Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

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choc septique l.m.

septic shock

Syndrome caractérisé par une hyperthermie, une tachycardie, une leucopénie inférieure à 4000/mL ou une leucocytose supérieure à 12 000/mL et une baisse de la pression artérielle systolique au-dessous de 90 mm de mercure non corrigée par une perfusion de soluté.
Ce choc peut évoluer vers une défaillance multiviscérale avec augmentation de l’acide lactique dans le sérum, insuffisance rénale aiguë, insuffisance cardiaque à débit élevé avec augmentation du résidu post-systolique parfois insuffisance surrénalienne. Dans le modèle le mieux étudié, ce syndrome est déclenché par l’action des endotoxines des bactéries gram négatif. Des syndromes analogues peuvent être observés lors des infections à bactéries gram-positif (par ex. par les peptidoglycanes des staphylocoques dorés). Des syndromes de même mécanisme peuvent être provoqués par des infections fongiques, virales ou parasitaires ou bien en l’absence d’infection dans le cadre du choc traumatique ou des syndromes de choc consécutif aux brulures ou aux pancréatites aiguës hémorragiques. Le syndrome de défaillance respiratoire aiguë (ARDS : acute respiratory distress syndrome) met en jeu les mêmes mécanismes mais il est caractérisé par une symptomatologie à prédominance pulmonaire avec passage de plasma dans les alvéoles. L’ensemble de ces syndromes est désigné actuellement sous le nom de syndromes inflammatoires aigus systémiques (systemic acute inflammatory syndroms).
Les mécanismes sont multiples. Ils font intervenir plus particulièrement la libération massive de cytokines de l’inflammation TNFα et IL-1, puis de chimiokines provoquant l’adhérence des leucocytes et des plaquettes à l’endothélium, l’activation des cellules endothéliales avec expression de facteur tissulaire et coagulation locale. Les autres systèmes mis en jeu sont le système des kinines et l’activation du complément. Les traitements symptomatiques comprennent l’administration de corticostéroïdes à fortes doses, d’agonistes ß adrénergiques et de dopamine. Les anticorps anti-TNF et les récepteurs solubles de TNF sont en cours d’évaluation. Les anticorps monoclonaux dirigés contre les lipopolysaccharides ont donné des résultats décevants, de même que l’antagoniste du récepteur de l’IL-1, IL-1RA. La mortalité des syndromes inflammatoires aigus systémiques demeure particulièrement élevée.

syndrome inflammatoire aigu systémique

[D1,G1]

coma hépatique l.m.

Hepatic coma

Trouble de la vigilance dû à une atteinte hépatique ou des anastomoses portocaves.
La pathogénie de cette encéphalopathie métabolique n'est pas élucidée, même si l’hyperammoniémie est impliquée. L'atteinte anatomique et fonctionnelle du système nerveux central est réversible.

encéphalopathie hépatique

[H1,L1]

encéphalopathie hépatique l.f.

portal systemic encephalopathy

Ensemble des manifestations neuropsychiques ayant pour seules causes l'insuffisance hépatique et/ou l'hypertension portale, liées à un dysfonctionnement cérébral potentiellement réversible.
On distingue habituellement quatre stades cliniques. Le stade 1 est caractérisé par des anomalies des tests psychométriques, des troubles du sommeil, du comportement ou de l'humeur ; un astérixis peut être présent, comme au stade 2 où il est associé à une confusion mentale ; l'existence d'un coma réactif définit le stade 3, un coma profond aréactif le stade 4. Un foetor hepaticus est souvent associé. L'électroencéphalogramme montre un ralentissement du rythme électrique cérébral, avec parfois des ondes triphasiques caractéristiques. Une hyperammoniémie est constante.
En cas d'hépatite aigüe, la survenue d'une encéphalopathie définit l'hépatite grave ou fulminante et fait donc discuter l'indication d'une transplantation hépatique en urgence.
En cas de cirrhose, elle indique un pronostic sévère qui dépend de la cause et de l'existence éventuelle d'un facteur déclenchant curable. La répétition d'épisodes d'encéphalopathie aigüe peut s'associer à des lésions neurologiques irréversibles analogues à celles observées dans la maladie de Wilson et dans la myélopathie portocave.
La physiopathologie de l'encéphalopathie hépatique est obscure, l'hyperammoniémie étant probablement un facteur nécessaire mais non suffisant. Le traitement symptomatique de référence comporte celui d'un éventuel facteur déclenchant, l'évacuation du sang hors du tube digestif, la réduction des apports protéiques oraux, et l'administration de lactulose et/ou d'antibiotiques.

insuffisance hépatique aigüe, hypertension portale, astérixis, foetor hepaticus, hyperammoniémie, hépatite fulminante, cirrhose, maladie de Wilson,
myélopathie portocave

