Publié le 13 novembre 2025

Hydrochlorothiazide et cancers cutanés : prévenir avant tout !

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Hydrochlorothiazide et cancers cutanés : prévenir avant tout ![1]

Communiqué de l’Académie nationale de médecine

13 novembre 2025

 

L’Hydrochlorothiazide (HCTZ) est l’un des diurétiques les plus prescrits en France et en Europe, en raison de sa bonne tolérance et de son efficacité validée contre l’hypertension artérielle. En France, plus d’un million de patients sont exposés annuellement à l’HCTZ, seul ou en association (1). Le réseau des Centres Régionaux de Pharmacovigilance en France (2) a montré que le risque de cancer cutané, induit par l’HCTZ, était dose-dépendant et augmentait avec la durée du traitement (dose cumulée supérieure à 50 000 mg).

Des données expérimentales récentes (3,4) confirment son rôle photosensibilisant et phototoxique sur le risque de carcinomes épidermoïdes cutanés et des lèvres.

En conséquence, l’Académie nationale de médecine :

Rappelle les recommandations de prévention formulées par l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) (5) : l’examen cutané représente une opportunité essentielle de prévention précoce.

Recommande, dans ce contexte, une surveillance régulière de la peau :

1-     Par le médecin :

–        À l’instauration du traitement, en vérifiant l’absence d’antécédent de carcinome cutané et en examinant la peau et les lèvres ; un antécédent de cancer épidermoïde cutané n’est pas une contre-indication à l’HCTZ mais nécessite une surveillance cutanée plus stricte (2 fois par an) ;

–        Lors des renouvellements d’ordonnance, en y associant un examen cutané (1 à 2 fois par an) surtout des zones de la peau découvertes, cibles des ultra-violets (UV) et donc du développement des carcinomes cutanés.

2-     Par le patient :

–         Par un auto-dépistage régulier de la peau et des lèvres, qui doit être encouragé ;

–         En pratiquant une photoprotection régulière des zones de la peau exposées au soleil : vêtements couvrants, crèmes solaires à large spectre protégeant des UVB et des UVA particulièrement concernés dans le développement de ces cancers cutanés.

3-     Par le pharmacien :

–        Qui, avec chaque délivrance du traitement, doit rappeler aux patients les mesures de photoprotection et d’auto-dépistage et convaincre les patients à signaler rapidement toute lésion suspecte à leur médecin traitant.

Références
1.     Caisse Nationale d’Assurance Maladie. Open Medic : bases complémentaires sur les dépenses et bénéficiaires de médicaments (2014–2024) [jeu de données]. 2025. https://www.data.gouv.fr/fr/datasets/open-medic/

2.     Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM). Médicaments à base d’hydrochlorothiazide : information sur l’évaluation européenne d’un signal de sécurité. 18 janvier 2018 ; Mise à jour 06 01 2021

3.     Karkoszka M., Rok J., Rzepka Z. et al., Phototoxic Reactions Inducted by Hydrochlorothiazide and Furosemide in Normal Skin Cells—In Vitro Studies on Melanocytes and Fibroblasts, Int J Mol Sci. 2024 ;25(3) :143. Doi :10.3390/ijms25031432

4.     Tao L., Xu Y., Cui Y. et al., Hydrochlorothiazide disrupts DNA damage response to exacerbate skin photosensitivity, Environ Saf., 2024 ;287 :117314. Doi: 10.1016/j.ecoenv.2024.117314
5.     Centre de Pharmacovigilance de Nancy, Hydrochlorothiazide et risque de cancer cutané – quid des autres antihypertenseurs ? Échos de Pharmacovigilance 2023, N°9, page 4 -5

 

[1] Communiqué de la Plateforme de communication rapide