lambeau n.m.
flap
En chirurgie humaine, ensemble de tissus de surface et de volume limité transportés de leur emplacement d'origine dans un nouveau site, pour corriger localement une perte de substance tissulaire, cutanée, musculaire, osseuse, etc.
Selon la nature des tissus transplantés, le lambeau peut être seulement cutané, ou comporter des muscles conservant ou non leur vascularisation, ou des éléments osseux, etc. Le lambeau peut conserver sa vascularisation d'origine, ou être un lambeau libre qui nécessite la réalisation de nouvelles connexions vasculaires ou même nerveuses, etc. On distingue ainsi des lambeaux de glissement, de translation, de transposition, etc. Le lambeau est un élément constitutif et sa pratique est un procédé de certaines greffes.
→ transplantation, replantation, greffe
Laplace (Loi de) l.f.
Laplace’s law
Loi d’équilibre entre la tension (T), d’une enveloppe de courbure moyenne (), contenant un fluide sous une pression (P) : la pression est égale au produit de la tension par la courbure moyenne :P = T x
Autrement dit, une augmentation ou une diminution de pression correspond à une variation proportionnelle de courbure (donc inverse du volume contenu) ou de la tension superficielle.
L‘analyse dimensionnelle (longueur (L), surface (L2), volume (L3), Force (F), énergie (E=FL) montre que pour équilibrer la pression (force / surface ou énergie de volume, E L-3), la pression superficielle (force / longueur ou énergie de surface, de dimension E L-2) doit être multipliée par la courbure (inverse de la longueur du rayon de courbure), grandeur de dimension L-1:
E L-3 = E L-2. L-1
La formule initiale a été établie pour une sphère de rayon R soit P = T (2/ R). La sphère ayant deux courbures principales, 1/R, sa courbure moyenne est 2/R, ainsi la loi de Laplace appliquée à un cylindre (qui n’a qu’une courbure) est P = T / R.
En physiologie la loi de Laplace s’applique aux organes creux (cœur, vessie) et aux cellules :
Au niveau des poumons, les petites alvéoles devraient se vider dans les alvéoles deux fois plus grandes car elles devraient avoir une pression alvéolaire deux fois plus forte. Comme ce n’est pas le cas, sinon la plupart des petites alvéoles produiraient des atélectasies et les grosses des bulles, il faut donc que la tension superficielle alvéolaire soit quasi nulle pour que cela ne se produise pas. De fait les alvéoles pulmonaires sont tapissées de surfactant, un phospholipide de très basse énergie superficielle (s’il n’y avait pas de surfactant, la tension superficielle alvéolaire se rapprocherait de celle du plasma, 0,60 N/m2). L’insuffisance de sécrétion de surfactant entraîne la maladie des membranes hyalines du nouveau-né prématuré où l’on trouve l’aspect d’atélectasies et de bulles envisagé ci-dessus.
Au niveau du cœur, selon la loi de Starling : l’énergie libérée par la contraction des fibres cardiaques entraîne l’augmentation de la pression du sang contenu dans les ventricules (charge) ce qui lui permet de vaincre la pression artérielle diastolique, d’où sa propulsion dans les artères.
Dans les vaisseaux : la tension de la paroi équilibre la pression, mais, les vaisseaux étant cylindriques, la tension systolique des fibres musculaires de la tunique artérielle est double de celle des fibres cardiaques.
Dans les cellules : la surface cellulaire ayant une certaine énergie superficielle, sa pression osmotique est toujours plus élevée que celle du liquide environnant. Si la pression extracellulaire est trop faible le volume et la surface de la cellule deviennent trop grands et la surface se déchire (cytolyse).
P. Simon, marquis de Laplace, physicien français (1749-1827)
→ charge, courbure, cytolyse, contraction musculaire, membranes hyalines, (maladie des), Starling (loi de), surfactant, tension, tension, tension superficielle
Laurence-Moon (syndrome de) l.m.
Laurence-Moon’s syndrome
Syndrome associant un retard mental, une rétinite pigmentaire, un hypogonadisme, une ataxie et une paraplégie spastique.
La maladie débute vers l'âge de 5 ou 6 ans avec un retard mental discret, un hypogonadisme, une ataxie, une paraplégie spastique et parfois des crises d'épilepsie. La rétinite pigmentaire est de type poivre et sel. L'hypogonadisme est d'origine centrale avec un taux de FSH et de LH souvent bas, une absence de réponse de l'hypophyse à la Gn RH (gonadotropin releasing hormone) hypothalamique et une concentration de testostérone et d'oestradiol basse. L'hormone de croissance est également basse. L'affection est autosomique récessive (MIM 245800).
