Communication scientifique
Session of 17 mars 2026

Épidémiologie de l’infertilité en France et dans le monde

MOTS-CLÉS : Infertilité, France, Épidémiologie
Epidemiology of infertility in France and worldwide
KEY-WORDS : Infertility, France, Epidemiology

Jean-Marc Ayoubi (a, b, ⁎), Alexandre Vallée (c)

Déclaration de liens d’intérêts :
Les auteurs déclarent ne pas avoir de liens d’intérêts.

Résumé

L’infertilité constitue un enjeu croissant de santé publique, tant en France qu’à l’échelle mondiale. Environ un couple sur huit consulte pour difficulté à concevoir en France, tandis que l’OMS estime à 17,5 % la part de la population adulte mondiale concernée au cours de sa vie. Ce phénomène s’inscrit dans un contexte de baisse continue de la fécondité, illustrée en France par un indicateur conjoncturel de fécondité passé de 2,00 à 1,62 enfants par femme entre 2010 et 2024. Les causes de l’infertilité sont multifactorielles : âge avancé de la parentalité, troubles ovulatoires, endométriose, altération de la spermatogenèse, facteurs environnementaux (polluants, perturbateurs endocriniens) et modes de vie (obésité, tabagisme, stress). Si les traitements (AMP, FIV, ICSI) se développent, leur accès reste inégal selon les pays et les profils socio-économiques. En France, bien que le remboursement public soit large, les délais d’accès s’allongent et la demande explose depuis l’élargissement législatif de 2021, particulièrement les demandes de préservation de la fertilité d’indication sociétale. Ce constat appelle une réponse globale : améliorer la formation des professionnels, développer la prévention (notamment autour de l’âge et de l’environnement), renforcer l’information des couples, et soutenir la recherche. L’enjeu est double : garantir l’équité d’accès aux soins et enrayer le recul démographique dans un contexte où la fertilité devient un déterminant majeur de la résilience sociale (exprimée comme l’aptitude collective à faire face aux perturbations tout en maintenant une stabilité sociale et des solidarités actives). La mise en œuvre d’une stratégie de prévention et de santé publique apparaît désormais indispensable.

Summary

Infertility is a growing public health issue, both in France and worldwide. Approximately one in eight couples in France seek medical advice for difficulties conceiving, while the WHO estimates that 17.5 % of the global adult population is affected by infertility during their lifetime. This phenomenon is part of a context of continuously decline in fertility, illustrated in France by a total fertility rate that has fallen from 2.00 to 1.62 children per woman between 2010 and 2024. The causes of infertility are multifactorial: advanced parental age, ovulatory disorders, endometriosis, impaired spermatogenesis, environmental factors (pollutants, endocrine disruptors) and lifestyle factors (obesity, smoking, stress). Although treatments (ART, IVF, IMCI) are developing, access to them remains uneven depending on the country and socio-economic profile. In France, although public reimbursement is widespread, waiting times are getting longer and demand has exploded since the legislative expansion of 2021, particularly for fertility preservation for societal reasons. This observation calls for a comprehensive response: improving training for professionals, developing prevention (particularly around age and the environment), strengthening information for couples, and supporting research. The challenge is twofold: ensuring equitable access to care and halting demographic decline in a context where fertility is becoming a major determinant of social resilience (expressed as the collective ability to cope with disruptions while maintaining social stability and active solidarity). The implementation of a prevention and public health strategy now appears essential).

*Auteur correspondant
(a) Service de gynécologie, obstétrique et médecine de la reproduction, hôpital Foch, Suresnes, France
(b) UFR de médecine Simone-Veil–Santé, université de Versailles Saint-Quentin en-Yvelines (UVSQ), Versailles, France
(c) Service d’épidémiologie et de santé publique, hôpital Foch, Suresnes, France

Bull Acad Natl Med 2026;210:285-91. [En ligne] Disponible sur : https://doi.org/10.1016/j.banm.2025.07.013