Articles du bulletin

Depuis 2019 le Bulletin est édité en collaboration avec Elsevier-Masson. Les rapports de l'Académie sont disponibles intégralement sur le site internet de l'Académie. L'accès aux autres textes peut être obtenu sur le site Em-Consulte. Pour soumettre un article, merci de consulter nos recommandations.



2793 résultats

  • Autre

    Les Dejerine, un couple de neuroscientistes exemplaires au tournant du XIXe siècle

    The Dejerines, a couple of exemplary neuroscientists at the turn of the XIXth century

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  • Rapport

    Rapport 19-09. Consommation de drogues licites et illicites chez l’adolescent : une situation alarmante qui impose une prévention précoce

    Use of licit and illicit drugs in teenagers: an alarming situation, which requires early prevention

    Les auteurs déclarent ne pas avoir de liens d’intérêt en relation avec le contenu de cet article.

    La consommation de drogues licites et illicites est responsable de la perte annuelle de 130.000 vies humaines en France et d’un coût sanitaire et social considérable. La dépense directe des finances publiques s’élève à 22,1 milliards d’euros, soit près de 1% du PIB. Le niveau élevé d’usage de ces substances à l’âge adulte s’explique par une entrée très précoce dans leurs consommations, puis par des progressions régulières, comme le montrent les trois séries d’enquêtes de prévalence réalisées entre 2010 et 2017 chez des adolescents de 11 à 17 ans. Ces consommations constituent donc un problème majeur de santé publique auquel il semble important d’apporter des réponses prioritaires. Parmi 35 pays, pour ce qui est de la consommation des jeunes de 16 ans au cours des 30 derniers jours, la France occupe la 1ère place pour le cannabis, la 3ème pour les autres drogues illicites, la 11ème pour le tabac et la 15ème pour l’alcool. L’adolescence constitue une période de vulnérabilité toute particulière aux addictions du fait de l’absence de maturité neuropsychologique. De nombreux facteurs peuvent faciliter la transition vers l’addiction, qu’ils soient génétiques, environnementaux, liés à une vulnérabilité psychiatrique ou aux traits de la personnalité. D’une manière générale, la consommation de drogues à l’adolescence est susceptible d’induire de nombreux troubles. Afin de la prévenir, des informations et des actions de prévention des conduites addictives doivent être engagées précocement, voire dès l’école maternelle, puis tout au long du processus éducatif. Des interventions variées visant au développement des compétences des enfants, et/ou des parents, des stratégies à compétences multiples, voire réglementaires ont également montré leur efficacité. L’Académie nationale de médecine propose un certain nombre de recommandations pour répondre à ces questions.

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  • Rapport

    Rapport 19-08. Rapport sur le Projet de loi relatif à la bioéthique

    Les auteurs déclarent ne pas avoir de liens d’intérêts avec le sujet abordé

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  • Communiqué

    Vacciner les filles et les garçons contre le Papillomavirus humain (HPV) : une nécessité pour éliminer les cancers du col utérin mais aussi de l’oropharynx, de la cavité buccale et de l’anus

    Les auteurs déclarent ne pas avoir de liens d’intérêts avec le sujet abordé

    Le Papillomavirus humain (HPV) est la cause de 100 % des cancers du col de l’utérus qui tue plus de 1000 femmes chaque année en France. Il est à l’origine de nombreux cancers de l’amygdale, de la langue et de l’anus.
    Il faut vacciner les filles et les garçons contre le HPV pour éliminer le cancer du col utérin, et éviter les cancers de l’amygdale, de la langue et de l’anus.
    L’Académie nationale de médecine appelle à une vaccination universelle des collégiens des deux sexes.

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  • Rapport

    Rapport 19-07. Rapport sur l’évolution des programmes de dépistage « organisé » des cancers du sein, du colon et du rectum, et du col utérin, en France.

    Les auteurs déclarent ne pas avoir de liens d’intérêts avec le sujet abordé.

