Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

45 résultats 

brûlés (premiers soins aux) l.m.p.

burn patients first cares

Soins primordiaux et essentiels de prise en charge des brûlés qui doivent tenir compte de la spécificité des lésions pour assurer la qualité des résultats ultérieurs.
Une brûlure est provoquée par l'action d'un agent nocif (chaleur, radiations, courant électrique ou produit chimique) qui ne cesse pas immédiatement après suppression de la cause : pendant un temps encore assez long la brûlure se propage aux tissus voisins de sorte que le volume lésé est plus grand que celui sur lequel a porté l'action initiale.
Pour limiter l'extension d'une brûlure superficielle, on doit laver immédiatement à l'eau froide la brûlure (peau, muqueuse, œil) pendant une quinzaine de minutes, au moins, pour éliminer la chaleur restante ou le caustique. L'entourage doit agir avant l'arrivée des secours (les conseils téléphoniques sont très utiles ainsi que l'éducation de la population pour éviter des erreurs traditionnelles).
Indépendamment d'une carbonisation éventuelle des tissus, la brûlure produit immédiatement un œdème par gonflement des cellules lésées. Elles éclatent ensuite en libérant des enzymes lysosomiques toxiques. Le gonflement des cellules se fait à partir du liquide extracellulaire, ce qui entraîne rapidement une fuite considérable de plasma hors des capillaires. Pour compenser cette fuite, il faut perfuser le plus vite possible des solutions alcalines (si possible des solutions de substituts du plasma et de bicarbonate). Cela permet d'éviter le collapsus vasculaire et protège les reins en maintenant une bonne diurèse (mettre une sonde vésicale pour mesurer la diurèse horaire).

Étym. francique brojan : échauder, avec influence du lat. ustulo : brûler

brûlure électrique, brûlure

Édit. 2017

brûlé (anesthésie du) l.f.

anaesthesia of burns

Anesthésie relativement courte, nécessaire dans le cas des brûlés, mais répétée pour le renouvellement de leurs pansements et pour les greffes.
Leurs veines sont souvent peu accessibles et la face, le cou ou les voies aériennes supérieures ne sont fréquemment pas indemnes. On préfère dans ces cas utiliser des produits tels la kétamine par voie intramusculaire ou, si possible, le propofol par voie intraveineuse.

Étym. francique brojan : échauder, avec influence du lat. ustulo : brûler

brûlure, kétamine, propofol

Édit. 2017

accident électrique (premiers secours) l.m.

first aid in electrical accident

Conduite à tenir devant un accident électrique.
Ce qu'il ne faut pas faire : toucher la victime, utiliser des objets métalliques ou humides pour écarter un fil électrique ou pour tirer la victime (risque de s'électrocuter soi-même).
Ce qu'il faut faire : couper le courant ou le faire couper (haute tension) en téléphonant aux pompiers, à la compagnie électrique ou au chef de gare (chemins de fer). Avant de couper le courant, prévoir la chute d'une victime agrippée à un câble électrique, afin d’éviter les traumatismes. Protéger des souillures les brûlures visibles, demander des secours médicalisés pour mettre rapidement en route une réanimation cardiorespiratoire avec perfusion alcaline.

brûlure électrique, électrisation

[B1, E1]

Édit. 2019

premiers secours l.m.p.

first aid

Premiers gestes salvateurs généralement donnés par des secouristes.
Les premiers secours sont généralement appelés par un système d'alerte téléphonique (numéro d'appel 15 pour les SAMU). Une directive de l'Union Européenne institue le 119 comme numéro d'appel unique pour tous les secours (police, pompiers, SAMU).

