Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

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ataxie spinocérébelleuse type 1 l.f.

Forme d'ataxie cérébelleuse autosomique dominante  caractérisée par une dysarthrie, des troubles de l'écriture, une ataxie des membres et en général un nystagmus avec des anomalies des saccades oculaires.
La maladie se manifeste typiquement dans la 4ème  décennie par une ataxie d’évolution progressive associée à d'autres signes : perte de la sensibilité proprioceptive, hyporéflexie, ophtalmoparésie et neuropathie optique légère. Un tableau inaugural avec blépharospasme, dystonie buccomandibulaire et rétrocolis précédant l'ataxie a été rapporté. Les fonctions cognitives sont relativement préservées au début, en revanche une atteinte des fonctions exécutives et de la mémoire verbale peuvent se manifester à un stade plus tardif. En fin d'évolution, 10 à 15 ans après le début, les troubles bulbaires par atteinte des noyaux inférieurs entraînent des pneumopathies par inhalation engageant le pronostic vital.
D’une prévalence estimée de 1 à 2/100.000 avec d'importantes variations géographiques et ethniques, la maladie est due à des expansions de triplets CAG répétés dans la séquence du gène ATXN1 sur le chromosome 6p23.

Réf. Orphanet, S. Fujioka, N.Whaley, Z.Wszolek (2011)

dysarthrie, ataxie, blépharospasme, dystonie oromandibulaire, rétrocolis

[H1]

Édit. 2018

Allan-Herndon-Dudley (syndrome d’) (SAHD) l.m.

Allan-Herndon-Dudley's syndrome

Syndrome de retard mental lié à l'X avec  une hypotonie, une hypoplasie musculaires et un déficit intellectuel, n’atteignant que les hommes.Dès le début de la maladie, un déficit moteur sévère est observé (retard dans l'apprentissage moteur et du langage). Le SAHD associe une hypotonie congénitale qui évolue vers une spasticité (hyperréflexie, contractures, signe de Babinski et clonus) ; une hypoplasie et une faiblesse musculaires généralisées qui se traduisent par une difficulté à soutenir la tête et par un retard moteur ; un déficit intellectuel sévère. Le visage est caractéristique : bouche ouverte, lèvre supérieure en chapeau de gendarme, ptosis, des oreilles mal sculptées, épaississement des tissus mous du nez et des oreilles, oreilles retroussées. Les pieds sont longs, fins et éversés. Les atteintes oculaires sont rares. Des convulsions peuvent survenir. Un pectus excavatum et une scoliose sont parfois présents, peut-être dus à l'hypotonie et à l'hypoplasie musculaire. Les patients ne deviennent jamais autonomes. Bien que plusieurs d’entre eux aient vécu jusque dans leur 60ème année, l'espérance de vie est globalement compromise.
La prévalence reste inconnue mais une étude a montré que 1,4 % des hommes avec un déficit intellectuel d'étiologie inconnue présentaient un SAHD.
Au moins 89 patients issus de 25 familles ont été, à ce jour, décrits
Le SAHD est dû à des mutations du gène SLC16A2 (MCT8) ; localisé en Xq13.2), codant pour le transporteur 8 de monocarboxylate, transporteur spécifique de l'hormone thyroïdienne T3. Des substitutions, des délétions, des mutations non-sens et faux-sens ont été identifiées.
Le diagnostic repose sur le tableau clinique et sur la présence d'une concentration sérique anormale en hormones thyroïdiennes : une recherche de mutations du gène SLC16A2 doit être effectuée si la concentration en T3 libre est anormalement élevée, la concentration en T4 libre faible à normale et le taux de TSH normal.
Le diagnostic prénatal est possible si la mutation a été identifiée chez la mère.
Un conseil génétique doit être proposé aux familles affectées qui doivent être informées qu'un enfant de sexe masculin a un risque de 50% de développer la maladie si sa mère est porteuse d'une mutation de SLC16A2 et qu'un enfant de
Bien que plusieurs patients aient vécu jusque dans leur 60ème année de vie, l'espérance de vie est globalement compromise.

Réf. Orphanet, C. Schwartz (2008)

Babinski (signe de), clonus, ptosis, pectus excavatum, transporteur 8 de monocarboxylate, hormones thyroïdiennes, ataxie,

[H1, Q3]

Édit. 2018

bisphosphonate n.m.

bisphosphonate

Analogue des pyrophosphates utilisé en thérapeutique dans la prévention et le traitement des fractures ostéoporotiques, qu’elles soient vertébrales ou périphériques, en raison de son action inhibitrice sur la résorption ostéoclastique.
Les bisphosphonates sont caractérisés par une faible absorption intestinale et une forte affinité osseuse. Ils sont excrétés sans être métabolisés. Ils sont également utilisés dans le traitement de la maladie de Paget et des hypercalcémies dues à des métastases osseuses, en particulier du cancer de la prostate et  du sein, et au myélome multiple. Dans cette dernière indication  ils peuvent être prescrits dans un but préventif  Le chef de file en est l’étidronate disodique. Désormais, la panoplie des bisphosphonates s’est considérablement enrichie ayant en particulier très probablement contribué à la réduction de l’incidence des nouvelles fractures dans le cadre de la maladie ostéoporotique.

