Communication scientifique
Session of 7 mai 2019

Syndrome du bébé secoué (SBS). Diagnostic et imagerie moderne

MOTS-CLÉS : Maltraitance des enfants, Syndrome du bébé secoué, Traumatismes cranioencéphaliques
Shaken baby syndrome. Diagnostic and modern imaging
KEY-WORDS : Child Abuse, Shaken baby syndrome, Craniocerebral trauma

C. Adamsbaum (a, b, ⁎) , C. Rey-Salmon (c)

Les auteurs déclarent ne pas avoir de liens d’intérêts.

Résumé

Le syndrome du bébé secoué (SBS) atteint surtout le nourrisson âgé de moins de 8 mois. Le mécanisme causal est une secousse ou une salve de secousses violentes, souvent répétée dans le temps. Les présentations cliniques sont variées, aiguës ou froides. Le diagnostic repose sur des arguments anamnestiques (histoire fluctuante ou incohérente), cliniques, ophtalmologiques et radiologiques. La recherche exhaustive d’autres lésions traumatiques concomitantes ou antérieures (ecchymoses, lésions endobuccales, fractures, etc.) est systématique. Le fait de secouer entraîne des ruptures des veines-ponts, responsables d’un hématome sous-dural caractéristique, multifocal, diffus et prédominant au vertex. Le scanner cérébral en urgence permet le diagnostic de SBS. L’IRM est utile pour l’analyse fine du parenchyme cérébral et des veines-ponts rompues. Le principal diagnostic différentiel de SBS dès lors que des ruptures de veines-ponts sont présentes est le traumatisme accidentel à haute énergie cinétique. La datation des lésions concerne l’expertise médico-légale. La simple évocation du diagnostic de maltraitance doit conduire à l’hospitalisation immédiate de l’enfant dans un but de protection et pour la réalisation du bilan complet en imagerie : scanner cérébral complété si possible par une IRM, radiographies de haute définition de l’ensemble du squelette, échographie abdominale recommandée en France.

Summary

Abusive head trauma (i.e. new name used for shaken baby syndrome) involves mainly infants under the age of 8 months. The causal mechanism is a violent shaking, often repeated over time. Clinical patterns are varied and may be acute or not. The diagnosis relies on a changing or inconsistent history, clinical, ophthalmological and radiological features. Other concurrent or previous traumatic injuries (bruises, endobuccal lesions, fractures, etc.) must be exhaustively looked for. Shaking is responsible for rupture of bridging veins that create a typical multifocal diffuse subdural hematoma which predominates at the vertex. The diagnosis of AHT relies on CT scan performed in emergency. MRI is useful for the fine analysis of the brain parenchyma, and the bridging veins. The main differential diagnosis of AHT as soon as a rupture of bridging veins is present, is high kinetic accidental trauma. Dating of the injuries is a forensic issue. Any suspicion of abuse must lead to an immediate hospitalization to protect the child and perform a full imaging survey i.e. head CT with brain MRI as soon as possible, high definition full skeletal survey and abdominal ultrasound imaging.

Accès sur le site Science Direct : https://doi.org/10.1016/j.banm.2019.05.016

Accès sur le site EM Consult

(a) Faculté de médecine, université Paris Sud, 63 rue Gabriel Péri, 94270 Le Kremlin-Bicêtre, France. (b) Service de radiologie pédiatrique, CHU de Bicêtre, AP–HP, 78, rue du Général Leclerc, 94275 Le Kremlin Bicêtre cedex, France. (c) Urgences médico-judiciaires, CHU Hôtel Dieu, AP–HP, 1, place du Parvis Notre Dame, 75004 Paris, France. ⁎Auteur correspondant.

Bull Acad Natl Med. 2019;203(7):500-504. Doi : 10.1016/j.banm.2019.05.016