Résumé
Les aliments d’origine animale sont nécessaires pour couvrir les besoins en certains nutriments dont le fer, la vitamine B12 et certains acides aminés. La consommation excessive de viande rouge doit suivre les recommandations de l’OMS, dans un contexte où la consommation de viande a fortement augmenté au cours des dernières décennies. La production d’aliments d’origine animale a un impact environnemental mais les modes élevages adaptés jouent un rôle important dans les agroécosystèmes qui contribuent à la biodiversité. Le contrôle de la consommation d’aliments d’origine animale doit être donc être envisagé à la lumière des besoins et des risques nutritionnels et du contexte environnemental. La mondialisation du marché agroalimentaire ne prend pas en compte suffisamment tous ces aspects. Mais faut-il pour autant remettre en question l’alimentation omnivore face à une pression sociétale forte en faveur du véganisme ? Pour aborder cette question, notre revue narrative a été centrée sur la comparaison des régimes omnivores, végétariens et végétaliens et l’impact comparé sur la santé de ces régimes. Nous nous sommes appuyés sur le rapport récent de l’ANSES et sur les effets bénéfiques rapportés par une revue ombrelle menée par Oussalah et al. Ces études montrent que des questions de santé publique et de prévention des risques de carences en vitamine B12 et en fer se posent au cours de la grossesse, de la vie in utero et post-natale précoce et du vieillissement, et de densité minérale osseuse au cours du vieillissement en cas de véganisme, en l’absence de prise de compléments alimentaires adaptée.
Summary
Animal-based foods are necessary to meet the needs of some nutrients, including iron, vitamin B12, and certain amino acids. Excessive consumption of red meat should follow WHO recommendations, in a context where meat consumption has increased significantly in recent decades. The production of animal-based foods has an environmental impact, but appropriate livestock farming methods play an important role in agroecosystems that contribute to biodiversity. Controlling the consumption of animal-based foods must therefore be considered in light of nutritional needs and risks, as well as the environmental context. The globalization of the agri-food market does not sufficiently take all these aspects into account. But should we therefore question the omnivorous diet in the face of strong societal pressure for veganism? To address this question, our narrative review focused on comparing omnivorous, vegetarian, and vegan diets and the comparative health impacts of these diets. We relied on the recent ANSES report, and on the beneficial effects reported by an umbrella review conducted by Oussalah et al. These studies show that public health and risk prevention issues of vitamin B12 and iron deficiencies arise during pregnancy, in utero and early postnatal life and aging, and bone mineral density during aging in the case of veganism, in the absence of appropriate dietary supplement intake.
(a) Institute of Medical Research (Pôle BMS), University of Lorraine, 54511 Vandœuvre-lès-Nancy, France
(b) Center for Precision Nutrition and Health, Cornell University, Ithaca, États-Unis
Bull Acad Natl Med 2026;210:492-33. [En ligne] Disponible sur : https://doi.org/10.1016/j.banm.2026.02.010
