Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

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pneumothorax n.m.

pneumothorax

Épanchement d'air entre les deux feuillets de la plèvre qui peut être spontané ou provoqué par un processus morbide, un traumatisme ou par l'insufflation thérapeutique d'un gaz.
Sur le cliché thoracique, le pneumothorax réalise une hyperclarté avasculaire, limitée en dehors par le gril costal et en dedans par le poumon souligné par un fin liseré dense répondant au feuillet viscéral de la plèvre. Dans la détection des formes difficiles, la sensibilité de la scanographie est plus élevée que celle de la radiographie standard.
L'épanchement peut intéresser les deux plèvres.

Le pneumothorax spontané, dit «idiopathique», est de beaucoup le plus fréquent. Il est dû à la rupture de petites bulles d'emphysème souspleurales qui prédominent à l'apex des poumons. Cette affection est, en règle, bénigne, mais la plupart des auteurs conseillent l'évacuation de l'air par un drain ou un cathéter, voire par simple exsufflation à l'aiguille. La récidive (30% des cas) dans les cinq années qui suivent, du même côté ou du côté opposé, justifie alors la chirurgie vidéo-assistée.
Le pneumothorax «à soupape» provoque un syndrome de compression médiastinale avec insuffisance ventilatoire aigüe causée par l'accumulation de l'air entrant à chaque inspiration dans la plèvre : du fait d'un mécanisme de clapet, cet air ne peut sortir à l'expiration suivante. L'évacuation en urgence s'impose.
L'hémopneumothorax associe les signes d'insuffisance respiratoire à ceux d'hémorragie interne, il est dû à la rupture intrapleurale d'une bride très vascularisée. Le traitement est chirurgical en urgence.
Il y a d'autres formes de pneumothorax spontané notamment dans les bronchopneumopathies chroniques obstructives, les emphysèmes pulmonaires avec ou sans bronchite et la tuberculose pulmonaire active.
Au cours d'un syndrome d'immunodépression acquise compliqué d'une pneumopathie à Pneumocystis carinii traitée par la pentamidine en aérosols, le pneumothorax est dû à la rupture de pneumatocèles et de gros kystes aériens souspleuraux.
Plus rarement le pneumothorax est dû à une pneumopathie granulomateuse ou interstitielle, florissante ou non, à une maladie de Marfan, à une lymphoangiomatose ou à une connectivite.

Le pneumothorax thérapeutique n'a plus qu'un intérêt historique, il était pratiqué naguère pour la collapsothérapie de la tuberulose pulmonaire.
Un pneumothorax résiduel, souvent induit, fait suite à une intervention cardiothoracique ou ORL basse. Il se résorbe en quelques jours. La chirurgie vidéoassistée du thorax nécessite la création d'un pneumothorax provisoire, par insufflation de CO2 qui se résorbe en général rapidement.
Un pneumothorax iatrogène peut se voir après une ponction pleurale, un cathétérisme de la veine sousclavière et surtout au cours de la ventilation mécanique par trachéotomie, intubation nasale ou orale (barotraumatisme), lorsque l'importance des résistances bronchiques ou le caractère réfractaire de l'hypoxémie justifient une pression positive permanente. Devenu plus rare avec l'emploi de l'hypercapnie contrôlée, ce type de pneumothorax est souvent d'un pronostic très mauvais, tant par lui-même que par le contexte étiologique.

J. M. Itard, médecin français, membre de l'Académie de médecine (1803)

Étym. gr. pneuma : souffle, air ; thôrax : poitrine

emphysème pulmonaire, pneumothorax spontané, pneumothorax bridé, pneumothorax thérapeutique, pneumothorax traumatique, pneumothorax suffocant,  hémopneumothorax, bride, bronchopneumopathie chronique obstructive, tuberculose pulmonaire commune, syndrome d\'immunodépression acquise, Pneumocystis carinii, maladie de Marfan, lymphangiome, connectivite, barotraumatisme, collapsothérapie, hypercapnie contrôlée

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Édit. 2018