Spondweni (virus) l.m.
Spondweni virus
Virus à ARN du genre Flavivirus (famille des Flaviviridae) à l’origine d’une maladie fébrile bénigne en Afrique.
La maladie humaine due au virus Spondweni associe fièvre, céphalées, nausées, épistaxis et myalgies. L’évolution est favorable en quelques jours. La transmission du virus se fait par des moustiques, notamment des Aedes.
Sigle SPOV
polyradiculonévrite inflammatoire démyélinisante chronique l.f.
Trouble sensorimoteur symétrique chronique monophasique, progressif, avec des rechutes, caractérisé par une faiblesse musculaire avec sensations altérées, réflexes ostéo-tendineux (ROT) absents ou réduits, et hyperprotéinorachie.
Les signes cliniques incluent: faiblesse symétrique progressive des muscles proximaux et distaux des membres inférieurs et/ou supérieurs avec récupération partielle ou complète entre les crises, sensibilité altérée et diminution/abolition des ROT. L'évolution se fait par rechutes (30% des cas), de façon chronique et progressive (60%), ou monophasique avec une récupération permanente généralement totale (10%). L'atteinte des nerfs crâniens est possible (5 à 30% des cas). Des douleurs neuropathiques, l'atteinte des muscles respiratoires et infra-clinique du système nerveux central sont décrites. Celle du système nerveux autonome est possible. Chez l'enfant, la PIDC s'installe plus vite, avec une gêne plus importante pendant les crises, et rechute plus souvent.
La PIDC peut être associée à : hépatite C, maladie inflammatoire intestinale, lymphome, VIH, transplantation, mélanome ou maladies du tissu conjonctif. Elle pourrait être due à une réaction immunitaire entraînant une démyélinisation segmentaire ou multifocale, puis perte axonale progressive.
Le diagnostic est envisagé devant une neuropathie démyélinisante progressive depuis 2 mois, avec chez certains patients des antécédents infectieux. Elle peut aussi apparaître plus de 8 semaines après un syndrome de Guillain-Barré (SGB).
Le diagnostic repose sur les résultats cliniques et électrophysiologiques. Quand les manifestations durent depuis au moins 2 mois, l'électroneuromyogramme (ENMG) confirme le diagnostic si 3 des critères suivants sont présents sur plusieurs nerfs : blocs partiels de conduction des nerfs moteurs, ralentissement de la vitesse de conduction des nerfs moteurs, allongement de la latence distale et des latences des ondes F.
L'IRM peut révéler un renforcement par le gadolinium et un élargissement de la racine des nerfs proximaux. L'hyperprotéinorachie isolée et la démyélinisation/remyélinisation, souvent associée à une inflammation sur la biopsie nerveuse, renforcent le diagnostic. L'étude du LCR et la biopsie nerveuse sont indiqués en fonction de la clinique. La biopsie n'est recommandée qu'en cas de suspicion de PIDC avec ENMG non concluant.
Il faut discuter la PIDC devant une neuropathie multifocale ou généralisée de cause inconnue.
Le diagnostic différentiel se pose avec les polyneuropathies chroniques (gammopathies monoclonales, diabète, neuropathies toxiques) et les neuropathies héréditaires (maladie de Charcot-Marie-Tooth, polyneuropathie amyloïde familiale).
La prévalence, estimée entre 1/200 000 (enfants) et 1-7/100 000 (adultes), est sans doute sous-évaluée. La PIDC peut se manifester à tout âge, plus souvent entre 40 et 60 ans.
Le traitement dépend de la gravité de la PIDC, de l'âge, de l'état global du patient et des contre-indications aux traitements validés : stéroïdes, perfusion d'immunoglobulines (IgG), plasmaphérèse.
Le pronostic est généralement bon. Les patients peuvent présenter des symptômes résiduels induisant une réduction de la qualité de vie. Quadriplégie, faiblesse respiratoire et décès sont possibles mais rares.
J-M. Vallat, neurologue français, membre de l’Académie nationale de médecine (2010)
Sigle PIDC
Réf. Orphanet, J-M. Vallat, neurologue français, membre correspondant de l’Académie nationale de médecine (2010)
[H1]
leucocorie l.f.
Reflet blanchâtre de la pupille.
Elle est observée dans de nombreuses circonstances : cataracte, rétinoblastome, mélanome du corps ciliaire, anomalie congénitale des fibres rétiniennes dite fibres à myéline, toxocarose, maladie de Coats, maladie de Norrie.
→ cataracte, rétinoblastome, mélanome du corps ciliaire, fibres à myéline de la rétine, toxocarose, Coats (maladie de), Norrie (maladie de)
[P2]
Édit. 2018
histiocytose langerhansienne l.f.
histiocytosis X, Langerhans cell-histiocytosis, Langerhans cell granulomatosis, Langerhans histiocytosis
Prolifération d’agressivité variable, des cellules de Langerhans pouvant toucher un ou plusieurs organes notamment la peau, les muqueuses, mais également l'os, le poumon et le système nerveux central.
Les cellules de Langerhans de nature histiocytaire, appartiennent à la lignée des cellules dendritiques, jouant un rôle accessoire dans l’immunité cellulaire et siégeant dans de nombreux tissus, organes et muqueuses. L'étude histologique découvre la présence d'un infiltrat de cellules d'aspect histiocytaire dont le caractère langerhansien est attesté par l'examen immunohistochimique (qui montre qu'il s'agit de cellules CD1α et CD207 positives) et par la microscopie électronique (qui révèle la présence dans le cytoplasme de granules de Birbeck, encore appelés corps X, de nature et d’origine mal connue). Dans 57 % des cas d'histiocytose, on met en évidence une mutation du BRAF V600E.
