bradyphémie n.f.
bradyphemia
Trouble acquis se manifestant par une lenteur excessive de la parole.
Elle peut être secondaire à une lésion ou à un dysfonctionnement des régions frontales ou des noyaux gris centraux, mais aussi s'observer dans les états confusionnels ou les dépressions mélancoliques. Elle accompagne le ralentissement idéatoire au cours des grandes hypothyroïdies.
Étym. gr. bradus : lent ; phêmi : parle
Édit. 2017
bradypsychie n.f.
bradypsychia
Ralentissement du fonctionnement cognitif se manifestant par une baisse globale des fonctions intellectuelles lorsque la durée de réalisation est limitée, contrastant théoriquement avec des résultats corrects, ou notablement améliorés, lorsque la tâche est exécutée sans limitation de temps.
Par extension, tout ralentissement intellectuel, même lorsque la fluctuation des performances avec le temps apparaît moins claire.
En neurologie, elle s'observe lors de toutes les affections retentissant sur le niveau global d'activité corticale, particulièrement lors des atteintes des noyaux gris centraux (comme la maladie de Parkinson ou la chorée de Huntington), ou au décours de certaines encéphalites laissant des lésions corticales étendues mais partielles. Les séquelles d'intoxication oxycarbonée ou de traumatismes cranio-encéphaliques sévères peuvent comporter des manifestations de cet ordre, de même que la viscosité psychique des épileptiques.
En psychiatrie, elle se rencontre tout particulièrement dans les états dépressifs sévères, notamment mélancoliques, et les confusions mentales.
Elle est présente dans les hypothyroïdies sévères.
Étym. gr. bradus : lent ; psukhê : âme
Édit. 2017
goitre n.m.
goiter
1) Augmentation de volume du corps thyroïde, en principe homogène, de nature inflammatoire, hyperplasique ou tumorale.
2) Dans un sens plus strict, augmentation de volume liée à une hypertrophie ou à une hyperplasie des vésicules thyroïdiennes, sous l'effet d'une stimulation exagérée de leur épithélium par l'hormone thyréotrope hypophysaire.
Un goitre «simple» est une hypertrophie du corps thyroïde, de nature bénigne, non inflammatoire, sans dysthyroïdie. : les cancers, thyroïdites, hyper- et hypothyroïdies sont donc exclus de cette définition ; mais ces affections s’accompagnent généralement de goitre et peuvent compliquer un goitre « simple ».
On oppose macroscopiquement les goitres diffus aux goitres nodulaires et, histologiquement, les goitres colloïdes aux goitres parenchymateux et aux goitres polymorphes ou adénomatoïdes. D'un point de vue anatomoclinique, on distingue les goitres endémiques (ou sporadiques, dit simples ou non toxiques), les goitres toxiques ou avec thyréotoxicose (goitre de la maladie de Basedow) et les goitres multinodulaires (toxiques ou non toxiques).
K. von Basedow, médecin allemand (1840)
Étym. lat. guttur : gorge
→ exploration fonctionnelle de la thyroïde, hyperthyroïdie, hypothyroïdie, scintigraphie thyroïdienne
hypercaroténémie n.f.
hypercarotenaemia
Augmentation de la teneur sanguine en carotène se traduisant par une coloration jaune orangé de la peau surtout palmaire et plantaire.
L’hypercarotinémie s’observe d’abord lors des régimes alimentaires riches en légumes (carottes). On l’oberve aussi au cours des grandes hypothyroïdies, ce qu’explique le défaut de conversion du carotène en vitamine A à laquelle contribuent les hormones thyroïdennes.
[R1]
kératose folliculaire spinulosique décalvante l.f. N.B. est en doublon dans le dictonnaire
keratosis follicularis spinulosa decalvans cum ophiasis
Épaississement de la peau du cou des extrémités (mains et pieds), perte des cils, des sourcils, de la barbe, épaississement des paupières, blépharite, ectropion, et dégénérescence cornéenne.
