Communication scientifique
Session of 9 décembre 2008

Diabète et précarité. Étude d’une vaste population française

MOTS-CLÉS : diabète. épidémiologie. isolement psychosocial
Diabètes and socio-economic deprivation. A study in a large french population
KEY-WORDS : diabetes mellitus. psychosocial deprivation.

Louis Guize * †, Claude Jaffiol **, Maurice Guéniot ** †, Jacques Bringer *, Claude Giudicelli *, Martine Tramoni et Frédérique Thomas, Bruno Pannier, Kathy Bean, Bertrand Jego (Centre IPC)

Résumé

Les sujets en situation de précarité patissent d’une incidence accrue du diabète et de ses complications. Les données françaises étant limitées, il était intéressant de préciser ce lien dans une vaste population. L’étude concerne 32 435 hommes et 16 378 femmes, âgés de 35 à 80 ans, qui ont eu un examen de santé gratuit au centre IPC (Investigations Préventives et Cliniques, Paris-Ile de France), de janvier 2003 à décembre 2006. La précarité matérielle et sociale a été évaluée par le score EPICES (Evaluation de la Précarité et des Inégalités de santé dans les Centres d’Examens de Santé de France). Les sujets en situation de précarité ont été définis par leur appartenance au cinquième quintile de la distribution de ce score. Parmi eux, la prévalence du diabète est, respectivement chez les hommes et chez les femmes, de 6 % et 7 % entre 35 et 59 ans, de 18 % et 15 % entre 60 et 80 ans. Cette prévalence est trois à huit fois plus élevée que chez les non précaires (premiers quintiles). Après prise en compte de l’âge, de l’indice de masse corporelle, du périmètre abdominal, des scores de stress-anxiété et de dépression, le risque (Odds ratio) d’être diabétique chez les sujets en situation de précarité est de 4,2 chez les hommes et 5,2 chez les femmes de 35-59 ans, et de 3,5 chez les hommes et 2,2 chez les femmes de 60-80 ans. Plusieurs marqueurs du risque cardiovasculaire sont significativement plus élevés ou plus fréquents dans cette * Membre correspondant de l’Académie nationale de médecine, Centre médical IPC (Investigations préventives et cliniques, 6/14, rue La Pérouse — 75016 Paris ** Membre de l’Académie nationale de médecine Tirés à part : Professeur Claude Jaffiol 16, allée de l’Eubée, 34000 Montpellier Article reçu et accepté le 23 juin 2008 population : masse corporelle, obésité abdominale, pression artérielle, syndrome métabolique chez les femmes ; HDL-cholestérol abaissé, triglycérides augmentés, protéinurie, fré- quence cardiaque élevée, électrocardiogramme anormal, chez les hommes et les femmes. D’autres indicateurs de l’état de santé sont altérés : scores de stress-anxiété et de dépression, tabagisme (chez les hommes), gamma-GT, phosphatases alcalines, capacité vitale respiratoire, anomalie de la vision, plaques dentaires. Une difficulté d’accès aux soins est fréquente. En conclusion, la situation de précarité influence, fortement et indépendamment de facteurs de confusion, le risque d’être diabétique. De nombreux marqueurs de risque cardiovasculaire et d’un état de santé altéré, ainsi qu’une difficulté d’accès aux soins, sont fréquents chez ces personnes.

Summary

Socio-economically deprived subjects are reported to have an increased risk of diabetes and related complications. The aim of this study was to confirm this relation in a large French population. The study subjects consisted of 32 435 men and 16 378 women aged from 35 to 80 years who had a free health checkup at the IPC Center (Investigations Préventives et Cliniques, Paris-Ile de France) between January 2003 and December 2006. Socio-economic deprivation was evaluated by using the EPICES approach (Evaluation de la Précarité et des Inégalités de santé dans les Centres d’Examens de Santé de France). Socio-economically deprived subjects were defined as those with scores in the 5th quintile. The prevalence of diabetes among deprived men and women was respectively 6 % and 7 % at age 35-59 years, and 18 % and 15 % at age 60-80 years. The prevalence of diabetes increased with level of deprivation. Compared to the 1st quintile of the EPICES score distribution, diabetes was three to eight times more frequent in the 5th quintile. After taking into account age, the body mass index, waist circumference, and anxiety and depression, the risk that deprived subjects would be diabetic (odds ratio) was respectively 4.2 and 5.2 for men and women aged 35-39 years, and 3.5 and 2.2 for those aged 60-80 years. The following cardiovascular risk markers were significantly higher or more frequent among deprived subjects: body mass, abdominal obesity, high blood pressure and the metabolic syndrome in women ; and lower HDL cholesterol, higher triglyceride levels, proteinuria, a higher heart rate and additional ECG abnormalities in both men and women. Other indicators of poor health were also more frequent among deprived subjects, including anxiety and depression, smoking (among men), elevated gamma-GT and alkaline phosphatase levels, lung vital capacity, visual disorders, and dental plaque. Finally, deprived subjects also had more limited access to health care. Thus, socio-economic status markedly influences the risk of diabetes, independently of confounding factors. Several markers of cardiovascular risk and poor health were significantly more frequent among socio-economically deprived subjects, who also had more limited access to health care.

