologie « traumatisme infligé » doit être évoquée largement par le médecin quel que soit son lieu d’intervention. Il y a une amélioration nette de la formation dans ce domaine. Toutefois, le rapport met en évidence une insuffisance persistante des moyens humains dans les secteurs des UAPED, de médecine scolaire, de PMI et de pédopsychiatrie. Le psycho-traumatisme doit être pris en charge à court, moyen et long terme. Le diagnostic différentiel permet d’éliminer toutes les étiologies confondantes tels que traumatisme accidentel, maladie rare ou autres. Tout médecin doit pouvoir être guidé, accompagné et protégé pour les situations de MPE. Les médecins référents « Violences » des conseils départementaux de l’ordre des médecins (CDOM) doivent avoir une compétence dans le domaine de la MPE. L’académie nationale de médecine propose 6 recommandations : une hospitalisation prioritaire de tout enfant victime ou suspect de MPE jusqu’à ce que tous les éléments du diagnostic soient établis ; un renforcement des moyens humains des UAPED en y intégrant un temps de pédopsychiatrie ; un renforcement du repérage des situations à risque dès la maternité ; un renforcement de la protection et de l’accompagnement des médecins afin que ceux-ci n’hésitent plus à signaler les situations de MPE ; l’extension du périmètre du numéro 119 aux médecins et personnels de santé ; la création d’un registre national pour suivre l’épidémiologie et juger de l’efficacité des mesures prises

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  • Rapport

    Lever les freins au développement de la Recherche clinique en France

    Les auteurs déclarent ne pas avoir de liens d’intérêts avec le sujet abordé.

    La recherche clinique correspond aux études scientifiques réalisées sur la personne humaine, en vue du développement des connaissances biologiques ou médicales. Afin d‘améliorer la compétitivité et l’attractivité de la France dans ce domaine, nous avons identifié un certain nombre de freins : lourdeurs administratives, capacités réduites à inclure rapidement, absence de disponibilité des investigateurs pour la recherche, difficultés à obtenir des financements académiques et à en disposer, difficultés d’adaptation rapide aux nouvelles technologies de santé et aux nouvelles méthodologies, prise en compte insuffisante des attentes des patients au regard de la recherche clinique. A la suite de ces constats, nous avons identifié 20 pistes de réflexion et émis 5 recommandations fortes : 1-Limiter et mesurer les délais règlementaires et surtout post- règlementaires en simplifiant les démarches administratives pour s’adapter à la compétition internationale. 2-Structurer, financer et recenser des réseaux, registres, cohortes et centres de ressources biologiques pour inclure rapidement. 3-Réuniversitariser et remédicaliser la gouvernance des CHU et des DRCI. 4-Restructurer l’organisation des CHU autour de pôles Hospitalo-universitaires intégrant des services de soins, des laboratoires et des équipes de recherche et disposant de moyens pour remettre la recherche au cœur des CHU et redonner du sens et de l’attractivité au métier d’hospitalo-universitaire. 5-Instituer au sein du ministère de la Santé une gouvernance médicale (le COHR) de la recherche hospitalière financée par les MERRI en réformant profondément la procédure d’allocation des moyens en la fondant sur des critères objectifs de qualité scientifique et de besoin médical

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  • Rapport

    Pour une éducation des jeunes citoyens à la prévention en santé

    Educating young citizens about preventive health care

    Les auteurs déclarent ne pas avoir de liens d’intérêts

    En France où la qualité des soins est reconnue, la prévention en santé est insuffisante. Il en résulte d’importantes inégalités de santé, et les valeurs médiocres de certains indicateurs comme l’espérance de vie en bonne santé ou la prévalence de d’obésité. Dans ce contexte, renforcer la prévention est un enjeu majeur pour la santé des français, et un objectif prioritaire à développer par les pouvoirs publics. C’est également un enjeu pour la maîtrise des dépenses liées aux soins, et donc pour la pérennité de notre système de santé.

     

    La méconnaissance, par les citoyens, des principaux enjeux sanitaires et des déterminants de la santé représente un handicap au déploiement d’une politique de prévention. En effet, pour être efficace, une politique de prévention doit être acceptée et comprise par tous. Ceci rend indispensable d’inculquer à la population française une culture de la prévention en santé, qui passe par l’éducation de tous à la compréhension des enjeux et déterminants de santé.

     

    Faisant le constat que l’éducation est un déterminant essentiel de la santé, et que dans notre pays les pouvoirs publics font de l’école le pivot de l’éducation à la santé, il apparaît que si la biologie, la physiologie et la santé sont présentes dans les programmes scolaires, leur lien avec la prévention y est insuffisamment formalisé. D’autre part, le « parcours éducatif de santé » mis en place en 2016 pour mettre en œuvre des actions de prévention hors programmes scolaires, est déployé de façon hétérogène sur le territoire national. Les volumes d’enseignement consacrés aux thématiques de santé et prévention dans les programmes scolaires sont insuffisants au regard d’autres disciplines importantes.

     

    Compte tenu de ces éléments, l’Académie nationale de médecine appelle à une nouvelle alliance entre le monde éducatif et le monde de la santé, et recommande l’inscription dans les programmes scolaires d’une « éducation des jeunes citoyens à la prévention en santé » graduée de la maternelle au lycée. C’est l’école de la république qui doit assurer cette mission, pour ancrer dès l’enfance les connaissances et comportements qui permettront aux futurs citoyens d’adhérer aux politiques de prévention. Une éducation de la jeunesse à la prévention en santé est aussi indispensable à l’école que l’enseignement moral et civique. Parce-que prendre soin de sa santé, c’est aussi protéger les autres et agir de façon responsable pour la société.

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  • Rapport

    Comprendre la place de l’irrationalité dans le soin : quelles conséquences pour la pratique et la formation des soignants ?

    Understanding the place of irrationality in care: what consequences for the practice and training of carers?

    Les membres du groupe de travail déclarent l’absence de liens d’intérêt.

    Un nombre important de personnes se tournent vers des thérapies non conventionnelles, parfois au détriment de leur santé. Les motivations sont nombreuses : insatisfaction vis à vis du système de santé et de ses acteurs notamment du fait d’une perte de sens dans le soin, sentiment de méfiance envers la science, informations fallacieuses et complotisme étalés sur les réseaux sociaux. Dans un tel contexte, les soignants peuvent se sentir démunis face à des comportements qu’ils jugeront comme manifestement irrationnels. L’irrationalité d’un comportement est cependant un concept délicat à manier et qu’il faut considérer avec prudence dans le cadre de la relation médecin malade. Lors de la rencontre avec un patient la question de la finitude de la vie n’est jamais totalement absente. Construire une alliance thérapeutique implique souvent de prendre en compte une telle réalité. L’Académie nationale de médecine se doit de rappeler que la pratique clinique repose sur la maîtrise d’un savoir hautement scientifique et technique mobilisé dans le contexte d’un dialogue entre deux êtres humains, chacun empreint de sa propre subjectivité. Des pistes concrètes sont proposées dans ce rapport, dans les domaines de l’exercice clinique, de la formation des soignants, de l’information des patients et plus généralement des citoyens. Il s’agit d’un enjeu de toute première importance pour garantir un système de soin à la fois bienveillant et efficace, conditions nécessaires pour éviter le recours à certains soins alternatifs potentiellement délétères.  C’est à ces conditions que notre système de soin sera véritablement « rationnel ».

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  • Avis

    Risques zoonotiques et traumatiques liés aux contacts des enfants avec les animaux de compagnie non traditionnels (ACNT)

    Zoonotic and traumatic risks linked to children's contact with non-traditional companion animal (NTCA)

    Cet avis a pour objectif de présenter les risques occasionnés par des contacts de l’enfant avec des animaux autres que le chien et le chat (animaux de compagnie non traditionnels ou ACNT). L’engouement pour ces ACNT est en progression constante qu’il s’agisse du domicile familial (reptiles, amphibiens, petits rongeurs…) ou dans des lieux publics (fermes pédagogiques, mini-fermes, zoos, animaleries, aquariums…). Ces risques sont accrus chez le jeune enfant âgé de moins de 5 ans du fait de sa plus grande vulnérabilité, de son inconscience du risque traumatique ou infectieux ainsi que son comportement naturel de mettre toujours ses mains à la bouche, la recommandation de lui laver les mains étant inadéquate dans ce cas.