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  • Rapport

    Rapport 19-06. Soigner les maladies mentales : pour un plan de mobilisation nationale

    Les auteurs déclarent ne pas avoir de liens d’intérêts avec le sujet abordé.

    Les malades mentaux demeurent les invisibles de nos sociétés, la maladie mentale restant marquée, dans notre imaginaire collectif, par l’étrangeté et l’idée du handicap. Trop nombreux sont ceux qui paient un lourd tribut à la stigmatisation et au renoncement thérapeutique. Pourtant des progrès considérables ont déjà été accomplis durant les 50 dernières années. L’identification des désordres neurobiologiques sous-jacents à ces maladies, la mise en évidence du poids de l’environnement dans leur déclenchement annoncent des avancées majeures en matière de recherche et surtout de traitement.

     

    Les données de l’épidémiologie, le poids et le coût des maladies mentales rendent indispensable une évolution radicale des investissements en recherche et dans l’organisation graduée de l’offre de soins. Pour la psychiatrie du XXIème siècle, l’objectif n’est plus de prendre en charge et d’accompagner les malades mais de guérir les maladies mentales.

     

    Pour y parvenir, une mobilisation nationale et internationale à l’image de celle qui fut engagée il y a quelques années contre le cancer est indispensable.

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  • Rapport

    Rapport 19-05. Contribution au projet d’une loi de programmation pluriannuelle de la recherche

    Contribution to the draft law on multi-annual research programming

    Les auteurs déclarent ne pas avoir de liens d’intérêts avec le sujet abordé.

    Synthèse
    M. le Premier ministre a annoncé le 1er février 2019 sa décision de lancer le projet d’une future Loi de programmation pluriannuelle de la recherche qui sera déposée au Parlement début 2020. L’Académie nationale de médecine a souhaité contribuer aux travaux préparatoires à la rédaction de cette loi en constituant un groupe de travail ad hoc qui a auditionné des personnalités du monde de la recherche (Annexe 1).

    Trois évolutions mettent en péril l’avenir de la recherche française en biologie et santé :

    • la fragmentation de son organisation et de sa répartition sur le territoire ;
    • le montant et les modalités de son financement, en partie à l’origine de la perte d’attractivité des métiers de la recherche ;
    • l’absence d’une dimension européenne de son pilotage.
    À chacun de ces écueils, la future « Loi de programmation pluriannuelle de la recherche » devra répondre par la mise en route du processus d’intégration des différentes dimensions des structures de la recherche, par l’attraction de jeunes chercheurs et enseignants-chercheurs dans un nouvel environnement et par une politique volontariste de recherche concertée en Europe :

    • pour lutter contre la fragmentation, l’intégration des structures, des moyens et des métiers doit se fixer pour objectif une simplification de l’organisation de la recherche, locale et nationale au bénéfice d’une visibilité et d’une efficience restaurées :

    ∘ créer une coordination en biologie et santé entre établissements nationaux pour assurer une politique nationale de programmation, d’infrastructures, d’interactions avec le secteur industriel, de relations internationale et confier à cette coordination les moyens exécutifs d’une stratégie commune en la dotant d’une personnalité morale ;
    ∘ renforcer l’autonomie des universités en modernisant leur gouvernance selon des standards internationaux et favorisant une politique de site intégrant les missions de recherche, de formation et d’innovation, notamment en biologie et santé ;
    ∘ évoluer vers une convergence des statuts des chercheurs et enseignants-chercheurs en définissant selon les cas des valences de recherche, d’enseignement, de valorisation, d’innovation, évolutives en cours de carrière ;
    ∘ simplifier l’évaluation en renforçant son efficacité et mesurant et accroissant son impact ;
    ∘ développer la recherche en Santé publique et en organisation des soins ;