Les régions découvertes sont plus ou moins ou totalement glabres, la chute de la queue du sourcil constitue le signe de Hertoghe (également vu dans les hypothyroïdies). Les paupières sont épaissies avec déformation, la cornée est le siège d'une kératite ou d'un pannus vasculaire circulaire typique. Les femmes vectrices font des érosions cornéennes récidivantes. Le terme ophiasis, pour la tête totalement chauve, vient du grec "tête de serpent". Locus du gène (KFSD) en Xp22.2-p21.2. L'affection est récessive, liée au sexe (MIM 308800).
H. W. Siemens, dermatologiste allemand (1925), H. J. Lameris, chirugien néerlandais (1905)
Étym. gr. ophiasis : tête de serpent (pour la tête totalement chauve)
Syn. kératose folliculaire épineuse décalvante de Siemens, ichtyose folliculaire de Lameris
métabolisme de base l.m.
basal metabolism
Quantité d'énergie nécessaire pour assurer la vie dans les conditions basales, c'est-à-dire au repos, à l'équilibre thermique et hors d'une période digestive.
Cette quantité d'énergie est mesurée sur le sujet allongé depuis une demi heure dans une ambiance de 18° environ, à jeun depuis 12 heures.
Elle est généralement exprimée par la consommation d'oxygène en litres par minute dans les conditions basales et elle est rapportée à la surface corporelle en m2 (L/min/m2). La table ci-dessous donne les valeurs normales en fonction de l'âge (en années) et du sexe.
| âge | sexe masculi | sexeféminin |
| 6 ans | 0,208 env. | 0,202 env. |
| 9 ans | 0,118 env. | 0,117 env. |
| 10 ans | 0,184 | 0,173 |
| 11 ans | 0,180 | 0,170 |
| 12 ans | 0,173 | 0,163 |
| 13 ans | 0,166 | 0,156 |
| de 14 à 16 | 0,160 | 0,149 |
| de 16 à 18 | 0,149 | 0,140 |
| de 18 à 20 | 0,142 | 0,132 |
| de 20 à 40 | 0,137 | 0,128 |
| de 40 à 50 | 0,134 | 0,125 |
| de50 à 60 | 0,130 | 0,122 |
| de 60 à 70 | 0,128 | 0,118 |
| de 70 à 80 | 0,123 | 0,115 |
Étym. gr. metabolê : changement, de metaballein : transformer
Syn. métabolisme basal
myopathie endocrinienne l.f.
Myopathie trouvant son origine dans l'affection d'une glande endocrine majeure.
Peuvent p. par exemple donner des troubles de la contraction musculaire : les hyper ou hypothyroïdies, l'hyperparathyroïdie, le syndrome de Cushing, l'acromégalie, l'hypocorticisme, etc.
TSH sigle angl. f. pour Thyroid Stimulating Hormone.
Hormone hypophysaire thyréotrope
C'est une glycoprotéine de masse moléculaire 28 kDa, constituée de 2 chaines (α et β). Elle se fixe sur des récepteurs spécifiques au niveau des cellules cubiques de la glande thyroïde où elle stimule la formation et la sécrétion des hormones thyroïdiennes.
Le dosage de la TSH dans le plasma est le marqueur le plus sensible de dysfonctionnement thyroïdien. Il est recommandé en première intention chez tous les patients suspects de dysthyroïdie. Chez le sujet adulte normal, la concentration de TSH plasmatique est comprise entre 0,3 et 4,5 mUI/L. Elle augmente dans les hypothyroïdies et diminue dans les hyperthyroïdies
Syn. thyréostimuline
coma myxœdémateux l.m.
myxoedema coma
Expression superlative des carences en hormones thyroïdiennes, il complique des hypothyroïdies anciennes méconnues ou négligées, souvent à l’occasion d’un événement déclenchant ou d’une prise médicamenteuse, et demeure d’une extrême gravité.
