Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

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APUD (cellule) acr. angl l.f. pour Amine Precursor Uptake Decarboxylation

Cellule caractérisée par la présence d’amines fluorogènes, la fixation de précurseurs d’amines et la présence d’amino-acide-décarboxylase participant à un système neuroendocrinien diffus.
Certaines cellules dont la nature endocrinienne n’est pas prouvée, comme celles des organes chimiorécepteurs ou les mélanoblastes, font aussi partie du système des cellules APUD.

argentaffinité, argyrophilie, système APUD

aquaporine n.f.

aquaporin

Glycoprotéine présente dans les membranes de certaines cellules facilitant le transfert de l'eau le long d'un gradient de pression osmotique ou hydrostatique.
L'aquaporine 1 a été isolée des membranes de globules rouges.
L'aquaporine 2 constitue le canal hydrique des tubules rénaux, régulé par l'hormone antidiurétique.
Les aquaporines 3 et 4 sont aussi présentes dans les cellules épithéliales rénales, dans le cerveau ainsi que dans d'autres tissus.
L'aquaporine 5 se trouve dans les glandes salivaires, les glandes lacrymales et dans le poumon.

Les aquaporines ont une structure moléculaire de 25 à 30 kDa présentant six segments hélicoïdaux hydrophobes intra-membranaires reliés par cinq boucles dont trois sont du côté extérieur et deux du côté intérieur de la membrane, ainsi que les extrémités NH2- et COOH-terminales. Elles se présentent sous forme d'associations tétramériques. Elles font partie d'une famille de protéines appelées MIP, dont certaines ont été décrites dans les fibres du cristallin. L'aquaporine 1 a d'abord été appelée CHIP28 (channel-forming integral protein de 28 kDa). Hormis l'aquaporine 4 (appelée aussi mercurial-insensitive water channel ou MIWC), les aquaporines sont inhibées par les sels de mercure, qui se fixent sur une cystéine de la cinquième boucle. Des mutations portant sur l'aquaporine 2 entraînent un diabète insipide par blocage de la résorption de l'eau dans les tubes collecteurs rénaux.

Étym. lat. aqua:eau; gr. poros: passage

Abrév. AQP

diabète insipide

[C1, C2, C3]

Édit. 2019

area centralis l.m.

area centralis

Voussure centrale rétinienne, chez l'embryon, apparaissant dés le 6ème mois, et correspondant à la future macula mais en relief, l'épaississement de cette région étant dû à la multiplication des cellules ganglionnaires disposées en six à huit rangées.
A partir du 7ème mois les cellules ganglionnaires sont rejetées latéralement et la région s'amincit progressivement.

arénoblastome n.m.

arrhenoblastoma

Tumeur endocrine virilisante de l'ovaire, formée de cellules de Leydig et de cellules de Sertoli, ayant la structure d'un adénome testiculaire et produisant de la testostérone.
Son évolution est d'autant plus grave qu'il est moins différencié.

androblastome de l'ovaire

artériosclérose n.f.

arteriosclerosis

Sclérose diffuse de la paroi des artères élastiques et musculaires de tous calibres.
L’intima est le siège d’un épaississement fibreux avec ou sans dépôt lipidique. La média amincie est souvent le siège d’une calcification extensive : médiacalcose correspondant à l’artériosclérose de Mönckeberg. La fibrose collagénique est le fait des cellules musculaires lisses qui prennent le phénotype sécrétant ; il n’y a pas de fibroblaste dans la paroi d’une artère. La migration de cellules musculaires lisses sécrétantes vers l’intima est responsable de son épaississement. La limitante élastique des artères musculaires est hyperplasique, dédoublée ou peut disparaître. Les lames élastiques les plus internes des artères élastiques disparaissent.
L’artériosclérose qui correspond au vieillissement artériel, mais qui peut se constituer dès l’âge adulte, a des conséquences pathologiques importantes par le rôle déterminant qu’elle peut jouer dans la constitution des anévrismes et par sa contribution à l’obstruction des artères de petit calibre. Elle représente souvent l’évolution finale de l’athérosclérose : plaque entièrement fibreuse correspondant au type VIII de la classification.
Artériosclérose n’est pas Syn.onyme d’athérosclérose.

