Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

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Vogt-Koyanagi-Harada (syndrome de) l.m.

Vogt Koyanagi Harada’s syndrome, Harada's disease

Syndrome rare d’uvéoméningite, prédominant dans les races asiatiques, débutant à l'âge adulte, associant une méningoencéphalite lymphocytaire, une uvéite antérieure chronique uni- ou bilatérale, une surdité labyrinthique, une pelade circonscrite et une dépigmentation analogue à celle d'un vitiligo ou une poliose.
L’atteinte choroïdienne, sévère, est responsable de décollements rétiniens séreux étendus, responsables de diminution de l’acuité visuelle. Il s’y ajoute une dysacousie et des céphalées.
D'étiologie inconnue, il a fait envisager un processus auto-immun déclenché par un agent infectieux. L'étude ultrastructurale peut montrer l'absence de mélanocytes, remplacés par des cellules de Langerhans et par des cellules dendritiques, comme dans un vitiligo. La forme de Harada représenterait une variété sévère.

A. Vogt, ophtalmologue suisse (1906), Y. Koyanagi (1929) et E. Harada, ophtalmologues japonais (1926),

Sigle VKH

Vogt-Koyanagi (syndrome de), méningoencépalite, uvéite antérieure, surdité, pelade, vitiligo

voies optiques secondaires et accessoires l.f.p.

secondary visual tracts

Voies visuelles connectées avec des structures cérébrales assurant les réactions réflexes, automatiques et inconscientes.
- La voie photique ou rétino-hypothalamique met en rapport les cellules rétiniennes avec les noyaux suprachiasmatiques situés sur la ligne médiane, dans le diencéphale entre le thalamus et le mésencéphale. Cette voie transmet directement aux noyaux les impulsions des bâtonnets. Ce système, très réactif à la lumière, véritable horloge biologique assure la régulation et la synchronisation des rythmes circadiens. Par ses relations avec l’épiphyse il agit sur la sécrétion de la mélatonine.
- La voie rétino-tectale ou colliculaire, oculomotrice, met en rapport les cellules rétiniennes avec les tubercules quadrijumeaux antérieurs (colliculi superiores) en arrière du mésencéphale. Le colliculus est connecté au corps géniculé latéral (CGL) par les bras conjonctivaux. Cette voie a un rôle dans l’oculo-motricité : coordination des mouvements de la tête et des yeux, et dans la fixation du regard : saccades, mouvement de poursuite. Une voie directe vers le prétectum stabilise également l’image sur la rétine, contrôle l’ouverture de la papille et intervient dans le réflexe photomoteur.
- Parmi les systèmes optiques accessoires le pulvinar a un rôle important : ses noyaux inférieurs reçoivent des axones du tractus optique, du CGL et sont connectés avec le colliculus supérieur, l’aire visuelle occipitale striée et par son intermédiaire avec l’aire occipito-pariétale impliquée dans la détection du mouvement. Il a un rôle dans l’attention visuelle, la coordination du regard avec les mouvements du corps et la reconnaissance visuospatiale. Trois autres petits noyaux (dits terminaux) près du colliculus supérieur, en relation avec le tractus visuel, ont également un rôle dans la stabilisation de l’image au cours des mouvements de la tête et du cou ; chacun d’eux est impliqué dans une des trois directions de l’espace.

tubercules quadrijumeaux, pulvinar, noyau suprachiasmatique, prétectum, mouvement de fixation, mélatonine

Walthard (corps de) l.m.

Walthard's body

Nids de cellules épithéliales, bénins, les corps de Walthard sont disséminés sur la séreuse tubaire, habituellement observés par hasard dans des ovaires enlevés pour d’autres maladies, en particulier chez les patientes en postménopause.
Mesurant de 3 à 6mm, ils proviennent de la microinvagination d’un épithélium germinal ovarien à évolution métaplasique, qui forme des îlots de cellules pavimenteuses d’allure paramalpighienne, à l’intérieur desquelles peuvent se former plusieurs cavités kystiques.

