Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

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accélération n.f.

acceleration

Augmentation de la vitesse.
En mécanique, l'accélération est la dérivée de la vitesse par rapport au temps. Le mètre par seconde2 (m s-2) est l'unité internationale d'accélération, son sous-multiple le gal est cent fois plus petit. En pratique on se réfère à l'intensité de la pesanteur (G = 9,81 m s-2 dirigée vers le haut). L'accélération et la vitesse sont des grandeurs vectorielles orientées dans l'espace. Elles ne sont parallèles que dans un mouvement rectiligne, elles sont perpendiculaires dans un mouvement circulaire uniforme (force centrifuge).
La notion d'accélération a d'importantes applications en traumatologie, en réanimation et en médecine aéronautique et spatiale car les forces d'accélération, notamment au moment des chocs, peuvent engendrer des effets considérables. Une accélération gamma engendre une force F = m γ, proportionnelle à la masse m sur laquelle elle s'applique et de sens opposé du fait de l'inertie. Par ex. lors d'un choc, produisant une accélération de 20 G, le poids d'une masse devient vingt fois plus grand qu'au repos, ainsi tout organe «tire» dans un sens opposé à celui de l'accélération qu'il subit. Il en résulte des arrachements dans les tissus, causes d'hémorragies.
Les effets physiologiques les plus importants se produisent dans l'axe z (tête-pieds). Pour + 5 Gz il y a perte de connaissance. Si l'accélération est négative, la pression artérielle devient trop faible pour assurer la vascularisation du cerveau : pour - 3 Gz, perte de la vision, «voile noir», - 4 Gz, perte de connaissance. Pendant un choc, lors d'un accident de la circulation par ex., les pressions, qui sont proportionnelles à l'accélération, peuvent devenir considérables. Les effets vasculaires dus au déplacement de la masse sanguine sont maximaux dans l'axe z : la pression artérielle peut alors devenir dix fois plus grande que normalement, il en résulte des pétéchies, voire des hémorragies par rupture vasculaire dans certains territoires (notamment au niveau du cerveau pour une accélération prolongée dépassant 5 G environ). Les distances latérales étant moindres, les à-coups de pression lors d'un choc sont plus faibles et les effets sont moins importants dans ces directions.
Les os se fracturent quand l'accélération dépasse 20 G environ (par ex. fractures vertébrales). Les effets des fortes accélérations, surtout lors des éjections, expliquent les lésions de tachytraumatisme (pétéchies disséminées, hémorragies internes surtout cérébrales, arrachements d'organes, rupture de l'isthme de l'aorte).
La durée d'application de l'accélération est à prendre en compte : l'organisme supporte beaucoup mieux les accélérations de courte durée. En gros, la tolérance est inversement proportionnelle au carré du temps : un choc d'une durée dix fois moindre est cent fois mieux toléré. Ainsi lors d'un accident, une accélération de 100 G peut être supportée si elle n'agit que pendant quelques millisecondes.
La compression des membres inférieurs assure une certaine protection contre les accélérations dans l'axe Gz+ en réduisant les déplacements de la masse sanguine : c'est le principe du pantalon anti-G utilisé dans l'aviation, en anesthésie-réanimation et en premiers secours.
L'accélération négative ou décélération est la diminution de vitesse.

Étym. lat. acceleratio : action de se hâter, de faire vite

Ant. décélération

cinétose, G, impulsion, jolt, pantalon anti-G, poids, pression artérielle, tachytraumatisme

[B1,C2]

Édit. 2016

polytraumatisé n.m.

