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ARTICLES DU BULLETIN
Séance du 22 mai 2001
Communication scientifique
Le don du corps à la scienceBody Donation for Science
Le don du corps à la science est à la base de l’enseignement et de la recherche en anatomie. Il impose de susciter les dons afin que la recherche puisse se faire et continuer à aller de l’avant sous toutes ses formes d’innovation et d’adaptation aux progrès de la médecine. Les infections méconnues contraignent à des mesures de précautions strictes et nombreuses dans le but de prévenir tout risque de contamination même si ce dernier ne cesse, actuellement, de s’amenuiser.
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Séance du 22 mai 2001
Communication scientifique
Les associations de malades et les banques de tissusAssociations of patients and tissue banks
Les études biochimiques ou génétiques portent sur des extraits tissulaires. Les études in situ, qui leur sont complémentaires, sont de plus en plus nécessaires. La biologie moléculaire a en effet permis l’identification de nouvelles protéines dont il faut aujourd’hui étudier la fonction, la répartition et le rôle à l’état normal et au cours de la maladie. Mais, en France, les chercheurs n’ont plus accès aux prélèvements tissulaires. Plusieurs raisons ont conduit à cette situation de pénurie. Le médecin est plus assuré de son diagnostic aujourd’hui qu’hier. Il n’éprouve plus la curiosité de le vérifier post mortem . Les familles sont de plus en plus opposées à l’autopsie, surtout si les raisons qui la justifient ne peuvent être expliquées qu’au moment du décès. La nécessité du consentement explicite du patient est un autre facteur limitant. Cette nouvelle obligation limite en pratique la recherche aux échantillons provenant de patients qui ont fait « don de leur corps à la recherche ». Ce don, global, soulève des difficultés d’ordre éthique. Enfin, il n’existe pas encore en France d’organisation qui puisse gérer les prélèvements tissulaires sur tout le pays. Les associations de malades, qui ont pris conscience des carences du système actuel, sont prêtes, à l’avenir, à jouer un rôle primordial. Ce sont elles qui, aujourd’hui, tentent de mettre sur pied les Banques de Tissus en sensibilisant leurs adhérents à l’importance des prélèvements à visée de recherches.
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Séance du 22 mai 2001
Communication scientifique
Les différentes variétés d’autopsie. Propositions pour un renouveau de l’autopsie médicale et scientifiqueThe status of autopsy in France
Les différentes circonstances autorisant l’autopsie en France (qu’elle soit médico-légale ou médico-scientifique et scientifique, qu’il s’agisse du legs universitaire ou de l’autopsie sanitaire) sont rappelées. La réglementation, ses carences, les limites de son application provoquées par de profondes réticences culturelles, sont énumérées. La disparition des autopsies médico-scientifiques et scientifiques est inquiétante pour trois raisons : l’autopsie joue un rôle important pour le contrôle de qualité. Dans certains domaines, la valeur prédictive du diagnostic clinique est loin d’être parfaite, même à la suite d’une hospitalisation. La proportion des surprises importantes qui auraient permis de modifier le traitement du patient (20 à 25 % environ dans de larges séries clinico-pathologiques) reste stable, malgré les perfectionnements incessants des techniques diagnostiques. L’autopsie constitue, d’autre part, un maillon important du dispositif de veille sanitaire et d’épidémiologie, c’est-à-dire de la protection de la population. A titre d’exemple, en son absence, la nouvelle variante de la maladie de Creutzfeldt-Jakob n’aurait pas été reconnue. Enfin, le stade actuel, postgénomique, de la recherche physiopathologique impose l’étude de prélèvements tissulaires qui ne peuvent souvent être obtenus par d’autres moyens pour des raisons éthiques. De nombreuses associations de malades militent pour que soit facilité le don d’organes pour la recherche. Les conditions d’un regain de l’autopsie, réglementaires et techniques, et surtout la nécessité d’une large communication sur son intérêt auprès de tous les acteurs qui y concourent, à l’hôpital, dans l’ensemble du corps médical, le personnel soignant et plus largement dans le public, sont abordées.
