Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

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abaissement en ophtalmologie n.m.

depression

duction

[P2]

Édit. 2020

abaissement des bras en obstétrique l.m.

descent of arms

Manœuvre obstétricale permettant, en cas de dystocie, de faire franchir le détroit supérieur au bras du fœtus.
Dans la dystocie des épaules, l’engagement du diamètre bi-acromial ne peut s’obtenir qu’en introduisant la main, la droite si le dos du fœtus est à droite ou inversement, dans l’utérus, le long de l’humérus du fœtus en lui imprimant une pression qui le fait pivoter en « mouchant » le tronc puis la face. Le bras s’abaisse en engageant l’épaule, le bras antérieur dans la manœuvre de Couder, le postérieur dans la manœuvre de Jacquemier.
Dans la présentation du siège, le relèvement des bras se traite par l’abaissement du bras antérieur selon la manœuvre de Pajot, ou par la double rotation axiale de Lövset.

L. Couder, obstétricien français ; J. M. Jacquemier gynécologue accoucheur français, membre de l’Académie de médecine (1846) ; Ch. Pajot, gynécologue obstétricien français (1865) ; J. Løvset gynécologue obstétricien norvégien (1937)

manœuvre de Couder, manœuvre de Jacquemier,  manœuvre de Pajot

[O3]

Édit. 2020

abaissement du bras antérieur (en obstétrique) l.m.

descent of the anterior arm

Dans la présentation du siège, manœuvre obstétricale permettant le dégagement du bras antérieur en cas de relèvement des bras.
Dans le cas le plus fréquent, où les deux bras sont relevés en avant de la face, le bras antérieur est dégagé en premier. La main de l’opérateur remonte dans l’utérus derrière la symphyse pubienne jusqu’au pli du coude du fœtus. Le pouce dans le creux de l’aisselle du fœtus, l’index fait pivoter l’humérus vers le bas en « mouchant » la face puis le sternum fœtal.

Syn. manœuvre de Pajot, double rotation axiale de Lövset

abaissement des bras

[O3]

Édit. 2020

abaissement du bras postérieur (en obstétrique) l.m.

descent of the posterior arm

Dans la présentation du siège, manœuvre obstétricale permettant le dégagement du bras postérieur en cas de relèvement des bras.
La main de l’opérateur remonte dans l’utérus le long de la concavité sacrée jusqu’au pli du coude du fœtus. Le pouce dans le creux de l’aisselle, l’index imprime à l’humérus une pression qui le fait pivoter vers le bas en « mouchant » la face puis le tronc du fœtus.

Syn. manœuvre de Jacquemier

abaissement des bras

[O3]

Édit. 2020

abaissement en adduction l.m.

depression in adduction, downshoot in adduction

Abaissement de l'œil non fixateur qui, dans le regard latéral, est en adduction : œil droit dans le regard latéral gauche, œil gauche dans le regard latéral droit ; il augmente (ou peut seulement apparaître) dans le regard oblique : regard en bas et à gauche pour l'abaissement de l'œil droit, regard en bas et à droite pour l'abaissement de l'œil gauche (déviation diagonale).
L'abaissement en adduction, comme l'élévation en adduction, est un signe clinique dont la recherche est fondamentale dans l'étude d'un trouble de la motilité oculaire, qu'il s'agisse d'une paralysie ou d'un strabisme concomitant. Dans le strabisme convergent, si l'angle est important, il peut être déjà évident avant mise en train du cover test, le nez faisant automatiquement écran quand l'œil fixateur est en abduction.
L'abaissement en adduction, beaucoup moins fréquent que l'élévation en adduction, est symptomatique d'une hyper-action du muscle oblique supérieur du bulbe de l’œil; quand il est peu marqué, il est plus évident dans le regard oblique, c'est-à-dire quand on place l'œil concerné dans le champ d'action du muscle oblique supérieur du bulbe de l’œil. Dans les cas typiques, il est associé à une hyper-action du muscle droit supérieur du bulbe de l’œil opposé (antagoniste opposé du muscle oblique supérieur du bulbe de l’œil). Cette hyper-action du muscle droit supérieur du bulbe de l’œil opposé doit être systématiquement recherchée ; s'il y a hyper-action du muscle droit supérieur du bulbe de l’œil droit, elle est recherchée dans le regard en haut et à gauche (champ d'action du muscle droit supérieur du bulbe de l’œil gauche), en maintenant l'œil droit fixateur. Dans le strabisme concomitant non opéré, l'abaissement en adduction est très souvent bilatéral symétrique ou asymétrique. Dans le strabisme opéré, il peut être consécutif à un affaiblissement d'un ou des deux muscles obliques inférieurs du bulbe de l’œil. Il peut être associé à une déviation verticale dissociée dont il faut éventuellement tenir compte quand on recherche l'hyper-action du muscle droit supérieur du bulbe de l’œil, son antagoniste opposé.

