Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

69 résultats 

respiratoire (centre) l.m.

respiratory center

Ensemble de centres situés dans la substance réticulée du tronc cérébral et dans la partie supérieure du bulbe.
Ils assurent l'automatisme des mouvements ventilatoires qui renouvellent l'air alvéolaire, permettant l'oxygénation du sang et le rejet du gaz carbonique ce qui maintient l'équilibre acide-base du milieu intérieur.
Ils comprennent plusieurs formations neuronales paires, allant du thalamus à la partie supérieure du plancher du quatrième ventricule.
L'atteinte de ces diverses formations amène des modifications du rythme ventilatoire caractéristiques du niveau des lésions, résumées dans le tableau ci-dessous (d'après F. Plum et J.B. Posner, 1966). Les centres reçoivent des influx venant du cortex (mouvements volontaires) des barorécepteurs musculaires, des chimiorécepteurs artériels et des barorécepteurs pulmonaires.

F. Plum et J. B. Posner, neurologues américains (1966)

ventilation alvéolaire

respiratoire syncytial (virus) l.m.

virus respiratoire syncytial

acidose fœtale gazeuse l.f.

fœtal respiratory acidosis

Augmentation de la concentration des ions H+ dans la circulation et les tissus du fœtus avec baisse du pH par accumulation d'acide carbonique.
Elle est due pour l'essentiel à une compression du cordon qui empêche l'élimination du CO2 mais aussi l'arrivée de l'oxygène, expliquant que l'acidose soit le plus souvent mixte. Elle se dépiste pendant le travail par une ponction de sang au scalp fœtal, à la naissance sur le sang du cordon. En dessous d'un pH à 7,10 elle expose à la souffrance cérébrale.

Syn. acidose fœtale respiratoire

[R1,O3,O6]

Édit. 2017

acidose fœtale respiratoire l.f.

respiratory fœtal acidosis

acidose fœtale gazeuse

[R1,O3,O6]

Édit. 2017

acidose respiratoire l.f.

respiratory acidosis

Augmentation de la PaCO2 au-delà de 42mm de Hg (5,6 kPa) et élévation des bicarbonates avec diminution du pH au-dessous de 7,36.
Elle est liée à une hypoventilation alvéolaire dont les causes sont l'emphysème, la bronchite chronique, une atteinte des muscles respiratoires, mais aussi un collapsus cardiovasculaire, voire l'utilisation prolongée de diurétiques, de tranquillisants chez des malades âgés ou fatigués.

[C2,G5,K1,K2,R1]

Édit. 2017

alcalose respiratoire l.f.

respiratory alkalosis.
Alcalose caractérisée par une diminution de la concentration artérielle en ions H+ (élévation du pH) par une hypocapnie due le plus souvent à une hyperventilation spontanée ou provoquée (hypoxémie, de cause neurogène, ou due à un mauvais réglage d'une ventilation mécanique).
On distingue les hyperventilations d'origine :
- centrale avec PaO2 augmentée en rapport avec un stimulus psychique, une hyperthermie, une affection du système nerveux central, une intoxication salicylée ;
- hypoxique avec une PaO2 abaissée d'origine ventilatoire (pneumopathie, traumatisme du thorax, pneumothorax suffocant), ou circulatoire (embolie pulmonaire, collapsus cardiovasculaire), sanguine (anémie, hypoxie exogène - par ex. altitude - intoxication méthémoglobinée ou oxycarbonée) ;
- mécanique passive en réanimation (ventilation mécanique réglée trop forte).

Étym. arabe al kali : cendre pour lessive, puis alcalinité

Davenport (diagramme de), hypocapnie.

[C2,K1]

Édit. 2017 

amyloïdose respiratoire l.f.

respiratory amyloidosis

amylose respiratoire

[A3,K2,N3]

Édit. 2017

amylose respiratoire l.f.

respiratory amylosis

Présence de dépôts extracellulaires d'amylose au niveau de l'appareil respiratoire.
Il peut s'agir d'une atteinte trachéobronchique diffuse ou localisée. C'est la biopsie de la muqueuse bronchique qui permet de faire le diagnostic.
Parfois c'est une amylose parenchymateuse nodulaire isolée qui pose le problème du diagnostic d'une tumeur. Seule la biopsie chirurgicale le résout. Enfin ce peut être une amylose parenchymateuse interstitielle diffuse.