Étym. lat. succurrer : secourir

alerte, appel unique dans l'Union Européenne

brûlure n.f.

burn

Destruction des téguments, voire des tissus sous-jacents, sous l'action d'un agent thermique (flammes, contacts liquides solides ou gazeux), chimique, électrique, ou de radiations ionisantes.
La gravité est évaluée en fonction de la surface, de la profondeur, mais aussi du terrain et des atteintes associées. La classification de la profondeur est déterminée selon trois degrés ; brûlure du 1er degré : érythème douloureux plus ou moins œdémateux ; brûlure du 2ème degré, soit superficiel (bulles circonscrites ou phlyctènes très douloureuses sur une surface rouge œdémateuse très douloureuse), soit profond (même aspect mais avec une atteinte dermique) ; brûlure du 3ème degré : atteinte de toute l'épaisseur cutanée avec escarre, voire carbonisation des tissus sous-jacents.
La chaleur, cause principale des brûlures, agit par les rayons infrarouges ou par contact direct (corps chaud solide, liquide, vapeur d'eau ou gaz brûlants).
Les radiations ionisantes (ultraviolets, rayons X et γ, etc.) ou non ionisantes (ultrasons), et de nombreux corps chimiques liquides (acides sulfurique, chlorhydrique et fluorhydrique, soude, potasse, ammoniaque) ou gazeux (chlore, ammoniac, ypérite, etc.) peuvent produire des brûlures.
L'abrasion de la peau par friction produit un effet équivalent à celui d'une brûlure.
Par la chaleur que dégage leur passage, tous les courants et ondes électriques peuvent provoquer des brûlures profondes, parfois très graves. Elles intéressent surtout les muscles et les vaisseaux, tissus plus conducteurs que la peau ou les tissus adipeux. C'est pourquoi des normes rigoureuses limitent le courant de fuite des appareils électriques (intensité < 3 A).
Les courants continus, même très faibles, libèrent de la soude à la cathode par électrolyse du chlorure de sodium contenu dans les liquides interstitiels : leur passage prolongé est la cause de brûlures chimiques au niveau de l'électrode (cathode) placée sur la peau.
La gravité d'une brûlure dépend de la quantité d'énergie destructrice dissipée dans les tissus lésés, énergie qui est donnée par le produit énergie = puissance x durée d'application.
Le volume exposé doit aussi être pris en considération. L'énergie dissipée agit dans un volume plus grand que celui de la cible initiale du fait de la diffusion vers les tissus voisins, même après que la cause initiale ait cessé son action.
La gravité d'une brûlure est aussi fonction du volume intéressé. Pour la peau le volume est proportionnel au produit de la surface brûlée par l'épaisseur de la lésion, épaisseur estimable par celle de l'œdème. Ex. une brûlure cutanée intéressant 55% de la surface corporelle (soit 1 m2 chez un adulte de 1,8 m2 de surface corporelle), avec un œdème de 3mm d'épaisseur équivaut à une hémorragie grave, car elle entraîne un volume de plasma extravasé de 1 m2 x 3mm = 3 litres. Il faut donc compenser d'urgence une telle perte de liquide si l'on veut éviter l'arrêt cardiaque.
Enfin la gravité d’une brûlure chimique dépend du produit en cause. Un produit alcalin continue à agir en profondeur provoquant des brûlures térébrantes malgré le lavage à grande eau. Il faut parfois effectuer un nettoyage chirurgical pour éviter cette action en profondeur dite de liquéfaction. Les brûlures par acides provoquent au contraire une action de coagulation des protéines de surface qui limite l’action en profondeur.

Étym. francique brojan : échauder, avec influence du lat. ustulo : brûler

irradiation aigüe, surface corporelle, ultrasons, brûlés (premiers soins aux), brûlés (troubles psychiques des), brûlé (anesthésie du), brûlure (degré de gravité des), brûlure électrique

Édit. 2017

brûlure cornéenne l.f.

corneal chemical and thermal injury

Altération cornéenne causée par un agent chimique ou thermique, avec des conséquences souvent sévères sur la transparence de la cornée.

Étym. francique brojan : échauder, avec influence du lat. ustulo : brûler

brûlure

Édit. 2017

brûlure (degré de gravité des) l.f.

2e degré, phlyctènes ;

3e degré, brûlures profondes.

