Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

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anastomose congénitale artérioveineuse rétinienne l.f.

arteriovenous aneurysm of retina

Malformation vasculaire avec abouchement direct d'une artère dans une veine rétinienne.
Le plus souvent unilatérale et plus ou moins sévère avec ou non rupture de la barrière hématorétinienne et hémorragies. Elle peut être associée à une malformation de même type orbitaire ou cérébrale dans sa forme la plus sévère.

Étym. gr. ana : avec ; stoma : bouche

Syn. anévrisme racémeux, angiome racémeux, anévrisme cirsoïde, anévrisme artérioveineux rétinien

Blanc-Bonnet-Dechaume (syndrome de), Wyburn-Mason (syndrome de)

[O3,P2,Q3]

Édit. 2017

anévrysme n.m.

aneurysm, aneurism

Dilatation localisée (anévrysme sacculaire) ou perte du parallélisme des parois d’un vaisseau sanguin, le plus souvent d’une artère (anévrysme artériel fusiforme), ou chambre de communication anormale entre une artère et une veine (anévrysme artérioveineux), ou plus rarement dilatation anormale d’une veine (anévrysme veineux).
Si la dilatation concerne l’ensemble de la circonférence du vaisseau, l’anévrysme est fusiforme. Si cette dilatation n’en concerne qu’un secteur, l’anévrysme est dit sacciforme ou sacculaire.
Un anévrysme sacculaire surajoute au volume vasculaire ne chambre ou sac anévrysmal avec lequel il communique plus ou moins directement. La communication plus ou moins large entre le vaisseau et le sac anévrysmal porte le nom de collet anévrysmal. Il règne de ce faut dans le sac anévrysmal des conditions hydrauliques en rapport avec celles du vaisseau natif.
Un anévrysme fusiforme est reconnu dès que son diamètre est 1.5 fois supérieur au diamètre d’amont mais c’est à partir du doublement de ce diamètre que la lésion devient plus susceptible d’entraîner des complications.
Si la paroi dilatée comporte toutes les couches de la paroi vasculaire, intima, média et adventice, l’anévrysme est un anévrysme vrai. L’absence de l’une ou plusieurs de ces tuniques, en général l’intima et la média, définit au contraire un faux anévrysme ou pseudo-anévrysme.
Une autre forme particulière est l’anévrysme disséquant (dissection aortique) qui traduit la dilatation d’un vaisseau disséqué avec constitution d’un chenal externe à la lumière de l’artère disséquée (faux-chenal). En générale la dilatation concerne surtout le chenal externe ou faux-chenal de la dissection et dont la paroi a perdu par définition ses couches les plus internes, l’intima et la média.
L’anévrysme, de définition géométrique, résulte de l’inaptitude mécanique de la paroi vasculaire à avoir ou à maintenir sa forme et ses dimensions. Son histoire naturelle compote une étiologie, un mode évolutif et des complications.
L’étiologie peut être bien connue comme dans le cas des anévrysmes traumatiques, de la dissection aortique ou d’une atteinte infectieuse ou inflammatoire de la paroi vasculaire : l’évènement pathologique altère la structure de la paroi et cette structure ne peut plus conserver son intégrité morphologique car elle est exposée à des contraintes mécaniques trop importantes. Ailleurs. c’est une disposition anormale qui expose une paroi vasculaire à des contraintes qu’elle ne peut pas supporter à long terme comme dans les anévrysmes artérioveineux, qu’ils soient congénitaux ou traumatiques : La dilatation se fait alors au dépens du versant veineux dont l’équipement mécanique ne lui permet pas de résister à des contraintes artérielles.
La dilatation du chenal externe des dissections aortiques procède du même mécanisme.
Il faut aussi mentionner les anévrysmes post-sténotiques qui se développent en aval d’une sténose ou d’une striction comme celle par syndrome de la traversée thoraco-brachiale.