INTRODUCTION

Les sujets en situation de précarité sont exposés à une incidence accrue de diabète [1-5], de gravité plus marquée que dans la population générale [6-16]. Mais peu d’études en France ont évalué ce lien entre la précarité et le diabète [17-19], ainsi que l’existence de facteurs de risque ou de pathologies associées [19, 21]. Un examen de santé gratuit, réalisé chez des sujets volontaires de la population générale d’Ile-de-

France a donné l’opportunité de mieux préciser ce lien.

L’objectif principal de notre étude était d’évaluer la prévalence du diabète chez les sujets en situation de précarité et d’estimer le risque relatif d’être diabétique en fonction du degré de précarité, en tenant compte de certaines variables confondantes.

L’objectif secondaire était de préciser la prévalence de certains paramètres de risque cardiovasculaire et des indicateurs de l’état de santé en fonction d’une part, de l’existence d’un diabète ou d’une normoglycémie et d’autre part, de la présence ou non d’une condition précaire.

MÉTHODOLOGIE

Population

La population concerne les hommes et les femmes, âgés de 35 à 80 ans, vivant en Ile-de-France (25 % à Paris), ayant eu un examen de santé pluridisciplinaire standardisé au centre IPC (Investigations Préventives et Cliniques), à Paris et dans ses antennes de Trappes, Argenteuil et Mantes, de janvier 2003 à décembre 2006.

Le centre IPC, conventionné par la Sécurité Sociale, Caisse Nationale d’Assurance Maladie des Travailleurs Salariés (CNAMTS) et Caisse Primaire d’Assurance Maladie de Paris (CPAMP), propose aux assurés sociaux et ayants droit, de toutes catégories socio-économiques, un bilan de santé gratuit tous les cinq ans. Les sujets en situation de précarité peuvent bénéficier d’un bilan annuel.

Parmi les hommes examinés durant ces quatre ans, 28 424 étaient âgés de 35 à 59 ans et 4 011 de 60 à 80 ans. Parmi les femmes examinées durant cette même période, 13 091 étaient âgées de 35 à 59 ans et 3 287 de 60 à 80 ans. L’effectif total de 48 813 sujets comportait 33,6 % de femmes.

Paramètres enregistrés

L’examen de santé IPC standardisé comprend :

— un questionnaire socio-administratif, sur la situation socio-professionnelle, l’environnement et le mode de vie, permettant notamment de définir les sujets en situation de précarité (score EPICES, Evaluation de la Précarité et des Inégalités de santé dans les Centres d’Examens de Santé de France, voir Annexe ) [17], — un questionnaire médical explorant les antécédents personnels et familiaux, l’activité physique, la consommation alcoolique et tabagique, l’état de santé du moment, le suivi médical, les traitements médicamenteux, le stress et l’anxiété [22], la dépression [23], — un examen biométrique (poids, taille, périmètre abdominal, tour de hanches), — la mesure de la pression artérielle au bras droit en position couchée après dix minutes de repos (moyenne de trois mesures prise en compte), — un électrocardiogramme, un examen spirométrique (spiromètre ST200, Fukuda Sangyo) avec enregistrement de la capacité vitale et du volume expiratoire maximum par seconde, une appréciation des acuités visuelle et auditive, un examen bucco-dentaire, — des dosages biologiques sanguins effectuées à jeun, par méthodes enzymatique (automate Hitachi 917) ou colorimétrique (ABX, Pentra 120) : glycémie, uricé- mie, créatinine, gammaGT, ASAT, ALAT, phosphatases alcalines, protides, albumine, calcium, sodium, potassium, cholestérol, triglycérides, HDLc, LDLc calculé, hémogramme, — des recherches urinaires qualitatives : protéinurie, glycosurie, hématurie, corps cétoniques, — un examen clinique.

Les sujets diabétiques ont été définis selon les critères suivants : diabète connu et traité ou diabète dépisté par un taux de glycémie à jeun J1,26 g/l. Les sujets normoglycémiques ont été définis selon les critères suivants : glycémie à jeun <1,00 g/l, diabétiques traités exclus. Le syndrome métabolique a été défini selon le NCEP-ATP III qui requiert l’association de trois des cinq critères suivants : circonférence abdominale >102 cm chez les hommes ou >88 cm chez les femmes, triglycérides >1,50 g/l, HDL cholestérol <0,40 g/l chez les hommes ou <0,50 g/l chez les femmes, pression artérielle >130/85mmHg, glucose à jeun >1,10 g/l [24].

Analyses statistiques

La distribution du score EPICES a été effectuée par quintiles, séparément chez les hommes et chez les femmes. Les taux de prévalence des sujets diabétiques ont été établis par sexe et par groupes d’âge (35-59 ans et 60-80 ans) en fonction des quintiles du score EPICES.

Les personnes diabétiques ont été comparées aux sujets normoglycémiques en fonction des quintiles du score EPICES avec ajustement sur l’âge, l’indice de masse corporelle (IMC, poids Kg/taille m2), le tour de taille, les scores de stress-anxiété et de dépression, en utilisant des modèles de régression logistique (Odds Ratio, intervalle de confiance 95 %). Les sujets ayant des glycémies comprises de 1 g/l à 1,25 g/l n’ont pas été retenus dans cette analyse, à l’exception des diabétiques connus et traités.