Étym. gr. amulon : amidon

amylose, amylose pulmonaire

[A3,K2,N3]

Édit. 2017 

appareil respiratoire et thermalism e l.m.

respiratory system and spa

thermalisme et appareil respiratoire

arrêt cardiaque l.m.

cardiac arrest

Arrêt soudain des battements du cœur (asystolie, fibrillation ventriculaire, dissociation électromécanique, désamorçage cardiaque par collapsus), interrompant la circulation.
Il conduit rapidement à l'anoxie cérébrale, qui entraîne à son tour une encéphalopathie anoxique laissant des séquelles en cas de survie.
Signes immédiats : sensation de malaise, expression de l'angoisse, gasps, puis pâleur, mydriase, absence de pouls carotidien, de bruits cardiaques et de pression artérielle (ne pas perdre du temps pour la rechercher).
Causes : cardiaques (infarctus du myocarde), broncho-pulmonaire (embolie pulmonaire, obstruction des voies aériennes par corps étranger, strangulation, œdème aigu ou noyade) ou nerveuse (réflexe vasovagal), hypoxie exogène.
Il ne faut pas perdre une minute : la ressuscitation cardiorespiratoire se fait en deux phases :
- suppléance, dans le cas général, massage cardiaque externe et bouche à bouche, et si possible oxygénation ; en salle d'opération sur malade intubé mis en oxygène pur, ventilation bouche à canule - en cas de doute sur la qualité du mélange anesthésique - massage cardiaque direct (en chirurgie à thorax ouvert)
- relance du cœur, défibrillation, injection d'adrénaline puis réanimation médicale.
Les soins doivent être prolongés, surtout chez les jeunes en cas d'hypothermie (noyade). Les résultats sont d'autant meilleurs que des premiers soins efficaces ont été prodigués dans les toutes premières minutes (importance du secourisme). La survie est de 50% en moyenne si l'arrêt cardiaque si l'arrêt cardiaque est massé en moins de 2,5 min.

Syn. arrêt cardiorespiratoire

arrêt circulatoire, défibrillateur, dissociation électromécanique, gasp, massage cardiaque, urgence

bronchioles respiratoires l.f.p.

bronchioli respiratorii
respiratory bronchioles
Issues de la bronchiole terminale, se divisant par dichotomie, elles sont plus ou moins alvéolisées.
On les distingue en bronchioles respiratoires de 1er, 2e et 3e ordre. Celles de 1er ordre sont peu alvéolisées alors que celles de 3e ordre le sont presque totalement participant donc plus ou moins au transfert des gaz par diffusion. Chacune se divise en 2 à 10 conduits alvéolaires.
Anc. dénom. bronchioles acineuses

Édit. 2017

cardiorespiratoire adj.

Qui intéresse à la fois la fonction du cœur et la fonction respiratoire

[C2,K2,K1]

cycle respiratoire l.m.

breathing cycle

Succession d'une inspiration et d'une expiration : ce cycle a une durée dont la fréquence respiratoire est l'inverse.

[C2,K1]

déficit du complexe III de la chaîne respiratoire mitochondriale l.m.

mitochondrial respiratory chain, complex III, deficiency of

maladie dite cytochromique du muscle et du système nerveux

DEM sigle m.ou f.

En physiologie respiratoire : « Débit Expiratoire Maximal »

maximal expiratory flow rate.


  1. En dermatologie : « Dose Erythémogène Minimale »

minimal erythemogenic dose.

détresse respiratoire aigüe de l'adulte (syndrome de) l.m.

acute respiratory insufficiency on adult (ARDS)