[P2]

Édit. 2020

acanthokératolyse n.f.

acanthokeratolysis

Image histologique marquée par une condensation du cytoplasme autour du noyau des cellules du corps muqueux de la peau et de la couche granuleuse, à laquelle s’associent une acantholyse qui se fait dans la partie supérieure de l’épiderme et une cytolyse.
L’étude en microscopie électronique montre qu’elle résulte d’un trouble de l’agencement des tonofilaments qui se regroupent en une sorte d’écorce périnucléaire et en mottes intra-cytoplasmiques, ce qui explique la cytolyse, et que l’acantholyse est due à une rupture du complexe fonctionnel des desmosomes-tonofilaments. Lorsqu’il y a hyperplasie de la couche cornée, l’aspect histologique correspond à l’hyperkératose épidermolytique. De telles images se voient dans l’hamartome verruqueux ou épidermique ou acanthokératolytique, l’acanthome épidermolytique, la kératodermie épidermolytique (ou acanthokératolytique) de Voerner, l’érythrodermie congénitale ichtyosiforme bulleuse.

Ingrun Anton-Lamprecht, dermatologiste allemande (1974)

Syn. dégénérescence granuleuse de Lapière, dégénérescence épidermolytique

[A2,J1]

Édit. 2016

acanthome épidermolytique l.m.

epidermolytic hyperkeratosis

Hyperplasie épidermique généralement disséminée, mais parfois localisée, de l'épiderme, dont les cellules présentent l'aspect de dégénérescence granuleuse de Lapière du corps muqueux et de la couche granuleuse, c'est-à-dire une vacuolisation du cytoplasme qui contient en outre de nombreux grains basophiles de taille irrégulière.
L'acanthome épidermolytique isolé se limite à une zone restreinte de l'épiderme et peut parfois s'observer dans des kératoses actiniques ou accompagner des lésions dermiques telles que le granulome annulaire, l'hyperplasie sébacée, l'amylose cutanée.

Étym. gr. akantha : épine ; ôma : tumeur

Syn. dégénérescence granuleuse de Lapière, acanthokératolyse, hyperkératose épidermolytique

[J1]

Édit. 2016

accablement n.m.

depression

Etat de grave altération des capacités physiques et morales.

[H3]

Édit. 2018

accident vasculaire cérébral et dépression consécutive l.m.

depression after cerebral stroke

Trouble rencontré chez au moins un quart des patients atteints d'un accident vasculaire cérébral (AVC),  souvent méconnu, sinon sous-estimé.
Il s'agit surtout de tristesse, voire de désespoir et d'anxiété, avec insomnie et anorexie. Mais ces signes peuvent être masqués par des plaintes somatiques, des difficultés cognitives, une labilité émotionnelle, ainsi que des obstacles à la communication liés à un déficit neurologique, en particulier aphasique.
S'il peut exister une symptomatologie pseudo-démentielle cédant à l'épreuve thérapeutique, des symptômes thymiques peuvent, a contrario, annoncer ou masquer l'évolution d'une démence vasculaire.
Le patient souffre notamment du bouleversement de l'image de soi, de ses handicaps et de sa dépendance, des retentissements sur les siens et il craint une récidive plus grave. En fait, l'étiologie est multifactorielle, à la fois organique, psycho-affective et sociale.
Un risque accru de nouveaux AVC et de décès serait associé à la dépression.
Information, conseils et relation de soutien sont probablement suffisants dans la majorité de ces patients. Mais dans les formes majeures, une chimiothérapie antidépressive est indiquée et doit être particulièrement surveillée. Malgré l'absence d'études randomisées à grande échelle, il apparaît que les inhibiteurs spécifiques du recaptage de la sérotonine (fluoxétine, fluvoxamine, paroxétine, etc.), dépourvus d'effets cardiotoniques, anticholinergiques et antihistaminiques, ont une action favorable et sont bien tolérés par ces malades.