J. Lobstein, médecin strasbourgeois d’origine allemande, membre de l'Académie de médecine (1777-1835)

Étym. gr. skleros : dur

athérome, athérosclérose, Mönckeberg (maladie de)

artérite temporale héréditaire l.f.

temporal arteritis

Manifestation localisée de l'artérite à cellules géantes.
L'atteinte de l’artère rétinienne avec cécité est une complication dramatique. La maladie commence par une fatigue profonde, un peu de fièvre, une vitesse de sédimentation élevée et une céphalée violente prédominant aux tempes et exacerbée par l’effleurement cutané en regard. L'artère temporale, indurée en regard, peut être palpée et la biopsie confirme une panartérite à cellules géantes. La plupart des formes sont sporadiques mais l'existence de formes familiales a été observée au moins quinze fois dans la littérature (MIM 187360). On a aussi incriminé une prédisposition génétique par réaction auto-immune (HLA-DR). La maladie correspond en tous points à la maladie de Horton mais elle prend ici un caractère héréditaire.

J. Hutchinson Sir, chirurgien, ophtalmologue, dermatologue et pathologiste britannique (1890)

Syn. artérite à cellules géantes, GCA, artérite crânienne, polymyalgie rhumatismale

athérosclérose (classification des lésions) l.f.

Classification la plus généralement adoptée proposée en 1989 par Hubert Stary, qui recouvrait 8 types de lésions.
Une telle classification est nécessaire pour identifier le stade évolutif, car la plaque d'athérosclérose humaine est le fruit d'une lente métamorphose de l'intima artérielle qui se déroule sur plusieurs décennies, de la naissance à l'âge adulte.
La structure de départ sur laquelle se développent ces modifications est un épaississement fibromusculaire de l'intima présent chez tous les individus dès la naissance en certains points du réseau artériel par adaptations épaississantes de l'intima.
Type I. Lésion initiale avec présence de cellules spumeuses éparses dans l'intima.
Type II. Stries et ponctuations graisseuses avec regroupement de cellules spumeuses en amas, devenant visible à l'œil nu.
Type III. Pré-athérome avec apparition d'un dépôt extracellulaire de lipides.
Type IV. Athérome avec délimitation du cœur lipidique.
Type V. Fibro-athérome ou plaque mûre non compliquée, avec définition nette de la chape fibreuse enchâssant le cœur lipidique.
Type VI. Fibro-athérome compliqué avec rupture de plaque ; selon la nature de la complication se distinguent les types VIa (plaque avec thrombus et hématome), VIb (plaque avec thrombus) et VIc (plaque avec hématome).
Type VII. Lésion calcifiée avec un dépôt calcique important dans l'intima.
Type VIII. Lésion fibreuse avec prédominance marquée de la sclérose sur le dépôt lipidique qui peut être tout à fait absent.
Les types I et II sont les lésions précoces, III est la lésion intermédiaire, IV à VIII sont les lésions avancées.
La classification adoptée par le Committee on Vascular Lesions du Council on Arteriosclerosis de l'American Heart Association (1992-1995) adhère de très près à la nomenclature de Stary. Simplement, les types V, VII et VIII de Stary y sont regroupés en un unique type V décliné en Va (type V de Stary), Vb (type VII de Stary) et Vc (type VIII de Stary).

Étym. gr. athêrê : bouillie, nécrose ; scleros : dur

ATPase sigle f. pour Adénosine-TriPhosphatase

ATPase

Enzyme catalysant l’hydrolyse de l’ATP en ADP.
De nombreux systèmes enzymatiques ont une activité d’ATPase, c’est en particulier le cas d’une famille d'enzymes impliquée dans le transport actif d'ions au travers des membranes cellulaires et dans la formation de gradients ioniques. Le clivage enzymatique de l'ATP produit l'énergie nécessaire au transport des ions.
Ces ATPases sont constituées de sous-unités alpha et bêta transmembranaires. On distingue par ex. :
1) l'ATPase Na+/K+ (pompe Na+/K+), située dans la membrane basolatérale des cellules et responsable de l'entrée et de la sortie de ces ions dans la cellule,
2) la pompe Ca2+ située dans la membrane du réticulum endoplasmique qui contrôle la concentration du Ca2+ dans le cytoplasme cellulaire, et
3) la pompe H+/K+ située dans la membrane apicale des cellules pariétales gastriques, responsable de la sécrétion d'acide chlorhydrique.