    À la différence de certaines zoonoses considérées comme très fréquentes comme la teigne observable simultanément chez l’animal et son propriétaire, il existe certainement une sous-estimation voire l’ignorance de certains risques pour l’enfant quand il s’agit d’un ACNT apparemment en bonne santé mais excréteur d’un agent pathogène. Les exemples sont nombreux : rat et hantavirus de Séoul, hamster et chorioméningite lymphocytaire, oiseau et Chlamydia psittaci, ruminants et colibacillose entérohémorragique, rongeurs, volailles ou reptiles et salmonellose …. Ceci peut expliquer une sous-estimation voire l’ignorance de ces risques pour l’enfant à son domicile ou dans un lieu public où l’on oubliera d’appliquer les mesures de biosécurité permettant d’éviter une contamination directe ou indirecte.

    Par conséquent, il importe

    • d’avertir le public de ces risques ;
    • d’afficher les mesures de biosécurité nécessaires dans les établissements accueillant enfants et animaux ;
    • de renforcer le contrôle sanitaire du commerce de ces ACNT ;
    • de créer une plateforme d’épidémiosurveillance regroupant tous les acteurs concernés (laboratoires de diagnostic, médecins, vétérinaires…) et en favorisant le partage des données informatives ;
    • de déconseiller tout contact étroit entre l’enfant âgé de moins de 5 ans et certains ACNT au domicile (reptiles, amphibiens, oiseaux) comme dans les lieux publics (ruminants…)
    • d’éviter l’implantation des zones de restauration près des mini-fermes destinées aux enfants.
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  • Rapport

    Systèmes d’IA générative en santé : enjeux et perspectives

    La santé est un des domaines majeurs d’application des technologies dites d’Intelligence Artificielle. Tous les domaines de la santé et toutes les spécialités sont concernés. Les systèmes d’intelligence artificielle générative (SIAgen) impressionnent par leur capacité à produire en quelques secondes des textes souvent pertinents, mais aussi parfois erronés. Leurs champs d’applications dans le domaine de la santé sont vastes et peuvent aller de l’aide à la rédaction de notes d’information à la rédaction de thèses ou de projets de programme de recherche. Pour les utiliser à bon escient il est important d’en connaitre les principes de fonctionnement. Les SIAgen fonctionnent à partir d’auto-apprentissage basé sur un nombre extrêmement élevé d’exemples, ce qui est très différent de l’approche humaine, qui s’appuie sur l’expérience, le contexte et un système de valeurs. Ils génèrent des textes avec une grande rapidité mais ne sont pas entrainés à rechercher ou à dire la vérité. Une validation humaine est donc toujours nécessaire. Par ce rapport, l’Académie nationale de médecine explicite plusieurs de ces avancées pour la santé, décrit les enjeux d’éthique associés et recommande des points d’actions à mettre en œuvre sans délai.

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  • Éditorial

    Attribution du Prix Meyer à un membre de l’Académie

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  • Rapport

    L’exposome, une contribution majeure pour la prévention

    Exposome, a major contribution for prevention

    Les rapporteurs déclarent ne pas avoir de liens d’intérêt en relation avec le contenu de ce rapport.

    L’exposome correspond à l’ensemble des expositions, notamment à des agents chimiques, biologiques, physiques, des stress psycho-sociaux subies par un individu tout au long de sa vie. Il a été conçu dès le départ comme étant le complément du génome et comme un facteur majeur influençant la santé et l’état de bien-être des individus et des populations. Les expositions regroupées dans l’exposome sont, pour certaines d’entre elles, évitables et, dans ce sens, une meilleure compréhension de l’exposome va permettre de jouer un rôle majeur en prévention. Différentes propositions et initiatives ont contribué à mieux préciser certains aspects de l’exposome pour le rendre plus opérationnel, notamment concernant l’exposome chimique. Pour mieux cibler ce rapport, nous avons exclu les maladies infectieuses et parasitaires, les effets des médicaments et autres accidents thérapeutiques.

    L’Académie nationale de médecine émet, dans ce rapport, des recommandations pour contribuer à une meilleure prise en compte des effets de l’exposome sur la Santé. Elles visent à ancrer la notion d’exposome dans le quotidien des populations et à prévenir les impacts sanitaires de la crise environnementale. Des recommandations précises sont faites pour améliorer les capacités de mesurer des expositions, développer les services sanitaires capables d’explorer et d’interpréter les impacts des expositions, intégrer la prise en compte de l’exposome dans les évolutions de la réglementation, et développer une prévention à l’échelle populationnelle et personnalisée tenant compte notamment du sexe et du stade de développement. La prise en compte de l’exposome dans la pratique clinique est aussi recommandée. Enfin, un programme ambitieux de recherche sur l’exposome est proposé notamment par le développement des infrastructures et des méthodes adéquates et de projets d’étude des impacts de l’exposome sur les maladies.

    Une meilleure compréhension de la nature des expositions environnementales et de leurs impacts est une étape cruciale dans le développement d’une médecine préventive de qualité.

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  • Rapport

    Comment réformer les financements de la recherche hospitalière par les MERRI du ministère de la Santé et de la Prévention. Document complémentaire au Rapport « Réformer la recherche en sciences biologiques et en santé : Partie I, le financement et Partie II, l’organisation »

    Nous présentons les principes et la méthodologie d’un projet de réforme du financement de la recherche par le ministère chargé de la santé. L’objectif est d’aligner l’attribution de ces fonds, appelés MERRI, sur les pratiques internationales en la fondant sur des critères objectifs de qualité scientifique et de besoin médical. Une minorité de ces fonds serait attribuée aux hôpitaux sur une base concurrentielle et le reste sur une base contractuelle pluriannuelle, en utilisant des canaux de distribution sûrs et transparents. Un préciput substantiel serait alloué aux établissements. Cette réforme, qui vise à améliorer l’efficacité du financement de la recherche hospitalière en France, est très attendue par l’ensemble des chercheurs et des cliniciens.

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  • Communiqué

    Notice of the French National Academy of Medicine on practitioners qualified outside the European Union (Padhue)

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  • Rapport

    L’innovation en santé. Une action volontariste de l’Etat face à la complexité de son organisation

    Health Innovation. A continuous national policy facing organisational complexity

    Les auteurs déclarent ne pas avoir de liens d’intérêts

    Comme l’innovation en général, l’innovation en santé répond à des critères de nouveauté associée à un saut d’inventivité qui ne pouvait pas être prévu par l’état de l’art. Sa spécificité repose sur les fortes contraintes propres à son application, notamment le respect des principes de la bioéthique et la réglementation spécifique à la recherche et à l’innovation sur la personne humaine. Le soutien public à l’innovation s’est renforcé de manière continue au cours des vingt dernières années, notamment via les Programmes d’investissement d’avenir (PIA) à partir de 2010. Cependant, la multiplication des agences, des organismes de valorisation et des appels à proposition a induit une désorganisation du système, au détriment de son efficience. De plus, l’augmentation des financements via les PIA est incohérente avec l’affaiblissement constant des moyens alloués à la recherche fondamentale en biologie-santé qui est à l’origine de l’innovation. Pour que l’innovation arrive au lit du malade et concoure à la souveraineté de la France en matière de santé, il est indispensable de (i) coordonner le continuum du financement de la recherche fondamentale vers l’amorçage de projets d’innovation, et jusqu’au capital développement, tout en renforçant l’évaluation ; (ii) de simplifier, notamment en réduisant le nombre d’organismes nationaux et locaux de transfert de technologie ; (iii) d’encourager l’investissement privé en biologie-santé, notamment via des incitations fiscales ; (iv) de réduire les délais de contractualisation ; et (v) de soutenir les infrastructures de recherche ouvertes au start-ups et aux projets à risque.

