Séance du 7 octobre 2015

La lumière est un facteur clé du fonctionnement de notre horloge interne. Lorsque l’horloge reçoit le message transmis par la lumière le jour, comme c’est habituellement le cas, l’organisme est synchronisé. En revanche, quand l’horloge est exposée de façon chronique à la lumière la nuit, l’organisme, désynchronisé, souffre de divers troubles dont certains peuvent être graves (troubles du sommeil, anomalies métaboliques, risque augmenté de troubles cardiovasculaires, de cancer…).

15 % de la population active est concernée : les travailleurs de nuit et ceux dont les horaires de travail ne sont pas fixes ou en dehors des horaires habituels (travailleurs postés) d’une part ; et d’autre part, les adolescents, de plus en plus nombreux à accumuler une dette de sommeil à cause du temps passé devant les écrans, au risque de développer une fatigue, une somnolence diurne, mais aussi des anomalies métaboliques, des troubles neurocognitifs avec baisse des résultats scolaires, ou encore des troubles de l’humeur.

L’Académie nationale de médecine alerte les acteurs sociaux, à tous les niveaux de la prévention et de la décision (législateurs, médecins du travail, employeurs, travailleurs…), sur ce nouvel agent de pollution et l’urgence de prendre des mesures concrètes afin de :

 

–          mieux informer le  public sur l’effet délétère sur la santé de l’exposition à la lumière la nuit ;

–          sensibiliser et former les professionnels de santé afin que soit assurée une surveillance attentive des personnes exposées chroniquement à la lumière la nuit, en particulier dans le monde du travail ;

–          insister sur l’importance d’un sommeil, à la fois suffisant et de qualité, à l’adolescence, période de vulnérabilité propice aux désynchronisations de l’horloge interne ;

–          valider toutes mesures susceptibles de diminuer l’exposition inutile à la lumière la nuit  (éclairage urbain…) ;

–          établir un seuil précis au-delà duquel le risque apparaît en favorisant les recherches épidémiologiques dans ce domaine.

 

 

Séance dédiée du 6 octobre 2015 : « Désynchronisation de l’horloge interne et santé publique »   http://www.academie-medecine.fr/mardi-6-octobre-2015-a-14h30/

 

Références

1- Y. Touitou, Pollution de l’horloge interne par la lumière la nuit, un problème de santé publique.

2-  CM. Schröder, Désordres circadiens du sommeil de l’adolescent : rôle du multimédia.

3-  F. Rouyer. Gènes d’horloge : de la drosophile à l’homme

3- Y. Touitou. Adolescent sleep misalignment and chronic jet lag, a  matter of public health. J. Physiol. 2013, 323-326.