autorenouvellement n.m.

autorenewing, self renewal

Capacité d’une cellule souche à donner lors de la mitose, deux cellules de devenir différent, l’une qui se différencie, tandis que l’autre en est la stricte copie et maintient ainsi le nombre de cellules souches.

cellule souche

[C3]

Édit. 2019

BAFF acr. angl. pour B-cell activating factor of the TNF family

Cytokine de la famille du tumor necrosis factor jouant un rôle trophique dans le développement des lymphocytes B et leur activation pour la production d'immunoglobulines..
BAFF est exprimé par les lymphocytes T et les cellules dendritiques. Il interagit avec un récepteur spécifique appelé BAFF Receptor (BAFF-R) exprimé par les lymphocytes B, et constitue le principal facteur de survie de ces cellules. Son gène est localisé sur le chromosome 13q32-34.

Schneider P

Réf. BAFF, a novel ligand of the tumor necrosis factor family, stimulates B cell growth.
Schneider P, MacKay F, Steiner V, Hofmann K, Bodmer JL, Holler N, Ambrose C, Lawton P, Bixler S, Acha-Orbea H, Valmori D, Romero P, Werner-Favre C, Zubler RH, Browning JL, Tschopp J.
J Exp Med. 1999 Jun 7;189(11):1747-56. doi: 10.1084/jem.189.11.1747.

lymphocyte B, lymphocyte T, cytokine, tumor necrosis factor

[C1, F3]

Édit. 2020

Barr (corpuscule de) l.m.

sex chromatin, Barr’s body

Petite masse de chromatine condensée, apparaissant sous une forme arrondie ou triangulaire appliquée contre la membrane nucléaire, contenant en totalité ou en partie le matériel du chromosome X et visible dans 20 à 40% des noyaux interphasiques des cellules somatiques de la femme.
Lié à la présence de deux chromosomes X, il permet de déterminer le sexe chromatinien ou sexe nucléaire. Il se recherche sur les cellules d’un frottis jugal, recueilli sur la face interne de la joue. Il est présent chez les femmes, absent chez les hommes, présent dans le syndrome de Klinefelter dont le caryotype est 47 XXY, absent dans le syndrome de Turner dont le caryotype est 45 XO et dans le testicule féminisant dont le phénotype est féminin et le caryotype XY.

M. L. Barr, anatomiste et généticien canadien (1949)

Syn. chromatine sexuelle de Moore, corpuscule chromatinien

hétérochromatine, Klinefelter (syndrome de), Turner (syndrome de)

Édit. 2017

barrière muqueuse œsophagienne l.f.

esophageal mucous barrier

Couche d'épithélium, composée d'une superposition d'une trentaine de couches de cellules malpighiennes non ou peu kératinisées reliées entre elles par des jonctions membranaires serrées.
Ces cellules sont aptes à excréter des ions Na+ dans les espaces intercellulaires pour neutraliser les ions H+ qui y pénètrent. Les ions CO3H-qui diffusent depuis le chorion participent également à la neutralisation des ions H+ dans les espaces intercellulaires.

Édit. 2017

Barts (hémoglobine de) l.f.

Barts’ haemoglobin

Hémoglobine, présente chez le fœtus, dans la thalassémie majeure, formée de quatre chaînes γ, au lieu de deux chaînes α et deux chaînes γ chez le fœtus normal, ou deux chaînes α et deux chaînes β chez le nouveau-né normal.
Elle est reconnue par électrophorèse de l'hémoglobine après ponction de sang fœtal au cordon. Mais le diagnostic se fait maintenant par identification par biologie moléculaire des gènes de l’hémoglobine sur les cellules obtenues par biopsie du trophoblaste ou les cellules du liquide amniotique recueilli par amniocentèse.

Étym. Hémoglobine découverte au St. Bartholomew's Hospital de Londres, aussi appelé St. Barts.

