Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

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Emery-Dreifuss (dystrophies musculaires d') l.f.p.

Emery-Dreifuss dystrophies

Affections musculaires, distinguées seulement depuis 1966 de la dystrophie de Duchenne, dont on connaÏt actuellement deux origines génétiques : une forme récessive par mutation du gène EMD sur le chromosome X, codant pour l’émérine  et une forme autosomique dominante par mutation du gène LMNA, sur le chromosome 1, codant pour la lamine.
Atteignant le sexe masculin, précoce (parfois dès la petite enfance), l’affection est caractérisée par une atrophie huméro-péronière, des rétractions, des faiblesses musculaires, associées à une cardiomyopathie avec des troubles de la conduction cardiaque mettant en jeu le pronostic vital ; le déficit reste longtemps modéré.
L'affection évolue en trois phases : rétractions musculaires précoces (triceps suraux, biceps brachiaux, syndrome de la colonne vertébrale rigide) ; faiblesse et atrophie musculaire de topographie scapulo-huméro-péronière et pelvienne ; l’atteinte cardiaque survient entre 15 et 20 ans  avec des troubles de la conduction évoluant vers une paralysie atriale permanente et l’insuffisance cardiaque. Une fibrose endo- et périmysiale importante est relevée.
L'électromyogramme est myogène en détection, parfois neurogène. De même, bien que montrant des aspects dystrophiques, la biopsie musculaire, par d'autres éléments, peut suggérer à tort une hypothèse neurogène.
Une hérédité récessive liée à l'X est bien connue. La localisation du gène en Xq28 est confirmée par analyse de liaison avec le gène du facteur VIII. L'identification de ce gène a permis la description d'une protéine, l'émérine, dont le rôle est de lier les lamines.
 La forme avec hérédité autosomique dominante liée à la mutation du gène LMNA (1q22) est  de sémiologie proche mais de début plus tardif et d'évolution plus rapide. Une autre forme, très rare, autosomique récessive, liée à une mutation du même gène LMNA, a été rattachée au syndrome d'Emery-Dreifuss en raison de l’ hétérogéneité de ce groupe.

A. E. Emery, généticien britannique et F. E. Dreifuss, neurologue britannique d’origine allemande (1966)

Étym. gr. dus : difficulté ; trophein : nourrir

→ émérine, laminopathie, dystrophie de Duchenne

[I4, Q2]

Édit. 2019

prolyl-4-hydroxylase n.f.

prolyl-4-hydroxylase

Enzyme catalysant l'oxydation de la proline en 4-hydroxyproline dans la molécule de collagène et dans d'autres protéines possédant des domaines ressemblant au collagène ("collagen-like domains").
Parmi les substrats autres que le collagène de la prolyl-4-hydroxylase (P4H) figure le facteur inductible par l'hypoxie (Hypoxia Inducible Factor, HIF). Dans les conditions de normoxie, HIF est hydroxylé par P4H. La protéine VHL (protéine de von Hippel-Lindau) vient alors se fixer sur lui, ce qui entraine sa dégradation par le sysytème ubiquitine-protéasome. 

Sigle P4H

→ prolyl-hydroxylase, collagène, proline, hydroxyproline, facteur inductible par l'hypoxie, protéine de von Hippel-Lindau

[C1, C3]

Édit. 2019

encéphalite à tiques l.f.

Syn. encéphalite eurasiatique à tiques

→ encéphalite eurasiatique à tiques

[H1, D1, D4]

Édit. 2019

encéphalite verno-estivale russe l.f.

spring-summer encephalitis

Étym. gr. enkephalitis (en : dans, kephalê : tête)

→ encéphalite eurasiatique à tiques

[H1, D1, D4]

Édit. 2019

encéphalite verno-estivale russe l.f.

spring-summer encephalitis

Étym. gr. enkephalitis (en : dans, kephalê : tête)

→ encéphalite eurasiatique à tiques

[H1, D1, D4]

Édit. 2019

encéphalopathie myoneurogastro-intestinale

myoneurogastrointestinal encephalopathy syndrome

Encéphalopathie d’origine mitochondriale se traduisant par une ophtalmoplégie externe, une malabsorpion, une atrophie musculaire, et une polyneuropathie.
Les signes cardinaux sont ptosis, ophtalmoplégie, surdité, fatigue et cachexie. Le ptosis apparaît en premier, pendant la deuxième décennie, et le reste des signes est plus tardif vers la quatrième décennie. Autres signes retrouvés nausées, diverticulose de l'intestin grêle, rupture de diverticule jéjunal. En histologie, présence au niveau du muscle de fibres rouges déchiquetées (ragged-red fibers).
Affection mitochondriale (MIM 550900).