Grave insuffisance respiratoire aigüe avec hypoxémie réfractaire à l'oxygénothérapie, nécessitant une assistance respiratoire complexe et prolongée.
L'aspect radiologique (poumon blanc, poumon dense) correspond à un œdème interstitiel et alvéolaire (poumon humide ; atélectasie congestive) entraînant une diminution de la compliance pulmonaire (poumon rigide).
Sous le même tableau clinique, biologique et radiologique, ce syndrome regroupe des atteintes pulmonaires comparables (œdème, dépôts fibrineux, membranes hyalines) mais relevant de causes différentes, dont il faut exclure la bronchopathie obstructive chronique ou l'insuffisance ventriculaire gauche (Ashbaugh).
Le diagnostic se fonde sur l'association de plusieurs critères :
- cliniques : cyanose, tachypnée, tachycardie ;
- radiographiques : opacités bilatérales interstitielles et alvéolaires, d'où l'expression d'œdème pulmonaire non cardiogénique ;
- biologiques : PaO2 < 50 mm Hg à l'air, elle peut descendre jusqu'à 30 mm Hg ;
- fonctionnels : l'inhalation d'O2 n'entraîne qu'une faible élévation de la PaO2, il peut exister une hypocapnie et parfois une acidose associée, la pression capillaire pulmonaire est normale ou basse (< 12 mm Hg) après débranchement du respirateur. La capacité vitale est diminuée ainsi que la capacité résiduelle fonctionnelle, le volume de fermeture est augmenté, la compliance est diminuée et les boucles volume-pression sont très perturbées.
L'évolution se fait schématiquement en trois phases :
1- œdème lésionnel avec atteinte des pneumocytes de type I ;
2- organisation de l'œdème interstitiel (membranes hyalines, infiltration de leucocytes et de fibroblastes, obstruction des capillaires par de la fibrine et des leucocytes, prolifération des pneumocytes de type II) ;
3- développement d'une fibrose anarchique, souvent surinfectée.
La mortalité élevée (45% chez l'adulte de moins de 65 ans) devient très grande en cas de défaillance multiviscérale.

D. G. Ashbaugh, médecin américain (1967)

Syn. poumon de choc

Sigle  SDRA

défaillance multiviscérale

détresse respiratoire du nouveau l.f.

neonatal respiratory distress syndrome

Dyspnée croissante survenant chez le nouveau-né avec polypnée et cyanose.
En dehors des causes chirurgicales, cardiaques, neurologiques et malformatives, elle a surtout trois origines : l’inhalation de liquide amniotique ou de méconium, la maladie des membranes hyalines ou une infection bronchopulmonaire.

syndrome de détresse respiratoire du nouveau-né

détresse respiratoire transitoire du nouveau-né l.f.

neonatal tachypnea, transient respiratory distress of the neonate

Détresse respiratoire développée immédiatement après la naissance, qui est due à une résorption insuffisante de l'eau intrapulmonaire.
Cette dyspnée est caractérisée par une tachypnée qui peut dépasser 100/min. L'hypoxie peut nécessiter une courte assistance ventilatoire mécanique.
Le thorax est comprimé lors de l'expulsion par les voies naturelles, ce qui facilite la sortie du liquide. Supprimant l'essorage du thorax lors de la descente dans la filière génitale, l'extraction par césarienne favorise l'apparition de cette dyspnée,
L'évolution peut être favorable en près de 24 h, si l'on institue une oxygénothérapie de complément.

pneumothorax du nouveau-né

encéphalopathie respiratoire l.f.

respiratory encephalopathy

Tableau clinique observé chez un insuffisant respiratoire, composé principalement de céphalées intenses, persistantes, de mouvements anormaux à type fréquent de flapping tremor ou astérixis, ralentissement psychomoteur pouvant atteindre un coma, et modifications de l'humeur avec surtout tendance à l'euphorie.
Des formes pseudotumorales sont possibles, avec hypertension intracrânienne (céphalées, œdème papillaire) et divers signes de localisation. Une accentuation des troubles au cours du sommeil est due à l'augmentation de la dyspnée en décubitus.
Sa complexité physiopathologique est liée aux effets conjugués de l'hypoxie et de l'hypercapnie (augmentation de taux d'anhydride carbonique dans le sang), qui semblent surtout provenir de l'acidose cellulaire provoquée par celle-ci. À ces incidences directes sur la cellule nerveuse s'ajoute une importante vasodilatation cérébrale, parfois responsable d'hypertension intracrânienne. Ces manifestations sont également aggravées par la polyglobulie, qui augmente la viscosité sanguine.
Il s'agit surtout d'une bronchopneumopathie chronique obstructive avec emphysème, principalement en poussée infectieuse, mais aussi d'affections neurologiques aigües ou chroniques avec extension aux voies respiratoires : poliomyélite, syndrome de Guillain et Barré, sclérose latérale amyotrophique, myasthénie ou myopathie de Duchenne, notamment.
La ventilation assistée peut permettre une suppléance ventilatoire efficace. Mais elle est très pénible pour le patient.

