Biermer (anémie de) l.f.
pernicious anemia, Biermer’s disease
Anémie sidéroblastique macrocytaire par carence en vitamine B12 due à un tarissement de la sécrétion du facteur intrinsèque par l'estomac empêchant l'absorption de la vitamine B12.
Mécanisme auto-immun, plus fréquent chez les femmes âgées de 40 à 50 ans, par destruction des glandes du corps et du fundus gastriques qui secrètent l’acide chlorhydrique et le facteur intrinsèque. Dans l'estomac, la cobalamine, forme active de la vitamine B12, est libérée de complexes protéiques sous l'action de l'acide chlorhydrique et de la pepsine. Il y a une malabsorption de la vitamine B12 avec baisse de sa concentration sérique par tarissement de la sécrétion du "facteur intrinsèque", une glycoprotéine, nécessaire à son absorption.
La vitamine B12 est nécessaire à la synthèse de l'ADN et les signes de l'affection sont d'abord visibles au niveau de l'épithélium digestif (régénération rapide) avec hypochlorhydrie, glossite de Hunter, stomatite, dysphagie.
Cette maladie auto-immune peut s’associer à d’autres affections auto-immunes : thyroïdite auto-immune, diabète de type 1, polyendocrinopathie auto-immune de type 1 et 2, vitiligo.
Il existe une baisse du nombre d'hématies et de leur teneur en hémoglobine (CCMH) avec augmentation du volume globulaire moyen (VGM).Les formes sévères s’accompagnent d’une leuconeutropénie et une thrombopénie ; l’examen du frottis sanguin découvre quelques mégaloblastes.
Les lésions neurologiques sont liées à une démyélinisation progressive centrale et périphérique, parfois avec atteinte axonale : troubles sensitifs profonds (ataxie, incoordination), irritation pyramidale, paresthésies réalisant des tableaux de sclérose combinée de la moelle, de neuropathies périphériques et d'atteintes encéphaliques associant troubles visuels, état démentiel, altérations de l'humeur et du comportement. Le diagnostic neurologique est clinique, mais l'EMG montre le plus souvent des aspects de neuropathie axonale, ou axono-myélinique. L'IRM, notamment médullaire, met en évidence parfois des hypersignaux en T2, régressifs dans certains cas après correction de la carence vitaminique. Le protoxyde d'azote, gaz anesthésiant, peut être neurotoxique par inactivation de la vitamine B12, expliquant des manifestations neurologiques aigües ou subaigües après chirurgie sous anesthésie générale. Il n'est que le révélateur d'une maladie de Biermer méconnue.
L’atteinte oculaire réalise un scotome central et centrocoecal (rare), des hémorragies rétiniennes au centre blanc, une névrite ou une atrophie optique, une cataracte, et une paralysie oculomotrice du III (rare).
L'affection n'est pas communément héréditaire mais secondaire à la présence d'anticorps antifacteur intrinsèque et/ou d'anticellules pariétales gastriques, mais l'hypothèse héréditaire a été envisagée à plusieurs reprises (MIM 170900). Deux formes familiales récessives sont actuellement connues : l'une congénitale avec défaut de facteur intrinsèque (MIM 261000) et l'autre juvénile, le syndrome d'Imerlund-Gräsbeck, avec malabsorption intestinale de vitamine B12 (MIM 261100 bis).
Avant la découverte de la vitamine B12, l'anémie de Biermer était une maladie mortelle. Le diagnostic biologique repose sur une anémie macrocytaire, une mégaloblastose médullaire, une concentration plasmatique très basse de vitamine B12. La mise en évidence dans le sérum d’anticorps anti-facteur intrinséque, d’anticorps anticellules pariétales gastriques et un test de Schilling positif affirment traditionnellement le diagnostic. Le test de Schilling, basé sur l’administration d’une gélule de Vitamine B12 radio-marquée ne se pratique plus. La recherche d’une achlorhydrie gastrique ne se pratique plus. En revanche la mise en évidence d’une hypergatrinémie constitue précocement la pierre angulaire du diagnostic. Histologiquement, il existe au niveau du fundus de l’estomac une gastrite atrophique. Cette gastrite fundique auto-immune est un terrain qui favorise la survenue de tumeurs endocrines gastriques par prolifération de cellules ECL (enterochromaffin-like cells), ce qui impose un contrôle endocopique gastrique biennal.
A. Biermer, médecin allemand (1868)
Syn. anémie pernicieuse, anémie pernicieuse progressive, Biermer (syndrome de), Addison-Biermer (maladie d'), anémie hyperchrome mégalocytique, Imerslund-Najman- Gräsbeck (syndrome d')
→ avitaminose B12, facteur intrinsèque, hypochlorhydrie, Hunter (glossite de), thyroïdite d’Hashimoro, diabète de type 1, polyendocrinopathie auto-immune, vitiligo, encéphalopathies par carence vitaminique, neuroané thyroïdite mique (syndrome), sclérose combinée de la moelle (syndrome de), vitamine B12 (carence en), Imerlund-Grassbeck (syndrome d’)
[F1]
Édit. 2018
vitamine n.f.
vitamin
Substance biologique indispensable à la croissance et au fonctionnement des organes, apportée en petite quantité par l'alimentation, que l'organisme n'est pas capable de synthétiser et dont la carence entraîne des troubles caractéristiques pour une espèce donnée (avitaminoses).
Toutes les vitamines ne sont pas d'origine strictement exogène. Tel est le cas du nicotinamide qui provient en partie de la dégradation du tryptophane sous l'action de la flore intestinale, ou de certaines vitamines synthétisables à partir de précurseurs (provitamines), p. ex. la vitamine A1 synthétisée à partir du carotène. D'autres vitamines sont apportées à l'organisme par les bactéries intestinales. Le besoin de telle ou telle vitamine dépend de l'espèce, si bien que certaines vitamines (p. ex. BT) ne sont pas indispensables à l'Homme. Le concept de vitamine est actuellement difficile à délimiter d'une façon rigoureuse à cause de la grande diversité de leurs actions. En effet, certaines vitamines participent à l'élaboration d'hormones et d'enzymes, soit en favorisant leur production, soit en entrant directement dans leur composition chimique.