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Séance du 22 mai 2001
Communication scientifique
Les indications de l’autopsie médico-légale en FranceThe indications of forensic medical autopsy in France
Le crime peut se dissimuler sous les masques les plus divers : une mort naturelle, un accident, un suicide. Le doute doit habiter le médecin légiste, mais aussi le magistrat et enfin le policier. Le travail a pour but de mettre en exergue l’importance pour le justiciable d’une autopsie médico-légale. Trois types de décès sont concernés par la rédaction d’un certificat en obstacle médico-légal : la mort violente (l’accident, le crime, le suicide), la mort suspecte, la mort subite. Chez l’enfant, les sévices à mineur ne sont pas toujours évidents. Il faut rappeler le cas du syndrome de l’enfant secoué. L’autopsie médico-légale conditionne la réussite de nombreux procès. A bon escient, il faut savoir la susciter en rédigeant un certificat de décès en obstacle médico-légal.
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Séance du 15 mai 2001
Éloge
Éloge de Monsieur Philippe Blondeau (1926-2000) Lire la suite >ARTICLES DU BULLETIN / PRISES DE POSITION
Séance du 15 mai 2001
Communiqué
Concernant le recrutement et l’indépendance des médecins du sportAbout recruitment and independence of sports medicine specialists
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Séance du 15 mai 2001
Information
Deux étapes dans l’histoire de la notion de contagion : d’Hippocrate à GalienTwo moments in the history of the concept of contagion : from Hippocrates to Galen
Le médecin hippocratique renonce à l’explication des maladies épidémiques par le miasme magico-religieux qui souille collectivement les populations ; il en rend responsable l’air ambiant, libérant les hommes de la crainte de la colère des dieux mais fermant ainsi la route à l’idée de la contagion et dissociant son expérience de celle des vétérinaires. Galien néanmoins, à l’occasion de l’observation de cas de lèpre en Asie mineure, a l’intuition d’une contagion inter-humaine.
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Séance du 15 mai 2001
Communication scientifique
Influence des vaccinations sur l’épidémiologie des maladies infectieusesEffect of immunizations on the epidemiology of infectious diseases
Après quelques décennies de vaccination, certaines maladies infectieuses peuvent changer leurs caractéristiques cliniques ou épidémiologiques, en particulier par un glissement de l’âge vers l’adulte. Quatre exemples illustrent cette évolution. La vaccination contre la rougeole a une couverture insuffisante en France (80 %), ce qui provoque un recul de l’âge moyen et une augmentation importante des cas d’adolescents et d’adultes jeunes, chez qui la rougeole est plus grave. Une deuxième dose de vaccin et un rattrapage devraient éviter une épidémie, mais le foyer de rougeoles français persiste (17 954 cas en 1999) et menace les sujets non vaccinés et réceptifs dont beaucoup sont des adultes. La rubéole pose un problème similaire, avec deux épidémies (1993 et 1997) ayant entraîné une remontée du nombre de rubéoles congénitales. Un gros effort pour élever la couverture vaccinale au-delà de 90 % est nécessaire en France vis-à-vis de ces deux maladies. La coqueluche connaît une résurgence en France malgré un bon vaccin et une bonne couverture vaccinale. Des coqueluches surviennent en effet chez des adultes parfois anciens vaccinés qui contaminent de jeunes nourrissons non encore protégés. Cette baisse de l’immunité anticoquelucheuse dans la population âgée nécessite des rappels dans l’enfance (11-13 ans) et peut-être à l’âge adulte, possibles grâce aux nouveaux vaccins coquelucheux acellulaires, bien tolérés. La vaccination de la varicelle non encore conseillée en France pose un problème de choix et de stratégie, car, en cas de couverture vaccinale insuffisante, il existe un risque de voir progresser les varicelles de l’adulte. Ces quatre vaccinations démontrent par les échecs et les difficultés rencontrées en France et dans d’autres pays que la surveillance de la vaccination et de la maladie est plus que jamais indispensable. En effet, seule une surveillance complète clinique, biologique et épidémiologique peut déceler à temps les modifications de stratégie nécessaires en politique vaccinale. La modélisation mathématique peut beaucoup aider à ces prévisions, à condition de disposer de données nationales, actualisées et exploitables.