Syn. diphosphonate

pyrophosphates, ostéoporose, ostéoporotiques, résorption ostéoclastique, Paget (maladie de), hypercalcémie, cancer de la prostate, cancer du sein, myélome multiple

[F1, F2, G5, L1, R1]

Édit. 2018

syndrome du grêle court l.m.

short bowel syndrome

Le syndrome dit du « grêle court » est secondaire à une résection chirurgicale (par exemple après infarctus mésentérique) laissant en place moins de 150 à 200 cm d'intestin grêle chez l’adulte.
Il s'agit d'une maladie rare (environ 1 cas pour 1 000 000 de personnes en France). Elle est caractérisée par une diarrhée, une malabsorption des nutriments, des troubles hydroélectrolytiques. Le grêle court peut aussi être d’origine congénitale. L’évaluation de l’insuffisance intestinale tient compte du grêle restant, du type d’anastomose, de la longueur du colon restant et de la préservation de la valvule iléo-caecale. La longueur de l’intestin réséqué n’a que peu de valeur, variant si elle est mesurée fraiche ou fixée, mais surtout en raison de la variabilité anatomique l’intestin grêle allant de 3 à 7 mètres. La longueur de l’intestin restant est mesurée au bloc opératoire ou évaluée à partir des données de l’imagerie (scanner). Le côlon restant est estimé en pourcentages, en divisant le côlon en 7 parties, supposées de longueur égales, et correspondant chacune à 14 % de la totalité.
Le type de SGC est distingué par une classification anatomique : l’entérostomie terminale (type I anatomique), l’anastomose jéjuno-colique (type II anatomique) et l’anastomose jéjuno-iléocolique (type III anatomique). Les types II et III sont de meilleur pronostic car la malabsorption est moins sévère. Le côlon peut en partie pallier l’insuffisance intestinale, en particulier pour les glucides.
Les principales causes du SGC sont, chez l’adulte, l’ischémie intestinale, la maladie de Crohn, les cancers et les traumatismes. Chez les nourrissons et les jeunes enfants, ce sont les conséquences de l’entérocolite nécrosante néonatale et le syndrome du grêle court congénital, trouble intestinal rare des nouveau-nés d'étiologie inconnue. Les patients naissent avec un intestin grêle court (moins de 75 cm de long) compromettant l'absorption intestinale se manifestant par une diarrhée chronique, des vomissements et un retard de croissance staturo-pondérale.
 Le taux de citrulline plasmatique (acide aminé produit par les entérocytes) est un marqueur d’insuffisance intestinale. Il est corrélé à la longueur de grêle restant et donc abaissé chez les patients atteints du SGC. La citrulline plasmatique permet de discriminer les patients pouvant être sevrés de nutrition parentérale  (> 20 μmol/L) de ceux qui restent dépendants de la nutrition parentérale deux ans après la résection intestinale, témoignant d’une insuffisance intestinale permanente.
Les troubles sont définitifs dans 50 % des cas. Ils peuvent régresser, au moins en partie, après une période d'adaptation intestinale de 6 à 12 mois. La prise en charge en centre spécialisé est très complexe et difficile pour les patients. Après une phase de réanimation hydro-éléctrolytique et une phase d’alimentation orale hypercalorique et hyperprotéique, en favorisant les solides par rapport aux liquides,  une autonomie nutritionnelle est possible. Dans 50 % des cas, la nutrition parentérale à domicile de longue durée reste le traitement de référence.
Les alternatives à la nutrition parentérale peuvent être l’utilisation des facteurs de croissance de la muqueuse intestinale, tel le téduglutide, polypeptide recombinant, analogue du GLP2 (Glucagon Like Peptide 2), qui diminue le débit des selles et augmente la citrullinémie, mais dont l'efficacité n'a été établie que sur la réduction des besoins en nutrition parentérale. Les données à long terme sont limitées. La surveillance d'éventuelles proliférations de cellules muqueuses digestives (polypes colorectaux, néoplasie gastro-intestinale ou biliaire, etc.) est recommandée. La transplantation intestinale est une alternative à la nutrition parentérale, isolée ou associée à la transplantation hépatique en cas d’insuffisance hépatique.
Les principales causes d’échec de la nutrition parentérale sont l’hépatopathie, les infections et les thromboses veineuses liées au cathéter,  le refus de la nutrition parentérale. Ces situations sont des indications potentielles à une transplantation intestinale.
 

Syn. syndrome  de l'intestin court

Réf. Nuzzo A, Corcos O, Joly F . Syndrome du grêle court: de la nutrition à la greffe intestinale. Post'U 2014.

citrullinémie, analogue du GLP2, transplantation intestinale, infarctus mésentérique, entérostomie, maladie de Crohn, entérocolite nécrosante, alimentation parentérale

[L1, L2]

Édit. 2018

citrullinémie n.f.