La biologie moléculaire a précisé que les histiocytoses langerhansiennes sont monoclonales. Il en existe plusieurs formes :
- la maladie de Letterer-Siwe qui apparaît chez l’enfant de façon d’autant plus sévère que celui-ci est plus jeune. Elle associe des lésions cutanéo-muqueuses (papules croûteuses des plis, éruption purpurique pouvant atteindre les paupiéres), osseuses, ganglionnaires, hépatospléniques, pulmonaires, à une exophtalmie. Le traitement par les glucocorticoïdes et la vincoblastine peut être inefficace ;
- la maladie de Hand-Schüller-Christian qui est caractérisée par des lésions osseuses essentiellement crâniennes, particulièrement sphénoïdales avec atteinte hypophysaire (à l’origine d’un diabète insipide) et exophtalmie souvent bilatérale. Le pronostic est relativement favorable ;
- le granulome éosinophile des os qui est une tumeur osseuse isolée, bénigne de l’adulte jeune, avec une prédominance masculine, localisée sur les os du crâne, du bassin, des vertèbres et des os longs, traduite par une ostéolyse lacunaire à contours découpés. Il peut se manifester par une exophtalmie, le plus souvent unilatérale, qui revêt parfois un aspect pseudo-inflammatoire avec œdème palpébral. La palpation de l'orbite révèle une tumeur de consistance ferme, non mobile, et une discontinuité au niveau du rebord orbitaire, témoin de la lyse osseuse qui existe en regard de la tumeur. La tomodensitométrie précise les caractères de la lacune et après injection, le caractère hyperdense de la lésion. La biopsie objective la prolifération histiocytaire (HES) avec cellules géantes et lymphocytes. Mais le diagnostic est affirmé par l’histochimie qui met en évidence un immunomarquage positif des cellules histiocytaires anormales par l’anticorps anti P5 100. Le traitement est chirurgical (curage avec reconstitution du plan périosté). La radiothérapie et la chimiothérapie sont réservées aux formes d’accès difficiles ;
- d’autres atteintes localisées à un ou deux organes (ganglion, rate, poumon, peau) ont été rapportées.
P. Langerhans, anatomopathologiste allemand (1868) ; E. Letterer, anatomopathologiste allemand (1924), S. A. Siwe, pédiatre suédois (1933) ; A. Hand Jr, pédiatre américain (1893), A. Schüller, neurologue autrichien (1915), H. Christian, médecin interniste américain (1919) ; L. Lichtenstein, anatomopathologiste américain (1953) ; M. S. Birbeck, histologiste britannique (1961) ; C. E. Allen, pédiatre américain (2018)
Étym. gr. histion : tissu ; kutos : cellule
Syn. histiocytose X (Lichtenstein, 1953, obs.)
→ Birbeck (corps de), Letterer-Siwe (maladie de), Hand-Schüller-Christian (maladie de), granulome éosinophile des os, cellules de Langerhans
histiocyte, cellule dendritique, CD1, CD207, BRAF V600E, vincoblastine, diabète insipide, exophtalmie
[H1 ,I1, J1, K1, N3]
Édit. 2020
leucémie myéloïde chronique l.f.
chronic myeloid leukemia, chronic myelogenous leukemia
Variété de leucémie, individualisée dans le cadre des syndromes myéloprolifératifs, par un mécanisme moléculaire spécifique.
La connaissance de ce mécanisme, en grande partie élucidé, s'est développée en plusieurs étapes : découverte du marqueur chromosomique de la maladie : le chromosome Philadelphie (Ph)1, démonstration que le Ph est le résultat d'une translocation du proto-oncogène c-abl du chromosome 9 vers un point de cassure variable, mais toujours situé dans une région étroite sur le chromosome 22 (région dite bcr), description de l'expression protéique P210 résultant de la fusion génique bcr/abl, démonstration expérimentale du rôle leucémogène de cette phosphoprotéine chimérique à activité tyrosine-kinase sur les cellules souches hématopoïétiques.
L'évolution naturelle de la maladie se déroule en deux ou trois phases : une phase chronique relativement tranquille, aisément contrôlable d'une durée médiane de 3,5 ans, mais pouvant aller jusqu'à 20 ans, une phase accélérée de durée variable pouvant aller jusqu'à 12 à 18 mois et une phase blastique fatale dans un délai de trois à six mois. Le devenir des patients atteints de cette affection a totalement changé au XXIème siècle. Le traitement de cette affection a été révolutionné par la thérapeutique ciblée des inhibiteurs de la tyrosine kinase qui conduit à de très nombreuses rémissions complètes et à des guérisons. Une nouvelle molécule, l'asciminib, se montre très efficace chez des patients résistants aux inhibiteursde la tyrosine kinase. Le recours à d’autres choix thérapeutiques et en particulier à des transplantations de cellules souches hématopoïétiques est exceptionnel. Des colloques d’experts internationaux précisent régulièrement la ligne de conduite thérapeutique de cette leucémie.
P. Nowell et D. Hungerford, biologistes américains (1960) ; M. Baccarani, hématologiste italien (2015) ; T. P. Hughes, médecin australien (2019)
→ leucémie, syndrome myéloprolifératif, chromosome Philadelphie, imatinib, tyrosine kinase, translocation, inhibiteur de tyrosine kinase, ABL gene
[F1 G5]
Édit. 2020
étude d’association pangénomique n.f.
genome wide association study
Etude de l’ensemble des variants génétiques, habituellement les polymorphismes, portant sur un seul nucléotide (« single nucleotide polymorphism ») afin de déceler si un de ces variants est associé à une maladie.