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  • Communication scientifique

    Vers une organisation intégrée du financement de la recherche dans les universités : un « UKRI à la française »

    Towards an integrated organisation of research funding in universities: A French-style UKRI

    Les auteurs déclarent ne pas avoir de liens d’intérêts.

    Nous proposons une réforme du système de recherche en France avec l’objectif de simplifier, d’encourager l’interdisciplinarité et d’optimiser l’utilisation des ressources pour stimuler la recherche et l’innovation. Les études récentes sur la place internationale de la recherche française montrent en effet un décrochage qui ne cesse d’empirer, en particulier en biologie-santé. L’Académie nationale de médecine propose un scénario de réforme pour surmonter ce défi, en s’appuyant sur l’exemple du Royaume-Uni où a été créé UK Research and Innovation (UKRI). Il s’agit d’une holding regroupant les Research Councils initialement indépendantes ainsi que la structure ministérielle de contractualisation de la recherche dans les universités et une autre structure pour l’innovation qui va jusqu’à la création d’entreprises. Cette intégration globale et approche transversale et longitudinale de la recherche a fait preuve d’efficacité selon un récent audit. En France, une holding nationale comparable qui agirait comme pivot stratégique, englobant les organismes de recherche et les agences permettrait de simplifier les procédures, d’éliminer la compétition stérile entre institutions, de favoriser la recherche pluridisciplinaire et de contribuer à l’autonomisation des universités. La mise en œuvre d’une telle réforme doit susciter l’adhésion des acteurs impliqués en montrant qu’un tel changement organisationnel est nécessaire pour la réduction de la bureaucratie, une mobilité accrue des personnels et la priorité à accorder à la recherche et à l’innovation sur le terrain.

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  • Chronique historique

    Le serment d’Hippocrate et sa modernité

    The Hippocratic Oath and its modernity

    L’auteur déclare ne pas avoir de liens d’intérêts.

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  • Communiqué

    The Rio 2023 protocol: towards optimized vaccination policies

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  • Rapport

    COVID-19 et SYSTÈME NERVEUX : Formes aiguës et COVID long

    COVID-19 and NERVOUS SYSTEM: acute forms and long COVID

    Les auteurs déclarent ne pas avoir de liens d’intérêt en relation avec le contenu de ce rapport.

    Les données disponibles montrent que le virus SARS-CoV-2 présente un potentiel neuro-invasif, que son neurotropisme est relativement limité mais qu’il peut être neuro-virulent chez certains patients. L’atteinte du système nerveux associée à la COVID-19 en phase aigüe, se manifeste sous la forme d’encéphalopathies, d’accidents vasculaires cérébraux et d’une possible atteinte du système nerveux périphérique.

    L’implication du système nerveux est importante dans les formes prolongées. Désormais reconnu par les autorités de santé, le « COVID long » est identifié comme une affection fréquente compliquant l’évolution de l’infection par le SARS-CoV-2. Son expression clinique, polymorphe et parfois déroutante, interroge sur son mécanisme. Les modes d’expression clinique suggèrent une large participation du système nerveux au-delà d’une plainte cognitive quasi-omniprésente.

    La réalité de patients victimes d’atteintes neurologiques aigües et de patients atteints de COVID long invite : – à un effort de recherche coordonné pour identifier les différents mécanismes impliqués, – un dépistage de déficit cognitif devant une plainte cognitive, – la recherche systématique d’un trouble dépressif et/ou anxieux, -une prise en charge spécialisée multidisciplinaire au sein de laquelle le médecin traitant doit jouer un rôle clé.

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  • Rapport

    Transplantation pulmonaire de l’adulte en France, état des lieux

    Lung transplantation in France, state of play

    Les auteurs déclarent ne pas avoir de liens d’intérêts avec le sujet abordé.

    La transplantation pulmonaire (TxP) constitue le traitement ultime de l’insuffisance respiratoire terminale et concerne environ 400 patients par an en France. Les indications de TxP restent dominées par la fibrose pulmonaire et la bronchopneumopathie chronique obstructive. La TxP est une activité complexe qui fait appel à de nombreuses expertises et soulève plusieurs problématiques menaçant potentiellement son efficience et sa pérennité. Parmi celles-ci, l’adéquation entre l’offre et la demande de greffons pulmonaires, l’organisation du prélèvement et de la greffe, la vitalité de la recherche clinique et translationnelle en TxP.

     

    L’Académie Nationale de Médecine souhaite dans ce rapport : 1) faire un état des lieux de l’activité de TxP en France et de la recherche clinique et fondamentale adossée à cette activité, en appréciant les points forts et les points faibles de chaque item ; 2) proposer des recommandations pour optimiser l’activité et des pistes d’amélioration.

    Ce rapport, qui couvre les données actuelles connues dans la thématique de la TxP en France, met en lumière les principales problématiques en relation avec cette activité parmi lesquelles la lourde organisation de la TxP, la préservation limitée du greffon et la fragilisation des équipes. Il avance des propositions portant sur le soin et la recherche visant à optimiser et garantir la poursuite et le développement de cette pratique pour les années à venir, avec notamment l’encouragement l’ouverture de plateforme mutualisée de conditionnement des greffons ou la création d’un réseau réunissant les centres de transplantation pulmonaires français.

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  • Communiqué

    Ensuring access to healthcare and equal treatment for all

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  • Communication scientifique

    Soumission chimique, un enjeu sociétaire : à tout âge, sans limite de situation, avec des agents incapacitants très variés

    Drug-facilitated crime: No limit of age, no limit of the nature of the chemical agent

    L’auteur déclare ne pas avoir de liens d’intérêts.

    En droit français, la soumission chimique fait partie des infractions définies comme « l’administration volontaire de substance nuisible portant atteinte à l’intégrité physique ou psychique d’autrui », prévue et réprimée par l’article 222-15 du Code Pénal, modifié par la loi no 2007-297 du 5 mars 2007. Pour l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé, la soumission chimique est l’administration à des fins criminelles ou délictuelles de substances psychoactives à l’insu de la victime. Ces faits relèvent de la médecine légale et peuvent toucher la population générale, à tous les âges. Au début de la vie, on parle alors d’enfants chimiquement battus dans une situation où ce sont les parents ou les nourrices qui administrent un sédatif pour diminuer la charge de travail ou avoir du temps pour se divertir. À l’autre extrémité de la vie, ce peut être, et pour les mêmes raisons, l’entourage ou du personnel peu scrupuleux en maison de retraite avec des pensionnaires peu compliants. Si l’on associe fréquemment soumission chimique et agression sexuelle, les affaires rapportées ne se limitent pas à cette situation, mais peuvent se retrouver pour des vols avec ruse, dans le monde du travail entre collègues, en compétition sportive ou encore lors d’actes malveillants sur le plan financier, avec par exemple la signature non consentie d’actes de propriétés. Les sédatifs (benzodiazépines, neuroleptiques, hypnotiques, antihistaminiques) mais aussi les entactogènes (ecstasy et cathinones de synthèse) sont les agents chimiques les plus souvent retrouvés dans les différents dossiers. L’analyse segmentaire des cheveux est essentielle pour documenter ces affaires qui relèvent généralement d’une Cour d’assises.

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  • Communication scientifique

    Imagerie opportuniste : un nouvel outil pour une politique de santé préventive

    Opportunistic imaging: A new tool for preventive medicine

    Jean-Denis Laredo : 1/consultant et employé GLEAMER SA (start-up d’intelligence artificielle) ; 2/recherche en intelligence artificielle pour SIEMENS HEALTHLINEERS, France.