Les sujets en situation de précarité ont été définis par leur appartenance au cinquième quintile du score EPICES. Le groupe témoin, qualifié de sujets non précaires, a été défini par les personnes appartenant aux trois premiers quintiles du score EPICES. Les personnes situées dans le quatrième quintile, groupe ‘‘ frontière ’’, n’ont pas été incluses dans le groupe témoin, afin de délimiter clairement les populations en situation de précarité des non précaires.

Fig. 1. — Taux de prévalence (%) des sujets diabétiques, connus ou dépistés, en fonction des quintiles (Q1 à Q5) de distribution du score EPICES.

À gauche chez les hommes, à droite chez les femmes, âgés respectivement de 35 à 59 ans et de 60 à 80 ans.

Les sujets en situation de précarité ont été comparés aux sujets non précaires, sujets diabétiques d’une part et sujets normoglycémiques d’autre part. Les paramètres enregistrés dans l’examen de santé standardisé ont été comparés à l’aide d’analyses de variance incluant l’âge pour les variables qualitatives et de tests χ2 pour les variables quantitatives.

Toutes les analyses statistiques ont été réalisées avec le logiciel SAS version 8.02 (Statistical Analysis System, Cary, North Carolina, USA).

Le centre IPC a reçu l’autorisation du Comité National d’Informatique et de Liberté (CNIL) pour, avec l’accord des sujets, analyser les données et le devenir.

RÉSULTATS

Prévalence du diabète connu ou dépisté

Elle concerne 835 hommes (2,94 %) et 315 femmes (2,41 %) dans la tranche d’âge 35-59 ans, 417 hommes (10,4 %) et 201 femmes (6,11 %) dans celle de 60-80 ans. Les diabètes méconnus, découverts lors de l’examen IPC, représentent 73,0 % de l’ensemble de ces diabétiques hommes et 42,8 % des femmes de 35-59 ans, 42,4 % des hommes et 32,9 % des femmes de 60-80 ans.

Les taux de prévalence des sujets diabétiques, en fonction des quintiles de distribution du score EPICES, sont présentés dans la figure 1 , d’une part chez les hommes et d’autre part chez les femmes, selon les deux classes d’âge, 35-59 ans et 60-80 ans. La prévalence du diabète est significativement plus élevée chez les sujets en situation de précarité (cinquième quintile du score EPICES : 6,0 % chez les hommes de 35-59 ans, 18,3 % chez les hommes de 60-80 ans, 7,0 % chez les femmes de 35-59 ans, 15,4 % chez les femmes de 60-80 ans) que chez les non précaires (trois premiers

Fig. 2. — Risque relatif d’être diabétique, connu ou dépisté, en fonction des quintiles du score EPICES.

Odds ratios des sujets diabétiques vs sujets normoglycémiques, ajustés sur l’âge, le rapport poids/taille2, le tour de taille, les scores d’anxiété et de dépression.

A gauche : chez les hommes (traits pleins) et les femmes (traits pointillés) âgés de 35 à 59 ans. A droite : chez les hommes (traits pleins) et les femmes (traits pointillés) de 60 à 80 ans.

quintiles : 1,36 à 2,29 % chez les hommes de 35-59 ans, 5,21 à 8,95 % chez les hommes de 60-80 ans, 0,7 à 1,24 % chez les femmes de 35-59 ans, 2,6 à 5,3 % chez les femmes de 60-80 ans, p<0,001).

Risque relatif de diabète en fonction du score EPICES

Le risque relatif (Odds ratio, ajusté sur l’âge, l’IMC, le tour de taille, les scores de stress-anxiété et de dépression) d’être diabétique connu ou dépisté, calculé en fonction des quintiles du score EPICES par rapport aux sujets normoglycémiques (réfé- rence : premier quintile), est montré dans la figure 2 . L’Odds ratio observé dans le 5ème quintile du score EPICES est, chez les sujets âgés de 35 à 59 ans de 4,18 (3,27-5,35) chez les hommes et 5,19 (3,26-8,27) chez les femmes ; chez les sujets âgés de 60-80 ans, il est de 3,53 (2,41-5,15) chez les hommes et 2,17 (1,11-4,25) chez les femmes.

Caractéristiques des sujets et paramètres associés au diabète et à la précarité

Les éléments les plus caractéristiques, concernant les sujets précaires ou non précaires, diabétiques ou normoglycémiques, sont donnés, par sexe et par classes d’âge (35-59 ans et 60-80 ans) dans les tableaux I à IV. Les sujets diabétiques, âgés de 35 à 59 ans, ayant près de cinq ans de plus que les sujets normoglycémiques, les moyennes, pourcentages et comparaisons ont été ajustés sur l’âge.

Marqueurs du risque cardiovasculaire

Les femmes en situation de précarité, diabétiques ou normoglycémiques, ont un IMC plus élevé que les non précaires, quel que soit l’âge ; il en est de même du périmètre abdominal, toutefois non significatif chez les diabétiques jeunes. Ces différences ne sont pas observées chez les hommes . La pression artérielle est plus élevée chez les hommes normoglycémiques en situation de précarité et chez les femmes de 60-80 ans diabétiques ou non.