Étym. francique brojan : échauder, avec influence du lat. ustulo : brûler

brûlure

Édit. 2017

brûlure électrique l.f.

electric burns

Brûlure causée par l'énergie dissipée lors du passage du courant électrique (alternatif ou continu) à travers les tissus.
Le courant alternatif ne produit pas d'électrolyse, par contre l'électrolyse produite par un courant continu, même de très faible intensité (défaut d'appareillage), cause un dégagement de soude à la cathode qui peut entraîner une brûlure chimique de la peau au niveau de l'électrode de sortie du courant (cathode).
Le passage de l'électricité à travers un milieu continu (solide ou liquide) se fait selon des «tubes» de courant dont la résistance est proportionnelle au produit de la résistivité du milieu par la surface de section du «tube». La chaleur dégagée par l'énergie dissipée est proportionnelle à la résistance, au temps d'application et au carré de l'intensité (loi de Joule). L'électricité circule dans le corps à travers les «tubes» de moindre résistance: le courant suit donc le trajet des vaisseaux et des muscles, les lésions les plus importantes sont localisées aux points de plus faible section du «tube» où la résistance est la plus forte (poignets, chevilles, coudes et genoux).
La gravité d'une brûlure électrique ne s'apprécie pas à partir de la surface de la brûlure cutanée, qui peut être petite. Elle dépend des lésions vasculaires (coagulation obturant les vaisseaux) et musculaires. Les muscles brûlés libèrent de grandes quantités de myoglobine qui s'éliminent mal par les reins et provoquent une anurie si la diurèse est insuffisante et si l'urine est acide (la myoglobine, soluble en milieu alcalin, précipite en milieu acide). Il est nécessaire de perfuser les solutions alcalines pour alcaliniser les urines.
La gravité d'une brûlure électrique est fonction de l'importance des lésions profondes. On peut réduire cette gravité par des premiers soins efficaces et précoces.
Enfin, le passage du courant amène la contraction violente des muscles (tétanisation), qui peut entraîner des arrachements osseux et des chutes d'où des blessures et des fractures.

Étym. francique brojan : échauder, avec influence du lat. ustulo : brûler

brûlure,brûlé (premiers soins au), électrisation, électrocution

Édit. 2017

brûlure laryngée l.f.

laryngeal burn

Lésion du larynx liée à l’inhalation de gaz brûlants, à l’absorption de substance caustique, ou à un reflux gastro-œsophagien. On peut en rapprocher les lésions causées par la radiothérapie.
Les lésions siègent presque toujours au niveau du vestibule laryngé avec oedème et rougeur. En cas de déglutition de toxiques, on peut voir des ulcérations nécrotiques pouvant aboutir à une sténose. En cas de reflux gastro-oesophagien, on constate une rougeur de la muqueuse aryténoïdienne. Les brûlures en cas d’ignition de la sonde au laser sont particulièrement graves.

Étym. francique brojan : échauder, avec influence du lat. ustulo : brûler

brûlure

Édit. 2017

produits caustiques (intoxication et brûlure par des) l.f.

intoxication and burn caused by caustic products

Brûlures particulièrement redoutables produites par les produits caustiques parce que le produit continue son action tant qu'il n'a pas été neutralisé par les tissus ou éliminé par le traitement.
Quand l'action du caustique est externe, il faut laver largement et très rapidement la surface souillée (peau, œil).
Au contraire, en cas d'ingestion de produits caustiques (soude, eau de Javel, acide, etc.) il faut être très prudent car la brûlure peut rapidement perforer l'œsophage. En première urgence, ne pas faire vomir pour éviter que le caustique repasse par l'œsophage et y aggrave la brûlure, de même ne pas faire boire pour éviter de faire passer dans l'estomac le caustique qui reste dans la bouche ou la gorge. Seules les lèvres et la bouche peuvent être rincées. L'ingestion d'un produit caustique demande l'hospitalisation d'urgence en service spécialisé (indiquer le caustique en cause). Ne pas intuber ni faire de fibroscopie. S'il y a lieu le caustique passé dans l'estomac sera évacué par voie chirurgicale. Même bien traitées les brûlures du pharynx, du larynx et de l'œsophage, plus particulièrement par les caustiques acides, donnent souvent lieu à des cicatrices sténosantes.
L'ingestion des produits caustiques est surtout le fait d'enfants, elle peut être aussi le fait d'un geste suicidaire. De sérieuses mesures préventives doivent être prises pour que les enfants ne puissent atteindre les bouteilles de liquides caustiques et qu'ils ne puissent pas les ouvrir (bouchons normalisés).

