Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

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uranium n.m.

92e élément de la classification de Mendéléev, métal lourd qui possède 26 isotopes connus, tous radioactifs, dont 3 seulement sont présents à l'état naturel : 238U à 99,28% (période : 4,5 milliards d’années), 235U à 0,72%  (période : 704 millions d’années) et traces de 234U.
Le 233U est un isotopoe radioactif artificiel obtenu par irradiation du thorium. L’uranium est essentiellement utilisé dans l’industrie nucléaire.
La radioactivité naturelle des sels d'uranium a été mise en évidence en 1896 par Henri Becquerel. C'est du minerai d'uranium (pechblende) que Pierre et Marie Curie ont extrait en 1898 le polonium et le radium (le Prix Nobel de physique de 1903 fut partagé entre les trois physiciens).
La fission de l'uranium, décrite en 1938, a eu pour conséquence le développement de la bombe atomique, mais aussi de l'énergie nucléaire par fission maîtrisée.
Les cancers tardifs contractés par les premiers ouvriers extrayant le minerai ont été particulièrement étudiés en tant qu'exemple quasi-expérimental de cancérogénèse induite par les rayonnements. L'uranium est un radiotoxique faisant l'objet d'une surveillance systématique chez les personnes exposées.

→ radium

uranostaphylorraphie n.f.

uranostaphyloplasty

Technique de réparation chirurgicale de la voûte palatine et du voile du palais en cas de fente vélopalatine.

Étym. gr. ouranos : voûte ; staphulos : grain de raisin, luette ; raphein : coudre

→ staphylorraphie, division palatine, fente vélopalatine

urate n.m.

urate

Sel de l'acide urique.
Les urates de sodium et d'ammonium sont peu solubles et peuvent former des calculs dans les voies urinaires. Chez les goutteux, ils sont à l'origine de dépôts cristallins dans les articulations (tophus, pluriel tophi).

→ lithiase urinaire, goutte, arthropathie uratique

urate-oxydase recombinante l.f.

Uricolytique produit par génie génétique, d’action rapide, qui réduit l’uricémie et l’uraturie en dégradant l’acide urique en allantoïne.
Ce médicament est utile pour la prévention de l’insuffisance rénale aigüe, dans les états d’hyperuricémie importante survenant dans les hémopathies malignes avec masse tumorale importante, soumises à une chimiothérapie.

→ hypo-uricémiant

[G5]

uratémie n.f.

uratemia

Présence et concentration des urates dans le sang.

→ uricémie

uraturie n.f.

uric aciduria

Présence et concentration des urates dans l'urine.
Les urates sont la forme d'élimination urinaire de l'acide urique. Ils y sont normalement présents à la concentration de  2,4 à 4,8 mmoles par 24 heures.
L'acide urique provient de deux sources : l’une exogène, alimentaire, et l’autre endogène issu du catabolisme des acides nucléiques cellulaires. Cette dernière peut être appréciée en supprimant complètement du régime tout apport de purines (seuil urique). L'uraturie est perturbée au cours des maladies rénales. Dans la goutte chronique, l'uraturie est normale ou augmentée tant que le rein est sain ; l'acide urique exogène est éliminé plus lentement et d'une façon plus retardée. Dans la goutte aigüe, une décharge uratique n'est pas rare au moment de la crise. L’uraturie peut également augmenter lors du traitement cytolytique des hémopathies malignes.
La faible solubilité des urates est parfois à l'origine de précipitations dans les voies urinaires (lithiase urique).

