pesticide n.m.
pesticide
Produit chimique pouvant détruire des organismes vivants considérés comme dangereux et nuisibles.
Dans l'agriculture, ces produits phytosanitaires sont utilisés pour la protection des plantes contre les ravageurs (y compris les rongeurs et les oiseaux) et les infections bactériennes, fungiques et virales. L'emploi des pesticides couplé avec les fertilisants et les engrais a triplé les rendements agricoles, permettant ainsi de faire face à l'augmentation de la population.
Les principales catégories de pesticides sont : les toxiques contre les animaux supérieurs (raticides, rodenticides, corvicides, contre les vers et les mollusques (nématocides, hélicides), contre les insectes et les acariens (insecticides, acaricides), contre les champignons (xyloprotecteurs fungicides) et contre les mauvaises herbes (herbicides). De très nombreuses substances chimiques ont été utilisées et pour beaucoup interdites d’emploi : organochlorés du type DDT, organophosphates du type parathion, dérivés de l'urée, du pyridinium (Paraquat®), antimétabolites (glyphosate), extraits naturels et de synthèse (pyrèthre, pyréthroïdes, roténone). Leur mise sur le marché est soumise à une réglementation rigoureuse, nationale et internationale, touchant leur toxicité pour l'homme et leurs impacts possibles sur l'environnement.
En médecine du travail les pesticides sont reconnus responsables de syndromes parkinsoniens pris en charge par le tableau 58 du RA avec un délai d'un an sous réserve d’une durée d’exposition de 10 ans.
Étym. angl. pest : insect ou animal nuisible (lat. pestis : maladie contagieuse épidémique, fléau) ; cide : qui tue). Cet anglicisme d’usage courant dans le sens de « produit phytosanitaire » est déconseillé.
→ Paraquat® (intoxication par le)
[E2, G4]
Édit. 2018
adduit n.m.
adduct
Substance d'origine étrangère qui s'attache à un composé de l'organisme par une liaison covalentielle.
Certaines substances s'attachent par ex. au glutathion. Plus spécialement, substance qui s'attache à un acide désoxyribonucléique. Il est possible de caractériser l'ensemble formé par cette substance étrangère et le nucléotide qui le porte après hydrolyse du polynucléotide. Par ex. certains carbures cancérigènes, comme l'acétylaminofluorène, ou certains pesticides peuvent être détectés sur l'ADN par une technique de marquage au 32P. La formation d'adduits à l'ADN est une étape de la formation d'une tumeur.
[C1,F2,Q1]
Édit. 2017
agoniste cholinergique l.m.
cholinergic agonist
Substance ayant les mêmes actions que celles de l'acétylcholine (stimulation des récepteurs muscariniques ou nicotiniques).
Les agonistes cholinergiques de synthèse utilisés en clinique sont le carbachol, la métacholine et le béthanéchol. Leur emploi en thérapeutique est réduit. La pilocarpine est utilisé en collyre comme antiglaucomateux.
Les anticholinestérases sont des agonistes cholinergiques indirects par blocage de la dégradation de l'acétylcholine qui s'accumule au niveau de la fente synaptique. Ils sont utilisés pour faciliter la motilité gastro-intestinale et vésicale, pour améliorer la transmission neuromusculaire et, en ophtalmologie, comme antiglaucomateux.
Les anticholinestérasiques utilisés en thérapeutique ont une action réversible. Les principaux sont la tacrine (Cognex®) qui traverse la barrière hématoencéphalique, elle est utilisée dans le traitement de la maladie d'Alzheimer, l'ésérine (physostigmine), la néostigmine, la pyridostigmine et l'édrophonium.
Les anticholinestérasiques irréversibles (organophosphates) utilisés dans l'agriculture comme pesticides (parathion, malathion) sont la cause d'intoxications humaines, ils ont été utilisés comme gaz de combat. La pralidoxime, qui est capable de réactiver l'acétylcholinestérase est utilisée pour traiter ces intoxications.
Les champignons toxiques de l'espèce inocibe et clitocibe produisent des syndromes muscariniques d'apparition précoce.
→ acétylcholine, accident précoce par ingestion de champignons
[C1 C2,G3,G4,G5]
Édit. 2017
aliment natif l.m.
native food
Aliment d’origine naturelle qui n’a subi aucune transformation ni adjonction avant d’être offert à la consommation.
