Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

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anéphrique adj.

anephric

Qualifie le malade privé de reins.
L'absence congénitale de reins est une cause de mortinatalité.
L'absence acquise, par ex. après binéphrectomie, exige le recours à un procédé de dialyse chronique ou à une transplantation rénale.

[A4,M1,M2,O3,O6,Q3,Q4]

Édit. 2017

anétodermie secondaire l.f.

secondary anetoderma

Forme d'anétodermie secondaire à des états pathologiques cutanés variés : varicelle, syphilis, lymphome cutané, lupus érythémateux chronique, etc.
En fait, certains excluent du cadre des anétodermies les atrophies cutanées manifestement secondaires.

Étym. gr. anêtos : lâche ; derma : peau

→ anétodermie

[J1]

Édit. 2017

angéite associée à des cancers l.f.

angiitis associated with malignancy

Atteinte vasculaire rare, de nature infectieuse, paranéoplasique ou secondaire à une infiltration des vaisseaux par les cellules tumorales, qui complique essentiellement les hémopathies.
Les infections à germes le plus souvent opportunistes (fungiques, bactériennes ou virales), survenant au cours des hémopathies graves, peuvent se compliquer d'hémorragies sous-arachnoïdiennes et/ou intraparenchymateuses consécutives à la rupture d'anévrismes mycotiques ou de lésions ischémiques secondaires à une vascularite allergique ou à un embole mycotique.
Les angéites granulomateuses paranéoplasiques sont décrites au cours des syndromes lymphoprolifératifs (lymphome non hodgkinien, leucémie lymphoïde chronique, maladie de Hodgkin, histiocytose maligne). Leur évolution est parallèle à celle de la maladie hématologique. La leucémie à tricholeucocytes peut s'associer à une angéite diffuse ou localisée au système nerveux et se présenter comme une périartérite noueuse.
Les vascularites associées aux cancers solides sont exceptionnelles.

Étym. gr. aggeion : vaisseau ; ite : inflammation

→ angéite, anévrisme mycotique, hémopathie, hémorragie sous-arachnoïdienne, anévrisme mycotique, lymphome, leucémie lymphoïde chronique, maladie de Hodgkin, histiocytose maligne, leucémie à tricholeucocytes, périartérite noueuse, syndrome paranéoplasique

[F1, K4]

Édit. 2019

angéite associée à la prise de médicaments ou de drogues l.f.

angeitis associated with use/abuse of medicaments or substances

Survenant lors d'une première exposition au toxique ou après une utilisation chronique, l'accident vasculaire cérébral peut être soit une hémorragie méningée ou cérébrale (notamment avec les amphétamines, la cocaïne), soit un accident ischémique (observé plus volontiers avec des drogues telles que l'héroïne ou le LSD).
La présentation clinique est celle d'un accident vasculaire cérébral de survenue brutale, accompagné de céphalées intenses. L'angiographie objective parfois des sténoses, voire des occlusions des siphons carotidiens, ou des rétrécissements segmentaires des artères intracrâniennes évoquant une artérite.
Les mécanismes pathogéniques évoqués sont : une lésion directe de la paroi artérielle ou une vascularite immuno-allergique (à la drogue elle-même ou aux agents adultérants), un collapsus avec hypotension et hypoxémie, un vasospasme et une hypertension artérielle aigüe (induits par des agents sympathomimétiques), des embolies de matériel étranger, une endocardite avec embolies septiques, ou des anévrismes mycotiques (pour les drogues utilisées par voie intraveineuse).

Étym. gr. aggeion : vaisseau ; ite : inflammation

→ angéite, accident vasculaire cérébral, hémorragie méningée, amphétamine, cocaïne, héroïne; LSD 25, anévrisme mycotique

[G4, G5, K4]

Édit. 2019

angiocholite n.f.