- les unes sont superficielles, parfois profondes, quelquefois minimes, et sont en rapport avec l'impact ;

- les autres sont internes, inapparentes, mais elles peuvent être cause d'hémorragies graves et de lésions viscérales.
Ce risque latent ou patent d'évolution fatale ne doit pas être méconnu.
Les lésions internes résultent de l'effet nocif des accélérations ou décélérations lors d'un choc, elles peuvent intéresser toutes les parties du corps.
Des syndromes voisins par écrasement ou par onde de choc (blast) comportent aussi des lésions internes inapparentes.
Il est difficile de faire un bilan anatomique complet de toutes les lésions (crâne, encéphale et moelle, face, thorax, abdomen, appareil locomoteur). Un examen clinique soigneux est nécessaire (conscience, respiration, circulation, douleur) pour détecter le début d'un collapsus, d'un état de choc et prévoir l'évolution possible vers une détresse vitale. Le blessé a toujours été victime d'un accident (notion de variation de vitesse et de choc brutal), il réagit vite à l'hémorragie et à l'attrition des tissus. Si l'on n'enraye pas rapidement la séquence des processus pathologiques, un syndrome d'insuffisance cardiocirculatoire avec hypoxie tissulaire évolue vers une défaillance multiviscérale. La connaissance des circonstances de l'accident apporte de précieuses informations (direction et importance des accélérations ou décélérations subies, nature de l'impact). qui orientent l'exploration topographique.
La médicalisation des secours par des équipes spécialisées en urgence préhospitalière, l'organisation des services d'accueil (SMUR) et des services de chirurgie (spécialisée en traumatologie si possible), ont permis une amélioration spectaculaire du pronostic vital et fonctionnel grâce à une prise en compte globale par une équipe efficace, connaissant la hiérarchie des gestes d'urgence.

M. Arnaud, neurochirurgien français, membre de l'Académie de médecine   (1961)

Étym. gr. polus : multiple ; trauma : blessure

accélération, défaillance multiviscérale, polyfracturé, tachytraumatisme

transport des patients en avion l.m.

Mode de transport qui présente un intérêt particulier pour les grandes distances

(> 200 km) car il est très rapide, très régulier (pratiquement pas d'accélérations nocives et très peu de secousses), offre en général une place très grande pour la surveillance et les soins de réanimation et il franchit sans difficulté mers et montagnes.
Mais il est plus dépendant des conditions météorologiques que le transport terrestre et ne peut se faire que d'un aérodrome à un autre, ce qui impose un relais par ambulance ou hélicoptère pour aller de l'hôpital à l'avion et inversement. Le transport par avion est donc peu justifié pour les courtes distances. En outre le patient est soumis à des variations d'altitude, qui interfèrent sur l'administration des soins (en croisière l'altitude cabine des avions de ligne est de 2 500 m).
Aspect technique : La première difficulté rencontrée est le brancardage à l'entrée et à l'intérieur de l'avion. Sauf les aéronefs de transport militaire, les avions civils ne sont en général pas aménagés pour ce mode de chargement : aussi est-il indispensable de reconnaitre le trajet à effectuer pour entrer et circuler dans l'avion avant d'y conduire le patient. Sa mise en place effectuée et la sangle bouclée, il reste à disposer et à fixer le matériel nécessaire à portée de la main de façon qu'il ne risque pas de se déplacer sous l'influence des inclinations de l'avion, des accélérations du décollage et de l'atterrissage ou d'une turbulence toujours possible.
Il y a peu de contrindication au transport aérien des patients en autonomie respiratoire, sauf pour les blessés de l'abdomen (risque de passage de matières fécales dans le péritoine lors de la montée, de même un malade porteur d'anus artificiel rencontre des difficultés à la montée, il doit éviter si possible l'avion) et pour les malades contagieux (virus des fièvres hémorragiques, etc.) qui risquent de contaminer les autres occupants de l'avion. Pourtant de nombreux patients voyagent seuls ou accompagnés par un proche dans un avion de ligne ou dans un autre moyen de transport en commun sans déclarer leur maladie et le risque de contagion existe (p. ex. cas d'un passager tuberculeux bacillifère ayant contaminé dans l'avion plusieurs passagers assis autour de lui). Quoi qu'il en soit un patient dyspnéique autonome peut voyager assis, quitte à emporter avec lui une bouteille d'O2 comprimé (les dispositifs actuels à O2 liquide sont dangereux en avion) pour compenser les effets de l'hypoxie d'altitude (en effet les bouteilles de secours dans l'avion ne doivent être utilisées que pour faire face aux urgences).
Des civières peuvent être installées dans les avions de ligne pour les patients couchés (p. ex. fractures du membre inférieur). A condition d'avoir obtenu l'installation d'une cabine sanitaire (des rideaux pour isoler le patient et le médecin), on peut transporter des patients nécessitant des soins intensifs (ventilation mécanique, perfusions, etc.) pour lesquelles des soins de réanimation doivent être assurés en vol.
Qu'il s'agisse d'avion de ligne ou d'avion ambulance, des précautions spéciales doivent être prises pour l'alimentation électrique des appareils, les bouteilles d'oxygène ou d'air comprimé doivent être acceptées par le transporteur et tout le matériel doit être solidement arrimé. Il faut savoir qu'un certain nombre d'appareils utilisés à l'hôpital ne conviennent pas en aéronautique (se renseigner auprès du médecin de la compagnie ou d'un médecin du SAMU compétent en médecine aéronautique).
Le transport des malades psychiatriques est possible mais il faut qu'ils soient accompagnés par un personnel compétent capable de les maitriser en cas de besoin.
Aspect réglementaire : Le commandant de bord a toute autorité pour refuser de transporter un patient ou un appareillage lui paraissant dangereux, il doit aussi suivre les instructions de sa compagnie. Des mesures particulières avec remplissage d'un formulaire normalisé sont prévues pour le transport des handicapés.