A. Bardosi, neuropathologue allemand (1987)

Syn. MNGIE syndrome,  polyp (syndrome)

[H1, I4, P2, Q2, R1]

Édit. 2019

antithyroïdiens n.m.p.

antithyroids

Composés naturels ou de synthèse, médications ou polluants, possédant la capacité de réduire la production hormonale de la thyroïde.
Ces substances altèrent l’une ou l’autre des étapes de la biosynthèse hormonale (captage, oxydation ou organification de l’iode, couplage des iodotyrosines, protéolyse de la thyroglobuline). Elles sont potentiellement goitrogènes,  susceptibles de déterminer une hypothyroïdie, ou d’être mise à profit dans le traitement des hyperthyroïdies.
On distingue les antithyroïdiens naturels (goitrine, linamanoside, flavonoïdes….) et les antithyroïdiens  de  synthèse (dérivés de la thio-urée).
Des polluants présents dans l’eau, dans l’air, dans l’alimentation sont susceptibles d’interférer aussi avec le fonctionnement de la thyroïde : organochlorés libérés par l’industrie, thiocyanate  présent dans le tabac, perchlorate issu d’explosifs  ou d’engrais,  lithium provenant de la dégradation des piles.

→ antithyroïdiens naturels, antithyroïdiens de synthèse

[G4, G5, O4]

Édit. 2019

antithyroïdiens naturels l.m.p.

natural antithyroid compounds

Composés naturels potentiellement capables de réduire la production hormonale de la thyroïde.
L’iode est un substrat des hormones thyroïdiennes et un régulateur de leur production. Pour une certaine dose et notamment en cas d’auto-immunité antithyroïdienne, l’apport iodé  réduit l’organification de l’iode et la production thyroïdienne (effet Wolff-Chaikoff) ; cet effet est transitoire et un échappement est observé après quelques semaines.
La goitrine est issue de l’hydrolyse puis de la cyclisation de la progoitrine présente dans le chou, le rutabaga, le chou de Bruxelles, l’huile de colza… Il comporte dans sa structure la thio-urée qui explique l’effet goitrogène.
Le linamanoside, présent dans le manioc, le millet, est un hétéroside cyanogène s’oxydant en thiocyanate qui s’oppose à la pénétration intrathyroïdienne de l’iode et son organification.
Développent aussi des propriétés antithyroïdiennes les disulfites (dans l’ail et l’oignon). Il en est de même pour les flavonoïdes : ils constituent des pigments naturels des végétaux (fleurs, fruits, feuilles), sont présents dans des aliments (manioc, millet sorgho) et des plantes médicinales (ginko biloba, aubépine, passiflore, thym, ortie blanche). 

J. Wolff et I.L. Chaikoff, physiologistes endocrinologues américains (1948)

[G4, O4]

Édit. 2019

antithyroïdiens de synthèse, l.m.p.