Il s’agit là d’une étude sans hypothèse préalable que l’on voudrait vérifier, d’une analyse statistique portant sur de nombreux sujets et de nombreux variants afin d’en tirer des corrélations dont l’éventuelle signification physiologique sera recherchée. La méthode habituelle est de comparer la fréquence des variants trouvés chez des sujets normaux et des sujets malades, puis de retenir les gènes portant des variants prédominant chez les malades. L’étape suivant est d’essayer de relier les gènes retenus au méchanisme de la maladie. On peut aussi, dans une cohorte de sujets malades, essayer d’apprécier si un variant est associé à la valeur d’un phénotype mesurable (pression artérielle, par exemple), un pronostic plus ou moins sévère ou l’efficacité d’un médicament.
→ variants dans la séquence de l'ADN (nomenclature des), polymorphisme, nucléotide
[Q1]
Édit. 2018
peptide amyloïde A-bêta l.m.
amyloid A-beta peptide
Peptide obtenu par clivages successifs de la protéine précurseur d'amyloïde par les enzymes bêta-secrétase et gamma-secrétase.
En fonction du site de clivage par la gamma-secrétase, la longueur du peptide amyloïde A-bêta est variable, de 38 à 42 amino-acides (A-bêta 38 à A-bêta 42), les deux formes principales étant A-bêta 40 et A-bêta 42. Le peptide A-bêta 42 adopte une conformation facilitant la formation d’agrégats qui vont précipiter dans le tissu cérébral, provoquant la maladie d’Alzheimer. Après dosages immuno-enzymatiques de ces deux formes principales dans le liquide cérébrospinal, on peut calculer le rapport peptide A-bêta 42/peptide A-bêta 40. Une valeur de ce rapport inférieure à 0,06 est fortement en faveur d'une maladie d'Alzheimer.
Syn. peptide A-bêta
→ protéine précurseur d'amyloïde, maladie d’Alzheimer, bêta-secrétase, gamma-secrétase
[C1, H1]
Édit. 2019
ataxie spinocérébelleuse type 1 l.f.
Forme d'ataxie cérébelleuse autosomique dominante caractérisée par une dysarthrie, des troubles de l'écriture, une ataxie des membres et en général un nystagmus avec des anomalies des saccades oculaires.
La maladie se manifeste typiquement dans la 4ème décennie par une ataxie d’évolution progressive associée à d'autres signes : perte de la sensibilité proprioceptive, hyporéflexie, ophtalmoparésie et neuropathie optique légère. Un tableau inaugural avec blépharospasme, dystonie buccomandibulaire et rétrocolis précédant l'ataxie a été rapporté. Les fonctions cognitives sont relativement préservées au début, en revanche une atteinte des fonctions exécutives et de la mémoire verbale peuvent se manifester à un stade plus tardif. En fin d'évolution, 10 à 15 ans après le début, les troubles bulbaires par atteinte des noyaux inférieurs entraînent des pneumopathies par inhalation engageant le pronostic vital.
D’une prévalence estimée de 1 à 2/100.000 avec d'importantes variations géographiques et ethniques, la maladie est due à des expansions de triplets CAG répétés dans la séquence du gène ATXN1 sur le chromosome 6p23.
Réf. Orphanet, S. Fujioka, N.Whaley, Z.Wszolek (2011)
→ dysarthrie, ataxie, blépharospasme, dystonie oromandibulaire, rétrocolis
[H1]
Édit. 2018
Allan-Herndon-Dudley (syndrome d’) (SAHD) l.m.
Allan-Herndon-Dudley's syndrome
Syndrome de retard mental lié à l'X avec une hypotonie, une hypoplasie musculaires et un déficit intellectuel, n’atteignant que les hommes.Dès le début de la maladie, un déficit moteur sévère est observé (retard dans l'apprentissage moteur et du langage). Le SAHD associe une hypotonie congénitale qui évolue vers une spasticité (hyperréflexie, contractures, signe de Babinski et clonus) ; une hypoplasie et une faiblesse musculaires généralisées qui se traduisent par une difficulté à soutenir la tête et par un retard moteur ; un déficit intellectuel sévère. Le visage est caractéristique : bouche ouverte, lèvre supérieure en chapeau de gendarme, ptosis, des oreilles mal sculptées, épaississement des tissus mous du nez et des oreilles, oreilles retroussées. Les pieds sont longs, fins et éversés. Les atteintes oculaires sont rares. Des convulsions peuvent survenir. Un pectus excavatum et une scoliose sont parfois présents, peut-être dus à l'hypotonie et à l'hypoplasie musculaire. Les patients ne deviennent jamais autonomes. Bien que plusieurs d’entre eux aient vécu jusque dans leur 60ème année, l'espérance de vie est globalement compromise.
La prévalence reste inconnue mais une étude a montré que 1,4 % des hommes avec un déficit intellectuel d'étiologie inconnue présentaient un SAHD.
Au moins 89 patients issus de 25 familles ont été, à ce jour, décrits
Le SAHD est dû à des mutations du gène SLC16A2 (MCT8) ; localisé en Xq13.2), codant pour le transporteur 8 de monocarboxylate, transporteur spécifique de l'hormone thyroïdienne T3. Des substitutions, des délétions, des mutations non-sens et faux-sens ont été identifiées.
Le diagnostic repose sur le tableau clinique et sur la présence d'une concentration sérique anormale en hormones thyroïdiennes : une recherche de mutations du gène SLC16A2 doit être effectuée si la concentration en T3 libre est anormalement élevée, la concentration en T4 libre faible à normale et le taux de TSH normal.
Le diagnostic prénatal est possible si la mutation a été identifiée chez la mère.