Syn. EVASAN

d'altitude (aiguille d'), altitude, aérien (transport) des patients, otite barotraumatique, transport des patients en hélicoptère, transport des patients en ambulance, transport des patients, évacuation sanitaire, SMUR

voies vestibulaires l.f.p.

vestibular tract

Structures anatomiques participant au contrôle postural et à l'équilibre, depuis l'appareil récepteur jusqu'aux diverses connexions vestibulaires centrales, et issues, comme nerf cochléaire, de la VIIIème paire crânienne.
L'appareil récepteur périphérique comporte les canaux semi-circulaires, sensibles aux accélérations angulaires, l'utricule et le saccule. Ce labyrinthe membraneux baigné de lymphe est situé à l'intérieur du rocher. Chacun des trois canaux semi-circulaires présente une crête ampullaire qui est un récepteur sensoriel dont l'efficacité est liée au déplacement de la lymphe. Les macules otolithiques de l'utricule et du saccule renseignent notamment sur la position de la tête et sont sensibles aux accélérations linéaires.
Cheminant avec le nerf cochléaire dans le conduit auditif interne, le nerf vestibulaire traverse l'angle pontocérébelleux et pénètre le sillon bulboprotubérantiel, juste en arrière du facial. Il se divisera pour gagner les quatre noyaux vestibulaires situés sous le plancher du 4ème ventricule. Le lobe flocculonodulaire est, lui aussi, destinataire direct de ces fibres.
Les connexions vestibulaires centrales sont variables : soit parvenant, par l'intermédiaire du thalamus, au cortex de la partie la plus basse de la pariétale ascendante et intervenant dans l'information sur la position et le déplacement de la tête ; soit s'intégrant à un niveau sous-cortical (cervelet, réticulée, noyaux gris centraux, noyaux oculomoteurs) et ménageant les adaptations posturales de l'axe du corps.

macule otolithique, vestibulaire (nerf), vestibulaires (noyaux)

accélération du rythme cardiaque fœtal (test d') l.m.

foetal heart rate acceleration test

Augmentation d'au moins 20 battements par minute du rythme du cœur fœtal, d'une durée de plus de 20 secondes, accompagnant en général les mouvements actifs du fœtus.
Peu audible à l'oreille, elle est perceptible sur les enregistrements cardiotocographiques. Sa valeur pronostique propre est surtout requise quand les autres paramètres du tracé sont ambigus : au sein d'un tracé qui a en partie perdu sa variabilité normale, la présence d'accélérations améliore le pronostic, l'absence d'accélération l'aggrave. Un fœtus en bonne santé répond aux stimulations mécaniques ou acoustiques par une accélération du rythme cardiaque.