Édit. 2017

BFU-E sigle angl. pour Burst-Forming Unit-Erythroid

Progéniteur immature de la lignée érythroïde déjà engagée dans la différenciation érythroïde.
Morphologiquement, la BFU-E ressemble à un blaste immature, avec un cytoplasme modérément basophile, émettant quelques pseudopodes, un noyau à chromatine fine et de gros nucléoles. En microscopie électronique, le cytoplasme est abondant et rempli de ribosomes.
Sous l'effet conjugué de plusieurs facteurs de croissance (érythropoïétine, IL3, GM-CSF et SCF, (stem-cell factor), la BFU-E donne en culture in vitro en milieu semi-solide en 14 à 16 jours chez l'homme des amas de colonies érythroïdes plus ou moins confluentes contenant de 500 à 5 000 érythroblastes hémoglobinisés. Ces cultures permettent de compter le nombre de BFU-E, sachant que les colonies sont clonales et que chacune représente la progéniture d'une seule BFU-E. Les BFU-E existent dans la moelle osseuse, mais circulent aussi dans le sang. Leur concentration médullaire est de 1 à 50 pour 1.105 cellules nucléées, leur concentration sanguine est de 0,02 à 0,05% des cellules mononucléées de faible densité. Les BFU-E sont les progéniteurs des CFU-E. En fait, les BFU-E constituent un compartiment de progéniteurs dont les plus immatures ont un potentiel très élevé de prolifération, une situation dormante peu cyclante et une dépendance absolue à l'IL3 et non à l'érythropoïétine, alors que les BFU-E les plus matures ont une faible capacité proliférative, mais un fort pouvoir cyclant indépendant de l'IL3, mais très dépendant de l'érythropoïétine. Les BFU-E expriment les marqueurs CD34, HLA-DR, CD33 et C-kit, mais pas les marqueurs érythroïdes des précurseurs érythroïdes plus matures.

Édit. 2017

biopsie liquide l.f.

liquid biopsy

Prélèvement et analyse d’un échantillon de plasma portant sur l’ADN circulant sans cellule, appelé cell-free DNA (cf DNA) afin de détecter des mutations somatiques traduisant la présence d’un cancer ou chez la femme enceinte l’existence de mutations dans l’ADN fœtal.
Chez les personnes saines, le cf DNA non tumoral est trouvé dans le plasma à taux faible (10 à 15 ng/ml).
Chez les patients atteints d’un cancer, le
cf DNA est libéré des cellules tumorales est appelé ct DNA pour DNA circulant tumoral ; il constitue seulement une partie du cf DNA. La fraction du ct DNA parmi le cf DNA chez les patients ayant un cancer varie beaucoup, de 0,1 à plus de 90 %. L’analyse d’autres fluides biologiques que le sang est également possible (liquide cérébrospinal, salive, fluide pleural, péritonéal, selles et urines). Les applications en cancérologie sont prometteuses. L’analyse du cf DNA du plasma, pratique mini invasive, évite les risques et complications potentielles des biopsies tumorales. La présence de mutations somatiques dans l’ADN circulant est un test hautement spécifique de la présence d’un cancer. Déterminer le profil moléculaire pour la sélection du traitement est devenu essentiel. La concordance entre les résultats des biopsies standard et des biopsies liquides doit être bonne. Les biopsies liquides ont l’avantage de pouvoir être répétées, soit lorsque le matériel obtenu par les biopsies standard n’est pas suffisant, soit pour adapter le traitement lorsqu’après une ou plusieurs lignes de chimiothérapie, une résistance acquise survient. Le plus souvent, les résistances acquises proviennent de clones, qui préexistaient et qui émergent du fait de la pression de sélection du traitement. Ces clones résistants peuvent coexister dans la même lésion ou dans des sites métastatiques distincts. La biopsie standard, contrairement à la biopsie liquide, sous-estime de façon majeure cette hétérogénéité. La recherche de ct DNA est utile pour évaluer la réponse thérapeutique au traitement. En effet, la demi-vie du cf DNA est très courte, approximativement une heure ; la persistance de mutations tumorales dans le cf DNA en post opératoire doit faire craindre une maladie résiduelle, qui peut ultérieurement conduire à une rechute tumorale. Une augmentation des taux de ct DNA peut précéder la progression de l’imagerie de plusieurs semaines ou mois. Par rapport aux marqueurs tumoraux antigène carcinoembryonnaire, antigène CA 125, par exemple, dont la demi-vie est longue et la spécificité et la sensibilité médiocres, le suivi des altérations des clones tumoraux est supérieur. La rareté des cellules portant un ADN muté dans des cancers débutants rend cette recherche peu utilisable dans le dépistage. En outre, elle ne permet pas l’identification de l’organe atteint.
Dans le cas du diagnostic prénatal, la technique permet de détecter la présence chez le fœtus d’une mutation connue dans la famille et de posséder ainsi les éléments d’un conseil génétique aux parents.

