Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

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ganglion sentinelle (technique du) l.m.

sentinel lymphnode

La technique dite du « ganglion sentinelle » repose sur le principe de la détection du premier relai nodal atteint de l’aire ganglionnaire drainant le territoire où est implanté un cancer.
Cette détection est possible par l’injection, dans la région péritumorale, soit d’un colorant, soit d’un produit radioactif, soit des deux. Une fois repéré le nœud (ganglion) fait l’objet d’une exérèse-biopsie. S’il se révèle indemne, il n’est pas pratiqué de curage ganglionnaire, évitant ainsi des séquelles inutiles.
Cette technique est utilisée essentiellement lors du traitement chirurgical du cancer du sein, à condition que la tumeur soit suffisamment petite. Elle peut être proposée dans certains cas d’autres cancers en particulier le mélanome.

cancer du sein, mélanome

gène suppresseur de tumeur l.m.

tumor suppressing gene

Gène inhibant directement ou indirectement la prolifération cellulaire ou tout autre processus aboutissant à un cancer.
L’inactivation des deux allèles d’un gène suppresseur de tumeur contribue à l’apparition d’un cancer.

Syn. gène anti-oncogène

gène suppresseur

[Q1]

Édit. 2018

Lynch (syndrome de) l.m.

Lynch’syndrome, hereditary non polyposis colorectal cancer

Cancer colique familial, à transmission autosomique dominante, lié à des mutations des gènes impliqués dans la réparation des erreurs de réplication de l’ADN.
Survenant à un âge jeune (< 45 ans), les cancers prédominent dans le côlon droit, volontiers multiples, associés (Lynch II) ou non (Lynch I) à des cancers extradigestifs (ovaire, endomètre, sein, voies urinaires, voies biliaires). Ils ne représentent que trois pour cent des cancers colorectaux mais le risque de ce type de cancer est, chez l’homme, de 70 à 80 p. cent avant l’âge de 70 ans ; chez la femme ce risque est de 30 à 40 p. cent pour le colon comme pour l’endomètre. D’où la nécessité dans les familles concernées d’examens préventifs précoces et répétés (coloscopie, échographie).
La prédisposition à ces cancers est liée à des mutations des gènes codant pour les protéines de réparation des erreurs d’appariement de l’ADN (MMR : mismatch repair genes). Parmi les gènes identifiés, les plus fréquents sont : MSH2 localisé en 2p22.1 (35%), MLH1 en 3q21.3 (25%), MSH6 en 2p16 (2%) et PMS2 en 7p21.1. La pénétrance est importante et l’expression variable. Le syndrome de Torre-Muir, lié à des mutations des mêmes gènes MLH1 et MSH2 et le syndrome de Turcot, lié à des mutations en MLH1 et PMS2, sont actuellement considéré comme des formes alléliques du syndrome de Lynch. Dans près de 30% des cas aucun gène n’a été identifié.
Le diagnostic est confirmé par l’examen histologique et par l’immunohistochimie en utilisant des anticorps dirigés contre les protéines MLH1 et MSH2 et, après extraction de l’ADN tumoral, par la fréquence des microsatellites chromosomiques instables (MSI-H : microsatellite instability high). 
Les critères d’Amsterdam (de 1999) exigent pour affirmer le diagnostic :
1) au moins 3 sujets apparentés atteints ;
2) 2 d'entre eux étant apparentés au 1er degré (père, mère, frère, sœur, enfant)  sur 2 générations successives ;
3) au moins l'un des cancers diagnostiqué avant l'âge de 50 ans.
4) l’absence de polypose colique familiale ;
5) une vérification histologique

H. T. Lynch, oncologue généticien américain (1966 et 1967) ; E. G. Muir Sir, chirurgien britannique (1967) ; D. Torre, dermatologiste américain (1968) ; J. Turcot, chirurgien canadien (1959)

Sigle angl. HNPCC

Torre-Muir (syndrome de), Turcot (syndrome de), appariement des bases, satellite, réparation de l'ADN, cancer colorectal, coloscopie,
protéine MSH 1
, protéine MSH2