La distinction entre vitamines liposolubles et vitamines hydrosolubles reste valable pour les vitamines d'origine alimentaire, pour lesquelles les besoins quotidiens sont bien connus. La classe des vitamines liposolubles comprend : la vitamine A (antixérophtalmique), la vitamine D (antirachitique), la vitamine E (de reproduction) et la vitamine K (antihémorragique). Le rôle biochimique de la vitamine D la rapproche plutôt d'un précurseur d'hormone, puisqu'elle favorise l'absorption intestinale du calcium. La classe des vitamines hydrosolubles comprend les vitamines B1 (thiamine), B2 (riboflavine), B6 (pyridoxine), et PP (nicotinamide) ; les facteurs foliques ; la vitamine B12, la biotine, l'acide pantothénique et la vitamine C (acide ascorbique).
Pour la plupart de ces vitamines le mode d'action est connu : ce sont des coenzymes ou des précurseurs de coenzymes intervenant au cours des réactions du métabolisme intermédiaire dans les déshydrogénations, les transferts de radicaux, etc. En plus des rôles précis indiqués, il existe des synergies et des antagonismes qui interviennent aussi dans les mécanismes d'action des diverses vitamines et qui compliquent les estimations quantitatives du besoin alimentaire en vitamines.
C. Funk, biochimiste américain (1912)
Étym. nom générique donné par Funk en 1912
→ avitaminose, nicotinamide, provitamine, vitamine A1
Schilling (test de) l.m.
Schilling’s test
Test d'absorption digestive de la vitamine B12 radioactive.
Le test de Schilling est utilisé dans le diagnostic des malabsorptions de la cyanocobalamine (vitamine B12) pour différencier une cause gastrique (secondaire à une absence de facteur intrinsèque : maladie de Biermer, gastrite atrophique, gastrectomie totale ou partielle) d'une origine iléale (maladie de Crohn, parasitose à bothriocéphale, résection iléale, diarrhées au long cours).
On administre simultanément au patient une gélule contenant de la vitamine B12 libre et une gélule contenant de la vitamine B12 liée au facteur intrinsèque. Le cobalt ordinaire (59Co) contenu dans la vitamine B12 est remplacé par un radio isotope du cobalt, différent pour la vitamine B12 liée, de celui de la vitamine B12 libre; on utilise 57Co et 58Co, émetteurs de photons d'énergies différentes. En cas de malabsorption iléale, aucune des deux formes de vitamine B12 ne sera correctement absorbée ; en revanche, si l'origine du trouble est gastrique, seule la gélule dont la vitamine B12 est liée au facteur intrinsèque sera correctement absorbée.
Le comptage des deux radioisotopes éliminés dans les urines des 24 heures suivant l'administration des gélules permet de faire le diagnostic d'origine de la malabsorption et d'en chiffrer l'importance.
Étym. Le test est nommé en l’honneur de R. F. Schilling (1919-2014) chercheur américiain connu pour ses travaux sur la vitamine B12.
absorption de la vitamine B12 l.f.
absorption of vitamine B12
La vitamine B12 alimentaire est absorbée par un processus en plusieurs étapes : trois protéines, le facteur intrinsèque (FI), l’haptocorrine (HC) et la transcobalamine (TC), ainsi que leurs récepteurs spécifiques sont impliqués dans son absorption et son transport.
Au niveau de l’estomac, la vitamine B12 est libérée des protéines alimentaires par la cuisson des aliments, l’acidité du suc gastrique et la pepsine. Une fois libérée, la B12 se retrouve en présence de deux transporteurs endogènes, l’HC et le FI. L’HC provient essentiellement de la salive et contribue à 10-40 % de la capacité de liaison avec la vitamine B12 au niveau du suc gastrique. La vitamine B12 se lie alors spécifiquement au facteur intrinsèque, une glycoprotéine de liaison produite par les cellules pariétales de l'estomac. Le complexe de vitamine B12 et FI parcourt l'intestin grêle avant d'être absorbé sous cette forme dans l'iléon. Deux mécanismes sont impliqués dans l’absorption de la B12 dans l’iléon, la diffusion passive et l’absorption par le récepteur spécifique du complexe FI-B12. La diffusion passive intervient seulement aux concentrations supra physiologiques. L’absorption par le récepteur du complexe FI-B12 est le mécanisme physiologique préférentiel pour la vitamine B12 apportée par la nourriture. Absorbée sous forme de cobalamine, la vitamine B12 passe dans la circulation sanguine, fixée à une protéine la transcobalamine, dont il existe une transcobalamine biodisponible rapidement utilisable et une forme de stockage.
L'absorption de la vitamine B12 est perturbée lorsque l'un des mécanismes ci-dessus fait défaut, par exemple lorsque l'estomac n'est plus assez acide (atrophie) ou après une gastrectomie totale, ou en absence de production de facteur intrinsèque (maladie de Biermer, déficit de sécrétion du FI d’origine auto-immune), parfois iatrogène (traitement prolongé par les inhibiteurs de la pompe à protons), ou encore maladie d'Imerslund-Grasbeck (malabsorption sélective de la vitamine B12 d'origine génétique par déficit du récepteur au complexe vit B12-facteur intrinsèque). Les carences acquises ou héréditaires se traduisent par une anémie mégaloblastique et des manifestations neurologiques.
Syn. B12, cobalamine
Symb. Cbl
→ vitamine B12, maladie d'Imerslund-Grasbeck, facteur intrinsèque, haptocorrine , transcobalamine, maladie de Biermer, inhibiteurs de la pompe à protons, anémie mégaloblastique
[L1, F1, H1]
Édit. 2020
vitamine D l.f.
vitamin D
Terme générique pour un groupe de vitamines antirachitiques, liposolubles : la vitamine D2, ou ergocalciférol et la vitamine D3, ou cholécalciférol, sont les formes les plus usuelles et d'activités biologiques voisines chez l'Homme, tandis que la vitamine D1 est un mélange.
