Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – version 2022

4 résultats 

impulsion n.f.

impulse

1) En physique, poussée brève, choc et généralement action de mise en route d’un processus.
En mécanique, variation de la quantité de mouvement qui résulte d’un choc.
Un corps heurté subit une impulsion égale au produit des forces mises en jeu par la durée du choc. Les effets dépendent de l’énergie dissipée qui est proportionnelle à la durée de l’impulsion. L’action caractérisant ces effets est égale au produit de l’énergie dissipée par la durée du choc et réciproquement l’énergie échangée dans un choc est égale au quotient de l’action par le temps.
2) En IRM, onde de radiofréquence émise à la fréquence de Larmor qui provoque, par le phénomène de résonance, une bascule du vecteur d’imantation macroscopique M d’un angle donné : 90°, 180°, ou autre….On parle d’impulsion 90°, 180°… Cette action est à la base de toutes les séquences d’IRM
3) En psychologie, besoin soudain et irrépressible d'accomplir un acte irraisonné, souvent dangereux ou préjudiciable.
En fonction de l'objet, on rencontre des impulsions à la fugue (dromomanie), au vol (kleptomanie), à l'incendie (pyromanie), à la prise de toxiques (dipsomanie), et d'ordre sexuel, criminel ou destructeur. Habituelles chez certaines personnalités pathologiques (psychopathies, états limites, etc.), elles se rencontrent aussi dans des troubles divers : arriérations et affections cérébrales organiques, comitialités (alors parfois automatiques, sans participation affective, ou confusionnelles), alcoolisme et toxicomanies (au moins facilitateurs du passage à l'acte), états maniaques, schizophrénies, catatoniques, où elles sont souvent inattendues.
Surtout par l'absence de lutte anxieuse et une irrésistibilité constante, elles se distinguent notamment de la compulsion obsessionnelle.

Étym. lat. impulsio : choc, heurt d’impulsare : pousser fort

action, pouls, pulsation, pulsion, compulsion, passage à l'acte, phobie d'impulsion, pulsion, raptus, dromomanie, kleptomanie, pyromanie, dipsomanie, impulsion de radiofréquence

[B2,B3]

Édit. 2018

impulsion de radiofréquence en IRM l.f.

radiofrequency pulse

En IRM, onde électromagnétique brève, appartenant à la gamme des ondes de radiofréquence, (mégahertz), utilisée pour exciter les moments magnétiques des protons ; sa fréquence doit être égale à celle de la résonance de ces protons (fréquence de Larmor).
Elle est produite grâce à un champ oscillant de haute fréquence désigné conventionnellement par B1.
L'impulsion de radiofréquence est appliquée dans un plan xoy perpendiculaire à la direction du champ magnétique du vecteur Bo de l'aimant et à l'axe longitudinal z'z du patient. La fréquence de Larmor varie avec l'intensité du champ magnétique Bo. Pour les protons, elle est de 21,2 MHz pour un champ de 0,5T, de 42,5 MHz pour un champ de 1T, de 63,8 MHz pour un champ de 1,5T.
L'onde de radiofréquence fait basculer le vecteur d'aimantation Mo des protons d'un certain angle theta qui augmente avec la durée de passage de cette onde. Si celle-ci est suffisante pour que le vecteur Mo bascule de 90°, l'impulsion est dite de π/2 ; si elle fait basculer le vecteur Mo de 180°, l'impulsion est dite de π.

Étym. lat. impulsio : choc, heurt d’impulsare : pousser fort

Syn. impulsion d'excitation

aimantation longitudinale

[B2,B3]

Édit. 2018

impulsion d'excitation l.f.

impulse of excitation

impulsion de radiofréquence

[B2,B3]

Édit. 2018

phobie d'impulsion (ou d'impulsions) l.f.

impulse phobia

Peur de perdre son autocontrôle et d'accomplir par ex. des gestes absurdes, déplacés et même dangereux pour soi-même ou pour autrui.
Il peut s'agir, dans les formes les mieux individualisées :
- d'une phobie si l'angoisse apparaît en situation et s'accompagne d'une conduite d'évitement ;
- d'une obsession-compulsion à type de "désir-crainte", avec ruminations obsédantes et rituels conjuratoires (obsession impulsive).
Moins caractéristiques, souvent à la limite de l'impulsion, se situent certaines formes psychopathiques ou même psychotiques (mélancoliques ou schizophréniques). Dès lors, les passages à l'acte ne sont pas rares, par opposition aux formes névrotiques où ceux-ci sont exceptionnels.

A. Hesnard, psychiatre et psychanalyste français (1886-1969)

Étym. gr. phobos : crainte