M. Walthard, gynécologue suisse (1867-1933)

Syn. ilôt Walthard

Wiskott-Aldrich (syndrome de) l.m

Wiskott-Aldrich’s syndrome

Maladie génétique liée au chromosome X responsable d’un déficit immunitaire primaire récessif causé par l’absence de la protéine WASp (Wiskott-Aldrich syndrome protein) dans les leucocytes et se traduisant par des infections bactériennes ou virales répétées, un eczéma sévère, des hémorragies avec thrombopénie et des manifestations auto-immunes.
Le syndrome de Wiskott-Aldrich est rare (1/100 000 naissances). La maladie frappe les garçons. Les filles porteuses de la mutation ne sont pas malades. La protéine Wasp est un régulateur de l’actine du cytosquelette et de la signalisation cellulaire dans les leucocytes T et B. Les malades sont traités par greffe de moelle allogénique et, plus récemment, thérapie génique par introduction in vitro du gène dans des cellules souches hématopoïétiques autologues.
Le gène muté code pour la protéine "WASp" agissant sur la prolifération et la différentiation des cellules progénitrices hématopoïétiques ; son locus (IMD2) est en Xp11. 22-23. L’affection est liée au sexe récessive (MIM 301000).

P.G. Werlhof, médecin et poète allemand (1735) ; A. Wiskott, médecin allemand (1937) ; R. Aldrich, pédiatre américain (1954)

Syn. Aldrich (syndrome d'), Werlhof (maladie de)

xanthome n.m.

xanthoma

Formation habituellement cutanée, papuleuse ou nodulaire, caractérisée par sa coloration jaunâtre ou orangée et constituée de cellules histiocytaires macrophagiques spumeuses, chargées de lipides et surtout de caroténoïdes, appelées cellules de Chambard ou de Touton.
Le xanthome peut également se situer sur la cornée (arc cornéen ou gérontoxon, fréquent chez le sujet âgé) ou les tendons (xanthomes tendineux). Les localisations tendineuses et oculaires se rencontrent dans les hypercholestérolémies familiales.

Étym. gr. xanthos : jaune

hypercholestérolémie familiale, hyperlipoprotéinémie de type II

xanthosidérohistiocytose n.f.

xanthosiderohistiocytosis

Forme d'histiocytose non langerhansienne atteignant préférentiellement l'adulte jeune, pouvant concerner la peau, la posthypophyse, le tractus respiratoire et parfois d'autres organes, caractérisée par la survenue de lésions cutanées faites de papules de couleur verdâtre, confluentes, habituellement localisées au niveau des plis de flexion de manière symétrique, et parfois dans les régions périlabiale et péri-orbitaire.
L'examen histologique montre un infiltrat dermique constitué d'histiocytes à cytoplasme riche en fer et en lipides, de cellules xanthomateuses à cytoplasme spumeux, parfois du type cellules de Touton, auxquels s'associent des lymphocytes et des polynucléaires éosinophiles; l'examen en microscopie électronique montre l'absence de granules de Birbeck. L'évolution est chronique, les lésions persistant plusieurs années. Cette affection a été décrite comme une forme particulière de xanthoma disseminatum.

xénobiotique n.m.

xenobiotic

Molécule d'origine étrangère à un organisme, présente exceptionnellement dans l'organisme et qui n'est ni un substrat, ni un produit habituel des réactions métaboliques.
Ces molécules de faible poids moléculaire sont de nature très variée; elles regroupent les contaminants alimentaires, les composés synthétiques ou leurs sous-produits, les médicaments ou les polluants environnementaux. Elles peuvent pénétrer passivement dans les cellules ou grâce à des transporteurs. Leur accumulation dans les cellules est néfaste.  Les xénobiotiques sont généralement transformés dans le foie par des réactions indispensables permettant leur élimination, convertissant ces composés lipophiles en composés hydrophiles permettant leur excrétion dans les urines ou les fècs. Les variations interindividuelles dans l’activité des enzymes du métabolisme et des transporteurs des xénobiotiques sont majeures et dépendent de plusieurs facteurs génétiques, épigénétiques, environnementaux ou pathologiques. Ainsi, la pharmacogénétique connaît un développement important permettant de prédire la réponse des individus à certains médicaments. Les produits issus du métabolisme de polluants environnementaux, tels les pesticides pourraient conduire à la survenue de pathologies diverses.    