cholangitis

Infection aigue de la voie biliaire principale (appelée aussi cholédoque), due le plus souvent à un obstacle lithiasique, calcul enclavé au niveau du cholédoque.  
Elle se manifeste typiquement par la succession, à court terme, en 48 heures de trois signes : douleur de type biliaire, fièvre avec frissons et ictère. La triade peut être incomplète. Il est rare que la lithiase soit découverte à l’imagerie, réalisée pour une symptomatologie atypique ou une cholestase anictérique.
L’angiocholite s’associe le plus souvent à une lithiase de la vésicule biliaire. Elle peut aussi survenir chez un patient antérieurement cholécystectomisé ; il s’agit alors d’un calcul oublié ou récidivant de la voie biliaire principale. Elle est plus rarement secondaire à des parasites migrants, ascaris ou douve. Les obstacles non lithiasiques, en particulier d’origine tumorale, tels un cancer de la tête du pancréas, ou une tumeur de l’ampoule de Vater ou un cholangiocarcinome  sont rarement à l’origine d’une angiocholite. De même une sténose de la voie biliaire principale ou une compression par des adénopathies ou une pancréatite chronique sont rarement la cause d’une angiocholite.  La maladie de Caroli et la fibrose hépatique congénitale peuvent se manifester par des épisodes de cholangite bactérienne récidivante. Biologiquement, il existe un syndrome biologique inflammatoire et une cholestase ictérique ou anictérique. Une élévation des transaminases parfois importante est fréquente à la phase aigüe de constitution de l’obstruction biliaire. Les hémocultures souvent positives mettent en évidence des germes d’origine digestive. L’imagerie par échographie ou scanner peut visualiser la lithiase de la voie biliaire principale et/ou sa dilatation et une lithiase vésiculaire. Mais les deux examens les plus sensibles pour le diagnostic de lithiase de la voie biliaire principale sont la cholangio-IRM, examen non invasif et l’échoendoscopie bilio-pancréatique, qui peut être réalisé immédiatement et dans le même temps que la cholangio-pancréatographie rétrograde endoscopique (CPRE) . Le traitement repose sur l’antibiothérapie mais surtout sur la levée de l’obstacle. Le traitement de première intention est la CPRE, associée le plus souvent à une sphinctérotomie, suivie par l’extraction du ou des calculs de la voie biliaire principale réalisée dans un centre expert. Secondairement, une cholécystectomie est envisagée.   

Étym. gr. aggeion : vaisseau ; kholê : bile

→ Caroli (maladie de), fibrose hépatique congénitale

[D1, L1]

Édit. 2020

angiodermite purpurique et pigmentée de Favre et Chaix l.f.

gravitational purpura, acroangiodermatitis

Variété de capillarite touchant la partie inférieure des jambes et fréquemment associée à une insuffisance veineuse, qui se manifeste par des plaques de couleur ocre ou brune, présentes de façon chronique, avec ou sans signes d'insuffisance veineuse.

M. Favre, membre de l'Académie de médecine (1924) et A. Chaix (1926), dermatologistes français

Étym. gr. aggeion : vaisseau ; derma : peau

Syn. dermite ocre des membres inférieurs, dermite de stase

[J1,K4]

Édit. 2017 

angiodysplasie n.f.

angiodysplasia

Anomalie vasculaire parfois acquise ou congénitale constituée par des foyers de veines et de capillaires ectasiques qui réalisent des lésions de deux à dix millimètres, arrondies, planes ou bombées, de teinte rouge.
Les angiodysplasies sont plus fréquentes après 60 ans. Elles siègent le plus souvent dans le tube digestif dans la sous-muqueuse de la paroi de l’estomac, de l’intestin grêle et du côlon. Le plus souvent, elles siègent au niveau du caecum et du colon ascendant mais elles peuvent concerner aussi le grêle. Elles sont le plus souvent multiples. Elles se révèlent par un saignement digestif occulte traduit par une anémie ferriprive ou par un saignement extériorisé. Elles peuvent être asymptomatiques et découvertes incidentalement lors d’une coloscopie. Leur physiopathologie est incomplètement connue. Certaines situations cliniques sont associées aux angiodysplasies : le rétrécissement aortique, la maladie de Willebrand, l’insuffisance rénale chronique. L’endoscopie haute et basse diagnostique les angiodysplasies du tube digestif haut et bas. Les angiodysplasies du grêle sont diagnostiquées par la vidéocapsule endoscopique. L’entéroscopie permet le traitement des localisations grêliques. En deuxième intention, l’angioscanner ou l’angio-IRM sont des examens diagnostiques. Le traitement des lésions hémorragiques est endoscopique par le plasma argon ; en cas d’échec un traitement médicamenteux par analogue de la somatostatine peut être envisagé. La radiologie interventionnelle peut être réalisée, les indications du traitement chirurgical étant devenues exceptionnelles. 