[L1, Q3]

Édit. 2018

melphalan n.m.

melphalanum

Médicament antinéoplasique cytostatique du groupe des moutardes à l'azote bloquant la réplication de l'ADN.
Ses principales indications sont le myélome multiple, le cancer de l'ovaire et les formes avancées de cancer du sein.

néoplasie cervicale intra-épithéliale l.f.

cervical intra-epithelial neoplasia (CIN)

Dysplasie de l’épithélium malpighien du col de l’utérus due à une anomalie de la réparation d’un ectropion, souvent associée à une infection par le virus de la papillomatose humaine.
Rencontrée dans 5% de la population féminine, elle est considérée comme une étape possible vers le cancer in situ puis vers le cancer invasif du col utérin. Selon son étendue, dont on décrit trois stades de gravité croissante de 1 à 3, elle est traitée par une vaporisation au laser ou p ar une électrorésection à l’anse diathermique, voire par une cônisation.

Sigle  : NCI

hyperplasie atypique, dysplasie

néoplasie endocrinienne multiple (NEM) l.f.

multiple endocrine neoplasia syndrome, MEN syndrome, multiple endocrine adenomatosis.
Syndrome associant des processus prolifératifs bénins ou malins de localisations diverses développés de façon simultanée ou successive, à partir des cellules APUD, aux dépens du système endocrinien diffus et des glandes endocrines compactes issues pour la plupart de la crête neurale, et ainsi classés dans les neurocristopathies.
Les NEM sont des affections sévères parmi lesquelles on distingue :
- le type I ou syndrome de Wermer, à transmission autosomique dominante, associant une atteinte hyperplasique ou tumorale des parathyroïdes, du pancréas endocrine, de la corticosurrénale, de la thyroïde et de l’hypophyse, avec ulcérations gastriques ;
- le type II ou IIa ou syndrome de Sipple, non héréditaire, associant un cancer médullaire de la thyroïde, un ou plusieurs phéochromocytomes et une hyperparathyroïdie en rapport avec une hyperplasie ou un adénome ;
- type III ou IIb ou syndrome de Gorlin-Bazex-Dupré à transmission autosomique dominante, associant neuromes muqueux labiobuccaux, hypertrophie des nerfs cornéens, aspect marfanoïde, endocrinopathies telles que cancer médullaire de la thyroïde à stroma amyloïde et phéochromocytome.

Syn. syndrome de Lloyd, adénomatose endocrinienne, polyadénomatose endocrinienne, NEM (syndrome)

Wermer (syndrome de), Sipple (syndrome de), Gorlin-Bazex-Dupré (syndrome de), MEN syndrome, MEN syndrome (signes cutanés du)

neuropathie paranéoplasique l.f.

paraneoplastic polyneuropathy

Ensemble des mécanismes atteignant primitivement le corps cellulaire du neurone, évoluant parallèlement à une tumeur maligne et pouvant la révéler. Cette atteinte disparait après exérèse de la tumeur ou radio et/ou chimiothérapie, réapparaissant lors de la récidive locale ou générale.
Les neuropathies associées au cancer ont une fréquence difficile à apprécier. Les 2 formes principales sont :
- la neuropathie sensitive (syndrome de Denny-Brown) due à l'atteinte des grosses fibres myélinisées.
- la neuropathie sensitivomotrice (syndrome de Wyburn-Mason). Le plus souvent il s'agit d'une axonopathie distale subaigüe ou chronique.
Ces atteintes peuvent précéder la découverte du cancer. Elles sont plus volontiers associées au carcinome des bronches.