    L’imagerie opportuniste peut être définie comme le recueil dans des examens d’imagerie d’anomalies silencieuses ou d’informations sans rapport avec l’indication de l’examen et considérées comme non significatives mais pouvant avoir un intérêt médical pour la prévention ou le traitement d’affections asymptomatiques. Les examens scanners thoraciques ou abdomino-pelviens de routine réguliers faits dans le cadre du suivi d’un cancer ou d’une autre maladie chronique s’y prêtent particulièrement du fait de leur nombre et de la richesse des informations contenues. Leur exploitation automatique est rendue possible grâce à l’intelligence artificielle et l’apprentissage profond. Les principales mesures quantitatives que l’on peut effectuer de façon automatique sur un examen scanner de routine concernent la densité minérale vertébrale (recherche d’ostéoporose), la sarcopénie et la myostéatose qui sont corrélées à un déclin physiologique, les scores calciques coronaire et aortique, reflet de l’athérosclérose, la charge des muscles en graisse, la graisse viscérale et la stéatose hépatique, index du syndrome métabolique, qui sont prédictives du risque de mortalité, toutes causes confondues. L’imagerie opportuniste est en passe de devenir un puissant outil de santé publique pour le dépistage et la prévention, sans autre coût que celui de l’exploitation des données. L’intérêt est d’établir, pour un individu donné, un index personnalisé des risques et d’essayer de les prévenir.

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  • Communication scientifique

    Identification d’un score permettant le diagnostic du rejet infraclinique en transplantation rénale

    Identification of a score allowing the diagnosis of subclinical rejection in renal transplantation

    Sophie Brouard et Richard Danger sont cofondateurs de la société BioMAdvanced Diagnostics.

    Sur la base d’une combinaison de 6 gènes sanguins associés à la tolérance en transplantation rénale, nous avons montré que ce score était diminué chez les patients développant des anticorps anti-HLA ou spécifiques du donneur. Après avoir validé cette association sur une cohorte multicentrique de 588 patients avec biopsies appariées un an post-transplantation, nous avons montré inversement une diminution significative de ce score chez les patients présentant un rejet infraclinique. Considérant ce rejet précoce comme une associé à un mauvais pronostic de la survie du greffon, nous avons affiné ce score avec seulement deux gènes, AKR1C3 et TCL1A, et 4 paramètres cliniques, et avons montré qu’il était capable d’identifier les patients à faible risque de développer un rejet infraclinique. Ce score, validé par deux techniques (PCR, NanoString) et sur une deuxième cohorte indépendante de 447 patients, devrait permettre d’améliorer le suivi des patients.

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  • Communication scientifique

    La résolution des conflits dans les établissements publics de santé : rôle, bilan et perspectives de la médiation

    Methods of conflict resolution in public health institutions: Role of mediation, balance sheet and prospects

    Les auteurs déclarent ne pas avoir de liens d’intérêts.

    L’organisation d’un hôpital peut être considérée comme un système complexe sur le plan managérial. De nombreux facteurs expliquent l’émergence de conflits qui correspondent à une situation de perte de sens ou une menace de rupture dans l’organisation. Avant la création du système de médiation dans les établissements publics de santé et médico-sociaux par le décret du 28 août 2019, la gestion de ces conflits était assurée par le Centre national de gestion (CNG), notamment lorsque des praticiens étaient impliqués. En août 2017, la ministre de la Santé confie à Édouard Couty une mission pour préfigurer un service de médiation pour les personnels des établissements de santé et médico-sociaux publics. L’objectif principal du présent article est de proposer une analyse des missions de médiations effectuées pendant la phase de préfiguration entre 2017 et 2020, ainsi que celles effectuées en 2021 et 2022, et ce, à partir des rapports effectués par le service de médiation du ministère de la Santé et des Solidarités. L’objectif secondaire est de préciser les caractéristiques de la médiation, ses avantages et ses limites dans le cadre de la résolution des conflits. Pendant la phase de préfiguration (2017–2019), 236 dossiers ont été enregistrés avec un taux de résolution de 52 % par un processus de médiation (136 médiations). Les accords issus de la médiation sont plus durables s’ils intègrent les besoins, intérêts, ressentis et ressources des personnes concernées ; ils sont ressentis comme plus équitables si les parties contribuent conjointement à leur élaboration.

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  • Communication scientifique

    Le don du corps dans la formation chirurgicale actuelle en simulation : l’expérience du CHU de Poitiers sur le modèle SimLife

    Body donation in current surgical training in simulation: The experience of Poitiers on the SimLife model

    J.-P. R., J.-P. F. ont un lien d’intérêt avec Simedys, l’entreprise qui commercialise le P4P.

    Introduction
    Les évolutions pédagogiques actuelles, dominées par les principes de la simulation, par les progrès du numérique et le développement des réseaux d’environnements virtuels, immersifs et partagés, interrogent sur la place actuelle du don du corps à la science dans la formation des chirurgiens.

    Méthode
    Le laboratoire d’anatomie, biomécanique et simulation (l’ABS Lab) de la Faculté de médecine et de pharmacie de l’université de Poitiers a développé la technologie « SimLife » reposant sur un corps frais (congelé/décongelé) donné à la science, rendu dynamique avec une vascularisation pulsatile par du sang simulé réchauffé à 37̊C et une ventilation par un module technique breveté. Ce corps simule un patient anesthésié au bloc opératoire, avec ses variations anatomiques, sur lequel peuvent être appliquées les techniques chirurgicales par tous les abords (« ciel ouvert », laparoscopie, robotique) pour la formation initiale mais aussi continue des chirurgiens selon les modalités de la pédagogie par simulation.

    Résultats
    Depuis sa validation pédagogique, de nombreuses spécialités chirurgicales ont confirmé, lors de séance dans les locaux de l’ABS Lab, la pertinence de ce modèle très immersif en simulation chirurgicale pour acquérir des compétences techniques mais aussi comportementales, dont la technologie commence à être adoptée par d’autres universités. Ce modèle SimLife peut être mis à disposition pour des formations pratiques nationales validantes.

    Conclusions
    L’anatomie et le don du corps à la science gardent une place essentielle dans la formation chirurgicale. Les outils numériques de formation sont complémentaires et ne se substituent pas à l’apprentissage sur corps donnés à la science.

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  • Avis

    INTER-ACADEMIC OPINION – REPROCESSING OF SINGLE-USE MEDICAL DEVICES FOR REUSE

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  • Rapport

    Rapport 23-25. Vaccination des seniors

    Vaccination of seniors

    Bernard Bauduceau intervient comme consultant pour GSK et Pfizer ; Jean-Pierre Michel intervient comme consultant ou orateur pour GSK, Moderna et Pfizer. Les autres auteurs déclarent ne pas avoir de lien d’intérêt avec le sujet abordé.

    En France, la politique nationale de vaccination s’applique en priorité à l’immunisation des nourrissons avec un calendrier comportant 11 vaccinations obligatoires avant l’âge de 18 mois. Au-delà, y compris pour le grand âge, les recommandations concernant les vaccinations de routine sont souvent perdues de vue, à l’exception des vaccinations obligatoires (soignants, militaires…). Chez les sujets de 65 ans et plus, qui représentent plus de 20 % de la population, l’insuffisance des couvertures vaccinales vis-à-vis de 4 maladies infectieuses parmi les plus sévères pour cette tranche d’âge (grippe, Covid-19, pneumococcies et zona) crée un fardeau médical et économique de plus en plus lourd dans une population qui vieillit. Pour ces raisons, la vaccination des seniors devrait devenir un objectif prioritaire de santé publique. La protection vaccinale des personnes âgées doit être améliorée en impliquant tous les professionnels de santé, et en première ligne les médecins traitants, en mettant à profit les nouvelles avancées de la vaccinologie, en tirant le meilleur parti des technologies numériques et en intégrant ces mesures dans un programme ambitieux de maintien des couvertures vaccinales tout au long de la vie.