Néanmoins la plupart des anévrysmes artériels sont d’origine dégénérative. Dans ce cas c’est la fonction élastique de la paroi vasculaire qui est en défaut, conduisant à la déformation progressive du conduit du fait de la pression interne. Le phénomène peut être comparé au fluage mécanique d’une structure élastique. Dans la plupart des cas c’est le vieillissement qui est à l’origine de ce déficit d’élasticité, expliquant une fréquence croissante des anévrysmes à partir de la septième décennie. Ailleurs ce sont les désordres congénitaux du tissu conjonctif qui peuvent produire, parfois très tôt, des anévrysmes, comme dans la maladie de Marfan ou d’Ehlers Danlos. La prédominance masculine et le caractère volontiers familial des anévrysmes dégénératifs évoquent évidemment leur nature génétique.
Si l’étiologie des anévrysmes garde une part de mystère, leur mode évolutif est en revanche assez bien connu : l’accroissement du volume du sac anévrysmal et la survenue des complications. L’accroissement du volume est le plus souvent diphasique, à une phase de croissance lente avec peu de complications succède une phase de croissance rapide durant laquelle les complications sont fréquentes. Durant cette évolution l’auto-aggravation du processus semble avoir pour vecteur la tension transpariétale que la loi de Laplace fait dépendre essentiellement de la distance de cette paroi au centre axial du vaisseau. Les facteurs reconnus d’accélération de la croissance anévrysmale sont l’hypertension artérielle, le tabagisme actif et les efforts physiques isométriques.
Les complications des anévrysmes sont d’autant plus fréquentes que le volume anévrysmal est élevé. La plus fréquente est la thrombose pariétale. Le changement de morphologie du vaisseau entraîne en effet une modification du régime circulatoire qui, de laminaire dans son ensemble, ne l’est plus que dans le chenal central du vaisseau. Le régime devient tourbillonnaire au contact des parois ce qui entraîne une thrombose qui tapisse la paroi anévrysmale et devient de plus en plus épaisse. Cette thrombose reste longtemps tolérée mais serait à l’origine, par plusieurs mécanismes, de l’auto-aggravation. Elle peut occlure le vaisseau comme dans les redoutables ischémies aigües par thrombose d’un anévrysme poplité, emboliser à distance de façon plus ou moins bruyante, être colonisée par des bactéries de virulence variée ou provoquer une réaction inflammatoire péri-artérielle comme dans certaines fibroses rétropéritonéales ou pariétales des anévrysmes inflammatoires. Les remaniements au sein de la thrombose anévrysmale sont fréquents comme la nécrose ou les calcifications.
La complication la plus redoutée des anévrysmes est la rupture. Non contenue lorsqu’elle survient en espace libre comme la plèvre, le péricarde ou le péritoine, elle provoque rapidement exsanguination ou tamponnade. Contenue par les tissus voisins, elle crée une chambre hématique sous pression susceptible de se rompre secondairement. Plus atypiques sont les ruptures partielles qui deviennent des ulcères artériels ou des dissections, et les ruptures dans d’autres cavités cardiaques, vasculaires ou digestives. C’est cette probabilité de rupture qui domine le pronostic des anévrysmes aortiques.
Les autres complications des anévrysmes sont la compression des structures voisines, l’inflammation et la surinfection.
Étym. gr. aneurusma, aneurysma (pour Littré) : dilatation
Ling. Depuis 1877, l’Académie française préférait la graphie « anévrisme » à « anévrysme ». La version de l’Académie a été généralement adoptée dans les textes et ouvrages non médicaux, en particulier le Larousse et le Robert. Littré estimait l’orthographe « anévrysme » plus conforme à l’étymologie et la plupart des médecins, notamment les cardiologues et les chirurgiens se sont rangés à son avis. En 1965, la Commission du Dictionnaire de l’Académie nationale de médecine, bien qu’elle admette aussi « anévrisme », s’est prononcée en faveur de l’orthographe « anévrysme ». Elle est suivie en cela par le Nouveau Larousse.