Fruits et légumes subissent des manipulations avant leur mise en vente. Les arbres fruitiers peuvent avoir été soumis à des pesticides, les terres fumées avec des engrais, etc. Dans les pays d’agriculture intensive, peu d’aliments peuvent être considérés comme “natifs” au sens propre.
Étym. lat. alimentum, aliment – alere, nourrir
[R2]
Édit. 2017
arsenic n.m.
arsenic
Élément de numéro atomique 33, de masse 75, trivalent ou pentavalent.
Il réagit avec les corps simples pour former des arséniures ; avec l'oxygène, il forme deux oxydes : l'anhydride arsénieux As4O6 et l'anhydride arsénique As2O5.
L'arsenic et ses composés minéraux, utilisés de plus en plus rarement et avec d’extrêmes précautions du fait de leur toxicité et de leur cancérogénicité, dans certaines applications et dans certains métiers (traitement pyro-métallurgique de minerais, fabrication de pesticides arsenicaux, composants électroniques), sont responsables en cas d’exposition répétée et importante, ce qui ne se voit plus de nos jours, d’encéphalopathies aiguës et de polynévrites.
Cette intoxication est prise en charge comme maladie professionnelle (tableau 20 du RG et 10 du RA) avec un délai de prise en charge de sept jours pour les encéphalopathies aiguës (délai entre la fin de l’exposition et la première constatation des symptômes) et de 90 jours pour les polynévrites.
Symb. As
[E2, G4]
Édit. 2018
Fenton (réaction de) l.f
Fenton’s reaction
Cette réaction engendre des espèces activées de l’oxygène (reactive oxygene species), les radicaux hydroxylés (OH.) qui réagissent avec l’ADN, les lipides et les protéines, situation connue sous le nom de « stress oxydant » impliquée dans le vieillissement et de nombreuses maladies. La déféroxamine, médicament chélateur du fer, est utilisée comme antioxydant. La réaction de Fenton est une méthode de dépollution de l’eau par sa capacité de détruire les composés organiques comme les pesticides.
H. J. H. Fenton, chimiste britannique (1854-1929)
[C1]
Édit. 2018
perturbateurs endocriniens l.m.p
endocrine disruptors
Composés chimiques exogènes, naturels ou de synthèse, présents dans l’environnement domestique quotidien, capables d’interférer, souvent à faibles doses, avec les systèmes de régulation hormonale et d’entraîner des effets délétères sur la santé des individus, affectant préférentiellement le développement, la reproduction, la réponse immunitaire et le système nerveux, et pouvant contribuer à la survenue de troubles métaboliques (obésité, diabète de la maturité), de maladies neurodégénératives,et au développement de cancers hormonodépendants.
Ils peuvent copier les effets d’hormones naturelles comme les œstrogènes et les androgènes, en altérer la production, le transport ou le métabolisme, se lier à leurs récepteurs en bloquant ainsi leurs effets.Ils interviennent à des moments sensibles comme les périodes fœtale, néonatale ou pubertaire. Ils peuvent aussi s’accumuler dans le tissu graisseux, ou intervenir en synergie.
Ils sont largement utilisés dans des produits d’utilisation quotidienne comme les bouteilles en plastique, les boîtes de conserve, les préparations alimentaires industrielles, les détergents, les jouets, les cosmétiques, les désherbants et les pesticides. A titre d’exemple, on peut citer les bisphénols A et S, les phtalates, le DDT (Dichloro-diphenyl-trichloroethane), les alkylphénols, la chlordécone, le glyphosate…Les travaux expérimentaux ont montré que, pour plusieurs d’entre eux, on observait une courbe effet vs dose en U rendant compte des effets à faibles doses.
→ xéno-œstrogène, myco-œstrogène, phyto-œstrogène
xénobiotique n.m.
xenobiotic
Molécule d'origine étrangère à un organisme, présente exceptionnellement dans l'organisme et qui n'est ni un substrat, ni un produit habituel des réactions métaboliques.