Syn. uricurie

→ lithiase urinaire, goutte

Urbach et Wiethe (lipoïdoprotéinose d') l.f.

hyalinosis cutis et mucosae, Urbach-Wiethe’s disease

Maladie héréditaire rare, à transmission autosomique récessive (MIM 247100), due au dépôt dans la peau, les muqueuses et certains organes, d'une substance hyaline et caractérisée par une atteinte cutanée faite de papules ou de petits nodules du visage, du cuir chevelu avec alopécie, des faces d'extension des membres, par une atteinte du larynx avec enrouement très précoce, et par une atteinte neurologique consistant en crises convulsives et calcifications intracrâniennes.
Il s’agit d’une lipidoprotéinose avec surcharge lysosomique, et lésions infiltrantes du palais et des muqueuses. On peut observer un chapelet de nodules hyalins sur le bord des cils puis une perte des cils (blépharose monoliforme), une conjonctivite et des dépôts sur la cornée et l'angle iridocornéen (glaucome chronique), des pseudodruses au fond d'œil (d'histologie identique aux papules). On trouve également des calcifications intracrâniennes dans 70% des cas avec parfois des troubles neuropsychiques et des épilepsies.

E. Urbach, dermatologue et allergologue autrichien et C. Wiethe (1924), otorhinolaryngologiste autrichien (1929)

Syn. hyalinose cutanéomuqueuse, lipoïdoprotéinose, lipoglycoprotéinose, maladie d'Urbach-Wiethe

→ lipoïdoprotéinose palpébrale

Urban (opération de) l.f.

Urban’s procedure

Variété de mastectomie radicale élargie avec résection de la paroi thoracique entre les deuxième et cinquième cartilages costaux, permettant l'ablation de la chaine ganglionnaire, des vaisseaux mammaires internes et de la plèvre pariétale.

J.A. Urban, chirurgien américain (1952)

→ mastectomie

urbo spin echo ( séquence IRM) l.angl.

Séquence en écho de spin rapide qui, en pratique, a détroné les séquences en écho de spin classique.

Syn. fast spin echo

→ écho de spin rapide

[B2,B3]

Édit. 2018

Ureaplasma urealyticum

Ureaplasma urealyticum
Variété de mycoplasme saprophyte des voies génitales masculines et féminines, pouvant provoquer chez
l’Homme des urétrites et des épididymites.
Elle semble impliquée dans certaines infections (méningites, pneumopathies) du nouveau-né. Elle pourrait aussi intervenir dans la genèse du syndrome de Fiessinger-Leroy-Reiter. Ureaplasma urealyticum, qui peut être mis en évidence dans les spermocultures et les prélévements cervicovaginaux, est sensible aux tétracyclines et aux macrolides.

N. Fiessinger, médecin interniste français, membre de l'Académie de médecine et É. Leroy, médecin français (1916) ; H. Reiter, bactériologiste allemand (1916)

→ mycoplasme, urétrite, épididymite, Fiessinger-Leroy-Reiter (syndrome de)

uréase n.f.

urease

Enzyme catalysant l'hydrolyse de l'urée en carbonate d'ammonium.
Des uréases sont présentes chez les végétaux (uréase du soja, du melon d'eau, de la graine de Canavalia ensiformis ou chez les microorganismes (Micrococcus ureae, Aspergillus, Neurospora) responsables de la décomposition de l'urée dans les urines exposées à l'air.
L'uréase est absente des tissus des animaux supérieurs, qui excrètent l'urée. Elle sert de réactif au laboratoire pour le dosage de l'urée (mesure de l'ammoniac formé). L'uréase de Canavalia ensiformis fut le premier enzyme obtenu à l'état cristallisé (Sumner).

J. Sumner, chimiste américain, prix Nobel de chimie en 1946 (1926)

urée n.f.