Étym. gr. aggeion : vaisseau

→ maladie de Willebrand, rétrécissement aortique, insuffisance rénale chronique, vidéocapsule, somatostatine

[K4, L1]

Édit. 2020

angiolupoïde n.m.

angiolupoid

Lésion rare du visage, localisez au nez ou sur le front, formant une plaque infiltrée au relief plus ou moins important, de teinte rouge violacé marquée de jaunâtre et parcourue de télangiectasies, d'histologie granulomateuse et d'évolution chronique.
Elle est actuellement assimilée à une forme de sarcoïdose cutanée.

L. Brocq et L. M. Pautrier, membre de l'Académie de médecine, dermatologistes français (1913)

→ sarcoïdose

[A3,F2,F5,K4]

Édit. 2017   

angiome tapir l.m.

tapir angioma

Angiome médian de la lèvre supérieure, de teinte bleutée ou rouge violacé, de consistance ferme et infiltrant toute l'épaisseur de la lèvre.
Il peut, mais rarement, occuper la lèvre inférieure. La lésion est chronique, rebelle aux traitements.

Étym. gr. aggeion : vaisseau ; ôma : tumeur

Syn. angiome de la lèvre

[J1,K4,P3]

Édit. 2017

angoisse (névrose d') l.f.

anxiety neurosis

Selon S. Freud (1893-5), état d'anxiété flottante isolée, qui associe sur le plan sémiologique des accès d'angoisse, un fond anxieux chronique et une anxiété anticipatoire permanente, le sujet vivant dans la peur de la répétition des accès.
Les conséquences sociales peuvent être importantes, avec vie socioprofessionnelle réduite et conduites d'évitement des situations anxiogènes. Elle est souvent associée à des attaques de panique, à une agoraphobie, un état dépressif, voire un alcoolisme.
Les traitements sont d'ordre psychothérapique, directifs ou non, et anxiolytiques pendant de courtes périodes en raison du risque de dépendance.

[H3,H4]

Édit. 2017

anomalies chromosomiques l.f.p.

Anomalies de nombre ou de la structure d’un ou de plusieurs chromosomes dans un génome, elles peuvent être constitutionnelles ou acquises.
Les anomalies chromosomiques constitutionnelles, cause fréquente d’anomalie du développement embryo-fœtal, sont à l’origine d’environ 50 % des avortements spontanés survenant pendant le premier trimestre de la grossesse.
Les anomalies chromosomiques acquises, observées au cours de processus malins ne siègent qu'au niveau des cellules tumorales (ex. chromosome philadelphie de la leucémie myéloïde chronique)
Les deux grands types d’anomalies chromosomiques constitutionnelles concernent le nombre ou la structure des chromosomes.
- Les anomalies du nombre des chromosomes, dites aneuploïdie, peuvent être homogènes (présentes dans toutes les cellules), ou en mosaïque (présentes dans une proportion variable de cellules). L'origine des anomalies homogènes se situe soit au moment de la méiose pendant la formation des cellules reproductrices soit lors des premières divisions mitotiques du zygote, après la fécondation. On peut distinguer :
           .  la présence d’un chromosome supplémentaire : trisomie,
           .  la perte d’un des deux chromosomes d’une paire : monosomie.
Le facteur de risque prédominant des anomalies de disjonction chromosomique méiotique est l’âge maternel élevé.
- Les anomalies de structure des chromosomes qui résultent de la survenue de cassures chromosomiques suivies par un ou plusieurs recollements anormaux peuvent affecter un ou plusieurs chromosomes ; ce sont les translocations. Elles peuvent être équilibrées ou non :
. les anomalies équilibrées n’entraînent pas de déséquilibre du matériel chromosomique et n’ont habituellement pas d’effet phénotypique, à l’exception de la situation au cours de laquelle la cassure en interrompant un gène entraîne une maladie génétique correspondante. Les anomalies équilibrées peuvent entraîner, lors de la méiose, la formation de gamètes déséquilibrés donnant des zygotes anormaux, ce qui se traduira par la survenue d'avortements ou par la naissance d'enfants porteurs d'anomalies congénitales ;
. les anomalies non équilibrées peuvent survenir de novo c’est-à-dire de façon accidentelle (délétions, translocations non équilibrées de novo, etc.) ou être la conséquence d’un remaniement parental équilibré.
Le dépistage chromosomique prénatal est actuellement basé sur l’étude combinée de marqueurs échographiques (mesure de l’épaisseur de la nuque fœtale) et marqueurs biologiques (dosage de plusieurs substances dans le sang maternel) au premier trimestre de grossesse.