citrullinemia

1) Concentration de citrulline dans le plasma sanguin.
Elle est normalement voisine de 5 mg/L.
Elle peut être très élevée, 200 à 500 mg/L p. ex. dans les cas pathologiques de citrullinémie congénitale.
2) Maladie métabolique héréditaire due à un déficit en argininosuccinate synthase (citrullinémie de type I) ou en citrine (citrullinémie de type II).
3) Biomarqueur du fonctionnement intestinal.
Cet acide aminé est en pratique, uniquement synthétisé par les entérocytes de la muqueuse intestinale
La citrulline plasmatique est en clinique un biomarqueur validé de la masse métabolique fonctionnelle entérocytaire active et de la trophicité de l’intestin grêle, aussi bien chez l’enfant que chez l’adulte, dans les maladies intestinales sévères (grêle court, entéropathies diffuses, toxicité intestinale de la radio-chimiothérapie...). Sa concentration (30-50 µmol/L) est indépendante de l’état nutritionnel. Quand elle est inférieure à 10 µmol/L, elle justifie la prescription d'une nutrition parentérale en présence d'une insuffisance intestinale par maladie ou absence des entérocytes. Sa détermination régulière permet le suivi de la fonction intestinale, en l'absence d'insuffisance rénale significative.

citrulline, citrullinémie de type I, citrullinémie de type II, argininosuccinate-synthétase, citrine, hyperammoniémie, hyperalaninémie, grêle court

[C1, H1, H3, L1, Q2]

Édit. 2020

Smith-Lemli-Optiz (syndrome de) l.m.

Smith-Lemli-Optiz syndrome

Syndrome autosomique récessif. fréquent en Europe centrale et en Europe du Nord. avec une incidence estimée à 1/20 000-1/40 000 naissances et caractérisé par des anomalies congénitales multiples, un déficit intellectuel et des troubles comportementaux.
La maladie est présente dès la naissance mais peut se manifester tard pendant l'enfance ou, pour les formes légères, pendant la vie adulte. Les patients présentent un retard de croissance et un déficit intellectuel.
Le syndrome est associé à des troubles comportementaux tels que des traits autistiques, une hyperactivité, un comportement d'auto-agression et des troubles du sommeil. Des anomalies cérébrales structurelles sont observées telles qu'une hypoplasie ou agénésie du corps calleux et une holoprosencéphalie.
Des anomalies craniofaciales sont courantes: une microcéphalie (80%), un rétrécissement bitemporal, une ptose palpébrale, une racine du nez courte et élargie, des narines antéversées (90%), un petit menton et une micrognathie.
D’autre malformations peuvent être observées : une cataracte, un strabisme et un nystagmus, une fente labio-palatine (1/3 des patients), une photosensibilité, une rhizomélie, une polydactylie postaxiale des mains et des pieds, une syndactylie des 2ème et 3ème orteils (95%) et un pouce court à implantation proximale, des anomalies cardiovasculaires (communication interauriculaire ou inter-ventriculaire, persistance du canal artériel, canal atrioventriculaire), des anomalies gastro-intestinales telles qu'une difficulté d'alimentation, un reflux gastro-oesophagien, une sténose du pylore, une malrotation et une aganglionose colique.
Chez les garçons, des anomalies génitales (petit pénis, hypospade, organes génitaux ambigus) sont observées dans 70% des cas.
Ce syndrome est dû à une anomalie de la synthèse du cholestérol. Des mutations du gène DHCR7 (11q13.4) entraînent un déficit en 7-déhydrocholestérol réductase, enzyme qui convertit le 7-dehydrocholesterol (7DHC) en cholestérol.
Le diagnostic se base sur la présence de taux de 7DHC plasmatiques ou tissulaires élevés. L'analyse moléculaire confirme le diagnostic. L'imagerie (scanner, IRM, échocardiogramme) sert à mettre en évidence les malformations. Les diagnostics différentiels sont nombreux (cf.→). Le diagnostic peut être suspecté par échographie fœtale. Il doit être ensuite confirmé par un dosage de 7DHC dans le liquide amniotique ou le trophoblaste ou par une recherche des mutations de DHCR7, lorsque celles-ci sont déjà identifiées chez les parents.
Le pronostic dépend de la gravité de la maladie et des malformations associées. Les anomalies cardiaques et cérébrales peuvent entraîner le décès. Certains patients vivent jusqu'à l'âge adulte. Les personnes légèrement atteintes peuvent vivre et travailler dans des centres spécialisés. 

D.W. Smith, L. Lemli, J.M. Opitz, pédiatres américains et belge (1964)

Syn. déficit en 7-déhydrocholestérol réductase, SLOS, syndrome RSH (initiales des 3 enfants étudiés par les auteurs), syndrome SLO

Réf. Orphanet, Simona Bianconi, F. Porter, pédiatres américains (2009)

lathostérolose, dermostérolose, syndrome de Dubowitz, syndrome de Cornelia De Lange, syndrome oculo-digito-oesophago-duodénal, le syndrome de Noonan, le syndrome de Pallister-Hall, la trisomie 13, la trisomie 18, la pseudo-trisomie 13

[A4, O6, Q2, Q3]

hydatidose n.f.

