Communication scientifique
Séance du 24 juin 2025

Anomalies génétiques du développement de l’hypophyse et troubles de la croissance staturale

MOTS-CLÉS : Hypophyse, Maladies de l’hypophyse, Développement fœtal, Génétique, Déficit, Troubles de la croissance
Genetic disorders of pituitary development and growth retardation
KEY-WORDS : Pituitary gland, Pituitary diseases, Fetal development, Genetics, Deficiency, Growth disorders

Karine Aouchiche (a), Rachel Reynaud (a), Frédéric Castinetti (b), Thierry Brue (b), Alexandru Saveanu (c), Anne Barlier (c, ⁎)

Les auteurs déclarent ne pas avoir de liens d’intérêts.

Résumé

La connaissance sur l’ontogenèse hypophysaire et la régulation en hormone croissance a progressé à partir de 4 modèles de souris dont le nanisme est secondaire à des mutations spontanées, soit des mutations sur le gène POU1F1 (souris Snell et Jackson), sur le gène PROP1 (souris Ames) et sur le gène GHRHR (souris Little). Puis, les modèles de souris transgéniques ont permis d’établir le rôle crucial de plusieurs protéines, non seulement dans le développement hypophysaire mais également dans le développement cérébral. Du fait de la conservation de l’ontogenèse chez les vertébrés, l’identification du rôle de ces protéines permettait en retour d’identifier de nouvelles causes génétiques chez des patients présentant des déficits touchant la lignée somatotrope mais également les autres lignées hypophysaires parfois dans un tableau syndromique. Les progrès dans la compréhension des déficits hypophysaires se sont donc appuyés sur la conservation de l’ontogenèse hypophysaire chez les vertébrés et soulignent l’importance de certains modèles animaux qui ont permis d’avoir accès à cette toute petite glande, mesurant 7 à 8 mm de diamètre chez l’humain, et si cruciale pour la physiologie endocrinienne. Au cours de l’ontogenèse hypophysaire, les 5 phénotypes cellulaires sont issus d’une même cellule souche d’origine ectodermique qui, sous l’influence de facteurs de transcription et de facteurs neurohypothalamiques, se différencient pour aboutir à leur différenciation terminale en cellule somatotrope, lactotrope, thyréotrope gonadotrope et corticotrope à e17 chez la souris et e51 chez l’humain. Des altérations génétiques de ces facteurs hypophysaires ou neurohypothalamiques sont responsables d’un déficit hormonal touchant une ou plusieurs lignées chez l’humain.

Summary

The knowledge in the pituitary ontogeny and in the growth hormone regulation started from 4 models of dwarf mice with spontaneous mutations, the Snell and Jackson carrying mutations in the POU1F1 gene, Ames in PROP1 gene and Little mice in GHRHR gene. Transgenic mouse models enabled to establish the crucial role of several proteins not only in pituitary development but also in brain development. Given the conservation of ontogeny in vertebrates, the identification of the role of these proteins in turn enabled the identification of new genetic causes in patients with pituitary deficiency affecting not only the somatotroph lineage but also the other pituitary lineages, sometimes in a syndromic context. The progress in the knowledge on pituitary deficiencies was based at the beginning on the conservation of pituitary ontogeny in vertebrates and highlights the interest of some animal models to have access to this tiny gland measuring 7 to 8 mm in diameter in humans and so crucial to human endocrine physiology. During pituitary ontogeny, the 5 cellular phenotypes are derived from the same ectodermal stem cell which, under the control of transcription and neurohypothalamic factors, differentiate to achieve their terminal differentiation into somatotroph, lactotroph, thyreotroph gonadotroph and corticotroph cells at e17 in mice and e51 in humans. Genetic alterations in these pituitary or neurohypothalamic factors are responsible for hormonal deficiency affecting one or several lineages in humans. During pituitary ontogeny, the 5 cellular phenotypes are derived from the same ectodermal stem cell which, under the control of transcription factors and neurohypothalamic factors, differentiate to achieve their terminal differentiation into somatotroph, lactotroph, thyreotroph gonadotroph and corticotroph cells at e17 in mice and e51 in humans. Genetic alterations in these pituitary or neurohypothalamic factors are responsible for hormonal deficiency affecting one or several lineages in humans.

*Auteur correspondant
(a) Service d’endocrino-pédiatrique, Marseille Medical Genetics MMG, UMR 1251, institut Marseille maladies rares MarMaRa, Inserm, hôpital de la Timone enfant, Assistance publique–Hôpitaux de Marseille (AP–HM), Aix-Marseille University, Marseille, France
(b) Service d’Endocrinologie, Marseille Medical Genetics MMG, centre de référence des maladies rares hypophysaires HYPO, institut Marseille maladies rares MarMaRa, Inserm, hôpital de la Conception, Assistance publique–Hôpitaux de Marseille (AP–HM), Aix-Marseille University, Marseille, France
(c) Laboratoire de BIologie moléculaire GEnOPé, Marseille Medical Genetics MMG, UMR 1251, institut Marseille maladies rares MarMaRa, Inserm, hôpital de la Timone, Assistance publique–Hôpitaux de Marseille (AP–HM), Aix-Marseille University, Marseille, France

Bull Acad Natl Med 2026;210:228-35. [En ligne] Disponible sur : https://doi.org/10.1016/j.banm.2025.06.014