Un conseil génétique doit être proposé aux familles affectées qui doivent être informées qu'un enfant de sexe masculin a un risque de 50% de développer la maladie si sa mère est porteuse d'une mutation de SLC16A2 et qu'un enfant de
Bien que plusieurs patients aient vécu jusque dans leur 60ème année de vie, l'espérance de vie est globalement compromise.
Réf. Orphanet, C. Schwartz (2008)
→ Babinski (signe de), clonus, ptosis, pectus excavatum, transporteur 8 de monocarboxylate, hormones thyroïdiennes, ataxie,
[H1, Q3]
Édit. 2018
bisphosphonate n.m.
bisphosphonate
Analogue des pyrophosphates utilisé en thérapeutique dans la prévention et le traitement des fractures ostéoporotiques, qu’elles soient vertébrales ou périphériques, en raison de son action inhibitrice sur la résorption ostéoclastique.
Les bisphosphonates sont caractérisés par une faible absorption intestinale et une forte affinité osseuse. Ils sont excrétés sans être métabolisés. Ils sont également utilisés dans le traitement de la maladie de Paget et des hypercalcémies dues à des métastases osseuses, en particulier du cancer de la prostate et du sein, et au myélome multiple. Dans cette dernière indication ils peuvent être prescrits dans un but préventif Le chef de file en est l’étidronate disodique. Désormais, la panoplie des bisphosphonates s’est considérablement enrichie ayant en particulier très probablement contribué à la réduction de l’incidence des nouvelles fractures dans le cadre de la maladie ostéoporotique.
Syn. diphosphonate
→ pyrophosphates, ostéoporose, ostéoporotiques, résorption ostéoclastique, Paget (maladie de), hypercalcémie, cancer de la prostate, cancer du sein, myélome multiple
[F1, F2, G5, L1, R1]
Édit. 2018
syndrome du grêle court l.m.
short bowel syndrome
Le syndrome dit du « grêle court » est secondaire à une résection chirurgicale (par exemple après infarctus mésentérique) laissant en place moins de 150 à 200 cm d'intestin grêle chez l’adulte.
Il s'agit d'une maladie rare (environ 1 cas pour 1 000 000 de personnes en France). Elle est caractérisée par une diarrhée, une malabsorption des nutriments, des troubles hydroélectrolytiques. Le grêle court peut aussi être d’origine congénitale. L’évaluation de l’insuffisance intestinale tient compte du grêle restant, du type d’anastomose, de la longueur du colon restant et de la préservation de la valvule iléo-caecale. La longueur de l’intestin réséqué n’a que peu de valeur, variant si elle est mesurée fraiche ou fixée, mais surtout en raison de la variabilité anatomique l’intestin grêle allant de 3 à 7 mètres. La longueur de l’intestin restant est mesurée au bloc opératoire ou évaluée à partir des données de l’imagerie (scanner). Le côlon restant est estimé en pourcentages, en divisant le côlon en 7 parties, supposées de longueur égales, et correspondant chacune à 14 % de la totalité.
Le type de SGC est distingué par une classification anatomique : l’entérostomie terminale (type I anatomique), l’anastomose jéjuno-colique (type II anatomique) et l’anastomose jéjuno-iléocolique (type III anatomique). Les types II et III sont de meilleur pronostic car la malabsorption est moins sévère. Le côlon peut en partie pallier l’insuffisance intestinale, en particulier pour les glucides.
Les principales causes du SGC sont, chez l’adulte, l’ischémie intestinale, la maladie de Crohn, les cancers et les traumatismes. Chez les nourrissons et les jeunes enfants, ce sont les conséquences de l’entérocolite nécrosante néonatale et le syndrome du grêle court congénital, trouble intestinal rare des nouveau-nés d'étiologie inconnue. Les patients naissent avec un intestin grêle court (moins de 75 cm de long) compromettant l'absorption intestinale se manifestant par une diarrhée chronique, des vomissements et un retard de croissance staturo-pondérale.
Le taux de citrulline plasmatique (acide aminé produit par les entérocytes) est un marqueur d’insuffisance intestinale. Il est corrélé à la longueur de grêle restant et donc abaissé chez les patients atteints du SGC. La citrulline plasmatique permet de discriminer les patients pouvant être sevrés de nutrition parentérale (> 20 μmol/L) de ceux qui restent dépendants de la nutrition parentérale deux ans après la résection intestinale, témoignant d’une insuffisance intestinale permanente.
Les troubles sont définitifs dans 50 % des cas. Ils peuvent régresser, au moins en partie, après une période d'adaptation intestinale de 6 à 12 mois. La prise en charge en centre spécialisé est très complexe et difficile pour les patients. Après une phase de réanimation hydro-éléctrolytique et une phase d’alimentation orale hypercalorique et hyperprotéique, en favorisant les solides par rapport aux liquides, une autonomie nutritionnelle est possible. Dans 50 % des cas, la nutrition parentérale à domicile de longue durée reste le traitement de référence. Les alternatives à la nutrition parentérale peuvent être l’utilisation des facteurs de croissance de la muqueuse intestinale, tel le téduglutide, polypeptide recombinant, analogue du GLP2 (Glucagon Like Peptide 2), qui diminue le débit des selles et augmente la citrullinémie, mais dont l'efficacité n'a été établie que sur la réduction des besoins en nutrition parentérale. Les données à long terme sont limitées. La surveillance d'éventuelles proliférations de cellules muqueuses digestives (polypes colorectaux, néoplasie gastro-intestinale ou biliaire, etc.) est recommandée. La transplantation intestinale est une alternative à la nutrition parentérale, isolée ou associée à la transplantation hépatique en cas d’insuffisance hépatique.
Les principales causes d’échec de la nutrition parentérale sont l’hépatopathie, les infections et les thromboses veineuses liées au cathéter, le refus de la nutrition parentérale. Ces situations sont des indications potentielles à une transplantation intestinale.