antithyroid drugs

Médicaments inhibant la synthèse des hormones thyroïdiennes, mis à profit dans le traitement des hyperthyroïdies.
Ce sont tous des dérivés de la thio-urée. L’action antithyroïdienne de la thio-urée a été fortuitement découverte par Astwood  à l’occasion de l’apparition de goitres chez des animaux de laboratoire soumis à la sulfaguanidine ou à la carbamide. Il en développa l’utilisation chez les Hommmes.
Deux classes thérapeutiques sont actuellement commercialisées : les imidazolines soufrées ou mercapto-imidazolines (thiamazole anciennement dénommé méthimazole, et carbimazole) et les dérivés du thio-uracile (propylthio-uracile et benzylthio-uracile). Ces médications agissent au sein de la thyroïde en bloquant les réactions d’oxydation et d’organification de l’iode, et de couplage des iodotyrosines. De plus les dérivés du thio-uracile réduisent l’activation de T4 en T3 au niveau des tissus périphériques en inhibant la désiodase de type 1. Les antithyroïdiens de synthèse n’entravent pas la pénétration de l’iode dans la thyroïde ce qui rend possible la réalisation des scintigraphies thyroïdiennes chez les patients soumis  à ces traitements.
Sous traitement prolongé par antithyroïdien se réduisent les titres d’anticorps antirécepteuer de la TSH, ce qui permet l’extinction du pouvoir thyrostimulant responsable de la maladie de Basedow, et autorise l’interruption du traitement, souvent après 18 mois à 2 ans. En revanche les antithyroïdiens ne peuvent obtenir la guérison des autres causes d’hyperthyroïdie, liées notamment aux nodules et goitres mutinodulaires toxiques ; ils constituent alors seulement un mode de préparation au traitement radical radio-isotopique ou chirurgical. Les antithyroïdiens ne sont pas indiqués dans les états thyrotoxiques liés aux thyroïdites subaigües, silencieuses ou iatrogènes.  
Les antithyroïdiens sont des traitements efficaces et ordinairement bien tolérées. Surtout lors des premières semaines suivant leur initiation, peuvent être constatés dans 1-5% des effets indésirables mineurs, souvent transitoires : rashs cutanés, réaction urticarienne, épigastralgies, arthralgies, réaction fébriles, modifications du goût, raréfaction de la chevelure, perturbations discrètes des fonctions hépatiques, pancréatites, leuconeutropénie transitoire… Ceux-ci nécessitent parfois le changement de classe de l’antithyroïdien.
Des effets indésirables sévères sont très rares (moins de 1% des cas) mais parfois dramatiques : surtout agranulocytoses aigües soit brutales de nature toxo-allergique, soit résultant d’une leuconeutropénie progressivement aggravée (ce qui justifie la recommandation de la surveillance des hémogrammes tous les 10 jours durant les 2 premiers mois du traitement, ou immédiatement en cas de fièvre ou d’angine), hépatites cytolytiques ou rétentionnelles, hypoglycémies auto-immunes liés à des anticorps anti-insuline, vascularites à anticorps anticytoplasme des polynucléaires neutrophiles (ANCA) surtout lors des traitements prolongés par un thio-uracile.
Les antithyroïdiens sont à manier avec beaucoup de prudence au cours de la grossesse du fait de leurs risques embryopathiques et hépatiques.

Edwin Bennett Astwood, médecin américain (1941)

→ antithyroïdiens, hyperthyroïdie, biosynthèse des hormones thyroïdiennes,  thyroïdites subaigües, agranulocytose, vascularite, anticorps anticytoplasme des polynucléaires neutrophiles

[G5, O4]

Édit. 2019

Wolff-Chaikoff  (effet ) l.m.

→ antithyroïdiens naturels

[O4]

Édit. 2019

effet tératogène des antithyroïdiens l.m.

teratogenic effect of antithyroid drugs

Le maniement des médications antithyroïdiennes s’impose lors de la coïncidence d’une maladie de Basedow et de la grossesse.
Une grossesse sur 1000 s’observe chez une femme atteinte de maladie de Basedow. En dépit du possible risque embryopathique lié aux antithyroïdiens, cette situation doit être gérée car c’est en l’absence de traitement que le risque de malformations, de fausse couche est le plus élevé.
L’aplasie du cuir chevelu (aplasia cutis) a une incidence proche de 0,2% (l’incidence spontanée est estimée à 0,02-0,03%), s’observe surtout sous carbimazole et thiamazole. De rares cas ont aussi rapportés sous dérivés du thio-uracile.
Un syndrome polymalformatif embryopathique a été décrit sous mercapto-imidazolines (carbimazole, thiamazole) : dysmorphies faciales, atrésie des choanes ou de l'œsophage, fistules trachéo-œsophagiennes, anomalies du septum interventriculaire, situs inversus, hernies diaphragmatiques, omphalocèles…. Quelques dizaines d’observations en ont été rapportées. Ces signes ne sont pas spécifiques, s’observent en dehors de toute prise médicamenteuse, si bien que l’imputabilité est discutée. Toutefois ils n’ont jamais été observés sous dérivés du thio-uracile. C’est pourquoi la prescription de propylthio-uracile ou de benzylthio-uracile est privilégiée durant les 2 premiers mois de la grossesse.
On a décrit aussi un risque embryopathique lié aux dérivés du thio-uracile, toutefois de moindre gravité : anomalies malformatives de la face et du cou (région pré-auriculaire, hélix, fistules …),  de l’appareil urinaire (hydronéphrose, kyste rénal…).
La prise en charge des hyperthyroïdies en début de grossesse par l’iodure a été proposée au Japon, n’a pas fait l’objet de larges évaluations.