hydatidosis, echinococcosis, hydatic cyst disease

Parasitose, le plus souvent hépatique ou pulmonaire, provoquée par les formes larvaires (hydatide ou kyste hydatique) d’Echinococcus granulosus.
Très répandue dans les pays d'élevage de moutons (bassin méditerranéen, Argentine), cette maladie existe également au Canada et dans d’autres pays nordiques. Elle est alors provoquée par une sous-espèce particulière d’Echinococcus granulosus entraînant des lésions essentiellement pulmonaires et d’évolution paradoxalement assez bénigne.
Le Chien est l'hôte habituel d' E. granulosus sous sa forme adulte. L'œuf ingéré par l'Homme est lysé dans l'estomac, libérant l'embryon qui peut franchir la muqueuse intestinale et par la veine porte, gagner le foie où il se localise dans 60 à 70% des cas. Il peut également atteindre les poumons, rarement d'autres organes. L'embryon donne une larve qui se développe sous la forme d'un kyste liquidien. Par son volume, celui-ci entraîne les signes de la maladie. La nature liquidienne et les limites du kyste sont précisées par l’échographie et la tomodensitométrie. L'examen sérologique peut confirmer le diagnostic. L'exérèse chirurgicale est nécessaire afin d'éviter les phénomènes compressifs, la surinfection et la rupture.
Les localisations nerveuses restent rares, traduites par un syndrome d'hypertension intracrânienne et des signes de localisation. Parfois sont observées des localisations osseuses, crâniennes, vertébrales, mammaires ou gynécologiques. Le traitement est surtout chirurgical.
Dans les pays nordiques, l'hydatidose, entraîne des lésions essentiellement pulmonaires et d’évolution paradoxalement assez bénigne.

Étym. gr. hudôr, hudatos : eau

Syn. kyste hydatique, échinococcose

échinococcose, hydatidose pleurale, hydatidose pulmonaire primitive, hydatidose pulmonaire secondaire

syndrome d'ectrodactylie-dysplasie ectodermique-fente labiopalatine l.m. (EEC)

Anomalie du développement embryonnaire d'origine génétique qui associe une ectrodactylie, une dysplasie ectodermique et des fentes orofaciales (fente labiale/palatine).
La prévalence exacte n'est pas connue. Plus de 300 cas ont été décrits dans la littérature.
Les trois signes cardinaux du syndrome sont une ectrodactylie et une syndactylie des mains et des pieds, une fente labiale avec ou sans fente palatine (pouvant entraîner des troubles du langage) et des anomalies dans diverses structures ectodermiques comme la peau (hypopigmentation, peau sèche, hyperkératose, atrophie cutanée), les cheveux (cheveux et sourcils fins et épars), les dents (petites, absentes ou dysplasiques), les ongles (dystrophie) et les glandes exocrines (réduction/absence de glandes sudoripares, sébacées, salivaires).
Le syndrome présente une grande variabilité clinique intra- et interfamiliale : la présence simultanée des trois signes cardinaux n'est pas obligatoire et chacun d'eux peut être exprimé à des degrés variables de sévérité. D'autres signes cliniques peuvent être associés comme des anomalies du système urogénital (agénésie rénale,atrésie uréthrale, hydronéphrose), une surdité de transmission ou de perception, une atrésie des choanes, une hypoplasie des glandes mammaires, des anomalies oculaires (imperforation des canaux lacrymaux, photophobie, ulcérations cornéennes, kératite, entropion), des anomalies endocriniennes (hypoplasie thymique, hypopituitarisme, déficit en hormone de croissance), et plus rarement, un retard du développement psychomoteur et un lymphome malin. Il n'y a pas de déficit intellectuel.
Dans plus de 90% des cas, le syndrome EEC est dû à des mutations faux-sens du gène TP63 (3q27) codant pour le facteur de transcription TP63, essentiel au développement de l'ectoderme et des membres. Ces cas correspondent au syndrome EEC classique (type 3) et semblent montrer un certain degré de corrélation génotype-phénotype. Les autres cas correspondent au syndrome EEC de type 1 dont le gène est localisé en 7q21 et qui peut associer des caractéristiques cliniques comme des malformations du pavillon de l'oreille, de l'oreille moyenne et interne. Le syndrome EEC est une maladie autosomique dominante avec une pénétrance incomplète (93-98%) et une expressivité variable.
Le diagnostic prénatal se base sur l'échographie au second trimestre de grossesse qui peut révéler les anomalies structurelles. L'analyse moléculaire (biopsie du trophoblaste, amniocentèse) aide à confirmer le diagnostic pour les familles chez lesquelles la mutation responsable de la maladie a déjà été identifiée.
Le conseil génétique doit être proposé aux familles affectées les informant du risque de 50% qu'une personne atteinte a de transmettre la mutation. En raison du mosaïcisme germinal, les parents sains d'un enfant atteint ont un risque de 4% d'avoir un autre enfant atteint.
Le pronostic est bon : les patients ont une espérance de vie quasi normale. L'hypohidrose entraîne des complications pouvant compromettre le pronostic vital telles que des convulsions, un coma et éventuellement un décès.

Réf. Orphanet, D. Lacombe (2011)

ectrodactylie, dysplasie ectodermique, fente labiopalatine, syndactylie, hyperkératose, dystrophie, agénésie, atrésie, hydronéphrose, photophobie, kératite, entropion, hypopituitarisme, lymphome malin, hypohidrose

[F1, I2, J1, M2, O4, P1, P2, P3, Q3]

Édit. 2019

électrochoc ( indications) l.m.p.