Les marqueurs lipidiques de risque cardiovasculaire chez les sujets en situation de précarité montrent d’une part, des taux moins élevés de cholestérol total et de LDL-cholestérol chez les hommes, et d’autre part, des taux de HDL-cholestérol abaissés et des triglycérides globalement plus élevés dans les deux sexes. Le syndrome métabolique est significativement plus fréquent chez les femmes en situation de précarité, qu’elles soient diabétiques ou normoglycémiques, et chez les hommes normoglycémiques de 60-80 ans.

Un électrocardiogramme anormal (nécrose, ischémie, hypertrophie ventriculaire, trouble du rythme soutenu, trouble de conduction atrio-ventriculaire du deuxième ou troisième degré, bloc de branche) est plus fréquent chez les hommes jeunes et chez les femmes en situation de précarité, hormis chez les femmes normoglycémiques de 60-80 ans. Un antécédent d’infarctus myocardique est plus fréquent chez les hommes de 35-59 ans en situation de précarité. La fréquence cardiaque est plus élevée, hormis chez les diabétiques de 60-80 ans.

La protéinurie est plus souvent constatée chez les précaires, diabétiques ou non.

Indicateurs de l’état de santé des sujets en situation de précarité

Plusieurs indicateurs de l’état de santé sont, par rapport aux non précaires, significativement altérés chez les sujets en situation de précarité, qu’ils soient diabétiques ou normoglycémiques :

— moins bonne perception subjective de leur état de santé ;

— scores de stress-anxiété et de dépression plus élevés ;

— taux des gamma-GT et des phosphatases alcalines plus élevés ;

— tabagisme plus fréquent chez les hommes ;

— capacité vitale respiratoire très significativement diminuée, surtout chez les hommes ;

— anomalies de la vision nettement plus fréquentes ;

— fréquence fortement accrue des plaques dentaires.

Une difficulté d’accès aux soins est beaucoup plus souvent mentionnée chez les sujets en situation de précarité (14,4 % à 17,6 %) que chez les non précaires (0,01 % à 1,74 %).

DISCUSSION

Cette étude concerne une vaste population dont la représentation n’est toutefois pas celle de la population générale. En effet, l’examen de santé IPC, bien que proposé gratuitement à tous les assurés du régime général de l’Assurance Maladie, est fondé sur le volontariat. La participation des sujets en situation de précarité étant souvent réticente, une incitation spécifique est effectuée auprès d’eux. Les malades pris en charge dans les structures de soins classiques sont sous-représentés, car l’activité du centre IPC est orientée vers le dépistage et la prévention. Néanmoins, l’effectif important d’hommes et de femmes examinés, appartenant à toutes les catégories socio-économiques, l’étendue des âges, le nombre et la diversité des paramètres enregistrés font de ce centre un observatoire de santé et un outil épidémiologique intéressants.

Le score EPICES a été établi dans l’ensemble des Centres d’Examens de Santé de la Caisse Nationale d’Assurance Maladie de France et validé [17]. Ce score permet d’identifier des populations fragilisées socialement et/ou médicalement qui ne seraient pas détectées par des critères purement éducationnels, socio administratifs ou professionnels [25].

La prévalence, dans notre étude, des diabètes connus et traités est plus faible que celle estimée dans la population générale en France [26, 27]. Mais les diabétiques méconnus et dépistés lors de l’examen représentent une proportion complémentaire importante de sujets diabétiques, particulièrement forte chez les hommes de 35-69 ans. La forte prévalence du diabète observée chez les sujets en situation de précarité a été confirmée dans notre population, de façon comparable à celle observée dans d’autres études françaises [17-19] et étrangères [1-5].

L’utilisation du score EPICES a permis de constater une gradation de l’effet des conditions matérielles et sociales sur la prévalence du diabète. L’analyse du risque d’être diabétique (Odds ratios) apporte des données particulièrement informatives et originales. C. Sass et coll . avaient déjà observé une telle relation, plus marquée chez les femmes que chez les hommes [17]. Mais l’ajustement n’avait été effectué que sur l’âge. Or d’autres éléments, liés à la situation de précarité, peuvent intervenir dans la relation avec le diabète. Il en est ainsi notamment du mode alimentaire, de l’obésité [28, 29], observée ici chez les femmes et non chez les hommes, et de la situation psychologique [29-35]. Dans notre étude, la prise en compte de l’âge, de l’IMC, du tour de taille, des scores de stress-anxiété et de dépression [22, 23], n’a pas fait disparaître la relation entre la précarité et le risque d’être diabétique. Cette relation est particulièrement marquée chez les sujets de 35 à 59 ans, avec une tendance plus accentuée chez les femmes que chez les hommes ( figure 2 ).

Les sujets en situation de précarité ont des pathologies, des facteurs et marqueurs de risque cardiovasculaire plus fréquents et un état de santé plus altéré que la population non défavorisée. Cela concerne autant les sujets diabétiques que les autres. Ces différences ont été observées dans de nombreuses études, avec des amplitudes plus ou moins marquées selon les populations, les pays et les systèmes de santé [5-16, 18, 20, 21].