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  • Rapport

    Rapport 23-24. Drogues : éducation et prévention

    Drugs of abuse : education and prevention

    Les auteurs déclarent ne pas avoir de liens d’intérêt en relation avec le contenu de cet article

    La consommation de drogues licites et illicites est responsable de la perte annuelle de près de 130.000 vies humaines en France à laquelle s’ajoutent des coûts sanitaires et sociaux considérables. La dépense directe des finances publiques s’élève à 22,1 milliards d’euros, soit près de 1% du PIB. Le niveau élevé d’usage de ces substances à l’âge adulte dans la population française s’explique par un début très précoce de leurs consommations, puis par des progressions régulières au cours de la vie, comme le montrent les études de prévalence. Si les enquêtes les plus récentes affichent une baisse sensible de la fréquence d’usage de ces drogues chez les adolescents, ces consommations demeurent importantes et constituent un problème majeur de santé publique auquel il faut apporter des réponses prioritaires. En effet, l’adolescence est une période de vulnérabilité toute particulière aux addictions du fait de l’absence   de maturité    neuropsychologique.  De nombreux   facteurs peuvent  faciliter  la transition vers l’addiction, qu’ils soient génétiques, environnementaux, liés à une vulnérabilité psychiatrique ou aux traits de la personnalité. D’une manière générale, la consommation de drogues à l’adolescence est susceptible d’induire de nombreux troubles. Pour sa prévention, il est indispensable d’assurer précocement, dès l’école primaire, une éducation spécifique sur les dangers de cette consommation, et de la poursuivre dans le cadre de programmes adaptés à toutes les étapes du parcours éducatif jusqu’à l’université. Des actions systémiques visant à une meilleure formation des professionnels de santé et à une véritable coordination des départements ministériels concernés doivent également être mises en place. L’Académie nationale de médecine propose des recommandations pour répondre à ces questions.

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  • Communication scientifique

    Organelles de réplication du virus de l’hépatite C et du SARS-CoV-2 : étonnantes similitudes et pistes pour des antiviraux de large spectre

    Replication organelles of hepatitis C virus and SARS-CoV-2: Surprising similarities and avenues for broad-spectrum antivirals

    L’auteur déclare ne pas avoir de liens d’intérêt.

    Les virus à ARN simple brin positif (ARN+) peuvent remodeler les membranes des cellules hôtes qu’ils infectent pour induire des organelles de réplication. Ces organelles viro-induites servent à isoler la réplication du génome viral des capteurs déclenchant les mécanismes de l’immunité cellulaire innée. Certains de ces virus, dont le coronavirus du syndrome respiratoire aigu sévère de type 2 (SARS-CoV-2), induisent des vésicules à double membrane (DMV) qui jouent ce rôle d’organelle de réplication virale. Comme dans le cas du virus de l’hépatite C (VHC), des pores traversant les deux membranes des DMV induites par le SRAS-CoV-2 ont été identifiés. Ces pores permettent vraisemblablement l’apport de métabolites essentiels à la réplication virale au sein d’une DMV, ainsi que l’exportation de l’ARN viral nouvellement synthétisé pour former le génome des futurs virions. On ne sait pas encore si, comme pour le VHC, des DMV à pores ouverts peuvent coexister avec des DMV entièrement scellées qui sont sans doute nécessaires au stockage de grandes quantités d’ARN viral. Cependant, de façon remarquable, des études récentes ont révélé de nombreuses similitudes dans les mécanismes de biogenèse des DMV entre ces deux virus pourtant phylogénétiquement très éloignés. La compréhension des mécanismes de formation et de fonctionnement des DMV pourrait être essentielle pour le développement de nouvelles approches antivirales de large spectre, pouvant agir sur des virus de différentes familles inducteurs de ces DMV.

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  • Communication scientifique

    Les effets toxiques induits par l’adaptation à l’environnement chimique : le double rôle du récepteur de la dioxine

    Toxic effects induced by the adaptation to the chemical environment: The dual role of the dioxin receptor

    L’auteur déclare ne pas avoir de liens d’intérêts.

    Les organismes vivants ont développé des mécanismes leur permettant de s’adapter à leur environnement chimique. Chez les mammifères et notamment chez l’homme, cette protection passe par la reconnaissance des xénobiotiques par des récepteurs dédiés et l’induction de la voie de métabolisme des xénobiotiques. Étant donnée la très grande diversité de l’exposome chimique (des dizaines de milliers de substances différentes dans l’environnement), les protéines impliquées dans la reconnaissance et le métabolisme des xénobiotiques ont chacune la capacité de lier et de métaboliser des centaines de substances. Cette situation de faible spécificité est à l’origine de la toxicité que ce système provoque : intermédiaires réactifs, production d’espèces réactives de l’oxygène, découplage entre les profils de liaison des récepteurs et ceux des enzymes, etc. Par ailleurs, le récepteur de la dioxine appelé AhR (un des 3 ou 4 récepteurs des xénobiotiques) a aussi d’autres fonctions associées à sa capacité de reconnaître des ligands endogènes, du microbiote intestinal ou des aliments. Cette propriété conduit à un risque de compétition entre les différents types de ligands et donc à une toxicité. Enfin, concernant les xénobiotiques qui ne peuvent pas être métabolisés (comme la dioxine), ils peuvent être stockés dans le tissu adipeux ce qui protège les autres tissus. En revanche ce tissu devient une source de polluants à bas bruit et chronique. Tout se passe comme si les mammifères ont développé un système qui les protège d’une exposition aiguë et massive aux polluants chimiques au prix d’une toxicité au long cours.

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  • Communication scientifique

    Fièvre méditerranéenne familiale : nouveaux phénotypes et mécanismes génétiques

    Familial Mediterranean fever: New phenotypes and genetic mechanisms

    Les auteurs déclarent ne pas avoir de liens d’intérêts.

    La fièvre méditerranéenne familiale (FMF, OMIM #249100) est le prototype d’un groupe de maladies héréditaires de l’immunité innée connues sous le nom de maladies auto-inflammatoires. Son nom récapitule les principales caractéristiques de la maladie. Il s’agit d’une maladie inflammatoire dont le principal symptôme est une fièvre récurrente et qui survient principalement dans les populations d’origine méditerranéenne. Son mode de transmission classique est autosomique récessif. Le gène en cause MEditerranean FeVer (MEFV) code la pyrine, un composant de l’inflammasome du même nom, qui s’active constitutionnellement sous l’effet de mutations pathogènes. Les principales mutations responsables de la FMF sont localisées dans l’exon 10. Grâce aux nouvelles approches de séquençage, près de 400 variants de séquence sont maintenant rapportés dans une base de données en ligne (Infevers) dédiée aux maladies auto-inflammatoires, et de nouveaux mécanismes moléculaires tels que duplication et mosaïque ont été identifiés. L’éventail des phénotypes liées à MEFV s’est aussi considérablement élargi. Des mutations dans l’exon 8 sont responsables de syndromes auto-inflammatoires cliniquement et génétiquement atypiques (transmission dominante chez des patients non méditerranéens). Des mutations localisées dans ou proches du codon 242 de l’exon 2 sont à l’origine d’une maladie dermatologique rare cliniquement très différente de la FMF, appelée auto-inflammation associée à la pyrine avec dermatose neutrophilique (PAAND). L’ensemble des phénotypes associés au gène MEFV sont groupés sous le terme générique de maladies auto-inflammatoires associées à la Pyrine (PAAD). Cette revue résume les avancées récentes sur les nouveaux phénotypes et mécanismes génétiques liés au gène de la FMF.

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  • Communication scientifique

    « Chemsex » et cathinones

    Chemsex and cathinones

    Les auteurs déclarent ne pas avoir de liens d’intérêts.