Étym. gr. xenos : étranger ; bios, biotos : vie

[E1, G3, G4, G5,]

Édit. 2019

xeroderma pigmentosum l.m.

xeroderma pigmentosum

Génodermatose rare, transmise de façon autosomique récessive, dont l'incidence est favorisée par les mariages consanguins, associant des altérations cutanées sévères prédominant sur les régions exposées au soleil, avec pigmentation hétérogène, atrophie cutanée et télangiectasies, le tout réalisant un état poïkilodermique, atteinte oculaire avec photophobie et kératite, parfois troubles neurologiques.
La principale caractéristique de cette affection est le taux élevé de carcinomes spino- et basocellulaires et plus rarement de mélanomes malins, qui entraînent la mort des deux tiers des patients avant l'âge de 20 ans.
Le diagnostic est clinique. Il existe dans ce syndrome une microcéphalie, un nanisme, un hypogonadisme, une ataxie spastique avec aréflexie et une hypoplasie glandulaire. Au niveau cutané, on trouve atrophie et télangiectasies du derme ainsi que des tumeurs qui se développent à la lumière, tout comme dans le xeroderma pigmentosum de Hebra-Kaposi. Les signes ophtalmologiques comportent photophobie, larmoiement, télangiectasies et pigmentation bulbaires, ulcérations cornéennes.
Le diagnostic anténatal est possible par mise en évidence du défaut de réparation de l'ADN sur culture de cellules du trophoblaste ou sur liquide amniotique.
L'atteinte fondamentale relève d'une sensibilité pathologique aux ultraviolets, liée à un déficit génétique des systèmes enzymatiques de réparation de l'ADN nucléaire des cellules épidermiques; il existe plusieurs groupes de complémentation génétique, chacun étant totalement ou partiellement déficient dans la réparation par excision.
Le traitement, malheureusement peu efficace, repose sur la photoprotection, la prévention des transformations malignes par les rétinoïdes, l'exérèse des cancers et le conseil génétique. L’affection est autosomique récessive (MIM 278800).
La fréquence est de 1/250 000. Le diagnostic prénatal est possible. Plus de huit gènes déjà identifiés pour les formes classiques (XP). Locus du gène (XPA) en 9q34.1, (XPB) en 2q21, (XPC) en 3p25, (XPF) sur le chromosome 15, (ERCC5) en 13q33, (ERCC2) en 19q13.2-q13.3. De nombreuses mutations sont connues. L’affection est autosomique récessive (MIM 278700).

M. Kaposi, dermatologue austro-hongrois, membre de l’Académie de médecine (1870-1874)

Syn. atrophoderma pigmentosum (Crocker, 1884, obs.), mélanose lenticulaire progressive (Pick, 1884, obs.), maladie pigmentaire épithéliomateuse ou lentigo épithéliomateux (Quinquaud, 1889, obs.), épithéliomatose pigmentaire (Besnier, 1891, obs.)

xérodermoïde, de Sanctis-Cacchione (syndrome de)

[J1,Q1]

ethmoïditeaigüe l.f.

ethmoid sinusitis

Infection bactérienne des cellules ethmoïdales qui succède, en règle, à une infection virale des voies aériennes supérieures.
Elle se traduit par un œdème palpébral prédominant à l'angle interne et à la paupière supérieure, sans suppuration de la conjonctive. L'imagerie médicale montre l'opacité des cellules ethmoïdales d'un côté souvent associée à l'opacité du sinus maxillaire. Devant une mydriase, une anesthésie cornéenne ou une paralysie des muscles oculomoteurs, le drainage chirurgical s'impose d'urgence pour évacuer une collection de pus intra-orbitaire qui menace le nerf optique ou le globe oculaire, l'éthmoïdite peut être à l'origine d'un empyème sous-dural.
Etymêthmoseidos : forme
empyème sous-dural

[P1,D1]

Édit. 2018  

anticorps anti-Hu l.m.p.

anti-HU antibodies

Les anticorps anti-HU, parmi les plus fréquents des anticorps anti neuronaux, dirigés contre certaines protéines neuronales, sont responsables de syndromes paranéoplasiques dont les principaux sont l’ataxie cérébelleuse, l’encéphalite limbique, les neuropathies sensitives périphériques; syndromes observés le plus souvent chez des patients atteints de cancer du poumon à petites cellules.
Comme dans le cas des affections neurologiques associées aux autres anticorps anti-neuronaux, le syndrome paranéoplasique précède le plus souvent la tumeur de quelques mois à plusieurs années. La tumeur est souvent asymptomatique, de petite taille. Le moyen le plus efficace de traiter le syndrome neurologique est de traiter la tumeur. Le PET scan peut découvrir des tumeurs de très  petite taille, mais est peu spécifique ; sa valeur prédictive positive est considérablement accrue par la mise en évidence des anticorps anti-neuronaux.
En dehors des syndromes paranéoplasiques neurologiques, la mise en évidence des anticorps anti-HU dans le sérum ou par immunomarquage peut être proposée pour l’étude du système nerveux entérique, impliqué dans les maladies motrices de l’intestin. Les anticorps anti-HU peuvent s’associer à une pseudo-obstruction intestinale paranéoplasique révélatrice d’un carcinome bronchique à petites cellules. Il apparaît que l'immunomarquage anti-Hu permet une détection beaucoup plus fiable que l'histologie conventionnelle; elle est indispensable à la détection d'une éventuelle hypoganglionose. 