D. E. Denny-Brown, neurologue néo-zélandais (1951) ; R. Wyburn-Mason, neurologue britannique (1948)

Denny-Brown (syndrome de), neuropathie sensitivomotrice paranéoplasique de Wyburn-Mason

nutrigénétique n.f.

nutrigenetic

La nutrigénétique étudie l'influence des variations génétiques dans les réponses aux aliments.
Certaines populations ont un gène de prédisposition à « l'épargne » alimentaire qui leur a permis de faire face aux famines. Lorsque les conditions alimentaires et environnementales se modifient, en particulier lorsque ces populations passent d'une alimentation traditionnelle à une alimentation beaucoup plus riche couplée avec une diminution de l'exercice physique, ce gène d'époque bénéfique se transforme en gène délétère. C'est le cas des Indiens Pima d'Arizona, qui montrent les prévalences les plus fortes au monde en surcharge pondérale (75 %) et en diabète gras (50 %).
Ce lien entre la diététique générale et la génétique des populations s'observe également sur l'impact d'aliments particuliers. Par exemple un gène censé protéger contre le diabète et identifié dans des échantillons de populations danoises, finlandaises et japonaises joue un rôle protecteur en cas de consommation d'acides gras provenant du poisson mais favorise le diabète dans le cas de surconsommation de produits laitiers ; les folates, contenus dans les fruits et légumes, protègent contre le cancer du côlon, mais chez certaines personnes possédant certaines allèles, ils accroissent le risque de déclenchement du cancer.
Les perspectives médicales et nutritionnelles ouvertes par la nutrigénomique et la nutrigénétique qui éclairent les rapports entre notre génome et l'alimentation sont immenses. Compte tenu de la complexité du génotype humain (3 milliards de bases dans le génotype, 30.000 gènes, plusieurs milliers de protéines intervenant dans le processus), il est tout à fait illusoire de penser vouloir décrypter l'ensemble de ces interactions. Les recherches doivent donc se concentrer sur le rôle de la centaine de gènes impliqués en première analyse dans le fonctionnement de chaque tissu cellulaire (cœur, poumon, foie, etc.), pour pouvoir associer des tests génétiques essentiels à la prédictivité d'apparition d'affections. La réussite de ces études permettrait de faire correspondre à ces tests des préconisations diététiques (ou thérapeutiques).

Étym. lat. nutrire : nourrir ; gr. genos : génération

épigénétique, nutrigénomique

[C2,C3,Q1,Q3,R2]

opérabilité d'un cancer (critères) n.f.p.

Les éléments à partir desquels est prise la décision de pratiquer la résertion chirurgicale d’un cancer reposent sur son type histologique et sur son extension locale et générale.
D’un point de vue cancérologique la résection chirurgicale doit s’efforcer de passer en zone saine pour éviter le risque de récidive locale. L’importance de cette résection doit être mise en balance avec celle de la mutilation qu’elle impose et l’espérance de vie du patient. L’appréciation de l’état général est aussi un élément capital dans la décision. Si l’opérabilité d’un cancer se décide en grande partie sur des critères strictement cancérologique, elle repose aussi sur le confort que peut apporter la chirurgie par exemple une intervention orthopédique pour une fracture métastatique ou la levée d’une occlusion en cas de localisation tumorale digestive.

cancer

[C3,F,N]

Édit. 2017

panniculite mésentérique l.f.

mesenteric panniculitis

Épaississement diffus ou localisé du mésentère, principalement au niveau de sa racine, d'origine inflammatoire, conduisant à la sclérose rétractile et à la formation d'adhérences entre les anses intestinales.
Un tableau anatomoclinique très voisin peut être fourni par la maladie de Weber-Christian, la maladie de Whipple, par une infiltration tumorale du mésentère ou associé à une maladie de Crohn. Dans le cas de la maladie de Crohn, la panniculite mésentérique est fréquemment associée aux poussées de la maladie. Une simple hyperdensité scannographique de la graisse mésentérique adjacente aux anses intestinales pathologiques est observée. Dans de rares cas, la panniculite peut préceder le diagnostic de maladie de Crohn et en être la manifestation révélatrice. Dans ces cas, les endoscopies digestives sont nécessaires et surtout, si celles-ci sont normales, en plus de l'entéro-IRM, une vidéocapsule du grêle est nécessaire. Le dosage de la calprotectine fécale est indiquée.
Les principales causes inflammatoires, la tuberculose en particulier et une néoplasie ne doivent pas être méconnues.
Bien qu'encore débattue, une association significative entre panniculite mésentérique et cancer a été rapportée principalement dans les lymphomes, le mélanome et le cancer colo-rectal et prostatique. Le seul signe radiologique associé à la malignité est la taille des ganglions mésentériques supérieure à 10 mm. Dans ce contexte, une biopsie radioguidée ou célioscopique des ganglions est recommandée.