La gravité du diabète accrue chez les sujets en situation de précarité est moins bien appréciée par notre étude que par d’autres [5-16, 20], car les examens sont limités à un dépistage de premier niveau et l’observation de l’évolution n’est pas encore disponible. Cependant, le caractère pluridisciplinaire du bilan standardisé a permis de mettre en évidence ou de préciser certains profils particuliers de l’état de santé.

L’augmentation de l’IMC et du périmètre abdominal, observée chez la plupart des femmes en situation de précarité, ne l’est pas chez les hommes. Le syndrome métabolique est là aussi essentiellement présent chez les femmes. L’obésité abdominale associée au diabète et à l’élévation des triglycérides, rencontrée avec une fréquence accrue chez les femmes en situation de précarité, est particulièrement péjorative [36]. Les hommes en situation de précarité ont une corpulence plutôt moindre et des taux de cholestérol total, LDL et HDL moins élevés. Ils sont plus souvent fumeurs [6, 10, 16]. Dans les deux sexes, la fonction hépatique est altérée et la protéinurie est plus fréquente [5-7, 10]. Les électrocardiogrammes anormaux ainsi que la fréquence cardiaque élevée sont des facteurs de gravité [8, 10, 11, 37]. Les troubles de la vision par rétinopathie sont plus fréquents [7, 8, 10, 18, 20].

Bien que le système de santé soit en principe plus favorable en France que dans d’autres pays (examens de santé gratuits, Sécurité Sociale, Couverture Maladie Universelle), la difficulté d’accès aux soins est encore bien souvent mentionnée par les sujets en situation de précarité. Le stress, l’anxiété, la dépression, fréquents dans notre étude comme dans d’autres, causes et/ou conséquences de l’état de précarité et de la maladie, peuvent intervenir dans l’adhésion aux soins [29-34]. Les préoccupations de santé parfois moins prioritaires, mais surtout l’environnement ainsi que l’acculturation, la barrière de la langue sont autant de facteurs à prendre en considération pour améliorer la prise en charge médico-sociale des personnes défavorisées [3, 19, 38-40].

CONCLUSION

Cette étude, effectuée dans une population de 48 813 hommes et femmes vivant en Ile de France, a permis d’observer que la situation de précarité accentue fortement la prévalence du diabète. Le risque de diabète, après prise en compte de plusieurs facteurs de confusion (âge, indice de masse corporelle, tour de taille, scores de stress-anxiété et de dépression), augmente avec les quintiles du score de précarité et d’une façon particulièrement intense chez les sujets âgés de 35 à 59 ans. Chez les personnes en situation de précarité, les marqueurs de risque cardiovasculaire sont plus nombreux et les indicateurs de l’état de santé sont plus altérés. Cela incite à renforcer la prise en charge médico-sociale des populations défavorisées.

REMERCIEMENTS

Ce travail a été réalisé grâce au soutien de la Caisse Nationale d’Assurance Maladie (CNAM) et de la Caisse Primaire d’Assurance Maladie de Paris (CPAM-Paris) et avec l’aide du Laboratoire Servier.

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DISCUSSION

M. Jean-Luc de GENNES

Hors le taux de cholestérol total et LDL cholestérol, ce dernier étant bas pour les personnes vivant à l’état de précarité, qu’en est-il pour les taux de HDLC et des triglycérides ?

L’HDLC était significativement diminué et les triglycérides augmentés chez les sujets précaires.

ANNEXES

Score EPICES.

Questions du score EPICES

Oui

Non 1 – Rencontrez-vous parfois un travailleur social ?

10,06 0 2 – Bénéficiez-vous d’une assurance maladie complémen-11,83 0 taire ?

3 – Vivez-vous en couple ?

– 8,28 0 4 – Êtes-vous propriétaire de votre logement ?

– 8,28 0 5 – Y a-t-il des périodes dans le mois où vous rencontrez de 14,80 0 réelles difficultés financières à faire face à vos besoins (alimentation, loyer, EDF…) ?

6 – Vous est-il arrivé de faire du sport au cours des 12 derniers – 6,51 0 mois ?

7 – Êtes-vous allé au spectacle au cours des 12 derniers mois ?

– 7,10 0 8 – Êtes-vous parti en vacances au cours des 12 derniers mois ?

– 7,10 0 9 – Au cours des 6 derniers mois, avez-vous eu des contacts – 9,47 0 avec des membres de votre famille autres que vos parents ou vos enfants ?

10 – En cas de difficultés, y a-t-il dans votre entourage des – 9,47 0 personnes sur qui vous puissiez compter pour vous héberger quelques jours en cas de besoin ?

11 – En cas de difficultés, y a-t-il dans votre entourage des – 7,10 0 personnes sur qui vous puissiez compter pour vous apporter une aide matérielle ?

Calcul du score : chaque coefficient est ajouté (en plus ou en moins) à une constante (75,14) si la réponse à la question est oui. Plus le score est élevé, plus le sujet est en situation de précarité.

Tableau I. — Moyennes (SD) ou fréquence (%) des principaux paramètres, ajustés sur l’âge.