Étym. lat. acceleratio : action de se hâter, de faire vite

cardiotocographie

[K2,O3]

Édit. 2016

akinésie n.f.

akinesia

Réduction parfois considérable de l'initiation et de l'exécution du mouvement, indépendante d'une paralysie et d'une hypertonie.
Elle se manifeste au niveau de la face (aspect figé, hypomimie, clignement rare) et des membres (perte des automatismes moteurs, notamment du balancement associé des bras à la marche, disparition des mouvements spontanés, des gestes expressifs, mais aussi difficulté d'arrêt d'un mouvement en cours d'exécution).
Réduit à ses mouvements volontaires, le patient conserve leur stratégie, mais doit vouloir et penser chacun d'eux, en fait perturbés principalement par la perte des automatismes primaires : retard, déroulement ralenti, impossibilité d'effectuer des mouvements alternatifs rapides (marionnettes, pianotage, etc.), de réaliser simultanément deux actions différentes.
La micrographie précoce est très caractéristique. Les troubles moteurs verbaux, avec assourdissement, monotonie et accélérations intercurrentes souvent difficilement compréhensibles, sont plus tardifs.
L'akinésie peut brusquement céder lors d'une émotion (kinésies paradoxales), ou s'accompagner d'une sorte de piétinement forcé sur place (akathisie).
Evaluable par la mesure de temps de réaction, cette composante négative du syndrome parkinsonien traduit la place que tiennent les structures extrapyramidales dans le maintien des adaptations posturales, l'intervention des facteurs émotionnels et la production du mouvement volontaire.
L’akinésie peut être en rapport avec une affection neurologique (syndrome parkinsonien, aux effets neurologiques des neuroleptiques, principalement) ou avec un trouble psychique (stupeur, état dépressif).
Ses formes sévères ne seront pas confondues, en particulier, avec un état catatonique.

Étym. gr. akinesis : immobilité

Syn. acinésie

[H1, H3]

Édit. 2020

bruit du cœur fœtal l.m.

foetal heart rate tone

Signal sonore émis au cours de l'activité cardiaque fœtale par la fermeture des valvules cardiaques.
Il peut être entendu à partir de 13 semaines d'aménorrhée environ, à l'oreille par le stéthoscope de Pinard ou à l'aide d'un appareil à effet Doppler. Il peut être enregistré, surtout à partir de 28 semaines d'aménorrhée, à l'aide d'un appareil ultrasonographique à effet Doppler, le capteur pouvant être soit externe, placé sur l'abdomen maternel en regard du cœur fœtal, soit interne, avec une électrode placée directement sur le scalp fœtal au cours de l'accouchement. Le rythme cardiaque fœtal normal oscille entre 120 et 150 bpm, avec des oscillations dont l'amplitude est comprise entre 5 et 25 bpm, comporte des accélérations lors des mouvements actifs, et est dépourvu de ralentissement.

Étym. déverbal de bruire, verbe formé au Moyen Age, du latin rugio, rugir, braire (bas latin) et du gaulois branno, bramer, braire,meugler (limousin), chanter (provençal).

Édit. 2017

cinétose n.f.

Crise neurovégétative apparaissant chez l'Homme ou l'animal confronté à un déplacement périodique de fréquence voisine de l'hertz chez l'Homme adulte, cette fréquence étant plus élevée chez l'enfant parce que sa taille est plus petite (isométrie)