Syn. anticorps  ANNA1 (anti-neuronal nuclear antibody type 1)

syndrome paranéoplasique, carcinome bronchique à petites cellules, anticorps anti neuronaux

[F2, F3, K1, L1]

Édit. 2019

exosome n.m.

exosome

Vésicules extracellulaires de 50 à 150 nm de diamètre formées à l’intérieur des cellules à partir de corps multivésiculaires puis secrétées dans le milieu extracellulaire pour communiquer avec une cellule cible.
Les exosomes contiennent de très nombreuses protéines et acides nucléiques, en particulier des ARN. Une fois libérés dans le milieu extracellulaire, ils vont pouvoir fusionner avec des cellules cibles et leur délivrer les composants qu’ils transportent.  Ils jouent un rôle important dans les communications inter-cellulaires et ont été impliqués dans de nombreuses pathologies, en particulier le cancer, les maladies neurodégénératives et les maladies auto-immunes.
Les exosomes et les ectosomes jouent le même rôle de transporteurs de protéines et d'acides nucléiques d'une cellule à une autre. Les différences entre ces deux types de vésicules extracellulaires portent essentiellement sur leur taille (les exosomes sont plus petits que les ectosomes) et sur leur site de fabrication (les ectosomes sont produits dans la membrane alors que les exosomes le sont dans le cytoplasme).

ectosome

[C2,C3,F3]

Édit. 2018

GATA2 gene sigle angl.pour

 GATA binding protein 2

Gène situé sur le locus 3q21.3, codant un facteur de transcription : le Gata-binding factor 2, une protéine nucléaire qui régule l'expression des gènes.
La régulation des gènes joue un rôle critique dans le développement embryonnaire, l'auto-renouvellement, le maintien d'activité et de fonctionnalité des cellules hématologiques, du système lmymphocytaire et des cellules souches hématopoïétiques. 
Des mutations géniques et somatiques de ce gène conduisent à un large développement de pathologie familiale et sporadique : syndrome MonoMAC, leucémies. Des mutations inactivantes du gène GATA2 entraînent une réduction du taux cellulaire de GATA et le développement d'une large variété d'affections familiales  hématologiques, immunologiques, lymphatiques et autres pathologies regroupées dans une terminologie commune de déficience en GATA2. Moins communément ces affections sont associées avec  des mutations inactivantes de GATA2, non familiales (c.à.d.sporadiques ou acquises). La déficience en GATA2 se manifeste au début par anomalies bénignes qui, sans traitement évoluent vers des infections opportunistes sévères, des cancers induits par des virus, des atteintes pulmonaires, des syndromes myélodisplasiques, des leucémies aigües, principalement myéloblastiques, moins fréquemment des leucémies  myélomonocytaires chroniques et rarement des leucémies lymphoïdes.
La surexpression du facteur de transcription GATA2 n'est pas due à des mutations du gène GATA2 mais apparaît comme un facteur secondaire qui entraîne une agressivité de la leucémie myéloblastique EVI1 positive non familiale aussi bien qu''à l'évolutivité du cancer de la prostateOverexpression of the GATA2 transcription factor that is not due to mutations in the GATA2 gene appears to be a secondary factor that promotes the aggressiveness of non-familial EVI1 positive AML as well as the progression of prostate cancer.    
 

leucémie aigüe myéloblastique (paysage génomique), MonoMAC (syndrome)

[Q1,F1]

Édit. 2018

entoblaste n.m.

entoblast

Couche cellulaire qui, au cours de la 3ème semaine du développement de l’embryon tridermique, par le processus de gastrulation, va constituer, à partir des cellules épiblastiques du disque embryonnaire et par leur migration en profondeur au niveau de la ligne primitive et du nœud de Hensen, un contingent cellulaire qui refoule les cellules de l’hypoblaste situées sur la face vitelline du disque embryonnaire.
L’entoblaste forme initialement le revêtement épithélial de l’intestin primitif. Au cours du développement il forme également l’épithélium respiratoire, les parenchymes des glandes thyroïde et parathyroïdes, du foie et du pancréas, le stroma réticulaire de l’amygdale et du thymus, l’épithélium de la cavité tympanique et du canal pharyngo-tympanique et, par l’allantoïde et le lécithocèle extra-embryonnaires, l’épithélium de la vessie et en partie de l’urètre.