Syn. anévrisme, ectasie

anévrysme aortique thoracoabdominal, dissection aortique, Marfan (maladie de), syndrome d'Ehlers-Danlos, Laplace (loi de)

[K2,K3,K4]

Édit. 2017

anévrisme de Shackleton l.m.

C.V. Shackleton, chirurgien canadien (1987)

Syn. anévrisme disséquant

anévrisme disséquant

[K3,K4]

Édit. 2017

angiome thrombosé l.m.

thrombosed angioma

Angiome qui, à la suite d'une thrombose, augmente rapidement de volume et infiltre les tissus sous-jacents, tandis que sa teinte devient plus foncée ou noirâtre.
La lésion peut simuler un nævus bleu ou même un mélanome.

Étym. gr. aggeion : vaisseau ; ôma : tumeur ; thrombôsis : coagulation

Syn. anévrisme capillaire thrombosé, angiokératome thrombosé

[J1,K4]

Édit. 2017

Shackleton (anévrisme de) l.m.

C. V. Shackleton, chirurgien canadien (1987)

Syn. anévrisme disséquant

anévrisme disséquant

[K3,K4]

enveloppement des anévrismes l.m.

wrapping

Méthode de traitement des anévrismes artériels fusiformes, consistant à les entourer d’un tissu résistant solidement fixé sur lui-même pour s’opposer à leur augmentation de volume et à leur rupture.
L’enveloppement est à peu près abandonné depuis que s’est développée la chirurgie directe des anévrismes (anévrismorraphie, résection).

anévrisme

[K2, K3]

Édit. 2020

faux anévrisme l.m.

false aneurysm

Hématome constituant une cavité au contact d’une rupture pariétale, conservant une communication par un collet.
Le faux anévrisme peut être artériel d’origine traumatique, ou spontanée et compliquant alors une élastopathie comme un syndrome de Marfan ou un syndrome d'Ehlers-Danlos de type IV.Septique ou non, il peut aussi compliquer une suture artérielle anastomotique.
Il existe aussi des faux anévrismes du ventricule gauche rompu dans le péricarde à l’occasion d’un infarctus.

Étym. gr. aneurunein : dilater

[K2,K4]

Édit. 2018

fissuration d'un anévrisme l.f.

aneurysmal fissure

Complication évolutive grave d’une ectasie artérielle, la fissuration est un processus progressif de clivage de la paroi permettant une infiltration du sang vers l’extérieur, avec constitution d’un hématome péri-anévrismal.
Plus fréquente que la rupture brutale, elle représente une menace urgente, qui, reconnue, laisse le temps d’une intervention salvatrice immédiate.

Étym. lat, fissura : fente, crevasse 

[K2]

Édit. 2018

macroanévrisme rétinien l.m.

retinal macroaneurysm

Dilatation pariétale d’une artère rétinienne temporale.
Les principales complications de ces anévrismes artériels sont les hémorragies sous-rétiniennes ou rétrohyaloïdiennes et les maculopathies exsudatives.

Étym. gr. makros : grand ; aneurysmein : dilater

microanévrisme l.m.

microaneurysm

Dilatation segmentaire, de forme fusiforme ou sacciforme, d'un segment pariétal vasculaire.
Les microanévrismes sont un des premiers signes ophtalmoscopiques de la rétinopathie diabétique. Ils sont observés dans toutes les pathologies responsables d'une hypoxie rétinienne (thrombose veineuse rétinienne, rétinopathie hypertensive, vascularites). Ils se développent, en bordure des territoires non perfusés, au niveau des capillaires rétiniens et des veinules.

Étym. gr. micros : petit ; aneurysmein : dilater (de ana et eurysmein : élargir)

Syn. microanévrysme

microanévrismes de Charcot-Bouchard l.m.p.

microaneurysms (Charcot-Bouchard)

Petites dilatations artériolaires multiples observées dans l’évolution de l’hypertension artérielle maligne, principalement au niveau de la circulation cérébrale.
Leur rupture est responsable d’hémorragies cérébrales.

J-M. Charcot, neurologue français, membre de l'Académie de médecine (1825-1893) ; C. J. Bouchard, anatomopathologiste français, membre de l'Académie de médecine ( 1837-1915)

Étym. gr. micros : petit ; aneurysmein : dilater (de ana et eurysmein : élargir)

mycotique (anévrisme) l.m.

fungal aneurysm

Dilatation de la paroi d’une artère, l’exposant à la rupture et aux hémorragies, qui s’observe au cours des endocardites infectieuses.
L’anévrisme mycotique est la conséquence de lésions de vascularite d’origine immunologique et d’embolies septiques bactériennes dans les vasa vasorum.

pseudo-anévrisme n.m.

faux anévrisme

Rasmussen (anévrismes de) l.m.p.

Rasmussen's aneurysm

Petits anévrismes de la taille d'une lentille ou d'un pois situés sur les rameaux de l'artère pulmonaire qui cheminent dans la paroi des cavernes tuberculeuses.
Leur rupture peut provoquer des hémoptysies graves voire mortelles. En Occident, cette cause d'hémoptysie est devenue très rare.

F. V. Rasmussen, pathologiste et clinicien danois (1837-1877)

Étym. gr. aneurusma, aneurysma (pour Littré) : dilatation

[K1,K3,K4]

rupture d'un anévrisme aortique l.m.

ruptured aortic aneurism

anévrisme, anévrisme thoracique, dissection aortique

Willis (anévrisme du polygone de) l.m.

aneurism of the Willis’ circle

Localisation préférentielle des anévrismes artériels intracrâniens.
Parmi ceux-ci, 94% sont situés sur les artères constituant la partie antérieure du polygone de Willis (carotides internes terminales, communicante antérieure, partie proximale des cérébrales antérieures) ; 6% se situent en arrière, sur le tronc basilaire et les artères vertébrales intracrâniennes. L'anévrisme le plus fréquent (42%) est situé au niveau du carrefour de la communicante antérieure, à la jonction entre la première et la deuxième portion de la cérébrale antérieure.

T. Willis, anatomiste britannique (1667)