ADN, diagnostic génétique, diagnostic génétique préconceptionnel, diagnostic génétique prénatal, CA 125

[A4, F2, Q1]

Édit. 2019

Bishop et Corson (formule de) l.f.

Bishop-Corson’s formula

Méthode d'appréciation du poids et de l'âge du fœtus après la 36ème semaine de grossesse.
Elle est fondée sur le nombre N de cellules orangées comptées sur 500 cellules retrouvées dans un prélèvement de liquide amniotique.

E. H. Bishop et S. Corson, gynécologues américains (1968)

cellule orangée

Édit. 2017

bleu trypan l.m.

trypan blue

Colorant utilisé en histocytologie pour tester la viabilité des cellules, car les cellules dont la perméabilité membranaire est normale ne prennent pas la coloration bleue de ce colorant.

Édit. 2017

bourgeons des membres l.m.

gemmae membrorum (TE)
limb buds
Les bourgeons des membres apparaissent à la fin de la 4ème semaine du développement de l’embryon.
Ils sont constitués d’un axe mésenchymateux qui dérive de la somatopleure et formera l’os et les parties molles du membre. Cet axe est recouvert d’un feuillet ectoblastique de cellules cuboïdes. L’extrémité du bourgeon s’épaissit pour former la crête ectoblastique apicale qui exerce une action inductive sur le mésenchyme sous-jacent. Le mésenchyme au contact de la crête reste indifférencié et prolifère tandis que les cellules proximales se différencient en cartilage et en muscle. Le développement du membre se poursuit de l’extrémité proximale à l’extrémité distale. A la 6ème semaine l’extrémité du bourgeon s’aplatit pour former les palettes des mains et des pieds séparées du segment proximal par un sillon. Un 2ème sillon va ensuite diviser cette palette proximale en deux segments.
Les malformations des membres sont extrêmement variées : amélie, méromélie, phocomélie, micromélie, polydactylie, ectrodactylie, syndactylie, pince de homard, pied bot varus équin, agénésie radiale, luxation congénitale de hanche.

amélie, méromélie, phocomélie, micromélie, polydactylie, ectrodactylie, syndactylie, pince de homard, pied bot varus équin, agénésie radiale, luxation congénitale de hanche

[A4,O6]

Édit. 2017

Bourneville (sclérose tubéreuse de) l.f.

