Communication scientifique
Publié le 14 janvier 2026

L’information en santé est la meilleure arme pour lutter contre la désinformation

MOTS-CLÉS : Désinformation, Information, Éducation en santé, Formation
Health information is the best weapon in the fight against health misinformation
KEY-WORDS : Disinformation, Information, Health education, Training

Hervé Maisonneuve (a, ⁎) , Loïc Guillevin (b) , Mathieu Molimard (c )

Déclaration de liens d’intérêts :
HM est rédacteur du blog Revues et Intégrité ( www.redactionmedicale.fr/ ).
LG déclare ne pas avoir de liens d’intérêts.
MM : président du groupe communication de la Société française de pharmacologie et thérapeutique, pas de lien avec l’industrie pharmaceutique en rapport avec cet article. Cet article a été soumis avant que deux des auteurs ne soient missionnés par le ministre de la Santé pour une mission dont le rapport, rendu public le 5 janvier 2026, est intitulé : « Information en santé. Bilan des forces et des faiblesses Recommandations pour une stratégie nationale d’information et de lutte contre la désinformation en santé ».

Résumé

La manipulation de l’opinion est un enjeu de pouvoir ancien ; la désinformation en santé est exacerbée par les réseaux sociaux et le manque d’éducation scientifique, menant à des comportements dangereux. Il faut distinguer la mésinformation (fausse, non intentionnelle), la désinformation (fausse, intentionnelle, pour manipuler) et la mal-information (vraie mais utilisée pour nuire). Ces informations s’opposent aux données probantes de la science. Selon le ‘Global Risks Report’, la désinformation est le premier risque mondial jusqu’en 2027. Ses motivations sont complexes, allant du gain financier à l’érosion de la confiance dans les institutions. Pour contrer ce phénomène, l’approche D.E.F.I.S. est proposée : (1) détection et diagnostic : nécessité d’outils pour anticiper les infodémies, avec une veille active et la modération des contenus, notamment via le Règlement européen sur les services numériques. L’intelligence artificielle générative pose de nouveaux défis pour la diffusion d’informations fiables ; (2) éducation : améliorer la littératie en santé et l’esprit critique dès le plus jeune âge, en apprenant à distinguer faits et opinions et à gérer les émotions qui peuvent altérer le jugement ; (3) formation : développer les compétences en vulgarisation et communication scientifique des professionnels de santé et des chercheurs ; (4) information : diffuser des informations fiables et accessibles par des sources officielles comme Sante.fr ou les sociétés savantes, tout en comprenant les mécanismes psychologiques de l’acceptation ou du rejet des informations ; (5) sanctions : renforcer l’application des lois existantes contre le charlatanisme et responsabiliser les plateformes numériques. L’inaction n’étant pas une option, une coordination et une visibilité accrues des nombreuses initiatives existantes sont impératives pour lutter efficacement contre la désinformation.

Summary

The manipulation of opinion is a long-standing power issue; misinformation in healthcare is exacerbated by social networks and the lack of scientific education, leading to dangerous behaviour. We need to distinguish between mis-information (false, unintentional), dis-information (false, intentional, used to manipulate) and mal-information (true but used to harm). This information runs counter to scientific evidence. According to the Global Risks Report, misinformation is the world’s biggest risk until 2027. Its motivations are complex, ranging from financial gain to the erosion of trust in institutions. To counter this phenomenon, the D.E.F.I.S. approach is proposed: (1) detection and diagnosis: the need for tools to anticipate misinformation, with active monitoring and content moderation, notably via the Digital Services Act. Generative artificial intelligence poses new challenges for the dissemination of reliable information; (2) education: improve health literacy and critical thinking from a very early age, by learning to distinguish between facts and opinions and to manage the emotions that can impair judgement; (3) training ( formation ): develop the skills of healthcare professionals and researchers in popularising and communicating science; (4) information: disseminate reliable and accessible information from official sources such as sante.fr or learned societies, while understanding the psychological mechanisms involved in accepting or rejecting information; (5) sanctions: strengthen the application of existing laws against quackery and make digital platforms more accountable. As inaction is not an option, greater coordination and visibility of the many existing initiatives are imperative to effectively combat misinformation.

*Auteur correspondant
(a) Ancien président de European Association of Science Editors, 69006 Lyon, France
(b) Académie nationale de médecine et centre de références maladies rares, médecine interne, hôpital Cochin, université Paris-Cité, Paris, France
(c) Service de pharmacologie médicale, CHU de Bordeaux, Bordeaux, France

Bull Acad Natl Med 2026;210:63-9. [En ligne] Disponible sur : https://doi.org/10.1016/j.banm.2025.09.005