    • pour rétablir l’attractivité de la recherche dans une concurrence internationale forte :∘
    atteindre la part de 3 % de PIB pour la recherche et le développement, dont 1 % investi durablement dans la recherche publique, et mettre en place un plan d’évolution du financement sur 10 ans ;
    ∘ assurer l’équilibre entre budgets courants des équipes et financements sur projet, avec comme corollaire le refinancement des organismes nationaux de recherche et de l’ANR et redéfinir les sources du financement des sites (préciput, MERRI…) ;
    ∘ revaloriser les rémunérations en prenant en compte les différentes valences auxquelles peuvent prétendre chercheurs et enseignants-chercheurs ;
    ∘ inciter à la recherche partenariale avec l’industrie en favorisant les passerelles avec la sphère socio-économique et en valorisant cette activité ;
    ∘ favoriser l’innovation : en introduisant dans le jeu l’assurance maladie pour soutenir des essais cliniques indépendants, en introduisant une évaluation des travaux de recherche générés par le crédit impôt-recherche, en favorisant une politique partenariale entre secteurs académique et industriel, en prenant en compte les projets à prise de risque élevée ;
    ∘ définir une politique postdoctorale européenne et internationale en biologie et santé ;

    • pour donner à la France la place qu’elle doit revendiquer dans l’Europe de la recherche :

    ∘ renforcer sa place dans la gouvernance de la recherche européenne en concertation avec la coordination nationale de la recherche pour définir une véritable politique française de l’Europe de la recherche ;
    ∘ corriger la faible représentation des chercheurs et enseignants-chercheurs dans les instances européennes ;
    ∘ avoir une représentation permanente unique de la coordination nationale à Bruxelles pour promouvoir les projets français en recherche en biologie et santé ;
    ∘ inciter au portage et à la participation d’équipes françaises dans les projets européens. Mettre en place une politique volontariste de recherche concertée en Europe pilotée par un organisme public unique–idéalement la structure de coordination nationale précédemment définie.

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  • Autre

    Ruptures et innovations en médecine et en chirurgie

    Disruptions and innovations in medicine and in surgery

    L’auteur déclare ne pas avoir de liens d’intérêts.

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  • Autre

    Ruptures et innovations en chirurgie

    Disruptions and innovations in surgery

    Les auteurs déclarent ne pas avoir de liens d’intérêts.

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  • Communication scientifique

    Ruptures et innovations en orthopédie traumatologie

    Changes and innovations in traumatology/orthopaedics

    L’auteur déclare ne pas avoir de liens d’intérêts.

    À l’occasion de la célébration du centenaire de son existence, la Société française de chirurgie orthopédique et traumatologique (SOFCOT) a recensé les innovations chirurgicales issus de travaux français et ayant une diffusion mondiale. Quatre procédés emblématiques ont été retenus dans le cadre de cet article : l’instrumentation rachidienne de Yves Cotrel et Jean Dubousset pour les scolioses ; la prothèse totale inversée d’épaule de Paul Grammont ; le cotyle prothétique de hanche à double mobilité de Gilles Bousquet ; la technique de la membrane induite pour les reconstructions osseuses de Alain Masquelet. Le but de la présentation est de retracer le cheminement de la pensée de chacun de ces auteurs qui a permis d’aboutir à la description d’une technique de référence mondiale.

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  • Communication scientifique

    Innovations en chirurgie vasculaire. Comment les endoprothèses ont bouleversé le traitement des anévrysmes aortiques

    Innovation in vascular surgery: How aortic endografts have revolutionized the treatment of aortic aneurysms

    Jonathan Sobocinski : consultant pour Cook Medical® et WL Gore®.
    Jean-Baptiste Ricco déclare ne pas avoir de liens d’intérêts.