flapping tremor, astérixis, hypertension intracrânienne, bronchopneumopathie chronique obstructive, emphysème, poliomyélite antérieure aigüe, polyradiculonévrite aigüe, sclérose latérale amyotrophique, myasthénie, myopathie de Duchenne, ventilation assistée

[H1, K1]

Édit. 2019

épreuve d'effort respiratoire

training test, exercise test

Épreuve destinée à apprécier la capacité respiratoire au cours d’un effort quantifié.
Elle est indiquée pour le diagnostic et l’évaluation de l’importance d’une dyspnée ou avant un programme de réentraînement à l'effort. La mesure de la consommation d'oxygène et de la production de dioxyde de carbone, ainsi que l’enregistrement d’un électrocardiogramme peuvent être réalisés au cours d’un effort physique progressif sur tapis roulant ou sur bicyclette ergométrique. Une première appréciation consiste à demander au patient de dire le nombre d’étages qu’il peut gravir sans arrêt. Un test d'effort simple consiste à mesurer la distance parcourue au cours d’une marche d’une durée de 6 ou de 12 mn au cours de laquelle les arrêts et leur durée sont notés et le degré de saturation en oxygène du sang est mesuré.

électrocardiogramme d'effort

[B3,K1]

Édit. 2020

exploration fonctionnelle respiratoire (E.F.R.) l.f.

functional respiratory evaluation

Étude de la fonction respiratoire reposant sur la mesure des débits et volumes pulmonaires ainsi que sur celle des échanges gazeux.
Quatre étapes sont nécessaires pour apprécier la fonction respiratoire :
- la mesure de la ventilation par l'étude des volumes pulmonaires mobilisables et non mobilisables, celle des débits pulmonaires de repos et maximaux et celle des propriétés mécaniques de l'appareil respiratoire ;
- l'étude des échanges gazeux entre l'air et le sang en particulier, la consommation d'oxygène, la capacité de transfert du CO ;
- le transport sanguin s'apprécie sur la mesure des gaz du sang artériel, l'équilibre acidobasique ainsi que l'hémodynamique pulmonaire;
- la commande neuromusculaire enfin, évaluée à partir du rythme respiratoire, des résultats de la stimulation par le CO2 ou l'hypoxie, les performances des muscles respiratoires.
On complète par l'évaluation de la réactivité bronchique et par le retentissement respiratoire des exercices musculaires.

[B3,K1]

Édit. 2018  

fréquence respiratoire l.f.

breathing frequency

Nombre de cycles respiratoires par unité de temps.
Chez l'adulte, la fréquence normale est de 16 à 18 cycles par minute.

[K1]

Édit. 2019

glaucome et pause respiratoire l.m.

glaucoma and sleep apnea

Glaucome dont l'hypertonie est maximale au matin, avec ronflements bruyants et apnée prolongée plus marquée lors de mouvements oculaires rapides dans le sommeil.
L’affection est autosomique dominante (MIM 137763).

J. T. Walsh et J. Montplaisir, neurologues canadiens (1982)

glotte respiratoire l.f.

partie intercartilagineuse de la glotte

Holzknecht-Jacobson (phénomène de) l.m.

Déplacement du médiastin au cours des mouvements respiratoires qui est attiré du côté malade pendant l’inspiration, du côté sain lors de l’expiration, observé dans le pneumothorax et l’obstruction bronchique.

malade pendant l’inspiration, du côté sain lors de l’expiration, observé dans le pneumothorax et l’obstruction bronchique.

G. Holzknecht, médecin, radiologue autrichien (1872-1931) ; H. G. Jacobson, médecin radiologue américain (1912-2001)

pneumothorax, obstruction bronchique

[K1]

Édit. 2018

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