Syn. syndrome de l'intestin court
Réf. Nuzzo A, Corcos O, Joly F . Syndrome du grêle court: de la nutrition à la greffe intestinale. Post'U 2014.
→ citrullinémie, analogue du GLP2, transplantation intestinale, infarctus mésentérique, entérostomie, maladie de Crohn, entérocolite nécrosante, alimentation parentérale
[L1, L2]
Édit. 2018
citrullinémie n.f.
citrullinemia
1) Concentration de citrulline dans le plasma sanguin.
Elle est normalement voisine de 5 mg/L.
Elle peut être très élevée, 200 à 500 mg/L p. ex. dans les cas pathologiques de citrullinémie congénitale.
2) Maladie métabolique héréditaire due à un déficit en argininosuccinate synthase (citrullinémie de type I) ou en citrine (citrullinémie de type II).
3) Biomarqueur du fonctionnement intestinal.
Cet acide aminé est en pratique, uniquement synthétisé par les entérocytes de la muqueuse intestinale
La citrulline plasmatique est en clinique un biomarqueur validé de la masse métabolique fonctionnelle entérocytaire active et de la trophicité de l’intestin grêle, aussi bien chez l’enfant que chez l’adulte, dans les maladies intestinales sévères (grêle court, entéropathies diffuses, toxicité intestinale de la radio-chimiothérapie...). Sa concentration (30-50 µmol/L) est indépendante de l’état nutritionnel. Quand elle est inférieure à 10 µmol/L, elle justifie la prescription d'une nutrition parentérale en présence d'une insuffisance intestinale par maladie ou absence des entérocytes. Sa détermination régulière permet le suivi de la fonction intestinale, en l'absence d'insuffisance rénale significative.
→ citrulline, citrullinémie de type I, citrullinémie de type II, argininosuccinate-synthétase, citrine, hyperammoniémie, hyperalaninémie, grêle court
[C1, H1, H3, L1, Q2]
Édit. 2020
Smith-Lemli-Optiz (syndrome de) l.m.
Smith-Lemli-Optiz syndrome
Syndrome autosomique récessif. fréquent en Europe centrale et en Europe du Nord. avec une incidence estimée à 1/20 000-1/40 000 naissances et caractérisé par des anomalies congénitales multiples, un déficit intellectuel et des troubles comportementaux.
La maladie est présente dès la naissance mais peut se manifester tard pendant l'enfance ou, pour les formes légères, pendant la vie adulte. Les patients présentent un retard de croissance et un déficit intellectuel.
Le syndrome est associé à des troubles comportementaux tels que des traits autistiques, une hyperactivité, un comportement d'auto-agression et des troubles du sommeil. Des anomalies cérébrales structurelles sont observées telles qu'une hypoplasie ou agénésie du corps calleux et une holoprosencéphalie.
Des anomalies craniofaciales sont courantes: une microcéphalie (80%), un rétrécissement bitemporal, une ptose palpébrale, une racine du nez courte et élargie, des narines antéversées (90%), un petit menton et une micrognathie.
D’autre malformations peuvent être observées : une cataracte, un strabisme et un nystagmus, une fente labio-palatine (1/3 des patients), une photosensibilité, une rhizomélie, une polydactylie postaxiale des mains et des pieds, une syndactylie des 2ème et 3ème orteils (95%) et un pouce court à implantation proximale, des anomalies cardiovasculaires (communication interauriculaire ou inter-ventriculaire, persistance du canal artériel, canal atrioventriculaire), des anomalies gastro-intestinales telles qu'une difficulté d'alimentation, un reflux gastro-oesophagien, une sténose du pylore, une malrotation et une aganglionose colique.
Chez les garçons, des anomalies génitales (petit pénis, hypospade, organes génitaux ambigus) sont observées dans 70% des cas.
Ce syndrome est dû à une anomalie de la synthèse du cholestérol. Des mutations du gène DHCR7 (11q13.4) entraînent un déficit en 7-déhydrocholestérol réductase, enzyme qui convertit le 7-dehydrocholesterol (7DHC) en cholestérol.
Le diagnostic se base sur la présence de taux de 7DHC plasmatiques ou tissulaires élevés. L'analyse moléculaire confirme le diagnostic. L'imagerie (scanner, IRM, échocardiogramme) sert à mettre en évidence les malformations. Les diagnostics différentiels sont nombreux (cf.→). Le diagnostic peut être suspecté par échographie fœtale. Il doit être ensuite confirmé par un dosage de 7DHC dans le liquide amniotique ou le trophoblaste ou par une recherche des mutations de DHCR7, lorsque celles-ci sont déjà identifiées chez les parents.
Le pronostic dépend de la gravité de la maladie et des malformations associées. Les anomalies cardiaques et cérébrales peuvent entraîner le décès. Certains patients vivent jusqu'à l'âge adulte. Les personnes légèrement atteintes peuvent vivre et travailler dans des centres spécialisés.
D.W. Smith, L. Lemli, J.M. Opitz, pédiatres américains et belge (1964)
Syn. déficit en 7-déhydrocholestérol réductase, SLOS, syndrome RSH (initiales des 3 enfants étudiés par les auteurs), syndrome SLO
Réf. Orphanet, Simona Bianconi, F. Porter, pédiatres américains (2009)
→ lathostérolose, dermostérolose, syndrome de Dubowitz, syndrome de Cornelia De Lange, syndrome oculo-digito-oesophago-duodénal, le syndrome de Noonan, le syndrome de Pallister-Hall, la trisomie 13, la trisomie 18, la pseudo-trisomie 13
[A4, O6, Q2, Q3]
hydatidose n.f.
hydatidosis, echinococcosis, hydatic cyst disease
Parasitose, le plus souvent hépatique ou pulmonaire, provoquée par les formes larvaires (hydatide ou kyste hydatique) d’Echinococcus granulosus.