    Le terme « chemsex » désigne des relations sexuelles pratiquées sous l’influence de divers types de drogues illicites, en particulier des nouveaux produits de synthèse (NPS), mais également des médicaments consommés avant ou pendant l’acte sexuel, menant ainsi à une expérience combinée de drogue et d’activité sexuelle, permettant de prolonger et d’intensifier le plaisir sexuel. Ce phénomène se répand dans certaines communautés de la population comme les hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes (HSH), ou les communautés LGBTQ (Lesbiennes, Gays, Bisexuels, Transgenres, Queer). Deux études menées en France ont permis de montrer leur incidence, avec 232 cas recensés ayant conduit à des investigations médicolégales entre 2018 et mars 2023, car à l’origine d’intoxications sévères, de décès, ou de soumissions chimiques. Chez les HSH, il a été montré le rôle important du « chemsex » dans les comportements à risque, à l’origine notamment d’une augmentation des infections sexuellement transmissibles (IST). Les substances les plus couramment utilisées dans le « chemsex » sont les cathinones, suivies par la cocaïne, la méthylènedioxymétamphétamine ou MDMA (ecstasy) la méthamphétamine (crystal), la kétamine, et les médicaments de la dysfonction érectile ou inhibiteurs de la phosphodiestérase de type 5 (PDE5). Le γ-hydroxybutyrate/GHB et son précurseur la γ-butyrolactone/GBL (« ecstasy liquide »), non recherchés dans notre étude sur les HSH, semblent également très utilisés. L’incidence en France sur les délits et accidents de la route de ces nouvelles drogues n’est pas connue, puisque ces substances ne sont toujours pas recherchées.

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  • Communication scientifique

    Introduction de la séance : « L’actualité en ophtalmologie, 140 ans plus tard »

    Introduction: Current events in ophthalmology, 140 years later

    L’auteur déclare ne pas avoir de liens d’intérêts.

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  • Communication scientifique

    Défis et perspectives de la chirurgie oculaire

    Challenges and perspectives of modern eye surgery

    Les auteurs déclarent ne pas avoir de liens d’intérêts.

    La chirurgie oculaire a connu une révolution spectaculaire au cours des 140 dernières années. Grâce aux avancées technologiques et aux progrès médicaux, cette discipline a révolutionné le traitement des affections oculaires, améliorant ainsi la qualité de vie de millions de personnes à travers le monde. Cette revue explore les principales avancées de la chirurgie oculaire au fil du temps, mettant en évidence les techniques et les découvertes qui ont marqué cette période. La segmentation de l’activité chirurgicale en ophtalmologie démontre la richesse de chaque surspécialité. Ainsi, alors que la phacoémulsification est devenue le geste le plus pratiqué en France, toutes spécialités confondues, la prise en charge du glaucome, des maladies rétiniennes ou cornéennes et des erreurs réfractives s’est également significativement développée. La sécurité des actes demeure une priorité majeure, obtenue au fil du temps et constamment renforcée. L’arrivée des nouveaux lasers, de la thérapie génique et des prothèses rétiniennes ouvre de nouvelles indications avec des perspectives majeures.

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  • Communication scientifique

    L’essor de la chirurgie oculaire chez l’enfant : 140 ans d’histoire

    The rise of children's eye surgery: 140 years of history

    Les auteurs déclarent ne pas avoir de liens d’intérêts.

    L’ophtalmologie, après s’être individualisée de la chirurgie générale, est devenue à la moitié du XIXe, une discipline à part entière. Depuis le début du XXe siècle, les progrès techniques, anesthésiques, infectiologiques ont permis chez l’adulte, une restauration croissante de la fonction visuelle ; la prise en charge spécifique chez l’enfant est relativement plus tardive, ce n’est qu’au milieu du XXe siècle qu’elle s’organise aux États-Unis grâce au Dr Costenbader et en France, aux professeurs Urvoy et Dufier. Dès lors, l’activité chirurgicale en ophtalmopédiatrie n’a cessé de progresser, indiscutablement bénéficiant des progrès obtenus chez l’adulte mais aussi grâce à des avancées spécifiques à l’enfant tant sur le plan technique, technologique que rééducatif. Aujourd’hui, cette amélioration se poursuit selon un mode permanent allant de pair avec un développement croissant de l’enseignement et des perfectionnements technologiques. Ces améliorations ont permis le changement pronostique de certaines pathologies qui de cécitantes sont devenues potentiellement non cécitantes : comme cela a été le cas pour le strabisme non rééduqué, la cataracte et le glaucome congénitaux. Pour aborder « l’essor de la chirurgie oculaire de l’enfant en 140 ans », les auteurs ont choisi comme grille de lecture l’évolution respective de la chirurgie du strabisme, de la cataracte congénitale et du glaucome congénital.

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  • Communication scientifique

    L’élimination du trachome en Algérie

    Elimination of trachoma in Algeria

    Les auteurs déclarent ne pas avoir de liens d’intérêts.

    Objectif
    Rapporter les axes essentiels et les résultats de la première et principale étape de la campagne nationale d’élimination du trachome lancée en 2013 visant à déterminer sa prévalence et agir pour aboutir à son élimination à la fin de l’année 2020, en rappelant le contexte clinique, historique et épidémiologique de cette affection oculaire transmissible et cécitante.

    Méthodologie
    C’est une étude prospective transversale descriptive ciblant les enfants âgés de 5 à 9 ans scolarisés dans 801 écoles, tirées au sort, réparties sur près de 2 millions de kilomètres carrés dans le sud saharien Algérien. Un millier de professionnels de santé répartis en 131 équipes, ayant chacune un ophtalmologiste à sa tête, a été mobilisé. La durée de chaque campagne est de 5jours.

    Résultats
    La prévalence globale dépassait les 90 % dans la première moitié du XXe siècle et les 30 %, dans sa forme active contagieuse, dans les années 1960. En 2013, 168 651 élèves sur les 197 694 ciblés (85 %) ont été examinés. Onze mille sept cent quatre-vingt-deux cas de trachome actif ont été dépistés et traités. Trois cent soixante-treize écoles et 45 communes ont bénéficié d’un traitement de masse. Aucun cas de trichiasis ou d’opacité cornéenne lié au trachome n’a été relevé.

    Commentaire
    La prévalence du trachome actif en Algérie dans les années soixante était superposable à celle relevée au Vietnam dans les années 1980. Les multiples campagnes anti-trachômateuses à visée strictement étiologique, menées dans les années 1960-70-80, ont contribué à la réduction de la prévalence et de la gravité de la maladie sans aboutir à son élimination. Celle lancée en 2013, basée sur la stratégie OMS alliant mesures médicales et environnementales, a atteint ses objectifs.

    Conclusion
    Le trachome est une affection négligée pourvoyeuse de malvoyance et de cécité. Elle est éligible à une élimination dans tous les pays du monde.

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  • Communication scientifique

    Les enjeux de la pandémie myopique

    The challenges of the myopia pandemic

    L’auteur déclare ne pas avoir de liens d’intérêts.

    La myopie est la plus fréquente des troubles de la vision (amétropies). Depuis plus de 20 ans, sa prévalence augmente au niveau mondial, y compris en France. Cette augmentation du nombre de cas chez les jeunes enfants entraîne un nombre plus important de patients présentant des myopies fortes, définies par une longueur axiale oculaire supérieure à 26mm et par un degré de correction supérieur à −6 dioptries. La myopie est définie par son degré de correction. Le flou visuel de loin, associé au plissement des paupières dû à la myopie nécessite le recours à une correction optique, quel qu’en soit le degré. Mais, la tolérance des hautes corrections est parfois difficile, retentissant sur l’apprentissage. La myopie expose à des complications rétiniennes qui en font toute sa gravité par leur évolution possible vers une profonde malvoyance, voire une cécité. La prévalence de ces complications, corrélée au degré de myopie, augmente avec le taux plus élevé de myopies fortes liées à la pandémie. L’OMS classe les troubles réfractifs myopiques parmi les premières causes de cécité dans le monde en insistant sur leurs répercussions sur la qualité de vie et sur leurs implications financières qui en font un enjeu de santé publique. La prise en charge précoce des complications liées à la myopie vise à réduire le risque du handicap visuel. Agir sur les causes de cette pandémie constitue le moyen de la juguler. Le rôle de facteurs environnementaux : insuffisance du temps passé en extérieur à la lumière naturelle, sollicitation excessive de la vision de près, défocalisation hypermétropique périphérique sont les facteurs incriminés pour expliquer cette pandémie et la progression de la myopie. Différents programmes de prévention et de nouveaux dispositifs optiques semblent prometteurs.

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  • Communication scientifique

    Conclusion de la séance : « L’actualité en ophtalmologie, 140 ans plus tard »

    L’auteur déclare ne pas avoir de liens d’intérêts.

