Résumé
Chaque année dans le monde, 5 millions de morsures de serpent entraînent 3,5 millions d’envenimations (EMS), 150 000 décès et autant d’invalidités définitives. Les EMS se présentent selon 4 syndromes cliniques : inflammatoire, hémorragique, neurotoxique et nécrotique, ce dernier potentiellement responsable de lourdes séquelles. Le venin disparaît spontanément de l’organisme en 5 à 7 jours. Cependant, l’inflammation, la coagulopathie et la nécrose sont entretenues par la réponse immunitaire innée, même après l’élimination du venin. La prise en charge de l’EMS consiste à neutraliser le venin et soulager les symptômes. L’antivenin est actuellement le seul traitement étiologique. Il élimine le venin de l’organisme afin d’en stopper les effets délétères. Peu efficace sur l’œdème, il arrête les saignements et les effets neurotoxiques en 2 à 12 heures chez la plupart des patients. Les recherches s’orientent vers des antidotes accessibles et d’administration plus simple. Il s’agit, notamment, d’inhibiteurs d’enzymes présents dans les venins ou de chélateurs d’ions métalliques. Certains, déjà sur le marché (varespladib, marimastat), sont repositionnés pour le traitement de l’EMS. Le traitement symptomatique, second volet de la prise en charge, fait l’objet de trop peu d’études. La paralysie respiratoire est traitée par ventilation assistée. Il n’existe pas de protocole standardisé du traitement de l’inflammation et de la coagulopathie. Le bénéfice clinique des diurétiques sur l’œdème n’a pas été évalué. Les substituts sanguins (transfusion, plasma frais congelé) sont peu accessibles. Les antihémorragiques n’ont pas fait la preuve de leur utilité clinique.
Summary
There are an estimated 5 million snakebites worldwide every year, resulting in 3.5 million snakebite envenomations (SBE), 150,000 deaths and an equal number of cases of permanent disability. There are four clinical syndromes of SBE: inflammatory, hemorrhagic, neurotoxic, and necrotic. The latter can cause severe permanent disabilities. Venom disappears from the body spontaneously within five to seven days. However, inflammation, coagulopathy, and necrosis are sustained by the innate immune response, even after the venom has been eliminated. SBE management consists of neutralizing the venom and addressing the symptoms. Antivenom is currently the only etiological treatment. It eliminates the venom, stopping its harmful effects. Although it is not very effective against edema, it stops bleeding and neurotoxic effects within two to 12 hours in most patients. Researchers are developing more accessible and easier-to-administer antidotes. These include inhibitors of enzymes present in venom and metallic ion chelators. Some of these inhibitors are already on the market, such as varespladib and marimastat, and are being repositioned for SBE treatment. Symptomatic treatment, the second component of care, has not been studied enough. Respiratory paralysis is treated with assisted ventilation. There is no standardized protocol for managing inflammation and coagulopathy. The clinical benefit of diuretics on edema has not been evaluated. Blood substitutes, such as transfusions and fresh frozen plasma, are not readily available. Antihemorrhagic agents have not been proven clinically useful.
Accès en ligne : https://doi.org/10.1016/j.banm.2025.09.007
IRD, Inserm, MERIT, université Paris Cité, 4, avenue de l’Observatoire, 75006 Paris, France
Bull Acad Natl Med 2026;210:32-9. [En ligne] Disponible sur : https://doi.org/10.1016/j.banm.2025.09.007
