Rapport
Séance du 3 mars 2026

PHOTOGRAPHIE ET VIDEO MEDICALES, ELEMENTS ESSENTIELS DU DOSSIER MEDICAL, DES SOINS, DE L’ENSEIGNEMENT ET DE LA RECHERCHE

MOTS-CLÉS : Photographie médicale, photographie clinique, vidéo médicale, dossier médical
Medical photography and video recording, essential elements for medical records, patient care, teaching and research
KEY-WORDS : Medical photography, clinical photography, medical video, medical records

Marie-Paule VAZQUEZ, Martine BAGOT (Coordinatrices), au nom du groupe de travail des Commissions 8 et 9 de l’Académie nationale de médecine.

Les auteurs déclarent ne pas avoir de liens d’intérêt autres que scientifiques avec le sujet du rapport

Résumé

La photographie (et vidéo) médicale (PVM) est par définition « la captation d’images de l’enveloppe corporelle externe, ou de cavités anatomiques accessibles de l’extérieur ou de plaies traumatiques ou chirurgicales, sans dispositif interposé ». La PVM n’est pas inscrite « nominalement » dans les listes institutionnelles décrivant la composition du dossier médical du patient (DMP). Elle est pourtant indispensable, quotidienne et recommandée dans de nombreuses spécialités et situations médicales. C’est un outil incontournable du diagnostic, du suivi, de la coordination des soins, des avis à distance et de la documentation médico-légale. Ce rapport a pour objectif de préciser le statut de la PVM, son organisation, son utilisation et sa sécurisation. Il analyse les usages dans les établissements hospitaliers et la pratique libérale. Les sources ont inclus les recommandations indiquant de réaliser des PVM (HAS, fiches techniques de la Classification Commune des Actes Médicaux, Sociétés savantes… etc.) et les pratiques des spécialités.  Il existe une grande hétérogénéité organisationnelle liée au déficit de laboratoires, à la raréfaction des photographes médicaux et/ou des personnes dédiées, à l’usage massif des smartphones, à la dispersion des données, et à l’intégration insuffisante dans les dossiers patients informatisés (DPI). Les solutions dépendent du volume d’images et des protocoles de soins et reposent, selon les cas, sur des appareils photos dédiés, des laboratoires aménagés, des référents formés dont le photographe médical, l’intégration au système d’information hospitalier, des applications sécurisées et certifiées. La PVM doit être reconnue comme une donnée médicale à part entière, soumise aux mêmes règles que les autres données de santé (Règlement général sur la protection des données (RGPD), Loi informatique et libertés (LIL), secret médical, accès des patients à leur dossier). La sécurisation et la valorisation de la PVM nécessitent un engagement fort des institutions et des directions d’établissements afin de garantir la qualité, la traçabilité, un stockage certifié, une conformité réglementaire. En pratique libérale les mêmes exigences de qualité et sécurité s’imposent, bien que les moyens techniques et organisationnels diffèrent. Dans tous les cas il est indispensable d’améliorer les moyens humains et techniques dédiés, la reconnaissance dans le DPI, la valorisation financière et l’harmonisation entre secteurs public et privé.  La valeur pédagogique de la PVM est reconnue. Son utilisation pour l’enseignement et la recherche impose des règles dont un consentement écrit spécifique et une anonymisation. Ces éléments soulignent l’urgence d’une réponse institutionnelle coordonnée, articulée autour des directions d’établissement et des instances nationales. Sept recommandations sont formulées au sujet de la PVM : 1. Reconnaissance officielle dans le dossier médical. 2. Application du cadre juridique commun aux données de santé numériques. 3. Dotation en moyens humains et techniques adaptés. 4. Valorisation institutionnelle. 5. Reconnaissance du métier de photographe médical. 6. Formation initiale et continue des médecins et odontologistes. 7. Encadrement de l’utilisation dans l’enseignement et la recherche.

Summary

Medical and video photography (PVM) is by definition « the capture of images of the body envelope, accessible natural cavities or wounds either from trauma or surgery, without interposed device ». It is not registered as such in the institutional lists describing medical records. However, it has become indispensable daily and is recommended in many medical specialties. It is an essential tool for diagnosis, monitoring, coordination of care, remote opinions and medico-legal documentation. The report aims to clarify the status of PVM, its organization, uses and security. It details its uses both in public hospitals, and private structures and practice. The sources used include institutional recommendations (scientific societies, HAS, technical sheets of the Common Classification of Medical Acts), and practices outlined in various specialties. There is a great deal of organizational heterogeneity linked to the lack of photographic laboratories, the scarcity of medical photographers and/or dedicated people, the massive use of smartphones, the dispersion of data, and insufficient integration into the patient digital file.  The solutions, which depend on the volume of images and care protocols, are based on dedicated cameras, equipped laboratories, trained referents including a possible medical photographer, integration into the hospital information system, and secure dedicated applications. PVM must be recognized as specific medical data, subject to the same rules as other health data (General Data Protection Regulations (GDPR), the Data Protection Act (DPA), medical confidentiality, storage and patient access). Securing and promoting PVM requires strong commitment from institutions and their management to guarantee quality, traceability, certified storage, access and regulatory compliance. In private practice, the same quality and security requirements apply, although the organizational means differ. It is essential to improve dedicated human and technical resources, formal recognition in medical records, financial valuation, and harmonization between the public and private sectors. The educational value of PVM is recognized, but its use for teaching and research requires specific written consent and anonymization procedures. These elements underline the urgency of a coordinated institutional response, articulated around institutional management and national authorities. Seven recommendations are formulated: 1. Official recognition in medical records. 2. Application of the common legal framework to digital health data. 3. Appropriate human and technical resources. 4. Institutional valorisation. 5. Official recognition of the profession of medical photographer. 6. Initial and continuous training for medical doctors and odontologistes.  7. Supervision of use in teaching and research.