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  • Communiqué

    Legalizing the “recreational” use of cannabis would be a serious health error.

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  • Avis

    Avis 23-23. Avis conjoint des Académies nationales de médecine et de pharmacie sur l’errance diagnostique dans les maladies rares

    Joint opinion of the French National Academies of Medicine and Pharmacy on diagnostic errancy in rare diseases

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  • Communication scientifique

    Les nouvelles classes médicamenteuses : un pas décisif dans l’amélioration de la prise en charge des personnes âgées vivant avec un diabète de type 2

    New drug classes: A decisive step in improving the care of elderly people living with type 2 diabetes

    Les auteurs déclarent avoir effectué des interventions ponctuelles à la demande des firmes pharmaceutiques suivantes : AstraZeneca, Bayer, Boehringer, Eli Lilly, Jansen, Merck Sharp & Dohme, Novo Nordisk, Pfizer et Sanofi.

    La prise en charge des patients diabétiques âgés est devenue aujourd’hui une véritable question de santé publique en raison de l’augmentation du nombre de malades. Dans cette population, les complications du diabète sont plus graves et s’intriquent avec les manifestations plus spécifiquement gérontologiques. Les objectifs thérapeutiques doivent être individualisés en fonction de la présentation clinique du patient. Les nouvelles classes thérapeutiques sont particulièrement intéressantes en raison de leur efficacité sur le plan de la protection cardiovasculaire et rénale mais la balance bénéfice/risque de ces médicaments nécessite d’être bien évaluée en fonction de la personne. La prise en charge des patients diabétiques âgés doit éviter à la fois un trop grand laxisme chez une personne qui a bien réussi son vieillissement mais aussi un activisme déraisonnable chez les sujets fragiles en raison du risque hypoglycémique.

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  • Communication scientifique

    Dépistage génétique néonatal : à propos du programme pilote sur l’amyotrophie spinale (DEPISMA)

    Newborn genetic screening: About the spinal muscular atrophy program (DEPISMA)

    Didier Lacombe a été invité à un congrès français par Novartis.

    L’amyotrophie spinale infantile (SMA) liée au gène SMN1 est une maladie génétique neuromusculaire caractérisée par une perte des motoneurones de la corne antérieure de la moelle épinière. La transmission de la maladie se fait sur un mode héréditaire de type autosomique récessif. Dans 95 % des cas, on observe une délétion homozygote de l’exon 7 des 2 gènes SMN1 du patient. Un gène homologue au gène SMN1, le gène SMN2, est peu fonctionnel, en raison d’un épissage de l’exon 7, mais la sévérité de la maladie dépend en partie du nombre variable de copies du gène SMN2. On distingue 4 types cliniques de SMA. Au total, 60 % des SMA de type 1 décèdent avant l’âge de 18 mois. Récemment, trois médicaments ont vu le jour dans la SMA. Le Nusinersen est un oligonucléotide anti-sens, capable de fonctionnaliser le gène SMN2. Il est administré par injections intrathécales répétées. Ce médicament a l’AMM en France pour la prise en charge des types 1, 2 et 3 et a une autorisation pour le traitement présymptomatique de la SMA jusqu’à 3 copies SMN2, indication identique pour la thérapie génique (Onasemnogene abeparvovec, Zolgensma®). Il s’agit d’une injection IV unique. Le Risdiplam, en prise orale quotidienne, est un modificateur d’épissage d’ARN qui a récemment obtenu l’AMM pour le traitement pré-symptomatique. La SMA remplit les critères de Wilson (test génétique fiable, bonne connaissance de la maladie, possibilités thérapeutiques, etc.). Le bénéfice est meilleur lors d’une administration précoce, d’où l’intérêt de la réflexion sur un dépistage néonatal (DNN). Le DNN est disponible à Taiwan, en Belgique, en Allemagne, au Japon, en Australie et aux États-Unis. En France, un projet pilote est en cours depuis début 2023 avec l’AFM-Téléthon dans 2 régions (Nouvelle-Aquitaine et Grand Est), ce qui représente 2×55 000 naissances/an, soit 32 enfants atteints de SMA attendus sur 2 ans. Le test de dépistage repose sur la recherche de la délétion homozygote du gène SMN1 par technique de biologie moléculaire. En cas de positivité, un nouveau prélèvement à visé diagnostique sera réalisé pour étudier le nombre de copies SMN2. Une fois le diagnostic confirmé et l’annonce réalisée, le dossier du patient sera passé en RCP, afin de définir les modalités thérapeutiques, selon le phénotype et le nombre de copies SMN2.

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  • Autre

    Pierre Brissot. Un sidérant voyage dans le temps et l’espace

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  • Communiqué

    Innovative Medical Devices and/or Procedures “How to Simplify the organization”

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  • Rapport

    Rapport 23-22. Médicaments anti cancéreux onéreux : disponibilité et soutenabilité économique

    Expensive cancer drugs: availability and economic sustainability

    Jacques ROUËSSE : aucun ; Jean-Yves BLAY : Roche, GSK, Novartis, MSD, Deciphera, Bayer, pharmamar ; Brigitte DRENO : BMS, Fabre, Almirall, Regeneron ; Gilles BOUVENOT : conseils ponctuels en développement (GSK, Sanofi, Vifor Pharma, Sage-Therapeutics, Steba Biotech, Alnylan, TesaroBio France, Insmed, GenSight, Pierre Fabre médicaments, Lupin) ; Thierry FACON :aucun ; Norbert Claude GORIN : Airinspace », Hemolux consulting et ZHIJIAHUA internationalHK; François GUILHOT :Novartis ;Claude HURIET : aucun ;Yves JUILLET :aucun; Pierre LE COZ : aucun ; Richard VILLET :aucun ;Jean Paul TILLEMENT :aucun ;Pierre COCHAT : aucun ;Francis MEGERLIN :aucun; Jean SASSARD : aucun ;Jean-Pierre TRIBOULET :aucun.

    Le traitement des cancers vient de connaitre en 20 ans une révolution médicale liée à la mise au point de nouveaux médicaments tels les thérapeutiques ciblées, les inhibiteurs de points de jonction immunologiques et les cellules lymphocytaires génétiquement modifiées (cellules CAR- T).  Ces traitements, qui ont des coûts de production élevés, sont prescrits parfois longtemps, et la durée des prises en charge des patients cancéreux se prolonge liée à l’utilisation de ces produits en 3 -ème et plus de lignes de traitement. La prévalence du nombre de cancers a augmenté et donc leur coût de prise en charge sur le long terme aussi. Le développement des médicaments anticancéreux en deux phases, d’innovation au sein de jeunes pousses souvent issues de l’Université, puis de production et de commercialisation gérées par les grands groupes pharmaceutiques contribuent à proposer des prix d’un niveau inconnu jusqu’alors. La rapidité de leur autorisation de mise sur le marché interpelle aussi surtout lorsque manquent les preuves de l’efficacité sur l’augmentation significative de la survie. Il est donc justifié de recommander une certaine vigilance sur l’interprétation de résultats d’essais précoces. Cependant il ne convient pas de négliger l’intérêt de l’apport de médicaments anticancéreux pour des patients atteints de sous-types rares de cancers. Face à ce retard de la France dans le domaine il importe de soutenir fortement, financièrement, les jeunes pousses et l’industrie française du médicament anticancéreux. Il est recommandé la mise en place d’une structure sans but lucratif avec un partenariat public-privé pour fournir les volumes nécessaires de médicaments aux hôpitaux et cliniques à un prix fixe.

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  • Communication scientifique

    Tumeurs osseuses primitives du squelette axial : intérêt de la prise en charge chirurgicale pluridisciplinaire et indications

    Primaries bone tumors of axial squeleton: Pluridisciplinary surgical team is mandatory

    Introduction
    Les tumeurs malignes primitives du squelette axial sont rares. Il s’agit en priorité d’hémopathies et plus rarement de sarcomes ou de chordomes. Les tumeurs à cellules géantes et les ostéoblastomes, bien que bénins, sont également localement très agressifs et doivent faire discuter une exérèse carcinologique. À ces étiologies s’associent les tumeurs des organes de proximité envahissant le rachis, qui sont en fait des carcinomes, mais qui peuvent bénéficier, dans certains cas choisis d’une exérèse radicale.