Syn. mésentérite rétractile, lipodystrophie du mésentère, mésentérite sclérosante

mésentère, maladie de Weber-Christian, maladie de Whipple, maladie de Crohn, calprotectine, lymphome,mélanome

[L1, N3]

Édit. 2019

paranéoplasique adj.

paraneoplastic

Qualifie des manifestations cliniques associées à la présence d’un cancer.
Elles peuvent être la conséquence d’une sécrétion tumorale.
Les thromboses veineuses peuvent être la première manifestation d’un cancer profond.

paranéoplasiques (affections musculaires) l.f.p.

paraneoplastic muscular diseases

États pathologiques musculaires très variés, évoluant lors d'un cancer, mais sans lien avec des complications métastatiques, iatrogènes ni infectieuses.
On peut décrire :
- des polymyosites et dermatomyosites, les plus classiques, relevées dans environ I0% des cancers ;
- des myopathies nécrosantes, où les éléments inflammatoires sont absents, sinon discrets ;
- des myopathies endocriniennes ou métaboliques, soit avec un syndrome de Cushing lors de tumeurs sécrétant de l'ACTH, soit avec une hypercalcémie pouvant provenir de métastases osseuses ou d'une sécrétion tumorale de parathormone, voire d'une substance voisine ;
- une neuromyopathie, qui allie l'abolition d'un ou de plusieurs réflexes ostéotendineux à une amyotrophie et à un déficit moteur proximal. À la fois le plus fréquent et le moins typique, sans traduction histologique ni électromyographique, cet aspect semble surtout imputable à des troubles nutritionnels ;
- le syndrome myasthénique de Lambert-Eaton (SMLE), rare, qui représente 1% de ces syndromes et comporte 50 à 60% de cancers, essentiellement d'origine pulmonaire ;
- également rare, l'opsoclonus-myoclonus paranéoplasique (OMP) qui est plus fréquent chez l'enfant, surtout les filles. Associant des myoclonies des membres et du tronc à un opsoclonus, mouvement oculaire arythmique, continu, persistant les yeux fermés, il peut également inclure un syndrome cérébelleux, voire une encéphalopathie ou une myélopathie.
Comme pour l'ensemble des affections neurologiques paranéoplasiplasiques, et depuis la mise en évidence d'anticorps antineuronaux, une hypothèse immunologique, à la fois humorale et cellulaire, semble le processus pathogénique le plus probable, malgré l'échec (sauf pour le SMLE) des essais de transfert passif.
Seule une thérapeutique active du cancer et de ses métastases, celles-ci bien plus fréquentes que les états neurologiques paranéoplasiques, est en mesure de retarder l'évolution de ces derniers.

dermatomyosite, Lambert-Eaton (syndrome myasthéniforme, myasthénique, de), polymyosite

péritonite maligne l.f.

malignant peritonitis

Péritonite liée aux métastases péritonéales d'un cancer viscéral.
Le cancer de l’ovaire en est la cause principale chez la femme.

carcinose péritonéale

polype vésiculaire l.m.

gall bladder polyp

Formation faisant plus ou moins saillie sur le plan de la muqueuse vésiculaire.
Ce terme, qui ne préjuge pas de la nature bénigne ou maligne de la lésion, s’applique plutôt à des formes bénignes, qu’il s’agisse de tumeur ou de lésion pseudo-tumorale.
Parmi les lésions pseudo-tumorales bénignes, citons le polype cholestérolique, forme localisée de la cholestérolose vésiculaire, et le polype inflammatoire avec ses variantes adénomateuse et adénomyomateuse dans le cadre de la cholécystite chronique. Les lésions bénignes tumorales vraies comprennent, à côté des rares paragangliomes et des tumeurs à cellules granuleuses, les papillomes villeux et les adénomes tubuleux, villeux et tubulovilleux, identiques à ceux rencontrés dans le tractus gastro-intestinal et dont la découverte impose la recherche d’atypies, de cancer in situ, voire de cancer invasif.