Bourneville disease, Bourneville tuberous sclerosis

Maladie neurocutanée caractérisée par des hamartomes multisystémiques associés à des manifestations neuropsychiatriques.
D’une prévalence estimée entre 1/25 000 et 1/11 300 en Europe, apparaissant à différents âges, les hamartomes affectent le plus souvent la peau, le cerveau, les reins, les poumons et le coeur.
L'atteinte cutanée inclut des macules hypomélanotiques (en forme de feuille de frêne) se manifestant au cours des premières années de vie, des angiofibromes identifiables dès l'âge de 3-4 ans comme des lésions érythémateuses et papulonodulaires, des fibromes unguéaux, des plaques fibreuses céphaliques et lombaires en « peau de chagrin », et des lésions cutanées en « confetti » apparaissant depuis l'enfance jusqu'au début de l'adolescence.
Une atteinte cérébrale est présente dans presque tous les cas, se manifestant par différentes lésions neuropathologiques, telles que des tubers corticaux/sous-corticaux, des lignes de migration radiaires, des nodules sous-épendymaires et un astrocytome sous-épendymaire à cellules géantes. Ce dernier peut causer une hydrocéphalie (avec un risque de croissance plus élevé au cours des trois premières décennies). 85% des patients présentent une épilepsie d'apparition précoce (spasmes infantiles et/ou convulsions focales). Des manifestations neuropsychiatriques (déficience intellectuelle, trouble du déficit de l'attention avec ou sans hyperactivité, spectre autistique, une automutilation, une anxiété et des troubles obsessionnels compulsifs ont également été rapportés.
Des angiomyolipomes rénaux se développent au cours de l'enfance et présentent un risque de croissance plus élevé pendant l'adolescence et l'âge adulte. Ils se manifestent par une masse abdominale, une douleur, une hématurie, une hémorragie rétropéritonéale, une hypertension et une insuffisance rénale.
Une lymphangioléiomyomatose, une hyperplasie pneumocytaire multifocale micronodulaire (MMPH) et des kystes pulmonaires se manifestent à l'âge adulte par une dyspnée, un pneumothorax ou un chylothorax.
Des rhabdomyomes cardiaques  apparaissent au cours de la période foetale et peuvent devenir symptomatiques (obstruction de la voie d'éjection ou interférence avec la fonction valvulaire) après la petite enfance.
Les manifestations additionnelles incluent des puits de l'émail dentaire, des fibromes intraoraux et des dysplasies squelettiques.
Lors du passage à l'âge adulte, les convulsions peuvent persister, les atteintes rénales et/ou pulmonaires peuvent devenir plus importantes et induire des risques de morbidité significative et de mortalité occasionnelle, et les troubles psychologiques et comportementaux peuvent apparaître, persister ou devenir plus significatifs.
La maladie est due à des mutations des gènes TSC1 (9q34) et TSC2 (16p13.3) qui codent pour des protéines inhibant indirectement mTOR. Lorsqu'il est exprimé en excès, mTOR est responsable d'une activité glutamate disproportionnée, conduisant à l'interruption de la plasticité synaptique. L'expressivité est variable. Elle est due à une mosaïque et à des modulateurs génétiques/épigénétiques.
Le diagnostic est basé sur la présence de critères majeurs (dysplasies corticales, nodules sous-épendymaires, astrocytome sous-épendymaire à cellules géantes, macules hypomélanotiques (≥ 3, diamètre ≥ 5 mm), peau de chagrin, angiofibromes (≥ 3) ou plaque fibreuse céphalique, hamartomes rétiniens multiples, fibromes unguéaux (≥ 2), RC, LAM, AML (≥ 2)) et de critères mineurs (puits de l'émail dentaire (≥ 3), fibromes intraoraux, lésions cutanées en « confetti », hamartomes extra-rénaux, kystes rénaux multiples, taches achromatiques rétiniennes). Le diagnostic est certain en présence d'au moins deux critères majeurs, ou d'un critère majeur et d'au moins deux critères mineurs. 
Le diagnostic différentiel inclut le vitiligo, l'hypomélanose d'Ito, le myxome cardiaque, les tumeurs cérébrales isolées, l'emphysème pulmonaire, l'acné et des éruptions cutanées.
Le rhabdomyomes cardiaques, les tubers corticaux et/ou les lésions sous-épendymaires peuvent être détectés par imagerie par résonance magnétique (IRM) foetale.
Un dépistage génétique prénatal peut être réalisé chez les familles possédant une mutation connue. La transmission de l’affection est autosomique dominante et un conseil génétique est recommandé. Deux tiers des individus affectés développent la maladie suite à une variation pathogénique
de novo.
Lors du passage à l'âge adulte, les convulsions peuvent persister, les atteintes rénales et/ou pulmonaires (et en particulier, un pneumothorax spontané récidivant) peuvent devenir plus importantes et induire des risques de morbidité significative et de mortalité occasionnelle, et les troubles psychologiques et comportementaux peuvent apparaître, persister ou devenir plus significatifs.