Composé stéroïdien ayant une activité antirachitique, la vitamine D joue un rôle majeur dans l’ossification. Elle est abondamment présente dans les foies de poissons et les huiles d’animaux marins. Chez les mammifères, une synthèse endogène de vitamine D a lieu dans la couche basale de l’épiderme, à partir du 7-déhydrocholestérol, sous l’influence des rayons lumineux. La vitamine D exogène est absorbée dans l’intestin grêle, essentiellement par voie lymphatique. Pour être active, la vitamine D doit ensuite subir deux hydroxylations successives, la première dans le foie pour former le 25-hydroxy-cholécalciférol (25-OH-D) ou calcidiol, puis la seconde dans le rein pour former le 1-25-dihydroxycholécalciférol (1,25-0H-D) ou calcitriol. Le 1,25-OH-D stimule l’absorption intestinale du calcium. La carence en vitamine D entraîne le rachitisme chez l’enfant et l’ostéomalacie chez l’adulte. L’apport alimentaire de vitamines D est efficace en accompagnement d'un apport de sels de calcium pour faciliter sa fixation osseuse en cas de rachitisme, ostéodystrophie, ostéoporose, ostéomalacie, etc...). Le tableau ci-dessous précise les apports quotidiens recommandés par l’Académie nationale de médecine. Les vitamines D sont toxiques à très forte dose, surtout si la prise est répétée (risques d'hypercalcémie et de calcifications ectopiques, surtout chez l'enfant).
Syn. vitamine antirachitique
→ calciférol, cholécalciférol, ergostérol, rachitisme, ostéomalacie
encéphalopathies par carence vitaminique l.f.p.
encephalopathies due to a vitamin deficiency
Manifestations cérébrales relevant de quatre ordres principaux de carences vitaminiques.
La carence en vitamine B1 se traduit tout particulièrement per l'encéphalopathie de Gayet-Wernicke-Korsakoff.
Le syndrome neuroanémique observé lors de l'anémie de Biermer est attribué à une carence en vitamine B12. En seront rapprochées les carences en folates, avec notamment des lésions de la substance blanche (leucoencéphalopathie) pouvant comporter une évolution démentielle parfois réversible, souvent associée à une polyneuropathie sensitivomotrice, à une sclérose combinée de la moelle, à des "jambes sans repos" ou à un syndrome cérébelleux, même sans la présence d'une anémie macrocytaire. L'atteinte de la substance blanche est visualisée par l'IRM tant au niveau encéphalique que médullaire. Dans les carences en cobalamine, souvent en l'absence de tout signe d'anémie de Biermer, des modifications de la personnalité et des états délirants sont observés. Si bien qu'un lien avec une carence en vitamine B12 peut alors être discuté.
Plutôt que d'un apport insuffisant, la carence en vitamine B6 résulte surtout de l'action antagoniste de certains médicaments (isoniazide en particulier). Elle peut se traduire par un état confusionnel et/ou une crise convulsive.
Observé notamment chez l'alcoolique chronique dénutri, un manque en vitamine PP peut se traduire par une confusion, voire un coma, associés à une importante hypertonie, en faveur d'une origine ou plutôt d'une participation pellagreuse à l'encéphalopathie. Certains alcooliques en état confusodémentiel ne régressent pas avec la seule vitamine B1. Ainsi se justifie l'adjonction de vitamine PP dans de tels troubles.
C. J. Gayet ophtalmologiste français, membre de l'Académie de médecine (1875) ; C. Wernicke, neuropsychiatre allemand (1881) ; S. S. Korsakoff, neuropsychiatre russe (1887) ; M. A. Biermer, médecin interniste allemand (1868)
→ vitamine B1, Biermer (maladie de), folates (carence en), Gayet-Wernicke-Korsakoff (syndrome de), sclérose combinée de la moelle (syndrome de), leucoencéphalite, pyridoxine, nicotinamide
[C2, H1, R1]
Édit. 2019
vitamine A n.f.
vitamin A
Composé liposoluble qui doit être apporté par l'alimentation à l'Homme et aux animaux et qui a été trouvé dans les graisses animales, surtout dans le foie, et un peu dans le beurre, les œufs et le lait.
La vitamine A est indispensable à la croissance, à la différenciation des cellules épithéliales et à la formation et l'activité du pourpre rétinien.
Découverte en 1913, elle a été d'abord appelée axérophtol en raison de son activité antixérophtalmique chez le Rat, puis elle a reçu le nom de rétinol quand son rôle dans la rétine a été élucidé avec son cycle métabolique dans le pourpre rétinien. La découverte chez les poissons d'eau douce d'une molécule voisine, dénommée vitamine A2, fait que le terme de "vitamine A" peut représenter tout dérivé ayant une structure analogue au rétinol et doué de la même activité. La vitamine A2 est le déhydro-3-rétinol. Les aliments végétaux n'apportent pas de vitamine A, mais apportent des carotènes qui représentent des provitamines A, du fait que les animaux sont capables de transformer les carotènes et d'autres composés polyisopréniques voisins en rétinol.
La vitamine A peut être dosée dans le plasma par chromatographie liquide haute performance. L’état de carence en vitamine A est défini par une concentration plasmatique inférieure à 0,35 µmol/L.
E. McCollum et Marguerite Davis, biochimistes de l'Université du Wisconsin et Th. Osborne et L. Mendel, biochimistes de la Connecticut Experiment station découvrent la vitamine A en 1913.
vitamine K n.f.
vitamin K
Terme générique pour désigner un groupe de vitamines liposolubles, nécessaires à la coagulation sanguine, donc antihémorragiques.
1) La vitamine K1 (phytoménadione, phylloquinone) est présente dans la fraction liposoluble des végétaux verts dont on l’a isolée ainsi que du foie des animaux herbivores.
Elle est partiellement de nature terpénique (méroterpène). Certains légumes (en particulier diverses espèces de choux dont le brocoli et le barbasco) en sont riches de sorte qu’en cas de traitement anticoagulant par un médicament antivitamine K, leur consommation détermine des variations de la coagulabilité (indice INR ) transitoires.