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Séance du 15 mai 2001
Communication scientifique
Sur la fièvre aphteuseActuality on foot-and-mouth disease
A l’occasion de l’épizootie de fièvre aphteuse sévissant depuis février 2001 en Europe occidentale, l’auteur décrit l’évolution de la situation épidémiologique de la maladie, ses principales caractéristiques épidémiologiques, les stratégies possibles de lutte et le danger potentiel pour l’homme.
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Séance du 24 avril 2001
Éloge
Éloge de Monsieur Jean-Charles Sournia (1917-2000) Lire la suite >ARTICLES DU BULLETIN
Séance du 24 avril 2001
Communication scientifique
Les certificats médicaux obligatoires de la première enfance : un outil épidémiologique méconnuCompulsory medical certificates for young children : an epidemiological unrecognized tool
En 1970, une loi rendait obligatoire la délivrance de trois certificats médicaux, le premier établi dans les 8 premiers jours de vie, le second et le troisième, respectivement à 9 et à 24 mois. Trente ans plus tard, une enquête a été menée pour évaluer l’application et l’efficacité du système dans les 100 départements français. Tous les médecins chef de PMI ont répondu au questionnaire qui leur a été envoyé. Le nombre de naissances annuelles par département est en moyenne de 7 665 mais avec des extrêmes de 800 à 36 457. La couverture de la population concernée est très bonne pour le premier certificat et en augmentation : 88,8 % en 1992 et 94,9 % en 1998 ; elle est moins bonne et pratiquement stationnaire pour le CS9 (71,1 %) et le CS24 (66 %) avec des différences départementales notables. Les réponses aux items sont elles aussi variables selon le département mais en moyenne de 86 % (à rapporter aux 650 000 naissances annuelles). L’exploitation informatique des certificats a progressé depuis 10 ans mais 8 départements ont encore un dépouillement manuel. Malgré la décentralisation des services de PMI, les départements sont tenus d’envoyer annuellement au Ministère de la Santé 22 indicateurs médico-sociaux permettant ainsi de suivre l’évolution de la situation à l’échelon national et d’établir des comparaisons entre départements. Parallèlement, les certificats ont permis d’orienter les activités de PMI, souvent jusqu’à l’échelle du canton. Le premier s’est montré très utile pour l’étude des problèmes de périnatalité et le troisième pour l’évaluation de la couverture vaccinale. A titre d’exemple, quelques résultats sont donnés et commentés (qualification de l’examinateur, mortalité néonatale et catégories socio-économiques, âge de la mère, durée de la grossesse, poids de naissance, couverture vaccinale). Certes le système n’est pas parfait mais s’améliore grâce à une meilleure information du personnel médical et des familles. Des recherches seraient néanmoins utiles pour préciser les imperfections et y remédier. Dans l’avenir, il est probable que le système s’étendra à l’enregistrement des données recueillies à l’école maternelle (3-4 ans) puis à l’école élémentaire (5 ans).
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Séance du 24 avril 2001
Communication scientifique
Nouvelle cartographie fonctionnelle cérébrale : études sur la plasticité du cerveau humainHuman brain plasticity and mechanisms of functional recovery
En pratique clinique, il est courant d’observer une certaine récupération des fonctions cérébrales compromises par une lésion du cerveau. Les mécanismes qui sous-tendent ces phénomènes restent mal compris. Grâce à de nouvelles méthodes d’investigation, il est maintenant possible d’explorer les systèmes cérébraux macroscopiques, et de manière non invasive la structure et la fonction du cerveau humain. Le choix judicieux de populations pathologiques et de protocoles expérimentaux adéquats a permis de démontrer certains des mécanismes associés à la récupération clinique. Cet article présente les résultats d’observations qui suggèrent une réorganisation cérébrale. Au sein d’un système cérébral donné, cette réorganisation concerne non seulement les régions périlésionnelles, mais implique aussi une modification étendue des formules d’activation. En outre, cette réorganisation s’accompagne de modifications structurelles. La morphométrie informatisée, nouvelle technique d’analyse anatomique structurelle, a montré des modifications plastiques significatives, qui vont de l’hypertrophie relative de certaines régions cérébrales chez des sujets normaux à des atrophies à distance liées à l’atteinte des faisceaux afférents chez les patients. Ces travaux suggèrent de nouvelles perspectives thérapeutiques, dont certaines peuvent à leur tour être étudiées par les méthodes d’imagerie.