D. Bourneville et É. Brissaud, membre de l'Académie de médecine, neurologues français (1881) Céline Brasseur, médecin radiologue belge (2019)

Étym. les tubers sont à l'origine du nom de la maladie de Bourneville

Réf. Orphanet (2015)

hamartome, macule, angiofibrome, fibrome unguéal, tuber cortical, astrocytome, hydrocéphalie, autisme, personnalité obsessionnelle-compulsive, angiomyolipome rénal, lymphangio-léiomyomatose pulmonaire, pneumothorax, chylothorax, rhabdomyome cardiaque

[G3, H1, H3, J1, K1, K2, M1, O1, P2, P3]

Édit. 2019

Broders (classification de) l.f.

Broders grading

Classification histologique qui répartit les cancers spinocellulaires en 4 types de gravité croissante selon leur degré d'infiltration en profondeur et selon la proportion plus ou moins élevée de cellules bien différenciées qui les constituent.
Le type IV correspond aux formes très anaplasiques, c'est-à-dire comportant moins de 25% de cellules différenciées, et infiltrantes : son pronostic est le plus mauvais. 

A. C. Broders, anatomopathologiste américain (1932)

Broders (degré de), cancers spinocellulaires

[F3, J1]

Édit. 2020

Brosens (méthode) l.f.

Brosens’ test

1) Méthode de coloration par le bleu de Nil des cellules cutanées fœtales contenues dans le liquide amniotique, utilisable après 30 semaines d'aménorrhée, qui permet le diagnostic de rupture prématurée des membranes.
2) Méthode d'appréciation de la maturité fœtale combinant l'étude du pourcentage des cellules du liquide amniotique colorées en orange par le bleu de Nil et la mise en évidence des contours du fœtus recouvert de vernix caseosa par injection intra- amniotique de substance radio-opaque liposoluble.
Après la 38ème semaine d'aménorrhée, les membres et l'abdomen sont peu visibles ; après la 40ème semaine, seuls les contours du dos et de la tête sont visibles.

H. Gordon, gynécologue britannique et I. Brosens, gynécologue belge (1967)

rupture prématurée des membranes, maturité fœtale

Édit. 2017

brûlés (premiers soins aux) l.m.p.

burn patients first cares

Soins primordiaux et essentiels de prise en charge des brûlés qui doivent tenir compte de la spécificité des lésions pour assurer la qualité des résultats ultérieurs.
Une brûlure est provoquée par l'action d'un agent nocif (chaleur, radiations, courant électrique ou produit chimique) qui ne cesse pas immédiatement après suppression de la cause : pendant un temps encore assez long la brûlure se propage aux tissus voisins de sorte que le volume lésé est plus grand que celui sur lequel a porté l'action initiale.
Pour limiter l'extension d'une brûlure superficielle, on doit laver immédiatement à l'eau froide la brûlure (peau, muqueuse, œil) pendant une quinzaine de minutes, au moins, pour éliminer la chaleur restante ou le caustique. L'entourage doit agir avant l'arrivée des secours (les conseils téléphoniques sont très utiles ainsi que l'éducation de la population pour éviter des erreurs traditionnelles).
Indépendamment d'une carbonisation éventuelle des tissus, la brûlure produit immédiatement un œdème par gonflement des cellules lésées. Elles éclatent ensuite en libérant des enzymes lysosomiques toxiques. Le gonflement des cellules se fait à partir du liquide extracellulaire, ce qui entraîne rapidement une fuite considérable de plasma hors des capillaires. Pour compenser cette fuite, il faut perfuser le plus vite possible des solutions alcalines (si possible des solutions de substituts du plasma et de bicarbonate). Cela permet d'éviter le collapsus vasculaire et protège les reins en maintenant une bonne diurèse (mettre une sonde vésicale pour mesurer la diurèse horaire).

Étym. francique brojan : échauder, avec influence du lat. ustulo : brûler

brûlure électrique, brûlure

Édit. 2017

bulbes d'oignon l.m.p.

onion bulbs

Prolifération concentrique de fragments cytoplasmiques de cellules de Schwann ou de simples fragments de membrane basale (surtout chez l'enfant) autour des fibres nerveuses.
Au niveau du nerf périphérique, lorsque les phénomènes de démyélinisation-remyélinisation se succèdent de façon chronique ou même rechutent après des phases d'interruption de durée variable, apparaît un phénomène classiquement décrit sous le nom de prolifération en bulbes d'oignon. Ce mécanisme est susceptible d'expliquer une hypertrophie nerveuse palpable cliniquement. Pendant longtemps, on a pensé que cette hypertrophie, le plus souvent constatée au cours des neuropathies héréditaires, résultait d'une accumulation anormale du tissu conjonctif. Grâce au microscope électronique, Grüner a établi qu'il s'agissait en réalité d'une prolifération anormale des cellules de Schwann.