Très répandue dans les pays d'élevage de moutons (bassin méditerranéen, Argentine), cette maladie existe également au Canada et dans d’autres pays nordiques. Elle est alors provoquée par une sous-espèce particulière d’Echinococcus granulosus entraînant des lésions essentiellement pulmonaires et d’évolution paradoxalement assez bénigne.
Le Chien est l'hôte habituel d' E. granulosus sous sa forme adulte. L'œuf ingéré par l'Homme est lysé dans l'estomac, libérant l'embryon qui peut franchir la muqueuse intestinale et par la veine porte, gagner le foie où il se localise dans 60 à 70% des cas. Il peut également atteindre les poumons, rarement d'autres organes. L'embryon donne une larve qui se développe sous la forme d'un kyste liquidien. Par son volume, celui-ci entraîne les signes de la maladie. La nature liquidienne et les limites du kyste sont précisées par l’échographie et la tomodensitométrie. L'examen sérologique peut confirmer le diagnostic. L'exérèse chirurgicale est nécessaire afin d'éviter les phénomènes compressifs, la surinfection et la rupture.
Les localisations nerveuses restent rares, traduites par un syndrome d'hypertension intracrânienne et des signes de localisation. Parfois sont observées des localisations osseuses, crâniennes, vertébrales, mammaires ou gynécologiques. Le traitement est surtout chirurgical.
Dans les pays nordiques, l'hydatidose, entraîne des lésions essentiellement pulmonaires et d’évolution paradoxalement assez bénigne.
Étym. gr. hudôr, hudatos : eau
Syn. kyste hydatique, échinococcose
→ échinococcose, hydatidose pleurale, hydatidose pulmonaire primitive, hydatidose pulmonaire secondaire
syndrome d'ectrodactylie-dysplasie ectodermique-fente labiopalatine l.m. (EEC)
Anomalie du développement embryonnaire d'origine génétique qui associe une ectrodactylie, une dysplasie ectodermique et des fentes orofaciales (fente labiale/palatine).
La prévalence exacte n'est pas connue. Plus de 300 cas ont été décrits dans la littérature.
Les trois signes cardinaux du syndrome sont une ectrodactylie et une syndactylie des mains et des pieds, une fente labiale avec ou sans fente palatine (pouvant entraîner des troubles du langage) et des anomalies dans diverses structures ectodermiques comme la peau (hypopigmentation, peau sèche, hyperkératose, atrophie cutanée), les cheveux (cheveux et sourcils fins et épars), les dents (petites, absentes ou dysplasiques), les ongles (dystrophie) et les glandes exocrines (réduction/absence de glandes sudoripares, sébacées, salivaires).
Le syndrome présente une grande variabilité clinique intra- et interfamiliale : la présence simultanée des trois signes cardinaux n'est pas obligatoire et chacun d'eux peut être exprimé à des degrés variables de sévérité. D'autres signes cliniques peuvent être associés comme des anomalies du système urogénital (agénésie rénale,atrésie uréthrale, hydronéphrose), une surdité de transmission ou de perception, une atrésie des choanes, une hypoplasie des glandes mammaires, des anomalies oculaires (imperforation des canaux lacrymaux, photophobie, ulcérations cornéennes, kératite, entropion), des anomalies endocriniennes (hypoplasie thymique, hypopituitarisme, déficit en hormone de croissance), et plus rarement, un retard du développement psychomoteur et un lymphome malin. Il n'y a pas de déficit intellectuel.
Dans plus de 90% des cas, le syndrome EEC est dû à des mutations faux-sens du gène TP63 (3q27) codant pour le facteur de transcription TP63, essentiel au développement de l'ectoderme et des membres. Ces cas correspondent au syndrome EEC classique (type 3) et semblent montrer un certain degré de corrélation génotype-phénotype. Les autres cas correspondent au syndrome EEC de type 1 dont le gène est localisé en 7q21 et qui peut associer des caractéristiques cliniques comme des malformations du pavillon de l'oreille, de l'oreille moyenne et interne. Le syndrome EEC est une maladie autosomique dominante avec une pénétrance incomplète (93-98%) et une expressivité variable.
Le diagnostic prénatal se base sur l'échographie au second trimestre de grossesse qui peut révéler les anomalies structurelles. L'analyse moléculaire (biopsie du trophoblaste, amniocentèse) aide à confirmer le diagnostic pour les familles chez lesquelles la mutation responsable de la maladie a déjà été identifiée.
Le conseil génétique doit être proposé aux familles affectées les informant du risque de 50% qu'une personne atteinte a de transmettre la mutation. En raison du mosaïcisme germinal, les parents sains d'un enfant atteint ont un risque de 4% d'avoir un autre enfant atteint.
Le pronostic est bon : les patients ont une espérance de vie quasi normale. L'hypohidrose entraîne des complications pouvant compromettre le pronostic vital telles que des convulsions, un coma et éventuellement un décès.
Réf. Orphanet, D. Lacombe (2011)
→ ectrodactylie, dysplasie ectodermique, fente labiopalatine, syndactylie, hyperkératose, dystrophie, agénésie, atrésie, hydronéphrose, photophobie, kératite, entropion, hypopituitarisme, lymphome malin, hypohidrose
[F1, I2, J1, M2, O4, P1, P2, P3, Q3]
Édit. 2019
électrochoc ( indications) l.m.p.
Cette modalité de stimulation électrique cérébrale à travers le scalp, pratiquée sous brève anesthésie générale et curarisation, est indiquée dans deux types de troubles psychiatriques : urgence vitale et résistance aux thérapies notamment médicamenteuses.