brûlure

accès aux soins l.m.

health care accessibility

Faculté, pour une personne ou une population, de pouvoir bénéficier de services de soins : médecins, hôpitaux, etc.
L’accès aux soins peut être entravé par de nombreuses conditions : matérielles (éloignement des lieux de soins), financières (coût des soins), culturelles (ignorance des possibilités de soins offertes aux malades), etc.

Étym. lat. accessus : arrivée, accessibilité

[E3]

Édit. 2016

alcooliques (obligation de soins aux) l.f.

compulsory care of alcoholic persons

loi du 15 avril 1954

[E3,G3,G4]

Édit. 2017 

carnet de soins l.f.

Carnet délivré par le Secrétariat d’Etat aux anciens combattants aux personnes qui ont reçu une blessure ou contracté une maladie sous les drapeaux ou pour fait de guerre.
Ce carnet leur permet de bénéficier, au titre seulement de cette blessure ou maladie, de soins gratuits, médicaux, pharmaceutiques, d’hospitalisation, etc. quand leur état de santé le nécessite. Dans les autres cas, ces personnes sont couvertes par leur propre régime d’assurance maladie.

[E]

centre de soins l.m.

Etablissement ne comportant pas d’hébergement, destiné à l’établissement de diagnostics et à la dispense de soins ambulatoires, parfois de soins à domicile.
Les centres de soins existants sont souvent gérés par des municipalités ou des organisations privées, associations, mutuelles. Ils remplissent le rôle dévolu naguère aux dispensaires ; leur nombre diminue du fait du développement du parc hospitalier public et privé, et du grand nombre des cabinets de médecine de ville.

[E]

consentement aux soins en psychiatrie l.m.

consent to care in psychiatry

Le consentement de tout malade (ou de son représentant) devant être libre, éclairé et exprès, le refus ou la crainte de soins psychiatriques est souvent le fait de personnes qui en ont le plus grand besoin par suite du déni qui caractérise les troubles mentaux majeurs.
La loi du 27 juin 1990 a adopté les principes de l'"hospitalisation libre" et de l'hospitalisation "sans consentement". Effectuée sur demande d'un tiers ou d'office, dérogatoire au droit commun, cette dernière a pour but essentiel de pouvoir imposer au patient les soins nécessités par son état, en recherchant toutefois aussitôt que possible le maximum de participation de sa part, en particulier chez les psychotiques, grâce à une information appropriée.
Le psychiatre doit tenir compte de l'avis de l'incapable majeur et, dans certains cas précisés par le juge, recueillir le consentement de ses représentants légaux. S'il y a litige, il peut saisir le procureur de la République.
Lors d'une urgence, surtout de crise suicidaire, et quels que soient le niveau de conscience et l'attitude du sujet, il doit porter assistance à la personne en péril et, au besoin, tenir une position ferme vis-à-vis des proches, souvent enclins à banaliser le geste.

[H3,E3]

contrôle de qualité des soins l.m.

quality assessment

Opérations d'évaluation de la qualité des soins en termes de probabilité de succès pour un résultat recherché pour un ensemble de patients homogènes.
Cette probabilité définit le niveau de qualité mais il n'y a pas de règle générale pour fixer ce niveau qui peut correspondre à un risque d'un millionième (cas de la stérilisation) ou à un risque beaucoup plus faible selon la nature des soins et l'état du patient. Mais l'évaluation des risques est difficile, en pratique, on se réfère à des normes définissant le niveau minimum, optimal ou du moins acceptable d'une procédure ou d'un résultat. Une norme peut être utilisée pour définir une condition idéale, habituelle ou de référence. Dans les processus d'accréditation ou d'audit, la norme de qualité constitue une exigence de base donnant des indications sur ce que doit être le niveau de qualité d'une activité ou d'un processus donné.

