Avis
Séance du 12 mars 2024

Risques zoonotiques et traumatiques liés aux contacts des enfants avec les animaux de compagnie non traditionnels (ACNT)

MOTS-CLÉS : animal de compagnie non traditionnel (ACNT) ; zoonoses ; enfants âgés de moins de 5 ans ; contacts, risques, santé
Zoonotic and traumatic risks linked to children's contact with non-traditional companion animal (NTCA)
KEY-WORDS : non-traditional companion animal (NTCA); zoonoses; children aged under 5; contacts, risk, health.

Angot Jean-Luc (12,1), Bachy Véronique (2), Bassot Gérard (1), Bégué Pierre (12), Bourhy Hervé (3), Bouzouaya Moncef (4), Brugère-Picoux Jeanne (12,*), Buisson Yves (12), Chatry Arnaud (1), Chippaux Jean-Philippe (12), Chomel Bruno (12), Choutet Patrick (12), Favennec Loïc (5), Frottier Jacques (12), Hascoët Jean-Michel (12), Ksas Rémi (6), Larréché Sébastien (7), Lécu Alexis (8), Mammeri Mohamed (9), Philippon Alain (10), Risi Emmanuel (11), Rosolen Serge (12)

Résumé

Cet avis a pour objectif de présenter les risques occasionnés par des contacts de l’enfant avec des animaux autres que le chien et le chat (animaux de compagnie non traditionnels ou ACNT). L’engouement pour ces ACNT est en progression constante qu’il s’agisse du domicile familial (reptiles, amphibiens, petits rongeurs…) ou dans des lieux publics (fermes pédagogiques, mini-fermes, zoos, animaleries, aquariums…). Ces risques sont accrus chez le jeune enfant âgé de moins de 5 ans du fait de sa plus grande vulnérabilité, de son inconscience du risque traumatique ou infectieux ainsi que son comportement naturel de mettre toujours ses mains à la bouche, la recommandation de lui laver les mains étant inadéquate dans ce cas.

À la différence de certaines zoonoses considérées comme très fréquentes comme la teigne observable simultanément chez l’animal et son propriétaire, il existe certainement une sous-estimation voire l’ignorance de certains risques pour l’enfant quand il s’agit d’un ACNT apparemment en bonne santé mais excréteur d’un agent pathogène. Les exemples sont nombreux : rat et hantavirus de Séoul, hamster et chorioméningite lymphocytaire, oiseau et Chlamydia psittaci, ruminants et colibacillose entérohémorragique, rongeurs, volailles ou reptiles et salmonellose …. Ceci peut expliquer une sous-estimation voire l’ignorance de ces risques pour l’enfant à son domicile ou dans un lieu public où l’on oubliera d’appliquer les mesures de biosécurité permettant d’éviter une contamination directe ou indirecte.

Par conséquent, il importe

  • d’avertir le public de ces risques ;
  • d’afficher les mesures de biosécurité nécessaires dans les établissements accueillant enfants et animaux ;
  • de renforcer le contrôle sanitaire du commerce de ces ACNT ;
  • de créer une plateforme d’épidémiosurveillance regroupant tous les acteurs concernés (laboratoires de diagnostic, médecins, vétérinaires…) et en favorisant le partage des données informatives ;
  • de déconseiller tout contact étroit entre l’enfant âgé de moins de 5 ans et certains ACNT au domicile (reptiles, amphibiens, oiseaux) comme dans les lieux publics (ruminants…)
  • d’éviter l’implantation des zones de restauration près des mini-fermes destinées aux enfants.

Summary

This report aims to present the risks caused by the child’s contact with animals other than dogs and cats (non-traditional companion animal or NTCA). The popularity of these NTCA is constantly growing, whether in the family home (reptiles, amphibians, small rodents, etc.) or in public places (educational farms, petting zoos, zoos, pet stores, aquariums, etc.). These risks are increased in young children aged under 5 years due to their greater vulnerability, their unawareness of the traumatic or infectious risk as well as their natural behavior of always putting their hands in their mouth, the recommendation to wash their hands being inadequate in this case.

Unlike certain zoonoses considered very common, such as ringworm, which can be observed simultaneously in the animal and its owner, there is certainly an underestimation or even ignorance of certain risks for the child when it comes to a ACNT apparently healthy but shedding a pathogen. The examples are numerous: rats and Seoul hantavirus, hamsters and lymphocytic choriomeningitis, birds and Chlamydia psittaci, ruminants and enterohemorrhagic colibacillosis, rodents, poultry or reptiles and salmonellosis, etc. This may explain an underestimation or even ignorance of these risks for the child at home or in a public place where we forget to apply biosecurity measures to avoid direct or indirect contamination.

Therefore, it is important

– to warn the public of these risks;

– to display the necessary biosecurity measures in establishments welcoming children and animals;

– to strengthen health control of the trade of these NTCA

– to create an epidemiological surveillance platform bringing together all the stakeholders concerned (diagnostic laboratories, doctors, veterinarians, etc.) and by promoting the sharing of informative data;

– to advise against any close contact between children under 5 years old and in particular certain NTCA at home (reptiles, amphibians, birds) as well as in public places (ruminants, etc.)

– avoid the establishment of catering areas near petting zoos intended for children.

Annexes 1 à 5 (PDF)

*Rapporteurs
(1) Ministère de l’agriculture et de la souveraineté alimentaire
(2) Docteur vétérinaire 01320 Crans
(3) CNR Rage Institut Pasteur de Paris
(4) Professeur honoraire École de médecine vétérinaire de Sidi-Thabet (Tunisie)
(5) CNR Cryptosporidioses, CHU de Rouen
(6) Président de la Banque de sérums antivenimeux (BSA)
(7) Service de santé des armées, Hôpital d’instruction des armées Bégin
(8) Directeur scientifique du Parc zoologique de Paris
(9) Maître de conférences École nationale vétérinaire d’Alfort
(10) Docteur vétérinaire, Pr émérite Faculté de Médecine, Université Paris-Cité, Chef de service honoraire Groupe hospitalier Cochin,
(11) Docteur vétérinaire, FauneVet, CHV Atlantia, Nantes
(12) Académie nationale de médecine