Résumé
Le sommeil est un élément essentiel du développement physique, cognitif et émotionnel de l’enfant et de l’adolescent. Chez l’enfant, un sommeil suffisant et régulier soutient l’apprentissage, la concentration et l’équilibre émotionnel. À l’inverse, un manque de sommeil entraîne irritabilité, troubles de l’humeur, difficultés d’attention et comportements impulsifs ou hyperactifs, souvent liés à une somnolence diurne excessive.
Les causes du déficit de sommeil sont multiples et intimement liées au mode de vie moderne. L’exposition excessive aux écrans, la diminution de l’activité physique, une alimentation déséquilibrée et des horaires irréguliers perturbent profondément le rythme veille-sommeil. Chez les adolescents, le décalage de phase – tendance biologique à s’endormir et se réveiller plus tard – accentue cette privation, provoquant fatigue, baisse des performances scolaires et difficultés relationnelles. Par ailleurs, certaines pathologies spécifiques, telles que l’insomnie, le syndrome d’apnées obstructives du sommeil, la narcolepsie et autres hypersomnolences, contribuent à aggraver la somnolence diurne. Ces troubles demeurent souvent sous-diagnostiqués malgré leurs effets délétères sur la santé physique et mentale. Les enfants présentant des troubles du neurodéveloppement, comme le TDAH ou les troubles du spectre de l’autisme, sont particulièrement vulnérables, leurs difficultés de sommeil renforçant leurs troubles comportementaux et cognitifs. Enfin, le sommeil joue un rôle essentiel sur le plan de la chrono-pharmacologie et dans l’aggravation de différentes pathologies, somatiques ou psychiques.
La prévention et l’éducation jouent un rôle crucial pour préserver un sommeil de qualité. Il est nécessaire d’informer les enfants/adolescents, les parents, les enseignants et les professionnels de santé sur les besoins de sommeil selon l’âge, de maintenir la sieste à l’école maternelle, de limiter l’usage des écrans le soir et de dépister précocement les troubles. L’Académie recommande ainsi d’intégrer le suivi du sommeil dans le carnet de santé dès la naissance, de sensibiliser la population à travers des campagnes nationales et d’inclure l’éducation au sommeil dans les programmes scolaires. Enfin, la feuille de route interministérielle 2025-2026, inscrite dans la Grande Cause Nationale « Santé mentale », vise à améliorer la prévention, la formation et l’accès aux soins, reconnaissant ainsi le sommeil comme un pilier majeur de la santé publique, au même titre que la nutrition et l’activité physique.
Summary
Sleep is an essential component of the physical, cognitive, and emotional development of children and adolescents. In childhood, sufficient and regular sleep supports learning, concentration, and emotional balance. Conversely, a lack of sleep leads to irritability, mood disturbances, attention difficulties, and impulsive or hyperactive behaviours, often associated with excessive daytime sleepiness.
The causes of sleep deprivation are numerous and closely linked to modern lifestyles. Excessive screen exposure reduced physical activity, an unbalanced diet, and irregular schedules profoundly disrupt the sleep–wake rhythm. Among adolescents, delayed sleep phase syndrome—a biological tendency to fall asleep and wake up later—further aggravates sleep deprivation, resulting in fatigue, decreased academic performance, and social or family difficulties. In addition, some specific disorders, insomnia, obstructive sleep apnea, narcolepsy, and other hypersomnolence, contribute to worsening daytime sleepiness. These disorders are often underdiagnosed despite their harmful effects on both physical and mental health. Children with neurodevelopmental disorders, such as ADHD or autism spectrum disorder, are particularly vulnerable, as their sleep difficulties exacerbate behavioural and cognitive problems. Sleep also plays a crucial role with respect to chrono-pharmacology and as co-morbid factor in many mental or physical diseases.
Prevention and education play a crucial role in preserving healthy sleep. It is essential to inform children/adolescents, parents, teachers, and healthcare professionals about age-appropriate sleep needs, to maintain naptime in nursery schools, to limit evening screen use, and to detect sleep disorders early. The Academy recommends including sleep monitoring in children’s health records from birth, raising public awareness through national campaigns, and incorporating sleep education into school curricula. Finally, the 2025–2026 interministerial roadmap, established as part of the National Cause “Mental Health,” aims improving prevention, professional training, and access to care. By doing so, it recognizes sleep as a major pillar of public health, alongside nutrition and physical activity.