→ antithyroïdiens, maladie de Basedow

[G4, G5, O4]

Édit. 2019

Wolff-Chaikoff (effet) l.m.

Réduction de l'organification et de la production d'hormones thyroïdiennes pour une certaine dose d'iode et en cas d'auto-immunité antithyroïdienne.
Cet effet est transitoire;

J. Wolff et I.L. Chaikoff, physiologistes endocrinologues américains (1948)

→ antithyroïdiens naturels

[O4]

Édit. 2019

Wolff-Chaikoff (effet) l.m.

Réduction de la production thyroïdienne en réponse à la majoration de l'apport iodé
Chez des animaux de laboratoire carencés en iode, l'apport iodé s'accompagne d'une augmentation proportionnelle de la production hormonale thyroïdienne jusqu'à une valeur maximale, au-delà de laquelle le niveau de sécrétion thyroïdienne se réduit. Cette réduction  est transitoire, car un échappement à l'augmentation de l'apport iodé est observé après quelques semaines.
La réduction de la production thyroïdienne en réponse à la majoration de l'apport iodé est interprétée comme un blocage de l'organification de l'iode au sein des mono- et diiodotyrosines qu'explique l'inhibition de la thyroperoxydase, ou plus exactement des partenaires contribuant à son oxydation (ThOx ou DUOx) dont l'activité est bloquée en réponse à la surcharge iodée. L'échappement à l'effet Wolff-Chaikoff s'explique : d'une part par la réduction de la production des produits organifiés au sein de la thyroïde, d'autre part par l'éventuel accroissement de la TSH liée à la baisse de la production hormonale thyroïdienne. L'un et l'autre contribuent à nouveau à la majoration du captage intrathyroîdien de l'iode et sa disponibilité pour la synthèse hormonale.   
L'effet Wolff-Chaikoff s'observe chez l4 Homme. Sa finalité est de préserver l'organisme d'une imprégnation hormonale excessive lorsque s'accroît la disponibilité en iode. L'absence d'échappement à l'effet Wolff-Chaikoff est responsable des hypothyroïdies prolongées iodo-induites qu'on constate particulièrement en cas d'apport massif et prolongé (par exemple sous amiodarone) et chez les sujets atteints de thyropathie auto-immune (que marque notamment la présence d'anticorps antithyroperoxydase).  

J. Wolff et I.L. Chaikoff, physiologistes endocrinologues américains (1948)

→ antithyroïdiens naturels, iode, hypothyroïdie, anticorps antithyroperoxydase

[O4]

Édit. 2019

PAM sigle pour PolyAngéite Microscopique

→ polyangéite microscopique

[F3, K1, K4, M1]

Édit. 2019

GEPA sigle pour Granulomatose Eosinophilique avec PolyAngéite

→ granulomatose eosinophilique avec polyangéite

[F3, K1, K4, J1, N3]

Édit. 2019

maladie des femmes sans pouls  
l.f.

Syn. Takayasu (maladie de), Martorell et Fabré-Tersol (syndrome de), syndrome de la crosse aortique, aortite à cellules géantes, aortite non syphilitique

→ Takayasu (maladie de)

[K4, N3, P2]

Édit. 2019

vascularite nécrosante systémique l.f.

Syn. angéite nécrosante

→ angéite nécrosante

[F3, K4, N3]

Édit. 2020

angéite nécrosante granulomateuse l.f.


necrotizing angIitis

Maladie inflammatoire ou immune des artères de petit calibre.
Le démembrement nosologique de ces nombreuses maladies n’est pas achevé. La plus connue des angéites nécrosantes est la périartérite noueuse. Mais on peut encore citer : l'artérite à cellules géantes (maladie de Horton), la maladie de Takayashu, la vascularite à IgA (purpura rhumatoïde),  la granulomatose avec polyangéite (maladie de Wegener), etc.