[H1, L1]

Édit. 2019

coma n.m.

coma

État défini par l'absence d'ouverture des yeux, spontanée ou provoquée, l'absence d'émission verbale cohérente et de réponse aux ordres, traduisant la perte de la conscience et de la vigilance, les fonctions végétatives (respiration, circulation) étant normales ou altérées.
La réponse aux différentes sollicitations (réflexes photopalpébral, cornéen, photomoteur, oculocéphalique, tendineux, stimulations nociceptives) est appropriée ou non (réaction de décortication en flexion, de décérébration en extension). La profondeur du coma est classée en obnubilation, coma et coma profond. Cet état traduit une souffrance de l'encéphale, soit primitive (d'origine vasculaire, traumatique, infectieuse, tumorale), soit secondaire (hypoxique, métabolique, toxique). Le pronostic dépend de la cause.

Étym. gr. kôma : sommeil profond

échelle de profondeur des comas, œdème cérébral, position latérale de sécurité

[H1]

coma carus pléonasme grec, à éviter

Étym. gr. koma : sommeil profond ; karos : sommeil profond, engourdissement

coma

[H1]

coma dépassé l.m.

mort cérébrale

[H1]

coma éclamptique l.m.

eclamptic coma

Perte de la conscience et de la vigilance propre à la dernière phase de la crise d'éclampsie.
Sa profondeur et sa durée sont conditionnées par l'intensité et la répétition des crises : une simple obnubilation de quelques minutes ou une abolition prolongée de la sensibilité, de la motricité et des réflexes pendant laquelle de nouvelles crises peuvent survenir, caractérisant alors l'état de « mal » éclamptique.

Étym. gr. eclampto : éclater

Syn. coma postcritique

[H1,O3]

coma hystérique l.m.

hysterical coma

Pseudocoma pouvant durer plusieurs heures, voire plusieurs jours, caricature comportementale du sommeil alors que le tracé électro-encéphalographique est normal Absence d'anomalies pupillaires, mais résistance à l'ouverture des paupières et syncinésies oculomotrices, souvent associées à une hypotonie musculaire, des contractures ou des mouvements anormaux.
Ce tableau fait partie des symptômes de conversion hystérique sans atteinte organique sous-jacente. Souvent spectaculaire, dramatisé, il peut être sensible à la suggestion.
C'est un mécanisme de défense de nature névrotique, avec refoulement d'une représentation mentale angoissante.
Le traitement est psychothérapique.

Syn. léthargie hystérique, sommeil cataleptique

aréactivité psychogène, catalepsie, hystérique (névrose), léthargie

[H1,H3]

coma vigile l.m.

vigile coma

Locution imprécise utilisée pour désigner un coma léger.
Cette locution est déconseillée.
L'expression associant les mots «coma» (sommeil) et «vigil» (éveil), autrement dit «dormeur éveillé», conviendrait plutôt au somnambulisme, notamment au vigilambulisme ou état d'automatisme comitial ambulatoire de Charcot, qui se voit après la crise d'épilepsie ou est équivalent au petit mal épileptique.

J -M. Charcot, neurologue français, membre de l'Académie de médecine (1825-1893)

Étym. lat. vigilatus : éveillé

végétatif (état), vigilance

[H1]

échelle du coma de Glasgow n.f.

Glasgow's coma scale

Échelle d'évaluation clinique de l'état de conscience utilisée après un traumatisme cranio-encéphalique et au cours d’un coma, permettant d’apprécier rapidement l’état initial et d’en suivre l’évolution.
Une cotation est attribuée à la meilleure réponse obtenue dans l'étude de trois paramètres :
- "E", ouverture des yeux (4 : spontanée ; 3 : au bruit ; 2 : à la douleur ; 1, absente) ;
- "V", réponse verbale (5, orientée ; 4, confuse ; 3, inappropriée ; 2, incompréhensible ; 1, absente) ;
- "M", réponse motrice (6, obéit ; 5, flexion adapté ; 4, flexion orientée ; 3, flexion réflexe ; 2, extension réflexe ; 1, absente).

La somme de ces constations définit un score qui varie de 3 à 15 (E+V+M). Le pronostic est d’autant plus grave que le score est bas. 15 correspond à un état lucide, de 14 à 10 à une somnolence ou à un coma léger, de 9 à 7 à un coma de plus en plus profond, 3 à un coma probablement irréversible. Cette classification est simple dans son application. Les corrélations sont bonnes entre observateurs différents. Ce test rapide, utile pour une orientation en urgence, ne dispense pas d’un examen neurologique complet. Il comporte une variante adaptée à l’enfant de moins de 5 ans ; une autre a été complétée par l’étude des réflexes du tronc cérébral.