Syn. entoderme, endoderme

gastrulation, épiblaste, ligne primitive, Hensen (nœud primitif de), hypoblaste, disque embryonnaire tridermique, ectoblaste, mésoblaste, allantoïde, lécithocèle

[O6]

Édit. 2018

immunoglobulines (Ig) n.f.p. (Ig)

immunoglobulins

Les immunoglobulines sont des glycoprotéines douées d’activité anticorps, présentes dans les liquides biologiques, qui peuvent se fixer spécifiquement (de façon non covalente) par leurs paratopes sur les épitopes de l’antigène correspondant.
Des sites particuliers peuvent figurer sur certaines classes d’entre elles : fixation du complément, fixation sur certaines cellules (ayant des récepteurs pour leur fragment cristallisable (Fc), site de transfert placentaire.
Leur structure en quatre chaînes est révélée par des expériences de clivage. Les agents réducteurs, comme le mercapto-éthanol, permettent la libération de deux sortes de chaînes par rupture des ponts disulfures qui les relient :
- les chaînes légères (L) formées de deux domaines de 110 acides aminés. Le premier, N-terminal, a une composition variable en acides aminés avec de courtes zones hypervariables dont la diversité résulte de recombinaisons génomiques et de mutations somatiques entraînant un répertoire pratiquement illimité (elles sont le support de l’idiotypie). Le deuxième domaine est dit constant car seule une petite variation permet d’identifier soit une chaîne κ, soit une chaîne λ, caractéristique du type de l’Ig ;
- les chaînes lourdes (H) formées de quatre à cinq domaines de 110 acides aminés. Entre le deuxième et le troisième domaines existe une courte région charnière (traduction du mot angl. hinge) permettant à ce niveau une grande flexibilité de la molécule. Le premier domaine, N-terminal, est de composition variable avec des zones hypervariables situées en face des parties homologues des chaînes légères ; avec elles se constitue le paratope.
De petites variations des parties constantes permettent d’identifier les chaînes : γ, δ, α, μ, ε, caractérisant respectivement les classes d’Ig : Ig G, Ig D, Ig A, Ig M, Ig E. De même sont identifiables les sous-classes : Ig G1 (γ1), Ig G2 (γ2),Ig G3 (γ3), Ig G4 (γ4), Ig A1 (α1), Ig A2 (α2).

Les deux chaînes légères sont identiques entre elles dans une même molécule et il en est de même des chaînes lourdes.
Les Ig G, les Ig A sériques, les Ig D, les Ig E, sont ainsi composées de quatre chaînes. Les Ig A sécrétoires sont composées de deux sous-unités de quatre chaînes et les Ig M de cinq sous-unités.
Les enzymes protéolytiques clivent les immunoglobulines suivant le cas :
- soit en deux fragments (N-terminaux) , appelés Fab, constitués chacun de la totalité de la chaîne légère et de la partie N-terminale (deux premiers domaines) de la chaîne lourde restant reliés par des ponts disulfure. Ils comportent donc chacun un site anticorps. Le troisième fragment, appelé Fc, est constitué par les deux domaines C-terminaux des deux chaînes lourdes ;
- soit en un fragment F (ab’)2 formé de l’équivalent de deux fragments Fab reliés par des ponts disulfure et un fragment Fc comme précédemment.

En plus des chaînes légères et lourdes, les Ig A sécrétoires comportent une chaîne J qui assure la liaison des deux sous-unités d’Ig A qui les composent et d’une pièce sécrétoire qui le protège de l’action des sucs digestifs. Les Ig M sont constituées de cinq sous-unités et d’une chaîne J.
Les récepteurs des lymphocytes B (BCR) sont constitués d’une molécule d’Ig (dont la structure est la même que celle des anticorps qui seront synthétisés par les cellules) complétées par une région transmembranaire et une courte région intra-cytoplamique. Ceci permet de transmettre à la cellule un signal d’activation lors de la liaison avec l’antigène.
Il existe trois niveaux d’hétérogénéité des Ig :
- isotypique, mis en évidence par des anticorps d’origine animale qui reconnaissent des épitopes présents chez tous les individus d’une même espèce, permettant l’identification des diverses chaînes légères et lourdes ;
- allotypique, mis en évidence par des anticorps provenant d’un individu de la même espèce permettant l’identification d’allotypes présents sur certaines chaînes de certains individus. Chez l’Homme il s’agit des antigènes des systèmes : Gm, Km, Am ;
- idiotypique, mis en évidence par des anticorps réagissant spécifiquement avec des épitopes présents sur les parties hypervariables en fonction de la spécificité anticorps de l’Ig. Ainsi se constitue un réseau idiotype-anti-idiotype participant à la régulation de la réponse immunitaire.