    L’anévrisme de l’aorte abdominale est une pathologie redoutable. Sans intervention, l’anévrisme augmente de volume et finit par se rompre, avec une issue fatale dans la majorité des cas. La mise à plat-greffe chirurgicale fut le traitement de choix pendant plusieurs années, mais depuis une quinzaine d’années, le traitement endovasculaire par endoprothèse a gagné du terrain de façon spectaculaire et a été validé par plusieurs études randomisées. Moins invasif et associé à une moindre morbidité postopératoire, ce traitement a fait d’énormes progrès ces dernières années et a bouleversé la pratique chirurgicale. Au risque de disparaître, tout chirurgien vasculaire actif en 2000 et pratiquant la chirurgie aortique a dû réapprendre sa spécialité. Comme pour toutes les innovations, il y a eu des excès, car la pose des endoprothèses aortiques (EA) sous-rénales répond à des critères anatomiques stricts. Pour les EA intéressant l’aorte thoracique et thoracoabdominale, une expertise spécifique est indispensable. De plus, ces centres doivent avoir le recrutement nécessaire pour maintenir cette expertise, d’où la notion de centralisation qui est venue compléter la sophistication de ces techniques. Cet article présente les différentes innovations endovasculaires du traitement des anévrysmes aortiques en décrivant les étapes nécessaires à la formation endovasculaire des chirurgiens et aussi les limites de ces techniques.

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  • Communication scientifique

    La chirurgie de cytoréduction péritonéale : de l’incurable vers le curable

    Cytoreductive surgery for peritoneal disease: From palliative to curative

    Les auteurs déclarent ne pas avoir de liens d’intérêts.

    Les tumeurs primitives malignes du péritoine et les métastases ou carcinoses péritonéales ont été longtemps considérées comme un stade métastatique terminal. Le développement de nouvelles techniques de chirurgie de cytoréduction et péritonectomies, de chimiothérapie intrapéritonéale associée ou non à l’hyperthermie, la mise en place de centres spécialisés dans la prise en charge de ces pathologies a considérablement modifié le pronostic de ces pathologies. Autrefois condamnés à court terme, certains patients sélectionnés sur leur état général, l’origine, l’extension et la résécabilité de leur carcinose péritonéale peuvent bénéficier d’un traitement curatif. Le facteur pronostique principal, quelle que soit l’étiologie de la carcinose péritonéale est représenté par la possibilité de pouvoir réaliser une chirurgie de cytoréduction complète associant résection d’organes et péritonectomies. En moins de trois décennies, la médiane de survie des patients avec métastases péritonéales est passée de 5 à 40 mois pour celles d’origine colorectale, de 3 à 25 mois pour celles d’origine gastrique. Cette médiane de survie n’est pas atteinte pour les pseudomyxomes péritonéaux et est supérieure à 50 mois pour les mésothéliomes péritonéaux malins. Ces traitements chirurgicaux lourds et complexes nécessitent une prise en charge multidisciplinaire spécialisée et doivent être réalisés dans un nombre limité de centres experts afin de mieux sélectionner les candidats à une prise en charge curative, de limiter la mortalité et morbidité des procédures chirurgicales et d’optimiser la prise en charge périopératoire et la qualité de vie.

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  • Autre

    Enfant et tabac

    Child and tobacco

    L’auteur déclare ne pas avoir de liens d’intérêts.

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  • Communication scientifique

    Risques associés au tabagisme maternel pendant la grossesse. Attention particulière aux conséquences postanatales

    Risks associated to maternal smoking during pregnancy. Special attention to post-natal risks

    Le tabagisme maternel pendant la grossesse (TMPG) est un facteur de risque évitable de troubles de santé pré- et péri-nataux. Des données récentes indiquent que le TMPG peut aussi avoir un retentissement négatif sur la santé de l’enfant, chez l’adolescent et même chez l’adulte. De grandes études de cohortes des 10 dernières années mettent en évidence que le TMPG est un facteur de risque indépendant de mortalité postnatale, et de plusieurs troubles de santé de l’enfant tels que l’asthme, l’obésité, le tabagisme, trouble d’attention d’hyperactivité. L’hypoxie fœtale ou une toxicité épigénétique sont les hypothèses évoquées pour expliquer ces effets à long-terme. L’éradication du TMPG pourrait contribuer à la réduction de la mortalité infantile et l’incidence des troubles de santé de toute une génération suivante.

