Communication scientifique
Session of 29 avril 2025

Espoirs et déceptions de la xénotransplantation au vingtième siècle

MOTS-CLÉS : Transplantation hétérologue, Hétérogreffes, Primates, Suidae, Anastomose chirurgicale, Rejet du greffon
Hopes and disappointments of twentieth-century xenotransplantation
KEY-WORDS : Transplantation, xenografts, Primates, Swine, Anastomosis, Graft Rejection

Yvon Lebranchu*

L'auteur déclare n'avoir aucun lien d'intérêt.

Résumé

L’histoire de la xénotransplantation au vingtième siècle a évolué par vagues successives apportant espoirs et déceptions. La première est celle des pionniers lyonnais de la transplantation, Alexis Carrel et Mathieu Jaboulay qui, ayant mis au point une technique permettant de réaliser des anastomoses vasculaires, ont fait les premières xénogreffes de reins de porc et de chèvre, décrivant sans le savoir le rejet hyperaigu avec thrombose et nécrose du greffon. Les premiers succès de l’allogreffe de rein et la pénurie de greffons ont déclenché une seconde vague dans les années soixante avec des xénogreffes d’organes de primates proches de l’homme mais avec une survie des greffons qui ne dépassait pas quelques semaines, faute d’une immunosuppression efficace. La découverte de nouveaux immunosuppresseurs à la fin du vingtième siècle et l’identification des mécanismes du rejet hyperaigu a suscité de nouveau de grands espoirs avec des xénogreffes d’organes de porcs. Malheureusement la découverte de rétrovirus porcins dans le génome des porcs et la possibilité de déclencher une pandémie mondiale a imposé un moratoire d’une vingtaine d’années avant que les progrès de la biotechnologie ne permettent de franchir un nouveau cap, peut être décisif cette fois, en 2021.

Summary

The history of xenotransplantation in the twentieth century has evolved in successive waves bringing hopes and disappointments. The first was that of the Lyon transplant pioneers, Alexis Carrel and Mathieu Jaboulay, who, having developed a technique for performing vascular anastomoses, performed the first xenografts of pig and goat kidneys, unknowingly describing hyperacute rejection with thrombosis and necrosis of the graft. The first successes of kidney allografts and the shortage of grafts triggered a second wave in the sixties with xenografts of organs from primates close to humans but with graft survival that did not exceed a few weeks, due to the lack of effective immunosuppression. The discovery of new immunosuppressants at the end of the twentieth century and the identification of the mechanisms of hyperacute rejection once again raised great hopes with xenografts of pig organs. Unfortunately, the discovery of porcine retroviruses in the pig genome and the possibility of triggering a global pandemic imposed a moratorium of around twenty years before progress in biotechnology made it possible to take a new step, perhaps decisive this time, in 2021.

Accès en ligne : https://doi.org/10.1016/j.banm.2025.05.017

*Auteur correspondant. Université de Tours, Tours, France
Académie nationale de médecine.

Bull Acad Natl Med 2026;210:16-8. [En ligne] Disponible sur : https://doi.org/10.1016/j.banm.2025.05.017