Communication scientifique
Publié le 12 mai 2020

Fièvre méditerranéenne familiale et autres maladies auto-inflammatoires : de la génétique à la pratique médicale

MOTS-CLÉS : Maladies du système immunitaire, Diagnostic précoce
Family Mediterranean fever and other auto-inflammatory diseases: From genetics to medical practice
KEY-WORDS : Immune system diseases, Early diagnosis

I. Touitou*

L’auteur déclare ne pas avoir de liens d’intérêts.

Étant donné le contexte sanitaire épidémique lié au Covid-19 du mois de mars 2020, la présentation orale de cette communication en séance à l’Académie a été reportée.

Résumé

Les maladies auto-inflammatoires (MAI) sont un groupe de maladies rares dues à une dérégulation du système immunitaire inné. Elles se caractérisent par des fièvres récurrentes, associant de façon variable sérites, inflammation cutanée, et déficit neurosensoriel. Le syndrome biologique inflammatoire est constant. Il existe des formes multifactorielles de l’adulte comme la goutte, la maladie de Crohn ou de Behçet, et des formes monogéniques débutant en général chez l’enfant. Nous avons identifié le premier gène en 1997 dans le cadre d’un consortium français. À ce jour, une quarantaine de gènes ont pu être impliqués. Trois voies physiopathologiques principales sont activées : l’inflammasome, le NF-κB, et l’interféron, aboutissant à un excès de sécrétion de cytokines pro-inflammatoires. Leur compréhension a permis le développement de tests génétiques et de thérapeutiques ciblées efficaces. Un diagnostic précoce permet d’initier un traitement adapté, d’améliorer la qualité de vie des patients, et de leur éviter des complications parfois létales comme l’amylose rénale ou un déficit fonctionnel majeur.

Summary

Auto-inflammatory diseases (AID) are a group of rare diseases due to a deregulation of the innate immune system. They are characterized by recurrent fevers, variably combining serositis, skin inflammation, and sensorineural deficiency. The biological inflammatory syndrome is constant. In adults, there are multifactorial forms such as gout, Crohn’s or Behçet’s disease, whereas monogenic forms usually occur in childhood. We have identified the first gene in 1997 as part of a French consortium. To date, about forty genes have been pinpointed in AIDs. Three main pathophysiological pathways are activated in these diseases: inflammasome, NF-κB, and interferon. Their activation results in excess secretion of pro-inflammatory cytokines. Their understanding has enabled the development of genetic tests and targeted effective therapies. Early diagnosis enables to initiate appropriate treatment, to improve the life of these patients and to avoid potential lethal complications such as renal amyloidosis or major functional deficiency.

Accès sur le site Science Direct : https://doi.org/10.1016/j.banm.2020.03.010

Accès sur le site EM Consulte

* Cellules souches, plasticité cellulaire, médecine régénérative et immunothérapies, Inserm, université de Montpellier, département de génétique médicale, maladies rares et médecine personnalisée, CEREMAIA, CHU Montpellier, Montpellier, France

Bull Acad Natl Med 2020;204:517—523. Doi : 10.1016/j.banm.2020.03.010