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  • Communication scientifique

    Le tabagisme passif durant la grossesse et chez l’enfant

    Pregnancy, child and passive smoking

    L’auteur déclare ne pas avoir de liens d’intérêts.

    Le problème du tabagisme passif de l’enfant se pose avant même sa conception, car le tabagisme de la femme diminue la fécondité. L’exposition de l’enfant au tabagisme passif peut se faire à deux moments : durant la grossesse puis après la naissance. Durant ces deux périodes il sera exposé à des risques spécifiques différents. Si le retard de croissance intra-utérin, la mort fœtale intra-utérine et la mort subite du nourrisson sont bien connus, les malformations ou une obésité infantile sont des complications moins souvent évoquées. Pourtant ce tabagisme passif de l’enfant n’est pas une fatalité même si les femmes françaises enceintes sont les plus fumeuses de l’Union Européenne. Des décisions politiques maintenues au-delà des alternances politiques et qui s’attaquent au tabagisme en général en y associant des mesures spécifiques de protection des femmes enceintes sont les plus à même de lutter contre cette menace.

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  • Communication scientifique

    L’enfant et l’adolescent, cibles de l’industrie du tabac

    Child and adolescent, targets of the tobacco industry

    L’auteur déclare ne pas avoir de liens d’intérêts.

    L’industrie du tabac a toujours eu une préoccupation vitale de recruter de nouveaux consommateurs, afin de remplacer ceux qui arrêtent et surtout ceux qui meurent prématurément. Elle a toujours nié cibler les enfants et les adolescents, mais les documents internes, révélés lors de procès, ont montré qu’une stratégie sophistiquée, basée en particulier sur le message que fumer était un choix d’adulte, a été développée pendant des décennies sous des formes variées. Une fois piégés, le potentiel très addictif du tabac fait très facilement de ces jeunes des consommateurs à vie. Hypocritement, cette industrie a mené auprès d’eux des « campagnes de prévention » habilement conçues pour les attirer vers le tabac et dans le même temps valoriser leur marque. Beaucoup de ces stratégies sont à présent éventées ou contrecarrées par des législations appropriées, mais d’autres restent très actives, comme le placement du « produit tabac » dans les films, les promotions occultes auprès des étudiants et l’activité massive des « influenceurs » sur les réseaux sociaux. La jeunesse des pays émergents est encore plus vulnérable vis-à-vis de ces stratégies, et également potentiellement victime précoce de cette industrie, par l’impact mortel particulier du tabagisme passif sur les plus jeunes enfants dans ce contexte et par l’exploitation illégale des enfants dans les plantations. Ce ciblage de la jeunesse reste d’actualité, avec en particulier le « tabac » chauffé, indûment promu comme élément de réduction de risque, nouveau leurre de cette industrie pour attirer les jeunes et garder ses profits en poursuivant son activité meurtrière.

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  • Communication scientifique

    Le tabac et l’enfant : naissance d’une addiction

    Tobacco and children: Birth of an addiction

    L’auteur déclare ne pas avoir de liens d’intérêts.

    Les enjeux

    En France 73 000 fumeurs meurent chaque année du tabac, une maladie chronique incurable : la dépendance tabagique, une maladie d’acquisition pédiatrique. La cigarette est une drogue dure, elle accroche autant que l’héroïne, plus qu’alcool ou cannabis. L’inoculation de la dépendance nicotinique est incluse dans la stratégie formalisée il y a 50 ans par l’industrie du tabac pour engranger des profits. Elle est particulièrement efficace depuis 1968 et l’abaissement rapide de l’âge d’initiation du tabagisme.