L’efficacité est globalement supérieure à celle des médicaments psychotropes (antidépresseurs et antipsychotiques).
Peuvent être des urgences vitales :
- l’accès dépressif sévère avec risque suicidaire imminent ou refus alimentaire, volontiers appelé mélancolique; les psychoses puerpérales avec note confusionnelle et risque d’infanticide;
- les formes de maladie dépressive et de schizophrénie non amendées par les thérapies médicamenteuses : ceci est plus fréquent dans les dépressions délirantes d’une part, dans les schizophrénies catatoniques d’autre part.
Une cure d’électrochoc suppose plusieurs séances, le plus souvent bi hebdomadaires, pendant au moins six semaines. Dans certains cas, il peut s’agir d’un traitement dit d’entretien, sous forme d’une séance bimensuelle ou mensuelle pendant plusieurs mois pour stabiliser le résultat acquis : l’électrochoc devient alors une thérapeutique préventive des récidives de la maladie notamment bipolaire.
Les mécanismes sous tendant l’efficacité thérapeutiques de l’électrochoc restent mal compris. Les effets d’une telle stimulation sont nombreux : électrophysiologiques, neurochimiques. Il est probable que le relargage de neuropeptides cérébraux soit le déterminant de l’action thérapeutique.
L’image de l’électrochoc, en dehors des milieux médicaux, conserve un caractère négatif injuste, hérité des modalités de pratique de la première moitié du 20ème siècle. Alors qu’il est parfois cru qu’il est archaïque et en voie de disparition, l’usage de l’électochoc est au contraire, de plus en plus fréquent dans des conditions de confort suffisantes pour qu’il soit même pratiqué comme traitement ambulatoire.
Syn. sismothérapie, électronarcose, convulsivothérapie
→ électrochoc, psychotropes, dépression mélancolique, psychose puerpérale, schizophrénie, maladie bipolaire
[H3]
Édit. 2019
LRRK2 gène sigle pour Leucine Rich Repet Kinase 2
Le gène LRRK2, localisé en 12q12, code une protéine avec 5 domaines fonctionnels prédits : un domaine N-terminal riche en leucine (LRR), un domaine Roc d'homologie avec la superfamille de la GTPase Ras, un domaine COR (C-terminal de Roc), un domaine MAPKKK (MAP kinase kinase kinase) et un domaine répété WD40.
La protéine LRRK2 est capable de phosphoryler la protéine basique de la myéline et de s'autophosphoryler. Elle interagit avec la parkine (PARK2), également impliquée dans la maladie de Parkinson.
La mutation de ce gène est l'une des causes les plus fréquentes de maladie de Parkinson héréditaire et en particulier la mutation G2019S. Cependant, la prévalence de cette mutation est différente selon les populations : très rare en Asie, faible en Europe du Nord et élevée en Italie, en Espagne et au Portugal.
Syn. DARDARIN
→ parkine
[C1, H1, Q2]
Édit. 2019
effet tératogène des antithyroïdiens l.m.
teratogenic effect of antithyroid drugs
Le maniement des médications antithyroïdiennes s’impose lors de la coïncidence d’une maladie de Basedow et de la grossesse.
Une grossesse sur 1000 s’observe chez une femme atteinte de maladie de Basedow. En dépit du possible risque embryopathique lié aux antithyroïdiens, cette situation doit être gérée car c’est en l’absence de traitement que le risque de malformations, de fausse couche est le plus élevé.
L’aplasie du cuir chevelu (aplasia cutis) a une incidence proche de 0,2% (l’incidence spontanée est estimée à 0,02-0,03%), s’observe surtout sous carbimazole et thiamazole. De rares cas ont aussi rapportés sous dérivés du thio-uracile.
Un syndrome polymalformatif embryopathique a été décrit sous mercapto-imidazolines (carbimazole, thiamazole) : dysmorphies faciales, atrésie des choanes ou de l'œsophage, fistules trachéo-œsophagiennes, anomalies du septum interventriculaire, situs inversus, hernies diaphragmatiques, omphalocèles…. Quelques dizaines d’observations en ont été rapportées. Ces signes ne sont pas spécifiques, s’observent en dehors de toute prise médicamenteuse, si bien que l’imputabilité est discutée. Toutefois ils n’ont jamais été observés sous dérivés du thio-uracile. C’est pourquoi la prescription de propylthio-uracile ou de benzylthio-uracile est privilégiée durant les 2 premiers mois de la grossesse.
On a décrit aussi un risque embryopathique lié aux dérivés du thio-uracile, toutefois de moindre gravité : anomalies malformatives de la face et du cou (région pré-auriculaire, hélix, fistules …), de l’appareil urinaire (hydronéphrose, kyste rénal…).
La prise en charge des hyperthyroïdies en début de grossesse par l’iodure a été proposée au Japon, n’a pas fait l’objet de larges évaluations.
→ antithyroïdiens, maladie de Basedow
[G4, G5, O4]
Édit. 2019
protéine SMN l.f.
SMN protein
La protéine SMN (Survival of Motor Neurons) est une protéine intra-cellulaire codée par le gène SMN1 (et, pour une faible proportion, par le gène SMN2), dont l'absence conduit à une dégénérescence des neurones moteurs.
Un déficit en protéine SMN est responsable de certaines formes d'amyotrophie spinale (spinal muscular atrophy) appelées
amyotrophies spinales proximales liées à SMN1 : SMA de type I (maladie de Werdnig-Hoffmann), SMA de type II (intermédiaire), SMA juvénile de type III (maladie de Kugelberg-Welander) et SMA de type IV (forme adulte).