Le syndrome de Bardet-Biedl était autrefois appelé syndrome de Laurence-Moon-Bardet-Biedl selon la suggestion de Solis-Cohen et Weiss (1925). Schachat et Maumenee (1982) ont revu la nosographie de ces syndromes et les ont à nouveau séparés. Des données récentes rendent cette séparation nosologique discutable.
J. Laurence et R. Moon, ophtalmologistes britanniques (1866)
Syn. syndrome optorétinogonadique
→ Bardet-Bield (syndrome de), rétinite pigmentaire, hypogonadisme, ataxie, FSH, LH, releasing factor (gonadotrophin)
[E1, H1, H4, P2, Q3]
Édit. 2018
Leber (amaurose congénitale de) l.f.
Amaurose qui se manifeste dans les premiers mois de la vie par un manque d'éveil visuel, avec un réflexe photomoteur absent ou faible, un fond d'œil normal ou légèrement "poivre et sel", un électrorétinogramme éteint, des potentiels évoqués visuels absents et souvent une hypermétropie importante (plus de 5 dioptries).
L’amaurose congénitale survient chez deux à trois nouveau-nés pour 100.000 naissances ; c’est la cause la plus fréquente de cécité chez l’enfant. L’affection atteint préférentiellement les garçons (80%). L’amaurose congénitale peut résulter de la mutation d’au moins 14 gènes, tous nécessaires pour une vision normale. Ces gènes jouent une variété de rôle dans le développement et la fonction de la rétine.
.Au moins 15 variétés d’amaurose congénitale ont été décrites ; elles se distinguent par leur cause génétique, leur mode de perte de vision et les anomalies oculaires associées. Les mutations des gènes CEP290, CRB1, GUCY2D, et RPE65 sont les causes les fréquemment reconnues ; des mutations d’autres gènes, CRX, RDH12… se rencontrent plus rarement et dans près de 30 pour cent des cas la cause reste inconnue.
.L'anomalie est isolée ou entre dans le cadre de syndromes dont le catalogue est en cours : Zellweger, adrénoleucodystrophie néonatale, forme infantile de Refsum, Santavuori, Joubert, Senior-Löcken, Jeune.
T. von Leber, ophtalmologiste allemand (1871)
→ CEP290, CRB1, GUCY2D, RPE65, CRX, RDH12.
Leber type I (amaurose congénitale de) l.f.
Dystrophie rétinienne congénitale sévère de type mixte entraînant une cécité infantile avec nystagmus et photophobie.
Le comportement de cécité chez le nourrisson contraste souvent avec un fond d'œil parfois normal ou avec une légère pâleur papillaire. On peut également trouver quelques pigments rétiniens et un aspect poivre et sel, ultérieurement la dystrophie sévère se confirme avec la rétinite pigmentaire, parfois une atrophie aréolaire centrale et exceptionnellement avec un aspect de taches marbrées en périphérie. Le nystagmus est présent à la naissance mais n'est pas toujours décelé. Il faut écarter du diagnostic toute autre association. L'ERG est toujours très altéré de type éteint. La vision, semble nulle au départ et s'améliore un peu dans la première décennie mais elle s’aggrave à nouveau ultérieurement. Le réflexe oculodigital, signe de Franceschetti, (se frapper l'œil avec la main pour donner des phosphènes) est parfois responsable de complications traumatiques et d’un kératocône. La fréquence est de 2 à 3/100 000 en Suède. Le gène GUCY2D (retinal guanylate cyclase, MIM 600179) est localisé en 17p13. L’affection est autosomique récessive (MIM 204000).
T. von Leber, ophtalmologiste allemand (1869)
Syn. amaurose congénitale, cécité rétinienne congénitale
→ GUCY2D
Le Damany (signe de) l.m.
Le Damany's sign
Sensation de ressaut perçue lors de l'examen des hanches du nouveau-né.
Hanche en flexion, on exerce une pression verticale sur le fémur. Le ressaut indique une hanche luxable, qu'il suffit en principe de langer en abduction.
P. Le Damany, médecin français (1912)
Syn. signe du ressaut, signe d'Ortolani
Leishmania mexicana
Leishmania mexicana
Agent de leishmanioses cutanées et cutanéo-muqueuses du Nouveau Monde.