G. M. Edelman, biologiste américain, prix Nobel de médecine en 1972 (1969)

Étym. lat. immunis : exempt de

Syn. anticorps, gamma-globuline

gamma-globuline, anticorps, antigène, immunoglobuline G, immunoglobuline D, immunoglobuline A, immunoglobuline M, immunoglobuline E, glycoprotéine, paratope, épitope, système du complément, chaine légère, idiotype, chaîne lourde, allotypie, isotype, idiotype

[C1, F3]

Édit. 2020

myocardite à cellules géantes l.f.

giant-cell myocarditis

Processus inflammatoire cardiaque avec nécrose des myocytes, responsable de troubles du rythme biventriculaire, d’insuffisance cardiaque et d’un état de choc cardiogénique.
Affection de l’adulte (40-60 ans) de race blanche, d’étiologie inconnue, d’apparition brutale et d’évolution rapidement progressive vers le décès en six mois. Le diagnostic repose sur les résultats de la biopsie endomyocardique qui objective un infiltrat inflammatoire mixte (lymphocytes, éosinophiles), des cellules géantes multinucléées et une nécrose des myocytes. L’absence de granulome permet de différencier la myocardite à cellules géantes de la sarcoïdose cardiaque qui s’accompagne de l’atteinte d’autres organes. Le seul traitement est la transplantation cardiaque.

H. Tesluk, anatomopathologiste américain (1956) ; J. C. Ziperstein, médecin interniste américain (2018)

choc cardiogénique, sarcoïdose

[K2]

Édit. 2020

neuropiline n.f.

neuropilin

Glycoprotéines transmembranaires exprimées principalement à la surface des neurones qui sont des récepteurs des sémaphorines responsables du positionnement des axones durant le développement du système nerveux.Il existe deux isoformes appelées neuropilines 1 et 2 (NPL1 et NPL2), qui possèdent des caractéristiques structurales et fonctionnelles similaires. Elles servent également de co-récepteur pour le facteur de croissance des cellules endothéliales vasculaires (Vascular Endothelial Growth Factor) et jouent ainsi un rôle dans l’angiogenèse. La compétition entre ces deux ligands explique l’inhibition du développement des tumeurs et de la dissémination de métastases par les sémaphorines du fait de leur effet antiangiogénique.
 Elles sont, enfin, exprimées sur les cellules immunitaires et paraissent réguler la réponse immune.

Sigle NRP

sémaphorine, facteurs de croissance de l'endothélium vasculaire

[C1,C3,F3,H1]

Édit. 2018

énolase spécifique des neurones l.f.

neuron specific enolase

Isoforme de l'enzyme énolase trouvée principalement dans les neurones et les cellules neuro-endocrines.
La concentration sérique de cette enzyme augmente au cours des neuroblastomes et de plusieurs types de cancers, en particulier les cancers bronchiques à petites cellules. Elle constitue un biomarqueur intéressant pour le diagnostic et le suivi de cette pathologie.

Sigle angl. NSE

énolase, neuroblastome, cancers bronchiques à petites cellules

[H1, O4]

Édit. 2018

mécanotransduction n.f.

mécanotransduction

Ensemble des forces mécaniques se propageant au sein et entre les cellules.Ce processus façonne les cellules, les tissus et les  organes et peut déclencher des signaux biochimiques. La mécanotransduction agit sur les protéines en les remodelant. Les changements de conformation ainsi obtenus modifient les affinités des protéines et donc leurs activités et peuvent déclencher une cascade d’événements biochimiques. En particulier, les intégrines de la membrane cellulaires sont des mécanotransducteurs qui transmettent les signaux mécaniques à l’actine du cytosquelette.

intégrine, actine

[C3]

Édit. 2018

Wedl (cellule de) l.f.

Wedl's cell

Cellule nucléée, qui s’accumule dans la région sous-capsulaire postérieure lors des cataractes radio-induites.
Les cellules de Wedl prennent une forme arrondie « en vessie », avec souvent un noyau pycnotique. Elles vont ensuite se rompre, déverser leur contenu éosinophile et répandre des débris cellulaires parmi d’autres cellules apparemment intactes.
Elles participent à la constitution des perles de Elschnig.