Cette modalité de stimulation électrique cérébrale à travers le scalp, pratiquée sous brève anesthésie générale et curarisation, est indiquée dans deux types de troubles psychiatriques : urgence vitale et résistance aux thérapies notamment médicamenteuses.
L’efficacité est globalement supérieure à celle des médicaments psychotropes (antidépresseurs et antipsychotiques).
Peuvent être des urgences vitales :
- l’accès dépressif sévère avec risque suicidaire imminent ou refus alimentaire, volontiers appelé mélancolique; les psychoses puerpérales avec note confusionnelle et risque d’infanticide;
- les formes de maladie dépressive et de schizophrénie non amendées par les thérapies médicamenteuses : ceci est plus fréquent dans les dépressions délirantes d’une part, dans les schizophrénies catatoniques d’autre part.
Une cure d’électrochoc suppose plusieurs séances, le plus souvent bi hebdomadaires, pendant au moins six semaines. Dans certains cas, il peut s’agir d’un traitement dit d’entretien, sous forme d’une séance bimensuelle ou mensuelle pendant plusieurs mois pour stabiliser le résultat acquis : l’électrochoc devient alors une thérapeutique préventive des récidives de la maladie notamment bipolaire.
Les mécanismes sous tendant l’efficacité thérapeutiques de l’électrochoc restent mal compris. Les effets d’une telle stimulation sont nombreux : électrophysiologiques, neurochimiques. Il est probable que le relargage de neuropeptides cérébraux soit le déterminant de l’action thérapeutique.
L’image de l’électrochoc, en dehors des milieux médicaux, conserve un caractère négatif injuste, hérité des modalités de pratique de la première moitié du 20ème siècle. Alors qu’il est parfois cru qu’il est archaïque et en voie de disparition, l’usage de l’électochoc est au contraire, de plus en plus fréquent dans des conditions de confort suffisantes pour qu’il soit même pratiqué comme traitement ambulatoire.

Syn. sismothérapie, électronarcose, convulsivothérapie

électrochoc, psychotropes, dépression mélancolique, psychose puerpérale, schizophrénie, maladie bipolaire

[H3]

Édit. 2019

LRRK2 gène sigle pour Leucine Rich Repet Kinase 2

Le gène LRRK2, localisé en 12q12, code une protéine avec 5 domaines fonctionnels prédits : un domaine N-terminal riche en leucine  (LRR), un domaine Roc d'homologie avec la superfamille de la GTPase Ras, un domaine COR (C-terminal de Roc), un domaine MAPKKK (MAP kinase kinase kinase) et un domaine répété WD40. 
La protéine LRRK2 est capable de phosphoryler la protéine basique de la myéline et de s'autophosphoryler. Elle interagit avec la parkine (PARK2), également impliquée dans la maladie de Parkinson.
 La mutation de ce gène est l'une des causes les plus fréquentes de maladie de Parkinson héréditaire et en particulier la mutation G2019S. Cependant, la prévalence de cette mutation est différente selon les populations : très rare en Asie, faible en Europe du Nord et élevée en Italie, en Espagne et au Portugal.

Syn. DARDARIN

parkine

[C1, H1, Q2]

Édit. 2019

effet tératogène des antithyroïdiens l.m.

teratogenic effect of antithyroid drugs

Le maniement des médications antithyroïdiennes s’impose lors de la coïncidence d’une maladie de Basedow et de la grossesse.
Une grossesse sur 1000 s’observe chez une femme atteinte de maladie de Basedow. En dépit du possible risque embryopathique lié aux antithyroïdiens, cette situation doit être gérée car c’est en l’absence de traitement que le risque de malformations, de fausse couche est le plus élevé.
L’aplasie du cuir chevelu (aplasia cutis) a une incidence proche de 0,2% (l’incidence spontanée est estimée à 0,02-0,03%), s’observe surtout sous carbimazole et thiamazole. De rares cas ont aussi rapportés sous dérivés du thio-uracile.
Un syndrome polymalformatif embryopathique a été décrit sous mercapto-imidazolines (carbimazole, thiamazole) : dysmorphies faciales, atrésie des choanes ou de l'œsophage, fistules trachéo-œsophagiennes, anomalies du septum interventriculaire, situs inversus, hernies diaphragmatiques, omphalocèles…. Quelques dizaines d’observations en ont été rapportées. Ces signes ne sont pas spécifiques, s’observent en dehors de toute prise médicamenteuse, si bien que l’imputabilité est discutée. Toutefois ils n’ont jamais été observés sous dérivés du thio-uracile. C’est pourquoi la prescription de propylthio-uracile ou de benzylthio-uracile est privilégiée durant les 2 premiers mois de la grossesse.
On a décrit aussi un risque embryopathique lié aux dérivés du thio-uracile, toutefois de moindre gravité : anomalies malformatives de la face et du cou (région pré-auriculaire, hélix, fistules …),  de l’appareil urinaire (hydronéphrose, kyste rénal…).
La prise en charge des hyperthyroïdies en début de grossesse par l’iodure a été proposée au Japon, n’a pas fait l’objet de larges évaluations.

antithyroïdiens, maladie de Basedow

[G4, G5, O4]

Édit. 2019

protéine SMN l.f.