Cette parasitose peut notamment se présenter en Amérique centrale comme une lésion unique, d'aspect papuleux, nodulaire ou ulcérée ("ulcère des chicleros"), guérissant souvent spontanément. Elle est rencontrée en Amérique depuis l'Argentine jusqu’au Mexique et au sud des États-Unis (Texas).Différents rongeurs sauvages en sont les réservoirs et des phlébotomes du genre Lutzomyia (L. olmeca, L. anthophora) servent de vecteurs.
→ leishmaniose, Leishmania, leishmaniose tégumentaire sud-américaine, phlébotome
[D1, D4, J1]
Édit. 2019
leucopénie n.f.
leukopenia
Diminution du nombre de leucocytes circulants en valeur absolue.
On la considère comme franchement anormale quand il est inférieur à 3.109/L leucocytes chez l'adulte. Chez l'enfant et surtout chez le nouveau-né, les valeurs normales sont plus élevées.
Syn. leucocytopénie
lieur n.m.
En génétique moléculaire,
1) séquence oligonucléotidique synthétique bicaténaire, qu'on ajoute in vitro à une séquence d'ADN et qui lui apporte un nouveau site de restriction.
On utilise souvent un lieur multisite possédant plusieurs sites de restriction.
2) courte séquence d'ADN située entre des séquences de plus grande longueur, comme p. ex. le lieur AAAAATGAAAAA qui est situé entre les deux bras des séquences Alu.
Syn. séquence de liaison.
ligature du cordon ombilical l.f.
ligation of the ombilical cord
Procédé d'hémostase des vaisseaux du cordon ombilical chez le nouveau-né réalisé immédiatement après la naissance.
Autrefois réalisée avec des fils de diverses natures, elle se fait actuellement avec des pinces soit métalliques, soit en matière plastique.
lipidomique n.f.
Branche de la métabolomique qui étudie l’ensemble des éléments biochimiques impliqué dans le métabolisme des cellules, des organes et des organismes ; c’est « la caractérisation complète des espèces moléculaires lipidiques et de leurs rôles biologiques dans le contrôle de l’expression des protéines impliquées dans le métabolismes des lipides et de leur fonction, y compris la régulation des gènes » [1-2].
La lipidomique, nouveau champ de recherche axée sur l'identification et la détermination de la structure et la fonction des lipides et des médiateurs dérivés lipidiques dans les biosystèmes, permet la caractérisation structurale des lipides potentiellement importants pour la prévention et/ou la thérapie de maladies comme l’athérosclérose, la maladie d’Alzheimer, le diabète et l’obésité, et donne des informations sur les fonctions spécifiques des lipides. Le profil lipidomique peut varier en fonction des maladies et des changements du métabolisme lipidique qui peuvent être détectés dans une physiopathologie. Les techniques chromatographiques et de spectrométrie de masse ont fortement amélioré le développement et les applications de la lipidomique en santé humaine reconnus fondamentaux pour améliorer le diagnostic et/ou le pronostic d’une maladie ainsi que pour l’identification de nouvelles cibles thérapeutiques [3].Telle que pratiquée aujourd'hui, la lipidomique peut être subdivisée en architecture/membrane lipidomique et médiateur lipidomique. Compte tenu du volume du champ de recherche, le développement de la lipidomique n’aurait pu se faire sans l’apport des sciences omiques.
M. Lagarde, biochimiste français (2003) ; F. Spener, biochimiste allemand (2003)
Réf. 1 – M. Lagarde, A. Géloën, M. Record, D. Vance, F. Spener: « Lipidomics is emerging » - Biochim Biophys Acta. 2003; 1634 (3): 61
2 - F. Spener, M. Lagarde, A. Géloën, M. Record : « What is lipidomics ? » - Eur JLipid Sci Technol. 2003; 105(9). 481-2
- N. Bernoud-Hubac, M. Lagarde, M. Guichardant – Université de Lyon, Inserm UMR 1060, Inra UMR 1397 (Laboratoire CarMeN), IMBL, INSA-Lyon, Villeurbanne
→ lipide, métabolomique, omiques (sciences), athérosclérose, maladie d’Alzheimer, diabète sucré, chromatographie, spectrométrie de masse
[B1, C1]
Édit. 2018
Listeria monocytogenes l.f.
Listeria monocytogenes
Bacille à Gram positif, aérobie, intracellulaire facultatif, présent dans le milieu extérieur (sol, eaux, plantes), pouvant subsister et même se multiplier à basse température (4°C) et résistant à de nombreux agents physiques et chimiques.