2) Chez les bactéries, en particulier intestinales, existe une vitamine K2 comportant six unités isoprènes. Cette source est généralement suffisante pour assurer les besoins journaliers, de l’ordre du milligramme. L’apport alimentaire s’y ajoute habituellement. et peut intervenir pour modifier la coagulabilité.
Ces deux vitamines sont nécessaires à la biosynthèse de plusieurs facteurs de la coagulation : la prothrombine, la proconvertine, le facteur antihémophilique B, le facteur X (Stuart) et d'autres protéines qui ont la particularité de porter des radicaux carboxyles attachés en 4 sur des acides glutamiques. C’est l'enzyme qui catalyse cette carboxylation (glutamique-γ-carboxylase) qui nécessite la présence de vitamine K1 ou K2.
3) Sont également des produits vitaminiques K, les naphtoquinones méthylées en 2, particulièrement la ménadione (vitamine K3) et plusieurs dérivés voisins (K4 à K7), dépourvus de chaîne terpénique et devenus hydrosolubles.
Ces produits de synthèse ne permettent guère l’élaboration des facteurs nécessaires à la formation de la thromboplastine et à son activation ainsi que la biosynthèse de la proaccélérine.
Le dicoumarol peut être considéré comme un analogue structural de la vitamine K et il agit comme une antivitamine K.
Les vitamines K de synthèse sont utilisées pour la prévention des hémorragies (syndrome hémolytique du nouveau-né, suite d’un traitement prolongé par certains antibiotiques qui détruisent la flore intestinale, atteinte grave du parenchyme hépatique). Seule la vitamine K1 permet de neutraliser efficacement une administration excessive d’antivitaminique K.
Étym. de l’allemand Koagulation
→ vitamines K1, K2, K3, K5, facteurs de la coagulation, prothrombine, PPSB, anticoagulant, antivitaminne K, dicoumarinique, glutamyl γ carboxylase, phyloquinone, nouveaux anticoagulants oraux
facteur intrinsèque (FI) l.m.
intrinsic factor
Glycoprotéine de 45 kD, sécrétée par les cellules pariétales du fundus et du corps gastriques, qui possède la propriété de se lier avec la vitamine B12 en milieu alcalin (dans l'estomac en présence d'aliments, ou dans le duodénum).
Ce complexe ainsi formé est résistant à l'action des protéases pancréatiques. Il est conduit sans modification physicochimique jusqu'à l'iléon terminal. À ce niveau, les cellules entérocytaires possèdent à leur pôle apical un récepteur spécifique du complexe FI-vit B12, qui permet son internalisation et l'absorption de la vitamine B12, indispensable à l'érythropoïèse. A l’intérieur des entérocytes, la vitamine B12 se lie à la transcobalamine II (TC-2)et ce nouveau complexe quitte la cellule intestinale pour se diriger vers le foie.
Dans la maladie de Biermer, maladie auto-immune, la présence d'auto-anticorps dirigés contre le FI et/ou contre les cellules pariétales conduit à un déficit en FI, responsable d’une malabsorption de la vitamine B12 qui entraîne une anémie mégaloblastique. Dans les gastrites atrophiques, la destruction des cellules pariétales est également la cause d'un déficit en FI et d'une anémie. L'insuffisance pancréatique exocrine, en interférant avec la dissociation intestinale normale du complexe formé par la vitamine B12 et son premier transporteur (transcobalamine I) et en empêchant ainsi sa liaison au FI, peut être une autre cause de malabsorption. Parmi les autres facteurs de risque de déficit en FI se trouvent toutes les situations de lésion ou de résection de la paroi gastrique, et notamment les gastrectomies totales ou en cas de résection de l'iléon terminal.
Dans l'espèce humaine, le FI est codé par le gène GIF. Certaines mutations de ce gène sont la cause d’une maladie héréditaire très rare, le déficit congénital en FI, entraînant une malabsorption de la vitamine B12.
W. B. Castle, hématologiste américain (1929)
Syn. facteur de Castle
→ Biermer (maladie de), vitamine B12, érythropoïèse
[L1,F1]
Édit. 2018
facteur intrinsèque (FI) l.m.
Glycoprotéine de 45 kD, sécrétée par les cellules pariétales du fundus et du corps gastriques, qui possède la propriété de se lier avec la vitamine B12 en milieu alcalin (dans l'estomac en présence d'aliments, ou dans le duodénum).
Ce complexe ainsi formé est résistant à l'action des protéases pancréatiques. Il est conduit sans modification physicochimique jusqu'à l'iléon terminal. À ce niveau, les cellules entérocytaires possèdent à leur pôle apical un récepteur spécifique du complexe FI-vit B12, qui permet son internalisation et l'absorption de la vitamine B12, indispensable à l'érythropoïèse. A l’intérieur des entérocytes, la vitamine B12 se lie à la transcobalamine II (TC-2)et ce nouveau complexe quitte la cellule intestinale pour se diriger vers le foie.
Dans la maladie de Biermer, maladie auto-immune, la présence d'auto-anticorps dirigés contre le facteur intrinsèque et/ou contre les cellules pariétales conduit à un déficit en facteur intrinsèque, responsable d’une malabsorption de la vitamine B12 qui entraîne une anémie mégaloblastique. Dans les gastrites atrophiques, la destruction des cellules pariétales est également la cause d'un déficit en facteur intrinsèque et d'une anémie. L'insuffisance pancréatique exocrine, en interférant avec la dissociation intestinale normale du complexe formé par la vitamine B12 et son premier transporteur (transcobalamine I) et en empêchant ainsi sa liaison au facteur intrinsèque, peut être une autre cause de malabsorption. Parmi les autres facteurs de risque de déficit en facteur intrinsèque se trouvent toutes les situations de lésion ou de résection de la paroi gastrique, et notamment les gastrectomies totales ou en cas de résection de l'iléon terminal.
Dans l'espèce humaine, le facteur intrinsèque est codé par le gène GIF. Certaines mutations de ce gène sont la cause d’une maladie héréditaire très rare, le déficit congénital en facteur intrinsèque, entraînant une malabsorption de la vitamine B12.