Ces molécules de faible poids moléculaire sont de nature très variée; elles regroupent les contaminants alimentaires, les composés synthétiques ou leurs sous-produits, les médicaments ou les polluants environnementaux. Elles peuvent pénétrer passivement dans les cellules ou grâce à des transporteurs. Leur accumulation dans les cellules est néfaste. Les xénobiotiques sont généralement transformés dans le foie par des réactions indispensables permettant leur élimination, convertissant ces composés lipophiles en composés hydrophiles permettant leur excrétion dans les urines ou les fècs. Les variations interindividuelles dans l’activité des enzymes du métabolisme et des transporteurs des xénobiotiques sont majeures et dépendent de plusieurs facteurs génétiques, épigénétiques, environnementaux ou pathologiques. Ainsi, la pharmacogénétique connaît un développement important permettant de prédire la réponse des individus à certains médicaments. Les produits issus du métabolisme de polluants environnementaux, tels les pesticides pourraient conduire à la survenue de pathologies diverses.
Étym. gr. xenos : étranger ; bios, biotos : vie
[E1, G3, G4, G5,]
Édit. 2019
xéno-œstrogène n.m.
environmental œstrogen, xenoœstrogen
Substance naturelle ou synthétique, étrangère à l’Homme, dont l’absorption peut entraîner des effets œstrogéniques.
On reconnaît parmi les xéno-œstrogènes des substances naturelles présentes dans les plantes (phyto-œstrogènes) comme la génestine du soja, le resvératrol du raisin), ou dans des levures (myco-œstrogènes comme la zéarélénone des céréales). D'autres sont des œstrogènes de synthèse (comme l'éthinylestradiol et le diéthylstilbestrol) ou d'origine animale (œstrogènes équins). D'autres enfin sont des polluants chimiques d'origine agricole (pesticides comme le DDT, organochlorés comme le méthoxychlore, la chordane, la chlordécone, ou organophosphorés comme le chlorpyriphos) ou industrielle (comme le bisphénol et les phtalates, issus de la dégradation des plastiques). Ils sont susceptibles de se comporter comme des perturbateurs endocriniens, altérant les fonctions génitales du fœtus, la fertilité masculine et féminine, le développement pubertaire, ou encore contribuant à la constitution d’un cancer mammaire....
Étym. gr. xénos : étranger, oistros : rut; gennan : engendrer
→ œstrogènes, phyto-œstrogènes, myco-œstrogènes, perturbateurs endocriniens
[O4]
eau potable l.f.
drinking water
La réglementation actuelle fixe des critères de qualité (de « potabilité ») pour les eaux destinées à la consommation humaine, prenant en compte trois catégories de paramètres.
1/ Paramètres microbiologiques :
il s’agit principalement des indicateurs bactériens de contamination d’origine fécale, les Escherichia coli et les entérocoques, pour lesquels une limite de qualité de 0/100 mL est fixée. Par ailleurs, des valeurs guides (« références de qualité ») sont fixées pour des flores bactériennes considérées comme des indicateurs technologiques, en particulier les bactéries coliformes.
2/ Paramètres chimiques et physico-chimiques :
- des limites dont le respecte strict est exigé, sont fixées pour tous les agents dont la toxicité est avérée, en particulier les pesticides, les éléments traces métalliques, les hydrocarbures et solvants, etc.
- des exigences réglementaires supplémentaires concernent des paramètres indicateurs technologiques, utilisés pour assurer le suivi du bon fonctionnement des processus de traitement, comme la turbidité (indicateur de la qualité de la filtration), ou pour des composés chimiques sans réelle toxicité aux doses rencontrées dans le domaine des eaux mais responsables de défauts de goût ou d’aspect de l’eau (fer, chlorures, etc.).
3/ Paramètres organoleptiques :
odeur, goût, couleur.
→ eau destinée à la consommation humaine
[C1,E1,R2]
Édit. 2018
diméthylformamide en médecine du travail l.f.
La diméthylformamide, est utilisé avec grandes précautions comme solvant à haut point d’ébullition dans l’industrie chimique de fabrication de fibres plastiques notamment acryliques, dans l’industrie pharmaceutique, dans la production de pesticides, colles, films et revêtements, comme diluant de peintures, responsable très rarement en cas d’exposition répétée, d’encéphalopathies chroniques avec altération des fonctions cognitives, ralentissement psychomoteur, troubles de la dextérité, de la mémoire, de l’attention, des fonctions exécutives et de la vision.