Il est responsable de la listériose, maladie humaine polymorphe. Chez la femme enceinte, la listériose est une infection grave pouvant causer des atteintes ovulaires sévères : avortement, accouchement prématuré, mort fœtale in utero.
Le nouveau-né contaminé par sa mère peut développer une septicémie ou une méningite néonatale gravissime. L'atteinte néonatale peut être précoce, en général sous forme de septicémie en cas de contamination trans-placentaire, ou plus tardive, survenant vers le 7e ou 8e jour sous la forme d'une atteinte méningée, plus souvent en cas de contamination lors du passage dans la filière génitale maternelle. La prévention de la contamination maternelle doit être assurée par des mesures d'hygiène alimentaire strictes, comme le lavage des légumes susceptibles d'être souillés.
Les Listeria peuvent être facilement identifiées du fait de leur morphologie, de l’aspect des colonies et de leur identification après culture, de la sérotypie et de la lysotypie. Elles sont sensibles aux pénicillines, aux aminosides, à la vancomycine, au cotrimoxazole.
Étym. J. Lister, Sir, bactériologiste britannique (1827-1912)
livedo néonatal l.m.
congenital livedo
Aspect de la peau fait de marbrures en un réseau violacé délimitant des zones de coloration normale qui, chez le nouveau-né, est physiologique.
Il est déclenché ou majoré par le froid et touchant surtout les membres, ou symptomatique : dans ce dernier cas, il peut être un des éléments soit d'une cutis marmorata telangiectatica congenita, soit de divers syndromes tels que syndrome de Cornelia de Lange, homocystinurie, syndrome de Divry-van Bogaert ou angiomatose corticoméningée, trisomie 21, lupus érythémateux néonatal.
lupus érythémateux l.m.
lupus erythematosus
Maladie auto-immune de cause inconnue dans laquelle interviennent des facteurs génétiques et immunologiques, qui peut atteindre presque tous les organes par le développement d'autoanticorps divers, antinucléaires et anti-ADN pour les plus fréquents, et de complexes auto-immuns pathogènes et qui s'accompagne très souvent d'une photosensibilité.
La conception uniciste du lupus érythémateux, ou maladie lupique, et de ses différentes formes, allant d'atteintes cutanées strictes à une maladie généralisée pouvant toucher tous les organes, est due à l'apport successif de nombreux médecins. Il existe trois variétés de lupus érythémateux.
- Le lupus érythémateux chronique est une forme cutanée de pronostic bénin, où les atteintes systémiques sont exceptionnelles.
- Le lupus érythémateux systémique est la forme la plus sévère : il peut toucher l'ensemble des organes en particulier le rein, le système nerveux, le cœur, la peau; il est grave et engage le pronostic vital.
- Le lupus érythémateux subaigu est une forme cutanéo-systémique intermédiaire à profil génétique et immunologique particulier, dont le pronostic est généralement favorable.
Le terme lupus érythémateux néonatal désigne un syndrome lupique survenant chez le nouveau-né d'une mère atteinte d'un lupus érythémateux systémique et déclenché par le passage transplacentaire d'anticorps anti-Ro maternels. Le terme lupus érythémateux profond désigne une forme clinique avec atteinte de l'hypoderme. Le terme lupus érythémateux induit correspond à une forme déclenchée par des médicaments et le terme lupus-lichen à une forme évoquant le lichen plan.
Étym. lat. lupus : loup (au sens de masque)
Syn. maladie lupique
Sigle : LE
lupus érythémateux néonatal l.m.
neonatal lupus erythematosus
Maladie auto-immune rare du nouveau-né liée à une transmission transplacentaire d'autoanticorps IgG1 maternels dont les symptômes majeurs sont soit cutanés à type de plaques annulaires plus ou moins squameuses des zones photo-exposées, soit cardiaques, représentées par un bloc auriculoventriculaire complet congénital, soit plus rarement les deux associés.
Les signes cutanés disparaissent dans la première année tandis que le bloc auriculo-ventriculaire nécessite un appareillage. Les autoanticorps retrouvés sont surtout anti-Ro (SSA), plus rarement anti-La (SSB), exceptionnellement anti-U1RNP. Les mères sont souvent indemnes de signes mais sont parfois atteintes d'un lupus érythémateux systémique ou d'une connectivite mixte ou d'un syndrome de Gougerot-Sjögren : elles sont plus souvent HLA B8, DR3, DQW2.
luxation chondro-vomérienne l.f.
chondrovomerian luxation, septal luxation
Luxation du septum nasal cartilagineux hors de son rail osseux inférieur, responsable d’une déviation septale plus ou moins obstructive.