polypose adénomateuse familiale l.f.

familial adenomatous polyposis, polyposis coli, adenomatosis coli

Affection se révélant par une diarrhée au long cours, habituellement dès la seconde décennie, héréditaire, transmise suivant le mode autosomique dominant, liée à une mutation d’un gène suppresseur de tumeur situé sur le chromosome 5.
Le pronostic est dominé par l’apparition inéluctable de cancer colique chez les sujets non traités.
L’examen macroscopique d’une pièce de colectomie révèle la présence de très nombreux polypes ; on admet que le nombre de 100 polypes constitue la frontière entre adénomes ultiples en dessous de ce nombre, et polypose familiale au-dessus, parfois jusqu'à 1000, offrant alors l’aspect classique de "tapis de haute laine". Les plus petits de ces polypes sont sessiles ; les plus volumineux sont pédiculés. Leur étude histologique montre qu’il s’agit d’adénomes tubuleux plus ou moins dédifférenciés, où il faut rechercher soigneusement des zones de cancérisation, uniques ou multiples, in situ ou invasives.
La polypose adénomateuse familiale présente une forme atténuée où les polypes sont moins nombreux, plus petits et apparaissent plus tard. Le risque de cancer reste très important.
Elle peut être associée à des lésions extracoliques variées constituant le syndrome de Gardner : ostéomes multiples du crâne et de la mandibule, kystes multiples et tumeurs conjonctives sous-cutanées, tumeurs desmoïdes abdominales, fibrose diffuse du mésentère et du rétropéritoine, etc.
Le gène responsable, APC (Adenomatous Polyposis Coli) situé en 5q21-q22 code pour une protéine suppresseur de tumeur ; la pénétrance est complète, l’expression variable.
Les syndromes de Turcot et la polypose associée à MUTYH sont très voisins cliniquement de la polypose adénomateuse familiale mais dus à des mutations de gènes intervenant dans la réparation de l’ADN avec les mêmes risques de prolifération cellulaire.

Syn. polypose rectocolique familiale, polypose intestinale héréditaire

Sigle  : PAF

Gardner (syndrome de), Turcot (syndrome de), polypose associée à MUTYH

radiocancer n.m.

radiocancer

Cancer induit par une irradiation
La relation de causalité entre l’apparition d’un cancer et une irradiation antérieure est généralement évidente pour les doses élevées (plusieurs Gy ou dizaines de Gy). Elle n’a qu’une signification statistique pour les doses faibles.

risque déterministe, risque stochastique

réactions psychiques à la chirurgie l.f.p.

psychical reactions to surgery

Vécu lié à une intervention chirurgicale, notamment à la dépendance totale du sujet lors des périodes préopératoire, opératoire et postopératoire, surtout au cas d'anesthésie générale, ainsi qu'à la perte temporaire ou définitive d'une partie de soi.
Associée à une régression, l'angoisse est constante. Une obtusion de la conscience est exceptionnelle. Sont seulement cités : les éventuelles douleurs du moignon et/ou un membre fantôme après amputation ; la détresse après mastectomie pour cancer chez la femme (hantise de la mort, perte d'un organe symbole féminin, etc.) ; les troubles de l'adaptation à un contrôle sphinctérien insuffisant après, p. ex., colostomie pour cancer.
Une relation dès avant l'intervention peut permettre d'en améliorer les suites et de diminuer les antalgiques. Une surveillance psychiatrique prolongée, en collaboration avec l'entourage et au besoin avec des associations spécialisées dans certaines séquelles chirurgicales, sera souvent indispensable.

hystérectomie (retentissement psychique de l'), transplantations d'organes et psychisme

sténose duodénale l.f.

duodenal stenosis

Diminution du calibre duodénal secondaire à une affection endoluminale (lymphome, cancer) ou extrinsèque d’origine pancréatique (cancer, pancréatite).