SMN protein

La protéine SMN (Survival of Motor Neurons) est une protéine intra-cellulaire codée par le gène SMN1 (et, pour une faible proportion, par le gène SMN2), dont l'absence conduit à une dégénérescence des neurones moteurs.
Un déficit en protéine SMN est responsable de certaines formes d'amyotrophie spinale (spinal muscular atrophy) appelées 
amyotrophies spinales proximales liées à SMN1 : SMA de type I (maladie de 
Werdnig-Hoffmann), SMA de type II (intermédiaire), SMA juvénile de type III (maladie de Kugelberg-Welander) et SMA de type IV (forme adulte).

amyotrophie spinale proximale, SMN1 gene, SMN2 gene, Werdnig-Hoffmann (amyotrophie spinale de),  maladie de Kugelberg-Welander

[C1, C3, H1, I4]

Édit. 2019

solenazumab n.m.

solenazumab

Anticorps monoclonal dirigé contre les peptides β-amyloïdes, utilisé dans le traitement de la maladie d’Alzheimer
Le solenazumab se fixe sur les peptides β-amyloïdes qui s’agrègent et forment des plaques dans le cerveau aux stades précoces de la maladie d’Alzheimer.

Alzheimer (maladie d'), anticorps monoclonal

[H1, G5]

Édit. 2019

solenazumab n.m.

solenazumab

Anticorps monoclonal dirigé contre les peptides β-amyloïdes, utilisé dans le traitement de la maladie d’Alzheimer.
Le solenazumab se fixe sur les peptides β-amyloïdes qui s’agrègent et forment des plaques dans le cerveau aux stades précoces de la maladie d’Alzheimer.

anticorps monoclonal, peptide β-amyloïde, maladie d’Alzheimer

[H1, G5]

Édit. 2019

fumarylacétoacétase n.f.

fumarylacetoacetase

La fumarylacétoacétase est une enzyme clivant le fumarylacétoacétate en acide fumarique et acide acétoacétique.
Un déficit en fumarylacétoacétase est responsable de la maladie appelée hypertyrosinémie de type 1. Dans cette maladie rare (1 cas sur 2 millions de naissances), l'accumulation de fumarylacétoacétate et de ses dérivés inhibe le métabolisme de la tyrosine, entraînant son accumulation sanguine et des manifestations cliniques variables, principalement hépatiques. 

Syn. fumarylacétoacétate hydrolase

Sigle FAH

hypertyrosinémie de type 1, acide fumarique, acide acétoacétique, tyrosine

[C1, Q2, R1]

Édit. 2020

Wilson (maladie de) l.f.

Wilson disease

Désordre génétique du métabolisme du cuivre dû à des mutations du gène ATP7B situé sur le chromosome 13 (13q 14.3-q21.1), codant pour la protéine ATP7B, transporteur transmembranaire du cuivre? membre de la famille des ATPases.
Du fait de l'anomalie du transporteur, le cuivre alimentaire absorbé par l'intestin est insuffisamment excrété dans la bile et s'accumule dans les cellules,  principalement dans le foie et le système nerveux central. L’affection qui débute entre 5 et 40 ans, entraînant des manifestations hépatiques évoluant vers la  cirrhose, peut se manifester par une hépatite aigüe sévère voire fulminante et des manifestations nerveuses : syndrome extrapyramidal, dyskinésies avec une dysarthrie et des troubles de la déglutition, et par des manifestations psychiques (troubles du caractère, épisodes dépressifs, difficultés scolaires). Les lésions rénales sont plus tardives. Un anneau cornéen brun-verdâtre, (anneau de Kayser-Fleischer) lié à l’accumulation de cuivre dans la cornée est caractéristique mais inconstant. La concentration de cuivre et de céruloplasmine est diminuée dans le sang. La teneur du cuivre est augmentée dans les urines. Les traitements appropriés sont les chélateurs du cuivre : la D-pénicillamine le plus souvent prescrite ou le triéthylène tétramine dihydrochloride (Trinetine®) ou encore le zinc (Wilzin® ) réservé aux échecs des autres chélateurs ou en cas d’intolérance .
La prévalence de la maladie de Wilson est faible : 1/40.000. Cette maladie, autosomique récessive, se développe chez les hétérozygotes composites.

S. Wilson, neurologue britannique (1912) ; B. Kayser (1902) et B. Fleischer (1903), ophtalmologues allemands

ATP7B, ATPase, Kayser-Fleischer (anneau cornéen de), céruléoplasmine, céruloplasmine, Wilson (arthrite de la maladie de), D-pénicillamine, wilzin

[H1, L1, M1, P2, Q2, R1 ]

Édit. 2020

citrullinémie de type I l. f.

citrullinemia type I

Maladie métabolique héréditaire affectant le cycle de l'uréogenèse, due à un déficit en argininosuccinate synthase, transmise sur le mode  autosomique récessif. Elle est causée par une mutation du gène ASS1, localisé sur le chromosome 9q34.
Chez le nouveau-né, cette maladie se caractérise initialement par une léthargie progressive, un refus d'alimentation et des vomissements. Sur le plan biologique, elle est caractérisée par une hyperammoniémie et une hypercitrullinémie. En l'absence de traitement, l'évolution spontanée aboutit à des convulsions, un coma et la mort
Il existe une forme tardive chez l'adulte entrainant des troubles neurologiques plus ou moins prononcés.