W. B. Castle, hématologiste américain (1897-1990), prix Nobel
Syn. facteur de Castle
→ Biermer (maladie de), vitamine B12, érythropoïèse
[L1,F1]
Édit. 2018
vitamine B2 n.f.
vitamin B2
Composé hétérocyclique azoté, également appelé riboflavine, de couleur jaune et de fluorescence jaune-vert.
Ce composé entre dans la composition de coenzymes de déshydrogénases, le FMN et le FAD, dans lesquels il joue un rôle de transporteur d'hydrogène et d'électrons; ces enzymes sont les flavoenzymes anciennement appelés ferments jaunes.
La vitamine B2 doit être apportée par l'alimentation, car elle n'est pas synthétisée par les animaux. C’est une vitamine hydrosoluble du groupe B, présente surtout dans la levure et dans les microorganismes, dans les germes de céréales, mais aussi dans tous les organes animaux (foie, rein, etc.). Sa présence en petite quantité dans le lait explique le nom qu'on lui avait donné de "lactoflavine". La carence en vitamine B2 entraîne chez l'Homme des lésions oculaires, cutanées et buccales. Elle est généralement associée à d'autres carences. La vitamine B2 peut être dosée dans le sang total par chromatographie liquide haute performance. L’état de carence en vitamine B2 est défini par une concentration sanguine inférieure à 130 nmol/L.
Syn. riboflavine, lactoflavine
→ FAD, FMN, flavine-enzyme
complications neurologiques de l’intoxication alcoolique chronique l.f.
neurological complications of chronic alcoholic intoxication.
Nombreuses et multifactorielles, elles peuvent résulter des atteintes d’autres fonctions que neurologique (essentiellement hépatiques), des carences associées, ou des effets toxiques propres à l’alcool.
Elles touchent aussi bien le système nerveux central que neuromusculaire périphérique.
La plus fréquente est l’encéphalopathie hépatique, secondaire à l’insuffisance hépatocellulaire, secondaire à une cirrhose, quelle qu’en soit la cause.
Les complications neurologiques carentielles s’observent surtout en cas d’intoxication alcoolique chronique. Il s’agit du syndrome de Gayet-Wernicke (appelé par certains encéphalopathie )et de l’encéphalopathie pellagreuse. Le syndrome de Gayet Wernicke est secondaire en une carence en thiamine (vitamine B1) et peut être induit par un apport inadapté en sérum glucosé sans vitamine B1. L’encéphalopathie pellagreuse est due à une carence en vitamine PP et prévenue par un apport en cette vitamine.
Les principaux troubles cognitifs sont le syndrome de Korsakoff et la maladie de Marchiafava-Bignami. La démence de Korsakoff est multifactorielle, liée majoritairement à une carence en thiamine (vitamine B1) au niveau du cerveau et à des carences nutritionnelles. Elle peut compliquer le syndrome de Gayet Wernicke. La maladie de Marchiafava-Bignami est caractérisée par une démyélinisation, une nécrose et une atrophie du corps calleux.
La démence alcoolique non liée au syndrome de Korsakoff ou à la maladie de Marchiafava-Bignami fait l’objet d’une controverse. Le terme de trouble cognitif est préférable. De nombreux facteurs difficiles à individualiser peuvent être impliqués : effet toxique propre de l’alcool, carences vitaminiques, traumatismes répétés, vieillissement, pathologie neurodégénérative associée. L’intoxication alcoolique peut être à l’origine d’une atrophie cérébelleuse, peu spécifique de l’intoxication alcoolique chronique, et de la myélinolyse centrale du pont, dont les causes sont multiples.Les principales atteintes neurologiques périphériques sont la polynévrite et la névrite optique rétrobulbaire.
→ encéphalopathie hépatique, Gayet Wernicke, encéphalopathie pellagreuse, syndrome de Korsakoff, maladie de Marchiafava-Bignami, atrophie cérébelleuse, myélinolyse centrale du pont, polynévrite, névrite optique rétrobulbaire
[G4, H1, L1]
Édit. 2019
béribéri n.m.
beriberi
Polynévrite sensitivomotrice parfois compliquée d’une encéphalopathie et d’une atteinte cardiaque, secondaire à une carence en thiamine ou avitaminose B1.
L’atteinte neurologique périphérique est en tous points superposable à celle de la polyneuropathie alcoolocarentielle et les manifestations centrales qui peuvent lui être associées sont du type Gayet-Wernicke. Classiquement, le « béribéri sec » correspond à la forme neurologique pure. L’atteinte cardiaque est dénommée « béribéri humide » car elle se manifeste par des oedèmes des membres inférieurs et par des épanchements des séreuses, réalisant, dans sa forme suraigüe accompagnée d’acidose lactique, le shoshin béribéri.
Cette affection, fréquente en Extrême-Orient lors de la consommation de riz poli donc dépourvu de vitamine B1, apparaît après environ un mois de carence en thiamine pyrophosphate, métabolite actif de la thiamine.
La conduite à tenir est surtout préventive, évitant la consommation de riz sans écorce (riz blanc ou riz poli, plus attractif que le riz rouge) et en prescrivant de la vitamine B1 en cas de malnutriton ou de malabsorption. La réponse au traitement vitaminique est rapide et totale.
C’est à un médecin militaire néerlandais, Christiaan Eijkman (1858-1930), par l’observation à Batavia (actuel Jakarta) de troubles de l’équilibre de poulets nourris au riz blanc plutôt que complet, qu’on doit la découverte de l’importance dans l’alimentation de la vitamine B1, première vitamine individualisée. Ses travaux lui valurent en 1929 l’attibution du prix Nobel de Physiologie ou Médecine.
C. Eijkman, 1858-1930, médecin militaire et bactériologiste néerlandais, prix Nobel de médecine en 1928
Étym. cingalais, beri : faiblesse, traduit en néerlandais par beriberi
→ thiamine, Gayet-Wernicke (encéphalopathie de), shoshin béribéri, acidose lactique
Édit. 2017
nicotinamide n.m.
nicotinamide, niacinamide
Amide de l'acide nicotinique (C5H4N-CONH2), substance présente dans toutes les cellules comme constituant des coenzymes de déshydrogénases (NAD et NADP) et non synthétisable en quantité suffisante par l'Homme pour lequel il constitue une vitamine, la vitamine antipellagreuse ou vitamine PP.