Étym. gr. : stenos : étroit

sténose œsophagienne l.f.

oesophageal stenosis

Sténose de l'œsophage de cause variable : œsophagite peptique, cancer épidermoïde, adénocarcinome, séquelle de radiothérapie, chirurgie antireflux avec mauvais calibrage de la valve, spasme du muscle cricopharyngien, sténose extrinsèque (ganglion, cancer bronchique).

Étym. gr. : stenos : étroit

tabagisme n.m.

1) Consommation excessive de tabac.
2) Manifestations pathologiques liées à une telle consommation.
De nombreuses maladies sont causées par l’usage excessif du tabac, surtout sous forme de cigarettes avec inhalation de la fumée : cancers des voies aérodigestives supérieures, bronchite chronique, cancer du poumon, cancer de la vessie, maladies des artères du cœur ou des membres inférieurs, etc.

alcoolotabagisme

technétium 99m n.m.

technetium 99m

Élément 43 (99mTc) de la classification de Mendeleïev, radioélément artificiel le plus utilisé en médecine sous forme de générateur ; descendant du molybdène 99, c'est le seul élément qui n'existe pas sur terre à l'état naturel car tous ses isotopes sont radioactifs et constituent la première espèce chimique créée artificiellement (1937).
Le technétium 99m, radiopharmaceutique courant, présente des propriétés physiques particulièrement bien adaptées à la détection (période physique de 6 heures ; émission de photons gamma monoénergétiques de 142 KeV facilement décelés par les gamma-caméras  (irradiation faible du patient).
Sur le plan clinique, il est relativement facile à incorporer à des molécules très variées (complexes phosphatés se fixant sur le squelette; microsphères d'albumine utilisées en scintigraphie de perfusion pulmonaire, molécules détoxiquées par le foie) permettant d'effectuer les examens de divers organes. Sous forme d'ion pertechnétate, il est utilisé en scintigraphie thyroïdienne. Actuellement, on l'associe à un colorant pour la détection d'adénopathies axillaires dans le cancer du sein et d’adénopathies iliolomboaortiques dans le cancer du testicule ou de la maladie de Hodgkin.
A noter que le technétium 99m (période de 200 000 ans) constitue un rejet mineur des centrales nucléaires.

tumeur anaplasique de l'ovaire l.f.

anaplastic tumor of the ovary

Cancer du revêtement épithélial de l'ovaire.
Quatrième cancer génital féminin par la fréquence, il survient le plus souvent chez les femmes de plus de 45 ans. Insidieux, il est diagnostiqué à un stade souvent évolué comportant une atteinte extra-pelvienne. Il se traite par la chirurgie de réduction et la chimiothérapie. Selon le type cellulaire, la tumeur est classée comme étant séreuse, mucineuse, endométrioïde, mixte, épithéliale, indifférenciée, brennerienne ou non classée. Selon l'étendue initiale, la survie à 5 ans varie de 60% à 5%.

Étym. lat. tumor : gonflement

cancer de l'ovaire

Turcot (syndrome de) l.m.

Turcot’s syndrome

Polypose intestinale avec manifestations extra-intestinales caractéristiques : gliomes (astrocytome, médulloblastome) qui peuvent donner des signes ophtalmologiques.
Elle se traduit par des douleurs abdominales, de la diarrhée, des hémorragies intestinales et rectales, un amaigrissement. Les polypes intestinaux sont multiples, de 20 à 100, pouvant dépasser 3 cm de diamètre, avec transformation maligne à partir de la seconde ou troisième décennie. Les gliomes cérébraux apparaissent à partir de la première décennie. Les signes neuro-ophtalmologiques sont liés aux tumeurs cérébrales : diplopie, ptosis, nystagmus, mydriase aréflexique. œdème papillaire et hyperplasie de l'épithélium pigmenté rétinien.
Plusieurs formes cliniques du syndrome de Turcot sont décrites : selon le type de tumeur cérébrale, l’une autosomique récessive avec cancer colorectal et glioblastome avant 20 ans, l’autre, autosomique dominante,  avec cancer colorectal, médulloblastome et manifestations en dehors de système nerveux central ; des formes associées à des lésions cutanées évoquant une neurofibromatose de type I ou à des lésions hématologiques malignes précoces.
Ce syndrome est considéré comme une variante du syndrome de Lynch. Il est dû à des mutations des gènes impliqués dans la réparation de l’ADN mésapparié par erreur lors de la réplication de l’ARN avant la division cellulaire (Mismatch repear genes) (MLH1 en 1q21.3, PMS2 en 7p22.2) et mutation du gène MSH6 (locus en 2p16.3) qui permet normalement la correction dans la répétition des microsatellites chromosomiques.