urea

Diamide de l'acide carbonique, ou carbamide. H2N-CO-NH2, produit ultime du catabolisme azoté des acides aminés.
C'est une substance non toxique, incolore et inodore, qui cristallise dans le système quadratique. Elle est très soluble dans l'eau et très diffusible. Elle se transforme en carbonate d'ammonium par ébullition prolongée avec l'eau ou sous l'influence de l'uréase. Par chauffage au-delà du point de fusion, elle donne le biuret. L'acide nitreux, les hypochlorites et les hypobromites décomposent l'urée en azote, gaz carbonique et eau.
L'urée est synthétisée dans le foie à partir de l'ammoniac. Le dosage de l'urée se fait par action de l'uréase (mesure colorimétrique de l'ammoniac libéré), ou par réaction colorimétrique avec la diacétylmonoxime.
La concentration plasmatique d’urée chez le sujet normal adulte est de  2,5 à 7,5 mmol/L. Elle est plus faible chez l’enfant. L’urée est éliminée par le rein (clairance : 65 à 100 mL/minute). La quantité excrétée reflète les apports protidiques alimentaires et l'importance du catabolisme protidique. Ses dérivés de substitution de l'hydrogène sont les uréines ; ses produits de condensation sont les uréides (barbituriques). L'urée a des propriétés diurétiques.

→ uréogénèse

urée (clairance de l') l.f.

 urea clearance

Mesure du pouvoir d'épuration du rein pour l'urée exprimée par le volume de plasma totalement épuré par le rein par minute.
La clairance de l'urée est très influencée par le taux de l'urée sanguine et le volume urinaire. Chez le sujet sain, avec un débit urinaire supérieur à 1,5 mL/mn la clairance de l'urée est de l'ordre de 65 à 100 mL/mn. Cette épreuve a été remplacée, en pratique clinique, par la mesure de la clairance de la créatinine.

D.D. Van Slyke, biochimiste américain (1921)

Syn. épreuve de Van Slyke

→ clairance, débit de filtration glomérulaire

uréidopénicilline n.f.

 ureidopenicillin

Pénicilline semi-synthétique à spectre large, d’utilisation parentérale, représentée par la mezlocilline.

urémie n.f.

uremia

1) Concentration de l'urée dans le plasma.
Elle est comprise entre 2,5 et 7,5 mmol/L chez le sujet adulte normal, plus faible chez l’enfant. L’urémie augmente lors des maladies rénales (voir ci-dessous) ainsi que lors des apports protidiques importants associés à une insuffisance d’apports hydriques. Elle peut diminuer dans les grandes dénutritions, dans les insuffisances hépatiques au stade terminal et dans certaines maladies génétiques rares touchant le cycle de l’urée, notamment le déficit en carbamoyl-phosphate synthétase.
2) Syn. de concentration excessive de l’urée dans le sang.
C’est alors un syndrome synonyme, obsolète, d’insuffisance rénale grave, aigüe ou chronique, caractérisé par la rétention dans l'organisme de produits azotés normalement éliminés par les urines, dont l'urée.
L'urémie s'observe à la phase terminale de toutes les affections rénales chroniques sclérosantes, telles que glomérulonéphrite chronique, néphrosclérose maligne, pyélo-néphrite chronique, reins polykystiques, etc., et au cours de certaines néphropathies aigües (rein de choc, en particulier). Le syndrome n'apparaît que lorsque la teneur du sang en urée dépasse 4 à 5 g par litre (50 mmol/l).
Les manifestations cliniques sont variables selon la cause et la gravité de la rétention azotée. Les signes prémonitoires principaux sont : l'apathie, la somnolence, les céphalées, l'anorexie, l'oligurie. Les symptômes de l'urémie avérée comportent : l'haleine urineuse, l'hyperventilation ou la respiration de Cheyne-Stokes, les nausées et vomissements incoercibles, la diarrhée, le prurit, le hoquet, auxquels s'associent souvent des crises convulsives, des troubles visuels et, au stade avancé, le coma urémique. Il faut noter que l'urémie est un syndrome clinique, par opposition à la simple élévation de l'urée sanguine.

Syn. syndrome azotémique, syndrome urémique, toxurie (peu usité)

→ carbamyl-phosphate synthétase, insuffisance rénale aiguë, insuffisance rénale chronique

urémigène adj.

ureogenic

Atteinte des fonctions rénales conduisant à l'élévation de la teneur de l’urée plasmatique.
On parle de "néphrite urémigène" (obs).

