tachytraumatisme n.m.
tachytrauma
Polytraumatisme causé par une variation brusque de vitesse.
Les lésions internes se trouvent réparties dans tout le corps, elles sont surtout hémorragiques. Les tachytraumatismes sont particulièrement fréquents à l'occasion des accidents de la route.
Les lésions internes causées par les tachytraumatismes sont sans rapport direct avec des lésions visibles d'impact, elles résultent des effets de décélération causés par l'arrêt brutal de la victime lancée à grande vitesse, Vo. Mais l'arrêt n'est jamais instantané, et la décélération se produit pendant une fraction de temps, T, qui correspond à la distance d'arrêt, D. Il en résulte une décélération qui agit sur tout l'organisme,comme le ferait un toxique. 
L'effet toxique des accélérations est fonction du temps T (loi de Haber) avec une limite au-dessous de laquelle aucune lésion n'apparait (approximativement 5 G, pour les lésions hémorragiques et 20 G pour les écrasements osseux ou les arrachements de viscères).
L'impulsion produite par un choc est une grandeur proportionnelle à la durée du choc et à l'intensité de l'accélération, elle est orientée de même sens : elle définit la «dose agressive», dose qui n'atteint pas le seuil critique si la durée du choc est brève.
Outre la durée de l'impulsion, la nocivité d'un choc dépend de l'accélération qui est déterminée par deux facteurs : l'un est défavorable, le carré de la vitesse (lorsque le corps heurte un obstacle fixe), l'autre est favorable, la distance d'arrêt (d'autant plus longue que l'obstacle ou le projectile sont déformables).
Lors de la prise en charge d'un blessé de la route, la vitesse et la distance d'arrêt devraient être systématiquement estimées par le premier médecin qui a en charge la victime car ils orientent le diagnostic : si l'impulsion est faible il est inutile de faire des investigations poussées, mais si elle est forte il y a risque de pétéchies, voire d'hémorragies diffuses dans tous les tissus (surtout le cerveau), de tassements osseux (surtout les corps vertébraux). Pour les fortes impulsions les viscères du tronc (cœur, foie, etc.) peuvent être arrachés. Assez fréquemment on voit une rupture partielle de l'aorte au niveau de l'isthme (anévrisme traumatique) chez les victimes éjectées (la distance d'arrêt est très courte si l'arrêt a lieu sur un sol dur) et dans les chocs à grande vitesse. Lors de l'admission à l'hôpital une radiographie de contrôle est nécessaire.
La nocivité d'un choc peut être réduite (prévention secondaire) par augmentation de la distance d'arrêt, ce qui réduit d'autant l'accélération, d'où l'intérêt des dispositifs d'écrasement au devant des véhicules, de la ceinture de sécurité et de l' air bag.
J. Haber, chimiste allemand, prix Nobel de chimie (1921)
→ accélération, dose, Haber (loi de), impulsion, prévention, polytraumatisme