Sa synthèse implique un acide aminé également indispensable, le tryptophane, dont la carence est responsable de la pellagre. Il est apporté par la levure de bière, les germes et enveloppes des céréales et la plupart des organes animaux (foie, rein, cœur, muscles, etc.). C'est une vitamine hydrosoluble faisant partie du groupe B.
vitamine B 1 n.f.
vitamin B1
(Amino,4,méthyl,2,pyrimidinyl,5),méthyl,3,méthyle,4,(hydroxy,2,éthyl),5 thiazolium.
Vitamine hydrosoluble du groupe B constituée d'un cycle pyrimidique et d'un cycle thiazolique, tous les deux portant des chaînes latérales, en particulier le cycle thiazole qui contient un atome de soufre et un atome d'azote, porte un radical hydroxyéthyle à fonction alcool primaire, et le cycle pyrimidine une fonction amine.
C'est cette fonction amine qui est à l'origine du terme de "vitamine" qui a été donné pour cette molécule indispensable à la "vie". Elle a été ensuite nommée aneurine à cause de son activité antinévritique et enfin thiamine à cause de sa structure comportant une fonction amine et un atome de soufre.
Elle est présente dans l'enveloppe des graines de blé, le son de riz, le germe des céréales, le foie des animaux, la levure et d'autres microorganismes qui peuvent en faire la synthèse.
Dans certaines espèces, elle est produite en quantité suffisante par synthèse sous l'action de la flore intestinale. La thiamine est un agent préventif et curatif du béribéri et un facteur de croissance de microorganismes. Elle joue un rôle coenzymatique important dans le métabolisme intermédiaire sous forme de pyrophosphate (cocarboxylase).
Chez l'Homme, les besoins en thiamine se situent entre 1,3 et 1,8 mg/jour.
La vitamine B1 peut être dosée dans le sang total par chromatographie liquide haute performance. L’état de carence en vitamine B1 est défini par une concentration sanguine inférieure à 70 nmol/L.
C. Funk, biochimiste américain e (1912)
Syn. thiamine, aneurine, vitamine antinévritique, vitamine antibéribérique
→ béribéri, shoshin beriberi, thiamine
[R2]
Édit. 2019
acide folique l.m.
folic acid
Acide N-[(2-amino-4-hydroxyptéridyl-6)-méthyl]-4'-aminobenzoyl-glutamique], vitamine du groupe B, dont la forme métaboliquement active est tétrahydrogénée, capable de transférer des radicaux monocarbonés, formyle, hydroxyméthyle, méthyle, impliqués dans la formation des acides nucléiques, la multiplication cellulaire, la lipotropie.
Nécessaire à l'hématopoïèse, sa carence est cause d'anémie mégaloblastique.
Cette vitamine est apportée par la plupart des aliments mais aussi par les bactéries intestinales. L'acide folique et ses dérivés tri- ou heptaglutamiques, appelés vitamine Bc conjuguée, sont synthétisés par les bactéries à partir d'acide paraaminobenzoïque et d'une ptéridine, de sorte que le développement bactérien est inhibé par les sulfamides, analogues structuraux de l'acide p-aminobenzoïque, sans que ces médicaments n'inhibent le métabolisme de l'hôte.
Le besoin quotidien en folates est de l'ordre de 300 µg chez l'adulte et de 800 µg chez la femme enceinte.
L’apport d’acide folique diminue la fréquence des anomalies de fermeture du tube neural qui constituent le groupe des spina bifida, soit spina bifida occulta qui n’intéresse que l’arc vertébral postérieur, soit spina bifida avec tumeur ou spina bifida aperta qui comporte différents degrés, du plus simple au plus grave : méningocèle, myéloméningocèle, myéloschisis ou rachischisis de la plus haute gravité car il expose le tissu nerveux épendymaire à l’air libre.
Les analogues structuraux, comme l'aminoptérine, sont des antifoliques (médicaments provoquant une aplasie médullaire).
L’acide folique peut être dosé dans le sérum et dans les globules rouges par électro-chimioluminescence. Le dosage de l’acide folique sérique est un reflet souvent infidèle du stock de folates de l’organisme. La concentration de folates intra-érythrocytaire est un marqueur beaucoup plus fiable du statut vitaminique du patient. La concentration normale d’acide folique dans le serum est supérieure à 11,5 nmol/L. Dans les érytrocytes, elle est supérieure à 460 nmol/L. En cas de carence en acide folique, elle chute en dessous de 370 nmol/L.
Étym. lat. folium : feuille (ainsi nommé en raison de son abondance dans les feuilles d’épinard)
Syn. vitamine B9, vitamine Bc, vitamine M, acide ptéroylglutamique
→ absorption de l'acide folique, tube neural, spina bifida, méningocèle, myéloméningocèle, myéloschisis, rachischisis
[A4, C1, C2, F1, O6, R2]
Édit. 2020
alcoolopathie n.f.
alcoholopathy
Terme préféré par l'Organisation mondiale de la santé à celui d'«alcoolisme chronique» car il met mieux en valeur l'atteinte variable des différents organes, seule celle de l'appareil digestif est constante et retentit sur tout l'organisme.
1) Appareil digestif : l'absorption abusive et fréquente de boissons alcooliques cause l'inflammation de l'œsophage, de l'estomac et de la partie haute de l'intestin grêle. Il en résulte des saignements gastro-intestinaux parfois importants avec un risque de déchirure de la paroi de l'estomac en cas d'efforts violents de vomissement.
L'inflammation du tube digestif entraîne une exsudation de plasma, d'où des diarrhées, causes fréquentes d'un déséquilibre hydro-électrolytique.