Cette intoxication est prise en charge comme maladie professionnelle (tableau 84 du RG et 48 du RA) avec un délai de prise en charge de 1 an entre la fin de l’exposition et la première constatation des symptômes, sous réserve d’une durée d’exposition d’au moins 10 ans et de tests psychométriques confirmés par leur répétitions six mois plus tard après au moins six mois sans exposition.
Le plus souvent les intoxications sont bénignes avec céphalées, vertiges, et asthénie régressant rapidement à l’arrêt de l’exposition. En cas d’exposition accidentelle massive à l’origine de manifestations aiguës à type de syndrome ébrieux ou narcotique pouvant aller jusqu’au coma, le délai de prise en charge est de 7 jours seulement.
[E2]
Édit. 2018
monochlorobenzène et monobromobenzène en médecine du travail l.m.p.
Le monochlorobenzène et le monobromobenzène, utilisés comme agents de dégraissage, comme solvants de pesticides ou comme agents de synthèse dans l’industrie chimique, sont responsables de cas accidentels d’engourdissements puis de neuropathies périphériques d’apparition rapide.
Cette intoxication est prise en charge comme maladie professionnelle (tableau 9 du RG) avec un délai de 7 jours
[E2]
Édit. 2018
phosphates, pyrophosphates et thiophosphates en médecine du travail l.m.p.
Phosphates, pyrophosphates et thiophosphates d’alcoyle, d’aryle ou d’alcoaryle et autres organophosphorés anticholinestérasiques, mis au point pour la guerre chimique (Tabun, Sarin, Cyclosarin, Soman), sont à la base d’un certain nombre de pesticides, et sont responsables de cas de syndromes muscariniques avec céphalées, vertiges, confusion mentale accompagnée de myosis, d’amblyopie (diminution de l’acuité visuelle) en dehors des autres effets sur la peau , le système respiratoire et le tube digestif. Sans traitement rapide il y a risque de passage à la phase nicotinique beaucoup plus grave, avec paralysie des muscles respiratoires et polynévrite diffuse.
Cette intoxication est prise en charge comme maladie professionnelle (tableau 34 du RG tableau 11 du RA) avec un délai de 3 jours sous réserve de confirmation du diagnostic par un abaissement significatif du taux de la cholinestérase sérique et de l’acétylcholinestérase des hématies.
[E2]
Édit. 2018
phosphoramides anticholinestérasiques en médecine du travail l.m.p.
Les phosphoramides anticholinestérasiques, bases d’un certain nombre de pesticides, sont responsables de syndromes muscariniques avec céphalées, vertiges, confusion mentale accompagnée de myosis, d’amblyopie, en dehors des autres effets sur la peau, le système respiratoire et le tube digestif.
Sans traitement rapide il y a risque de passage à la phase nicotinique beaucoup plus grave, avec paralysie des muscles respiratoires et polynévrite diffuse.
Cette intoxication est prise en charge comme maladie professionnelle (tableau 34 du RG tableau 11 du RA) avec un délai de 3 jours sous réserve de confirmation du diagnostic par un abaissement significatif du taux de la cholinestérase sérique et de l’acétylcholinestérase des hématies.
Réf. acétylcholinestérase
→ pesticides, syndrome muscarinique, syndrome nicotinique, cholinestérase, acétylcholinestérase
[E2]
Édit. 2018
syndrome nicotinique l.m.
nicotinic syndrom
Syndrome provoqué par l'excitation des récepteurs nicotiniques agissant sur la jonction neuromusculaire et les relais ganglionnaires provoquant tachycardie, hypertension, polypnée, mydriase et accélération du péristaltisme.
Il peut faire suite à un syndrome muscarinique, au cours de certaines intoxications en particulier par des pesticides.
→ syndrome muscarinique, pesticides, phosphoramides anticholinestérasiques en médecine du travail
[H1]
Édit. 2018
inhibiteurs de la succinate-déshydrogénase l.m.p.
succinate deshydrogenase inhibitor
Molécules largement utilisées en agriculture comme pesticides sans spécificité d’espèces, source possible de dysfonctionnements mitochondriaux chez l’animal et l’Homme lorsque elles sont utilisées en milieu ouvert.
[G4]
Édit. 2020