→ chromosome, chromosome philadelphie, aneuploïdie, mosaïcisme, méiose, zygote, trisomie, monosomie, translocation

[Q1,Q2,Q3]

Édit. 2017

anoxémie n.f.

anoxemia

Absence totale d'oxygène dans le sang.
Ce mot est souvent employé de façon incorrecte pour hypoxémie (P < 50 mm Hg). Les causes possibles de l’anoxémie sont multiples : dépression atmosphérique (altitude) ; anémie ; anomalies ou altérations de l’hémoglobine ; empoisonnement (par CO ou HCN) ; pneumopathie chronique grave ; cardiopathie congénitale avec shunt droit-gauche ; insuffisance cardiaque

Étym. gr. a(n) : privatif ; ox : pour oxygène ; haima : sang

→ hypoxémie

[F1,G4,K1,K2]

Édit. 2017

anticorps anti-ADN l.m.p.

antibody anti-DNA

Auto-anticorps réagissant avec l’acide désoxyribonucléique (ADN) présents dans le sérum de la majorité des malades atteints de lupus érythémateux disséminé dont ils constituent un marqueur sérologique quasi-spécifique.
La plupart des techniques séro-immunologiques courantes permettent la détection dans le sérum des anti-ADN que ce soit l’immunofluorescence indirecte sur préparation contenant des noyaux entiers où les anti-ADN donnent une fluorescence périphérique des noyaux et surtout les techniques utilisant de l’ADN purifié : test radio-immunologique de Farr et immuno-essais en phase solide (RIA et ELISA). L’immunofluorescence sur préparation de Crithidia luciliae qui contient une mitochondrie géante riche en ADN natif permet la détection des seuls anti-ADN natifs. Les anti-ADN sont hétérogènes, réagissant les uns avec l’ADN natif bicaténaire, les autres avec l’ADN dénaturé monocaténaire et les derniers avec les deux types d’ADN. Seuls les sérums de lupus sont riches en anti-ADN natif, le taux de ces anticorps variant avec les poussées évolutives de la maladie. Les anti-ADN que l’on rencontre dans d’autres maladies (polyarthrite rhumatoïde, sclérodermie, syndrome de Gougerot-Sjögren, hépatite chronique active, lupus induits, etc.) sont essentiellement des anti-ADN dénaturés. Les complexes immuns ADN natif-anti-ADN jouent un rôle déterminant dans la pathogénie de certaines manifestations du lupus, en particulier les glomérulonéphrites lupiques.

anticorps monoclonaux chimériques n.m.p.

Anticorps dont les régions variables sont d’origine murine et les régions constantes d’origine humaine reconnaissables dans la littérature par le suffixe ximab

Un exemple est le rituximab dirigé contre la protéine CD20 et utilisé dans le traitement des lymphomes et de la leucémie lymphoïde chronique. Ce type d’anticorps limite mais ne supprime pas le risque de xénoimmunisation. Il est de plus en plus remplacé par les anticorps humanisés (zumab) obtenus par d’autres techniques que celle de l’hybridome (expression phagique ou « phage display » et souris transgéniques). Ces anticorps humanisés sont mieux tolérés et plus efficaces, leur duré de vie étant celle des IgG humaines naturelles.

→ chimère, humanisé

[C1,G5]

Édit. 2017

antigène hépatique soluble l.m.

soluble liver antigen

Protéine cytosolique présente dans le foie, le rein et à basse concentration dans d'autres tissus.
La présence d'anticorps sériques dirigés contre cet antigène est observée chez certains patients atteints d'hépatite chronique de type auto-immune et est donc considérée comme un critère d'auto-immunité.

antigénothérapie n.f.

antigenotherapy

Traitement consistant dans l'injection sous-cutanée d'un antigène bactérien spécifique, en vue d'une désensibilisation.
Longtemps utilisé dans la brucellose chronique et la pasteurellose d'inoculation, il n'a plus actuellement d'indications.

antipaludique de synthèse l.m.

antimalarial drug

Substance d'origine synthétique capable de prévenir et de combattre le paludisme.
La prise chronique, dans un but anti-inflammatoire, peut être responsable d'altération maculaire sévère et irréversible.

anti-VHC (anticorps) l.m.