Cette crise peut survenir au cours des voyages en voiture, bateau, avion. Elle débute par un état de malaise avec vertige, baisse de vigilance, état nauséeux conduisant à des vomissements.
Les variations périodiques d'accélération agissent sur les canaux semi-circulaires, les otolithes, les récepteurs cinesthésiques des muscles et des viscères qui envoient leurs informations aux centres corticaux où elles sont comparées aux informations visuelles et aux données de la mémoire (au-dessous de l'âge de trois mois les enfants ne présentent pas de cinétose). La discordance entre ces différentes informations est la principale cause de cinétose. Tous les influx atteignent le plancher du 4e ventricule, près du noyau solitaire où se situe le centre des vomissements. Par les synapses dopaminergiques les neurones des voies autonomes excitent une grande production de sérotonine. Véhiculée par les plaquettes, la sérotonine est l'une des causes des effets digestifs et cardiovasculaires observés. La chaleur, la fatigue, le manque de sommeil, les excès alimentaires et la perception d'odeurs nauséabondes favorisent la cinétose en fragilisant les cibles d'action de la sérotonine. Le sexe féminin et surtout les enfants (maximum vers 12 ans) sont les plus sensibles. En microgravité, les accélérations produites par les mouvements du corps agissent seules sur les otolithes et le moindre mouvement peut entraîner une cinétose (mal de l'espace) très incapacitante pour les cosmonautes.
Lors du transport en ambulance, le patient doit être couché dans l'axe du véhicule, la tête en avant dans le sens de la marche, surtout s'il est en collapsus. Le traitement (efficace à 50%) vise à neutraliser les effets de la sérotonine : on emploie des timbres cutanés associant des neuroleptiques parasympathicolytiques et vagolytiques (scopolamine, etc.) à des produits destinés à réduire leurs effets secondaires, notamment sur la vigilance et la circulation du sang (éphédrine, etc.).

Étym. gr. kinêsis : mouvement ; ôsis : impulsion, trouble

Syn. mal de l'air, mal de mer, mal des transports

accélération, sérotonine,mal des transports

[N1]

décubitus n.m.

decubitus

Position sur un plan horizontal ou voisin de l’horizontale d’un sujet couché sur le dos.
Il ne faut pas confondre décubitus (couché sur le dos), latérocubitus (couché sur le côté) et procubitus (couché sur le ventre).
Les effets de la pesanteur et des accélérations sont différents selon la position. Il en est de même pour le fonctionnement du diaphragme qui est modifié : on doit en tenir compte, notamment en salle d'opération (hypoxie par modification de l'écart alvéolocapillaire). En microgravité, ces effets de position n'existent pas : les coupoles du diaphragme sont à peu près sphériques et la différence alvéolocapillaire est plus faible.

Étym. lat. decubitus part. passé de decumbo : être couché sur le dos

décubitus antiorthostatique, latérocubitus, orthostatisme, procubitus

Fisher (score de) l.m.

Fisher’s score

Evaluation chiffrée de l’enregistrement du rythme cardiaque fœtal fondée sur l’analyse du rythme de base, de la variabilité, des accélérations, des décélérations.

D. J. Fisher, physiologiste cardiaque américain (1986)

[A4,K2,O3]

Édit. 2018

fréquence cardiaque fœtale l.f.

fetal heart rate

La fréquence du cœur fœtal, en dehors des accélérations ou des décélérations, est normalement comprise entre 120 et 160 battements par minute.
Elle est plus élevée en cas d’infection fœtale et plus lente en cas de bloc auriculoventriculaire du cœur fœtal ou de décès imminent du fœtus.

rythme cardiaque fœtal

[K2, O3, O6]

Édit. 2019

G symb.

1) Abréviation de gravité, unité de mesure usuelle d'accélération correspondant à l'accélération de la pesanteur terrestre, G = 9,826 21 m s-2 au niveau de la mer et à 45° de latitude.
La pesanteur terrestre varie un peu selon la latitude, 9,78 m s-2 à l'équateur et 9,83 au pôle.
Selon la direction dans laquelle une accélération s'applique sur le corps humain on distingue les accélérations longitudinales, Gz, positives dans le sens pieds tête, les sagittales, Gx, positives dans le sens d'arrière en avant et les latérales, Gy, positives dans le sens de gauche à droite.

accélération, Gauss, rendement radiochimique

Hammacher (score cardiotocographique de) l.m.

Hammacher's score

Score établi en donnant une pondération à chacune des composantes du rythme cardiaque fœtal, les oscillations, la ligne de base, les accélérations, les décélérations, etc.

