Rapport
Séance du 26 janvier 2021

Le dépistage du cancer du poumon par scanner thoracique faible dose (STFD) reste non justifié, mais peut être utile pour un bilan de santé des fumeurs.

MOTS-CLÉS : Cancer du poumon ; dépistage organisé ; scanner thoracique faible dose ; sevrage tabagique.
Low-dose computed tomography (LDCT) in smoker’s population is only useful for health work-up of heavy smokers.
KEY-WORDS : Lung cancer; Screening; low dose computed tomography; smoking cessation.

Hélène SANCHO-GARNIER, Richard VILLET, Jacques ROUËSSÉ, Gérard DUBOIS, Jean Denis LAREDO, Jean Pierre TRIBOULET

Les auteurs n’ont pas de conflits d’intérêt sur le sujet.

Résumé

La pratique d’exploration par scanner thoracique « faible dose » (STFD) chez les fumeurs pourrait permettre un diagnostic plus précoce de cancer broncho-pulmonaire (CBP), une quantification de l’emphysème et l’identification de calcifications coronaires. Etant données les doses réduites d’irradiation qu’elle délivre, l’idée d’en faire un instrument de dépistage des CBP a mené à la réalisation d’essais randomisés avec groupe témoin. Avec un recul de 10 et 12 ans il ressort, des deux plus importants d’entre eux, une réduction de la mortalité liée au CBP chez les hommes, de 25% en moyenne, significative dans l’essai Nelson et de 8%, non significative, dans l’essai NLST, mais pas de réduction de la mortalité globale. Chez les femmes les résultats sont variables et plus difficilement interprétable. Dans l’essai NLST, une réduction significative de 20% en moyenne à 10 ans est observée chez les femmes alors que dans l’essai Nelson une réduction de 33% n’est pas significative en raison du faible nombre de femmes incluses et suivies 10 ans.

Par ailleurs de nombreuses inconnues persistent pour pouvoir définir une politique de dépistage, entre autres sur  la définition de la population cible, le taux de participation souhaitable, la fréquence des tests, le type de test à réaliser, leur interprétation, les indications diagnostiques et thérapeutiques pour les tests positifs et la formation des radiologues.

En raison de ces multiples incertitudes l’Académie nationale de médecine considère que l’utilisation du STFD ne peut être retenue actuellement en tant qu’instrument de dépistage programmé, mais qu’en revanche elle pourrait contribuer au bilan de santé de certains fumeurs et inciter aux démarches de sevrage tabagique qui reste un souci majeur pour la Santé publique.

Summary

Use of low-dose computed tomography (LDCT) in smoker’s population could allow an earlier diagnosis of lung cancer, emphysema quantification as well as coronary calcification diagnosis. The low radiation dose delivered with this technique allowed for several randomized control trials of screening using this technique to evaluate such a screening test. Results of the two most important trials with a follow-up of 10 and 12 years, showed, only in men, in the NELSON trial, significant lung cancer mortality rate decrease of 20% in average and a non-significant reduction rate of 8% in the NLST trial, but no reduction of overall mortality. In women data are unsteady in the Nelson trial, on the contrary, in the NLST trial, a significant reduction of 20% in average is observed.

Several uncertainties data make difficult to establish a screening policy for lung cancer: no precise definition of the target population, the expected efficient participation rate, the control of quality and interpretation of the test, the tests frequency, the definition and interpretation of additional exams and the therapeutic indications.

Therefore, the French “Académie nationale de médecine” estimates that LDCT cannot be regarded at present as an efficient tool for lung cancer screening in smoker’s population. On the other hand, LDCT could contribute to a health work-up in smokers and to drive to “stop smoking approaches” which remains a major public health concern.

Au nom du Groupe de travail « Dépistage » de la Commission de Cancérologie