Elschnig (perle d'), cataracte

[P2]

Édit. 2018

GUCY2D gene l. angl. pour guanylate cyclase 2D retinal

Gène, situé sur le locus chromosomique 17p13.1, codant pour une protéine qui joue un rôle essentiel dans la vision normale.
Cette protéine se trouve dans les cellules photo réceptrices de la rétine. Il existe deux types de cellules photoréceptrices : les bâtonnets pour la vision de faible intensité, les cones pour la lumière de forte intensité et les couleurs.
Des mutations de ce gène entraînent la dystrophie des cones et des bâtonnets et l’amaurose congénitale de Leber.

Syn. CORD6, CYGD, guanylate cyclase 2D, membrane (retina-specific), GUC1A4, GUC2D, GUC2D_HUMAN, LCA1, RCD2, retGC, RETGC-1, RETGC1, retinal guanylyl cyclase 1, rod outer segment membrane guanylate cyclase, ROS-GC, ROS-GC1, ROSGC

dystrophie des cônes et des bâtonnets, Leber (amaurose congénitale de)

leucémie myéloïde chronique l.f.

chronic myeloid leukemia, chronic myelogenous leukemia

Variété de leucémie, individualisée dans le cadre des syndromes myéloprolifératifs, par un mécanisme moléculaire spécifique.
La connaissance de ce mécanisme, en grande partie élucidé, s'est développée en plusieurs étapes : découverte du marqueur chromosomique de la maladie : le chromosome Philadelphie (Ph)1, démonstration que le Ph est le résultat d'une translocation du proto-oncogène c-abl du chromosome 9 vers un point de cassure variable, mais toujours situé dans une région étroite sur le chromosome 22 (région dite bcr), description de l'expression protéique P210 résultant de la fusion génique bcr/abl, démonstration expérimentale du rôle leucémogène de cette phosphoprotéine chimérique à activité tyrosine-kinase sur les cellules souches hématopoïétiques.
L'évolution naturelle de la maladie se déroule en deux ou trois phases : une phase chronique relativement tranquille, aisément contrôlable d'une durée médiane de 3,5 ans, mais pouvant aller jusqu'à 20 ans, une phase accélérée de durée variable pouvant aller jusqu'à 12 à 18 mois et une phase blastique fatale dans un délai de trois à six mois. Le devenir des patients atteints de cette affection a totalement changé au XXIème siècle. Le traitement de cette affection a été révolutionné par la thérapeutique ciblée des inhibiteurs de la tyrosine kinase qui conduit à de très nombreuses rémissions complètes et à des guérisons. Une nouvelle molécule, l'asciminib, se montre très efficace chez des patients résistants aux  inhibiteursde la tyrosine kinase. Le recours à d’autres choix thérapeutiques et en particulier à des transplantations de cellules souches hématopoïétiques est exceptionnel. Des colloques d’experts internationaux précisent régulièrement la ligne de conduite thérapeutique de cette leucémie.

P. Nowell et D. Hungerford, biologistes américains (1960) ; M. Baccarani, hématologiste italien (2015) ; T. P. Hughes, médecin australien (2019)

leucémie, syndrome myéloprolifératif, chromosome Philadelphie, imatinib, tyrosine kinase, translocation, inhibiteur de tyrosine kinase, ABL gene

[F1 G5]

Édit. 2020

hormone mélanotrope (MSH) l.f.

melanocytic stimulating hormone

Les MSH sont des facteurs de stimulation de la mélanogenèse.
- L’alpha-MSH n’est pas de nature hormonale. Produite au niveau des mélanocytes cutanés et des follicules pileux, elle se lie au récepteur MC1-R (melanocortin receptor type 1) à 7 domaines transmembranaires couplés aux protéines G et activent l’adénylcyclase pour induire la synthèse locale de mélanine à partir de la tyrosine.
- La béta-MSH est issue de l’ACTH, de la béta- et de la gamma-lipotrophine, clivés depuis la pro-opiomélanocortine produite pas les cellules corticotropes de l’antéhypophyse. Toutes contiennent une séquence hexapeptidique commune, capable de se lier au récepteur MC1-R et de contribuer à la mélanogenèse.
- La ganmma-MSH dérive aussi de la pro-opiomélanocortine, libéré par dégradation du fragment N terminal (NT). Son rôle physiologique est moins bien connu ; des modèles animaux suggèrent son intervention sur la natriurèse et la sensibilité à l’insuline.
Les MSH se lient aussi sur les récepteurs MC3-R et MC4-R hypothalamiques intervenant respectivement sur la diminution du rendement énergétique de l‘alimentation et l’inhibition de la prise alimentaire. Au niveau de la peau, elles ont aussi un effet stimulant de sécrétions exocrines (glandes sébacées et lacrymales) via MC5-R.
Un production de MSH par les cellules mélanotropes du lobe intermédiaire de l’hypophyse dans des espèces du règne animal a été évoquée. Des analogues de l'hormone mélanotrope ont été synthétisées, en cours d’évaluation pour leur propriétés bronzantes (afamélanotide ou melanotan-1) ou stimulantes du désir sexuel (bremélanotide, métabolite du melanotan II). 