J. Turcot, chirurgien canadien (1959), H.T. Lynch, généticien américain (1966)

Lynch (syndrome de), appariement des bases, satellite, réparation de l'ADN, polypose adénomateuse familiale

VIPome n.m. 

Tumeur endocrine du pancréas secrétant de façon inappropriée le vasoactive intestinal peptide (VIP) qui stimule l'adénylate-cyclase de l'entérocyte, et induit une diarrhée profuse avec perte d'eau et d'électrolytes au niveau de l'intestin grêle.
Il s’agit le plus souvent d’un syndrome de Verner-Morrisson mais une sécrétion accrue de VIP peut être en relation avec un phéochromocytome, un ganglionneurome, un neuroblastome, un cancer bronchique et un cancer médullaire de la thyroïde. La thérapeutique curative passe par le repérage de la tumeur et son exérèse chirurgicale, sinon ce sont des essais de chimiothérapie ou de radiothérapie qui sont proposés.

VIP, Verner et Morrisson (syndrome de), phéochromocytome, ganglionneurome, neuroblastome, cancer bronchique, cancer médullaire de la thyroïde

von Hippel-Lindau (angiomatose rétino-cérébelleuse de) l.m.

von Hippel Lindau’s angiomatosis,  disease, syndrome

Phacomatose héréditaire autosomique dominante grave comportant une atteinte pluriviscérale caractérisée par la présence de multiples tumeurs angiomateuses du cerveau, du cervelet, de la rétine, du rein, du pancréas. ainsi que des phéochromocytomes.
Les tumeurs apparaissent après la troisième décennie ; elles peuvent être situées dans le système nerveux central, mais  le plus souvent, dans le cervelet et parfois la moelle cervicale. Les signes neurologiques sont l’expression d’une compression cérébelleuse ou médullaire, d’une hypertension intracrânienne, d'une épilepsie, de troubles psychiques ou de démence. L'atteinte rénale existe dans 45 à 60% des cas, associant kystes simples et carcinomes multicentriques et bilatéraux. Les angiomyolipomes sont plus rares. Le cancer du rein est la cause du décès chez 20 à 30% des patients.
Les autres manifestations peuvent être : rénale (pseudo-hypernéphrome avec hypertension paroxystique comme dans le phéochromocytome, cancer du rein), pancréatique, ou oculaire. L’examen oculaire montre un hémangiome rétinien ou irien et ses complications : tortuosité vasculaire, glaucome et cataracte.
Il existe des porteurs a minima d'où la nécessité d'un examen soigneux des ascendants et collatéraux qui peuvent présenter quelques signes discrets ou simplement des hémangiomes cutanés. Les cas récessifs sont possibles. La prévalence est estimée entre 1/10 000 et 1/36 000. Plusieurs gènes ont été localisés : locus en 3p26-25 (VHL), 5q21, 13q, 17q. Un locus en 3p14.2 est plus spécialement impliqué yellow fever virus dans la forme tumorale carcinomateuse rénale. L’affection est autosomique dominante (MIM 193300).
Dans cette affection portant sur le chromosome 3p25-26, très variée dans son expression phénoytypique, le gène VHL est "suppresseur de tumeurs". Une tumeur se manifeste lorsqu'à la mutation germinale présente dans tous les tissus, s'associe une mutation somatique acquise de l'allèle venant du parent sain.

E. von Hippel ophtalmologiste allemand (1895), A.V. Lindau, anatomopathologiste suédois (1926)

Syn. angiomatose rétino-cérébelleuse

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