brûlure n.f.
burn
Destruction des téguments, voire des tissus sous-jacents, sous l'action d'un agent thermique (flammes, contacts liquides solides ou gazeux), chimique, électrique, ou de radiations ionisantes.
La gravité est évaluée en fonction de la surface, de la profondeur, mais aussi du terrain et des atteintes associées. La classification de la profondeur est déterminée selon trois degrés ; brûlure du 1er degré : érythème douloureux plus ou moins œdémateux ; brûlure du 2ème degré, soit superficiel (bulles circonscrites ou phlyctènes très douloureuses sur une surface rouge œdémateuse très douloureuse), soit profond (même aspect mais avec une atteinte dermique) ; brûlure du 3ème degré : atteinte de toute l'épaisseur cutanée avec escarre, voire carbonisation des tissus sous-jacents.
La chaleur, cause principale des brûlures, agit par les rayons infrarouges ou par contact direct (corps chaud solide, liquide, vapeur d'eau ou gaz brûlants).
Les radiations ionisantes (ultraviolets, rayons X et γ, etc.) ou non ionisantes (ultrasons), et de nombreux corps chimiques liquides (acides sulfurique, chlorhydrique et fluorhydrique, soude, potasse, ammoniaque) ou gazeux (chlore, ammoniac, ypérite, etc.) peuvent produire des brûlures.
L'abrasion de la peau par friction produit un effet équivalent à celui d'une brûlure.
Par la chaleur que dégage leur passage, tous les courants et ondes électriques peuvent provoquer des brûlures profondes, parfois très graves. Elles intéressent surtout les muscles et les vaisseaux, tissus plus conducteurs que la peau ou les tissus adipeux. C'est pourquoi des normes rigoureuses limitent le courant de fuite des appareils électriques (intensité < 3 A).
Les courants continus, même très faibles, libèrent de la soude à la cathode par électrolyse du chlorure de sodium contenu dans les liquides interstitiels : leur passage prolongé est la cause de brûlures chimiques au niveau de l'électrode (cathode) placée sur la peau.
La gravité d'une brûlure dépend de la quantité d'énergie destructrice dissipée dans les tissus lésés, énergie qui est donnée par le produit énergie = puissance x durée d'application.
Le volume exposé doit aussi être pris en considération. L'énergie dissipée agit dans un volume plus grand que celui de la cible initiale du fait de la diffusion vers les tissus voisins, même après que la cause initiale ait cessé son action.
La gravité d'une brûlure est aussi fonction du volume intéressé. Pour la peau le volume est proportionnel au produit de la surface brûlée par l'épaisseur de la lésion, épaisseur estimable par celle de l'œdème. Ex. une brûlure cutanée intéressant 55% de la surface corporelle (soit 1 m2 chez un adulte de 1,8 m2 de surface corporelle), avec un œdème de 3mm d'épaisseur équivaut à une hémorragie grave, car elle entraîne un volume de plasma extravasé de 1 m2 x 3mm = 3 litres. Il faut donc compenser d'urgence une telle perte de liquide si l'on veut éviter l'arrêt cardiaque.
Enfin la gravité d’une brûlure chimique dépend du produit en cause. Un produit alcalin continue à agir en profondeur provoquant des brûlures térébrantes malgré le lavage à grande eau. Il faut parfois effectuer un nettoyage chirurgical pour éviter cette action en profondeur dite de liquéfaction. Les brûlures par acides provoquent au contraire une action de coagulation des protéines de surface qui limite l’action en profondeur.
Étym. francique brojan : échauder, avec influence du lat. ustulo : brûler
→ irradiation aigüe, surface corporelle, ultrasons, brûlés (premiers soins aux), brûlés (troubles psychiques des), brûlé (anesthésie du), brûlure (degré de gravité des), brûlure électrique
Édit. 2017