B. V. Taylor, neurologue australien, G. Gruener, neurologue américain (2004)

Étym. lat. bulbus : bulbe

Édit. 2017

Burkitt (lymphome de) l.m.

Burkitt's lymphoma

Lymphome malin décrit en Afrique intertropicale (et initialement en Ouganda) dans des foyers proches des grands lacs sous forme d'une tumeur des maxillaires chez des enfants infectés, à la fois, par Plasmodium falciparum et par un Lymphocryptovirus (virus d'Epstein-Barr ou EBV), de la famille des Herpesviridae.
Ce type de lymphome s’observe également dans les zones tempérées, essentiellement chez l’enfant et l’adulte jeune, sous forme d’atteintes intestinales, gonadiques ou ganglionnaires. Enfin, il peut se développer chez des sujets immunodéprimés, comme p. ex. au cours de l’infection par le VIH (virus de l’immunodéficience humaine). Les cellules lymphoïdes de type B particulièrement similaires les unes aux autres, s'organisent en couches de cellules ayant de très forts taux de prolifération et d'apoptose. Ces lymphocytes ont un noyau de forme ronde ou ovale, aux contours réguliers, la chromatine, localisée dans la partie centrale du noyau, se trouvant réticulée avec plusieurs nucléoles de taille ordinaire. Le tissu lymphocytaire est mêlé à une population macrophagique renfermant des débris nucléaires et entourée d’un espace clair, ce qui donne à la préparation un aspect dit « en ciel étoilé ». Le lymphome de Burkitt est généralement associé à une translocation du gène c-myc (le gène MYC fut d'ailleurs découvert pour la première fois chez des patients atteints du lymphome de Burkitt). Cette translocation est souvent provoquée par l'oncogène viral EBV.Emplacements les plus courants dans le génome : t(8;14)(q24;q32) chromosome 8, région q24 vers chromosome 14, région q32. Variantes : du chromosome 8 vers les chromosomes 2 ou 22 t(8;2)(q24;p12); t(8;22)(q24;q11).L’intégration du virus Epstein-Barr est démontrée dans pratiquement tous les cas africains, dans 60% des cas des régions tempérées et 40% des cas survenant chez des sujets immunodéprimés. Ces observations ont eu une importance majeure pour la compréhension de l'oncogénèse. C'est un lymphome malin d'évolution rapide, spontanément très grave, mais sensible à la chimiothérapie. Il s'agit de la tumeur à la croissance la plus rapide avec un temps de doublement cellulaire entre un et deux jours. Une évolution terminale en leucémie lymphoblastique aigüe est fréquente chez l’enfant africain.

D. Burkitt, chirurgien britannique d’Irlande du Nord, membre de l’Académie des sciences (1958)

lymphome malin, proto-oncogène, Epstein-Barr (virus), Plasmodium falciparum, VIH, Herpesviridae, Lymphocryptovirus

Édit. 2017

cachectine n.f.

cachectin

Protéine sécrétée par les macrophages stimulés, capable de participer à la destruction de cellules tumorales.
La cachectine induit dans les cellules endothéliales une activité procoagulante, la synthèse de protéines de surface à propriétés adhésives et inhibe la multiplication cellulaire. Elle active une sphingomyélinase qui libère un céramide, inhibiteur de la croissance cellulaire. La teneur du plasma sanguin en cachectine s'élève dans la malaria et les leishmanioses. La cachectine s’élève également dans le choc septique. L’injection d’anti TNF prévient le choc expérimental secondaire à l’injection d’endotoxine.

B. Beutler et A. Cerami, biochimistes américains (1985)

Étym. gr. kakos : mauvais

Syn. TNFα (tumor necrosis factor α)

sphingomyélinase, céramide, paludisme, leishmaniose

[C1]

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