Résumé
Néphropathie diabétique est un terme générique qui désigne une atteinte rénale glomérulaire (marquée par une albuminurie) due au diabète, c’est-à-dire à une hyperglycémie chronique. Les techniques immunologiques ont permis d’améliorer la sensibilité de son diagnostic en quantifiant de faibles élévations de l’albumine dans les urines (communément nommée microalbuminurie), mais ont entraîné une perte de sa spécificité, puisque l’utilisation de cette technique a été étendue du diabète de type 1, insulinodépendant, au diabète de type 2 et à d’autres maladies générales en dehors du diabète. La nature du risque d’atteinte rénale est multifactorielle, et des variants innés y contribuent. La possibilité de quantifier ce biomarqueur (l’albumine urinaire) a permis d’éprouver l’utilité de médicaments ciblant les mécanismes de la maladie glomérulaire chez les personnes diabétiques. L’importance du risque prédit par l’albumine urinaire (l’insuffisance rénale, les événements cardiovasculaires et la mort prématurée) est proportionnelle au taux du marqueur, et sa réduction s’accompagne d’une réduction proportionnelle du risque d’événement clinique. Plusieurs stratégies thérapeutiques ont prouvé leur utilité pour réduire le taux d’albumine urinaire et les événements cliniques associés, dont l’utilisation des bloquants du système rénine-angiotensine-aldostérone et des inhibiteurs de la réabsorption tubulaire du glucose. Aujourd’hui, la détection simple d’une atteinte rénale et l’utilisation précoce des médicaments à l’utilité démontrée ont très largement amélioré le pronostic d’une atteinte rénale chez les personnes diabétiques.
Summary
Diabetic Nephropathy indicated originally a glomerular kidney disease in patients with type 1 diabetes attributable to a long-standing, uncontrolled, hyperglycemia. Immunological methods improved diagnostic sensitivity by detecting small amounts of albumin in the urines (named “microalbuminuria”), but it reduced its specificity, since its use was extended to type 2 diabetes and other diseases. Kidney disease in type 2 diabetes and the general population is of multifactorial origin, including possible innate factors. Albuminuria is a useful biomarker, since the magnitude of its predicted risk (renal failure, cardiovascular events, premature death) is proportional to its rate, and since the risk is reduced proportionnally to albuminuria reduction, thanks to treatment interventions. Several treatment strategies proved to be useful to prevent Diabetic Nephropathy and its associated risks, including blockade of the renin-angiotensin-aldosterone system and inhibition of reabsorption of urinary glucose by proximal tubules. Thus, tools to prevent, or improve the prognosis of Diabetic Nephropathy are now available, and their use has been extended to treat renal or cardiac diseases other than those seen in diabetic patients.
(a) Clinique Ambroise-Paré, 27, boulevard Victor-Hugo, 92200 Neuilly-sur-Seine, France
(b) Immunity and Metabolism in Diabetes, Institut Necker Enfants Malades, Inserm 1151, CNRS UMR 8253, Paris, France
Bull Acad Natl Med 2025;209:1189-95. [En ligne] Disponible sur : https://doi.org/10.1016/j.banm.2025.09.003