Hommes âgés de 35 à 59 ans.

Non Précaires

Précaires

Normoglycém.

Diabétiques

Normoglycém.

Diabétiques

N 12281 332 3218 296 Age (ans) 45,4 (6,6) 50,9 (6,0) 45,8 (6,9) 50,1 (6,2) Taille (cm) 176 (0,06) 175 (0,35) 173 (0,13)***

172 (0,40)***

Poids (kg) 77,9 (0,10) 86,9 (0,62) 75,2 (0,22)***

82,6 (0,7)***

IMC (Kg/m2) 25,2 (0,03) 28,4 (0,2) 25,1 (0,06) 27,8 (0,2)*

Périmètre abdominal (cm) 87,2 (0,08) 96,0 (0,5) 86,6 (0,2) 95,0 (0,6) PAS (mmHg) 127 (0,13) 139 (0,81) 130 (0,29)***

138 (0,93) PAD (mmHg) 76,8 (0,09) 84,0 (0,55) 78,9 (0,20)***

83,6 (0,63) Glycémie (g/l) 0,92 (0,001) 1,56 (0,007) 0,90 (0,002)***

1,66 (0,01)***

Cholestérol (g/l) 2,16 (0,003) 2,25 (0,02) 2,10 (0,007)***

2,16 (0,02)***

HDL-chol (mg/dl) 56,5 (0,12) 50,1 (0,76) 54,9 (0,26)***

50,4 (0,87) LDL (mg/dl) 139 (0,30) 141 (1,91) 133 (0,65)***

126 (2,2)***

Triglycérides (g/l) 1,06 (0,006) 1,81 (0,04) 1,15(0,01)***

1,87 (0,04) Syndr. métab. NCEP (%) 3,08 % 47,5 % 4,53 % 43,5 % Créatinémie (mg/l) 9,9 (0,01) 9,8 (0,08) 9,5 (0,03)***

9,3 (0,09)***

Protéinurie (%) 5,5 % 22,6 % 10,0 %***

34,5 %**

Phosphatases alc.(UI/l) 66,4 (0,17) 74,6 (1,0) 73,5 (0,37)***

81,8 (1,2)***

Gamma-GT (UI/l) 34,7 (0,4) 66,7 (2,7) 49,1 (1,0)***

91,3 (3,1)***

Fumeurs (%) 27,3 % 24,4 % 47,9 %***

38,0 %***

Santé perçue (0-10) 7,86 (0,01) 7,29 (0,09) 6,68 (0,03)***

6,16 (0,09)***

Stress anxiété (score) 3,0 (0,02) 3,12 (0,14) 5,97 (0,05)***

6,0 (0,16)***

Dépression (score) 0,93 (0,02) 0,97 (0,12) 2,53 (0,04)***

2,51 (0,13)***

Fréq. cardiaque (bts/mn) 60,7 (0,09) 67,6 (0,5) 62,8 (0,2)***

70,7 (0,7)**

ECG anormal (%) 1,27 % 3,49 % 2,63 %***

8,37 %**

Antécédent d’infarctus (%) 0,08 % 0,85 % 0,29 %**

3,32 %*

Capacité vitale (mes/th %) 0,95 (0,001) 0,88 (0,008) 0,86 (0,003)***

0,82 (0,01)***

Vision <6/10 (%) 4,15 % 7,50 % 12,9 %***

19,9 %***

Plaque dentaire (%) 11,7 % 27,3 % 31,6 %***

47,2 %***

Difficulté d’accès 0,27 % 0,29 % 15,1 %***

15,15 %***

aux soins (%) Jamais consulté durant 13,5 % 15,0 % 20,9 %**

18,1 %*

les 2 dernières années (%) Précaires vs Non Précaires : * : p<0,05 ; ** p<0,01 ; *** p<0,0001

Tableau II. — Moyennes (SD) ou fréquence (%) des principaux paramètres. Hommes âgés de 60 à 80 ans.

Non Précaires

Précaires

Normoglycém.

Diabétiques

Normoglycém.

Diabétiques

N 1235 165 423 165 Age (ans) 64,8 (5,3) 66,0 (5,5) 65,7 (5,5) 67,0 (5,6) Taille (cm) 173 (0,19) 172 (0,51) 169 (0,35)*** 168 (0,59)***

Poids (kg) 77,1 (0,3) 83,3 (0,90) 73,1 (0,6)***

79,4 (0,7)**

IMC (Kg/m2) 25,9 (0,09) 28,1 (0,25) 25,4 (0,18)*

28,0 (0,3) Périmètre abdominal (cm) 91,0 (0,3) 97,9 (0,7) 90,9 (0,5) 97,8 (0,9) PAS (mmHg) 137 (0,42) 146 (1,16) 142 (0,81)*** 150 (1,34)*

PAD (mmHg) 81,2 (0,28) 85,6 (0,78) 83,0 (0,54)**

86,0 (0,90) Glycémie (g/l) 0,92 (0,004) 1,48 (0,001) 0,91 (0,007)* 1,64 (0,001)***