Étym. lat. accidens : ce qui survient

accident vasculaire cérébral

[H1,H3,K4]

Édit. 2016

accouchement n.m.

delivery

Acte associant des phénomènes physiologiques et mécaniques par lequel une femme se délivre ou est délivrée par voie naturelle du produit de la conception, à une époque où le fœtus a commencé à être viable (plus de six mois de grossesse).

Étym. lat. accubare : se mettre au lit

[O3,O6]

Édit. 2016

accouchement par voie basse l.m.

delivery from below

Accouchement par voie vaginale.

Étym. lat. accubare : se mettre au lit

Syn. accouchement par voies naturelles

[O3]

Édit. 2016

accouchement provoqué l.m.

induced labour

Accouchement obtenu après induction du travail par amniotomie ou médicaments ocytociques.

Étym. lat. accubare : se mettre au lit ; provocare : appeler

Syn. déclenchement artificiel du travail

amniotomie, ocytocique

[O3]

Édit. 2016

accoucher v. intr. et tr.

deliver (to), bear down (to)

1) Pour la mère, donner naissance, mettre au monde.
2) Pour la sage-femme ou l'accoucheur, aider à mettre au monde, assister la parturiente.

Étym. lat. accubare : se mettre au lit

[O3]

Édit. 2016

acide cyanhydrique l.m.

cyanhydric acid

Nitrile correspondant à l'acide formique.
Liquide très volatil, incolore, d'odeur caractéristique d'amandes amères, il est très toxique, par son pouvoir inhibiteur de la cytochrome-oxydase, bloquant la respiration cellulaire.

Étym. gr. kuanos : bleu ; hydrique : acide hydrogéné

Syn. désuet : acide prussique

[C1,G1,G3,G4]

Édit. 2017

acide delphinique l.m.

delphinic acid

acide valérique

[C1]

Édit. 2017

acide delta 1-pyrroline-2-carboxylique l.m.

delta-1-pyrroline-2-carboxylic acid

Dérivé métabolique intermédiaire entre l'acide glutamique et la proline.
Il se forme par cyclisation du gamma-semialdéhyde glutamique ou par oxydation de la proline.

[C1]

Édit. 2017

acide delta 1-pyrroline-5-carboxylique l.m.

delta -1-pyrroline-5-carboxylic acid

Dérivé métabolique intermédiaire entre la proline et l'ornithine.
Il se forme par cyclisation de l'acide alpha-céto-delta-aminovalérique, qui est le produit de désamination oxydative de l'ornithine, ou par déshydrogénation de la proline.

[C1]

Édit. 2017

acide désoxyadénylique l.m.

deoxyadenylic acid

Désoxyribonucléotide purique dont la base est l'adénine.
C'est l'un des nucléotides constituant les ADN.

Abrév. dAMP

[C1,Q1]

Édit. 2017

acide désoxycholique l.m.

desoxycholic acid

Acide dihydroxy-3alpha, 12 alpha-cholanique.
Acide biliaire, qui est, chez l'Homme, le plus abondant après l'acide cholique.
Il se trouve surtout sous forme glycoconjuguée et en proportion plus faible tauroconjuguée.

[C1,C2,L1]

Édit. 2017

acide désoxycytidylique l.m.

deoxycytidylic acid

Désoxyribonucléotide pyrimidique dont la base est la cytosine.
C'est l'un des nucléotides constituant les ADN.