accréditation, audit, qualité (cercle de), risque

[E3]

démence (retentissement psychique sur les proches donneurs de soins) l.

dementia (psychical repercussions among relatives caregivers)

Effets négatifs considérés comme majeurs, surtout décrits dans l'entourage des alzheimériens, et qui sont plutôt imputés à l'effet des troubles non cognitifs (psychotiques, dépressifs et comportementaux) des patients, ainsi qu'aux nécessaires restrictions apportées par l'entourage à ses relations et activités sociales.
Malgré les discordances entre les études publiées, la prévalence des troubles psychiques, en particulier dépressifs, apparaît très élevée. Des risques somatiques importants sont mis en évidence : hypertension artérielle, infarctus du myocarde, déficits immunitaires, etc. L'alcoolisme, l'abus de psychotiques sont fréquents.
Une prise en charge ou même en soins de ces "aidants" est souvent indispensable.

Étym. lat. de : en dehors de ; mens : esprit

dépense de soins l.f.

expense of care

Dépenses entraînées par une maladie.
Appliquée à une collectivité l’expression vise donc les dépenses dues aux hospitalisations, aux honoraires des professions de santé, aux médicaments, aux fournitures, etc., que ces dépenses soient couvertes par les organismes d’assurance maladie ou les particuliers.
Appliquée à une personne ou à un ménage, l’expression ne vise le plus souvent que les dépenses non couvertes par un organisme de protection sociale. Toute étude économique employant cette locution doit préciser ce qu’elle inclut.

directeur de soins infirmiers l.m.

- la gestion prévisionnelle des métiers et des compétences,

- l’élaboration du rapport annuel d'activités.
Un directeur de soins peut également prendre la direction d'un institut de formation aux professions paramédicales ou celle d'un institut de formation de cadres de santé.
L’accès au corps de directeur des soins de la fonction publique hospitalière se fait après la réussite au concours national.

Syn. directeur des soins infirmiers, directeur des services de soins infirmiers, coordonnateur général des soins, infirmier général

médicalisation des soins l.f.

medicalization, providing medical care

Ensemble de dispositions qui assurent, par un médecin dûment qualifié, les soins aux malades et blessés.
Par opposition aux soins prodigués par des secouristes (policiers, pompiers ou bénévoles) la médicalisation permet l'optimisation des soins grâce à un diagnostic et à des gestes thérapeutiques précoces qu'un médecin est le plus capable de prodiguer. Elle garantit aussi le respect de l'éthique médicale (secret, suivi, etc.).

nosocomiale (infection)

offre de soins l.m.

Dans un système de soins, ensemble des professionnels de santé et des établissements de soins à la disposition des malades pour satisfaire leurs besoins.
On admet généralement que l’offre entraîne la demande : c’est pourquoi plusieurs pays s’efforcent d’instaurer un numerus clausus pour les professions de santé et de limiter le nombre et la capacité des établissements de soins.

besoin sanitaire

Édit. 2017

parkinsonien (prise en soins d'un) l.f.