Dans le tube digestif, l'absorption de l'éthanol entre en compétition avec celle des vitamines hydrosolubles (surtout la vitamine B1 et les folates qui jouent un rôle important dans le fonctionnement neuronal). Il en résulte une réduction des réserves vitaminiques. Comme le métabolisme du glucose fait appel à la vitamine B1, il est dangereux de perfuser une solution glucosée sans l'enrichir en vitamine B1. Sinon on risque de hâter l'évolution vers un syndrome de Wernike, qui se manifeste par une ataxie, des troubles de la mémoire et oculaires (paralysie des deux nerfs pathétiques, n. abducens, d'où paralysie de l'abduction, diplopie horizontale et strabisme interne).
L'absorption digestive de l'alcool, l'amène directement dans le foie où il devient un combustible de choix pour les hépatocytes, ce qui augmente la consommation d'O2, accroît le stock de NADH (nicotinamide adénine dinucléotide) et réduit la néoglycogénèse, d'où diminution de la production de glucose et augmentation de celle d'acide lactique. Ce dernier freine l'oxydation des acides gras par le cycle de Krebs, il en résulte une accumulation de graisse dans les hépatocytes et cela enclenche le processus de cirrhose alcoolique.
Enfin une atteinte pancréatique est fréquente.
2) Système nerveux : la diminution des réserves vitaminiques, aggravée par une malnutrition fréquente, entraîne la dégénérescence des cellules nerveuses :
- 5 à 15% des patients présentent des neuropathies périphériques ;
- l'encéphale est fréquemment atteint (troubles de l'humeur, de la mémoire, trouble de l'équilibre, etc.) évoluant vers le syndrome de Wernike.
3) Atteintes métaboliques et endocrines : l'abaissement de la production de testostérone amène des atrophies testiculaires et de même on voit des aménorrhées chez la femme.
Le métabolisme de la pyridoxine peut être perturbé par la carence en folates et la malnutrition. Il en résulte des troubles de l'hématopoïèse pouvant se manifester par une anémie sidéroblastique. Si non, on constate généralement une augmentation du volume des hématies.
L'augmentation de la cortisolémie favorise une légère hyperhydratation cellulaire. On note souvent une légère diminution de la teneur en thyroxine sérique (T4) et une plus marquée de la triiodothyroxine (T3).
4) Muscles et os : l'altération du métabolisme du calcium favorise les fractures osseuses et l'ostéonécrose de la tête du fémur.
Les perturbations métaboliques amènent une élévation du taux de la créatine-phospho-kinase alcoolique qui retentit sur le muscle et peuvent conduire à une atrophie. Des douleurs musculaires spontanées, surtout à la palpation, sont fréquentes chez les alcooliques.
5) Appareil circulatoire : l'atteinte musculaire n'épargne pas le myocarde, on peut observer une cardiopathie à bas débit.
6) Appareil respiratoire : la malnutrition, un tabagisme fréquent et les conditions de vie précaires des alcooliques favorisent les bronchopathies.
Étym. arabe al -cohol : liquide distillé ; gr. pathê : maladie
→ alcool éthylique, exogénose, transaminase, Wernicke (syndrome de), Gayet-Wernicke-Korsakoff (encéphalopathie de)
[E1, G3, G4, H1, K1, K2, I4, L1, O4]
Édit. 2020
antiradicaux libres l.m.p.
antioxydants
Substances intracellulaires s'opposant à l'action délétère des radicaux libres sur les structures cutanées.
Elles se composent de systèmes enzymatiques endogènes, comme les superoxydes dismutases, catalases, peroxydases, et de molécules anti-oxydantes le plus souvent d'origine exogène : vitamine E ou alpha-tocophérol, vitamine A et bêta-carotène, vitamine C, sélénium, flavonoïdes, eumélamines. Les antiradicaux libres agissent soit par destruction des radicaux libres, soit par neutralisation de l'oxygène singulet.
Syn. anti-oxydant
antivitamines K (AVK) l.f.p.
oral anticoagulant
Substances de Synthèse, de structure chimique voisine de la vitamine K, qui ont pour propriété commune la dépression du complexe prothrombinique (facteurs II, VII, IX et X).
Les AVK existent sous deux formes : les dérivés de la coumarine (acénocoumarol et warfarine) dont le noyau de base est la 4-hydroxycoumarine, et ceux de l’indane-1-3-dione. Ils sont indiqués dans la prévention des complications thromboemboliques des cardiopathies emboligènes, le traitement des thromboses veineuses profondes et des embolies pulmonaires ainsi que la prévention de leurs récidives.
Les AVK exercent leur effet anticoagulant en interférant avec le cycle de régénération de la vitamine K entraînant une diminution de la production hépatique sous forme fonctionnelle (gamma-carboxylée) de quatre facteurs de la coagulation (II, VII, IX et X). Les conséquences de ce mode d’action complexe et indirect des AVK sont : un index thérapeutique étroit, une grande variabilité de l’effet d’un individu à l’autre, et, pour le même individu, au cours du temps, de multiples interférences médicamenteuses et alimentaires, une latence de l’effet anticoagulant lors de l’instauration, unet lente réversibilité en cas d’arrêt (absence d’effet on-off) et l’impossibilité d’obtenir une anticoagulation dite préventive ou prophylactique.
Les AVK sont des molécules liposolubles de faible masse moléculaire qui traversent aisément les barrières cellulaires (notamment digestives et placentaires). De ce fait l’absorption digestive est rapide et l’administration per os est possible. L’activité des AVK est contrariée par un régime riche en vitamine K.
La mesure INR (International Normalized Ratio) est utilisée pour évaluer l’efficacité des AVK. Tout autre test (Quick, temps de prothrombine) est obsolète (bien qu’encore disponible dans certains laboratoires d’analyses médicales).
Outre le risque hémorragique encas de surdosage, les accidents liés aux AVK sont des lésions cutanées érythémato-vésiculeuses évoluant vers la nécrose. Les dérivés de l’indane-dione peuvent en outre provoquer de la fièvre, ainsi que des troubles digestifs (diarrhée) et rénaux (néphropathie interstitielle anurique).
→ INR
cobalamine l.f.
cobalamine
Nom générique des différentes vitamines B12.