→ amyotrophie spinale proximale, SMN1 gene, SMN2 gene, Werdnig-Hoffmann (amyotrophie spinale de), maladie de Kugelberg-Welander
[C1, C3, H1, I4]
Édit. 2019
solenazumab n.m.
solenazumab
Anticorps monoclonal dirigé contre les peptides β-amyloïdes, utilisé dans le traitement de la maladie d’Alzheimer
Le solenazumab se fixe sur les peptides β-amyloïdes qui s’agrègent et forment des plaques dans le cerveau aux stades précoces de la maladie d’Alzheimer.
→ Alzheimer (maladie d'), anticorps monoclonal
[H1, G5]
Édit. 2019
solenazumab n.m.
solenazumab
Anticorps monoclonal dirigé contre les peptides β-amyloïdes, utilisé dans le traitement de la maladie d’Alzheimer.
Le solenazumab se fixe sur les peptides β-amyloïdes qui s’agrègent et forment des plaques dans le cerveau aux stades précoces de la maladie d’Alzheimer.
→ anticorps monoclonal, peptide β-amyloïde, maladie d’Alzheimer
[H1, G5]
Édit. 2019
fumarylacétoacétase n.f.
fumarylacetoacetase
La fumarylacétoacétase est une enzyme clivant le fumarylacétoacétate en acide fumarique et acide acétoacétique.
Un déficit en fumarylacétoacétase est responsable de la maladie appelée hypertyrosinémie de type 1. Dans cette maladie rare (1 cas sur 2 millions de naissances), l'accumulation de fumarylacétoacétate et de ses dérivés inhibe le métabolisme de la tyrosine, entraînant son accumulation sanguine et des manifestations cliniques variables, principalement hépatiques.
Syn. fumarylacétoacétate hydrolase
Sigle FAH
→ hypertyrosinémie de type 1, acide fumarique, acide acétoacétique, tyrosine
[C1, Q2, R1]
Édit. 2020
Wilson (maladie de) l.f.
Wilson disease
Désordre génétique du métabolisme du cuivre dû à des mutations du gène ATP7B situé sur le chromosome 13 (13q 14.3-q21.1), codant pour la protéine ATP7B, transporteur transmembranaire du cuivre? membre de la famille des ATPases.
Du fait de l'anomalie du transporteur, le cuivre alimentaire absorbé par l'intestin est insuffisamment excrété dans la bile et s'accumule dans les cellules, principalement dans le foie et le système nerveux central. L’affection qui débute entre 5 et 40 ans, entraînant des manifestations hépatiques évoluant vers la cirrhose, peut se manifester par une hépatite aigüe sévère voire fulminante et des manifestations nerveuses : syndrome extrapyramidal, dyskinésies avec une dysarthrie et des troubles de la déglutition, et par des manifestations psychiques (troubles du caractère, épisodes dépressifs, difficultés scolaires). Les lésions rénales sont plus tardives. Un anneau cornéen brun-verdâtre, (anneau de Kayser-Fleischer) lié à l’accumulation de cuivre dans la cornée est caractéristique mais inconstant. La concentration de cuivre et de céruloplasmine est diminuée dans le sang. La teneur du cuivre est augmentée dans les urines. Les traitements appropriés sont les chélateurs du cuivre : la D-pénicillamine le plus souvent prescrite ou le triéthylène tétramine dihydrochloride (Trinetine®) ou encore le zinc (Wilzin® ) réservé aux échecs des autres chélateurs ou en cas d’intolérance .
La prévalence de la maladie de Wilson est faible : 1/40.000. Cette maladie, autosomique récessive, se développe chez les hétérozygotes composites.
S. Wilson, neurologue britannique (1912) ; B. Kayser (1902) et B. Fleischer (1903), ophtalmologues allemands
→ ATP7B, ATPase, Kayser-Fleischer (anneau cornéen de), céruléoplasmine, céruloplasmine, Wilson (arthrite de la maladie de), D-pénicillamine, wilzin
[H1, L1, M1, P2, Q2, R1 ]
Édit. 2020
citrullinémie de type I l. f.
citrullinemia type I
Maladie métabolique héréditaire affectant le cycle de l'uréogenèse, due à un déficit en argininosuccinate synthase, transmise sur le mode autosomique récessif. Elle est causée par une mutation du gène ASS1, localisé sur le chromosome 9q34.
Chez le nouveau-né, cette maladie se caractérise initialement par une léthargie progressive, un refus d'alimentation et des vomissements. Sur le plan biologique, elle est caractérisée par une hyperammoniémie et une hypercitrullinémie. En l'absence de traitement, l'évolution spontanée aboutit à des convulsions, un coma et la mort
Il existe une forme tardive chez l'adulte entrainant des troubles neurologiques plus ou moins prononcés.
→ uréognèse, citrulline, citrullinémie, argininosuccinate synthase
[C1, Q2]
Édit. 2020
citrullinémie de type II l. f.
citrullinemia type II
Maladie métabolique héréditaire affectant le cycle de l'uréogenèse, due à un déficit en citrine, transporteur de l'acide aspartique indispensable pour la synthèse de l'urée. Elle est transmise sur le mode autosomique récessif et est causée par une mutation du gène SLC25A13, localisé sur le chromosome 7q21.
Dans sa forme classique, la maladie survient chez l'adulte entre 20 et 50 ans. Elle se traduit par l'apparition soudaine de symptomes neuropsychiatriques, avec désorientation, comportements anormaux, délires nocturnes, convulsions et coma. La biologie montre une hyperammoniémie et une hypercitrullinémie. L'évolution peut conduire à un oedème cérébral et à la mort du malade.
→ uréogenèse, ammoniémie, citrullinémie
[C1, Q2]
Édit. 2020