caregiving to a parkinsonian patient

Nécessité, dès la révélation du diagnostic, d'une attitude holistique dépassant, malgré son intérêt, la seule chimiothérapie, attachée à l'accompagnement du patient ainsi que des siens durant des années, dans une évolution inexorable et de plus en plus éprouvante.
Destinée à pallier le déficit nigrostrié en dopamine, la L-dopa à doses élevées est associée surtout à un inhibiteur de la décarboxylase, afin de prévenir ses effets seconds (principalement digestifs et cardiovasculaires) résultant de la libération de dopamine dans l'ensemble des tissus et de réserver au système nerveux central l'action de la L-dopa ingérée. Les agonistes dopaminergiques (bromocriptine, lisuride, etc.) exercent sur la membrane post-synaptique un effet analogue à celui de la dopamine. Les anticholinergiques n'ont plus qu'une place accessoire.
Ces molécules sont efficaces à la période initiale de "lune de miel", généralement peu invalidante et compatible avec une vie normale.
Une dégradation progressive aboutit à la période de maladie installée, avec son handicap permanent qui fluctue à des degrés divers selon les moments de la journée, les horaires des prises de médicaments et des évènements externes comme les repas ou les émotions. L'exercice physique est une nécessité tout au long de l'évolution.
À la période de déclin de l'efficacité thérapeutique, voire de mouvements anormaux iatrogènes, les patients présentent plutôt des troubles de la marche, des chutes répétées, des difficultés majeures d'élocution, parfois des déformations articulaires, avec perte de leur statut dans la cellule familiale et dévalorisation de l'image de soi. Le rôle du médecin, des professionnels de santé, des travailleurs sociaux et des associations est alors essentiel.
Des traitements neurochirurgicaux (notamment stimulation des noyaux sous-thalamiques) sont très efficaces sur les symptômes, mais ne sont indiqués que chez les sujets jeunes (moins de 60 ans) et ayant épuisé les effets bénéfiques de la L-dopa.
Le soutien psychique à l'égard d'un entourage souvent du même âge, lassé, voire épuisé par des charges de travail croissantes, dépassé par des variations symptomatiques souvent déconcertantes, inquiet sur le plan social et financier, parfois surprotecteur ou impatient, se montre indispensable.
Pour l'avenir, les résultats d'une greffe striée de neurones fœtaux à dopamine restent inégaux.

plan de soins l.m.

1) Synonyme de programme thérapeutique.
2) Dans certains établissements de soins, programme établi par le médecin et l’infirmière surveillante à l’intention du personnel de nuit, des infirmières en formation, etc.

réseau coordonné de soins (en médecine nucléaire) l.m.

Organisation française de la médecine nucléaire, créée par la circulaire de 1972.
Toutes les installations médicales utilisant des radioéléments sont regroupées autour de coordonnateurs régionaux, qui, entre autres, donnent un avis sur toutes les installations ou leurs modifications, ainsi que sur les autorisations d'équipements lourds, dont les gammacaméras.

schizophrénie (prise en soins) l.f.

schizophrenia (treatment)

Thérapeutique complexe, à la fois psychosociologique et pharmacologique, engageant d'emblée l'équipe interdisciplinaire et nécessitant une coordination qui se modifiera à la mesure des poussées évolutives ou des réactions du patient à certains évènements.
Le traitement initial est le plus souvent hospitalier. L'appréciation de sa durée tiendra compte à la fois de son rôle relatif de prévention des rechutes ultérieures (a fortiori du "syndrome de la porte tournante") et, a contrario, de l'"enkystement".
Sans les neuroleptiques, et dès lors que le diagnostic a été bien posé, les rechutes atteignent une forte majorité de malades. Si la tolérance aux psychotropes per os est bonne, on peut passer aux formes à action prolongée, plus fiables et moins contraignantes (une injection intramusculaire toutes les trois ou quatre semaines).
Une relation psychothérapique individuelle, au moins à type de soutien et d'adaptation à la réalité, sera régulièrement poursuivie, souvent associée à des entretiens familiaux non culpabilisants.
La prise en soins institutionnelle comportera un choix, à des degrés divers et de façon adaptée, notamment à la sortie, entre : d’une part, plusieurs approches et techniques (ergothérapie, thérapies corporelles, comportementales, art-thérapie, psychodrame, etc.) ;et d’autre part, un choix entre les formes d'environnement souhaitables et possibles (retour dans la famille sans forcer la main à celle-ci, hôpital de jour, appartement thérapeutique, centre d'aide par le travail).
L'allocation aux adultes handicapés est d'autant plus indispensable qu'une pleine réadaptation professionnelle est rarement réalisable chez ces patients, surtout en période de crise économique. Elle contribue à prévenir certaines "clochardisations".
Une continuité de soins optimale semble réalisée par le maintien de la relation à l'extérieur avec la même équipe hospitalière.

 schizophrénie

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