K. Hammacher, gynécologue obstétricien suisse (1968)

monitorage électronique fœtal

[O3]

Édit. 2015

hyperkinésie volitionnelle l.f.

volitional hyperkinesia, hypercinesia

Mouvements brusques, démesurés, survenant au cours des mouvements volontaires et cessant au repos.
Leur persistance ou aggravation lors du maintien d'une attitude est la règle.
Selon que l'activité est rythmique ou arythmique, sont distingués schématiquement deux groupes par la clinique, parfois peu discriminante du fait de la vitesse du mouvement, et surtout par les enregistrements électrologiques :
- les formes rythmiques, d'une fréquence de 3-7 Hz, dont l'amplitude s'accroit lors du mouvement sans aboutir à l'état d'équilibre des tremblements posturaux. Il s'agit de lésions des pédoncules cérébraux dès lors qu'elles s'associent à une atteinte des voies de la sensibilité profonde, cette dernière ne pouvant plus assurer le contrôle du mouvement en substitution du déficit cérébelleux. Elles se produisent dans la sclérose en plaques (parfois précoces et pouvant être régressives, sinon plus tardives, en majorité chroniques, très invalidantes, indiquant un traitement chirurgical) et dans les traumatismes craniocérébraux (où les meilleurs résultats sont obtenus par les interventions thalamaiques de destruction ou de stimulation) ;
- les formes arythmiques, qui sont myocloniques. Ces décharges très brèves surviennent de façon synchrone sur agonistes et antagonistes, avec des accélérations instantanées très élevées. Elles sont surtout observées au cours d'encéphalopathies métaboliques, hépatiques ou toxiques, ces dernières liées au bromure de méthyle, au lithium ou au bismuth. Certaines sont sensibles au 5 HTP et d'autres aux composés gabaergiques, en particulier le piracétam à doses élevées.

Syn. dyskinésie d'intention et d'action, dyskinésie volitionnelle

dyskinésie, dyscinésie

jolt n.angl.

Unité de mesure de la variation de l'accélération.
Elle est utilisée en biomécanique dans l'étude des effets des variations d'accélérations brutales, lors des chocs, notamment.
Les effets nocifs des chocs sont surtout fonction des variations rapides d'accélération que l'on mesure en «jolts», m s-3, dérivée de l'accélération, a, en fonction du temps, da/dt.
La limite de tolérance est de 250 G/s selon Latham.

Étym. angl. jolt : cahot, secousse

accélération, impulsion.

Krebs (score de) l.m.

Krebs’ score

Cotation chiffrée d'évaluation de la souffrance fœtale perpartum basée sur différents paramètres du rythme cardiaque fœtal enregistré pendant 30 minutes lors du travail : le rythme de base, l'amplitude des oscillations, la fréquence des oscillations, les accélérations et les ralentissements.
Trois évaluations de la situation sont alors proposées en fonction du score : normal, équivoque à refaire, pathologique.

H. B. Krebs, gynécologue obstétricien américain (1978)

Lyons (score de) l.m.

Lyons’ score

Méthode d'analyse chiffrée du rythme cardiaque fœtal basée sur la cotation de cinq paramètres : le niveau du rythme de base, l'amplitude et la fréquence des oscillations et le caractère des décélérations et des accélérations.

E. R. Lyons, gynécologue obstétricien canadien (1979)

macule otolithique l.f.

otolithic macula

Structure sensorielle réceptrice vestibulaire située dans l'utricule et le saccule, élément du labyrinthe membraneux postérieur (vestibule), aire d'origine des nerfs sacculaire et utriculaire constituée par une zone épithéliale de cellules sensorielles ciliées surmontée d'une membrane otoconiale.
On distingue la macule utriculaire (macula utriculi) ou lapillus, située dans l'utricule et orientée horizontalement et la macule sacculaire (macula sacculi) ou sagitta, située dans le saccule et orientée sagittalement. Les macules otolithiques sont les récepteurs statesthésiques du vestibule sensibles aux accélérations linéaires, notamment au vecteur gravitationnel, renseignant ainsi le sujet sur la position de sa tête dans l'espace.
Les informations issues de ces récepteurs sont véhiculées vers les centres nerveux par les nerfs utriculaire et sacculaire, contingents du nerf auditif (n. octavus).