anti-VHC antibody

Anticorps dirigé contre un antigène structural ou non structural du virus de l'hépatite C.
Ces anticorps sont détectés par des tests immuno-enzymatiques ou par immunoblots chez environ 1% des adultes Français.
De spécificité IgM ou IgG, ils sont détectables dans le sérum dans les 10 semaines suivant le contage et persistent ultérieurement. Leur seule présence ne permet pas de conclure au caractère ancien ou récent, guéri ou actif de l'infection virale C. Associés à une augmentation des transaminases sériques, ils reflètent une hépatite C avec multiplication active ; en l’absence d’augmentation seule la détection de l'ARN viral permet d'affirmer le caractère actif de l'infection. L'infection virale C conduit, dans 50 à 80% des cas, à une évolution chronique.
Les anti-VHC, actuellement détectables, ne sont pas neutralisants et, en cas de guérison, n'assurent pas de protection croisée contre les autres génotypes viraux.

→ virus de l'hépatite C

anxiété généralisée l.f.

generalized anxiety disorder

État pathologique dominé par une anxiété qui envahit la vie quotidienne du sujet, ne survenant pas de façon préférentielle dans une situation déterminée et, de ce fait, dite flottante.
Plus fréquente chez la femme, elle se caractérise surtout par des ruminations péjoratives concernant le passé et une attente craintive de l'avenir, avec tension motrice, troubles neurovégétatifs, accentuation de la symptomatologie en fin de journée et endormissement difficile.
L'évolution est volontiers chronique, souvent associée ou conduisant à un état dépressif.
Les chimiothérapies comportent des anxiolytiques, avec leur risque de dépendance, ou des antidépresseurs. Les psychothérapies apportent un complément indispensable.

anxiolytiques adj. et n.m.

tranquilizer

Médicaments psychotropes ayant un effet d'apaisement de l'anxiété dont les principaux représentants sont les benzodiazépines (autrefois désignées tranquillisants mineurs).
Les anti-histaminiques réduisent l'anxiété : l'hydroxyzine est indiquée comme sédatif anxiolytique.
Les substances agissant sur le système sérotoninergique (agonistes 5-HT1A ) telle la buspirone sont une thérapeutique de l'anxiété chronique.
D'autres substances sont anxiolytiques à de faibles posologies:
-les antipsychotiques les plus sédatifs (autrefois désignés tranquillisants majeurs) : cyamémazine, lévomépromazine..
-les antidépresseurs les plus sédatifs : miansérine, trimipramine, amitryptilline....

Syn. tranquilisant

→ benzodiazépines, psychotropes

[H3,G5 ]

Édit. 2017

aphte n.m.

aphtha, aphthous ulcer

Lésion anatomoclinique observée sur les muqueuses buccale et génitale, précédée d'une phase érythémateuse, maculovésiculeuse, réalisant une ulcération superficielle punctiforme ou lenticulaire qui ne saigne pas, de 2 à 10 mm de diamètre en moyenne, douloureuse et à fond nécrotique jaunâtre « beurre frais », non induré, à bord net, taillé à l'emporte-pièce avec un liseré rouge inflammatoire.
Une régression spontanée est généralement observée en une ou deux semaines. L'évolution des aphtes est volontiers récidivante et chronique. Le plus souvent, ils sont isolés, comme les aphtes vulgaires d'aspect banal, mais ils peuvent parfois se regrouper en bouquets, comme les aphtes miliaires appelés aussi ulcérations herpétiformes de Cooke. L'ulcération peut parfois avoir une évolution plus nécrosante et l'on parle d'aphtes nécrosants ou géants, autrefois appelés « péri-adénites de Sutton » ou « peri adenitis mucosa necrotica recurrens ». Histologiquement, l'aphte comporte une vasculite oblitérante associée à un infiltrat inflammatoire. Au stade d'ulcération, les artérioles et les veinules sont obturées par des microthrombus fibreux. Ces lésions peuvent rester localisées à la muqueuse buccale, et on parle alors d'aphtose buccale, ou au contraire n'être qu'une des manifestations de la maladie de Behçet.