uréognèse, citrulline, citrullinémie, argininosuccinate synthase

[C1, Q2]

Édit. 2020

citrullinémie de type II l. f.

citrullinemia type II

Maladie métabolique héréditaire affectant le cycle de l'uréogenèse, due à un déficit en citrine, transporteur de l'acide aspartique indispensable pour la synthèse de l'urée. Elle est transmise sur le mode autosomique récessif et est causée par une mutation du gène SLC25A13, localisé sur le chromosome 7q21.
Dans sa forme classique, la maladie survient chez l'adulte entre 20 et 50 ans. Elle se traduit par l'apparition soudaine de symptomes neuropsychiatriques, avec désorientation, comportements anormaux, délires nocturnes, convulsions et coma. La biologie montre une hyperammoniémie et une hypercitrullinémie. L'évolution peut conduire à un oedème cérébral et à la mort du malade. 

uréogenèse, ammoniémie, citrullinémie

[C1, Q2]

Édit. 2020

déficit congénital en entérokinase l.f.

congenital enterokinase deficiency

Le déficit congénital en entérokinase est une maladie génétique rare à transmission autosomique récessive.
La maladie se caractérise chez le jeune enfant par un retard de croissance, des oedèmes, des diarrhées et une hypoprotéinèmie. Elle est causée par des mutations du gène PRSS7 situé sur le chromosome 21q21, qui code la proentérokinase, précurseur de l'enzyme intestinale entérokinase 

Syn. entéropathie congénitale due à un déficit de l'entéropeptidase

Réf. Holzinger, A., Maier, E. M., Buck, C., Mayerhofer, P. U., Kappler, M., Haworth, J. C., Moroz, S. P., Hadorn, H.-B., Sadler, J. E., Roscher, A. A. Mutations in the proenteropeptidase gene are the molecular cause of congenital enteropeptidase deficiency. Am. J. Hum. Genet. 70: 20-25, 2002

entérokinase

[O1, Q2, R1]

Édit. 2020

acidémie isovalérique l.f.

isovaleric acidemia

Maladie autosomique récessive due à un déficit en isovaléryl-coenzyme A déshydrogénase.
L'isovaléryl-coenzyme A déshydrogénase est une enzyme du catabolisme de la leucine. Son déficit entraine une augmentation de la concentration de l'acide isovalérique dans le serum et les urines des malades. Chez les nouveaux-nés atteints, la maladie se caractérise par des vomissements récurrents et l'installation d'un état léthargique évoluant vers le coma. Une forme plus tardive se caractérise par un retard de croissance et de développement intellectuel.

Syn. acidurie isovalérique

Réf. Isovaleric acidemia: new aspects of genetic and phenotypic heterogeneity. Vockley J, Ensenauer R. Am J Med Genet C Semin Med Genet. 2006 May 15;142C(2):95-103.

acide isovalérique, isovaléryl-coenzyme A déshydrogénase

[ H1, L1, O1, Q2, R1]

Édit. 2020

protéostase n.f.

proteostasis

Ensemble des voies biologiques de la cellule qui contrôlent la genèse, le repliement, le trafic et la dégradation des protéines dont le déséquilibre est à l’origine de maladies comme la maladie d’Alzheimer et la maladie de Parkinson.

Étym. gr. Protée, dieu marin qui pouvait changer de forme à volonté : protéine ; stasis : position

maladie d’Alzheimer, maladie de Parkinson

[C2]

Édit. 2020

2019-nCoV (virus)

2019-nCoV (virus)

Virus à ARN du genre Betacoronavirus (famille des Coronaviridae) responsable d’un syndrome respiratoire aigu ayant émergé en Chine en 2019.
Ce virus est l’agent d’un syndrome respiratoire aigu qui émergea en novembre 2019 dans la ville de Wuhan (province de Hubei, Chine) avant de se propager aux autres province chinoises et à d’autres pays. Des cas importés sont signalés de divers pays, notamment de France, avec parfois quelques cas secondaires.
La durée d’incubation est évaluée entre 7 et 14 jours (probablement entre 5 et 10 jours). La maladie associe de la fièvre, une toux persistante, une gêne respiratoire, rarement une détresse respiratoire (surtout chez des personnes âgées) conduisant à l’admission en service de réanimation ; ces pneumopathies virales graves sont souvent accompagnées de surinfections microbiennes ou mycosiques. Des insuffisances rénales sévères ont encore été signalées. La mortalité serait de l’ordre de 2%. Toutefois, les cas bénins ou asymptomatiques semblent très nombreux. La maladie semble rare chez les enfants. Des tests de diagnostic rapide ont été rapidement élaborés et des recherches sont entreprises pour la mise au point de traitements spécifiques et de vaccins.