Étym. lat : macula : tache. gr. ous, ôtos : oreille ; lithos : pierre

Melchior (classification de) l.f.

Melchior's classification

Classification des différents types de rythme cardiaque fœtal enregistrés au cours de l'expulsion du fœtus lors de l’accouchement.
Elle distingue cinq types :
- type 0 : rythme sans modification,
- type 1 : rythme normal avec ralentissements pendant les efforts expulsifs,
- type 2: bradycardie permanente,
- type 3: bradycardie permanente avec accélérations pendant les efforts expulsifs,
- type 4: rythme normal en début de phase expulsive suivi d'une bradycardie.

J. Melchior, gynécologue obstétricien français (1972)

Meyer-Menk (score de) l.m.

Meyer-Menk score

Analyse chiffrée du rythme cardiaque fœtal prenant en compte la variabilité, les accélérations et les décélérations.

W. Meyer-Menk, gynécologue allemand (1976)

monitorage obstétrical l.m.

obstetrical monitoring

Surveillance du fœtus par enregistrement de son rytme cardiaque (RCF) pendant la grossesse et pendant le travail.
L'analyse porte sur les critères suivants : rythme de base, oscillations, accélérations et décélérations. L'interprétation des données n'a de sens qu'en fonction du contexte clinique fœtal. Pendant la grossesse, on pratique en général des enregistrements de trente minutes sur une patiente en décubitus latéral gauche à partir du 5e mois. Pendant le travail, le monitorage est actuellement considéré comme indispensable pour toutes les femmes. Le rythme cardiaque fœtal reste un élément primordial pour la décision d'extraction en cas de souffrance fœtale.

Étym. angl. monitoring, participe présent du verbe to monitor : contrôler, surveiller (lat. monitor : qui surveille)

polyfracturé n.m.

multiple fractures (patient with)

Blessé porteur de fractures multiples.
La connaissance des circonstances de l'accident oriente le diagnostic et la réanimation.
Chaque fracture implique une perte de sang (ex. un litre pour une fracture du fémur) qui peut entraîner un collapsus. De même la douleur provoque des réflexes vagaux qui ralentissent le cœur et réduisent donc le débit cardiaque. Par ex. lors d'une chute debout (hypothèse la plus favorable), le choc des pieds sur le sol met en jeu des accélérations réparties de façon dégressives entre le talon et la tête du fait de l'amortissement au niveau des articulations. Le premier os affecté est le calcanéum qui peut être écrasé (accélération > 20 g, c'est-à-dire une chute > 5 m, environ - cela dépend des chaussures et de la dureté du sol), si la hauteur de chute est plus grande, la mortaise tibiopéronière, puis le plateau tibial sont affectés, puis (de bas en haut) l'articulation coxofémorale, le sacrum, les corps vertébraux et enfin seulement le crâne, mais l'encéphale, quatre fois plus fragile que l'os, peut souffrir d'hémorragies avant que toutes les vertèbres soient lésées. Une chute de six étages et plus (environ 20 m) sur un sol dur est généralement mortelle.
La prise en charge d'un mult-fracturé (en fait c'est un polytraumatisé) nécessite un bilan lésionnel précoce établi avec soin : il sera utile à l'orthopédiste, à l'anesthésiste et au réanimateur.

Étym. gr. polus : beaucoup ; fracturé (du lat. frangere : briser, casser)

Syn. multi-fracturé, expression plus correcte

accélération, attaque vasovagale, polytraumatisé

pression artérielle l.f.