    Pourquoi l’enfant commence à fumer

    L’initiation a été pensée et organisée en trois étapes par les cigarettiers : (1) Présenter le tabac comme un produit qu’ils devront prendre adulte ! ; (2) Faire que la première rencontre avec le tabac soit la plus précoce et la moins repoussante possible avec tabac parfumé, cigarette mentholée, capsules de menthol ou chicha ; (3) dès la consommation installée, le tabagisme qui n’était qu’un comportement, devient rapidement une addiction et fumer n’est plus seulement utilisé pour gérer l’ennui, gérer les conflits ou prendre son cannabis. Les cigarettes, en particulier celles du matin, sont alors allumées afin de compenser le manque de nicotine créé par les cigarettes prises auparavant : le parfait cercle vicieux de la dépendance.

    Comment bloquer l’instauration de la dépendance ?

    Le langage de prévention doit être différencié selon l’âge de l’enfant. Le changement d’image du tabac, avec l’adoption du paquet neutre, le contrôle de la promotion, l’extension des espaces sans tabac et la régression du tabagisme des adultes, contribuent à faire régresser l’initiation du tabagisme des adolescents.

     

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  • Autre

    La médecine génomique personnalisée : prédire ou médire ?*

    Personalized genomic medicine: For the better or for the worse?

    Les régions transcrites du génome humain sont désormais connues et peuvent être testées en pratique clinique. Le séquençage en parallèle de centaines de gènes à visée diagnostique est possible à des coûts devenus abordables et l’étude des variations du génome humain s’accélère. Pourquoi la médecine génomique personnalisée ferait-elle donc encore débat ? C’est que les tests génétiques se généralisent alors même que la signification d’innombrables variations de l’ADN reste inconnue, et donc possiblement source d’erreurs d’interprétation par excès ou par défaut. Non encadrés, non expliqués par des professionnels, les tests génétiques pourraient avoir un impact désastreux tant chez des malades que chez des personnes en bonne santé, devenus consommateurs de tests prédictifs de pertinence douteuse et pourtant accessibles en vente libre à l’étranger. Ce qui est techniquement possible est-il ipso facto médicalement acceptable ou éthiquement souhaitable ? La marchandisation de tests génétiques non contrôlés ne pourrait-elle pas être tôt ou tard à l’origine d’un nouveau désastre sanitaire ?

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  • Communication scientifique

    La mobilité corporelle influence les capacités d’inhibition de l’enfant de 7 ans né prématuré : réflexions préliminaires

    Physical mobility impacts the interference control in prematurely born children at 7 years of age: Preliminary considerations

    Les auteurs déclarent ne pas avoir de liens d’intérêts.

    L’âge de 6–7 ans marque le début des apprentissages conditionnant les capacités des enfants à suivre une scolarité normale. Les enfants nés prématurés (EP) présenteraient une moindre résistance à la distraction que les enfants nés à terme, souvent associée à un niveau élevé d’activité motrice, mais plusieurs études suggèrent que la mobilité corporelle ne serait pas forcément source de difficultés d’apprentissage.

    Objectifs

    Ce travail propose d’étudier l’impact de la mobilité corporelle des enfants sur la résistance à la distraction.

    Méthodes

    Nous avons évalué, en utilisant le principe de l’Eriksen flanker task adapté aux enfants, les capacités de résistance à la distraction d’enfants nés à terme âgés de 6–7 ans comparées à celles d’enfants nés grands prématurés, à 27 semaines de gestation en moyenne, dans des classes de même niveau scolaire, sans difficulté d’apprentissage.

    Résultats

    Les premiers résultats, préliminaires, suggèrent que les capacités d’inhibition de l’enfant âgé de 7 ans sont différentes en cas de naissance prématurée : les EP répondent de façon immédiate et stéréotypée à la sollicitation de la fonction d’inhibition en position assise ou debout imposée. Une posture libre, en revanche, redonnerait la possibilité aux EP d’adapter leur temps de réaction à la tâche imposée et améliorerait leur taux de bonnes réponses.