Étym. gr. aggeion : vaisseau ; ite : inflammation

Syn. vascularite nécrosante

→ périartérite noueus,  maladie de Takayashu,   artérite à cellules géantes, vascularite à IgA,  granulomatose avec polyangéite

[F3, K4, N3]

Édit. 2019

Schönlein–Henoch (purpura de) l.m.

Syn. vascularite à IgA, péliose rhumatismale

→ vascularite à IgA

[I1, J1, K4, L1, M1, P1]

Édit. 2019

angéite nécrosante l.f.


necrotizing angeitis

Groupe de maladies marquées par une inflammation nécrotique des parois des vaisseaux sanguins, surtout celle des artères de moyen calibre ou des artérioles, secondaire à un probable mécanisme immunopathologique.
L'artérite à cellules géantes, la périartérite noueuse, l'angéite d’hypersensibilité, la granulomatose avec polyangéite , la granulomatose éosinophilique avec polyangéite font partie de cette entité.

Étym. gr. aggeion : vaisseau ; ite : inflammation

Syn. vascularite nécrosante systémique

→ artérite à cellules géantes, périartérite noueuse, angéite d’hypersensibilité,  granulomatose avec polyangéite ,  granulomatose éosinophilique avec polyangéite

[F3, K4, N3]

Édit. 2019

protéine SMN l.f.

SMN protein

La protéine SMN (Survival of Motor Neurons) est une protéine intra-cellulaire codée par le gène SMN1 (et, pour une faible proportion, par le gène SMN2), dont l'absence conduit à une dégénérescence des neurones moteurs.
Un déficit en protéine SMN est responsable de certaines formes d'amyotrophie spinale (spinal muscular atrophy) appelées 
amyotrophies spinales proximales liées à SMN1 : SMA de type I (maladie de 
Werdnig-Hoffmann), SMA de type II (intermédiaire), SMA juvénile de type III (maladie de Kugelberg-Welander) et SMA de type IV (forme adulte).

→ amyotrophie spinale proximale, SMN1 gene, SMN2 gene, Werdnig-Hoffmann (amyotrophie spinale de),  maladie de Kugelberg-Welander

[C1, C3, H1, I4]

Édit. 2019

complications neurologiques de l'intoxication alcoolique aigue. l.f.p.

neurological complications of acute alcohol intoxication.

Elles vont de l’ivresse simple au coma éthylique, en associant à  l’ivresse des manifestations pathologiques caractérisées.
L’ivresse simple associe jovialité, parfois tristesses et pleurs, propos incohérents, dysarthrie, manifestations cérébelleuses et sensations vertigineuses. A un degré supplémentaire, l’ivresse peut s’accompagner d’agressivité, d’actes délictueux. Certains les dénomment ivresses pathologiques et distinguent les principales manifestations : excito-motrices, hallucinatoires, délirantes, anxieuses, binge driking ou alcoolisations ponctuelles importantes, convulsivantes. Par abaissement du seuil épileptogène, les crises d’épilepsie, dénommées plutôt convulsions sont fréquentes au cours des intoxications aigues et ne nécessitent pas de traitement antiépileptique. A un degré encore supplémentaire, une obnubilation, appelée par certains encéphalopathie, peut s’installer évoluant rapidement vers le coma éthylique avec aréactivité, hypotonie, détresse respiratoire, hypothermie, nécessitant une prise en charge en réanimation. 

→ ivresse, épilepsie, encéphalopathie alcoolique, alcool éthylique, binge drinking

[H1, G4]

Édit. 2019

complications neurologiques de l’intoxication alcoolique chronique l.f.

neurological complications of chronic alcoholic intoxication.