G. Teasdale et B. Jennett, neurochirurgiens britanniques (1974 et 1979)

Étym. Glasgow : ville d’Ecosse

Syn. Glasgow (score de)

échelle originelle de Glasgow complétée par les réflexes du tronc cérébral, échelle de Glasgow-Liège , échelle de Glasgow pédiatrique

[G1, H1]

Édit. 2019

coma myxœdémateux l.m.

myxoedema coma

Expression superlative des carences en hormones thyroïdiennes, il complique des hypothyroïdies anciennes méconnues ou négligées, souvent à l’occasion d’un événement déclenchant ou d’une prise médicamenteuse, et demeure d’une extrême gravité.
Une exposition prolongée au froid, une infection, un traumatisme, une hyperhydratation, la prise de sédatifs… rendent compte de la décompensation de l’hypothyroïdie. Progressivement s’installent ralentissement moteur et de l’idéation, somnolence, hébétude, torpeur…. Au stade de coma, l’aspect du patient est caricatural : infiltré, peau froide, bradycardie, hypoventilation. La température corporelle est très basse (moins de 36°C, jusque 34°). On constate une hypoxémie, une hyponatrémie de dilution qui contribue à l’aggravation des troubles de la conscience. La baisse de la T4 circulante n’est pas nécessairement corrélée à la gravité du tableau clinique. Le décès survient dans plus de la moitié des cas du fait d’un collapsus, infarctus myocardique, arrêt cardiaque…
L’hospitalisation se fait dans un service de réanimation respiratoire et métabolique. La qualité de la prise en charge symptomatique (réchauffement lent et progressif, ventilation assistée, hydrocortisone par voie intraveineuse) importe plus que les modalités de l’hormonothérapie thyroïdienne (lévothyroxine intraveineuse ou par sonde de gavage, avec ou sans association à la triiodothyronine).

hypothyroïdie, myxœdème, hormones thyroïdiennes, hypothyroïdies, cortisol, thyroxine, triiodothyronine

[G1, O4]

Édit. 2018

coma hypopituitaire l.m.

coma in hypopituitarism

Résultat de la défaillance aigüe des différentes fonctions à dépendance antéhypophysaire, il constitue une urgence vitale dans laquelle la correction de la carence en glucocorticoïde constitue l’impératif le plus impérieux.
Il complique un hypopituitarisme ou insuffisance  antéhypophysaire connue (tumeur hypophysaire, craniopharyngiome, hypophysectomie…) ou en est le mode de révélation (nécrose pituitaire liée au syndrome de Sheehan, hypophysite du postpartum ou médicamenteuse, métastase…). L’arrêt des thérapeutiques, une intervention chirurgicale, un traumatisme peuvent en expliquer l’occurrence. Il se manifeste par des troubles digestifs, une extrême asthénie, précédant un collapsus cardiovasculaire, avec hypoglycémie, contractures. Biologiquement, existe une hyponatrémie avec parfois hyperkaliémie, éosinophilie, hypercalcémie. S’impose l’administration immédiate d’hémisuccinate d’hydrocortisone, relayée par voie intraveineuse ou intramusculaire et l’hospitalisation en milieu de réanimation métabolique et endocrinienne.

hypopituitarisme , insuffisance surrénale aigüe, syndrome de Sheehan, craniopharyngiome, hypophysite auto-immune du postpartum

[G1, O4]

Édit. 2018

arthrite septique l.f.

septic arthritis

Arthrite provoquée par un germe pathogène présent dans une articulation.
Les arthrites septiques peuvent être provoquées par des bactéries, des champignons (arthrites mycosiques), des virus ou des parasites.

Étym. gr. arthron : articulation, ite : inflammation

granulomatose septique chronique l.f.

chronic septic granulomatosis

Ensemble de maladies héréditaires à transmission récessive liée au sexe, ayant en commun une insuffisance d'activité bactéricide des polynucléaires neutrophiles qui ont un déficit en activité NADHP oxydase, c'est à dire en production d'anions superoxydes et de peroxydes d'hydrogène.
Cette insuffisance fonctionnelle peut être due à une anomalie moléculaire portant sur le cytochrome b 558 (sur la chaîne de 91kDa ou sur celle de 22kDa), sur p47 phox ou sur p67 phox dont les appellations résultent de leur masse moléculaire et du fait qu'ils sont présents dans les phagocytes et sont des composants de l'oxydase. Les malades porteurs d'une de ces anomalies ont des infections graves, récidivantes qui débutent très précocement dans la vie.
L'impossibilité de générer des radicaux libres est facilement décelée par l'absence d'émission chémoluminescente des leucocytes du sang lorsqu'on leur fait phagocyter des particules de latex p. ex. Il en résulte la formation, dans les tissus infectés, de lésions inflammatoires persistantes dans les ganglions, le foie, la rate, les poumons, la peau, sans formation de pus. Les symptômes apparaissent dans les premiers mois de la vie, sous forme d'épisodes d'infections bactériennes ou fongiques à répétition. Il n'existe pas de traitement spécifique des poussées d'infection en dehors de l'antibiothérapie.

