Communication scientifique
Session of 6 octobre 2026

L’axe rein–cerveau : impact de la fonction rénale sur les fonctions cognitives

MOTS-CLÉS : Déclin cognitif, Maladie rénale chronique, Toxines urémiques, Biomarqueurs
The kidney-brain axis: the impact of kidney function on cognitive functions
KEY-WORDS : Cognitive impairment, Chronic kidney disease, Uremic toxins, Biomarkers

Ziad A. Massy ((a, b, ⁎) , Marion Pépin (a, c)

Déclaration de liens d’intérêts :
ZAM déclare avoir reçu des subventions pour CKD REIN et d'autres projets de recherche de la part d'Amgen, Baxter, Fresenius Medical Care, GlaxoSmithKline, Merck Sharp and Dohme-Chibret, Sanofi-Genzyme, Lilly, Otsuka, Astra Zeneca, Vifor et du gouvernement français, ainsi que des honoraires et des subventions à des œuvres caritatives de la part Boehringer Ingelheim et NovoNordisk sans lien direct avec le contenu de ce travail.
MP déclare ne pas avoir de liens d’intérêts.

Résumé

Un faisceau d’argument tend à démontrer l’existence d’un axe rein–cerveau expliquant le déclin cognitif observé dans des situations de maladie rénale chronique (MRC). L’évolution démographique actuelle devrait voir ces deux atteintes augmenter en nombre absolu et relatif. Dans cette revue narrative, nous proposons d’explorer les données épidémiologiques de l’association entre maladie rénale et santé neurocognitive ; l’existence d’un profil cognitif MRC-spécifique ; les mécanismes physiopathologiques en jeu ; les conséquences sur la démarche diagnostique et certains aspects thérapeutiques. Les données épidémiologiques convergent vers la confirmation d’un lien spécifique entre MRC et cognition. Les fonctions exécutives semblent fréquemment atteintes sans pouvoir dégager un phénotype cognitif MRC-spécifique. La physiopathologie ne se limite pas à l’axe vasculaire mais fait intervenir plusieurs mécanismes interdépendants avec un rôle-clé des toxines urémiques accumulés dans la MRC. La démarche diagnostique des deux atteintes nécessite une attention rigoureuse aux choix des marqueurs et à la qualité de leur mesure. Les approches thérapeutiques regroupent des axes médicamenteux et non médicamenteux. La complexité de l’axe rein–cerveau nécessite une recherche plus large faisant intervenir la collaboration de différents acteurs (patients, soignants, néphrologues, neurologues, gériatres, radiologues, et scientifiques fondamentaux).

Summary

A growing body of evidence supports the existence of a kidney–brain axis that may contribute to the cognitive decline observed in chronic kidney disease (CKD). Current demographic trends suggest that incidence and prevalence of both conditions will continue to rise. In this narrative review, we aim to explore the epidemiological data supporting the association between CKD and neurocognitive health; the potential existence of a CKD-specific cognitive pattern; the underlying pathophysiological mechanisms; and the diagnostic and therapeutic implications, both pharmacological and non-pharmacological. Epidemiological studies consistently indicate an association between CKD and cognitive impairment. Executive functions are frequently affected, although no distinct CKD-related cognitive phenotype has yet been clearly defined. The pathophysiology extends beyond vascular contribution and involves multiple interdependent mechanisms, with a key role attributed to the accumulation of uremic toxins in CKD. Accurate diagnosis of both CKD and cognitive impairment requires careful selection and application of appropriate tests and biomarkers. Therapeutic strategies include both pharmacological and non-pharmacological interventions. The complexity of the kidney–brain axis highlights the need for expanded research efforts and multidisciplinary collaboration among patients, healthcare providers, nephrologists, neurologists, geriatricians, radiologists, and basic scientists.

*Auteur correspondant
(a) Inserm Unit 1018, Team 5, CESP, Paris-Saclay University (UPS), Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines University (UVSQ), Villejuif, France
(b) Service de néphrologie, hôpital Ambroise-Paré, AP–HP, Boulogne-Billancourt/Paris, France
(c) Service de gériatrie, hôpital Ambroise-Paré, AP–HP, Boulogne-Billancourt/Paris, France

Bull Acad Natl Med 2026;210:596-601. [En ligne] Disponible sur : https://doi.org/10.1016/j.banm.2026.01.023