Elle peut occasionner une détresse respiratoire chez le nouveau-né.
macrocéphalie n.f.
Augmentation anormale du volume crânien
En anthropologie, on considère qu’il y a macrocéphalie quand le volume crânien dépasse 1950 cm3 (Broca et Topinard). Chez le fœtus, le nouveau-né et l’enfant, l’augmentation du volume de la tête est considérée comme anormale si elle est supérieure à deux écarts types par rapport à la normale. La macrocéphalie est en général le fait d’une hypertension intracrânienne qu’elle qu’en soit l’origine : hydrocéphalie ou augmentation du volume cérébral ( macroencéphalie). Chez le jeune enfant elle s’accompagne d’une disjonction des sutures crâniennes visibles sur les radiographies. Elle est associée à de nombreux syndromes malformatifs, dystrophiques ou tumoraux : tels que les syndromes de Sotos, de Marschall-Smith, de Weaver, de Wiedemann-Beckwith, de Greig (associé à des polydactyies), de tératomes etc.. Elle existerait dans 20 p. cent des cas d’autisme. La macrocéphalie bénigne familiale est de transmission autosomique récessive.
J. F. Sotos, pédiatre américain (1964); R. E. Marshall et D. W. Smith, pédiatres américains (1970) ; D. M. Greig chirurgien britannique (1926) ; H. R. Wiedemann, pédiatre allemand (1964) et J. B. Beckwith, pédiatre américain (1964) ; P. P. Broca, chirurgien et anthropologue français, membre de l’Académie de médecine (1824-1880) ; P. Topinard, médecin et anthropologue français (1830-1911)
Étym. gr. makros : grand ; kephalê : tête
Syn. macroencéphalie
→ gigantisme cérébral, Sotos (syndrome de)
macroglossie n.f.
macroglossia, megaloglossia
Hypertrophie diffuse de la langue.
Elle peut être congénitale, par hyperplasie fibromusculaire ou présence d’un angiome caverneux ou diffus, ou acquise : elle est observée dans l’hypothyroïdie, l’acromégalie, l’œdème angioneurotique, l’amyloïdose et les glycogénoses.
En période fœtale (lors d’une échographie), chez le nouveau-né et le nourrisson l’hypertrophie de la langue est évocatrice d’une trisomie 21 ou d’un syndrome de Wiedemann- Beckwith.
H. R. Wiedemann pédiatre allemand (1964) ; J. B. Beckwith., pédiatre américain (1963) ; O. Lubarsch (1929) et L. Pick (1931), anatomopathologistes allemands
Étym. gr. makros : grand ; glôssa : langue
Syn. lingua vituli, paraglossie
→ amylose primitive systématisée de Lubarsch-Pick, trisomie 21, Wiedemann-Beckwith (syndrome de)
maladie des membranes hyalines l.f.
hyaline membrane disease
Détresse respiratoire du nouveau-né survenant à la naissance ou tout de suite après et due à une absence de surfactant efficace dans les alvéoles pulmonaires.
Liée à l’immaturité alvéolaire pulmonaire, elle frappe le prématuré ou l'enfant né dans un contexte de difficultés périnatales et se manifeste par une cyanose à l'air ambiant avec tachypnée, battement des ailes du nez et dyspnée épuisante. L'inspiration se fait dans l'effort avec abaissement du menton, creusement intercostal et formation d'un entonnoir médiosternal qui contraste avec le gonflement épigastrique. L'expiration est freinée et on perçoit un gémissement. La radiographie montre des poumons rétractés, les coupoles sont hautes, les bords du cœur sont flous, l'arbre bronchique se détache en clair sur le fin granité des champs pulmonaires. Dans les formes graves l'hypoxie s'accompagne d'hypercapnie et d'acidose, il n’y a pas de surfactant dans les liquides gastrique et trachéal. Ces formes sont mortelles par asphyxie. Si l'enfant survit, l'évolution est cyclique avec atténuation brusque de l'hypoxie quand du surfactant efficace apparaît dans les alvéoles.
Deux notions essentielles guident le traitement : une ventilation mécanique enrichie en oxygène avec pression positive à l'expiration, des instillations de surfactant exogène dans la trachée peu après la naissance, lorsque des signes font craindre la maladie ou si le risque est très important (grand prématuré).