    Méthodes
    La chirurgie de ces lésions est complexe, elle doit s’intégrer dans une stratégie diagnostique et thérapeutique établie par une réunion de concertation pluridisciplinaire au sein d’un centre de référence. La résection chirurgicale doit s’attacher à réaliser une exérèse carcinologique suivie d’une reconstruction pérenne du squelette et des tissus mous environnants. Cette première exérèse doit être aussi parfaite que possible d’emblée car les solutions des chirurgies itératives seront quasiment inexistantes en cas de chirurgie incomplète.

    Résultats
    Il apparaît important d’avoir à disposition un bilan d’imagerie préopératoire exhaustif afin d’appréhender l’extension tumorale et définir ainsi la meilleure stratégie chirurgicale. Celle-ci associera souvent plusieurs spécialités chirurgicales complémentaires, rodées au travail d’équipe sur des temps chirurgicaux réglés ne laissant aucune place à l’improvisation. Grâce à cette prise en charge pluridisciplinaire, en particulier avec les chirurgiens thoraciques et plasticiens, mais aussi neurochirurgiens et chirurgiens généralistes, les progrès récents sont importants : ils concernent d’abord la possibilité de réaliser des excisions carcinologiques très étendues, sur le rachis et sur les organes environnants, élargissant ainsi les indications chirurgicales chez des patients considérés avant comme inopérables. Ensuite, la reconstruction osseuse et des tissus mous a été améliorée grâce aux nouvelles instrumentations vertébrales et aux techniques de lambeaux de couverture, ce qui permet une diminution drastique des complications per- et postopératoires. Les facteurs de risques des complications neurologiques sont aussi mieux appréhendés et sont donc plus faciles à prévenir et éventuellement à traiter.

    Conclusion
    Ces améliorations concernent aussi les résultats cancérologiques en particulier grâce à un meilleur contrôle tumoral par les thérapies néo-adjuvantes comme les chimiothérapies ciblées ou la radiothérapie conformationnelle préopératoire.

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  • Communication scientifique

    Thérapie génique pour la drépanocytose : avancées et obstacles

    Gene therapy for sickle cell disease: Advances and hurdles

    L’auteure déclare ne pas avoir de liens d’intérêts.

    La drépanocytose est une maladie génétique autosomique récessive hautement répandue dans le monde responsable d’un raccourcissement important de la durée de vie des patients. Le traitement curatif d’élection est représenté par la greffe allogénique de cellules souches hématopoïétiques dont les résultats cliniques dépendent de la disponibilité d’un donneur familial HLA geno-identique et de l’absence de comorbidités. En l’absence d’un tel donneur, le recours à la thérapie génique offre une solution curative avec des résultats cliniques similaires dans certains essais. La thérapie génique consiste dans la correction génétique des cellules souches du patient et de leur autogreffe après un conditionnement myéloablatif. Au cours des dix dernières années, deux approches différentes ont été mis au point : (1) la thérapie génique par addition des gènes ou (2) par édition du génome. Les résultats cliniques de ces essais sont ici résumés ainsi que les voies d’amélioration des résultats obtenus jusqu’à présent. L’ensemble de ces traitements ont fait émerger l’existence d’importantes altérations moléculaires des cellules souches des patients drépanocytaires. Ces altérations méritent d’être considérées pour pouvoir adapter les protocoles cliniques et assurer le succès clinique des nouvelles thérapies.

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  • Communication scientifique

    Origine de la notion de « Une seule santé »

    Origin of the notion of “One health”

    L’auteur déclare ne pas avoir de liens d’intérêts.

    La gravité et l’émergence en quelques années de plusieurs épidémies humaines récentes — la Covid-19, la « variole du singe » — confirment l’importance du concept « Une seule santé ». Cette conception synthétique est fondée sur la santé publique, la santé publique vétérinaire et la qualité de l’environnement. Au cours du 18e siècle, plusieurs hommes influents ont contribué à l’émergence de la notion « Une seule santé » : François Quesnay (économiste), Claude Bourgelat (vétérinaire) et Félix Vicq d’Azyr (médecin).

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  • Communication scientifique

    Rapprocher les acteurs de l’oncologie et l’infectiologie pour un développement concerté des immunothérapies anti-infectieuses et antitumorales

    Bringing together players in oncology and infectious diseases for concerted development of anti-infectious and anti-tumor immunotherapies

    M.B. : Directeur de recherche CNRS. Employé de l’Institut Mérieux, holding biopharmaceutique regroupant bioMérieux SA, Mérieux Nutrisciences Inc., Transgene SA, ABL Inc. et Mérieux Equity Partners. Cofondateur d’Innate Pharma SA. Consultant et directeur scientifique ImCheck SA. Président de l’Alliance pour la recherche et innovation des industries de santé. Operational advisor Gilde Investment Fund N.V.

    Si le développement fulgurant des immunothérapies, rendu possible par les progrès de la recherche et des moyens conséquents, a révolutionné la prise en charge des cancers, son impact sur le traitement des infections est resté comparativement modeste. Ceci peut s’expliquer par plusieurs raisons physiopathologiques, technologiques, médicales et économiques qui seront brièvement revues ici. Un rapprochement entre acteurs de l’immuno-oncologie et l’immuno-infectiologie pourrait aider à répondre à ces défis et accélérer le développement d’immunothérapies anti-infectieuses, et plus globalement promouvoir une réflexion concertée sur des sujets d’intérêt commun pour un bénéfice mutuel. Sont proposés ici plusieurs thèmes qui pourraient mobiliser les experts en immunothérapies des 2 domaines, ainsi que quelques modalités concrètes de rapprochement s’appuyant sur les atouts de l’écosystème d’innovation français et pouvant s’inspirer d’initiatives déjà menées à l’étranger.

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  • Présentation ouvrage

    Le cerveau de Ravel, vie et mort d’un génie

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  • Rapport

    Rapport 23-21. Intelligence artificielle appliquée à la rythmologie cardiaque. Perspectives et propositions

    Artificial intelligence in cardiac Arrhythmology

    Les auteurs de ce rapport n’ont aucun lien d’intérêt avec le sujet.

    Le recueil numérisé de l’activité électrique myocardique autorise son analyse par Intelligence Artificielle (IA) à partir de trois sources que sont les outils d’intervention en rythmologie, les registres de la mort subite et les dispositifs médicaux connectés.

    Le traitement des arythmies atriales fait appel à l’IA afin d’identifier les zones de rotors ou de fibrose arythmogène dans le but d’améliorer la qualité de l’ablation de la fibrillation atriale (FA). La création, à partir de données d’imagerie, d’une chambre ventriculaire virtuelle personnalisée, permet à l’IA de guider l’ablation et d’évaluer le pronostic.

    Lors des morts subites, c’est moins l’analyse des données de l’activité électrique myocardique et de la délivrance du choc électrique salvateur que celle des données de santé de la population dans son ensemble, qui pourraient contribuer à identifier les meilleurs prédicteurs de risque.

    Les données recueillies lors d’examens électrocardiographiques banaux ou par les objets portables, dont les « montres connectées », permettent grâce à l’IA de prédire la survenue ultérieure ou la récidive de troubles du rythme. L’IA est aussi omniprésente dans l’analyse de l’électrocardiogramme en rythme sinusal permettant d’en tirer des conclusions dépassant largement son utilisation habituelle.

    L’utilisation de ces données ne va pas sans soulever des problèmes éthiques et juridiques qui sont encore incomplètement réglés. L’appropriation en rythmologie cardiaque de l’outil nouveau qu’est l’IA suggère aux médecins rythmologues d’approfondir leurs connaissances mathématiques et d’intégrer les propositions des apprentissages automatiques et profonds dans leur démarche diagnostique et thérapeutique.

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