Cholestérol (g/l) 2,19 (0,001) 2,11 (0,003) 2,11 (0,002)**

2,01 (0,003)*

HDL-chol (mg/dl) 59,9 (0,4) 54,5 (1,03) 54,6 (0,7)***

48,8 (1,18)**

LDL (mg/dl) 138 (0,94) 128 (2,59) 134 (1,78)*

124 (2,95) Triglycérides (g/l) 1,06 (0,002) 1,45 (0,05) 1,15 (0,04)*

1,44 (0,04) Syndr. métab. NCEP (%) 3,79 % 47,4 % 8,46 %*

50,9 % Créatinémie (mg/l) 10,1 (0,04) 10,1 (0,11) 9,6 (0,08)***

10,2 (0,13) Protéinurie (%) 6,80 % 20,2 % 15,9 %***

35,0 %**

Phosphatases alc.(UI/l) 68,9 (0,60) 71,6 (1,5) 78,8 (1,09)***

79,7 (1,80) Gamma-GT (UI/l)) 38,6 (1,3) 69,2 (3,5) 37,5 (2,4) 44,5 (4,0)**

Fumeurs (%) 17,3 % 13,2 % 26,4 %***

19,3 % Santé perçue (0-10) 7,78 (0,05) 7,11 (0,13) 6,51 (0,08)***

5,83 (0,13)***

Stress anxiété (score) 2,87 (0,07) 3,10 (0,20) 5,70 (0,14)***

5,70 (0,23)***

Dépression (score) 1,14 (0,06) 1,19 (0,18) 1,94 (0,12)***

1,80 (0,20)*

Fréq. cardiaque (bts/mn) 61,5 (0,30) 69,8 (0,8) 64,5 (0,6)***

69,4 (1,0) ECG anormal (%) 5,00 % 7,83 % 5,47 % 13,6 % Antécédent d’infarctus 2,00 % 4,02 % 2,72 % 4,44 % Capacité vitale (mes/th %) 0,95 (0,01) 0,91 (0,01) 0,87 (0,01)***

0,78 (0,02)***

Vision <6/10 (%) 15,5 % 26,4 % 41,1 %***

37,6 %*

Plaque dentaire (%) 13,8 % 24,2 % 37,8 %***

35,2 %***

Difficulté d’accès 0,62 % 1,74 % 17,6 %***

14,4 %***

aux soins (%) Jamais consulté durant 9,38 % 5,17 % 19,0 %**

8,89 %*

les 2 dernières années (%) Précaires vs Non Précaires : * : p<0,05 ; ** p<0,01 ; *** p<0,0001

Tableau III : Moyennes (SD) ou fréquence (%) des principaux paramètres, ajustés sur l’âge.

Femmes âgées de 35 à 59 ans.

Non Précaires

Précaires

Normoglycém.

Diabétiques

Normoglycém.

Diabétiques

N 7236 76 1866 167 Age (ans) 46,8 (6,9) 51,5 (6,2) 45,3 (6,7) 50,0 (6,2) Taille (cm) 164 (0,12) 161 (4,5) 163 (0,13)*** 158 (1,6) Poids (kg) 59,2 (0,22) 58,0 (8,4) 62,8 (0,25)***

67,2 (3,1) IMC (Kg/m2) 23,3 (0,05) 27,2 (0,5) 26,5 (0,09)***

31,7 (0,33)*

Périmètre abdominal (cm) 73,3 (0,12) 84,4 (1,26) 81,0 (0,21)***

95,0 (0,74) PAS (mmHg) 120 (0,2) 136 (2,1) 125 (0,3) 135 (1,2) PAD (mmHg) 73,0 (0,13) 81,5 (1,34) 77,1 (0,22)***

83,0 (0,79) Glycémie (g/l) 0,88 (0,001) 1,45 (0,02) 0,88 (0,002) 1,57 (0,009)***

Cholestérol (g/l) 2,10 (0,004) 2,06 (0,04) 2,08 (0,007)*

2,04 (0,03) HDL-chol (mg/dl) 70,8 (0,2) 60,5 (2,1) 63,0 (0,3)***

54,7 (1,2)*

LDL (mg/dl) 124 (0,4) 122 (4,2) 127 (0,7) 123 (2,4) Triglycérides (g/l) 0,76 (0,005) 1,27 (0,05) 0,88 (0,009)***

1,31 (0,03) Syndr. métab. NCEP (%) 1,67 % 45,8 % 13,8 %***

61,6 %*

Créatinémie (mg/l) 7,91 (0,02) 7,73 (0,17) 7,52 (0,03)***

7,46 (0,10) Protéinurie (%) 6,10 % 8,10 % 13,5 %***

24,2 %**

Phosphatases alc.(UI/l) 59,7 (0,24) 64,5 (2,44) 69,6 (0,40)***

82,5 (1,42)***

Gamma-GT (UI/l) 20,9 (0,4) 30,7 (3,8) 26,0 (0,5)***

56,0 (2,2)***

Fumeurs (%) 24,5 % 21,0 % 27,4 %*

16,7 % Santé perçue (0-10) 7,51 (0,02) 6,27 (0,20) 6,00 (0,04) ***

5,18 (0,13)***

Stress anxiété (score) 3,91 (0,04) 4,43 (0,37) 6,60 (0,06)***

6,01 (0,21)**

Dépression (score) 1,69 (0,04) 2,06 (0,38) 3,49 (0,06)***

3,07 (0,22)**

Fréq. cardiaque (bts/mn) 63,1 (0,11) 68,0 (1,1) 64,9 (0,3)***

71,3 (1,09)*

ECG anormal (%) 1,14 % 0,01 % 2,28 %***

5,73 %***

Antécédent d’infarctus (%) 0,00 % 0,85 % 0,39 % 0,54 % Capacité vitale (mes/th %) 0,99 (0,002) 0,92 (0,02) 0,91 (0,004)***