Nombreuses et multifactorielles, elles peuvent résulter des atteintes d’autres fonctions que neurologique (essentiellement hépatiques), des carences associées, ou des effets toxiques propres à l’alcool.
Elles touchent aussi bien le système nerveux central que neuromusculaire périphérique.
La plus fréquente est l’encéphalopathie hépatique, secondaire à l’insuffisance hépatocellulaire, secondaire à une cirrhose, quelle qu’en soit la cause.
Les complications neurologiques carentielles s’observent surtout en cas d’intoxication alcoolique chronique. Il s’agit du syndrome de Gayet-Wernicke (appelé par certains encéphalopathie )et de l’encéphalopathie pellagreuse. Le syndrome de Gayet Wernicke est secondaire en une carence en thiamine (vitamine B1) et peut être induit par un apport inadapté en sérum glucosé sans vitamine B1. L’encéphalopathie pellagreuse est due à une carence en vitamine PP et prévenue par un apport en cette vitamine.
Les principaux troubles cognitifs sont le syndrome de Korsakoff et la maladie de  Marchiafava-Bignami. La démence de Korsakoff est multifactorielle, liée majoritairement à une carence en thiamine (vitamine B1) au niveau du cerveau et à des carences nutritionnelles. Elle peut compliquer le syndrome de Gayet Wernicke. La maladie de Marchiafava-Bignami est caractérisée par une démyélinisation, une nécrose et une atrophie du corps calleux.
La démence alcoolique non liée au syndrome de Korsakoff ou à la maladie de Marchiafava-Bignami fait l’objet d’une controverse. Le terme de trouble cognitif est préférable. De nombreux facteurs difficiles à individualiser peuvent être impliqués : effet toxique propre de l’alcool, carences vitaminiques, traumatismes répétés, vieillissement, pathologie neurodégénérative associée.  L’intoxication alcoolique peut être à l’origine d’une atrophie cérébelleuse, peu spécifique de l’intoxication alcoolique chronique, et de la myélinolyse centrale du pont, dont les causes sont multiples.Les principales atteintes neurologiques périphériques sont la polynévrite et la névrite optique rétrobulbaire.    

→ encéphalopathie hépatique, Gayet Wernicke, encéphalopathie pellagreuse, syndrome de Korsakoff, maladie de Marchiafava-Bignami, atrophie cérébelleuse, myélinolyse centrale du pont, polynévrite, névrite optique rétrobulbaire

[G4, H1, L1]

Édit. 2019

encéphalopathie pellagreuse l.f.

pellagra encephalopathy

Elle est secondaire à une carence en vitamine PP (Vitamine B3 ou nicotinamide).
Rare dans les pays occidentaux, elle se manifeste par des signes dermatologiques, digestifs et neurologiques, classiquement le syndrome 3 D (dermatite, diarrhée, démence). Les principales étiologies de la pellagre sont les carences nutritionnelles en acide nicotinique, l’alcoolisme chronique, les troubles de malabsorption gastro-intestinale, certains médicaments (5-fluoro-uracile, 6-mercaptpurine, isoniazide, éthionamide, pyrazinamide, hydantoïne, phénobarbital, chloramphénicol). On peut observer des signes de neuropathies périphériques surtout dans le contexte d’éthylisme chronique.

→ pellagre, acide nicotinique

[G4, H1, J1, L1]

Édit. 2019

encéphalopathies liées aux métaux l.f.p.

encephalopathies associated with metal ions

Affections dans lesquelles une intoxication directe  par un métal peut être retenue.
Symptomatologie le plus souvent subaigüe, parfois explosive qui révèle une souffrance cérébrale diffuse : troubles de la vigilance, troubles cognitifs et du comportement, perturbations de l'équilibre (notamment rétropulsion), mouvements anormaux (tremblement d'action, d'attitude, myoclonies), crises comitiales éventuelles, aspects parfois pseudoépidémiques, pouvant évoluer vers un coma, voire entraîner le décès. Une régression totale est possible après arrêt de l’exposition au métal. Le système nerveux de l’enfant est particulièrement vulnérable à ces intoxications.
On distingue notamment les encéphalopathies :
- à l'aluminium (à forme myoclonique progressive, autrefois chez des insuffisants rénaux en hémodialyse),
- au bismuth (disparues depuis l'interdiction d’emplois en thérapeutique des sels insolubles de bismuth),
- au lithium (très rares si les contre-indications sont respectées),
- au principalement par le méthylmercure provenant de poissons carnassiers contaminés par bioconcentration de la chaîne alimentaire),
- au plomb, intoxication saturnine (essentiellement par le plomb inorganique, responsable d’un violent syndrome gastro-intestinal qui domine le tableau clinique, avec une fréquente neuropathie périphérique chez l’adulte, qui contraste avec une neurotoxicité principalement centrale chez l’enfant). [G4, H1 ]
Édit. 2019

→ ncéphalopathie des dialysés, intoxication au bismuth, neuropathie périphérique au lithium, neuropathe  mercurielle, plomb, saturnisme, Burton (liseré de)

[G4, H1]

Édit. 2019

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