Syn. mélanostimuline

mélanogenèse, mélanine, mélanocyte, pro-opiomélanocortine, ACTH, protéine G, adénylate-cyclase, tyrosine, lipotropine, hormone mélanotrope, melanocortin receptor

[J1, O4]

Édit. 2018

encéphalopathie due à un déficit en prosaposine l.f.

Maladie de surcharge lysosomale appartenant au groupe des sphingolipidoses, associant une atteinte systémique avec hépatosplénomégalie à un syndrome neurologique précoce et sévère.
Typiquement, le nouveau-né présente une hypotonie, des accès myocloniques massifs, des mouvements oculaires anormaux, une dystonie, des convulsions déclenchées par des stimuli tactiles et des crises de type grand mal. Le décès survient, entre 1 et 4 mois, généralement dans un tableau de détresse respiratoire.
Autosomique récessive, l 'encéphalopathie, est due à des mutations du gène PSAP (10q21) entraînant l’absence de production ou de fonctionnalité de la totalité de prosaposine, précurseur commun de protéines impliquées dans le catabolisme de plusieurs sphingolipides et qui exerce d'autres fonctions importantes encore mal comprises. Normalement, elle forme par protéolyse les « activateurs » des sphingohydrolases appelés saposines (ou Sap) A, B, C et D. Leur déficit isolé est responsable de variants génétiques de maladie de Krabbe (A), de leucodystophie métachromatique (B), de maladie de Gaucher (C), et potentiellement de maladie de Farber (D). lipogranulomatose disséminée de Farber
Le diagnostic de certitude repose sur la mise en évidence de la (les) mutation(s) du gène PSAP. L’étude des sphingolipides du sédiment urinaire démontrant une accumulation de Gb3, de sulfatides et d'autres sphingolipides est un bon examen d'orientation. Un déficit en galactosylcéramidase leucocytaire a aussi été rapporté. La biopsie hépatique révèle une sphingolipidose multiple et la présence de macrophages évoquant des cellules de Gaucher.
Le diagnostic prénatal est possible par génétique moléculaire sur villosités choriales ou cellules du liquide amniotique. 

Réf. Orphanet, Marie-Thérèse Vanier (2009)

prosaposine, sphingolipidoses, sphingolipides, saposines, maladie de Krabbe, leucodystophie métachromatique, maladie de Gaucher, lipogranulomatose disséminée de Farber

[H1, N1, O1, P2, Q3]

Édit. 2018

transfert adoptif de cellule l.m.

adoptive cell transfer

Immunothérapie consistant à transférer des cellules, habituellement des lymphocytes T, dans un hôte afin de le faire bénéficier de leurs fonctions immunitaires.
Le transfert des cellules T du patient génétiquement modifiées par introduction d’un récepteur dit « chimèrique »  (CAR-T cells) reconnaissant un antigène tumoral est utilisé dans le traitement des cancers.

immunothérapie,  lymphocytes T, CAR-T cells

[F2, F3, G5 ]

Édit. 2018

sénolytique n.m.

senolytic

Composé détruisant les cellules sénescentes.
La cellule sénescente est caractérisée par l’arrêt définitif du cycle cellulaire accompagné de la production de molécules à propriétés inflammatoires (cytokines, chémokines…). Ces cellules sont normalement éliminées par le système immunitaire, mais elles peuvent persister chez le sujet âgé et entraîner un dysfonctionnement  des organes où elles se trouvent. Des sénolytiques ( desatinib, quercétine) en les détruisant ont un effet favorable sur le vieillissement.

sénescence, cytokine, chémokine

[A2]

Édit. 2018

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