→ insuffisance rénale

urémique adj.

uremic

Qui concerne l'urémie.

→ insuffisance rénale, encéphalopathie urémique

uréogénèse n.f.

Ensemble de réactions permettant la formation de l'urée à partir d'ammoniac essentiellement dans le foie selon les principales étapes suivantes :

L'enzyme est la carbamylphosphate-synthétase ; l'acétylglutamate et le magnésium sont activateurs.
La formation de l'urée est donc un processus cyclique où l'ornithine est constamment régénérée. Un des atomes d'azote de l'urée provient directement de l'ammoniac, l'autre passe par l'intermédiaire de l'acide glutamique et de l'acide aspartique, qui constitue le véritable donneur du radical NH2. L'urogénèse est augmentée sous l'influence de la néoglycogénèse ou de processus de nécrose tissulaire.
La formation de l'urée est un moyen d'éliminer l'ammoniac sous une forme non toxique.

E. Urbach, dermatologue et allergologue autrichien et C. Wiethe, oto-rhino-laryngologiste autrichien (1929) ; H. A. Krebs, biochimiste allemand, prix Nobel de médecine de 1953 et K.  Henseleit, biochimiste allemand (1932)

Syn. uréopoïèse, uréogénie

→ cycle de Krebs et Henseleit, carbamylphosphate-synthétase, ornithine-carbamyl-transférase, argininosuccinase, argininase, argininosuccinate-synthétase

uréopoïèse n.f.

ureogenesis

→ uréogénèse

uréosecrétoire (constante) l.f.

constant ureosecretoire

→ Ambard (constante d') (obs)

uréotélique adj.

ureotelic

Qualifie un animal ou une espèce dans laquelle le catabolisme des bases puriques aboutit à la formation d'urée.
Grâce à la présence des enzymes de cette voie, l'acide urique se dégrade en allantoïne, puis en acide allantoïque, qu'une allantoïcase hydrolyse en acide glyoxylique et deux molécules d'urée. L'absence d'uréase ne permet pas la dégradation en ammoniac, ce que font les Crustacés, les Sipunculiens et les Mollusques marins, espèces ammoniotéliques. Les espèces uréotéliques sont les Sélaciens, les Dipneustes, certains Poissons téléostéens, les Batraciens, et les Lamellibranches d'eau douce.

Étym. urée, et gr. telos : fin

→ allantoïcase, uréase

uretère n.m.

ureter (TA)

ureter

Canal pair, contractile, permettant l'écoulement de l'urine du bassinet vers la vessie.
Ce conduit présente trois parties dans son trajet rétropéritonéal (lombaire, iliaque et pelvien) et un trajet intramural vésical qui l'amène à l'orifice urétéral. Les uretères sont constitués d’une muqueuse interne surmontée par un épithélium urothélial et d’une musculeuse externe faite de deux couches : une longitudinale interne et une circulaire externe. Dans le tiers inférieur, il existe une troisième couche longitudinale externe. Cette tunique musculaire est comprise entre la tunique adventitielle superficielle et la tunique muqueuse profonde.

Étym. gr. ourêter : uretère

uretère "borgne" l.m.

blind ureter

Arrêt de développement du bourgeon urétéral aboutissant à la formation d'un uretère en cul de sac.
Celui-ci peut avoir une longueur variable. L'orifice urétéral est souvent normal. Le rein susjacent est non fonctionnel, atrésique ou multikystique. La malformation peut toucher l'une des branches d'une bifidité.

→ atrésie urétérale, diverticule urétéral

uretère ectopique 1.m.

ectopic ureter

→ abouchement ectopique de l'uretère

uretère intramural l.m.

intrawall ureter

Segment terminal de l'uretère traversant obliquement la paroi musculaire de la base vésicale, élément important du dispositif antireflux.

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