    Conclusion

    Ces données suggèrent que les efforts attentionnels nécessaires pour maintenir une contrainte posturale pourraient limiter la disponibilité des enfants à réaliser les tâches cognitives. Une libération de cette contrainte cognitive, liée au respect d’une posture imposée, pourrait améliorer les performances scolaires.

     

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  • Communication scientifique

    Activité physique, sédentarité, et pathologies non transmissibles. Évaluation des risques sanitaires

    Physical activity, sedentary, and non-communicable diseases. Health risk assessment

    L’auteur déclare ne pas avoir de liens d’intérêts.

    Le manque d’activité physique (AP) (inactivité) est reconnu pour être le quatrième facteur de risque de pathologies non transmissibles (PnT), et le deuxième facteur de risque évitable après le tabac. On retrouve des relations doses/effets non linéaires entre, d’une part, le volume et l’intensité de l’AP, et d’autre part, la mortalité générale ou spécifique, et l’incidence de PnT. La sédentarité, caractérisée par des périodes prolongées de très faible dépense énergétique est aussi en relation avec la mortalité générale ou spécifique, et l’incidence de PnT. Les effets délétères de la sédentarité sont surtout marqués au-delà de sept heures par jour passées en position assise ou trois heures par jour passées devant la télévision. Les effets de la sédentarité sur la mortalité et l’incidence de PnT sont conditionnés par le niveau d’AP ; chez les personnes très actives ayant plus d’une heure d’AP d’intensité modérée à élevée par jour, les effets de la sédentarité deviennent imperceptibles. Tous ces résultats soulignent l’importance d’avoir des recommandations de réduction de la sédentarité ; les limites de ces recommandations doivent cependant être connues, et la préservation de l’état de santé doit se faire alors par un renforcement des recommandations en AP.

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  • Communication scientifique

    Microcapteurs mobiles connectés de polluants atmosphériques : évolution ou révolution ?

    Microsensors for air pollutant measurements: Evolution or upheaval?

    L’auteur déclare ne pas avoir de liens d’intérêts.

    En France, la qualité de l’air extérieur fait l’objet d’une surveillance réglementaire par les Associations agréées de surveillance de la qualité de l’air (AASQA). Des données modélisées viennent compléter ces mesures. En complément de cette métrologie normée se développent aujourd’hui, d’une part, des capteurs fixes moins coûteux, susceptibles d’être déployés sur de nombreux sites, et d’autre part, des microcapteurs mobiles portés par un individu qui souhaite connaître son exposition aux polluants de l’air. Ces capteurs citoyens vont être très prochainement utilisés par le grand public qui ne manquera pas d’interroger les professionnels de santé et notamment les médecins à propos des résultats obtenus. Or ceux-ci sont encore insuffisamment formés à cette thématique. Le sujet est en plein développement, comme en témoigne le nombre croissant de publications sur ce thème. Face au grand nombre et diversité des capteurs désormais disponibles, la métrologie et la nécessité de disposer de données fiables sont primordiales. Dans ce cadre, Airparif vient de procéder à l’évaluation d’une centaine de capteurs en laboratoire et en conditions réelles. Le protocole d’évaluation concerne des éléments qualitatifs (nature des polluants mesurés, source d’énergie, fiabilité, versatilité et mise en œuvre) et quantitatifs (variabilité des mesures, pourcentage d’erreur absolue vs valeur de référence). La structuration et surtout l’exploitation des bases de données correspondantes aux mesures sont quant à elles peu évaluées actuellement. À côté de ces considérations techniques se pose la question de la contribution de cette technologie au changement de comportement du citoyen ou du patient. Ce point a fait l’objet d’un rapport de l’ADEME en novembre 2017. Ce dernier conclut que la connaissance du niveau de pollution et des risques sanitaires associés ne suffit pas à induire un changement de comportement pérenne. La facilité d’adoption de pratiques plus vertueuses et la partage d’information sont les points clés dans la dynamique de changement de comportement. Les professionnels de santé doivent y jouer un rôle majeur. Cette nouvelle technologie permettra enfin, dans le champ de l’épidémiologie respiratoire, une appréciation plus fine de l’exposition individuelle.