0,86 (0,014)**

Vision <6/10 (%) 7,14 % 12,2 % 12,9 %***

23,1 %*

Plaque dentaire (%) 8,2 % 27,6 % 18,4 %***

33,7 %***

Difficulté d’accès 0,49 % 1,67 % 16,2 %***

11,8 %***

aux soins (%) Jamais consulté durant 5,58 % 4,84 % 8,71 %*

5,91 % les 2 dernières années (%) Précaires vs Non Précaires : * : p<0,05 ; ** p<0,01 ; *** p<0,0001

Tableau IV. — Moyennes (SD) ou fréquence (%) des principaux paramètres. Femmes âgées de 60 à 80 ans.

Non Précaires

Précaires

Normoglycém.

Diabétiques

Normoglycém.

Diabétiques

N 1568 77 268 69 Age (ans) 65,6 (5,7) 66,6 (6,1) 67,3 (6,3) 67,6 (6,4) Taille (cm) 159 (0,17) 158 (0,82) 156 (0,33) *** 154 (0,47)***

Poids (kg) 61,7 (0,32) 71,1 (1,54) 66,5 (0,64)***

74,5 (1,32) IMC (Kg/m2) 24,3 (0,12) 28,4 (0,56) 27,2 (0,23)***

31,3 (0,48)***

Périmètre abdominal (cm) 77,0 (0,28) 88,4 (1,35) 85,6 (0,56)***

97,0 (1,17)***

PAS (mmHg) 136 (0,4) 146 (2,1) 143 (0,9)***

159 (1,81)***

PAD (mmHg) 76,3 (0,28) 80,6 (1,35) 81,0 (0,55)***

88,0 (1,14)***

Glycémie (g/l) 0,90 (0,003) 1,37 (0,001) 0,90 (0,006) 1,71 (0,001)***

Cholestérol (g/l) 2,33 (0,97) 2,21 (4,70) 2,29 (1,94)*

2,17 (4,0) HDL-chol (mg/dl) 74,4 (0,4) 62,7 (2,1) 66,7 (0,86)***

55,5 (1,8)**

LDL (mg/dl) 141 (0,9) 132 (4,2) 140 (1,7) 130 (3,6) Triglycérides (g/l) 0,92 (0,001) 1,35 (0,05) 1,11 (0,02)***

1,65 (0,04)***

Syndr. métab. NCEP (%) 2,89 % 45,1 % 13,8 %***

78,6 %***

Créatinémie (mg/l) 8,12 (0,04) 8,42 (0,17) 8,08 (0,07)***

8,29 (0,15) Protéinurie (%) 5,50 % 16,0 % 10,9 %**

49,3 %***

Phosphatases alc.(UI/l) 71,5 (0,54) 79,2 (2,62) 81,1 (1,08)***

87,0 (2,24)*

Gamma-GT (UI/l) 26,6 (0,7) 34,9 (3,3) 30,5 (1,4)*

41,5 (2,9) Fumeurs (%) 10,2 % 5,10 % 10,9 % 9,90 % Santé perçue (0-10) 7,35 (0,04) 6,63 (0,13) 5,92 (0,11) ***

5,22 (0,21)***

Stress anxiété (score) 4,03 (0,08) 4,56 (0,38) 6,69 (0,16)***

6,74 (0,32)***

Dépression (score) 2,16 (0,08) 2,47 (0,39) 3,43 (0,16)***

3,20 (0,33) Fréq. cardiaque (bts/mn) 63,7 (0,25) 70,7 (1,2) 66,2 (0,74)**

73,3 (1,5) ECG anormal (%) 3,91 % 5,17 % 5,71 % 22,5 %**

Antécédent d’infarctus (%) 0,14 % 1,69 % 1,14 % 2,47 % Capacité vitale (mes/th %) 1,04 (0,005) 0,93 (0,02) 0,99 (0,01)***

0,93 (0,03) Vision <6/10 %) 24,9 % 25,9 % 40,8 %***

59,5 %***

Plaque dentaire (%) 9,5 % 8,6 % 15,3 %***

27,9 %***

Difficulté d’accès 0,15 % 0,01 % 14,7 %***

15,4 %***

aux soins (%) Jamais consulté durant 3,77 % 3,39 % 8,00 %*

3,70 % les 2 dernières années (%) Précaires vs Non Précaires : * : p<0,05 ; ** p<0,01 ; *** p<0,0001

Bull. Acad. Natle Méd., 2008, 192, no 9, 1707-1723, séance du 9 décembre 2008