H. Berendes, R. A. Bridges, R. A. Good, pédiatres et généticien américains (1957)

Syn. maladie de Bridges et Good, maladie de Bridges-Berendes-Good, granulomatose septique infantile

Bridges et Good (syndrome de), NADPH

granulomatose septique infantile l.f.

Syndrome infectieux grave du nouveau-né, provoqué par Listeria monocytogenes, associant

fièvre, pneumopathie, hépatosplénomégalie, conjonctivite et parfois méningite.

listériose

granulomatose septique progressive l.f.

progressive septic granulomatosis

H. Berendes, R. A.  Bridges, R. A. Good, pédiatres et généticien américains (1957)

Bridges et Good (syndrome de)

inflammation septique l.f.

septic inflammation

Inflammation secondaire à un germe pathogène : bactérie, virus, parasite, localisée (p. ex. appendicite aigüe) ou généralisée (sepsis).

Étym. lat. flamma : flamme

péricardite septique l.f.

septic pericarditis

Infection purulente de la cavité péricardique.
Elle s’observe surtout chez le nourrisson et l’enfant jeune, et sa fréquence a beaucoup diminué depuis l’avènement des antibiotiques. Le germe responsable est le plus souvent le staphylocoque, mais il peut être plus rarement le pneumocoque, le méningocoque ou un autre bacille. L’infarctus du péricarde peut survenir dans des conditions très diverses : infection pleuropulmonaire, septicémie, foyer infectieux de voisinage (abcès du foie, abcès sousphrénique, abcès péri-œsophagien), plaie pénétrante de poitrine, corps étrangers perforants de l’œsophage, foyers infectieux à distance bactérienne. Outre l’antibiothérapie, le traitement recourt le plus souvent à un drainage péricardique souvent préféré à la ponction péricardique.

phlébite septique (ou suppurée) l.f.

septic phlebitis, infectious vein thrombosis

Phlébite aigüe secondaire à un foyer infectieux bactérien de voisinage, se caractérisant par une inflammation aigüe ou une suppuration de la veine, à l’origine d’emboles septiques.

ramollissement purulent septique l.m.

septic puriform softening

Infection d’un thrombus, soit au contact d’un foyer septique, soit lors d’un état septicémique.

Syn. fonte purulente

septique adj.

septic

Se dit de tout ce qui est lié à une infection, contaminé par des germes pathogènes provenant p. ex. d’une plaie ou d’un instrument médical.

Étym. gr. sêptikos : qui engendre la putréfaction (de sêptein : pourrir)

aseptique, antiseptique, état septique, état septique non septicémique

thrombus septique l.m.

septic thrombus

Thrombus colonisé par des germes.

vibrion septique

septic vibrio

Clostridium septicum

état septique non septicémique l.m.

sepsis without septicaemia

Syndrome de réponse inflammatoire généralisée causé par certaines toxines ou certains médicaments tels ceux utilisés en chimiothérapie.
Ce syndrome se voit surtout dans les services de réanimation chez les patients victimes d'une agression traumatique ou chirurgicale.
sepsis, syndrome de réponse inflammatoire généralisée.

[D1,N1]

Édit. 2018  

état septique l.m.

sepsis

Etat inflammatoire accompagnant une infection cliniquement vraisemblable ou bactériologiquement prouvée.
L'état septique chez les patients hospitalisés est le plus souvent d'origine respiratoire, abdominale ou veineuse (infection d'un cathéter). Des stades sont maintenant universellement adoptés:
1) sepsis "simple" : association à une infection des signes inflammatoires (SIRS,systemic inflammatory reponse syndrome, SRIS, syndrome de réponse inflammatoire généralisée) ;
2) choc septique: association d'une infection et d'une hypotension sévère ;
3) syndrome de défaillance multiviscérale : association d'une infection et de défaillances organiques : rénale, circulatoire, neurologique.
Le pronostic est d'autant plus sévère que l'état septique progresse. La mortalité augmente de 20% à plus de 50 % du premier au dernier stade.

R. C. Bone, médecin interniste américain (1992)

état septique, septicémie, bactériémie, choc septique, défaillance multiviscérale, syndrome de réponse inflammatoire généralisée

[D1,N1]

Édit. 2018

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