[D1]

Édit. 2020

contagion n.f.

contagiousness

Transmission d'un agent infectieux et le cas échéant de la maladie correspondante, depuis un sujet contaminé vers un individu sain, par contact direct ou indirect.
La contagion peut se faire :
- par voie aérienne par la respiration (aérosols) ou par projection d'une personne à l'autre de gouttelettes de salive au cours de la parole ou de la toux (tuberculose, grippe….)
- par voie digestive, par ingestion de boissons ou aliments souillés (typhoïde, poliomyélite…)
- par contact direct sur la peau (souillures manuportées, dépôt de poussière…)
- par contact direct sur les muqueuses (maladies sexuellement transmissibles).
La prévention repose sur la suppression de la cause : stérilisation, protection contre les poussières, port de masque et de gants, lavage des mains, mise en quarantaine des sujets suspects de maladie contagieuse.
L'usage du mot peut être étendu à la transmission de troubles mentaux ou du comportement.

Étym. lat. cum = avec, tangere : toucher

[D1, E1]

Édit. 2020

absorption de la vitamine B12 l.f.

absorption of vitamine B12

La vitamine B12 alimentaire est absorbée par un processus en plusieurs étapes :  trois protéines, le facteur intrinsèque (FI), l’haptocorrine (HC) et la transcobalamine (TC), ainsi que leurs récepteurs spécifiques sont impliqués dans son absorption et son transport.
Au niveau de l’estomac, la vitamine B12 est libérée des protéines alimentaires par la cuisson des aliments, l’acidité du suc gastrique et la pepsine. Une fois libérée, la B12 se retrouve en présence de deux transporteurs endogènes, l’HC et le FI. L’HC provient essentiellement de la salive et contribue à 10-40 % de la capacité de liaison avec la vitamine B12 au niveau du suc gastrique. La vitamine B12 se lie alors spécifiquement au facteur intrinsèque, une glycoprotéine de liaison produite par les cellules pariétales de l'estomac. Le complexe de vitamine B12 et FI parcourt l'intestin grêle avant d'être absorbé sous cette forme dans l'iléon. Deux mécanismes sont impliqués dans l’absorption de la B12 dans l’iléon, la diffusion passive et l’absorption par le récepteur spécifique du complexe FI-B12. La diffusion passive intervient seulement aux concentrations supra physiologiques. L’absorption par le récepteur du complexe FI-B12 est le mécanisme physiologique préférentiel pour la vitamine B12 apportée par la nourriture. Absorbée sous forme de cobalamine, la vitamine B12 passe dans la circulation sanguine, fixée à une protéine la transcobalamine, dont il existe une transcobalamine biodisponible rapidement utilisable et une forme de stockage.
L'absorption de la vitamine B12 est perturbée lorsque l'un des mécanismes ci-dessus fait défaut, par exemple lorsque l'estomac n'est plus assez acide (atrophie) ou après une gastrectomie totale, ou en absence de production de facteur intrinsèque (maladie de Biermer, déficit de sécrétion du FI d’origine auto-immune), parfois iatrogène (traitement prolongé par les inhibiteurs de la pompe à protons), ou encore maladie d'Imerslund-Grasbeck (malabsorption sélective de la vitamine B12 d'origine génétique par déficit du récepteur au complexe vit B12-facteur intrinsèque). Les carences acquises ou héréditaires se traduisent par une anémie mégaloblastique et des manifestations neurologiques.  

Syn. B12, cobalamine

Symb. Cbl

vitamine B12, maladie d'Imerslund-Grasbeck, facteur intrinsèque, haptocorrine , transcobalamine, maladie de Biermer, inhibiteurs de la pompe à protons, anémie mégaloblastique

[L1, F1, H1]

Édit. 2020

dépistage des cancers l.m.

cancer screening

Action de santé publique destinée à réduire la mortalité imputée au cancer, en le dépistant et si possible en appréciant son incidence,  en identifiant par un test au sein d’une population définie, les personnes qui bien que sans symptôme,  sont  atteintes de ce cancer ou d’une lésion précancéreuse.
Cette action s’inscrit dans le cadre de la prévention primaire et se justifie dans la mesure où une détection précoce peut permettre d’interrompre le cours naturel de la maladie en assurant un traitement curatif, tout en limitant les éventuels effets négatifs, en particulier pour les participants indemnes de toute lésion. Le dépistage s’adresse à l’ensemble d’une population non demandeuse de soins et dont la grande majorité des individus ne sont pas porteurs de la maladie. De ce fait, il s’appuie sur des règles d’éthique collective différentes de celles de la médecine curative fondées sur le colloque singulier médecin-patient dans lequel ce dernier est le demandeur. Le dépistage n’est donc pas la prescription individuelle d’un test réalisé au hasard d’une consultation ; son bénéfice n’est identifiable que sur la collectivité dans une population définie : « un cancer dépisté n’est pas synonyme de vie sauvée ou prolongée », seule la baisse des taux de mortalité ou d’incidence dans la population ciblée mesure les bénéfices apportés. En revanche les effets indésirables (faux positifs, examens et traitements inutiles, faux négatifs…) sont eux supportés au niveau individuel et doivent être identifiés et mesurés dans la population concernée. Trois cancers font actuellement l'objet d'un dépistage qui s’avère utile dans une population ciblée (sexe et âge) : celui du sein, celui du colon et du rectum, et celui du col de l'utérus.
Certaines formes familiales de cancers font l’objet de dépistage approprié.

dépistage du cancer colo-rectal, dépistage du cancer du col de l'utérus, dépistage du cancer du sein

[E1, F2]

Édit. 2020

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