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  • Communication scientifique

    Protection contre l’allergie par l’environnement de la ferme : en 15 ans, qu’avons-nous appris de la cohorte européenne « PASTURE » ?

    Protection against allergy by farm environment: What have we learnt from the PASTURE European Children Cohort?

    Les auteurs déclarent ne pas avoir de liens d’intérêts.

    Les pathologies allergiques sont devenues un problème de santé publique en raison de l’augmentation de leur incidence au cours de la seconde moitié du XXe siècle et de leur relation avec les modifications environnementales qui ont accompagné cette période. Au sein de « l’hypothèse hygiène » qui associait cette augmentation d’incidence à une diminution de l’exposition aux agents microbiens, des études transversales ont associé l’environnement spécifique de la ferme de production laitière à une protection significative contre les allergies. Pour confirmer ces constatations, depuis 15 ans, et du dernier trimestre de grossesse de leur mère jusqu’à maintenant, 1000 enfants de régions rurales de 5 pays européens (Allemagne, Autriche, Suisse, Finlande, et France/Franche-Comté) ont été étudiés dans la cohorte PASTURE ; 500 vivaient à la ferme et 500 étaient sans relation directe avec une ferme. Les résultats de ce travail multidisciplinaire soulignent le rôle (1) de la diversité des expositions aux animaux et aux micro-organismes, et des aliments introduits chez les jeunes enfants ; (2) de la consommation de lait cru ; (3) des expositions de la mère avant la naissance pour le devenir immunologique et allergique de l’enfant ; et (4) d’une orientation précoce des cellules dendritiques, des cellules T, et de la sécrétion cytokinique vers un profil « régulateur » sous l’effet des facteurs environnementaux. Bel exemple de coopération européenne et d’implication des familles dans une recherche clinique très exigeante, la cohorte PASTURE mise maintenant sur un suivi de ces enfants jusqu’à l’âge adulte et des débouchés en termes de prévention.

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  • Présentation ouvrage

    Présentation du livre : Ménard J. Médecin de passage. Paris : Société des écrivains, 2018

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  • Communiqué

    Résistance aux antibiotiques : des pistes insuffisamment explorées ?

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  • Communication scientifique

    Imagerie du développement et de la maturation du cerveau du nouveau-né

    Imaging of the development and maturation in the neonatal brain

    L’auteur déclare ne pas avoir de liens d’intérêts.

    Les techniques d’imagerie de choix pour évaluer le cerveau du nouveau-né sont l’échographie transfontanellaire (ETF) et l’imagerie par résonance magnétique (IRM). L’image du cerveau normal change avec l’âge et dépend du degré du développement et de maturation de la myéline. En période périnatale et surtout chez l’enfant prématuré les modifications cérébrales sont très importantes dues aux différents processus comme la migration neuronale, la synaptogénèse, l’arborisation axonale, la myélinisation et la gyration. Comparée à l’IRM, l’ETF est moins sensible pour détecter ces modifications et chez le prématuré comparé à l’enfant né à terme, elle montre un cerveau plus lisse avec des noyaux gris centraux plus échogènes. L’IRM avec des séquences classiques en pondération T1 et T2, et surtout avec l’imagerie de diffusion offre non seulement de l’information morphologique, mais, aussi de l’information microstructurale concernant la migration neuronale et la myélinisation. À partir des données de l’imagerie de diffusion, l’IRM offre la possibilité d’étudier la connectivité structurale tandis que l’imagerie fonctionnelle de repos offre la possibilité de mettre en évidence les réseaux fonctionnels du cerveau. Au total l’ETF est l’examen morphologique de base et l’IRM offre des informations supplémentaires sur la microstructure et la fonction du cerveau.

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