Étym. gr. aphtein : brûler

→ Behçet (maladie de), Crohn (maladie de)

apnée du sommeil (syndrome d') l.f.

sleep apnoea syndrome

Forme grave du ronflement avec pauses respiratoires qui dépassent souvent la minute survenant pendant le sommeil à une fréquence horaire d’au moins 5 apnées de plus de 10 secondes, ou 10 hypopnées par heure, réduisant de 30 à 50% le volume courant avec une désaturation oxyhémoglobinée de l’ordre de 50% (PaO2 < 20 mm de Hg).
Les apnées, arrêt complet de la respiration sont distinguées des hypopnées, diminution d’au moins 50 % de la ventilation associée à une désaturation de 4 % ou à un microréveil.
L’apnée entraîne une hypoxémie-hypercapnie qui devient progressivement très importante et excite alors les centres respiratoires : la respiration reprend jusqu'à ce qu'une nouvelle apnée se produise.
L’origine est centrale ou plus souvent périphérique. Les apnées centrales correspondent à une interruption de la commande centrale. Les apnées obstructives, liées à une obstruction des voies aériennes supérieures, témoignent d’un collapsus inspiratoire du pharynx. Elles sont caractérisées par un arrêt du flux bucconasal avec persistance des mouvements ventilatoires thoraco-abdominaux.
Le patient présente des somnolences diurnes et des céphalées, des troubles cardiovasculaires peuvent se développer. En moins d’une minute, chaque apnée du sommeil produit :
- une crise cérébrale avec une activité intense (attestée par l'électroencéphalogramme) qui amène la fin du sommeil profond et la reprise des mouvements ventilatoires, ce qui rétablit rapidement l'hématose ;
- une hypertension pulmonaire qui entraîne à la longue un cœur pulmonaire chronique ;
- une crise hypertensive générale qui provoque à la longue la détérioration des petits vaisseaux fragiles, notamment ceux du cerveau.
La fragmentation du sommeil est responsable de somnolence diurne, d’hypoxémie, d’hypertension artérielle.
La répétition des apnées réduit la durée des phases de sommeil rapides et les crises hypertensives détériorent progressivement le fonctionnement cérébral (troubles de la mémoire, perte de la libido et évolution vers une détérioration de plus en plus grave).
Outre les recommandations hygiéniques (dormir couché sur le côté et non sur le dos, éviter l'alcool le soir et les prises de somnifères pour «mieux dormir»), le traitement est fonction des renseignements fournis par les enregistrements polygraphiques pris lors du sommeil. L’ensemble des évènements nocturnes enregistrés est comptabilisé et le nombre obtenu divisé par le nombre d’heures de sommeil indique un index. Sont pathologiques un index d’apnée supérieur à 5 par heure et un index d’apnée-hypopnée supérieur à 10 par heure.
Le traitement est surtout mécanique : ventilation en pression positive (CPAP) par masque nasal pendant le sommeil). Si nécessaire, la chirurgie peut être indiquée pour le traitement de la ronchopathie (résection de la luette).
Certains facteurs tels que l’existence d’une obésité sont souvent associés aux apnées. Une forme particulière est le syndrome de Pickwick. On a évoqué une relation entre le syndrome d’apnée du sommeil et la mort subite du nourrisson.

Étym. gr. apnoia : absence de vent (à distinguer d'apneustia : arrêt volontaire de la respiration).

→ amnésie, CPAP, Fenn (diagramme de), Pickwick (syndrome de), hypnogramme, ronflement, rhonchopathie chronique

appendicite chronique l.f.

chronic appendicitis

Inflammation chronique de l'appendice cæcal, accompagnée d'adhérences plus ou moins serrées, se traduisant par des signes cliniques locaux atténués et des signes généraux souvent imprécis.
Pour les anatomopathologistes, elle se traduit par une oblitération de la lumière appendiculaire et des lésions cicatricielles.

arachnoïdite n.f.

arachnoiditis

Inflammation subaigüe ou chronique de l’arachnoïde.
Elle peut être diffuse et se manifester par un syndrome d’hypertension intracrânienne ou localisée (cérébrale ou médullaire) et se révéler alors par des signes neurologiques dépendants de la localisation. Une arachnoïdite peut être secondaire à un traumatisme, à une infection ou à une pathologie inflammatoire comme la spondylarthrite ankylosante.

Étym. gr. arachnê : araignée ; eidos : forme

arachnoïdite optochiasmatique l.f.

optochiasmatic arachnoiditis

Inflammation subaigüe ou chronique de l'arachnoïde localisée au niveau des nerfs optiques et du chiasma avec formation de brides nerveuses, de kystes, et évoluant vers l'atrophie des nerfs optiques.
Les signes essentiels sont la baisse d'acuité visuelle bilatérale avec scotome central bilatéral, parfois un déficit hémianopsique bitemporal, une atrophie optique ou un œdème papillaire au fond d'œil.

Étym. gr. arachnê : araignée ; eidos : forme

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