Une exposition prolongée au froid, une infection, un traumatisme, une hyperhydratation, la prise de sédatifs… rendent compte de la décompensation de l’hypothyroïdie. Progressivement s’installent ralentissement moteur et de l’idéation, somnolence, hébétude, torpeur…. Au stade de coma, l’aspect du patient est caricatural : infiltré, peau froide, bradycardie, hypoventilation. La température corporelle est très basse (moins de 36°C, jusque 34°). On constate une hypoxémie, une hyponatrémie de dilution qui contribue à l’aggravation des troubles de la conscience. La baisse de la T4 circulante n’est pas nécessairement corrélée à la gravité du tableau clinique. Le décès survient dans plus de la moitié des cas du fait d’un collapsus, infarctus myocardique, arrêt cardiaque…
L’hospitalisation se fait dans un service de réanimation respiratoire et métabolique. La qualité de la prise en charge symptomatique (réchauffement lent et progressif, ventilation assistée, hydrocortisone par voie intraveineuse) importe plus que les modalités de l’hormonothérapie thyroïdienne (lévothyroxine intraveineuse ou par sonde de gavage, avec ou sans association à la triiodothyronine).
→ hypothyroïdie, myxœdème, hormones thyroïdiennes, hypothyroïdies, cortisol, thyroxine, triiodothyronine
[G1, O4]
Édit. 2018
Wolff-Chaikoff (effet) l.m.
Réduction de la production thyroïdienne en réponse à la majoration de l'apport iodé
Chez des animaux de laboratoire carencés en iode, l'apport iodé s'accompagne d'une augmentation proportionnelle de la production hormonale thyroïdienne jusqu'à une valeur maximale, au-delà de laquelle le niveau de sécrétion thyroïdienne se réduit. Cette réduction est transitoire, car un échappement à l'augmentation de l'apport iodé est observé après quelques semaines.
La réduction de la production thyroïdienne en réponse à la majoration de l'apport iodé est interprétée comme un blocage de l'organification de l'iode au sein des mono- et diiodotyrosines qu'explique l'inhibition de la thyroperoxydase, ou plus exactement des partenaires contribuant à son oxydation (ThOx ou DUOx) dont l'activité est bloquée en réponse à la surcharge iodée. L'échappement à l'effet Wolff-Chaikoff s'explique : d'une part par la réduction de la production des produits organifiés au sein de la thyroïde, d'autre part par l'éventuel accroissement de la TSH liée à la baisse de la production hormonale thyroïdienne. L'un et l'autre contribuent à nouveau à la majoration du captage intrathyroîdien de l'iode et sa disponibilité pour la synthèse hormonale.
L'effet Wolff-Chaikoff s'observe chez l4 Homme. Sa finalité est de préserver l'organisme d'une imprégnation hormonale excessive lorsque s'accroît la disponibilité en iode. L'absence d'échappement à l'effet Wolff-Chaikoff est responsable des hypothyroïdies prolongées iodo-induites qu'on constate particulièrement en cas d'apport massif et prolongé (par exemple sous amiodarone) et chez les sujets atteints de thyropathie auto-immune (que marque notamment la présence d'anticorps antithyroperoxydase).
J. Wolff et I.L. Chaikoff, physiologistes endocrinologues américains (1948)
→ antithyroïdiens naturels, iode, hypothyroïdie, anticorps antithyroperoxydase
[O4]
Édit. 2019
aménorrhée-galactorrhée (syndrome d') l.m;
amenorrhea-galactorrhea syndrome
Absence de règles associée à un écoulement au niveau du mamelon généralement spontané, bilatéral, chez une multipare.
Elle est en liaison principalement avec une hyperprolactinémie causée par un micro-adénome ou un macro-adénome de l'antéhypophyse ou d’une autre cause Certains médicaments comme l'alphaméthyldopa, la réserpine, le sulpiride ou les phénothiazines.
Plus rarement le syndrome aménorrhée-galactorrhée peut être en liaison avec les acromégalies évolutives, les hypothyroïdies de la femme jeune.]
Syn. syndrome de Chiari-Frommel, syndrome d’Argonz Del Castillo
→ prolactine, adénome à prolactine
[G5, O3, O4]
Édit. 2020