Communication scientifique
Session of 8 novembre 2016

Intérêt de l’utilisation du modèle canin dans les approches thérapeutiques des rétinopathies pigmentaires

MOTS-CLÉS : MODÈLES ANIMAUX. RÉTINOPATHIES. THÉRAPEUTIQUE
Interest of the use of canine model in therapeutic approaches of pigmentary retinopathies
KEY-WORDS : MODELS, ANIMAL. RETINAL DISEASES. THERAPEUTICS

Serge Georges ROSOLEN*

L’auteur déclare n’avoir aucun lien d’intérêt en relation avec le contenu de cet article.

Résumé

Les rétinopathies pigmentaires (RP) sont des affections caractérisées par une perte progressive de la vision périphérique associée à un déficit de la vision nocturne. Elles évoluent vers une perte de la vision centrale pour aboutir inéluctablement vers la cécité. Le nombre de patients atteints (plusieurs millions de personnes) et leur mauvais pronostic visuel justifient les efforts très soutenus dans le domaine de la recherche à des fins préventives et thérapeutiques. Si les preuves de concept sont validées chez des rongeurs de laboratoire il est nécessaire d’effectuer des essais thérapeutiques précliniques chez des espèces animales dont les caractéristiques anatomo-fonctionnelles sont proches de celles de l’homme. Le modèle canin présente un double avantage : c’est une espèce animale d’expérimentation, qui possède les caractéristiques anatomo-fonctionnelles d’une espèce diurne avec de nombreux cônes centraux. C’est également un animal de compagnie, fortement médicalisé, partageant la vie de l’homme et son environnement : il peut être spontanément atteint par des affections rétiniennes homologues à celles rencontrées chez l’homme dont le déterminisme génétique est parfois identique. Unir les compétences médicales et vétérinaires devient une nécessité pour lutter contre des mêmes maladies en s’inscrivant dans le concept d’unicité de la santé (one health) pour un bénéfice réciproque des traitements de l’animal et de l’homme. 

Summary

In retinitis pigmentosa, a progressive alteration of peripheral vision is associated with a deficit of night vision, followed by a loss of central vision leading to blindness. The number of affected patients (many millions worldwide) and the poor visual prognosis justify the need of sustained efforts of research for preventive and therapeutic purposes. If proof of concept is validated in laboratory rodents, it is necessary to conduct preclinical trials in animal species for which anatomical and functional characteristics are close to humans ones. The canine model has twin benefits: as an experimental species, it has the anatomical and the functional characteristics of a diurnal species with many central cones. In addition, it is also a pet animal, largely medicalized, sharing the life of human and his environment, that spontaneously expresses retinal diseases homologous to those found in humans, and sometimes with the same genetic origin. To join medical and veterinary forces becomes a necessity to fight diseases common to humans and animals. This approach fits well with the concept of One Health and One Medicine for mutual benefit for man and animal.

* Institut de la Vision, 17 rue Moreau 75012 Paris

Bull. Acad. Natle Méd., 2016, 200, nos 8-9, 1559-1574, séance du 8 novembre 2016