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Séance du 3 avril 2001
Communiqué
À propos de la prévention de la toxoplasmose congénitale en France Lire la suite >ARTICLES DU BULLETIN
Séance du 3 avril 2001
Communication scientifique
Connectivité neuronale et médiateurs chimiques impliqués dans la transmission du message olfactifNeuronal connectivity and transmitter substances implied in the transmission of the olfactive message
Sens archaïque, l’odorat nous a été transmis presque inchangé, au cours de l’évolution pendant des centaines de millions d’années. Chez l’homme, cette conservation se traduit par l’intervention directe des messages olfactifs dans notre vie mentale, reliant de façon intime les informations parvenant de notre environnement à notre affect. Ainsi, le contenu émotionnel des odeurs, qu’il soit plaisant ou déplaisant, constitue l’un des fondements majeurs de notre rapport avec le monde. Nous voyons que le message olfactif ne peut être réduit à un simple influx de données liées à la nature des molécules qui parviennent à nos narines. En réglant les rapports entre nos connaissances sur l’environnement, nos émotions et nos actions, cette sensibilité chimique primitive a évolué progressivement pour assurer aujourd’hui, à travers l’olfaction, les fonctions biologiques les plus vitales : communication, alimentation et reproduction. Nous présentons dans cet article quelques résultats expérimentaux permettant de montrer comment s’effectuent les réorganisations liées à la production de neurones dans le bulbe en relation avec l’environnement olfactif. Ces modifications morphologiques sont mises en relation avec les performances olfactives du sujet . MOTS-CLÉS : OLFACTION. BULBE OLFACTIF. MÉMOIRE. NEURONE AFFÉRENT. GABA. GLUTAMATES.
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Séance du 3 avril 2001
Communication scientifique
La prévention de la toxoplasmose congénitale en France. Évaluation des risques. Résultats et perspectives du dépistage anténatal et du suivi du nouveau-néPrevention of congenital toxoplasmosis in France. Evaluation of risks. Results and prospects of prenatal screening and new-born follow-up
La toxoplasmose congénitale fait l’objet, en France, d’un programme national de prévention basé sur des séro-dépistages pré et/ou per gravidiques (éventuellement complétés par des examens échographiques et biomoléculaires), et sur la surveillance clinique, biologique et radiologique des nouveau-nés. On cherche ainsi à identifier les jeunes femmes non immunes et, par des conseils hygiéno-diététiques, à limiter leur risque de contamination en cours de grossesse ; à dépister et à traiter le plus précocement possible les toxoplasmoses pergravidiques, de façon à éviter ou à limiter la transmission maternofœtale et surtout ses consé- quences ; à diagnostiquer in utero (à partir du liquide amniotique) les contaminations fœtales et à les traiter ; à diagnostiquer et à traiter à la naissance les toxoplasmoses congénitales, parfois inapparentes, pour prévenir le risque de réactivations et de complications tardives, en particulier oculaires. Si les traitements anti-toxoplasmes ont peu évolué, les techniques diagnostiques ont été largement améliorées ces dernières années, même si elles restent évidemment perfectibles. Un tel programme de prévention a un coût, que justifie la prévalence, dans notre pays, de la toxoplasmose acquise de l’adulte (plus de 50 % de la population) et l’incidence annuelle de la toxoplasmose congénitale (au moins 0,1 % des naissances dans l’hypothèse la plus favorable). Ces 6 à 700 cas annuels de toxoplasmoses congénitales sont à rapprocher des 6 à 7 000 séroconversions per gravidiques qui, en l’absence de mesures préventives, risqueraient d’entraîner des contaminations fœtales. Il est * Membre de l’Académie nationale de médecine.
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