Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

1 résultat 

accélération n.f.

acceleration

Augmentation de la vitesse.
En mécanique, l'accélération est la dérivée de la vitesse par rapport au temps. Le mètre par seconde2 (m s-2) est l'unité internationale d'accélération, son sous-multiple le gal est cent fois plus petit. En pratique on se réfère à l'intensité de la pesanteur (G = 9,81 m s-2 dirigée vers le haut). L'accélération et la vitesse sont des grandeurs vectorielles orientées dans l'espace. Elles ne sont parallèles que dans un mouvement rectiligne, elles sont perpendiculaires dans un mouvement circulaire uniforme (force centrifuge).
La notion d'accélération a d'importantes applications en traumatologie, en réanimation et en médecine aéronautique et spatiale car les forces d'accélération, notamment au moment des chocs, peuvent engendrer des effets considérables. Une accélération gamma engendre une force F = m γ, proportionnelle à la masse m sur laquelle elle s'applique et de sens opposé du fait de l'inertie. Par ex. lors d'un choc, produisant une accélération de 20 G, le poids d'une masse devient vingt fois plus grand qu'au repos, ainsi tout organe «tire» dans un sens opposé à celui de l'accélération qu'il subit. Il en résulte des arrachements dans les tissus, causes d'hémorragies.
Les effets physiologiques les plus importants se produisent dans l'axe z (tête-pieds). Pour + 5 Gz il y a perte de connaissance. Si l'accélération est négative, la pression artérielle devient trop faible pour assurer la vascularisation du cerveau : pour - 3 Gz, perte de la vision, «voile noir», - 4 Gz, perte de connaissance. Pendant un choc, lors d'un accident de la circulation par ex., les pressions, qui sont proportionnelles à l'accélération, peuvent devenir considérables. Les effets vasculaires dus au déplacement de la masse sanguine sont maximaux dans l'axe z : la pression artérielle peut alors devenir dix fois plus grande que normalement, il en résulte des pétéchies, voire des hémorragies par rupture vasculaire dans certains territoires (notamment au niveau du cerveau pour une accélération prolongée dépassant 5 G environ). Les distances latérales étant moindres, les à-coups de pression lors d'un choc sont plus faibles et les effets sont moins importants dans ces directions.
Les os se fracturent quand l'accélération dépasse 20 G environ (par ex. fractures vertébrales). Les effets des fortes accélérations, surtout lors des éjections, expliquent les lésions de tachytraumatisme (pétéchies disséminées, hémorragies internes surtout cérébrales, arrachements d'organes, rupture de l'isthme de l'aorte).
La durée d'application de l'accélération est à prendre en compte : l'organisme supporte beaucoup mieux les accélérations de courte durée. En gros, la tolérance est inversement proportionnelle au carré du temps : un choc d'une durée dix fois moindre est cent fois mieux toléré. Ainsi lors d'un accident, une accélération de 100 G peut être supportée si elle n'agit que pendant quelques millisecondes.
La compression des membres inférieurs assure une certaine protection contre les accélérations dans l'axe Gz+ en réduisant les déplacements de la masse sanguine : c'est le principe du pantalon anti-G utilisé dans l'aviation, en anesthésie-réanimation et en premiers secours.
L'accélération négative ou décélération est la diminution de vitesse.

Étym. lat. acceleratio : action de se hâter, de faire vite

Ant. décélération

cinétose, G, impulsion, jolt, pantalon anti-G, poids, pression artérielle, tachytraumatisme

[B1,C2]

Édit. 2016