Il représente leur squelette commun : un atome de cobalt, entouré d’un noyau tétrapyrrolique non aromatique un peu spécial (dans lequel fait défaut un des groupes méthine) avec des chaines latérales acétamide et propionamide ; l’une de ces dernières est liée par une molécule d’aminopropanol à l’acide phosphorique, lui-même uni au ribose sous forme d’hétéroside avec une molécule de benzimidazole. L’atome de cobalt est complexé, uni par covalence et – ou – coordinence aux azotes pyrroliques et imidazoliques ; il complète sa couche électronique grâce à une liaison de covalence avec différents restes (OH dans l’hydroxocobalamine naturelle, vitamine B12a, C+N dans la cyanocobalamine, CH3 dans la mécobalamine, forme circulante des cobalamines, adénosyle dans la coenzyme B12 ou dibencozide).
Stable, la cyanocobalamine est la plus couramment utilisée en thérapeutique. La mécobalamine favorise la biosynthèse de la méthionine ; la coenzyme B12 intervient dans le métabolisme de divers aminoacides.
La vitamine B12 de couleur rouge carminé, est présente dans plusieurs dérivés ayant des fonctions coenzymatiques, où le cobalt est attaché à des radicaux organiques par une liaison organométallique C-Co. Elle constitue la vitamine, antianémie pernicieuse.
Étym. de cobalt
[C1]
hypervitaminose D n.f.
hypervitaminosis D
Syndrome résultant d'une ingestion excessive de vitamine D, sous forme médicamenteuse ou de complément nutritionnel, à l’origine d’une hypercalcémie et d’une hypercalciurie déterminant des manifestations cliniques graves.
Ce sont une asthénie, un amaigrissement, de la diarrhée et surtout des foyers de calcification dans les reins, les artères et les viscères, conduisant à une hypertension artérielle et à une insuffisance rénale.
La posologie de vitamine D susceptible de provoquer une hypercalcémie est supérieure à 50 000 UI par semaine, alors que les apports recommandés sont de 400 UI/j. Une partie de la gravité de cette intoxication tient à la demi-vie prolongée de la vitamine D.
→ vitamine D, hypercalcémie, hypercalciurie
ostéomalacie n.f.
osteomalacia
Ostéopathie généralisée de l’adulte caractérisée par l’accumlation d’os peu ou pas minéralisé due à un défaut de minéralisation du tissu ostéoïde, deux exemples étant : l’ostéomalacie postménopausique et celle du rachitisme.
Le diagnostic biologique et radiologique ne peut être porté que dans les formes sévères de la maladie : il existe en effet des formes purement histologiques et des formes trompeuses simulant une ostéoporose. Biologiquement, au cours de l'ostéomalacie par carence en vitamine D, la forme la plus fréquente, on observe une hypocalcémie avec hypophosphorémie et une augmentation des phosphatases alcalines et de la concentration d’hormone parathyroïdienne. Radiologiquement, il peut s'agir d'une déminéralisation banale avec, parfois, un aspect flou de la trame osseuse.
La fissure de Looser-Milkmann est plus rare mais très évocatrice.
Dans les formes trompeuses, la biopsie osseuse permet le diagnostic en montrant une augmentation de l'épaisseur du tissu ostéoïde au contact des travées osseuses et un retard de la minéralisation. Si les ostéomalacies par carence en vitamine D guérissent sous traitement vitaminique D, il est des ostéomalacies « vitamino-résistantes » qui nécessitent le recours aux dérivés hydroxylés de la vitamine D.
Étym. gr. osteon : os ; malakos : mou
→ décalcification osseuse, Looser-Milkman (syndrome de)
Édit. 2017
photoprotection n.f.
photoprotection
Méthode mettant en œuvre des moyens physiques ou chimiques, naturels ou artificiels, pour obtenir une protection de la peau contre les effets délétères du rayonnement solaire.
On en distingue plusieurs types : la protection naturelle est induite par des constituants de la peau comme le système pigmentaire, la pilosité, l'épaississement épidermique, les pigments caroténoïdes, l'acide urocanique, les systèmes de réparation de l'ADN; la photoprotection artificielle comprend la photoprotection externe dite "passive", par le port de vêtements dont le degré de photoprotection dépend de la nature du textile et de son tissage, et par l'application de filtres et/ou d’ écrans solaires, et la photoprotection interne, qui tente de remplacer ou de renforcer les mécanismes de protection naturelle défaillants ou insuffisants, notamment dans les photodermatoses, grâce aux antipaludéens de synthèse, aux caroténoïdes, à l'acide para-aminobenzoïque, à la vitamine PP. Quant à la photoprotection dite "active", qui consiste en l'apport par voie externe ou interne de substances absorbant les radicaux libres telles que vitamine C, vitamine E, substances anti-inflammatoires, etc., elle est en cours d'évaluation chez l'homme.
Syn. protection solaire
protéine plasmatique de transport du rétinol (déficit en) l.m.
retinol-binding proteine, plasma (deficiency)
Protéine de transport du rétinol (vitamine A) dont la séquence complète a été découverte par L. Rask, biochimiste suédois (1987) et localisée par M. Rocchi, généticien italien (1989), en 10q23-24.
Le déficit en RBP4, est autosomique dominante, il a donné dans une famille, lors d'une infection par la rougeole, une kératomalacie probablement par défaut d'absorption de vitamine A. Dans une autre famille, il s’est exprimé par une coloration orange des mains et du visage avec caroténémie et diminution du taux de vitamine A dans le sérum (MIM 180250).
T. Matsuo, ophtalmologiste japonais (1987)
test de la catatoruline l.m.
catatorulin test
Test biologique pour le dosage de la vitamine B1 (thiamine), fondé sur la mesure de la consommation d'oxygène dans des coupes de cerveau de pigeons carencés additionnées de pyruvate.
La carence en vitamine B1 se traduit par une diminution de l'oxydation de l'acide pyruvique dans les coupes et l'addition de cette vitamine rétablit une consommation normale d'oxygène, ce qui permet de déduire la quantité nécessaire pour obtenir cet effet. Ce test est très sensible (de l'ordre de 0,2 µg).
R. A. Peters, Sir, biochimiste britannique (1938)
Étym. La toruline est un ancien nom de la vitamine B1