Communication scientifique
Séance du 13 juin 2023

Facteurs histopronostiques et biomarqueurs pour une prise en charge personnalisée du cancer colorectal

MOTS-CLÉS : Tumeurs colorectales, Instabilité des microsatellites, Microenvironnement tumoral, Classification
Histopronostic factors and biomarkers for personalized management of colorectal cancer
KEY-WORDS : Colorectal neoplasms, Microsatellite instability, Tumor microenvironment, Classification

Magali Svrcek*

L’auteur déclare ne pas avoir de liens d’intérêts.

Résumé

Résumé

Le cancer colorectal représente actuellement la 3e cause de cancer dans le monde et la 2e cause de mortalité par cancer. Sa prise en charge repose largement sur la classification TNM (tumeur, ganglions, métastases). Afin d’améliorer sa précision, notamment dans la définition de sous-groupes de patients plus pertinents d’un point de vue pronostique, il est essentiel d’identifier de nouveaux marqueurs histologiques. Un certain nombre de ces facteurs histopronostiques permettent désormais d’adapter au mieux le choix du type de traitement adjuvant et sa durée (3 mois versus 6 mois) chez les malades atteints de cancer colique avec métastases ganglionnaires. Dans cette revue, nous aborderons plus particulièrement trois d’entre eux, qui sont les groupes bas risque et haut risque, définis à partir de la classification TNM, les dépôts tumoraux (ou « tumor deposits ») et le « tumor budding » (ou « bourgeonnement tumoral). Dans le cancer colorectal métastatique (CCRm) la caractérisation moléculaire de la tumeur est également devenue un critère déterminant dans le choix de la stratégie thérapeutique. Parmi ces biomarqueurs, le phénotype MMR déficient/MicroSatellite Instable (dMMR/MSI), qui est observé dans environ 4 à 5 % des CCRm, est apparu comme un biomarqueur prédictif majeur de l’efficacité des immunothérapies, en particulier des molécules anti-PD-1, qui sont devenues très récemment la norme européenne de soins dans cette indication. Ainsi, dans une seconde partie, nous ferons une synthèse des biomarqueurs utilisés pour une prise en charge personnalisée des CCRm, en insistant plus particulièrement sur les nouveaux enjeux de la détermination du statut dMMR/MSI.

Summary

Colorectal cancer is currently the 3rd leading cause of cancer worldwide and the 2nd leading cause of cancer mortality. Its management is largely based on the TNM classification (tumour, lymph nodes, metastases). In order to improve its accuracy, particularly in defining more prognostically relevant patient subgroups, it is essential to identify new histological markers. A number of these histopronostic factors are now available to better tailor the choice of adjuvant therapy and its duration (3 months versus 6 months) in patients with lymph node metastases. In this review, we will focus on three of them, namely the low-risk and high-risk groups, defined according to the TNM classification, tumour deposits and tumour budding. In metastatic colorectal cancer (mCRC), the molecular characterisation of the tumour has also become a determining criterion in the choice of therapeutic strategy. Among these biomarkers, the MMR deficient/MicroSatellite Unstable (dMMR/MSI) phenotype, which is observed in about 4–5% of mCRCs, has emerged as a major predictive biomarker of the efficacy of immunotherapies, in particular anti-PD-1 molecules, which have very recently become the European standard of care in this indication. Thus, in the second part, we will summarise the biomarkers used for personalised management of mCRC, with particular emphasis on the new challenges of determining the dMMR/MSI status.

Accès sur le site Science Direct : https://doi.org/10.1016/j.banm.2023.05.004

Accès sur le site EM Consulte

*Service d’anatomie et cytologie pathologiques, hôpital Saint-Antoine, Sorbonne Université, AP–HP, 184, rue du Faubourg-Saint-Antoine, 75012 Paris, France

Bull Acad Natl Med 2023;207:1218-28. Doi : 10.1016/j.banm.2023.05.004