La prophylaxie repose sur la prévention de la prématurité et celle de gros déséquilibres physiologiques à la naissance. L'administration à la mère de corticoïdes dans les 36 h précédant l'accouchement accroît les chances que l'enfant naisse avec un surfactant efficace.
En dépit de la prévention et du traitement, des séquelles sont possibles surtout chez le grand prématuré : une bronchodysplasie pulmonaire peut se développer.
Étym. gr. hyalos : transparent
→ bronchodysplasie, hypoxie, prématurissime, surfactant
malformations sternales l.f.p.
sternal abnormalities
Malformations rares représentées par le sternum bifide, les aplasies sternales et le pectus arcuatum.
Elles sont observées sur le nouveau-né et le petit nourrisson.
- Le sternum bifide est fait de 2 hémisternums séparés par un tissu fibreux plus ou moins large. La réparation se fait soit par suture directe, soit par mise en place d'une prothèse.
- L'aplasie sternale : dans ce cas le sternum est remplacé par une bandelette fibreuse. La réparation se fait par prothèse ou greffons costaux placés transversalement d'un hémithorax à l'autre.
- Le pectus arcuatum est dû à la soudure prématurée des pièces sternales et de la jonction manubrio-sternale. Il se caractérise par une brièveté et un élargissement du sternum, la forte saillie en avant de l’angle de Louis et la dépression sternale sous jacente (cuvette sternale), la convergence des côtes et des cartilages costaux, l’absence de segmentation du sternum de l’enfant sur les radiographies. Le traitement consiste en la résection des pièces saillantes et le comblement de la dépression par le matériel osseux réséqué.
malposition intra-utérine l.f.
intra uterine malposition
Position anormale du fœtus dans l’utérus, qui serait responsable de déformation ou de malformations constatées à la naissance comme le pied talus du nouveau-né.
mammite du nouveau-né l.f.
neonatal mastitis
Engorgement mammaire du nouveau-né de sexe masculin ou féminin en relation avec la crise génitale.
Elle survient au cours de la première semaine de la vie.
Étym. lat. mamma : mammelle ; -ite : suffixe indiquant l’inflammation
marche n.f.
1° Action et manière de se déplacer sur ses membres inférieurs
2° La marche normale comporte deux cycles successifs : la phase d'appui et la phase oscillante, un membre inférieur parcourant une phase pendant que l'autre parcourt l'autre phase.
La phase d'appui (60 % du cycle) est la phase portante sur le pied et se déroule d'avant en arrière avec l'attaque au sol par le talon, le déroulement du pied avec appui plantaire, l'appui sur l'avant-pied puis des orteils avec impulsion du corps vers l'avant.
La phase oscillante (40% du cycle) se déroule en sens inverse ramenant le membre inférieur d'arrière vers l'avant : le pied quitte le sol, passe à la verticale grâce à une flexion légère des articulations du membre inférieur et se pose de nouveau au sol par le talon.
Comme la phase d'appui est plus longue que la phase oscillante, un double appui au sol se produit à la fin de chaque phase.
Par un mouvement de rotation sur son axe de 15° environ l'hémibassin accompagne le membre inférieur du même côté ; les membres supérieurs se déplacent en sens inverse par balancement alterné.
Étym. francique : markôn : marquer, imprimer le pas
→ démarche, course, déambulation
mastocytome n.m.
mastocytoma
Prolifération intradermique circonscrite bénigne de mastocytes, exceptionnelle, survenant habituellement chez l'enfant ou le nouveau-né, se présentant typiquement comme un nodule unique, rouge, parfois pigmenté, avec un signe de Darier positif.
L'exérèse ou la biopsie permet de mettre en évidence un infiltrat dermique dense de mastocytes. Il ne s'y associe habituellement pas d'autre atteinte de mastocytose.
F. J. Darier, dermatologiste français, membre de l’Académie de Médecine (1856-1928)
Étym. mastocyte : francisation du mot allemand mastzellen ; all. mast :graisse ; gr. cutos, cellule ; -ome : suffixe indiquant la tumeur
méconium n.m.
meconium
Ensemble des matières composées de graisses, de mucus et de bile que le nouveau-né expulse par l’anus après sa naissance.
Son expulsion pendant la grossesse ou le travail peut traduire une souffrance fœtale. De couleur verdâtre et de consistance visqueuse, pâteuse, il rappelle le suc de pavot, d'où l'origine de son appellation.
Étym. gr. mêkônion : suc de pavot