blood pressure, arterial pressure

Pression résultant de l'équilibre entre le volume sanguin, la pression consécutive à la contraction du ventricule gauche (pression artérielle) et la force vasoconstrictrice des artérioles (tension artérielle).
Comme cette pression varie cycliquement au cours de chaque période cardiaque on distingue la pression maximale, qui correspond à la systole et la pression minimale qui correspond à la diastole ; en outre, pour estimer le débit sanguin délivré par une artère, on utilise la pression moyenne au cours du cycle (voisine de la pression efficace c'est-à-dire de la pression continue qui assurerait un même débit, toutes choses égales par ailleurs).
L'unité internationale de la pression est le Pascal (Pa). Un millimètre de mercure égale 133 Pa. En clinique, la pression artérielle (PA) est exprimée en cm de mercure ou soit en mm de mercure.
En clinique on mesure de façon non-effractive la pression artérielle par la méthode auscultatoire, sauf précision spéciale dans une grande artère, de préférence l'humérale droite chez le sujet assis ou couché (ce qui correspond à peu près à la pression à la sortie du cœur gauche). Mais il ne faut pas perdre de vue que les pressions artérielles locales varient notablement avec la position du sujet et avec les accélérations, au cours des chocs et des vibrations notamment.
La méthode oscillométrique, non effractive elle aussi, est employée pour le monitorage : la pression systolique correspond au début des oscillations, la pression diastolique à leur extinction et la pression moyenne au maximum d'oscillations.
Les valeurs normales chez l'adulte sont : pression systolique < 140 mm de Hg, pression moyenne de l’ordre de 120 mm de Hg, pression diastolique < 90 mm de Hg. Le tableau ci-dessous donne les valeurs normales de la pression artérielle dans différentes artères et celle régnant dans les différentes veines et sa valeur dans les principales veines, dans le champ de pesanteur normal, 1Gz, et sous 5 Gz (cas des polytraumatismes), la pression dans l'oreillette droite servant de référence (sujet debout).
Au niveau des membres inférieurs, les pressions s’élèvent en position debout et s’abaissent en position de Trendelenburg. Les réductions tensionnelles lors du passage du clinostatisme à l’orthostatisme doivent être inférieures à 20mm de Hg.
En anesthésiologie, particulièrement en chirurgie cardiaque, et en réanimation on utilise souvent la mesure directe (effractive) de la pression artérielle par cathétérisme artériel : elle est beaucoup plus précise et son enregistrement apporte des informations supplémentaires. Le calcul de la pression moyenne se fait alors par intégration électronique de la pression instantanée au cours du temps.
En microgravité, la distribution de la masse sanguine entraîne une augmentation de la pression artérielle (et veineuse) au-dessus du cœur et une diminution au-dessous du cœur.

Syn. tension artérielle (impropre)

ralentissement combiné 1.m.

combined slowing down

Anomalie du rythme cardiaque fœtal constituée par l'association de plusieurs types de ralentissements, précoces, résiduels ou variables, ou faite de ralentissements et d'accélérations.

ralentissement du rythme cardiaque fœtal

rupture traumatique de l'aorte et des gros vaisseaux l.f.

traumatic ruptured aorta and large vessels

Lésion partielle ou complète de la paroi de l'aorte et des gros vaisseaux lors d'un traumatisme.
Les ruptures brutales de toutes les couches de la paroi artérielle se produisant lors du choc offrent peu de possibilités de traitement, l'hémorragie est foudroyante et la mort s'en suit dans la minute. Le médecin appelé en urgence peut se trouver devant un mort : il doit éviter qu'on lui reproche de ne pas avoir sauvé la victime alors que souvent aucune lésion thoracique apparente n'est visible en cas de tachytraumatisme. Il faut qu'il puisse témoigner en cas d'enquête, et dire ce qu'il sait de l'accident.
Mais la section d'une grosse artère n'est pas toujours aussi brutale, seuls l'endothélium et la tunique musculeuse peuvent être rompus. Il se constitue alors un anévrisme, plus ou moins localisé au niveau de l'isthme aortique. Cet anévrisme peut rester muet pendant assez longtemps avant de se rompre, quelquefois plusieurs années après l'accident.
Un examen soigneux est donc nécessaire pour toute victime d'accident au cours duquel des accélérations importantes (> 5 G) ou une compression de la poitrine ont eu lieu, surtout si la victime se plaint d'une douleur pectorale dont il faut trouver la cause.

accélération, anévrisme, dissection aortique, tachytraumatisme

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