Abrév. dCMP

[C1,Q1]

Édit. 2017

acide désoxyguanylique l.m.

deoxyguanylic acid

Désoxyribonucléotide purique dont la base est la guanine.
C'est l'un des nucléotides constituant les ADN.

Abrév. dGMP

[C1,Q1]

Édit. 2017

acide désoxyribonucléique (ADN) l.m.

deoxyribonucleic acid

Acide nucléique présent dans les noyaux et les mitochondries de toutes les cellules vivantes et renfermant l'ensemble des informations génétiques de l'individu, nécessaires au développement et au fonctionnement d'un organisme.
Il est composé de deux chaînes de nucléotides dans lesquels le sucre est le désoxyribose et les bases l’adénine, la cytosine, la guanine et la thymine dont la séquence détermine le code génétique. Les deux chaînes s’enroulent l’une autour de l’autre pour former une double hélice ; elles s’attachent l’une à l’autre par des liaisons hydrogène entre deux bases complémentaires (adénine-thymine ou cytosine-guanine).
La molécule d'ADN est caractérisée par l’ordre de ses bases azotées. Il s'agit d'un langage codé en "séquence de bases". On dit ainsi que l'ADN est le support de l'information génétique, car il est comme un livre, un plan architectural du vivant, qui oriente, qui dicte la construction des principaux constituants et bâtisseurs cellulaires que sont les ARN qu'ils soient directement fonctionnels (ARN ribosomiques dont certains ont une activité enzymatique, ARN de transferts, miRNA et autres) ou qu'ils codent la Synthèse de protéines (chaînes polypeptidiques).
L’ADN joue un rôle clé dans les caractéristiques héréditaires de la plupart des organismes vivants en apportant l’information génétique nécessaire à la synthèse des protéines dans les cellules. La division cellulaire s’accompagne d’une réplication de l’ADN en deux brins identiques à la molécule d’origine.

F. Miescher, médecin suisse, première identification (1869) ; F. Crick, médecin britannique et J. Watson, médecin américain, tous les deux prix Nobel de médecine en 1962 (1953)

[C1, C3, Q1]

Édit. 2020

acide désoxythymidylique l.m.

deoxythymidylic acid

Désoxyribonucléotide pyrimidique dont la base est la thymine.
C'est l'un des nucléotides constituant les ADN. Il est souvent appelé à tort acide thymidylique.

Abrév. dTMP

[C1,Q1]

Édit. 2017

acidose décompensée l.f.

decompensated acidosis

L’acidose est dite décompensée quand la concentration en H+ est plus élevée que la normale (pH < 7,42).

[C2,R1]

Édit. 2017

acidurie argininosuccinique l.f.

argininosuccinic aciduria

Déficit en argininosuccinate lyase (également appelée argininosuccinase), enzyme du cycle de l'uréogenèse, entraînant retard mental et physique, hépatomégalie, lésions cutanées, cheveux secs et cassants, avec trichorrhexis nodosa, convulsions et épisodes d'inconscience.
Ce déficit est àl'origine d'une hyperammoniémie, d'une augmentation de l'argininosuccinate plasmatique et d'une hypoargininémie.
Selon N.R. Glick, P.J. Snodgrass, I.A. Schafer, (1976), il existe trois formes :
- néonatale sévère dans les premières semaines de la vie exposant à une intoxication ammoniacale d’évolution rapidement mortelle ;
- infantile subaigüe avec retard de croissance ;
- tardive ou chronique avec troubles neurologiques, arthropathies des membres inférieurs, parfois cataracte.
Le gène de l'argininosuccinate lyase (gène ASL) est localisé en 7cen-q11.2. L’affection est autosomique récessive (OMIM 207900).

D. Allan, pédiatre britannique (1958) ; N. R. Glick, P. J. Snodgrass  et I. A. Schafer, médecins américains (1976)

Syn. déficit en argininosuccinate lyase, déficit en argininosuccinase

argininosuccinase, acide argininosuccinique, cycle de l'uréogenèse, trichorrhexis nodosa

[C1, H3, J1, L1, P2, Q2]

Édit. 2020

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